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Le blog Aloys

Articles récents

Micheline Boland nous propose la seconde partie de sa nouvelle "La folie de Marguerite"

20 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

(...)

Quatorze février. Axel a vingt ans. Il n'est pas riche. Pour payer ses études d'accoucheur, il travaille au noir. En ce jour de fête, il a envie d'offrir un cadeau à Luce, la jeune fleuriste.

Luce travaille à deux pas de l'école d'infirmiers. Chaque fois qu'Axel passe devant la boutique, il s'arrête jusqu'à ce que Luce le remarque. Quand leurs regards se croisent, de la main, Axel envoie un baiser à Luce qui en retour lui adresse un sourire.

Axel et Luce se connaissent depuis le jardin d'enfants. Elle l'a toujours fasciné. Ses boucles rousses et sa douceur le touchent. Luce n'est pas comme les autres filles. Déjà enfant, elle faisait un joli bouquet avec deux marguerites et quelques pissenlits. À douze ans, Luce est entrée dans une école d'horticulture. Axel la voit de moins en moins, au hasard d'un passage au centre-ville.

À présent, Luce travaille chez "Capri fleurs" et Axel, qui vient de connaître une déception sentimentale, se sent seul. Il se remet à rêver d'une relation amoureuse avec Luce. Le quatorze février à seize heures, il entre dans le magasin et commande quatre gerberas rouges. Luce prépare le bouquet. Le geste tremblant, la voix cassée, Axel le lui offre et Luce remercie. Leurs yeux sont brillants, leurs mains se touchent. Luce emmène Axel vers l'arrière-boutique. Elle lui montre du doigt une affiche qui explique le langage des fleurs. Elle dit : "Sais-tu que le gerbera signifie amour profond, tendre sentiment ?" Axel rougit. Il répond : "J'ai bien choisi alors…" et lui propose d'aller boire un café dans le bistro tout à côté. Il attendra là que Luce ait terminé son boulot.
Pour ces ceux-là, le gerbera a dit vrai. De rendez-vous en rendez-vous, ils tisseront la toile d'un amour fou. Ensemble, ils parcourront le monde de Capri à Venise, du Cap Nord à Zanzibar.
 

"C'est bien un style de journaliste. Des phrases courtes, une entrée en matière précise. J'adore", commenta Thérèse.

"Encore une bleuette ! Et puis il manque le mot folie !" lâcha Julien avant de commencer à lire avec lenteur sans même y avoir été invité : À seize ans, on a toutes les audaces ! Je le sentais ému, sa voix tremblait, mais il prit progressivement de l'assurance :

Mon père fêtait son anniversaire. Assis sur l'herbe, je jouais sur ma tablette. Mes deux grandes cousines bavardaient au jardin. Elles ne prêtaient guère attention à moi. Leurs rires m'attirèrent. Je levai la tête : Léa avait cueilli une marguerite et l'effeuillait. "Il m'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout." Elle répéta l'opération, lorsqu'il ne resta qu'un pétale, elle dit : "à la folie".

Je baissai la tête. Sylvie rit : "C'est normal que ce soit à la folie puisque Sébastien est fou."

Sébastien est le fils de ma belle-mère. Il a dix-neuf ans comme moi. Si je suis calme et classique, Sébastien est excentrique et imprévisible. Tantôt il est extraverti, tantôt renfermé et solitaire. Ma belle-mère affirme qu'il est bipolaire.

Piercings, tatouages, Sébastien a un look particulier. Il sort et dépense beaucoup, puis quelques semaines après, il se montre avare et reste cloîtré dans sa chambre. Dans ses périodes de mélancolie, il lui est même arrivé de se scarifier le bras. Son père est parti quand il avait trois ans et on ne l'a jamais revu. Ce traumatisme et le manque d'amour paternel seraient, paraît-il, à l'origine des problèmes de Sébastien.

Deux mois après que j'aie surpris la conversation entre mes cousines, Léa et Sébastien s'affichent ensemble aussi bien à un concert rock qu'à une fête de famille et au cinéma. Quelques semaines après, lors du repas du soir, Sébastien quitte brutalement la table. Ma belle-mère explique qu'il est sûrement déprimé par sa rupture avec Léa et qu'il faudra être compréhensif avec lui pour l'aider à remonter la pente.

Des jours durant, Sébastien sèche les cours. Ma belle-mère et mon père lui conseillent de revoir son psychiatre. Sébastien finit par accepter. Cela ne l'empêchera pas de tuer le caniche de Léa d'un coup de carabine, puis de retourner l'arme contre lui.

"On sent que c'est écrit par un jeune" dit Thérèse.

"J'aime beaucoup, il y a de l'action, de l'humour."

"Oui, chouette" compléta Marie-Paule.

Pierre intervint "Je peux lire ? C'est tout différent. Ce sont des haïkus, de la poésie de style japonais. J'ai l'impression que chacun pourra s'y retrouver."

