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Le blog Aloys

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La petite fée, un conte signé Noëlle Fargier, 2e partie

11 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Feuilleton

La petite fée, un conte signé Noëlle Fargier, 2e partie

Deuxième partie

Le quotidien reprend sa place, la petite fée reste clouée à ses tâches ménagères et lui, dehors, prend l'air dans son jardin. Elle pense de plus en plus à la petite mésange, à sa proposition, à cette après-midi magnifique.... Un soir, alors qu'ils dînent, elle et lui, la petite fée ose lui demander prudemment :

  • Dis moi, pourquoi ai-je des ailes ? Peut être puis-je voler ?
  • Ah, ah ! tu as des ailes complètement ratatinées et tu n'es pas un oiseau ! lui répond t-il en ricanant.
  • Alors qu'est-ce que je suis ?
  • Tu es une p'tite chose, sans grande importance.
  • Tu veux dire que je ne sers à rien, répond la petite fée d'une voix triste.
  • Tu sers à faire le ménage, c'est sans grande importance, d'ailleurs je préférais ma maison avant ta venue !
  • Je suis donc inutile ... puis, reprenant espoir : mais tout le monde sur terre sert à quelque chose : les oiseaux, les lapins, les fleurs, les arbres...
  • Tu as raison : ils servent à nourrir les hommes ! Et toi tu sers à me servir !
  • Et toutes les fées servent à cela ?
  • Y' a pas d'autres fées : tu es seule sur cette terre et si je n'avais pas été là, tu serais morte ou mourante. D'ailleurs, ton teint est cadavérique, demain tu pourras aller dans le jardin.
  • Je pourrais ...aller dans le jardin ?
  • Oui, répond l'homme d'une voix bourrue, comme s'il regrettait déjà sa proposition.

La petite fée saute de joie, elle est prête à s'envoler vers la lucarne mais une petite voix la retient. Elle est si reconnaissante à l'homme :

  • Oh merci que tu es bon, que tu es gentil !!!!!!

Le lendemain, la petite fée se lève aux aurores, elle a tellement hâte de sortir de cette maison !

Elle prépare le petit déjeuner, et elle attend patiemment qu'il ait fini son bol. Lui boit lentement, ignorant son regard suppliant. Enfin il pose le bol sur la table, elle s'empresse de le laver, de le ranger, puis, n'y tenant plus :

  • Je peux sortir ?
  • Va, mais ne sors pas du jardin et surtout ne reste pas, tu as du travail !

La petite fée n'entend pas ces dernières paroles. Dans sa tête, elle est déjà dehors. Dès qu'elle ouvre la porte, le soleil l'éblouit, elle doit fermer les yeux, mille senteurs alors l'enveloppent, elle touche l'herbe, respire chaque fleur, court d'une découverte à l'autre, un arbre, une fourmi, un ver de terre, une souris ... Elle sent ses ailes palpiter quand la grosse voix la rappelle à l'ordre :

  • Cela suffit ! Entre maintenant !
  • Je ressortirai demain ?
  • On verra, peut-être...

La petite fée reprend sa vie de recluse. Le lendemain il refuse de la laisser sortir, le surlendemain aussi, et ainsi de suite pendant des semaines . A chaque demande quotidienne de la petite fée, il répond « non ». La petite fée s'épuise à la tâche, espérant ainsi attirer les bonnes grâces de l'homme, mais en vain. Elle pense souvent à la visite de la mésange pour trouver un peu de réconfort, hélas celle-ci ne vient plus. La petite fée caresse ses ailes, s'imaginant voler au-dessus des arbres. Elle rêve en se voyant survoler les montagnes, les lacs, les vallées comme si elle les avait toujours connus.

Puis un jour, seule dans la maison, elle s'autorise à voler jusqu'au rebord de lucarne. Le soleil l'éblouit mais elle décide de s'y habituer. Les couleurs du dehors l'appellent, aussitôt la petite fée prend son élan pour s'envoler. Elle se sent vivre, elle vit. Puis elle l'aperçoit qui rentre chez lui, vite elle fait demi-tour, rentre par la lucarne et reprend sa place habituelle.

Sa première sortie lui a donné du courage et ainsi chaque jour, elle sort, osant aller de plus en plus loin. Ses ailes qui ont retrouvé l'air, deviennent de plus en plus belles. Le teint de la petite fée rosit et fait ressortir le vert de ses yeux qui pétillent. L'homme remarque ce changement et lui donne encore plus de travail. La petite fée continue à lui obéir mais elle sait qu'un jour elle le quittera. Plus le temps passe, plus la petite fée s'embellit, l'homme semble devenir tolérant mais refuse encore qu'elle sorte. Elle accepte … jusqu'à ce matin de printemps.

