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Le blog Aloys

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Jardiner dans les étoiles, le livre de François Noul dans l'avenir

6 Octobre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

Jardiner dans les étoiles, le livre de François Noul dans l'avenir
Jardiner dans les étoiles, le livre de François Noul dans l'avenir

Notre chantre carolo, François Noul, vient de sortir, aux éditions Chloé des Lys, son livre «Jardiner dans les étoiles». Un petit bijou de textes qui sentent bon la terre et la bonne humeur d'antan.

François, notre Toine Culot, a le pouvoir de faire vivre ses personnages de façon à ce que nous ayons envie de les rencontrer dans la vie réelle! Interprétés par le très talentueux artiste Jacky Druaux, ces superbes textes ont déjà fait l'objet de nombreux spectacles qui rencontrent un succès toujours grandissant. Un régal de simplicité, le bonheur à l'état pur, près des étoiles!

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140818_00514812

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Marcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent Dumortier

5 Octobre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Marcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent Dumortier

D’emblée avec la couverture du livre, le ton est donné ...

Le flou, le brouillard qui enveloppe les êtres et les choses.

Le quotidien perd de sa réalité, de sa clarté et tout devient possible !

Une écriture fluide, la construction des récites est habile, déroutante, imprévue.

Comme la mort en personne qui dépose ses cartes de visites ...

Ecrire c’est jeter sur le papier nos pensées les plus noires et nos peurs les plus profondes

afin d’être encore en vie au moment où le soleil fait disparaitre les ténèbres “. – page 5

Et comme il le souligne ( page 9) – Romans, nouvelles,poésies, sont liés de près ou de loin -

Certains lieux ou personnages reviennent régulièrement et pourtant pas mal de mystères et de

secrets demeurent ...

Un auteur qui s’amuse et qui intrigue, éveillant la curiosité du lecteur !

Marcelle Pâques

marcellepaques.skynetblogs.be

Marcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent DumortierMarcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent Dumortier
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J. P. Volpi nous propose en deux parties la version longue de "666 et point final", une nouvelle extraite de "Contes épouvantables & fables fantastiques"

4 Octobre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

J. P. Volpi nous propose en deux parties la version longue de "666 et point final", une nouvelle extraite de "Contes épouvantables & fables fantastiques"

Les derniers gardiens de la foi, les anges – et même les tout-puissants archanges Gabriel et Raphaël –, étaient tombés comme des mouches. Les humains ne les invoquant plus, ils ne pouvaient plus être les immortels qu’ils avaient toujours été. Ces immortels magnifiques… Leurs plumes avaient perdu leur éclat, et leurs pouvoirs phénoménaux avaient disparu. Avant de mourir, fauchés par leur frère rebelle, ils n’étaient plus que des hommes au milieu d’autres hommes. Ils furent écrasés comme de vulgaires insectes.

Seul Michel résistait encore…

– Je t’empêcherai d’installer l’enfer sur Terre, mon frère, gronda-t-il.

– Tu crois cela, mon frère ? se moqua Lucifer. Comme tu es naïf… Que crois-tu faire, à présent, contre moi ? Regarde ! Regarde autour de toi ! Gabriel, Raphaël, Mettatron… Tous les autres. Ils sont morts, Michel… Morts ! Alors, que crois-tu faire ? Je vais te tuer, toi aussi. Mais peut-être voudrais-tu te ranger à mes côtés ? Je pourrais consentir à t’épargner… te considérer, à nouveau, comme mon frère.

– Tu es fou, Lucifer ! Tu es peut-être très puissant, pour avoir réussi à terrasser Mettatron en personne… mais je le suis davantage. Apprête-toi à retourner d’où tu viens, mon frère. Tu ne te lèveras pas…

L’archange Michel déploya ses ailes blanches et une épée à la lame faite de flammes apparut dans sa main. Il prit son envol, puis fonça sur son frère. L’arme transperça Lucifer de part en part, mais ce dernier se mit à rire. Michel recula et regarda son frère éteindre le feu… et guérir de sa blessure.

– Du feu ? Sérieusement ? le provoqua-t-il. Du feu contre moi, Michel ? Je m’attendais à beaucoup mieux, je te l’avoue.

– Ne crie pas victoire trop vite…

L’archange sembla entrer en transe. Une aura étincelante commença à se former autour de lui. De son corps monta un rayon de lumière et cette énergie spectaculaire fut projetée sur son adversaire en jaillissant de ses mains. Touché de plein fouet, Lucifer mit un genou à terre, mais il se redressa bien vite pour attaquer de la même manière, libérant, lui, les flammes de l’enfer.

Lucifer était prisonnier d’un halo de lumière, et Michel d’un halo de feu. Leur énergie propre gagnait en puissance au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient lourdement l’un de l’autre. Leur rage était concentrée, et la puissance contenue dans les rayons qu’ils projetaient commençait à faire se fusionner leur don spécifique, formant une boule d’énergie pure et de flammes à mi-chemin entre les deux frères. Une explosion semblait sur le point de se produire.

Mais, gorgé d’âmes, Lucifer se montra le plus fort, et Michel ne put résister plus longtemps. Il fut balayé sur des dizaines de mètres quand la boule de feu atteignit son corps. Lucifer, paisible, alla le retrouver. L’archange gisait à terre, les ailes brûlées et le corps meurtri. Il ne ferma pas les yeux quand son frère fit apparaître un trident dans sa main droite, ni quand il le lui planta dans le cœur.

