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Le blog Aloys

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Jana Rehault : "Quelqu’un a dit qu’il n'y a pas trente-six façons d’écrire, il y en a trente-six mille. Je pense que c’est aussi valable pour la définition de l’écriture."

6 Janvier 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

Janna Rehault, une voyageuse, une auteur de SF, une auteur qui titille notre imagination et notre curiosité depuis plusieurs mois avec des extraits de son roman "La vie en jeux". Même le titre surprend. Je ne pouvais que lui demander de répondre à quelques questions ce qu'elle a fait avec rapidité, réactivité et... créativité !

 

Tu te présentes succinctement ?

Je suis Janna ; j’ai 35 ans, je viens du Kazakhstan (l’ex-URSS). Ça fait 12 ans que je vis en France. J’ai fait des études en Sciences Po. Je travaille essentiellement dans l’humanitaire ; sinon, je fais de la traduction et donne des cours de russe.

 

Tu voyages beaucoup : est-ce que ton écriture et ton univers s'en ressentent ?

Je dirais que mon écriture s’en ressent indirectement, dans le sens où je ne parle pas des voyages dans ce que j’écris (mais je compte le faire dans mon prochain roman) ; ça serait plutôt l’expérience de vie que j’ai acquis en voyageant - la rencontre avec d'autres cultures, la connaissance des modes de penser et de vivre différents – qui a influencé mon écriture.

 

Ecrirais-tu différemment si tu étais restée dans ton pays natal ?

Je crois que j’aurais le même style ; par contre, les sujets et les personnages ne seraient pas tout à fait les mêmes. Et certainement, mes points de vue sur beaucoup de questions seraient très différents de ceux que j’ai aujourd’hui. Je pense que j'ai vraiment la chance d'avoir deux cultures : cela a beaucoup élargi ma vision des choses.

 

Définis le mot écriture (ta déf, hein)

Quelqu’un a dit qu’il n'y a pas trente-six façons d’écrire, il y en a trente-six mille. Je pense que c’est aussi valable pour la définition de l’écriture. Pour moi, elle dépend surtout des raisons pour lesquelles on écrit. Ça peut aller d’un simple  plaisir d’inventer des histoires à une sorte de thérapie libératrice. On n’écrit pas tous pour les mêmes raisons. Pour certains c’est une façon de fuir la réalité ou de se créer son propre monde, pour d’autres  - une possibilité d’exprimer leurs idées ou de faire partager leurs expériences, ou encore un moyen de mieux comprendre soi-même. Et évidemment, la chose que nous avons tous en commun c’est la pulsion créatrice.

 

Définis ton style

Je dirais que mon style est assez minimaliste, dans le sens où je ne donne pas de longues descriptions des lieux ou des aspects visuels des choses. Par contre, j’ai une fâcheuse tendance à plonger dans les réflexions soi-disant « philosophiques ».  J’aime bien argumenter en faveur des points de vue différents, voire opposés, et en général, j’évite de donner un jugement définitif. Je préfère laisser le lecteur construire sa propre opinion.

 

Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé par compléter ou changer la fin des histoires que je lisais ; j’avais 8 ou 9 ans. Mais pour écrire mes propres histoires, il a fallu que j’atteigne 13 ou 14 ans.

 

Un déclencheur ?

Ma crise d’adolescence. Comme beaucoup, je l’ai  assez mal vécue. Donc, c’était en quelque sorte une échappatoire.

 

Que lis-tu ?

En ce qui concerne la littérature, je lis surtout les classiques du 20ème siècle. Sinon, je lis beaucoup sur l’Histoire, l’art et la philosophie.

 

Un grand merci, Janna, pour ce partage !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Jana Rehault : "Quelqu’un a dit qu’il n'y a pas trente-six façons d’écrire, il y en a trente-six mille. Je pense que c’est aussi valable pour la définition de l’écriture."

Parle-moi de ton livre

C’est un roman ; le titre est « La vie en jeux ». C’est une sorte d’anti-utopie. L’action se déroule dans les années cinquante du 21ème siècle dans la Fédération Européenne.  A première vue il s’agit d’un meilleur des mondes qu’on peut s’imaginer selon nos aspirations d’aujourd’hui : la violence est minimisée ; les crimes ne se font pratiquement plus ; la vie humaine et les droits de l’homme sont sacralisés ; les maladies sont vaincues par l’ingénierie génétique ; ceux qui subissent une mort non naturelle « ressuscitent » grâce au clonage ; ceux qui subissent des chocs psychologiques se font libérer de leurs traumatismes grâce à la modification de mémoire,  etc. Pas de totalitarisme, ni d’asservitude des hommes par les robots.