Comme d'habitude, l'homme est parti, elle vole jusqu'à la lucarne, se retourne pour jeter un dernier regard à sa prison, puis s'enfuit. Elle est libre, libre, libre, légère, légère, légère. Elle a envie de revoir l'endroit où elle est née, ce si bel endroit ! Le lys est toujours là, il lui offre un accueil chaleureux. La petite fée lui propose de rester près de lui, en échange elle l'aidera dans son quotidien, mais le lys refuse :

  • Non petite fée, tu dois rejoindre les tiens, pars vite.
  • Les miens ? Mais je suis seule ! L'homme me l'a dit.
  • Crois moi, il y a d'autres petites fées, elles habitent là, répond le lys en désignant une luxuriante forêt.

La petite fée n'en revient pas, elle est heureuse et en même temps a peur.

  • Je peux revenir te voir ?
  • Tu sais, je change souvent de prairies et peut-être l'année prochaine je serai ailleurs. Tu as eu de la chance de me retrouver car je me déplace souvent, j'aime bien connaître d'autres endroits, d'autres fleurs, d'autres abeilles, d'autres arbres......
  • Mais tu n'as pas peur ?
  • De quoi aurais-je peur ? , répond le lys en riant, … maintenant va, va vite ! Tu as perdu assez de temps !
La petite fée, un conte signé Noëlle Fargier, 2e partie
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La petite fée, une nouvelle en trois parties signée Noëlle Fargier

10 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Feuilleton

La petite fée, une nouvelle en trois parties signée Noëlle Fargier

Première partie

Il était une fois une petite fée qui venait juste de naître.

Elle était là, tapie derrière un lys, perdue, seule, se demandant ce qu'elle faisait sur cette terre. Soudain, elle entend un son agréable, mais pour elle, inconnu, émanant de la terre. Curieuse, elle baisse les yeux pour identifier ce chant surprenant. A ses pieds, une étrange petite bête, toute verte, dotée de longues pattes, sautille dans l'herbe. La petite fée remarque que, comme elle, la petite bête est pourvue d'ailes et que chaque fois qu'elle les active, le son s'intensifie. La petite fée décide alors de mimer cette petite sauterelle. A son tour, elle remue ses ailes mais celles-ci restent muettes. Réconfortée par la présence de sa première amie, elle relève la tête, une multitude de couleurs toutes plus belles les unes que les autres, allant du rouge des coquelicots, du vert des sapins, du jaune des jonquilles tapissant les prés, au bleu du ciel, lui souhaitent la bienvenue. Elle aperçoit une petite mésange, posée sur une branche, qui la regarde en chantant. Elle voit un oiseau tout blanc qui sillonne légèrement le ciel azur. Elle se lève, émerveillée jusqu'à ce qu'un parfum lui chatouille les narines et envahisse tout son être d'une senteur divine. Elle distingue alors le lys, qui lui dit :

  • Mais que fais-tu, petite fée, pourquoi ne t'envoles-tu pas ?

La petite fée, abasourdie par ce spectacle magnifique, lui répond :

  • Je n'y arrive pas, mes ailes ne sont pas encore prêtes !
  • Bien sûr que si ! tu......

Le lys est interrompu, la petite fée le voit se plier pour se faire tout petit, le ciel s'assombrit, elle n'entend plus la petite sauterelle ... et la jolie mésange a disparu. Les mains sur les hanches, elle imagine qu'elle va découvrir un autre spectacle, cette terre est tellement belle, généreuse, et déjà elle a rencontré des amis ! Elle décide de rester là, confiante et heureuse, et d'attendre sa prochaine surprise. Soudain, une grosse chose, toute noire, s'apprête à l'écraser. D'un bond, elle l'évite, et, d'une voix colérique lui crie de toutes ses forces :

  • EH ATTENTION JE SUIS LA !

Une grosse voix lui répond :

  • Oui, je t'ai vue, petite imprudente !

Elle lève les yeux : un homme très grand, fort, la toise de toute sa hauteur. Il s'accroupit pour être à la portée de la petite fée. Ses yeux noirs plongent dans les yeux émeraudes de la petite fée.

  • Que fais-tu là ? lui demande le colosse.
  • J'allais partir, puis, désignant ses ailes toutes neuves, translucides, elle rajoute : je vais m'envoler, le lys m'a dit que c'est ce que je devais faire .
  • Tes ailes sont bien trop petites pour pouvoir t'envoler. Le lys t'a dit des mensonges, il souhaitait juste pouvoir t'attraper pour t'empoisonner.
  • Le lys, « m'empoisonner ? » ! « M'em-poi-so-nner ! » . Sûrement pas ! D'ailleurs son parfum est crô délicieux !
  • D'abord on dit « trop » délicieux, et justement petite imbécile, c'est un piège pour les naïves comme toi ! Je te propose de venir avec moi. Ainsi tu n'auras pas d'ennuis.