– Cette fois, je suis victorieux, Michel, murmura Lucifer. Pourquoi n’as-tu pas accepté ma proposition ? Pauvre fou…

Retirant son arme du thorax du dernier de ses frères encore en vie, Lucifer put ouvrir les portes de sa geôle et regagner la surface.

Enfin !

Il n’avait plus grand chose à faire.

Les humains s’entre-tuaient, ou, pire, s’entre-dévoraient. Carrément. Car la présence réelle du prince des ténèbres sur Terre déclencha une folie autrement plus meurtrière que par le passé… Ils n’étaient pas des « morts-vivants » tels qu’ils apparaissent dans les films, mais c’était tout comme. Quant aux derniers rescapés à peu près saints d’esprit qui refusèrent de lui céder leur âme – on les reconnaissait à leurs iris restés normaux –, il les fit se consumer, ou exploser, en claquant des doigts.

Son long périple s’acheva au Vatican… Il se réserva Sa Sainteté le pape François pour la fin. Remuant ses doigts tel un marionnettiste fou, il fit se disloquer le corps du chef de l’Église catholique, le maintenant en suspension tout près de l’obélisque de Caligula, au beau milieu de la place Saint-Pierre, ceinte d’une colonnade, sous le regard pétrifié des statues nombreuses imaginées par Le Bernin. Après quoi, et ce spectacle lui procura un plaisir incommensurable, il fit sortir, très lentement – prenant soin de maintenir le vieil homme en vie –, son squelette de son enveloppe charnelle. Son agonie fut des plus longues, et abominable.

– Tu n’aurais pas dû Le servir.

Quand il se trouva, un moment plus tard, dans l’abside élégante et luxueuse de la basilique Saint-Pierre, une petite voix s’éleva de derrière l’autel et défia l’étoile du matin avec bravoure.

– Je n’ai pas peur de vous, marmonna la jeune fille.

– Vraiment ? Est-il donc quelqu’un encore en vie ici ? se gaussa Lucifer, savourant déjà un nouvel homicide imminent.

Il contourna l’autel à pas feutrés, puis, avec un faux air de compassion, considéra l’imprudente. L’enfant, les jambes chancelantes, exécuta le signe de la Croix. L’ange déchu fit mine d’être terrorisé. Il ébaucha ensuite un sourire en coin accompagné d’un sinistre : « Ha ! Ha ! Ha ! » à peine audible. Guttural.

– Crois-tu… que Dieu existe ? demanda-t-il tout à coup à la jeune mortelle. Crois-tu… qu’il va venir te sauver ? Quoi ? Tu vas chialer ?

La jeune fille, les yeux embués de larmes, baissa la tête et se mit à prier.

– Misérables insectes… enchaîna-t-il, dédaigneux. Vous me faites tous rire à m’accuser de tous les maux, alors que c’est VOUS, les véritables démons, sur cette Terre ! Vous ne méritiez pas d’être Ses favoris… Vous ne méritiez pas la protection de mes frères ! Vous ne méritiez…

Lucifer s’interrompit brusquement. Il était tout haletant et ses narines se dilataient… Il retrouva néanmoins son self-control et assena sa sentence d’une voix étrangement calme.

– En fait, vous ne méritiez rien du tout, sinon de brûler dans les flammes… Tu n’étais pas née, toi, mais, il y a déjà vingt ans, toute cette barbarie, c’était moi. En vérité, adorable petite conne, je vous empoisonne depuis des décennies. Des siècles ! Je vous murmure, vous isole, vous manipule… J’ai toujours été le mal dans vos yeux. Vous êtes si faibles… si belliqueux… si intolérants… Une chiquenaude aura suffi ! Tu peux t’accrocher à ton bon Dieu tant que tu veux, ma fille… Il t’a abandonnée. Il vous a TOUS abandonnés ! Mais comme je suis d’humeur très généreuse, je vais te laisser le choix. Donne-moi ton âme et tu n’auras pas à souffrir lorsque je libérerai les déchus. Deviens ma Lilith. Qu’en penses-tu ? Tu auras l’honneur d’être à mes pieds et de me vénérer pour l’éternité.

– Jamais, démon ! Je préfère mourir ! Comme les autres !

– Alors meurs, stupide singe…

La jeune fille s’enfuit pour se cacher derrière l’orgue remarquable, sous le regard amusé de Lucifer qui referma sa main prestement, comme s’il essayait d’attraper une mouche qui l’enquiquinait depuis trop longtemps. Un bruit d’os brisé déchira le silence de la basilique. La nuque de la malheureuse enfant s’était rompue. Elle s’écroula, les yeux écarquillés et tout injectés de sang. Elle serrait son chapelet dans une main…

– Y a-t-il quelqu’un d’autre ? tonna Lucifer. Non ? Ah ! Suis-je bête… J’ai déjà tué tout le monde, c’est vrai.

– Tout le monde, Lucifer, murmura une voix grave dans son dos. Tout le monde mais pas Moi.

– Qui diable se permet !?! se récria le prince des ténèbres tout en faisant volte-face. Qui… (Abasourdi, il se figea net.)

– Qui ? Mais Moi, répondit le Tout-Puissant.

L’ange déchu recula, pas vraiment effrayé mais… un peu inquiet quand même.

