Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Daily, un petit texte signé Brune Sapin

Publié le par christine brunet /aloys

Daily


 

Minuscule matin au lever de soleil orange sur une route mouvementée d’un côté de l’autre.

Les transports pour désigner les allers et venus facilités par les moteurs, empourprés de gens fin prêts - à l’emploi, à la journée - aux allures frôlées, vues, reconnues, sourires non réciproques - actes manqués – adolescents courbés, des enfants enthousiastes, des étudiants - cheminement éternel des étudiants.

Autant de tenues à décortiquer - une esthétique du dévisagement approximatif.

Un baiser sur la joue d’une jeune-fille au hasard des rapprochements en commun - lui, un beau garçon au chignon blond tape-à-l’œil indiscret.

Et les lunettes ? Un syndrome. Un symptôme ? - Un paradigme cardiaque. -

En théorie, par analogie et rêves funambules au-dessus du brouhaha de la foule des tas de ferraille en tas.

Foule - gagnante, conquérante, mouvante - foule citadine, foule clandestine.

Les lunettes. Vision de feu fumant et trouble.

La lumière.


 

Brune Sapin

Il a beau pleuvoir, le soleil n'est jamais mouillé 

Publié dans Textes, Nouvelle

Partager cet article

Repost0

Le blog "D'un livre à l'autre" a chroniqué "Chaos, le dernier thriller de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

http://phildes.canalblog.com/archives/2017/09/20/35663976.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

http://phildes.canalblog.com/archives/2017/09/20/35663976.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

 

 

Il y a un an, je lisais le premier thriller de Bob Boutique "2401". Bob a récidivé depuis et j'avais hâte de retrouver ses héros hollandais Lieve, souvent nommé la Petite, et Johan, surnommé le Bouledogue. 

Bob ne veut pas dévoiler grand-chose de ses romans. Il veut laisser la surprise de la découverte à ses lecteurs (la 4e de couverture est d'ailleurs minimaliste). Mais comment donner envie de lire "Chaos" si on ne peut rien en dire? Le lecteur potentiel a quand même droit à un minimum d'informations, non? 

J'essayerai donc de ne pas déplaire à Bob en ne dévoilant que peu de choses. 

L'histoire commence au Rijsmuseum d'Amsterdam où un tableau a été volé, un simple tableau, pas très connu, presqu'une croûte ! Pourquoi le voleur s'est-il emparé d'une oeuvre d'art dont il ne pourra pas tiré grand-chose? Et pourquoi ce même voleur a-t-il touché à un autre tableau sans l'emporter si ce n'est pour cacher le vrai motif de ce larcin?

Le jour où on découvre l'identité du voleur, Johan qui vivait bien tranquillement sur un bateau depuis l'enquête précédente (voir "2401") est rappelé d'urgence. Il fera équipe avec "la Petite" Lieve car on ne change pas une équipe qui gagne ! 

L'enquête les emmènera jusque dans les montagnes en guerre du Yemen où Yohan devra arrêter à temps un massacre sans précédent...

Un livre bien écrit, très bien documenté, qui pourrait choquer certaines personnes, car il remet en question certaines croyances religieuses...

Un roman pas facile (je n'ai pas vraiment tout compris), mais très intéressant sur un thème très actuel...

A lire si vous avez aimé "2401" bien que les deux romans n'ont aucun point commun à part l'équipe d'enquêteurs. A lire même si vous n'avez pas lu "2401" si vous aimez les thrillers et le suspense. A lire si vous connaissez Bob et aimez son style facilement reconnaissable. 

Partager cet article

Repost0

Nouveauté en partenariat avec le blog "citation-proverbe.org" : UN AUTEUR - 3 CITATIONS

Publié le par christine brunet /aloys

https://citation-proverbe.org/

https://citation-proverbe.org/

Les plus belles citations de Bob Boutique

 

Avant tout : Qui est Bob Boutique ?

