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Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)

Publié le par christine brunet /aloys

Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru  dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)
Un article sur "Sérénade à la vie" de Bernadette Gérard-Vroman paru  dans Le Courrier (édition Mouscron-Comines)

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Le rayonnement éphémère, un poème de Salvatore Gucciardo dans Magie Poétique

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le rayonnement éphémère

 

L’œil du cyclope

Lorgne le papyrus

Coucher sur le sable

 

Les rêves

S’acheminent

Vers les sarcophages

 

L’éclat éphémère

Triomphe

Sur les écrans

Du monde

 

Tous les chemins

Aboutissent

Au cimetière

Des éléphants

 

On ignore

Le rayonnement

Du soleil

Qui se cache

Dans l’antre de l’âme

 

L’image volubile

Nous invite

Aux voyages artificiels

On étouffe

La flamme sacrée

Pour un terrain

De jeux

 

L’homme se réfugie

Dans le musée

Du carnaval

Pour s’offrir

Des habits

De parade

 

SALVATORE GUCCIARDO

 

Publié dans Poésie, articles

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André Elleboudt et sa vision de l'écriture...

Publié le par christine brunet /aloys

Pourquoi écrire ?

J'ai toujours aimé écrire. Je crois que je n'osais pas me dire, alors je m'écrivais, je me décrivais et j'étais mon seul lecteur. Je découvrais qui j'étais.

J'aime les mots, papa était un grand joueur de mots, il faisait rire. Je lui ai pris ce goût aussi pour les mots qui font rire, j'aime faire rire, j'ai le sentiment de créer une ambiance, une atmosphère par le rire.

Et puis j'ai découvert que les mots était une belle manière de me dire sans le dire directement. Et aujourd'hui encore j'ai beaucoup de mal à laisser ma belle regarder par-dessus mon épaule alors que j'écris. Le moment de l'écriture est celui de l'intimité. Je suis chez moi. En moi.

 

Et pourquoi écrire sur son mal être ?

Parce que cela me permet de prendre connaissance de moi, de cette facette difficile à vivre. Quand j'écris sur mes douleurs, sur ma souffrance, je me vide d'une certaine manière de ce que j'ai du mal à supporter. Et me le dire en l'écrivant est salutaire. Ces mots sont un miroir, sans pudeur, sans faux-fuyant. Je me dis qui je suis car j'ai découvert que m'éviter, m'ignorer est l'autoroute vers la déconstruction, comme si je me refusais, si je refusais mon image, ma réalité.

 

Que reste-t-il de la vie ?

De deux choses l'une. Tu rames et tu te plains, t'enfonces, te subis, te détruis. Ou tu rames, découvres tes errements, t'enfonces mais refuses de plonger (mais pas toujours !). Ce qu'il reste de la vie, de ma vie, c'est ce que je décide d'en faire jour après jour : me savoir souffrant, m'accepter perdu, vivre ma solitude (on est seul quand on a mal), vouloir me relever parce que d'autres sont autour de moi et qu'elle en vaut la peine, et qu'ils en valent la peine, parce que sans elle, sans eux, où serais-je ? Quand, dans le livre je me pose la question "Bon, et maintenant je me flingue ?", ce n'est pas une image.

 

La fin de quelque chose ?

La fin de celui que je connais et le périple sans GPS vers celui que j'ignore et que je souhaite rencontrer et connaître. C'est une sacrée histoire de devenir un autre que celui avec qui j'ai vécu pendant cinquante ans. La maladie, ma maladie, c'est un enfer.

 

 

Vous écrivez …

A l'abri d'un donjon

Vivait jadis un con

Qui, hébété couillon,

Croyait être un dragon.

 quel est le sens de ce quatrain ?

J'ai vécu cinquante années de bonheur, de bien-être, d'insouciance, d'hébétude sans connaître vraiment la valeur de la vie que je menais, de ce bonheur qui me fréquentais sans réellement percevoir ce qu'était ce bonheur, ce bien-être, cette santé. Et puis, soudain, le clash, la baffe, le tremblement de l'être, petit à petit, insidieusement, en profondeur, inconnu. Je croyais être et n'étais plus grand chose, capable de grand-chose, rêvant de grand-chose, …

 

Publié dans présentations

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"Pas grand-chose", une poésie signée Patrick Beaucamps extraite de son recueil "En chemin jusqu'ici"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Pas grand-chose

 

Le plus souvent ça arrive,

sans qu’on ne s’y attende.

 

Une pensée timide,

à peine palpable,

mais qui bien vite se transforme en idée.

 

Une bonne idée même,

à laquelle on cogite.

 

Petit à petit,

des mots se dévoilent,

des phrases s’ajustent sur le papier.

 

Mais il ne faut pas grand-chose 

pour que le rythme se brise

et que l’émotion s’évanouisse.