– Tu te manifestes enfin… Maintenant que les hommes sont morts… Mais quel père admirable Tu fais ! Tu m’as laissé détruire toute vie sur Terre – pourquoi ne pas les avoir sauvés ? Pourquoi !?! vociféra-t-il soudain. Bah ! Cela n’a plus d’importance, de toute manière… J’ai gagné. J’ai enfin gagné…

– Et tu as gagné quoi, Mon fils, au juste ? Un Royaume de solitude ? C’était « ça », ton vœu le plus cher ?

– La ferme… Je ne te conseille pas de me provoquer, vieil homme. N’as-Tu pas vu ce qui est arrivé à Michel ?

Mais le Seigneur poursuivit :

– Les hommes, Je ne pouvais plus les sauver. Pas après que tu les aies ramenés à leurs instincts les plus vils… Mais même sans toi, en vérité, ils eussent fini par faire exploser la planète un jour, tant ils étaient belliqueux et intolérants, misanthropes, misogynes, homophobes, racistes… Tu as raison sur un point, Mon fils : une simple chiquenaude aura suffi…

– Mais je devais plier, moi, devant ces barbares… Ces cancrelats !

– Je te l’accorde, Lucifer, J’ai quelque peu surestimé Ma création…

– Tu l’admets !?! Mais Tu m’as abandonné, Père… De tous Tes fils, j’eusse dû être Ton préféré ! Mais il n’y en avait que pour Michel !

– Tu te trompes, répondit Dieu.

– Tu as raison… Car même ces insectes Tu les préférais à moi ! Mais je les ai tous écrasés sous mon talon !

– Je ne vais pas Me justifier une seconde fois à ce sujet, Lucifer. Je te l’ai dit, J’ai surestimé Mon œuvre. Je n’avais plus que ça à faire, dans ces conditions, te laisser détruire les fils d’Adam et Ève par les flammes, comme un jour J’ai Moi-même provoqué le Déluge, noyant toute vie sous les vagues. Et te voilà seul, Mon fils…

– Qu’est-ce que je suis censé comprendre, vieux bouc ? s’enquit, inquiet, le tout dernier des anges.

– Tu étais tellement beau, Lucifer ! Quel gâchis… Tu étais vraiment le plus beau de tous. Plus beau que Michel. Plus beau que Gabriel. Plus beau que Raphaël. Les hommes, vois-tu, étaient Ma boîte de Pandore. Ma boîte de Pandore tout spécialement pour toi…

– Cela n’a aucun sens ! cracha le rebelle infatué.

– Non ? Mais quand tu t’es révolté, toi et d’autres… J’ai compris que ta haine faramineuse pour le genre humain Me servirait un jour…

– Tu prétends m’avoir piégé ? Je n’en crois rien !

– Je ne t’ai pas piégé, Lucifer. Tu as fait cela… Tout seul.

– Je vais te briser !!!

Lucifer s’apprêta à frapper mais le Tout-Puissant leva la main et l’immobilisa.

– Mon fils, Je vais devoir te punir, J’en ai peur… Depuis bien trop longtemps, tu te conduis mal. Et pour quoi ? La jalousie ? L’orgueil ? Ne pouvais-tu pas demeurer le plus beau des anges ? Et, ainsi, régner à Mes côtés sur la Terre comme au ciel. Ne le pouvais-tu réellement pas ?

– Je t’emmerde, maugréa Lucifer. Et Tu peux te la carrer bien profond… Ta putain de condescendance !

– Lucifer, Mon fils… Tu les haïssais peut-être de toute ton âme, mais tu t’exprimes pourtant comme ils le faisaient… Tu es pareil.

– Va te faire mettre, marmotta le fils en colère.

– Je n’ai que faire de ta bordée d’injures… Réponds, maintenant : la solitude du mal, Lucifer, est-elle la même solitude que celle du bien ?

– Qu’est-ce que ça veut dire !?! Qu’est-ce que je suis supposé comprendre !?! Toi, réponds !

– Je te laisse la Terre… Ton Royaume pour quelques jours encore. Un Royaume sans aucun sujet pour t’aimer.

Dieu fit mine de réfléchir. Il soupira, accentuant un peu plus le courroux du prince des ténèbres, qui était toujours dans l’incapacité de faire un mouvement.

– Et sais-tu ce que deviennent les anges ? Puisque, quoi qu’il en soit, tu restes un ange, Mon enfant. Sais-tu ce qu’ils deviennent, lorsque plus personne ne croit en eux ? Eh bien, ils perdent leurs pouvoirs… Ensuite… ils disparaissent.

Lucifer blêmit, murmurant :

– Non, c’est impossible… Impossible !

– Une omission dans tes plans ? Adieu, Mon fils. Profite bien de tes toutes dernières heures dans ton merveilleux Royaume… Tu étais tellement beau, Lucifer ! Quel gâchis… répéta-t-il.

Et le Tout-Puissant s’effaça comme un voile de brume, laissant l’orgueilleux ange déchu face à face avec sa plus cuisante défaite. « C’est impossible… C’est impossible… » répétait-il inlassablement, ne pouvant accepter la capitulation. « J’ai obtenu ma vengeance et cette vengeance s’est retournée contre moi. Quelle ironie ! »

À l’entrée de la basilique, Lucifer regarda la place Saint-Pierre jonchée de cadavres pestilentiels.

Partout sur la planète, le même spectacle horrifique s’étendait à l’infini. De l’Ancien au Nouveau Continent, dans chaque pays, dans chaque ville et dans chaque bourgade. Partout jusqu’au fin fond du trou du cul du monde. Et les cieux hésitaient entre le cramoisi et le gris.