 

Bob (Baudouin) Boutique est un auteur et libraire belge qui vit à Schaerbeek. Bob est un vrai passionné de littérature et d’écriture depuis toujours. Il est spécialisé dans l’écriture de « contes bizarres ». Ses deux recueils de "Contes bizarres I et II" sont d’ailleurs disponibles chez l’éditeur tournaisien Chloe des Lys, dont il est l'un des administrateurs. La plupart de ses livre sont écrits pour êtes lus à haute voix, dans un style proche du langage parlé. L’auteur utilise souvent des belgicismes, du ‘brusseleer’, du flamand et même parfois des mots inventés !

« Le monde des humains est un univers de fous, qui n’est lucide que quelques jours par an. Pendant la période du Carnaval ! » Pourvu d’une imagination débordante, les textes de Bob Boutique inspirent des milliers de gens dans le monde et les scénarios de ses contes font même de l’oeil aux producteurs de cinéma.

Cet article a été co-rédigé avec le site : citation-proverbe.org qui propose de belles citations et des proverbes connus !

 

Top 3 des citations de Bob Boutique

 

1 - Extrait de son thriller : CHAOS

 

« Quant à la Petite, elle se laisse guider, confiante en sa bonne étoile comme à l’efficacité de son homme. Car c’est ainsi qu’elle le nomme désormais dans sa petite tête de gamine. Elle l’observe qui avance dans la nuit sans se presser, sans perdre une enjambée, comme un métronome, et pense tout simplement : « C’est mon homme. » Et dire que certains trouvent les femmes compliquées. » (Chaos, Bob Boutique)

 

2 - Extrait de son livre : 2401

 

« Les flammèches orange ondulent légèrement et projettent des ombres mouvantes sur un groupe de moines en capuche (appelons-les comme ça) assis au milieu de la salle autour d’une longue table en bois massif sur laquelle six enveloppes attendent les invités(…) Une pendule sonne quelque part. Il est onze heures. »(2401, Bob Boutique)

 

3 - Extraite de son livre : 2401

 

“Une vague lumière à l’écume orange s’étale doucement sur les hautes parois rocheuses plongeant dans le même temps le fond de la vallée dans la pénombre.” (2401, Bob Boutique)

 

Un avant-goût des oeuvres de Bob Boutique Voici les premières couvertures des deux livres cités plus hauts

Nouveauté en partenariat avec le blog "citation-proverbe.org" : UN AUTEUR - 3 CITATIONS
Nouveauté en partenariat avec le blog "citation-proverbe.org" : UN AUTEUR - 3 CITATIONS

Publié dans Réflexions

Partager cet article

Repost0

Edmée de Xhavée nous présente son prochain roman "Silencieux Tumultes"

Publié le par christine brunet /aloys


 

Voici un extrait du prochain roman à paraître chez Chloé des lys… Une maison, plusieurs générations, et plusieurs secrets. Que seuls les acteurs de ce secret, la maison et le lecteur connaissent. Quel est le pouvoir de ces secrets, s’il en a ? Que deviennent ces amours et ces rires entre les murs ? Floraisons éphémères, saisonnières, éternelles ?

***

Il fait déjà si chaud depuis deux semaines que les lobélias ont fleuri, ainsi que les calcéolaires d’un jaune tigré, qui jettent une note vive.

Christine et Mireille jouent à la dinette dans le fond du jardin, sous la gloriette où le parfum entêtant de la glycine les encercle.

Elle les entend caqueter et rire, parler à leurs poupées, les invitées d’honneur. Belle Jacqueline – la belle poupée de porcelaine aux yeux bleus de verre frangés de longs cils noirs, des rubans de soie et de vrais cheveux blonds coiffés en tire-bouchons - semble faire des chichis et refuser encore un peu de craquelin (Pain brioché constellé de pépites de sucre qu'on trouve dans toutes les régions de Belgique) tout frais, mais par contre consentir à accepter une autre tasse de thé « Prince des mers de Chine » sans sucre et avec un léger nuage de lait, tandis que Micheline, simple poupée de celluloïd, est plus gourmande et redemande de tout.