 

Il suffit que

le passé vous rattrape,

le présent vous réclame,

le futur vous inquiète.

 

Et tout est à refaire.

Publié dans Poésie

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Cyriaque Maixent Ebenga nous propose l'introduction de son essai d'éthique politique "Reconstruire le Congo-Brazzaville : une approche contractualisée"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

INTRODUCTION

 

 

 

D’un Congo à l’autre.

 

La décennie 1990-2000 représente pour le peuple congolais l’espoir d’abord, puis la tragédie. Il voit la chute du parti unique « révolutionnaire » avec ses travers, suscitant ainsi d’immenses espoirs ouverts par les perspectives démocratiques. Il voit les défaillances d’une démocratie pervertie qui, à la place d’échanges d’idées et de discussions de programmes de sociétés, engendre des guerres civiles. Ces guerres sont d’autant plus dramatiques, que les armes utilisées sont à la fois sophistiquées (armes d’exterminations massives, aviation, …) et pernicieuses (viol, ethnocide, …). Mais ces guerres sont menées à travers de milices et de mercenaires. Aussi, les conséquences ne facilitent-elles pas la réconciliation, aujourd’hui nécessaire au pays : extermination, destruction de matériel (l’infrastructure, exceptée l’industrie pétrolière), hypothèques sur les richesses minières et pétrolières du pays, exode, haines interethniques, retour à des situations d’avant indépendance. Dans ce contexte, il n’est pas difficile de comprendre l’échec de nombreuses tentatives officielles, ou officieuses, de réconciliation et donc le scepticisme des bonnes volontés. Et pourtant, la cérémonie de réconciliation et « du pardon » qui avait clôturé la Conférence Nationale Souveraine avait laissé espérer la fin de pratiques anachroniques au profit du respect des droits de l’homme, et naturellement le développement national. L’échec de ces espoirs est tel que le dialogue national sans exclusive lancé par le président Denis sassou nguesso au mois de mars 2001 n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme mais a nourri quelques espoirs, auxquels le peuple congolais veut encore s’accrocher.

Alors se posent quelques questions.

Etait-il sérieux de faire espérer inutilement tout un peuple ?

Etait-il responsable de réunir, autour d’une table, un panel non représentatif de l’ensemble des sensibilités ? Etait-il opportun, en cette période, en ce lieu, et avec ces hommes, dans ces conditions, de tenir ce dialogue national « sans exclusive » certes utile, mais dont toutes les conditions de réussite ne semblaient pas réunies loin s’en faut ?

Mais une fois tenu ce dialogue, il importe plutôt d’en tirer les enseignements et de mettre en œuvre les décisions adoptées. Ainsi les espoirs de ce forum devraient-ils être consolidés par les autorités et par toutes les parties, afin de sceller le pacte de la réconciliation nationale qui soulagera les peines individuelles et collectives endurées moins non encore pardonnées.

Dans cette optique, il est impérieux pour toutes les parties en conflit – toutes tendances confondues – de s’atteler à la concrétisation de ces lueurs d’espoir dans l’intérêt du peuple congolais tout entier eu égard aux ressources importantes utilisées à cet effet. N’est-ce pas là que commence le patriotisme tant proclamé, patriotisme qui n’est du reste le monopole de personne.

Si, par orgueil, chacune des parties belligérantes refusait de faire le pas décisif susceptible d’amorcer le dialogue, les perspectives s’assombriraient alors et les bonnes volontés pourraient se décourager, compliquant davantage le règlement. Alors refuser de coopérer serait fuir ses responsabilités politiques et morales, tandis que persister dans la violence serait entretenir le crime. Il faut donc passer outre son orgueil et croire en une fin prochaine de l’hostilité et à la réconciliation. Car faut-il être assuré du succès pour entreprendre ? Et quel mérite y-a-t-il à attendre que toutes les conditions de réussite soient réunies pour œuvrer ?

 

Aussi, ce travail ne doit-il pas être laissé à la seule charge des autorités, chacun en ce qui le concerne doit apporter sa contribution quelque modeste qu’elle puisse être. C’est dans cette perspective que la présente réflexion s’inscrit.

Ce n’est ni un canevas de travail, ni une solution, dans la mesure où nous ne connaissons pas les grands contours de cette violence interethnique récurrente. Cette réflexion est peut-être naïve, mais elle est sincère et charitable sans aucun doute. C’est surtout un espoir, notre vœu le plus cher, que notre pays s’oriente résolument vers l’utilisation judicieuse des richesses humaines et naturelles nationales au profit du plus grand nombre de personnes.

Du point de vue de sa structure, l’ouvrage comprend six parties de manière à envisager les principaux aspects de cette situation dramatique dont il semble impossible de sortir, du moins à court terme.