La petite fée est désorientée. C'est vrai, elle ne connaît pas la vie. Ce géant aurait pu l'écraser mais il ne l'a pas fait. Alors, baissant les yeux devant ce protecteur, elle se décide et lui dit :

  • Oui, je te suis.

Le géant saisit la petite fée dans sa main, la fait valdinguer sur sa tête et la recouvre de son chapeau. La petite fée se retrouve complètement dans le noir, elle glisse sur la chevelure du géant comme sur un toboggan tant il marche vite, se cogne aux bords du chapeau qui, heureusement bien calé, l'empêche de tomber. Enfin le géant s'arrête. Elle entend une lourde porte grincer en s'ouvrant puis se refermer. L'homme enlève son chapeau, attrape la petite fée pour la poser sur une grande table en bois. La petite fée regarde alentour, les couleurs ont disparu, seule une petite lumière donnée par une lucarne éclaire l'unique pièce.

  • Te voilà chez toi, tu n'as plus qu'à préparer le repas car tu dois manger et ensuite faire le ménage, ordonne l'homme.
  • Je préférerais aller dehors, je crois qu'il y a un jardin ?, dit la petite fée d'une voix légère.
  • Tu préfères te faire empoisonner ou ECRASER ? Tu dois faire comme moi : travailler, travailler, travailler, ainsi tu n'auras plus le temps de faire des bêtises et prendre des risques. Tu comprends ?
  • Oui, répond doucement la petite fée.

Les jours passent, la petite fée s'affaire sans cesse entre les casseroles et la serpillière, donnant à la maison une propreté irréprochable. La petite fée met toute son énergie à cette tâche, son unique fierté. Lui revient du jardin, les pieds crottés, les mains sales, obligeant la petite fée à répéter sans cesse sa besogne. Une après-midi, la petite fée vient de finir son travail, lui est sorti. Soudain elle entend un chant qu'elle reconnaît, elle s'approche de la lucarne et là, … elle découvre la jolie mésange. La petite fée est si heureuse qu'elle se met également à chanter. Toutes deux offrent à la chaumière un concert extraordinaire. La petite fée chante à tue-tête et se met à danser, à tourner, à virevolter au rythme de la mésange, elle danse, danse, danse … et subitement, sans comprendre, elle se retrouve près de la mésange au bord de la lucarne. Elle réalise alors qu'elle vient de voler : elle SAIT voler ! La petite mésange lui propose :

  • Viens petite fée, allons voler dans le ciel, tu verras : c'est merveilleux !
  • Mais, je n'ai pas le droit ! Et puis c'est ...dangereux.
  • Bien sûr que non ! Mais devant l'air catastrophé de la petite fée, elle rajoute : ce n'est pas grave, continue à danser !

La mésange reprend donc son chant avec la petite fée qui, à nouveau les pieds sur terre, danse, toute heureuse en songeant à son nouveau pouvoir. Perdue dans ses pensées, elle ne l'entend pas, lui, arriver ! La porte s'ouvre brusquement. L'homme est face à elle, le visage fermé, il a l'air en colère. D'une voix sèche il ordonne :

  • Ferme cette lucarne ! Cette maison est pleine de courants d'air et tu vas tomber malade !
  • Oui, répond la petite fée.

Noëlle Fargier

La petite fée, une nouvelle en trois parties signée Noëlle Fargier
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Un extrait de "il", une nouvelle extraite du recueil "Contes épouvantables et fables fantastiques" de J.P Volpi

8 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

Vous avez un problème de son ? Cliquez sur ce lien !

https://www.youtube.com/audio?video_referrer=watch&v=wee0eMtB-VI

https://www.facebook.com/joel.volpi

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Gauthier Hiernaux nous proposent un extrait de son dernier roman "Les enfants de Jafez"

7 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Gauthier Hiernaux nous proposent un extrait de son dernier roman "Les enfants de Jafez"

Du fait de ses formes extrêmement généreuses, Meredice Hernandez était ce qu’on peut appeler, lorsqu’on souhaite trouver un qualificatif peu blessant, une femme sans âge. Elle promenait ses rondeurs dans les bureaux avec une grâce pourtant insoupçonnée qui accompagnait un sourire aussi doux que permanent. Pourtant, Meredice Hernandez n’était pas de celles qui possèdent le caractère de son physique. Quand on prenait la peine de lui parler plus d’une minute, on devait s’attendre à voir ressortir de ses lèvres affables, une sècheresse digne des dunes du désert de Mégarès dans les Terres de Feu. Elle envoyait à ses contemporains – et très majoritairement subalternes – un stock inépuisable de piques qu’elle leur servait avec ce sourire figé et si éclatant qu’on craignait qu’il vous saute au visage. Pourtant, nul n’aurait eu l’audace de se rebiffer car Meredice Hernandez était la secrétaire personnelle de Wolfcarius Molitor, Directeur général d’Imperia Pharma, l’une des sociétés-phares de l’Empire de la Nouvelle Ere. Des usines d’Imperia Pharma sortaient la plupart des médications – de l’aspirine aux traitements lourds – et nul n’ignorait que Monsieur Molitor dépendait directement de Fra Reskling, le Haut-diacre responsable de la Compagnie des Frères Séculaires, ce qui lui conférait un statut de quasi-invulnérabilité.