Je questionnai : "Plus de commentaire ?" Il n'y eut aucune réaction et d'un geste de la main je donnai la parole à Pierre :

Rite de printemps

Ô amour, ô solitude

~ Effeuiller ses rêves

 

Folie d'amour

La marguerite et quoi d'autre ?

~ Toujours ou peut-être ?

 

Effeuiller encore

Même pour la marguerite

L'amour est folie

 

Parfois la folie

Se lit dans la marguerite

~ Et la solitude ?


 

Ah cet amour fou !

Dans le vase la marguerite

N'est que solitude


"Très spécial", jugea Madeleine.

Les remarques furent fort sobres à l'image des haïkus.

"De l'émotion, de la réflexion, différent de tout ce qu'on a entendu". …

Madeleine conclut : "Je crois que mon tour est venu. Ce n'est pas de la poésie, mais tout est vrai dans cette histoire. Voilà !
 

 

Jean a soixante-dix ans. Il est veuf depuis deux ans. France, son amour de jeunesse, est décédée d'un arrêt cardiaque après quarante années d'un bonheur sans tache. Inquiète de voir son père seul et anéanti, Anne, sa fille, le convainc de participer à un speed dating.

Jean accepte, mais se demande comment lui, d'habitude si lent à prendre une décision, pourra effectuer un choix. C'est la jupe fleurie d'Anne qui lui donne l'idée d'un critère de sélection. Il ne répondra positivement qu'aux dames qui porteront un vêtement peu ou prou fleuri.

Le jour "J", Jean avale un petit verre de porto avant de se rendre à la salle. Parmi les candidates, il en retient une, Marguerite. Le col du chemisier de cette dame est brodé de deux roses rouges. Elle ressemble à France. Petite et mince, elle a les cheveux blonds et de beaux yeux bleus. Heureux hasard, il lui plaît. Ils se revoient, ils courent les casinos, les discothèques et les restaurants. Ils sont redevenus jeunes, ils sont comme fous.

Après une descente dans l'enfer du jeu, Jean et Marguerite se retrouvent presque sans le sou. C'est alors qu'Anne obtient une mise sous tutelle de son père et que Marguerite se voit contrainte d'aller vivre chez un frère. Jusqu'à la fin de sa vie, Jean resta emmuré dans les regrets ne se confiant qu'au chat avec lequel il se décida à partager sa solitude.

Visiblement bouleversée, Madeleine se mit à bafouiller : "C'est vraiment mon histoire que je viens de lire. J'ai changé les prénoms. C'est tout."

"Peut-être bien, mais il n'y pas le mot folie", dit Lionel.

Marie-Paule qui ne semblait pas avoir entendu la réflexion de Lionel fit : "Eh bien, pour une drôle d'histoire, c'est une drôle d'histoire".

Madeleine expliqua : "Oui, maintenant, je suis seule et ma vie est difficile. Mon Jean à moi s'appelait Georges et il vient de mourir. Mon frère et ma belle-sœur me reprochent notre comportement à Georges et à moi. Ils surveillent mes moindres dépenses. Ils me traitent de folle. Mais je ne suis pas folle… N'est-ce pas que je ne suis pas folle ?"

Je dis : "Je vous en prie, c'est un atelier d'écriture créative. Il ne s'agit ni de parler de soi ni de juger les autres, mais plutôt d'apprécier la forme." J'étais sans doute intervenue trop mollement car Thérèse, répliqua de sa voix aiguë d'enseignante : "Quand même, Madame, vous êtes un peu folle…"

"C'est de l'amour…", conclut la vieille dame en pleurnichant.

"Non, reconnaissez que c'est aussi de la folie. Mon frère, c'est un peu comme vous, il est dingue de jeux vidéo, il ne pense plus qu'à cela. Il est sur une autre planète. Il sèche des cours. Ma mère veut qu'il consulte un psychiatre, mais il refuse", ajouta Lionel.

"Oui, c'était tout à fait déraisonnable. Votre ami et vous, vous vous êtes comportés comme des gamins", trancha Marie-Paule, ma voisine.

Je dis : "Voyons… Reprenez-vous. Nous ne sommes pas un tribunal, nous ne sommes pas là pour parler de nos problèmes personnels. Exprimez-vous uniquement sur la forme des textes…".

Prise de court. Je n'eus pas le temps d'en dire plus ni de bien voir ce qui se passait. Madeleine s'était levée et assénait un coup de canne sur la tête de Lionel puis sur celle de Marie-Paule qui la menaça : "Vous êtes folle ! Je vais sûrement déposer plainte. Vous entendrez parler de moi !"

La dame âgée partit en claquant la porte, n'emportant que son sac et sa canne, oubliant ses feuilles, son stylo et renversant une chaise sur son passage.