Lucifer se retrouvait seul, et il se sentait affreusement seul, finalement. Les êtres humains étaient tous morts, ses frères les anges et les puissants archanges étaient tous morts, et il allait mourir lui aussi. Il s’étonna quand un peu de liquide salé se mit à couler sur ses joues. Il recueillit les larmes sur le bout de ses doigts et les porta à ses lèvres.

– C’est donc ça… dit-il à mi-voix.

Six jours plus tard très précisément, privé de ses forces à la fois angéliques et démoniaques, privé de ses pouvoirs surnaturels somme toute incroyables, celui qui, à l’origine, avait été le plus beau des anges dans le ciel se ratatina, pareil à une plante en train de pourrir.

Ainsi, il retourna à la poussière.

L’humanité avait disparu. Et le mal avait disparu…

Allant et venant de nuages en nuages, le bon Dieu hésita longuement. Très longuement… Allait-il tout refaire ? Ou, plutôt, allait-il tout détruire ? Allait-il, au risque de créer un nouveau prince des ténèbres, redonner vie aux anges ? Allait-il, au risque de créer d’autres Pizarro, d’autres Hitler, Bokassa ou Kadhafi, redonner vie aux hommes ? Laquelle de ces options choisir ? La création… ou la destruction ? La destruction… ou la création ? Quel choix cornélien…

Il claqua finalement des doigts, et l’univers tout entier implosa, l’emportant, Lui aussi, le Tout-Puissant, dans le vide absolu. Dans le silence. Le merveilleux silence des choses qui n’existent pas.

La paix, enfin.

Retrouvez J. P. VOLPI sur Facebook :

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J. P. Volpi nous propose en deux parties la version longue de "666 et point final", une nouvelle extraite de "Contes épouvantables & fables fantastiques"
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J. P. Volpi nous propose en deux parties la version longue de 666 et point final, une nouvelle extraite de "Contes épouvantables & fables fantastiques"

3 Octobre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

J. P. Volpi nous propose en deux parties la version longue de 666 et point final, une nouvelle extraite de "Contes épouvantables & fables fantastiques"

Les courants religieux s’étaient effondrés les uns après les autres… Tous, et sans exclusion aucune.

Les églises, les mosquées, les synagogues, les temples bouddhistes… Tous, sous les bombes, les cocktails Molotov ou léchés par les lance-flammes, avaient été détruits par les dévots enragés eux-mêmes, qui utilisaient parfois des béliers très rudimentaires pour s’introduire dans les édifices sacrés.

Tous. Jubé après jubé… poutre après poutre… minaret après minaret… livre après livre… statue après statue…

Tous, oui.

– Il y a quelque chose de bizarre et de dérangeant, dans leurs yeux… rapportaient les médias. Quelque chose, n’ayons pas peur des mots, d’effrayant. Un peu comme si leur humanité leur avait été arrachée.

– À l’heure actuelle, nous ne sommes toujours sûrs de rien, disaient, quant à eux, les spécialistes, mais il nous est toutefois impossible d’infirmer l’hypothèse d’une quelconque contamination.

De l’Ancien au Nouveau Continent, des guerres civiles et fratricides éclataient dans chaque pays, dans chaque ville et dans chaque bourgade. Partout jusqu’au fin fond du trou du cul du monde.

Des hurlements de terreur occasionnés par des chasses à l’homme perverses, s’achevant toujours par une effusion de sang, ainsi que le son des rafales de balles remplaçaient le chant mélodieux des oiseaux dans les parcs municipaux, de même que la joie des enfants dans les jardins et les bacs à sable.

Les 747 et les paquebots de croisière jouaient aux autos tamponneuses, offrant, en plein ciel et sur les immensités bleues – plus si bleues que cela –, des explosions de métal, accompagnées de livres de chair, très impressionnantes.

Quoi qu’il en soit, une véritable aubaine pour les squales et autres animaux marins opportunistes.

Les fleuves et les rivières, pareillement, coulaient rouge, continuellement. Même le Manneken-Pis, à Bruxelles, urinait du sang !

La Tour Elizabeth, à Londres, portait, empalés au milieu de ses aiguilles fixes, les corps en décomposition très avancée de deux éphèbes.

La tour Eiffel, dans la capitale autrefois connue sous le nom de Ville Lumière, s’était parée d’intestins et de viscères, comme un arbre de Noël morbide et tout dégoulinant. Tout poisseux.

Les murs de la Maison Blanche, Washington, D.C., étaient couverts de fientes et de moisissures, et des corbeaux volaient en cercle tout autour, allant se nourrir des yeux vitreux des cadavres répandus çà et là, sous le regard sinistre d’épouvantails éventrés.

Nous en étions là.

Les hommes étaient devenus fous. Complètement fous. Complètement insensés. S’ils ne l’avaient pas toujours été, tout bien considéré…

Des mères exténuées, incapables de supporter davantage leurs cris perçants, balançaient leurs propres bébés par les fenêtres. Exactement comme le peuple, au Moyen Âge, qui jetait ses ordures, ses seaux de pisse et ses seaux de merde de la même façon.

Ou, le plus naturellement du monde, elles rangeaient leur progéniture dans le réfrigérateur, juste à côté des crèmes glacées, des pizzas et des bâtonnets de poisson surgelés.