Depuis l’abolissement du capitalisme honni par les Impériaux, car vecteur de la dégénérescence des Anciens, plus aucune société ne reposait sur des capitaux privés. Seul le Saint-Siège avait le droit d’investir pour la seule gloire de l’Empire et la puissance des Dieux du Nieland et les profits étaient redistribués dans tous les secteurs qui touchaient de près celui de l’entreprise concernée, c’est-à-dire de la recherche et du développement. Imperia Pharma versait les deux-tiers de ses bénéfices à la Guilde des révérends-docteurs et au Bureau de Recherche scientifique de la capitale et le dernier tiers au Saint-Siège. Il était évident que les patrons et employés de la société touchaient leur part et ce, à des niveaux différents et avec des écarts parfois assez conséquents. Ainsi, le révéré Wolfcarius Molitor était certes moins riche qu’un Qaeder de Province, mais assurément aussi puissant. C’est en tout cas le bruit qui courait…

Au niveau de la société Imperia Pharma, sa secrétaire possédait le même pouvoir.

On s’écartait sur son chemin, on évitait son sourire sirupeux, on courait hors de portée de ses remarques acides, on se retranchait derrière son moniteur de la dernière génération pour éviter de croiser ce regard faussement bon.

Ce matin-là, Meredice Hernandez caracolait jusqu’au bureau de son seul maître avec, sous son bras, une pile de dossiers qui accentuait davantage sa circonférence. Son rictus déjà prometteur s’était élargi et toute personne possédant un quotient intellectuel égal ou supérieur à dix savait qu’il fallait s’attendre à une catastrophe imminente. Elle avait eu le même air quand Imperia Pharma avait dû se défaire du révérend-chimiste de l’aile D9, celui-là même que Meredice tentait de croquer depuis des semaines sans parvenir à lui briser l’échine. Ce faraud-là avait eu l’audace de lui répondre un jour où la secrétaire l’avait apostrophé sans raison valable. Il avait payé le prix de son insolence car elle s’était débrouillée pour qu’il ne retrouve plus jamais de travail gratifiant. Les laborantins, employés, coursiers et préparateurs qui naviguaient à sa rencontre bifurquèrent pour laisser passer celle qui se baptisait elle-même « le Piranha » car, quand Meredice Hernandez tenait une proie, elle ne la lâchait plus.

Sa démarche sautillante la conduisit à l’ascenseur réservé à l’unique usage de Monsieur Molitor et ses doigts boudinés attrapèrent le malheureux badge coincé dans les deux obus de longue portée qui constituaient son opulente, mais néanmoins désertée poitrine (Est-il utile de préciser qu’on ne lui connaissait aucun amant autre que son labeur ?). Elle le présenta au portique d’entrée, lequel lui ouvrit les portes de l’ascenseur. Un nouveau passage du badge sur un œil électronique fiché dans la cabine la conduisit au dernier étage de la très haute tour. Les portes se rouvrirent à nouveau dans un chuintement apaisant.

A peine eut-elle posé le premier pied sur le sol qu’un rayon balaya ses empreintes rétiniennes et un autre lui scanna le corps à la recherche d’armes létales ou non. L’ultime porte se débloqua alors.

A l’autre bout d’une pièce de la taille d’une salle de banquet, Wolfcarius Molitor était en train de mettre fin à une conversation par TeleCom. Il avait l’air vaguement agacé. Meredice attendit donc qu’il ait fait disparaître son interlocuteur pour tenter une approche.

  • Mes respects, Monsieur Molitor, minauda-t-elle en déposant les dossiers sur son large bureau.

Molitor joignit ses mains en coupe sous son menton et la fixa de ses yeux gris. C’était un homme d’une quarantaine d’années qui, comme sa secrétaire, n’avait pas d’âge. Et pour cause : il était du genre athlétique et plutôt séduisant, pourtant, on ne lui connaissait aucune liaison – un manque de temps très certainement. Sa chevelure brune, dépourvue de filaments blancs bataillait et lui conférait un charme indiscutable. Il portait une petite barbiche qui lui courait de la lippe inférieure au bas du menton comme une cicatrice.

Ses lèvres minces esquissèrent une grimace à la vue de la femme.

  • Très chère Meredice… commença-t-il de la voix de baryton. Quelle belle journée s’offre à nous…
  • Très certainement, Monsieur, répondit la secrétaire en jetant un bref coup d’œil par la large baie vitrée qui donnait sur la ville.