En même temps, les gens voient leur vie se déplacer progressivement dans les espaces virtuels dont les prototypes sont des métavers d’aujourd’hui. C’est là que se vit la vie sociale, professionnelle, sentimentale. La plupart des résidents des métavers ne quitte le monde virtuel que par nécessité, pour satisfaire le minimum de leurs besoins vitaux. Ils identifient leur personnalité à leurs avatars dans le métavers, la soi-disant « e-identité », pendant que leur être du monde réel se considère plutôt comme une enveloppe matérielle, un support de leur existence virtuelle. Le non-vivant devient l’objet des affections de l’homme et, grâce aux substituts tels que jeux vidéo, télé réalité, feuilletons, etc., on ne vit que par procuration.

 

Tes personnages ? D'où sortent-ils ?

Certains sont tirés de l’imagination ; d’autres sont inspirés de personnes réelles que j’ai connues. Par ailleurs, beaucoup de mes amis qui ont lu mon roman m’identifient avec mon héroïne principale. Je ne suis pas tout à fait d’accord ; mais il est vrai que c’est surtout à travers elle que j’exprime mes pensées.

Jana Rehault : "Quelqu’un a dit qu’il n'y a pas trente-six façons d’écrire, il y en a trente-six mille. Je pense que c’est aussi valable pour la définition de l’écriture."

Pourquoi avoir choisi un roman qui se déroule dans le futur ? L'anticipation, la SF sont-ils des genres qui ont ta préférence ?

 

  • Oui, j’aime beaucoup les romans d’anticipation. Par contre, je n’ai pas choisi le contexte futuriste par pure passion pour la science-fiction. C’est plutôt un moyen « technique » qui permet de pousser à l’extrême les tendances de la société d’aujourd’hui afin de les remettre en cause.

Quelles idées veux-tu véhiculer via ton roman puisque tu parles "débats philosophiques"

  • Par exemple, l’une des controverses gravite autour de la modification de la mémoire, servant à éliminer les souvenirs traumatisants chez les individus. Son objectif peut paraître judicieux : libérer l’homme des souffrances du passé. En même temps, effacer les souvenirs négatifs n’équivaut-il pas à rétrécir ou réduire sa personnalité ? De même, en ce qui concerne les criminels : dans mon roman on ne les punit plus, on leur modifie la mémoire. On a abolie la tradition carcérale considérée comme inhumaine et inefficace. Cependant, est-ce tellement mieux d’enlever de force les souvenirs à un homme et ainsi l’obliger à être « gentil » ? Le discernement moral ne doit-il pas rester dans le cadre d’un choix libre de l’individu ?
  • D’autres « débats philosophiques" portent sur le clonage et le droit au suicide, sur la réalité virtuelle (est-elle capable de rendre l’homme heureux et remédier à tous les problèmes ?) ; sur l’art (vaut-il tous les sacrifices ? peut-on qualifier d’art celui créé par des machines ?), etc.

Parle-nous de tes personnages : si j'ai bien compris, tu as une héroïne ?

  • Oui, la principale héroïne est Alexandra, une jeune fille qui, suite au clonage de son frère, commence à remettre en question les phénomènes de la société dans laquelle elle vit. En même temps, elle est aussi le produit de cette même société ; et son conditionnement fait qu’elle se perd dans les spéculations purement intellectuelles au lieu de chercher des solutions plus simples et plus directes.
  • Un autre personnage important est son meilleur ami Max. C’est un jeune intellectuel qui se veut profondément humaniste mais qui reste le défenseur le plus ardent de cette société. Défendant les visions complétement opposées, ces deux protagonistes mènent tout au long du roman un duel idéologique. Alexandra dénonce ce qu’elle qualifie de nécrophilie sociale, en parlant de la société où le virtuel ou mécanique devient l’objet des affections de l’homme. Quant à Max, il n’attache pas beaucoup d’importance au mode de vie des gens ; pour lui l’essentiel est qu’ils se plaisent dans leur monde (peu importe, réel ou virtuel) et que rien ne les fasse souffrir.

Pourquoi avoir mis dans ton titre le mot "jeu" au pluriel ?