« Je vous en prie, je vous en prie mesdames, vous êtes nos visiteuses de marque et rien ne peut nous faire plus grand grand plaisir » gazouille Christine en prenant l’accent anglais, qu’elle considère être le sommet de la distinction. « Mais écoutez donc ! Qui sonne à la porte ? Miss Daisy, dear, voudriez-vous aller ouvrir, ça doit être Mademoiselle Poupette qui arrive en retard à cause du trolleybus »…

Anne sourit paresseusement, se divertissant à les voir en pensée tandis qu’elles miment les attitudes des grands avec le minuscule service de plastique jaune et de vraies tranches de craquelin coupées en petites bouchées, ainsi que du jus de pomme pour imiter le thé. Miss Daisy est la servante imaginaire et que l’on devine très stylée, mais bien qu’elle se comporte de manière irréprochable et loin de l’hystérie, parfois elle est priée de se reposer un instant et de s’offrir elle-aussi une tasse de thé pour reprendre ses esprits.

Cette double naissance les avait tous étonnés, d’autant qu’elle n’avait pas pris beaucoup de poids, ce qui avait fait dire à Marco qu’il fallait les tenir à l’œil car une des deux savait se faire toute petite !

Le berceau d’Anne et ses sœurs enfants, retendu de blanc lui aussi en grande urgence, était venu tenir compagnie à celui de Marco, et on avait acheté un second lit à barreaux assorti au premier pour quand le berceau ne suffirait plus…

 

Publié dans Textes, présentations

Partager cet article

Repost0

Christine Brunet a lu "A fleur de plume", un recueil de poèmes de Didier Moné

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Ne me demandez pas pourquoi j'ai choisi de lire ce recueil de poésies... Pas la couverture plutôt atone et minimaliste...

Peut-être le contact que j'ai eu avec ce poète lors de son référencement ?

Quoiqu'il en soit, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, à quel genre de poésie...

Premières pages : une impression forte de masculinité due, peut-être, à la forme des vers, à cette sensation de voyage et de regard omniprésent qui pèse sur les choses comme sur le lecteur.

L'auteur raconte... se raconte, cheminement intérieur, observation de l'autre, introspection de la foi... Mais quelle foi ?

Peu de couleurs, une chape de plomb grise qui ne demande qu'à se refermer sur les sursauts d'espoirs peut-être vains.

J'ai vraiment apprécié cette plume franche et la sensation qu'elle fait naître et perdurer chez le lecteur. Une belle découverte !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Partager cet article

Repost0

Christine Brunet a lu " La Rinascente" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Quel drôle de titre ! La Rinascente...

 

Huit nouvelles pour une multitude de destins. Vies de femmes, d'épouses, de fiancées ou de mal aimées, caractères bien trempés ou soumis, autant de personnages qui, à un moment précis, se livrent.

Les secrets sont enfin éventés, les certitudes s'effritent. Le temps omniprésent, implacable, a fait son oeuvre pour le meilleur et bien souvent pour le pire.

La plume alerte et précise d'Edmée de Xhavée croque littéralement ces instants où tout bascule, expose les destins cachés en plein soleil. Le lecteur devient voyeur, se rassasie des indignités et des trahisons des uns ou des autres. Il voyage, certes géographiquement (un peu), mais surtout temporellement, entre ce qui fut, ce qui a été et ce qui est (un présent qui n'est pas forcément le nôtre).

Regards de femmes sur une société pas toujours bienveillante, chroniques familiales, destinée implacable qui suit des voies souvent obscures, de temps à autre seulement heureuses. 

Les héroïnes proposées pourraient être une collègue de travail, une soeur, une cousine tant elles sont vraies et les situations criantes de vérité.