Molitor détacha ses mains et en porta les paumes sur la surface du bureau.

  • Je viens d’avoir notre « ami » des Terres de Feu. Il semblerait que le mercenaire ait parfaitement rempli sa mission. Nous n’avons plus à nous inquiéter de cet horrible Ouzam Besriki…

Il adoptait un ton très enjoué qui ne cadrait pas avec sa personnalité. Sa subordonnée ne sembla cependant pas le remarquer. Bien au contraire, elle fit écho : elle battit des mains comme une petite fille pour exprimer sa joie. C’était grâce à elle que ce mercenaire avait été engagé.

  • Je vous félicite de cette initiative, Meredice. Comme je vous loue d’avoir coupé ce pont qui nous liait à cette affaire...

Molitor faisait référence à la disparition de Mazer par un second mercenaire. Elle aussi avait appris la réussite du casier piégé. Encore une idée à elle.

Le sourire enjôleur de son maître lui fit mouiller ses sous-vêtements sans qu’elle en ait honte. Les congratulations de son responsable la mettaient toujours dans un état orgasmique. Pour cacher son trouble, elle inclina sa face lunaire, les mains serrées sur son entrejambe.

  • Mille mercis, Monsieur.

Sa position l’empêcha de voir le sourire de Molitor s’effacer d’un coup.

  • Néanmoins…

Elle se redressa, frissonnante. Wolfcarius Molitor avait perdu son attrait, ses yeux marron lançaient des torpilles.

  • Je viens d’apprendre que si le colis piégé avait fait son office, le corps de l’individu avait bel et bien « disparu » !…
  • Disp… Le… le second mercenaire ne devait… Il me rendra compte de cette erreur, Monsieur Molitor…
  • Je n’en doute guère, ma chère (son ton redevint de miel car Wolfcarius Molitor était l’homme de toutes les contradictions). Et je dirais même plus que je compte sur vous pour qu’il se souvienne du prix des erreurs !
  • Bien entendu, Monsieur…

Molitor ramena ses mains longues en un seul et unique poing qu’il laissa posé sur le marbre du bureau. Ses traits s’étaient radoucis aussi rapidement qu’ils s’étaient durcis quelques instants auparavant. « Encore une saute d’humeur » soupira intérieurement le bras droit de l’homme qui biffa immédiatement sa remarque comme si elle en avait eu honte.

  • Ceci étant dit, il se peut que la survivance – si survivance il y a naturellement – de cet individu puisse ne pas nous heurter…

Meredice Hernandez osa relever la tête. Son sourire permanent était toujours là, mais il était glacé de terreur. Il lui faisait un masque identique à ceux que portaient les fêtards lors des libations dédiées à la Déesse Verticordia ; des faces hideuses et tordues, quasi inhumaines. Le directeur général d’Imperia Pharma se mit à caresser à nouveau sa barbiche, les yeux perdus dans le vague, hochant la tête à certains moments. Sa secrétaire l’observa et sa confiance en elle reprit tout doucement le dessus. Molitor, en sa qualité d’homme de tête, rompit le silence :

  • Avant votre entrée, l’un de mes… informateurs m’a rapporté un fait qui me chagrine. Il semblerait que certains chercheurs de l’université de Naazib soient sur le point de trouver une cure à notre… virus.

Hernandez ouvrit des yeux comme des soucoupes. Voici une information qui ne lui était pas parvenue, songea-t-elle. Tôt ou tard, elle s’emploierait à châtier cette négligence.

  • Une cure à la Mort Rampante, Monsieur ? souligna-t-elle un peu inutilement car ils parlaient naturellement de la même affaire. Comment cela se pourrait-il ??? Personne ne…
  • La persévérance et le hasard jouent, souvent, des rôles prépondérants dans la recherche médicale, ma chère. Je pense que vous devriez le savoir, depuis le temps que vous travaillez dans ce secteur…

S’il y avait une personne qui pouvait moucher Meredice Hernandez sans en subir les conséquences, c’était bien son révéré patron. Elle accusa le coup et se mit à triturer ses phalanges. Le sourire de Molitor s’élargit jusqu’à faire apparaître ses canines qu’il avait diablement pointues.

  • Mais ne vous inquiétez donc point, chère amie : leurs recherches sont bien loin d’aboutir ! J’ai été prévenu à temps et j’ai pris mes précautions.

La femme se mordit les lèvres pour ne pas imploser.

  • Je… je n’en ai point été informée, Monsieur… c’est…
  • Normal, commenta laconiquement l’autre en se servant avec un air flegmatique, un verre d’eau minérale, le seul liquide qu’il s’autorisait.

Il n’alla pas plus loin. Dans ses prunelles brillait une lueur assez claire pour aveugler son bras droit. Il avança la main et, sans un mot de plus, s’empara des dossiers.