Je sentis un énorme malaise planer sur le groupe. Comme s'il n'avait pas été conscient d'avoir été un des acteurs de la scène et d'avoir été agressé, l'apprenti journaliste déclara : "Il y a de la matière dans tous ces textes !" Cette phrase fut accueillie par une totale indifférence. Plus personne n'attendait la moindre intervention. Tous rangeaient leurs affaires et enfilaient leur imper.

Déjà j'entendais le premier "au revoir et merci…" Chacun s'échappait au plus vite.

Quand je quittai les lieux après avoir rangé un peu, la patronne me dit : "Pour être animé, il a été animé votre cours !" Je me contentai de sourire en lui donnant la somme convenue pour la location.

De ceux-là, qui reverrais-je en septembre ?

Deux jours plus tard, ma voisine sujette à des migraines en rendit responsable le coup de canne reçu et décida d'introduire une plainte…

En septembre, je jugeai plus prudent d'aller animer un atelier d'écriture à Honfleur.

MICHELINE BOLAND

 

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Micheline Boland nous propose une nouvelle "LA FOLIE DE MARGUERITE" en deux parties

19 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

 

LA FOLIE DE MARGUERITE


 

Je me souviens, c'était en août. Mon mari, déçu par son poste d'enseignant à l'école hôtelière de Lille, venait d'accepter un emploi de maître d'hôtel à Deauville. Nous avions choisi de nous installer à Villerville. Jadis professeur de français, j'avais abandonné ma carrière pour élever mon fils, mais je me passionnais toujours pour les beaux mots. Lorsque nous habitions dans le Nord, j'écrivais des histoires pour enfants, j'animais un forum de contes sur Internet et j'avais mis sur pied une série d'ateliers d'écriture. Dès mon arrivée en Normandie, je m'étais dit que ce que je faisais là-haut, je le ferais également dans le Calvados. J'avais cherché un local bon marché, mais agréable. C'est ainsi que j'avais trouvé un arrangement avec le propriétaire d'une taverne, il m'avait proposé une petite salle à l'étage avec vue sur mer. Peu de temps après, j'avais donc placé des affichettes dans divers commerces des environs.

Ce jour-là, six personnes avaient bravé la pluie pour cet atelier d'écriture créative. Chacun s'était présenté en quelques mots. Lionel, un jeune étudiant en journalisme, admirateur de Brassens, Madeleine, une dame âgée qui avait lu mon annonce à la crêperie, Pierre, un peintre fasciné par la mer qui s'était mis à composer des poésies, Thérèse, une institutrice à la retraite qui lisait beaucoup de polars, Julien, un adolescent qui tenait son journal et Marie-Paule, une de mes voisines qui cherchait un tremplin pour se lancer dans le récit de sa vie.

J'avais donné comme contrainte d'utiliser les mots "marguerite", "amour" et "folie" ainsi que de faire intervenir deux personnages dans le texte que chacun allait composer.

Tout le monde avait écrit dans le plus grand silence. Puis, vint le temps de lecture.

Thérèse, l'institutrice retraitée commença :

Cet été-là, nous aimions nous retrouver sur l'unique banc du petit parc derrière l'église. Nous nous y asseyions et restions blottis l'un contre l'autre. Nous étions sages, nous ne voulions rien gâcher dans la précipitation.

Il s'en disait des choses à propos de cet endroit ! C'était un ancien cimetière et des gosses prétendaient y avoir vu des revenants, un soir d'Halloween.

Un jour, un autre couple nous avait précédés. Elle était brune et vêtue de jaune, elle avait une marguerite dans les cheveux. Il était métis et portait une écharpe ocre. Ils s'embrassaient goulûment. Ils étaient assis sur notre banc. Nous les avons ignorés, nous demandant pourtant s'il ne nous faudrait pas changer notre lieu de rendez-vous. Nous avons fait plusieurs fois le tour du parc en nous tenant par la main. L'heure de la séparation est venue. Sur le sentier, nous conduisant à la rue, nous avons entendu des éclats de voix. Juste des mots : marre, merde, amour foutu, folie. Nous avons poursuivi notre route et nous nous sommes quittés après un bisou.

Le lendemain matin, un homme qui promenait son chien dans le petit parc, a découvert le corps du jeune métis. Il avait été étranglé, une écharpe ocre était serrée autour de son cou. Il y avait une marguerite près du cadavre. La police lança un appel à témoin. Par peur, nous n'avons rien dit. Jusqu'à la rentrée scolaire, nous nous sommes contentés d'échanger des textos. Les baisers n'étaient plus que des mots tapés sur un clavier. Nous ne voulions pas que l'on sache que le fils du notaire et la fille du ferrailleur se rencontraient en cachette…

Je demandai : "Y a-t-il des commentaires ?"

Lionel dit : "Ça pourrait être un début de nouvelle policière. Je crois qu'il manque le mot amour."

Thérèse réagit : "Mais il s'y trouve, j'ai écrit : amour foutu !"