L’une s’était rendue coupable du pire des crimes, de la plus atroce des infamies, en offrant sa petite fille, âgée de cinq ans à peine, à un pédophile condamné mais remis en liberté à cause d’un vice de forme. Un père, lui, tua son enfant en lui fracassant le crâne contre le carrelage, le faisant tournoyer en le maintenant par les chevilles, et tout ça pour un simple caprice…

Des malades mentaux. Quels autres mots pourraient les désigner ? Des monstres ? Oui, des monstres. Des dégénérés !

D’autres, pareillement dérangés, torturaient des animaux, filmaient « l’exploit », et publiaient les images sur les réseaux sociaux, se demandant, assurément, combien de « J’aime » ils allaient recueillir. Malheureusement, beaucoup trop.

Des vidéos à vous faire cracher le cœur par la bouche…

Nul, en vérité, ne pouvait dire le nombre d’abominations qui étaient commises en toute impunité. Car les moyens de communication ne suivaient plus, à la fin. Eux aussi étaient gangrenés…

« Quelque chose, dans leurs yeux… »

An 2034, vingt ans plus tard.

On racontait dans la presse clandestine que, peut-être, tout avait commencé aux États-Unis le 20 décembre 1951, avec la première centrale nucléaire : Experimental Breeder Reactor I, qu’insidieusement, tout s’était accéléré le 26 avril 1986 avec l’explosion de la centrale de Tchernobyl, et que le coup de grâce, en toute vraisemblance, avait été porté suite au nouveau drame survenu à Fukushima durant la première quinzaine du mois de mars en l’an 2011.

On racontait que les émanations toxiques, l’eau et les produits de la terre contaminés avaient, peu à peu, réveillé le cerveau reptilien des humains. En effet, la violence, de plus en plus, avait déferlé dans les foyers, dans les rues, comme un tsunami gargantuesque, submergeant policiers, gendarmes et militaires, eux-mêmes changés en Cimmériens aguerris.

Et les moins fous des fous, si l’on peut dire, se mirent à accuser le diable…

Il n’en fallut pas plus pour dresser de nouveaux bûchers. On se remit à brûler des « sorcières » ! De nouveaux jeux du cirque apparurent, où le petit peuple pouvait jeter en pâture lesdits grands du monde aux fauves féroces. Tous agonisèrent sous leurs griffes acérées et sous leurs crocs.

Progressivement, sous les acclamations hystériques et les bravos des foules déguenillées et puantes, les Républiques, les Royaumes, disparurent ainsi…

L’humanité avait entamé un retour irrémédiable vers l’obscurantisme…

Alors que tout n’était plus que chaos et désordre, Lucifer décida que le temps était venu pour lui de sortir de l’enfer. Comment les quelques milliers de survivants restés à la surface de la Terre pourraient lui barrer la route, cette fois ? Qu’étaient-ils, sinon des moutons ? Des moutons stupides. Des surmulots s’étant toujours pressés au son de la flûte.

En chuchotant, quelques décennies plus tôt, l’idée des réseaux informatiques à quelques-uns, il gagna sa première grande bataille avec l’avènement d’Internet, puis du Web.

De plus en plus, les gens s’isolaient chez eux et faisaient leurs emplettes uniquement via leur ordinateur. Oh ! C’était chouette, au début, car tout nouveau, tout beau, comme on dit, mais cet enfermement, sur le long terme, réveilla leur idée de l’insécurité, et la renforça… (Et la xénophobie de certains, inévitablement.) L’amitié, et même l’amour, ne se faisaient plus qu’à distance. De peur du SIDA, on échangeait désormais photos et vidéos sexy, voire pornographiques, en passant par des réseaux sociaux, par des messages dits privés.

Privés… La bonne blague !

Malin, Lucifer souffla aussi l’idée du partage de fichiers. Le téléchargement illégal était né… Une réussite ! Le marché de la vidéo s’effondra, puis l’industrie du disque, puis le cinéma ! Et même la presse.

Le chômage ne cessa de s’accroître et d’étendre sa toile. Les métiers, et même ces métiers artistiques censés ne pas être déboulonnables, disparaissaient les uns après les autres. Un peu comme les grandes surfaces en leur temps – et c’était chouette, ça aussi, au début –, qui avaient provoqué la lente éradication des commerces de proximité conviviaux… Ces petites boutiques de notre tendre enfance… Le sourire réjoui et le bonjour chaleureux de la boulangère, du papetier…

Tout avait déjà commencé. Depuis fort longtemps, en réalité.

Mais Lucifer fit quoi, en fin de compte ? Rien de plus que de titiller l’étincelle sombre dans le cœur de l’être humain. Et la violence, et l’insécurité, s’accrurent avec le chômage. (L’argent manquant de plus en plus cruellement…)

Se nourrir, dans ce monde, était devenu un luxe. SE SOIGNER, dans ce monde, était devenu un luxe…

Nous en étions là… « Marche ou crève ».

Quel régal, pour Lucifer ! Lui dont la plus grande astuce avait été de faire croire aux gens qu’il n’existait pas, alors qu’il était partout. Partout, partout, partout !

De sa prison souterraine, il empoisonnait l’esprit de la race humaine tout entière, isolant chacun dans ses problèmes, réels ou paranoïdes, et ses aversions, chaque jour un peu plus.