Gauthier Hiernaux

Les enfants de Jafez, Ed. Chloé des Lys

http://grandeuretdecadence.wordpress.com/

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Dans plaisirs & Découvertes, "La Valse des infidèles"

6 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

Dans plaisirs & Découvertes, "La Valse des infidèles"

http://www.plaisirs-et-decouvertes.be/coin-lectureles-lecteurs-en-parlent.html

Dans plaisirs & Découvertes, "La Valse des infidèles"
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L'appel du loup, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

5 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

L'appel du loup, une nouvelle de Philippe Wolfenberg

L’appel du loup

Le domaine était vaste ; il se composait d’une succession de plaines et de collines, tantôt couvertes de forêts, tantôt dégarnies et une rivière y déroulait son cours rapide et sinueux.

Le seigneur des lieux venait de quitter le château – une belle bâtisse de pierres, de briques et d’ardoises – qui laissait entrevoir un luxe certain sans, néanmoins, aucune ostentation. Il menait sa monture d’une main tranquille mais sûre, admirant le paysage, humant les senteurs d’un printemps précoce et observant, du coin de l’œil, la faune qui ne manquait pas de l’épier avec autant de méfiance que de curiosité. Il sourit en pensant que, décidément, la chasse ne serait jamais un jeu pour lui comme elle l’était pour ses pairs. Il réservait son aptitude à manier les armes afin d’en découdre avec les quelques malandrins qui osaient, parfois, malmener les paysans sur lesquels il avait autorité.

Il en était à se remémorer sa dernière escarmouche – particulièrement ardue, donc fort plaisante – quand son regard s’arrêta sur ce qui ressemblait à un corps recroquevillé contre le large tronc d’un chêne majestueux. Il descendit de cheval, dégaina son épée et, arrivé au pied de l’arbre, eu la confirmation qu’il ne s’était pas trompé. Il n’en fut pas moins surpris de constater qu’il s’agissait d’une jeune femme et qu’elle ne portait pas de vêtement. Un carreau d’arbalète avait pénétré la chair au niveau de la taille. Soudain, il s’aperçut qu’elle respirait encore.

Regagner le manoir, encombré par cette étrange découverte, n’avait pas été chose aisée ; aussi s’était-il réjoui en apercevant les deux tours, l’une crénelée, l’autre surmontée d’un cône imposant, parmi le feuillage en devenir.

Aidé par ses gens, il avait monté l’infortunée dans une chambre (après en avoir pudiquement caché la nudité au moyen de sa cape) et fait venir son médecin de toute urgence.

l

Une semaine avait égrené ses jours. Le praticien s’était surpassé et la guérison de l’inconnue s’avérait plus rapide que prévu. Lorsqu’elle fut en état de soutenir une conversation, le nobliau lui raconta les événements qui précèdent. Elle le remercia chaleureusement mais resta évasive quant aux circonstances exactes entourant l’attentat manqué qui avait failli lui coûter la vie.

Un soir, pourtant, après le dîner, alors qu’ils profitaient de l’apaisante chorégraphie des flammes dans la grande cheminée, elle se décida à parler enfin.

Celui qui a tenté de me supprimer, Monsieur, n’est autre que mon très cher époux… Votre plus proche voisin…

Et pourquoi a-t-il voulu vous tuer, Madame ?

Si je réponds à cette question, je crains que vous ne suiviez son exemple…

Qu’avez-vous fait de si terrible pour qu’on…

Rien ! Je suis simplement victime d’une terrible malédiction… De celles qui font peur… Même aux plus courageux…

Vous en avez trop dit… Ou pas assez… Continuez, je vous prie !

Mais…

Je promets, sur mon honneur, de ne point lever la main sur vous… Mais comprenez que je suis en droit de savoir qui j’abrite sous mon toit…

Vous avez raison…Seulement, promettez-moi également de faire ce que je vais vous demander sans poser la moindre question…

Soit ! Je vous écoute…

Vous m’enfermerez, pour la nuit, dans un cachot muni d’une porte très solide… Et me surveillerez par le judas… Ce que vous verrez vous révèlera mon lourd secret…

Il sera fait selon vos désirs, Madame…

Merci !

l

Le ciel était dégagé et paré d’une lune aussi ronde que diaphane. Au sous-sol, le gentilhomme assistait, avec effarement, au spectacle incroyable qui s’offrait à lui : dans la cellule, la malheureuse, prise de convulsions, se transformait peu à peu en une magnifique louve. Elle plongea son regard carnassier dans celui de l’homme et la lueur des torches éclairant la pièce fit étinceler la blancheur immaculée de ses crocs acérés. Elle émit un hurlement plaintif puis alla se coucher dans le seul coin où régnait une semi-pénombre.

l

Le lendemain, elle avait retrouvé forme humaine et gisait, assoupie, au milieu de ses vêtements en lambeaux. Le maître de céans entra et ne put s’empêcher de caresser le bas du dos de la belle dormeuse. Ce contact sensuel la réveilla et elle frissonna.