Marie-Paule poursuivit : "Il y a une belle ambiance."

Des remarques plutôt plates suivirent : "C'est romantique… J'aime bien l'imprévu qui survient… Quelle imagination… !"

Je demandai alors : "Qui veut lire ?"

Marie-Paule, ma voisine, se racla la gorge et continua :

Monter à la tête

Aimer à la folie

Rayonner d'amour

Griser le corps et l'esprit

User les résistances

Enjôler pour emprisonner

Ravir les sens

Inquiéter la raison

Tourmenter l'entourage

Enfermer dans la solitude

Julien demanda : "Dans votre texte, genre poésie, elle est où la marguerite ?"

Agacée, Marie-Paule répondit : "Il suffit de regarder la première lettre de chaque phrase pour la trouver, cette fameuse marguerite ! On appelle cela un acrostiche. On n'apprend sans doute plus ça en classe…"

"Joli, joli", fit Pierre.

"Poétique, ingénieux. Inquiéter la raison, je trouve que ça résonne bien" compléta Lionel qui m'interrogea du regard et prit le relais :

(...)
 

Micheline Boland

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Brune Sapin nous présente son ouvrage "Il a beau pleuvoir, le soleil n'est jamais mouillé"

17 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

 

Biographie

 

Je suis née le 29 avril 1989, j’ai donc tout bientôt 28 ans.

Mes premières histoires datent de mon enfance et de mes jeux avec mes cinq frères et sœurs, et mes premiers écrits… Depuis que je sais écrire !

Je signe chez Chloé des Lys mon premier roman aboutissant à une publication et il en résulte des pétillements de joie !

Aucune critique n’atteindra le sentiment que je ressens à réaliser l’un de mes rêves de petite fille !

Je suis encore étudiante en lettres à l’université mais si tout va bien cela devrait être ma dernière année. Je me destine à travailler en tant que bibliothécaire et animatrice d’ateliers d’écriture dans une médiathèque mais le monde du travail est très certainement plus compliqué que l’univers de la faculté. Advienne que pourra !

En attendant je vais continuer à écrire, je l’espère en m’améliorant toujours, grâce à l’expérience du vécu, de plus en plus riche en rencontres et en amour.

Tout commence ou recommence ! Et tout continuera à recommencer !

 

 

 

En guise d’Avertissement :

Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé

 

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(Boileau, L’Art poétique, 1674)

            Il avait bien raison le grand Classique. On jette comme ça des idées sur une page, et à force de les relire on les supprime quasiment toutes pour en réécrire les grandes lignes voire parfois les lignes parallèles.

            Je voudrais vous présenter mon petit livre, mais je ne sais ni par où commencer ni qu’en dire. Ce qui est sûr c’est que je l’ai écrit, soyez rassurés. Mais de là à en parler il y a un sacré vol à l’étalage qui vire au tour de l’univers en vitesse lumière.

            Il me semble cependant pour l’anecdote, que sur l’enveloppe dans laquelle se trouvait mon manuscrit (premier jet) lorsque Chloé des Lys l’a reçue, j’avais inscrit ceci :

Les sots lisent un livre, et ne l’entendent point ; les esprits médiocres croient l’entendre parfaitement ; les grands esprits ne l’entendent quelquefois pas tout entier : ils trouvent obscur ce qui est obscur, comme ils trouvent clair ce qui est clair ; les beaux esprits veulent trouver obscur ce qui ne l’est point, et ne pas entendre ce qui est fort intelligible.

(La Bruyère, Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 1696)

            C’était prétentieux.

            Et d’ailleurs la version finale de ce manuscrit en question soit le bouquin dont je vous parle n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se trouvait dans l’enveloppe.

            Bref, je cherche une définition : c’est une sorte de livre excentrique, mais tel que l’entendait Nodier et non pas l’interprétation ironique et/ou parodique qu’en a fait Daniel Sangsue en 1988 (J’entends ici par un livre excentrique un livre qui est fait hors de toutes les règles communes de la composition et du style, et dont il est impossible ou très difficile de deviner le but, quand il est arrivé par hasard que l’auteur eût un but en l’écrivant. (Bibliographie des Fous de Quelques Livres Excentriques, Charles Nodier, 1835)

Ensuite et bien c’est une histoire, celle d’une petite fille, qui fugue bien évidemment, et d’autres personnages plus ou moins importants… Mais l’ensemble est un sacré trompe-l’œil en fin de compte, si l’on admet comme Aragon que l’imagination n’inventant pas des choses réelles, ces dernières sont menties : L’extraordinaire du roman, c’est que pour comprendre le réel objectif, il invente d’inventer. Ce qui est menti dans le roman libère l’écrivain, lui permet de montrer le réel dans sa nudité. Ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité. (Aragon, C’est là que tout a commencé…, 1965). Cependant, le monde de l’imaginaire apparaît paradoxalement chez Lacan comme intrinsèque au moi, avec celui du symbolique et celui du réel… Aussi je vous laisse vous y retrouver.