À suivre…

J.P. VOLPI

J. P. Volpi nous propose en deux parties la version longue de 666 et point final, une nouvelle extraite de "Contes épouvantables & fables fantastiques"
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Marie-Noëlle Fargier a lu "Léon 20h30" de Jean-Louis Gillessen

2 Octobre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Marie-Noëlle Fargier a lu "Léon 20h30" de Jean-Louis Gillessen

Léon 20H30 de Jean-Louis Gillessen

Les premières pages m’ont fascinée. Immédiatement une impression, des sensations sont présentes (et là on ne peut que continuer à lire) mais également une « réalité » solidement implantée par une écriture très concrète, palpable. En lisant le résumé, on pourrait s’attendre à un univers triste, voire cruel, injuste mais il n’en est rien car tout est coloré d’humour. Je n’ai pas envie de dire que Léon est attachant, et s’il l’est, on ne ressent pas de sentiment de compassion à son égard.

Léon parle avec justesse. J’aime beaucoup le désassemblage de lui et de lui-même, de l’image qu’ont fait de lui l’événement ainsi que le système et son vrai lui : plein d’énergie, de projets … J’aime les jeux de mots, les jeux d’images qui traduisent son univers chaotique : tout me paraît serein dans son vrai lui et tout en désordre dans l’autre et sûrement à cause des autres (ces autres, affublés de noms « pittoresques »). Tout ceci sans « mélo- dramato- tragédo » mais avec des éclats de rire ou de sourires. Dans la dernière partie surgit Léon, si j’ose dire en entier, sûr de lui, serein face à « ces autres », avec un retournement de situation très inattendu mais aussi très plaisant. En résumé après le livre, on ne peut qu’avoir envie de voir la pièce.

Marie-Noëlle FARGIER

La Bukinê d'Anna, Ed. Chloé des Lys

Marie-Noëlle Fargier a lu "Léon 20h30" de Jean-Louis Gillessen
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Livres & Co a lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique

1 Octobre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

Blog livres & Co, http://livres.and.co.free.fr/index.php/2014/07/les-dix-petites-negresses/

Blog livres & Co, http://livres.and.co.free.fr/index.php/2014/07/les-dix-petites-negresses/

Livres & Co a lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique

Ce titre vous évoque un autre roman, plus connu mais aussi plus classique? Vous avez raison.

Ce roman n’est pas sans évoquer le roman d’Agatha Christie de par le titre évidemment et de par l’intrigue également: 10 femmes écrivains sont rassemblées par leur éditeur sur une ile en mer Noire pour une dizaine de jours et vont mourir les unes après les autres durant leur séjour. Qui est la coupable?

Pourtant, ce livre n’a finalement rien à voir avec les dix petits nègres et surtout rien à voir avec un roman policier. Ce bouquin est inclassable mais il est rafraichissant, déroutant, décalé…

Je l’ai lu en une soirée et cette soirée a été très agréable.

La 4ème de couverture nous précise que ce livre est fait pour être lu à haute voix et c’est vrai! Il est écrit presque « comme on parle » et l’auteur, parfois nous interpelle ou nous rappelle à l’ordre et c’est ce qui donne l’impression très agréable qu’il est en train de nous raconter l’histoire.

Ce qui m’a beaucoup plu aussi c’est qu’on a l’impression que l’auteur a écrit ce texte d’un seul jet, sans difficulté (je ne dis pas qu’il n’y a pas un gros travail derrière ce livre mais simplement que ce qu’on ressent c’est une facilité et un plaisir de l’auteur à nous raconter des histoires).

En bref, de quoi passer un bon moment!

Ma note: 2,5/4

Les dix petites négresses, Bob Boutique

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En octobre, quoi de neuf sur notre blog ?

30 Septembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #ANNONCES

Ce mois-ci, première partie du concours organisé pour la revue "Les petits papiers de Chloé".

Le concours de Calligrammes. Six poètes s'y sont collés et les résultats sont... mais je vous en laisse la surprise ! Premier post, le 16 octobre. Les votes auront lieu du 22 au 30 octobre, sur le post du 22 octobre.

Résultats sur le post du 22, le 31 octobre.

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Avis pour les amateurs de notre revue et les curieux : notre revue sort ce mois-ci !

Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, la cover !

En octobre, quoi de neuf sur notre blog ?

Quels auteurs à l'honneur ce mois-ci ???

  • Bob Boutique
  • Marie-Noëlle Fargier
  • Jean-Louis Gillessen
  • Joël Pierre Volpi
  • Marcelle Pâques
  • Laurent Dumortier
  • François Noul
  • Salvatore Gucciardo
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Bonne lecture !!!!!

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Deux courts extraits de "Fleur de corail" intitulés "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur

29 Septembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Et quand le vent caresse la mer

les bulles d'écumes éclatent de joie.

La terre douce comme de la laine fait jaillir des fleurs de soies.

*****

J'aimerais être invisible pour voir glisser l'amour sur les corps et les esprits.

J'aimerais être invisible pour boire la rosée d'une fleur qui s'appelle béatitude.