Je suis désolé, Madame…

Ne le soyez surtout pas !

La pâleur de sa peau contrastait agréablement avec la couleur acajou de ses yeux et de sa longue chevelure bouclée et le rose pastel de sa bouche charnue. Le sourire provoquant dont elle le gratifia eut raison de sa réserve et, après l’avoir portée jusqu’à la couche de fortune qui avait été installée, la veille, il lui fit l’amour avec fougue.

Quand l’envie fut rassasiée, elle se serra contre lui. Il brisa le silence le premier.

Je voudrais savoir…

Je l’ignore… On a souvent dit que j’avais la beauté du Diable… Et la tête trop bien pleine pour une femme… Peut-être Dieu a-t-il voulu me punir ?

Si c’est le cas, il aura été bien mal inspiré…

l

L’été avait filé parce que bien rempli. Ils avaient fait de longues promenades, à pied ou à cheval, des banquets fastueux, des duels mémorables (puisqu’ils excellaient, tous les deux, dans l’art d’utiliser l’arme blanche) et s’étaient, à maintes reprises, rendus dans la ville la plus proche afin de garnir la garde-robe de celle qui était, par la force des choses, arrivée si démunie.

l

Si la passion présidait à la destinée conjointe des deux amants, tout n’était pas parfait pour autant. Le besoin d’avoir à ses côtés une compagne à la hauteur de ses espérances enfin comblé, le hobereau s’inquiétait, toutefois, de voir le spectre de la tristesse hanter le regard de sa jumelle qu’il chérissait plus que tout.

Madame, je crois vous avoir donné, souvent, la preuve de mon profond attachement… En échange, j’aimerais que vous me confiiez ce qui vous chagrine…

J’ai aimé mon époux, Monsieur… A présent, je le hais ! Et je voudrais lui faire payer son acte ignoble…

Mais rien n’est plus simple…

Vraiment ?

l

C’était une fin de journée à nulle autre pareille. Un soir où tout paraît plus harmonieux qu’il n’est en réalité. Le mari indigne avait perdu le reste de la troupe mais pas les traces du loup qu’il traquait depuis des heures. Coincé au sommet d’un promontoire rocheux, l’animal faisait face, les babines retroussées sur une redoutable dentition. Au moment où le doigt allait appuyer sur la gâchette, une brusque poussée déséquilibra le chasseur. Furieux d’avoir raté sa proie, il se retourna et ne vit d’abord que le propriétaire des terres qui jouxtaient les siennes. Il était sur le point de lui demander des comptes lorsqu’il reconnut, alors, la silhouette qui se tenait en retrait.

Vous, Madame !

Oui ! Moi ! Je ne reviens pas d’entre les morts mais je vais vous y envoyer…

Deux contre un, ce n’est pas très loyal…

Je ne suis là qu’en qualité de témoin… Mais si Madame court le moindre danger, je n’hésiterai pas… En d’autres mots, vous n’avez aucune chance de vous en sortir… Mais trêve de bavardages, engagez le combat !

Normalement, l’homme aurait dû prendre l’avantage mais l’ingénue qui avait cru en lui, en des temps lointains, était animée par une vive rancœur. Elle esquiva habilement une attaque de son adversaire et en profita pour le toucher au cœur. Hébété, Il recula de quelques pas puis, trébuchant contre une racine, s’envola dans le vide avant de s’écraser au pied de la falaise.

l

Ils étaient enlacés et, à travers la fenêtre de la chambre, regardaient le soleil se coucher.

Vous allez bien, à présent, Madame ?

Dans vos bras, toujours !

Il ne tient qu’à vous d’y rester…

Je sais, Monsieur… Et c’est bien mon intention… Serment de louve aimante et dévouée !

Philippe Wolfenberg

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HISTOIRE DE PIEDS, un texte signé Louis Delville

4 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

HISTOIRE DE PIEDS

Connaissez-vous le bus 36 ? C'est celui que je prends régulièrement pour aller en ville.

Faites comme moi… Amusez-vous à regarder les pieds des passagers…

Au premier rang, juste derrière le conducteur, un gamin africain aux vêtements multicolores, baskets bleues, chaussettes assorties. Juste après, une petite vieille qui tient un gros cabas sur ses genoux. Elle a sûrement mal aux pieds puisqu'elle porte des sandales ouvertes sur des mi-bas à la couleur indéfinissable.

Le curé et ses godillots noirs sans âge et poussiéreux et à leurs côtés, des pieds noirs dans des espadrilles… Probablement la mère du gamin.

À chaque arrêt, des pieds montent et d'autres descendent.