Et puis je dois tout de suite vous avertir que mon livre n’est pas tout à fait un roman. En fouinant un peu dans l’histoire littéraire je dirais qu’il se rapproche de l’antiroman (vous savez, Charles Sorel, 1633, Le Berger Extravagant ; Jean-Paul Sartre dans son introduction au Portrait d’un inconnu de Nathalie Sarraute, 1948 ; critique de la vague du nouveau roman français dans les années 1940, 50,60 ; et pour ceux que cela intéresse : un article d’Aron Kibédi Varga dans Littérature en 1982 (n°48, Texte contre-texte) : Le roman est un anti-roman : http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1982_num_48_4_2174 ).

            Mais pour finir de brouiller les pistes (dans mon esprit qui cherche à vous présenter concrètement quelque chose d’acté et diable ! de publié),  ultime citation tirée d’un livre incroyable que je vous recommande en passant : Tout se passerait donc comme si, les genres s’étant dissipés, la littérature s’affirmait seule, brillait seule dans la clarté mystérieuse qu’elle propage et que chaque création littéraire lui renvoie en la multipliant – comme s’il y avait donc une essence de la littérature. Mais, précisément, l’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais déjà là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer.  Il n’est même jamais sûr que le mot de littérature ou le mot art réponde à rien de réel, rien de possible ou rien d’importance. (Maurice Blanchot, Le livre à venir, 1959)

Vous l’avez compris maintenant, il vous faut donc lire ce récit de fiction qui n’est ni un roman, ni un livre excentrique, ni tout à fait un antiroman, en souriant et en ne cherchant surtout pas à le cataloguer car il est brut et brutal, sorti de nulle part et encore en recherche. De plus, ce sourire qui ne vous quittera plus, participera de votre indulgence par-rapport aux coquilles s’il en reste malgré mes relectures et corrections (honte à l’auteur : moi) mais également à accepter dans votre grande mansuétude une faute grammaticale que je revendique bien qu’elle paraisse indubitablement condamnable : c’est fatiguant. L’adjectif qualificatif comme son nom l’indique serait attendu là pour qualifier la situation, et de plus seul lui (en tant que défini et définissable, sinon d’autres mots peuvent remplir cette fonction syntaxique) peut être placé en attribut du sujet. Or la grammaire moderne est beaucoup moins rigoureuse que celle que j’ai apprise dans ma lointaine jeunesse, et parle uniquement de différences sémantiques entre le participe présent, l’adjectif verbal et le gérondif (les trois formes en –ant) : l’adjectif verbal a une qualité durable ; le participe présent et le gérondif indiquent tous deux avec plus de puissance l’aspect d’inaccompli, d’action passagère, de procès en cours de réalisation. (A. Mela, Université Paul Valéry, Trame de cours, Prépa à l’entrée à l’IUFM) L’immensité de la fatigue en train d’être ressentie par le sujet présent à la situation donnée m’a donc induite en erreur vers le participe présent, et je m’en excuse pour ceux que cela choquerait, bien que le propre, aussi, de ce récit, soit son imperfection, de par son statut de premier (douteux brouillon et naïf qui plus est ?), d’où votre sourire amusé.

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus !

 

Un livre. Une aventure. Quant à moi je m’éclipse…

 

12 Mars 2017

Brune Sapin

 

Extraits d’Il a beau pleuvoir le soleil n’est jamais mouillé, Brune Sapin

 

« Oui Billy savait tout, ils discutaient beaucoup, et elle allait retrouver Billy quoiqu’il lui coûte, parce que maintenant elle ne pouvait plus vivre sans lui et personne jamais ne pourrait les séparer. » (p.73)

« Tout le monde a des hauts et des bas, tout le monde est à la fois une petite fille et une jeune femme, tout le monde le comprendra. Oui cette histoire doit devenir un livre et elle le deviendra. » (p.124)

 

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Les fruits de ma passion pour "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

17 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

Les fruits de ma passion pour "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois
Les fruits de ma passion pour "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois
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Edmée de Xhavée nous présente son nouveau roman "LA RINASCENTE"

15 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Biographie

 

D’ici et d’ailleurs, d’ailleurs et d’ici. Belge née d’un papa Belgo-Uruguayen et d’une maman qui ne rêvait que de lointains ailleurs, nourrie de l’idée que le monde était vaste et sans limites, elle a bougé. Des années cigale en Provence, des années de dolce vita dans le Piémont, et des années d’American Way au New Mexico et New Jersey. Et de longues parenthèses bruxelloises.

C’est à Liège qu’elle a posé – dirait-on – ses bagages pour voir défiler la Meuse et écrire…

Avant ce dernier recueil de nouvelles elle a publié 3 romans et deux recueils de nouvelles aux éditions Chloé des Lys, ainsi que deux témoignages de vie aux éditions Irezumi.