  • C’est un jeu de mots. Comme les gens dans mon roman passent leur vie dans un monde virtuel, on peut dire qu’ils ne vivent plus, ils ne font que jouer la vie. Par conséquent, la vie réelle se trouve rétrécie, et l’essence même de la vie est en jeu.

Allez, pour la conclusion, tu nous livres le synopsis de ton roman ?

  • Comme je l’ai déjà dit, c’est une sorte d’anti-utopie qui a lieu dans les années cinquante du 21ème siècle.
  • Plusieurs actions se déroulent simultanément. L’une d’elles commence par la participation de la principale héroïne Alexandra au mouvement des biophiles. Ce mouvement rassemble des jeunes « rebelles » autour d’un suicidaire Ruud qui réclame un droit de ne pas être cloné en cas de suicide. Or dans ce monde, le clonage d’un être humain est obligatoire s’il meurt d’une mort non naturelle. S’en suivent des manifestations, des débats télévisés, un procès et, au final, une décision de tribunal.
  • Une intrigue parallèle concerne la relation d’Alexandra avec son meilleur ami Max dont elle est secrètement amoureuse. Max crée une femme virtuelle qui incarne son idéal féminin et dont il tombe follement amoureux. Jalouse au début, Alexandra apprend que pour créer son idéal, Max s’est servi d’elle comme d’un modèle, c’est-à-dire il l’a programmé en se basant sur le physique et le caractère d’Alexandra. Une question s’impose : pourquoi au lieu de tenter la vraie relation avec la vraie Alexandra, Max préfère-t-il sa copie numérique ? Par timidité ? Ou bien, parce qu’il est incapable d’aimer une femme réelle, et ne peut s’attacher qu’aux entités virtuelles?
  • En même temps, le frère d’Alexandra (avec qui elle est extrêmement proche) se fait cloner après sa mort survenue suite à un accident. Alexandra se voit partagée entre l’amour pour son frère et une animosité envers son clone. Elle ne parvient pas à accepter ce dernier en tant que frère mais s’accroche à l’espoir que son frère continue à exister à travers son clone. La barrière psychologique qui les sépare depuis, l’empêche d’aborder le problème directement et l’incite à chercher des moyens détournés. C’est donc dans l’espace virtuel que leurs retrouvailles devraient avoir lieu.
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L'auteur ? Didier FOND !

5 Janvier 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #auteur mystère

CES OBJETS QUI CHUCHOTENT DANS LES TENEBRES…

Craignez-vous l’obscurité et le monde étrange des appartements abandonnés ? Craignez-vous les mille petits bruits, la nuit, qui hantent votre monde familier ? Savez-vous d’où viennent ces frissons soudains qui parcourent votre corps, alors que, blottis sous la couette, vous attendez le sommeil dans une semi torpeur propre aux découvertes les plus étranges ?...

Imaginez une maison, un appartement, fermé(e) depuis des semaines, ou des mois, des années… Volets clos, qui laissent à peine filtrer une lueur blanchâtre, mouvante ; les parquets sont recouverts d’une mince couche de poussière ; dans les coins, à l’angle des murs, quelques filaments noirâtres semblent agités de soubresauts presque humains ; les meubles sont encore là, témoins muets et déjà oubliés d’une vie passée, d’une existence qui n’a rien laissé d’autre derrière elle que ces objets d’un quotidien définitivement enfui… La moisissure colle aux murs, aux chambranles des portes, aux montants des fenêtres. Le silence est partout, même le glissement de vos pas sur les lattes du parquet ne parviennent pas à troubler la létale sérénité des lieux.

Sur une table, un livre ouvert, abandonné au moment du départ ; il récite à voix basse, inlassablement, le même texte ; quelques champignons ont déjà envahi ses pages, mais le murmure ne cesse pas, peut-être devient-il seulement moins audible, plus ténu, comme déjà étouffé par la lente décomposition du papier… Sur la cheminée, des bibelots, nombreux ; figurines de porcelaines qui se racontent leur vie d’antan, photographies de ceux qui ont été aimés et qui balbutient leurs derniers mots ; une peluche autrefois rose mais que le temps et l’humidité ont rendu presque blanche ; elle pleure, larme à larme, sa splendeur de jadis.