Chaque paire de pieds est souvent à l'image de son propriétaire : à vêtements à la mode, chaussures modernes. Qui porte un jean crasseux, l'agrémente souvent de godasses du même type !

Et quand, au retour, je prends un bus bondé d'étudiants, je suis sûr de feuilleter un magazine de mode. Tee-shirts de marque, sweets de couleur muraille ou flashy et surtout baskets aux goûts du jour, plus ou moins lacés (souvent moins que plus !). Tous les mêmes : ne se distinguant que par leur pointure ! Je suis prêt à parier que si l'on mélangeait leurs chaussures, ces jeunes seraient bien incapables de retrouver les leurs parmi les autres…

Tandis que nous, les vieux ou les moins vieux, toujours fidèles aux traditions, nous nous distinguons par notre habillement. De la tête aux pieds nous sommes tous uniques. Regardez nos pieds d'écrivains, tous à notre image…

Micheline et moi avons même connu un bonhomme qui ne portait qu'une chaussette au pied droit ! Pourquoi ? Nous ne le saurons jamais. Daniel, ce personnage hors du commun et qui est devenu notre ami, est mort sans jamais dévoiler son secret !

Peut-être voulait-il simplement faire des économies ?

Louis Delville

louis-quenpensez-vous.blogspot.com

HISTOIRE DE PIEDS, un texte signé Louis Delville
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Janna Rehault se présente et nous parle de son prochain roman "La vie en jeux"

3 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Janna Rehault se présente et nous parle de son prochain roman "La vie en jeux"

Moi c’est Janna. J’habite en France mais je suis née en Union Soviétique. Lorsque j'entrais dans l'adolescence, le régime communiste s’est écroulé et mon pays (Kazakhstan) est devenu indépendant. La période qui s'ensuivit a été accompagnée de toute sorte de crises (économique, politique, sociale, …). Ce changement a éveillé mon intérêt pour la géopolitique ; c’est pourquoi j’ai fait des études en politique et économie internationales.

Après j’ai travaillé dans l’humanitaire en participant à plusieurs projets de développement en Afrique et en Amérique Latine. Cette expérience a été très enrichissante car elle m’a permis d’entrer en contact avec des cultures différentes de la mienne. En France j’ai travaillé surtout dans le milieu associatif (associations s’occupant de personnes SDF et des sans-papiers).

A part la lecture et l’écriture, j’ai une grande passion pour les voyages. J’ai beaucoup voyagé en mode routard en Amérique du sud et en Asie. Je m’intéresse également à l’histoire, l’art et la culture générale.

« La vie en jeux » :

J’aurais situé mon roman entre contre-utopie, fiction et roman philosophique. L’action se déroule dans le future, dans une société hyper-protégée et hyper-protectrice, où la frontière entre le réel et le virtuel s’efface progressivement et où le virtuel sert à pallier les manques affectifs et à combler le vide existentiel.

La principale héroïne Alexandra est une jeune « normale » qui vit comme les autres, sans trop se poser de questions, jusqu’au jour où elle s’éveille. Son frère Théo (avec qui elle était extrêmement proche) se fait cloner après sa mort survenue suite à un accident. Cela sert de déclencheur, l’entraînant dans une quête intellectuelle et un questionnement sur le monde qui l’entoure et sur l’essence de la vie en général.

Les thèmes abordés portent sur le clonage, le droit au suicide, les affections pour le non-vivant, la modification de la mémoire, l’existence virtuelle, etc.

Janna Rehault

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Noëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian Eychloma

2 Novembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Noëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian Eychloma

« Ainsi soit-il » de Christian Eychloma est un livre de science fiction, on ne peut pas en douter et pourtant porte t-il cette seule « étiquette » ?.

Dès le départ vous atterrissez dans un monde qu'on ne peut décrire tant il est inattendu, mais ce n'est qu'un début....

Vous voyagez ( et le mot est faible) dans des univers successifs dépeints avec tant d' exactitude, de détails tous plus surprenants les uns que les autres, tant dans leur beauté que dans leur hideur, réveillant tous vos sens. Cette perception est accentuée par les personnages (les descendants de la terre) empreints de leur force et de leur fragilité originelle (l'amour, la haine, la peur...).

Par eux, vous êtes amenés dans une intrigue et quelle intrigue ! qui vous oblige à tourner les pages tant elle est bien programmée. De plus, l'auteur dans ce monde qui se veut être imaginaire s'appuie sur des thèses bien scientifiques, bien réelles, qui renforcent encore la plausibilité de cette science fiction.

En refermant le livre, des questions s'imposent : et si « Ainsi soit-il » était le destin de notre humanité ? Et si « Ainsi soit-il » était une réponse à la source de notre humanité ? Et si....

Noëlle FARGIER

Noëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian EychlomaNoëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian Eychloma
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