 

Extrait de « La rinascente » d’Edmée De Xhavée

 

Elle attendait déjà de ses nouvelles, ne sentait plus rien d’autre que cette attente.

Oh, le son du clapet métallique s’ouvrant puis se rabattant dans la porte, et le « toc ! » sourd des enveloppes qui atterrissaient dans la boîte aux lettres, et qui, si en trop grand nombre, en enfonçaient la petite porte vitrée, se déversant sur le marbre du vestibule dans un bruit d’éventail géant. Et puis, son impatience déguisée en indifférence alors qu’elle triait… se désespérant de plus en plus à mesure que passaient les semaines. La brûlure de l’abandon scella son cœur. Elle reprit ses sorties, brisée et frimeuse. Éclatant d’une joie de vivre bien imitée.

En pleine forme, radieuse, la complimentait-on.

En secret elle avait pourtant vécu une longue période d’insomnies et de fragilité de caractère. Querelleuse et pleurnicheuse avec les siens. Alors qu’elle sortait déjà avec Bernard depuis peu, elle apprit que la mère de Lieblich venait de réapparaître en ville après une longue convalescence : elle avait été hospitalisée la nuit de cette soirée, et souhaité se trouver près de sa propre mère en Allemagne pour son opération et la rééducation, assez longue et pénible. C’est son fils qui l’y avait conduite, après quelques jours inquiétants à l’hôpital de la ville. Il avait passé la fin des vacances auprès d’elle, et n’avait opéré qu’un rapide aller-retour d’une journée dans leur ville, afin de préparer ses bagages la veille de son entrée comme prévu dans une université allemande, en septembre.

 

 

Résumé

 

Histoires de femmes égale histoires d’amour. Voici des nouvelles qui fouillent dans les apparences pour y trouver si l’amour fut ou ne fut pas.

Mariages logiques, mariages qui marquent le bout de la route ou le début d’une voie royale. Amours mortes ou défunts que l’on aimera à jamais et ne remplacera pas.

Images statiques qui, si on leur donne vie, révèlent une toute autre vérité.

Et ces femmes qui n’acceptent pas le malheur, qui raisonnent, mesurent, et trouvent l’amour de la vie ailleurs, dans l’amitié, le confort, la solitude sans mornitude, la conviction que certains compromis ne sont pas à faire. Ou les autres qui « se font ».

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Elle va de lèvres en lèvres, une poésie de Paul Maakad

14 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

 

 

Elle va de lèvres en lèvres,

De caresses en caresses,

De frissons en frissons.

 

Tourne, tourne, petite poussière,

Donne-toi l’illusion de vivre,

Joins-toi au ballet aérien de tes semblables.

 

Demain, n’étant plus portée par le vent,

Tu t’immobiliseras par terre, froide et nue,

Et tu feras face à ce que tu as toujours été :

 

Seule.

 

 

PAUL MAAKAD

Mars 2009

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Jean-Jacques Salembier se présente et présente son recueil de nouvelles "Migrateurs"

13 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Jean-Jacques Salembier: Auteur belge, fait ses débuts en 1984 en tant que comédien avec

« La roulotte théâtrale » de Mons.be où il prend goût aux mots. Parallèlement il suit les cours d'art dramatique au conservatoire de Soignies.be. Quand il n'est pas sur scène, il mène une vie sous forme d'errance et se met à écrire. Il pratique différents genres, roman, journal, chroniques, récits de voyage, pièces de théâtre, tranches de vie, nouvelles, réflexions, contes pour enfants, poésies. En 2003, il rassemble sous forme d'une plaquette intitulée “Mézigue”, différents extraits de son “gros œuvre”, qui est une sorte d'autobiographie expérimentale où il évoque aussi bien son passage dans l'administration en tant qu'employé sans spécification définitive, ses fonctions d'administrateur- créateur au centre dramatique Hennuyer, ses petits métiers, vendeur de moutons à Paris, ses voyages en Afrique, à Madagascar, en Lituanie, en Croatie, en Serbie, en Roumanie, à Cuba, à la Martinique, son exil en Provence au pays de la lavande, ses aventures dans l'univers théâtral.

 

Livres parus : 

 

 

MÉZIGUE 2003

Éditions La rivière de Cassis, Aden Bruxelles.

L’OR ROUGE 2005

Éditions La maison de la Gravure Méditerranée, Montpellier.

L’ALPHABET MUET 2006

Éditions La maison de la Gravure Méditerranée, Montpellier.