Etrange sensation qui nous propulse sur 245 pages au coeur de l'humain.

Un excellent moment de lecture ! 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

Partager cet article

Repost0

Un article pour Alexia Zampunieris dans la Nouvelle gazette pour son ouvrage "Madame cherche le soleil"

Publié le par christine brunet /aloys

Un article pour Alexia Zampunieris dans la Nouvelle gazette pour son ouvrage "Madame cherche le soleil"
Un article pour Alexia Zampunieris dans la Nouvelle gazette pour son ouvrage "Madame cherche le soleil"

Publié dans articles

Partager cet article

Repost0

Lire & cri - un prix littéraire incontournable ! Les inscriptions sont ouvertes !

Publié le par christine brunet /aloys

Lire & cri - un prix littéraire incontournable ! Les inscriptions sont ouvertes !
Lire & cri - un prix littéraire incontournable ! Les inscriptions sont ouvertes !

Publié dans ANNONCES

Partager cet article

Repost0

Alfred Herman nous présente son recueil de poèmes "Rêver de ma Belgique"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Alfred Herman est né à Tirlemont, le 15 juillet 1922. Belgo-suisse, il habite 21, Boulevard de la Forêt, CH 1009 Pully.

Ses débuts littéraires remontent à 1938. Il écrit ses premiers poèmes. Résistant de 1940 à 1945, secouriste Croix-Rouge avec médaille d’argent pour services éminents rendus au pays, il a fait un bref séjour en prison de la Gestapo. Il est pharmacien depuis 1947 et poursuit son envol littéraire. Né en région alors bilingue d’un père wallon, il garde ce sang en ses veines, d’où sa culture, essentiellement française comme sa langue maternelle, son éducation, ses études. De là ces brimades flamandes hostiles, par les cris « Walen buiten » (Wallons dehors). Il voudrait retourner à Liège où il habitait en 1930, mais ne trouvant de pharmacie en Wallonie, il aboutit à Lausanne comme pharmacien au CHUV. Son premier recueil paraît en 1961 et il termine le 33ème. Il écrit des nouvelles, des méditations, des études comme celles sur l’ésotérisme du gothique sacré, celles sur les pièges de sa langue française qu’il défend avec ardeur.

Il accumule médailles de bronze, argent, vermeil et or, nombreux trophées et autres distinctions honorifiques.

On a souvent cité le parcours exceptionnel de ce pharmacien-poète dont la vie fut si bien remplie et dont le palmarès est vraiment remarquable et réellement hors du commun.

De plus tous ces textes, poèmes ou prose, sont porteurs de très importants messages en langue clair mais souvent voilé, un apport d’une certaine lumière en un monde plongé dans les ténèbres.

Quand on lit ces longues laisses en vers réguliers, on a souvent l’impression de lire du Lamartine et du Victor Hugo lorsque le poète se fâche. On a dit qu’il faisait le pont entre Verlaine et Verhaeren. Le poète apporte une vision d’ensemble avec le reflet des climats d’une âme sensible aux décors de la vie et des existences spirituelles et métaphysiques.

C’est une poésie de proximité qui s’élève jusqu’à l’épopée. Il existe donc encore un vrai poète lyrique digne de tous les grands poètes lyriques anciens.

 

 

Accroche

Pourquoi tel recueil après 45 ans en Suisse ?

Avec l’âge et la méditation sur la vie et sur ses alea, Alfred HERMAN a tenté de renouer avec ses racines et surtout avec ces souvenirs perdus au fils des temps. Loin du berceau de sa famille, cette région de Liège, Aubin et Dalhem, il songe à tous ces temps passés, à la Meuse, à l’Amblève, aux Ardennes comme à cette Mer du Nord.

Surgissent aussi des sujets touchant à des moments capitaux en leur essence par une influence sur son départ, et surgissent alors cette sensation d’avoir perdu ce qu’il avait de capital : sa Liberté.