Dans le premier chapitre, nous présenterons, en premier lieu, le cadre spatio-temporel avec un bref aperçu sur sa géographie et l’importance de l’ethnographie au Congo. En second lieu, nous envisagerons d’abord les mouvements messianiques, dont le plus important a été le Matsouanisme du nom de son fondateur Matsoua ; ensuite, l’histoire politique du Congo marquée par la création des partis d’obédience européenne et africaine qui, au cours de leur évolution, ont connu un nombre sans cesse croissant de drames, notamment des affrontements interethniques et partisans de 1959.

Dans le deuxième chapitre, comme le drame se passe davantage à Brazzaville, nous ferons d’abord une incursion dans les principaux quartiers de la capitale, ensuite nous ferons une rétrospective des journées qui ont conduit à la chute du régime Youlou.1 En troisième lieu, nous envisagerons, avant d’analyser la crise congolaise qui s’est traduite par les guerres ethniques de la décennie 1990, d’examiner le caractère ethniciste des pratiques et arguments des politiciens. Nous verrons alors que de tels comportements ne pouvaient déboucher que sur des massacres, exécutés par de milices particulièrement conditionnées. Et pour comprendre cette situation, nous nous sommes interrogés sur l’importance du cœur dans la tradition congolaise.

Dans le troisième chapitre nous examinerons les aspects théoriques des affrontements, les tactiques et les stratégies d’élimination des populations, pratiques traumatisantes pour les survivants. Après cette réflexion, nous envisagerons dans le quatrième chapitre les conséquences tragiques de ces guerres, dans ces pratiques d’une part (recours systématique aux tortures, hypothèque des ressources en vue d’armer les milices et mercenaires, viols, tueries, harcèlements, corruption,…) ; et d’autre part des points de vues politique, social, économique, culturel, financier, militaire,…

Ces questions déboucheront sur l’impérieuse nécessité de réconcilier ces communautés ethniques qui se sont affrontées de façon violente. C’est l’objet du cinquième chapitre. Et pour cela, nous envisagerons la question incontournable de la vérité sur les différents évènements, comme préalable au pardon. Nous examinerons, dans cette perspective, la réconciliation du point de vue des religions (Bouddhisme, Christianisme, Islam, Judaïsme, religion traditionnelle africaine.) Car, une fois la réconciliation amorcée, il conviendra de l’accompagner et de la préserver.

Quelques aspects sont examinés enfin dans une perspective salvatrice : lutter contre la culture d’impunité, la corruption, la prolifération des armes légères et envisager la démocratie en terme d’exigence, de respect des droits, mais surtout de respect des engagements pris!

Mais comme une paix sans perspective heureuse ne saurait durer, le développement de notre pays se fera grâce à la contribution individuelle et collective de chaque citoyen, de chaque groupe. Il faut alors un élément fédérateur pour construire ou reconstruire la nation du « Congo de l’espoir ». Dans cette perspective, je reste convaincu que notre histoire commune et notre patrimoine culturel, matériel et immatériel seront assurément plus utiles que toutes les richesses, objet de toutes les convoitises malheureusement.

Aussi, nous envisagerons enfin la reconstruction à partir des fondements existants dans un premier temps. Dans un second temps, nous circonscrirons le cadre en y mettant des garde-fous aux leviers du développement de manière à changer la progression de la destruction en disposition favorable transformant les rêves en problèmes pour la pensée et en énergie pour l’action. C’est à cela que nous nous emploierons dans le sixième chapitre.

Nous terminerons par quelques réflexions encourageant les différents acteurs congolais à renoncer à la violence, au profit de la concertation, en invitant les fils de ce pays à éteindre complètement les sources de tension. 

Pourquoi cet ouvrage, alors qu’il en a déjà bon nombre parmi lesquels d’excellents ?

D’une part parce qu’il est le cri du cœur d’un citoyen sans engagement partisan, vivant une espèce d’exil forcé à l’étranger. Il a perdu de ce fait ses racines, ses certitudes jusqu’à ses espoirs. Il ne comprend ni les logiques de ces guerres, ni leurs motivations profondes, ni leur finalité. Il essaie donc de comprendre. Il s’exprime de façon interrogative et populaire.

D’autre part, parce qu’il traduit un espoir fou et non une désespérance. Et si ces raisons ne suffisaient pas, j’ai un besoin de sentir ma terre natale, quelle que puisse être la douceur de l’exil, malgré la compassion et la sollicitude de nos frères africains en particulier, et des autres hôtes qui supportent tant bien que mal notre fardeau.