L'ILE AUX PAPES 2008

Éditions à compte d'auteur

MEMOIRES D'UN LOIR 2015

Éditions Chloé des Lys

 

 

 

EXTRAIT :

 

Dès le soir une lumière orangée d'un sublime merveilleux. Je me sens tourmenté par toutes sortes de désirs: suivre l'océan en marchant sur la plage, barboter dans les petites vagues, me familiariser avec les chiens aquatiques et le barracuda, épier les ébats des makis, des lémuriens, de toute la petite gent fourrée, afin d'observer leurs mœurs et découvrir le mystère de leurs vies. On dit que les lémuriens sont les gardiens des ancêtres. Avec le temps, je peux, me semble-t-il, me glisser parmi les fleurs et, en me montrant prudent et raisonnable pour ne pas les effaroucher, je peux parvenir à surprendre les secrets qu'elles se murmurent entre elles, les mille confidences que l'oreille de l'homme ne perçoit jamais. Je me sens alors cet enfant des forêts vierges, cet être vibrant de tous les instincts primitifs, assoiffé d'espace, de grand air. L'heure d'entre chien et loup est divine. Tout est divin et magnifique. Un monde enchanté où défilent des enfants. Je me sens sur une autre planète, avec son enfer et son paradis. Un petit paradis où il fait bon vivre. Un enfer tant il y a de femmes merveilleusement belles. La tentation est grande de ne pas butiner sur toutes ces fleurs. Des îles, se répètent Tom à voix haute, des cocotiers sur les îles, et le bruit frais du vent.

 

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Paul Maakad, nouvel auteur aux Editions Chloé des Lys, se présente...

13 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations




Je m'appelle Paul Maakad, j'ai 33 ans. Je suis heureux et très fier de publier dans un futur proche mon premier recueil de poésie et de pensées aux éditions Chloé des Lys, qui s’appellera « Bouillonnement ».

Libano-palestinien d'origine, mes parents ont fui la guerre civile en 1990 et sont venus s'installer en France pour nous assurer un avenir meilleur.

En grandissant, j'ai senti le besoin de renouer avec mes origines car je déplorais un manque en moi: je suis donc retourné étudier pendant deux ans à Beyrouth. C'est à ce moment et dans ce lieu précis que j'ai commencé à écrire car j'y ai de suite décelé une inspiration exacerbée.

Mes activités de journaliste et de travailleur humanitaire m'ont par la suite donné la possibilité de voyager et d'assouvir mon besoin de rencontre avec l'Autre - rencontre qui m'est indispensable à progresser dans mon cheminement vers une sagesse et une joie de vivre que je sens de plus en plus grande.

Les poèmes et pensées que ce premier recueil rassemble touchent à l’essence des sentiments et des questionnements métaphysiques que l’être humain se pose au fur et à mesure des expériences qui lui sont données de vivre. En cela, c’est un ouvrage accessible à tous, suggestif et atemporel dans sa portée.

N'hésitez pas à me contacter pour quelque précision; ce serait une joie d’entamer un dialogue et de confronter des destinées de vie et d’expériences.

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Jean-François Foulon a lu "A la fin de ces longues années' de Joël Godart

11 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Joël Godart, "A la fin de ces longues années" (Editions Chloé des lys)

 

Une nouvelle fois, je suis sous le charme après la lecture du dernier livre de Joël Godart (« A la fin de ces longues années »), un livre de poèmes, bien entendu :

Dans son recueil précédent, il était question du rêve, de la mer, des nuages, de la femme et aussi de la mort.

Ces thèmes, on les retrouve dans ce second livre, mais il me semble que la conscience de la mort qui rode a pris plus d’emprise sur le poète :

A la fin de ces longues années

Quand nous devrons quitter cette terre

Nous déposerons sur le fleuve nos deux cœurs

 

C’est que le temps continue à avancer et que les années qui restent devant l’écrivain s’amenuisent petit à petit :

Les années ont passé comme feu de paille

déposant sur nos vies des brassées de feuilles

L’hiver s’avance et sur toutes choses

étend ses longs doigts blancs de givre

 

Cette prise de conscience n’est pas morbide, elle est simplement lucide. L’auteur a conscience qu’une grande partie du chemin est derrière lui et il décide, puisqu’i n’y a plus rien devant lui, de s’arrêter et de regarder la beauté du monde.

On sait que le poète habite maintenant en Bretagne, devant l’océan. Cette région  devait forcément devenir un thème de prédilection :

Sur mes domaines les routes sont rares. Beaucoup de végétations battues par les vents, de chemins tracés en toute hâte (…) La nuit nulle lumière sur la lande mais des cris d’oiseaux.

Outre la description de la lande bretonne, un tel texte porte en lui une réflexion existentielle. Les routes qui se font rares sont celles de l’existence, le vent symbolise les difficultés de la vie et ces cris d’oiseaux dans la nuit noire ont quelque chose d’effrayant. On devine la mort tout au bout et le grand plongeon du haut de la falaise.

Pourtant, en ce lieu de repos et de recueillement, l’amour peut renaître :

J’avais oublié jusqu’à la blancheur de ta peau (…)

Tes yeux étaient deux promesses.