Il revoit des scènes de son jeune temps, des scènes typiques du folklore, et toutes ces visions se mêlent et s’incrustent dans une vision pittoresque de son Pays natal qui plonge en son cœur comme l’ancre du navire s’incruste en la tourbe pour que s’arrête le navire. Un cœur, un navire nommé : MA BELGIQUE.

Il y eut certes ces mouvements flamingants dont il a souffert, car c’était pour Alfred Herman une atteinte à sa langue française dont il s’est toujours fait acharné défenseur par tous moyens depuis l’âge de 15 ans. Mais il part du principe que flamand et wallon ne sont que des prénoms, Belge est le nom de famille. Il aimait cette parole d’Émile Verhaeren.

Et souvent il croit entendre chanter au loin ce Coq Wallon…

 

Extraits

La perle

 

Dieu créa l'Univers, vit que tout était bon,

Mais avant le repos, sa force qui fascine,

Dans sa grande sagesse, souhaita un fleuron

Couronnant son œuvre d'une beauté divine.

 

Dieu désira sur terre un reflet du soleil,

Un réel paradis d'amour très poétique,

Et forgea la perle d'un éclat sans pareil,

Étincelant bijou que l'on nomme: Belgique

Publié dans présentations

Partager cet article

Repost0

Le blog littéraire "Legere imaginare perigrinare" a chroniqué le dernier thriller de Bob Boutique, CHAOS

Publié le par christine brunet /aloys

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/09/06/passion-thriller-chaos-bob-boutique/#more-20952

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/09/06/passion-thriller-chaos-bob-boutique/#more-20952

Passion thriller: Chaos, Bob Boutique.

L’auteur: 

Bob (Baudouin), Boutique de son vrai nom prédestiné, est un libraire belge, administrateur des éditions Chloé des Lys et fondateur d’Actu-TV, émission web-TV  d’activité culturelle. Passionné d’écriture, il est l’auteur de deux recueils de contes bizarres ( dixit l’auteur lui-même) et d’un roman  » Les dix petites négresses ». Chaos est la « suite » de 2401.

Le roman:

Chaos a été publié par les éditions Chloé des Lys en février 2017. Il constitue, en quelque sorte, la suite de 2401 (dont vous trouverez une chronique sur le présent blog). Je dis « en quelque sorte » parce qu’il reprend bien la même équipe d’enquêteurs mais pour une autre affaire tout à fait différente, qui se déroule un an plus tard.

Chaos est un thriller que l’on peut qualifier de « politique » dans la mesure où l’histoire qu’il raconte évoque l’actualité brûlante de la lutte anti-terrorisme dans un contexte complexe dont l’auteur mesure parfaitement tous les enjeux, qu’ils soient économiques ( la Shell en pleine négociations en vue d’obtenir des concessions d’exploitation sur les gisements de gaz et de pétrole découverts récemment), politiques ( les négociations internationales menées par l’OTAN pour le contrôle des programmes nucléaires au Moyen-Orient) ou religieux ( les lutes claniques entre les Chiites et les Sunnites, compliquant singulièrement l’enquête de Johan).

Comme toujours, les passages historiques, ici concernant le contexte religieux médiéval de l’abbaye et de ses reliques; le contexte artistique des tableaux de Cranach; et culturel avec des précisions concernant notamment la ville d’Ulm  » lieu de naissance d’Albert Einstein », des expressions et des chansonnettes typiquement hollandaises, nous faisant au passage découvrir un autre univers juste à notre portée mais, en tout cas pour nombre d’entre nous, totalement inconnu.

Les thèmes développés dans ce thriller évoquent la lutte anti-terrorisme, les dommages collatéraux ( quelle magnifique expression pour parler des victimes innocentes qui paient de leur vie les délires des fanatiques encouragés par l’incompétence des instances gouvernementales à gérer ces agissements meurtriers), mais aussi le droit à la différence, à nourrir ses propres croyances tout en accordant à autrui le droit fondamental à avoir des croyances autres; et l’amour bien sûr, celui qui ne connaît nulle frontière et nulle limite…

Je vous laisse le soin de découvrir pages 195-196 une théorie hautement audacieuse mais qui se défend. Allez, je vous donne un indice: cette théorie concerne Jésus-Christ.