Le secrétaire est encore ouvert ; éventré, il montre ses viscères avec une pudeur nostalgique. Il offre à qui veut s’en saisir les lettres de naguère, rangées là par une main fiévreuse ou nonchalante, lettres d’amour, lettres d’affaires, courrier devenu inutile et que la main du temps mutile peu à peu… Quelques stylos vous attendent ; ils dardent vers vos doigts l’éclat déjà terni de leur plume, priant pour que, une fois encore, ils puissent accomplir ce pour quoi ils ont été créés… Mais vous passez, fantôme impalpable, c’est à peine si votre main a effleuré le bois un peu vermoulu, rongé par les termites ; l’éclat s’atténue, disparaît ; il ne reste de ce reliquat de l’écrit qu’un peu d’encre séchée et un ultime soupir.

Le lit, dans la chambre. Il y a bien longtemps qu’il n’a pas été défait. Garde-t-il encore l’empreinte des corps qu’il a bercés ? Non. Sa mémoire s’est effacée, il erre dans les labyrinthes de l’oubli et ne peut que chuchoter quelques bribes de mots, à peine prononcés, hachés, effilochés, comme les couvertures, comme ces draps qui le recouvrent et qui, eux aussi, sont voués à une lente destruction. Même les oreillers n’ont plus grand-chose à dire ; ils répètent les mêmes sons, ceux entendus pendant tant d’années, mais leur voix n’a plus d’intonation : monocorde, elle débite sans conscience ce qu’ils ont retenu. Les rideaux de velours sont fermés. Ils ont gardé l’apparence de leur lustre d’antan ; pourtant, bien dissimulées entre leurs fibres, la poussière et l’usure ont déjà commencé leur œuvre de mort. Vous les effleurez du bout des doigts ; ils bougent un peu, murmurent un vague remerciement puis replongent dans leur hébétude.

Sur la table de chevet, une lampe à l’abat-jour fané, une bougie à moitié consumée ; un réveil dont les aiguilles marquent obstinément la même heure ; il a oublié le temps, tout comme le temps l’a oublié. Et puis un autre livre, fermé ; celui-là ne parle pas. Il écoute. Il écoute les gémissements de la bougie, les ricanements de la lampe, le silence du réveil. Il garde pour lui ses pensées et rêve à son devenir…

Glissez le long des corridors, entrez dans ces mille et une pièces, écoutez : ce chuchotement dans les ténèbres, ce sont les objets qui se souviennent ; la nuit aussi, vous les entendez. Ils vous bercent ou vous effraient. Ils sont là. Non pour toujours, mais pour un petit, tout petit instant de conscience où vous avez enfin l’impression d’accéder à l’éternité…

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

L'auteur ? Didier FOND !L'auteur ? Didier FOND !
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Qui est l'auteur de cette nouvelle ?

5 Janvier 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #auteur mystère

Qui est l'auteur de cette nouvelle ?

CES OBJETS QUI CHUCHOTENT DANS LES TENEBRES…

Craignez-vous l’obscurité et le monde étrange des appartements abandonnés ? Craignez-vous les mille petits bruits, la nuit, qui hantent votre monde familier ? Savez-vous d’où viennent ces frissons soudains qui parcourent votre corps, alors que, blottis sous la couette, vous attendez le sommeil dans une semi torpeur propre aux découvertes les plus étranges ?...

Imaginez une maison, un appartement, fermé(e) depuis des semaines, ou des mois, des années… Volets clos, qui laissent à peine filtrer une lueur blanchâtre, mouvante ; les parquets sont recouverts d’une mince couche de poussière ; dans les coins, à l’angle des murs, quelques filaments noirâtres semblent agités de soubresauts presque humains ; les meubles sont encore là, témoins muets et déjà oubliés d’une vie passée, d’une existence qui n’a rien laissé d’autre derrière elle que ces objets d’un quotidien définitivement enfui… La moisissure colle aux murs, aux chambranles des portes, aux montants des fenêtres. Le silence est partout, même le glissement de vos pas sur les lattes du parquet ne parviennent pas à troubler la létale sérénité des lieux.

Sur une table, un livre ouvert, abandonné au moment du départ ; il récite à voix basse, inlassablement, le même texte ; quelques champignons ont déjà envahi ses pages, mais le murmure ne cesse pas, peut-être devient-il seulement moins audible, plus ténu, comme déjà étouffé par la lente décomposition du papier… Sur la cheminée, des bibelots, nombreux ; figurines de porcelaines qui se racontent leur vie d’antan, photographies de ceux qui ont été aimés et qui balbutient leurs derniers mots ; une peluche autrefois rose mais que le temps et l’humidité ont rendu presque blanche ; elle pleure, larme à larme, sa splendeur de jadis.