Deux courts extraits de "Fleur de corail" intitulés "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur
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"Toujours aussi jolie", dernier épisode du feuilleton signé Carine-Laure Desguin

28 Septembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Feuilleton

Episode IV : Rue Léon Bernus, numéro 68

Qui ? Qui a glissé ce courrier dans sa boîte aux lettres ? En quelques secondes, tout se confond dans sa tête, des images se chevauchent, le visage de l’inconnu, fantôme de Marcus, et ce carton sur lequel elle lit : Toujours aussi jolie. C’est vrai que cette ville n’est pas une mégapole, que Virginia traîne dans les rues plusieurs heures par jour et que les rumeurs roulent aussi vite que des billes sur un trottoir. Virginia relève la tête et observe tout ce qui bouge autour d’elle, comme si l’auteur de la missive (elle n’imagine pas un seul instant que ce soit une femme) attendait béatement, accoudé au bar, un verre de bière devant la tronche. Ensuite, son regard dévie du côté de la fenêtre. Dans la rue de Marcinelle, à cette heure, ça défile. Chacun déboule, un sandwich entre les dents. Personne ne tourne la tête vers la grande fenêtre de La quille…

— Hello, Virginia !

Virginia sursaute, elle qui croyait tout spéculer autour d’elle se laisse surprendre par l’arrivée de Piet.

— Oh Piet, j’étais perdue dans mes pensées !

— Virginia, dit-il tout en se penchant pour l’embrasser, tu es toujours aussi jolie…

Un silence, un blanc, un malaise.

Virginia ressasse les trois mots, les mêmes que ceux qu’elle vient de lire sur le carton. Elle décide de ne pas tergiverser et de trancher. À la minute.

— C’est donc toi, sacré coquin !

— Moi ? Moi ? dit Piet, l’air étonné, tout en s’asseyant en face de Virginia et en pointant son index en plein milieu de sa poitrine, sur un des grands boutons noirs de son manteau de cuir. Qu’est-ce qu’il a encore fait, ce drôle de Piet ? rétorque-t-il en ricanant.

— Arrête, c’est toi ! Tu m’as vue déambuler dans les rues il y a deux ou trois jours et tu m’as suivie. Tu as ensuite glissé ce carton dans ma boîte aux lettres…Mais si c’est toi, ce n’est pas grave…De toute façon, ce n’est pas grave, même si ce n’est pas toi…Disons que tout simplement, je voudrais connaître l’auteur de ces trois mots !

À ce moment, elle tend à Piet le carton aux lettres couleur rose bonbon.

Piet prend un air sérieux et ne voit même pas le garçon qui s’approche de la table.

— Bonjour, que prenez-vous ?

— Oh, excuse-moi, un déca, merci !

Piet retourne le carton, rien au verso, et pas de signature.

— Rien de mal à cela…Quelqu’un pense que depuis ces dernières années, tu n’as pas changé, tu es toujours aussi jolie, voilà tout ! Tu ne dois pas mener une enquête policière pour ces trois mots ! Qui disent la vérité…Tu es toujours aussi jolie ! Une jolie frimousse !

— Oui, tu as raison, je deviens parano…Mais il n’y a pas que ça !

— Oh la, du calme ! Tu débarques dans la ville après plusieurs années d’exil…Et il t’arrive déjà des trucs…C’est vrai que…

Et de grandes vagues de tristesse traversent le bleu de son regard. Piet a passé de longues soirées avec Marcus et Virginia, et il a aussi partagé leurs projets, toutes ces heures de folie…

— Je devine à qui tu penses…Moi aussi, je ne cesse de penser à Marcus ! Piet, Marcus est-il mort ?

— Tu rigoles ou quoi ?

— Non, je ne rigole pas, justement…

En deux secondes, Virginia flanque sous le nez cette fameuse photo, celle où le visage de Marcus est presque visible. Piet ne lâche pas l’appareil. Il pâlit et reste muet.

— Alors, troublant, pas vrai ?

— Ça ne veut rien dire, ce n’est qu’un visage aux traits vraiment très flous, parmi la foule...

— Je suis folle, c’est ça ?

— Non, je n’ai pas dit ça…Ecoute, Virginia…Tu veux venir chez moi, ce soir ? On sera plus à l’aise…

— Si tu veux, ce sera mieux qu’ici, oui. Tu habites toujours cette rue coupe-gorge, derrière le boulevard Tirou ?

— Non ! J’habite rue Léon Bernus, numéro 68 !

— Ok, je vois très bien…

A ces mots, Virginia sent son cœur chavirer. Depuis son retour au pays, rien ne lui sera épargné.

Ce soir-là, Virginia se rend au 68, rue Léon Bernus. Une ancienne maison de maître, juste à côté des maisons que Marcus et elle désiraient acheter afin de les aménager en salles d’expositions. La porte est entr’ouverte…

— Piet ?

— Piet n’est pas encore arrivé, mais rentre, première porte à gauche…

Virginia hésite, son cœur bat la chamade, cette voix…Non ! Ce n’est pas possible ! Virginia se sent paralysée, elle pousse doucement la porte…

— Oh, Marcus, j’en étais certaine !

Après de longues, de très longues embrassades, vient le temps des explications…

— Marcus, ta tombe, pourquoi ces mystères, pourquoi, pourquoi ne m’avoir rien dit ! Comment cela se peut-il ? J’ai tellement souffert !

Marcus s’assoit sur le canapé et entraîne sa belle…

— Juste avant de te rejoindre, j’ai plongé dans la Sambre pour sauver un pauvre type, mais trop tard, il s’est noyé. Mon père s’est arrangé pour reconnaître le corps du type comme étant mon propre corps, afin que je disparaisse pour toujours…Cela l’arrangeait. Moi aussi… Je ne voulais pas que tu vives ta vie avec un con de ma trempe, tu méritais mieux. Mais tu vois, j’ai bossé dur, sous une autre identité… Piet m’a aidé ! On vient d’acheter cette baraque, ce sera une salle d’expos…La semaine dernière, je t’ai vue, tu sortais de ton immeuble. Voilà, tu sais tout.