L’intrigue:

Après une année de silence, Lieve débarque sur la péniche où Johann s’est réfugié après sa démission des services de police. La raison officielle est d’évoquer avec lui un dossier plutôt inhabituel: le vol d’un tableau de Cranach représentant Martin Luther dans les archives du Rijksmuseum (musée d’Etat qui raconte l’histoire des Pays-Bas avec plus de 8000 objets exposés), dans la partie réservée aux restaurations. Quel rapport avec le service de Lieve, service anti-terroriste de la Kmar?

Les circonstances du vol: « le gars qui a fait le coup (c’était en pleine nuit) était harnaché comme un militaire, tout en noir et cagoulé. Il a mis le vigile hors d’état de nuire en deux temps, trois mouvements, un vrai pro… » (Page 26) qui porte le nom de Yahia Al Shaïf, un terroriste notoire que Johann avait arrêté quatre ans plus tôt, réputé pour tuer tous ceux qui enquêtent contre lui: juges, policiers, témoins ou leurs familles et leurs proches. Mais pourquoi un terroriste irait dérober un tableau de peu de valeur? Et pour quelle raison a-t-il retourné le tableau qui se trouvait derrière le tableau volé, dont le sujet est pour le moins inhabituel?

Johann, dit Le Bouledogue, étant le seul à pouvoir identifier le terroriste, la nouvelle ministre de l’Intérieur, Rita Van Hemelrijck lui « demande » de reprendre du service afin d’élucider cette sombre affaire: dans un premier temps, comprendre pourquoi Yahia a volé précisément ce tableau, où il a disparu et d’où viennent les fonds de Solar Future. Dans un deuxième temps…A vous de le découvrir !!!

Le petit +: en guise d’introduction, un rappel des principaux événements et personnages du roman précédent 2401.

Les personnages:

  • Lieve Moed: blonde, cheveux coupés en brosse avec deux épis rebelles sur le crâne et le haut de  front, petit nez, quelques taches de rousseur; son plus gros défaut : c’est une fouineuse, mais pas voleuse; nouvelle commissaire en chef-adjointe.
  • Johan: 1m75, yeux très clairs, petite cinquantaine, musculature de Bouledogue, rides expressives, cheveux courts grisonnants; ses qualités: efficace, direct, humain, autoritaire, esprit de synthèse redoutable; peu de place pour des sentiments tels que la peur, l’inquiétude ou la compassion.
  • Koen Dierickx: a repris le poste de commissaire principal laissé vacant par Johann; chargé des relations extérieures, il est souvent absent. Grand rouquin.
  • Arie: très grand, bâti comme un colosse avec ses 1m85 et 85 kgs; cheveux blonds rasés; en ménage avec Inge dont il attend une fille; était l’adjoint de Johann avant que celui-ci ne quitte le service.
  • Yahia Al Shaïf: 1m78, corpulence athlétique, cheveux noirs courts légèrement grisonnants, bouche aux lèvres fines; musulman appartenant à une tribu chiite des montagnes mais pas islamique; parents bédouins; dangereux terroriste.
  • Rita Van Hemelrijck: ministre de l’Intérieur, populiste; grande, un peu forte, pas une once de féminité, grosses lunettes.
  • Piet Buelinckx: super informaticien du service anti-terroriste de la Kmar; petit homme chauve à lunettes.
  • Inge Den Phu: petite chinoise, inspectrice, en ménage avec Arie; cheveux noirs coupés au bol.
  • Kees Lowery: nouveau stagiaire tout juste sorti de l’école de police; timide; grand échalas, cheveux bruns avec une mèche tombant sur le front, plutôt beau garçon.
  • Kitty Vandezande: 20 ans; rouquine au visage constellé de taches de rousseur, cheveux coiffés en queue de cheval; nouvelle stagiaire.
  • Jaap Greet: responsable de l’atelier de restauration du Rijksmuseum.
  • Hendrick de Koning: étudiant, stagiaire au Rijksmuseum. Physique de fils de bonne famille, beau garçon.
  • Simon Goldblum: conseiller au Mossad.
  • Siegfried Schlaube: secrétaire du syndicat d’initiative d’Ulm; géant au visage souriant, la cinquantaine.
  • Klaus: pote d’Heindrick; 23 ans; petit, crâne partiellement dégarni.
  • Aaron Weissman: conseiller culturel à l’ambassade d’Israël; militaire déguisé en « costard-cravate »; grand, athlétique, sourcils fournis, regard décidé, cheveux coupés en brosse très courte.
  • Rachid Yousseini: imam d’un petit village, contact de Johann au Yémen.