Le secrétaire est encore ouvert ; éventré, il montre ses viscères avec une pudeur nostalgique. Il offre à qui veut s’en saisir les lettres de naguère, rangées là par une main fiévreuse ou nonchalante, lettres d’amour, lettres d’affaires, courrier devenu inutile et que la main du temps mutile peu à peu… Quelques stylos vous attendent ; ils dardent vers vos doigts l’éclat déjà terni de leur plume, priant pour que, une fois encore, ils puissent accomplir ce pour quoi ils ont été créés… Mais vous passez, fantôme impalpable, c’est à peine si votre main a effleuré le bois un peu vermoulu, rongé par les termites ; l’éclat s’atténue, disparaît ; il ne reste de ce reliquat de l’écrit qu’un peu d’encre séchée et un ultime soupir.

Le lit, dans la chambre. Il y a bien longtemps qu’il n’a pas été défait. Garde-t-il encore l’empreinte des corps qu’il a bercés ? Non. Sa mémoire s’est effacée, il erre dans les labyrinthes de l’oubli et ne peut que chuchoter quelques bribes de mots, à peine prononcés, hachés, effilochés, comme les couvertures, comme ces draps qui le recouvrent et qui, eux aussi, sont voués à une lente destruction. Même les oreillers n’ont plus grand-chose à dire ; ils répètent les mêmes sons, ceux entendus pendant tant d’années, mais leur voix n’a plus d’intonation : monocorde, elle débite sans conscience ce qu’ils ont retenu. Les rideaux de velours sont fermés. Ils ont gardé l’apparence de leur lustre d’antan ; pourtant, bien dissimulées entre leurs fibres, la poussière et l’usure ont déjà commencé leur œuvre de mort. Vous les effleurez du bout des doigts ; ils bougent un peu, murmurent un vague remerciement puis replongent dans leur hébétude.

Sur la table de chevet, une lampe à l’abat-jour fané, une bougie à moitié consumée ; un réveil dont les aiguilles marquent obstinément la même heure ; il a oublié le temps, tout comme le temps l’a oublié. Et puis un autre livre, fermé ; celui-là ne parle pas. Il écoute. Il écoute les gémissements de la bougie, les ricanements de la lampe, le silence du réveil. Il garde pour lui ses pensées et rêve à son devenir…

Glissez le long des corridors, entrez dans ces mille et une pièces, écoutez : ce chuchotement dans les ténèbres, ce sont les objets qui se souviennent ; la nuit aussi, vous les entendez. Ils vous bercent ou vous effraient. Ils sont là. Non pour toujours, mais pour un petit, tout petit instant de conscience où vous avez enfin l’impression d’accéder à l’éternité…

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Bonne année !

5 Janvier 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #ANNONCES

Bonne année !
Je vous souhaite à tous et à toutes une très bonne année 2015 !

Beaucoup de succès littéraires aux auteurs, bien évidemment, des coups de coeurs pour les lecteurs aussi...

Que tous vos voeux se réalisent !

Notre blog va démarrer la nouvelle année en beauté à 8H00 aujourd'hui avec un premier auteur mystère... Puis textes, nouvelles, auteur mystère, fiches de lecture, avis de blogs s'enchaîneront...

Alors, à tout de suite !!!!

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Joyeuses fêtes !!!!

24 Décembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #ANNONCES

 

Vive les vacances !

On se retrouve le 5 janvier 2015 !!!

   

 

 

 

Gifs Animés Noel (105)

 

 

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L'invité d'Aloys... Eric Cramaregeas, sapeur pompier et auteur !

24 Décembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

L'invité d'Aloys... Eric Cramaregeas, sapeur pompier et auteur !

112, La mémoire de vos urgences

Quatrième de couverture

Ces nouvelles vous plongent au cœur des interventions les plus marquantes que tout sapeur pompier est amené à vivre durant sa carrière. Un face à face avec les réalités de plus en plus tragiques du monde actuel. Une aventure humaine et professionnelle unique que l’auteur vous offre en seize interventions qui marquèrent le Var et ses sapeurs pompiers. Chacune d’entre elle vous transportera là où l’urgence prend tout son sens. La diversité du métier de sapeur pompier vous y est dévoilée dans des situations parfois insoutenables issues, pour la plupart, de l’inconscience ou de la fragilité de l’être humain. L’entraînement quotidien du soldat du feu et du secours l’amène souvent à décider avec sa raison et non ses émotions. La récompense étant pour lui d’avoir pu sauver une vie.