 

Parfois les vers de J Godart deviennent des jeux de mots tendrement érotiques aux consonances bibliques :

L’amour est olivier au jardin de mes caresses

 

Mais les saisons défilent et l’automne (ultime cycle de la vie) approche. Les arbres qui « bavardent dans la nuit mystique» vont perdre leurs feuilles :

Ainsi va comme une feuille

Le monde vers sa perte

 

Le poète (qui nous a parlé d’un autre livre qui devrait sortir bientôt et qui sera consacré au Père Lachaise) hante les cimetières et voit sur les tombes des noms de femmes. Il se demande si leurs amants se souviennent d’elles, de la douceur de leurs lèvres et de leurs mèches blondes. Mais

Seules les allées se souviennent et chuchotent sans fin vos noms dans les corridors du temps

 

Parfois, le poète par le de son « métier » d’écrivain :

Avec des mots j’ai fait une tresse  

Descendant en guirlande jusqu’à mes pieds

 

A d’autres endroits, il parle de la musique comme d’une métaphore de ses poèmes :

Au son de ta mandoline

J’ai gravé ô Colombine

Mes accents sur le disque

D’amertume et de folie

Mais déjà le disque se raie

 

L’amour et l’érotisme sont bien présents (à quoi renvoie cette mandoline ? Au corps de la femme aimée peut-être…) mais la fin est bien là : le disque se raie.

Le recueil se termine sur neuf petits textes étranges et charmants où l’auteur met en scène des guerriers d’une peuplade primitive. Ceux-ci ont combattu vaillamment, mais ils attendent la mort.

Nous, les lecteurs, nous attendons plutôt les livres suivants de Joël Godard. Puissent-ils être nombreux !

 

Joël Godart, A la fin de ces longues années

Jean-François Foulon

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2017/03/03/joel-godart-a-la-fin-de-ces-longues-annees-editions-chloe-de-5917004.html

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"Chaos" une lecture d' Alain Magerotte

10 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

Voir sur www.bob-boutique.com
"Chaos" une lecture d' Alain Magerotte


Revoilà donc notre flic bourru au grand coeur, Johan Verdriet de son nom, surnommé le bouledogue, et la jolie Lieve Moed, jeune inspectrice audacieuse, amoureuse dudit bouledogue, lancés dans une folle histoire qui va les emmener jusqu'au Yémen.
D'abord, quand j'ai lu le quatrième de couverture et vu la bande annonce pharaonique de "Chaos", je me suis dit ça y est, non content de devoir me taper les horreurs de Daesh et de l'Etat islamique à longueur de JT, voilà que Bob en remet une couche ! Trop is te veel !
De plus, l'ami Boutique est sans pitié, va falloir ingurgiter 492 pages... c'est du gavage, allô Gaia, help !
Bon, calmons-nous, me disais-je, le temps d'engloutir à la sauvette une pastille de Gaviscon et me voilà parti à la découverte de ce nouvel opus du fondateur et directeur des programmes d'Actu-Tv.
Comme dans "2401", le roman précédent qui démarrait avec "les lettres calomnieuses d'un corbeau", l'auteur part d'un fait simple, voire classique : le vol d'un tableau... avec cette nuance non négligeable; le tableau en question est sans grande valeur ! Voilà un fait qui ne peut que titiller la curiosité du lecteur. Bonne entrée en matière puisqu'elle est accrocheuse.
Je n'en dirai pas davantage au niveau de la trame afin de ne pas gâcher la surprise de celles et ceux qui vont partir à la découverte de ce nouveau roman fleuve.
Par contre, rayon personnages, je peux balancer puisqu'on retrouve, outre le couple en passe de devenir légendaire, Arie et sa compagne d'origine asiatique, Piet Buelinckx, une épée en informatique, bref les cadors de la KMAR, la Ministre Rita Van Hemelrijck, des agents du Mossad et le terrible Yahia.
L'auteur s'est bien documenté, résultat : c'est du travail propre et sérieux avec parfois un petit côté didactique et des détails techniques par trop pointus.
La célèbre gouaille de Bob transpire moins dans cette oeuvre que lors des précédentes, ce qui fait que lorsqu'on la retrouve au détour d'une page, on la savoure davantage.
Pour en revenir à la trame, que je ne me résous toujours pas à vous livrer, je tire mon chapeau (vous savez toutes et tous que j'en porte souvent) car il fallait aller la chercher celle-là... j'ai été scotché au point d'arriver trois jours de suite en retard au boulot ! C'est dire...
Bonne nouvelle, Bob annonce une suite !... Quand je vous disais que le couple Johan/Lieve était en passe de devenir légendaire...
Armons-nous donc de patience qui, n'en doutons point, sera récompensée d'ici... une bonne année. Rendez-vous en 2018.

 


Alain Magerotte. 
http://www.bandbsa.be/notes/chaosmagerotte.htm

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