Virginia reste silencieuse. Elle pose sa tête contre la poitrine de Marcus. Quelque chose vient cogner contre sa joue. De la poche de son mec à elle, elle sort un gros marqueur fluo. Couleur rose bonbon.

FIN

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

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"Toujours aussi jolie", épisode 3, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin

27 Septembre 2014 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Feuilleton

Episode III : Trois mots, pas un de plus

Ses pas l’amènent jusqu’à la rue de Marcinelle et puis vers le quai de Brabant. Elle se demande alors pourquoi elle fait ce détour pour se retrouver là, à quelques pas de la place Buisset. Le hasard ? Croiser des gens, détecter des visages, revoir Marcus ? Inconsciemment, c’est ça, oui, c’est bien ça. Marcus revit en elle, minute après minute. Quai de Brabant, Virginia s’attarde devant la maison du Hainaut et puis, un peu plus loin, elle remarque un groupe de touristes, ce sont des Japonais, ils ont le regard braqué sur des travaux de démolition et leurs appareils-photos surchauffent à plein tube. Au milieu d’eux, un guide explique qu’ici même, une fois la banque nationale rénovée, un haut lieu culturel verra bientôt le jour. On sait déjà que Yolande Moreau sera la marraine de ce temple cinématographique, ce ne sont donc pas que des promesses ! Virginia reconnaît le guide. Oh oui, c’est lui, cette dégaine, cette gueule moqueuse et provoc, c’est bien le Piet. Piet, ex-taulard, ex-drogué, un pote avec qui Marcus et elle remodelaient le monde…Virginia ne peut s’empêcher de prendre des dizaines de clichés, elle matraque de son flash tous les visages qu’elle croise, même ceux des Japonais. On n’sait jamais…

Piet, elle s’en approche en ne désarmant pas son appareil. Dix ou douze clichés de Piet à chaque pas.

— Virginia ? Virginia ? répète la voix avec un accent flamand.

— Piet!

— Virginia ! Si je m’attendais ! continue-t-il, le sourire aux lèvres.

— Oh Piet ! Piet ! Tu n’as pas changé, ton long manteau de cuir noir...Dis-moi, quelle reconversion mon vieux ! Ça te change de faire la manche sur le pont Baudouin ! Te voilà guide pour la ville de Charleroi ! Tu vois, l’art mène à tout !

— C’est juste pour faire visiter les ruines ! Non, je rigole…Je m’occupe, tu vois…L’art ne paie pas, tu sais bien…Virginia, si tu es libre, on peut boire un verre ensemble, depuis tout ce temps…Mes japonais s’impatientent…Ils n’ont que deux heures à passer ici et ensuite, ils filent vers la capitale ! Dans une heure à La quille, ok ? Tu as le temps ?

— Bien sûre que j’ai le temps ! La quille, c’est rue de Marcinelle, si mes souvenirs sont bons ?

— Bongo !

— Bingo, Piet, bingo !

— Je dis ça exprès, tu te souviens pas de mes conneries à la flamande ?

Virginia est ravie et pour un peu, elle oublierait pourquoi ce petit vent printanier lui pique les yeux. Tout se bouscule tellement, son retour dans cette ville, le visage de cet inconnu qui se confond avec celui de Marcus, et à présent, voilà qu’elle rencontre par hasard ce Piet. La vie prend de ces tournants parfois, comme c’est étrange. Virginia ressent en elle de grands remous, elle pressent, comme si des milliers d’antennes plantées dans son corps faisaient écho avec l’univers en entier, que des changements surviendront bientôt dans sa vie. Un nouvel amour ? Qui sait ? Après tout, être fidèle à un fantôme comporte des avantages, mais aussi, hélas, des inconvénients. Parfois, le soir, la solitude est écrasante…Elle se dit que finalement, ces photos insolites viennent pimenter son destin, que rien n’arrive par hasard, que ce hasard n’existe pas, qu’il n’est que le reflet de nos pensées…

La silhouette de Virginia s’infiltre dans ces rues étroites, ce labyrinthe situé entre le quai de Brabant et le centre-ville, dans lequel viennent se perdre des individus à la recherche d’une fille ou l’autre. Elle tape un œil vers la rue François-Joseph Navez et, au fur et à mesure qu’elle respire les poussières de Charleroi, de grands projets viennent claquer dans son esprit.

— Un mazout, merci ! lance-t-elle au garçon derrière le comptoir.

Virginia jette un œil sur son gsm et se dit que de toute façon, personne ne la contactera. Ses amis de New-York l’oublieront bien vite et ici, qui pourrait l’appeler ? A part le proprio …

Le visage de Marcus réapparaît devant ses yeux, elle sort de sa poche son appareil-photos et elle ne peut s’empêcher de fixer la troisième photo. Qu’elle zappe, se disant que tout cela devenait obsessionnel. L’enveloppe de tout à l’heure est sortie en même temps que l’appareil-photos. Elle l’ouvre. Stupeur ! Non timbrée, et…

Virginia reste bouche bée. Elle avale deux longues gorgées du mazout que le garçon vient de déposer sur la table. Est-ce possible ? Dans l’enveloppe, un carton sur lequel sont inscrits trois mots. Trois mots, pas un de plus. En lettres capitales et au marqueur fluo rose bonbon :

Toujours aussi jolie

Fin épisode 3

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

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