Les lieux:

Les lieux, dans un thriller, revêtent une importance particulière: poser le décor sans envahir les pages de descriptions superflues; le lecteur doit pouvoir se transporter sur les lieux, s’y repérer sans que cela ne lui demande trop d’efforts car son attention se polarise sur l’action encours. Quand on regarde un bon polar ou un bon film d’aventures, notre œil enregistre les décors sans s’y attarder outre mesure. Evidemment, dans un livre sans images, tout le talent de l’auteur se mesure à sa capacité à restituer les décors sans empiéter sur l’histoire.

Pari largement réussi par notre romancier belge: chaque changement de décor se fonde harmonieusement dans le récit, le fait avancer. Par exemple, lorsque Lieve arrive en vue du port où Johan s’est réfugié: « …le vieux port s’ouvre devant elle, avec le canal et son armée de mâts alignés en tirailleur le long des quais. Petits bateaux à moteur, voiliers aux blancs éclatants, embarcations diverses et un peu plus loin près d’un ponton qui s’avance sur l’eau, plusieurs péniches colorées dont « la Petite » avec sa timonerie bleue et blanche. » (Page 15)…La péniche de Johan telle que Lieve la voit la première fois qu’elle lui rend visite: « Face à elle, la cabine de pilotage fermée à clé, où l’on voit un large fauteuil en simili cuir installé devant un gouvernail en bois et les divers instruments de navigation…Deux petits drapeaux flottent au vent sur la hampe de l’antenne radio, un fanion aux couleurs des Pays-Bas, trois bandes horizontales rouge, blanc, bleu et un autre rouge avec un carré blanc. A portée de main, la rampe en fer d’un escalier plonge en pente raide vers les cabines. » (Page 18).

Après les événements qui se sont déroulés dans 2401, Johan s’est réfugié loin du tumulte des villes et de la Kmar, dans un endroit retiré et authentique où il peut soigner ses blessures en paix, dans sa péniche amarrée non loin d’une « rue qui borde le canal (…) avec des façades décorées en pointes et de grandes fenêtres à croisillons dont la hauteur diminue au fur et à mesure qu’on monte d’étage. Suffisamment hautes pour se refléter en ondulant dans l’eau du canal. On se croirait à Bruges et même, en forçant un peu, au Moyen-Age, avec une rue pavée interdite à la circulation. » (Page 23).