EXTRAIT

« Deux secondes d’inattention »

A une trentaine de kilomètres de la caserne, un jeune couple et leur enfant de quatre ans, Jimmy, sont invités chez des amis de longue date pour le repas d’anniversaire de leurs fils respectifs, nés à deux jours d’intervalle. Le mari, Harry, trente-deux ans, est cadre dans une entreprise de construction, quant à son épouse, Betty, vingt-huit ans, elle est infirmière dans une clinique privée de la région.

C’est mardi soir. Les enfants n’ayant pas école le lendemain, la soirée se prolonge assez tard dans la nuit, en présence de nombreux invités.

Aux alentours de deux heures et demie, Harry et Betty décident de rentrer chez eux, dans un village voisin. En sortant de la maison de campagne, Betty ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel et d’emplir ses narines des effluves qu’exhale la nature au milieu d’une douce nuit d’été. La lune inonde le paysage de sa pâle clarté, évoquant une aurore qui tarde à se lever, tandis que la végétation scintille sous une fine couche de rosée. La jeune femme est heureuse, ils ont passé une excellente soirée.

Ils montent dans la voiture et prennent la route. Au bout de cinq minutes à peine, Jimmy, fatigué, détache les sangles de son siège auto afin de pouvoir s’allonger sur la banquette. Mais au moment où il s’extirpe doucement de son assise sécurisée, Betty se retourne, lui ordonne de se rasseoir et de se rattacher immédiatement. L’enfant s’entête, obligeant sa mère à défaire elle-même sa ceinture de sécurité et à se contorsionner pour le rattacher aussitôt.

En voulant prêter main forte à son épouse, Harry quitte un instant la route des yeux pour encourager son fils à écouter sa maman. En un mouvement imperceptible, il tourne le volant et la voiture dévie lentement sur la gauche. Le phare d’une moto qui arrive en sens inverse éclaire l’habitacle. Harry se retourne et, d’un geste trop brusque, tente de reprendre sa trajectoire, faisant se soulever le véhicule qui parcourt quelques mètres en équilibre sur deux roues avant de partir en tonneaux en direction d’un champ en contrebas de la route. Dans son élan, la berline sectionne deux arbres avant de finir sa course contre un tronc beaucoup plus robuste que les deux précédents ; elle s’immobilise, couchée sur le côté.

Le motard s’arrête. Il s’agit d’un ancien pompier volontaire, Tyfus Doumélini. Il pose la moto sur sa béquille et se précipite vers la voiture accidentée. Les impacts sur la carrosserie ont été si violents que Tyfus ne peut même plus identifier la marque de l’auto.

A l’intérieur, il aperçoit le corps immobile du conducteur.

  • Monsieur ! Vous m’entendez ? Ne vous inquiétez pas, j’appelle les secours !

Harry ne répond pas. Tyfus saisit son téléphone portable et remonte sur la route afin de capter un signal réseau et de joindre au plus vite les secours. C’est alors qu’il perçoit un râle qui vient des hautes herbes, à quelques mètres de lui, tout près du fossé. (...)

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Christine Brunet a lu "Déplacements" d'Elisabeth Berthéol

23 Décembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Christine Brunet a lu "Déplacements" d'Elisabeth Berthéol

Je pose ce livre, perplexe. Il s'agit d'un recueil d'histoires, des tranches de vie. Les héroïnes ? Toutes des figures féminines en mouvement. Des personnages "à côté de leurs pompes" comme on dit, qui zappent d'une façon ou d'une autre la réalité.

Tout commence par une erreur d'inattention... un acte manqué ? Puis lentement, au fil des histoires, la réalité s'estompe, dérape, s'efface et nous projette dans un monde virtuel qui pourrait être vrai mais qui...

Le lecteur se retrouve malgré lui englué dans les peurs, les délires des héroïnes. Il est en perpétuel décalage. Lorsqu'une histoire commence dans la normalité, ne pensez surtout pas qu'elle va sagement y rester !