Un des aspects très appréciables avec les romans de Bob est que nous voyageons beaucoup et découvrons des lieux anonymes, comme la rue du canal décrite plus haut, mais également des lieux célèbres, comme l’université d’Ulm ou la ville d’Amsterdam, habilement intégrés dans le déroulement du récit. Ici, quand Lieve arrive à Ulm pour rencontrer le docteur Schlaube, susceptible de lui donner des renseignements importants pour son enquête: « Pas moyen de les rater: les bureaux de l’info-tourisme se trouvent au pied de la cathédrale gothique la plus haute du monde, sur la Münster Plaz (…) La Petite remarque aussi le superbe bâtiment de l’office du tourisme coincé entre l’hôtel de ville et le pyramide de verre semblable à celle du Louver qui abrite la bibliothèque municipale. » (Page 97)…Ou quand elle arrive à Amsterdam qui « tout comme Stockholm, est bâtie sur un groupe d’îles: on en compte quatre-vingt-dix réparties sur une centaine de kilomètres de canaux que franchissent mille cinq cents ponts. » (Page 68).

Et maintenant le dépaysement… »Sanaa est une grande ville avec des avenues, des magasins, des mosquées, des taxis jaunes et blancs et une vraie circulation en périphérie autour des remparts. Mais la grande majorité des habitations qui s’élèvent rarement à plus de vingt mètres reste fabriquée avec des briques de paille et de terre crue qui fondent sous les fortes pluies. Leurs façades sont souvent magnifiques, décorées de motifs complexes soulignés de gypse blanc mais s’effondrent de temps à autre! » (Pages 261-262).

Mon avis:

2401 avait été pour moi la confirmation que les Américains sont loin de détenir le monopole des meilleurs thrillers. Il avait été une révélation. J’attendais donc avec impatience de lire la suite, intitulée Chaos…Et là, chers amis lecteurs, la révélation s’est transformée en véritable électro-choc !!! Avec ce second opus, Bob entre définitivement et par la grande porte dans la cour des grands !!! Ce roman est une bombe nucléaire!!

Dans Chaos, figurent tous les ingrédients qui font les excellents thrillers: scènes d’action réalistes; personnages complexes et attachants: les méchants ne sont pas complètement méchants, ils ont leurs raisons, leurs idéaux, ce sont les méthodes employées pour parvenir à leurs fins qui les font basculer du côté obscur; quant aux gentils, ils ne le sont pas toujours, ils agissent parfois stupidement en proie à leurs doutes, à leurs démons aussi. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc en ce bas monde qui se décline dans un camaïeu de gris aux nuances infinies…

Des rebondissements juste ce qu’il faut pour faire avancer l’intrigue et non pour remplir des pages; et du suspense aussi : « Mais c’est elle aussi qui a merdé et joué avec les règles les plus élémentaires de sécurité si bien qu’elle est désormais menacée de mort…Alors voici ce que je vous propose, si elle marque son accord. Ce sera dangereux mais jouable. Ecoutez-moi bien car il faudra que tout le monde joue dans la même pièce… » (Page 126) => Bien entendu, le chapitre se clôt sur ces mots; et, encore plus bien entendu, le chapitre suivant embraye sur autre chose, laissant le lecteur sur sa faim…

L’humour: un humour parfois grinçant, parfois gentiment moqueur, parfois déjanté, parfois simplement burlesque, mais jamais méchant ni dégradant…Voilà la petite touche perso qui fait la différence. Bob s’est-il mélangé les pinceaux ou est-ce pour tester notre degré d’attention qu’il a prénommé la ministre de l’Intérieur tantôt Rita, tantôt Martha?

Avec Chaos, vous êtes certain de pénétrer dans le petit monde des thrillers de très grande qualité. Toutefois, je terminerai cet article dithyrambique par un bémol: il nous faudra patienter jusqu’à l’année prochaine pour avoir le bonheur de lire le troisième volet…

Citation:

« Quant à la Petite, elle se laisse guider, confiante en sa bonne étoile comme à l’efficacité de son homme. Car c’est ainsi qu’elle le nomme désormais dans sa petite tête de gamine. Elle l’observe qui avance dans la nuit sans se presser, sans perdre une enjambée, comme un métronome, et pense tout simplement: « C’est mon homme. » Et dire que certains trouvent les femmes compliquées. » (Page 372).

Publié dans avis de blogs

Partager cet article

Repost0