Elisabeth Berthéol joue avec le lecteur comme elle joue avec ses personnages. Un peu comme l'image en première de couverture, on a l'impression de lire les récits au travers du filtre d'un papier calque... Les ombres qui transparaissent sont-elles ce qu'elles semblent être ?

Vous savez quoi ? J'en mettrais pas ma main à couper !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Christine Brunet a lu "Sans détour" de Michaël ZOÏNA

22 Décembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Christine Brunet a lu "Sans détour" de Michaël ZOÏNA

57 pages pour un recueil de nouvelles plus ou moins longues mais toutes surprenantes, à la chute abrupte.

En 4e de couverture, une seule ligne de synopsis qui résume néanmoins parfaitement le fil conducteur de l'ensemble : "ces nouvelles s'inscrivent dans un triangle délimité par l'amour, la mort et la musique."

La mort au sens propre n'est pas toujours présente dans les textes mais il y a toujours une petite mort de l'âme. De terribles coïncidences; des faux-semblants qui ne peuvent plus s'éterniser, des incompréhensions assassines.

Les héros sont ballottés par les hasards, leurs peurs, leur passé, leurs fantasmes, leurs doutes. Ils sont humains mais le dénouement peut se révéler inhumain.

57 pages, c'est peu... mais l'auteur est parvenu à m'attirer au cœur de ses phrases dans un univers où le blanc passe trop vite au noir.

Un excellent livre dégusté trop vite... Dommage. Du coup, j'ai hâte de me replonger dans les histoires détonantes de Michaël Zoïna ! Alors, à quand un autre recueil ?

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Dans L'Inédit... Estelle Deux-Elles

21 Décembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

Dans L'Inédit... Estelle Deux-Elles
Dans L'Inédit... Estelle Deux-Elles
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Le marcheur de l'aube, une nouvelle signée Claude Colson

20 Décembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

Le marcheur de l'aube, une nouvelle signée Claude Colson

Le marcheur de l'aube

On l'avait repéré comme il effectuait chaque dimanche le même parcours, et on l'avait dénoncé.
Rond, râblé, avec un brin de calvitie, il sortait régulièrement vers six heures de son domicile, dans la petite ville, non loin du canal où étaient amarrées quelques péniches colorées. Le lendemain matin elles partiraient vers la Belgique avec leurs cargaisons diverses : textiles, céréales ou encore charbon.

On était peu avant le milieu des années soixante et le fuel n'avait pas encore supplanté le mode de chauffage antérieur.
C'était toujours à la même époque , d'octobre à mars ernviron, qu'il partait ainsi, tôt, alors que toute la ville achevait son sommeil. Cà et là lui venaient quelques relents de café ou de pain grillé, lorsqu'un autre matinal avait ouvert sa fenêtre pour aérer sa maison.

L'homme qui le suivait de loin, pour la deuxième fois, ce dimanche appartenait aux Renseignements généraux. Ses supérieurs, alertés, avaient été intrigués par les faits et gestes du marcheur de l'aube. Ils l'avaient envoyé à ses basques.
Rien, depuis deux semaines, rien. Aucun indice ne lui permettait de comprendre ce que faisait ce quidam suspect.

Après une vingtaine de minutes de marche il le voyait sortir une grosse clé de son manteau et pénétrer dans une bâtisse un peu lourde, en bord de rue, par une porte de côté. La serrure apparemment rarement manoeuvrée couinait misérablement dans la rue vide.
Le dimanche précédent il l'avait vu ressortir au bout d'un quart d'heure puis il s'en était tranquillement retourné chez lui.
Un peu court pour rendre visite à une éventuelle maîtresse, songea notre agent.
Comme prévu, au bout de quinze minutes, l'homme rond réapparut et ajusta le col de son manteau. L'air était vif et le gel enserrait encore les quelques brins d'herbe des trottoirs.

Le policier l'aborda en présentant sa carte et lui demanda ce qu'il faisait de si bon matin seul dans la rue le jour du Seigneur.
Précisément, répondit le gros-homme. Je suis membre du Conseil presbytéral de l'Eglise réformée et j'ai la charge de venir allumer le vieux poêle deux heures avant l'office. Il fera bon quand les fidèles arriveront.

L'agent sourit, prit congé en serrant la main du "suspect" et s'éloigna à pas rapides. Il faisait moins cinq ce matin-là, avec un petit vent du nord très désagréable.

(à mon beau-père)

Claude COLSON

http://claude-colson.monsite-orange.fr

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