Publié dans présentations, Textes

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L'arrangement, une nouvelle signée Micheline BOLAND !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

L'arrangement


 

Paul a trente ans, il est peintre. C'est un jeune homme élancé, à l'abondante chevelure noire et à la barbe bien taillée. Il a choisi de s'installer à la campagne pour vivre près de la nature. Il désirait dénicher une maison au bout du bout du pittoresque village où habitait sa grand-mère. Il pensait vivre là à l'abri de toutes les tentations du dehors, dans la douceur apaisante des chants d'oiseaux et des fleurs sauvages. Hélas, la seule maison qui lui convenait, à deux pas d'un joli petit bois, à trois kilomètres du centre, était située à côté d'une autre qui lui ressemblait d'ailleurs beaucoup ! C'étaient deux bâtiments en pierre du pays, aux volets blancs. Une simple clôture de fil séparait les jardins des deux propriétés. Après réflexion, malgré l'inconvénient, Paul se lançait dans l'aventure et achetait la maison.


 

La seule voisine de Paul s'appelle Joséphine. Joséphine, une institutrice retraitée, est une vieille dame tout en rondeur, sympathique à l'éternel tablier bleu impeccablement repassé et à l'imposant chignon gris. Jusque-là Paul n'échange avec elle que quelques salutations et banalités à propos de la météo. Mais un jour, Joséphine tombe dans son jardin. Paul, qui peint dehors, vient aussitôt à son secours. En l'aidant à se relever, il découvre avec étonnement jupon brodé, culotte en dentelle et porte-jarretelles d'un autre âge. Joséphine a ses coquetteries secrètes qui amusent beaucoup Paul. La chute ne laisse à première vue aucune séquelle si ce n'est un certain embarras de Joséphine qui murmure en rougissant : "Jeune homme ne dites à personne ce que vous avez vu, que cela reste entre vous et moi."


 

Rien de bien grave donc, plus de peur que de mal, mais voilà Joséphine qui ne se sent plus très sûre sur ses jambes et hésite à se rendre encore au village. Elle pourrait s'aider d'une canne pensez-vous sans doute ? Eh bien non, Joséphine estime que c'est la chose qui lui ferait à coup sûr prendre un sérieux coup de vieux… "À quatre-vingts ans, on n'est pas encore vieux !"


 

Joséphine demande dès lors de plus en plus souvent l'aide de Paul pour quelques menus services. Un jour, elle ose : "Dites-moi combien je vous dois pour le nettoyage de mes vitres ?


 

- Écoutez Joséphine, j'ai réfléchi. Je vous donne des petits coups de main. Vous m'avez déjà demandé l'une ou l'autre fois combien vous me deviez. Je vous ferai aujourd'hui une réponse identique : rien du tout, c'est avec plaisir !


 

- Rien ce n'est pas grand-chose. Je n'ai jamais vu quelqu'un remplir son sac à provisions ou son assiette avec des riens.


 

- Eh bien là ! Vous avez parlé d'assiette et ça m'a donné une idée ! Je viens à l'instant de trouver une façon comme une autre de me rétribuer. Prenons nos repas ensemble, chez vous. En tout bien tout honneur, évidemment. Pas de chichi entre nous. Juste votre cuisine habituelle. En contrepartie, je fais vos courses, je nettoie de temps en temps et continue à faire les petits bricolages. Ça m'arrange, plus de soucis de menu. Et vous aussi, je suppose que ça vous convient ?


 

- Évidemment que ça me convient. Comme je suis contente ! Je ne mangerai plus seule et surtout je n'aurai plus l'impression d'abuser de vous !"


 

C'est ainsi que Joséphine et Paul mangent ensemble quasiment chaque jour. Les gens jasent, mais laissons les jaser ! Paul est agréablement surpris du résultat qu'obtient Joséphine avec quatre carottes, quatre pommes de terre, des tomates et des basses côtes d'agneau. Avec du pain rassis et une pomme, elle réalise un pain perdu comme il n'en a jamais goûté. Quatre œufs, des oignons et voilà une omelette baveuse et irrésistible. Elle prépare des pets de nonne, des cerises à l'alcool, une tourte aux épinards et tomate de chèvre, et c'est toujours succulent. Parfois bien entendu, le pigeon est trop cuit ou l'entrecôte pas assez, parfois l'assaisonnement est trop banal. Mais qui est parfait ? D'ailleurs le plus souvent Joséphine admet ces petits défauts et s'en excuse ! "J'étais distraite, Paul ! Je suis désolée, mais je ne suis pas la bonne du curé !" Joséphine s'est découvert une nouvelle passion pour la cuisine et Paul prend conscience qu'il devient un fin gourmet.


 

À quoi rêve Paul tandis qu'il pédale pour se rendre au village ? Au sujet de sa prochaine œuvre ? À sa prochaine exposition ? Pas nécessairement. Il rêve de mousse au chocolat noir, de tarte à la rhubarbe, de gaufres à la cannelle… Parfois Paul prend des initiatives : il achète des asperges plutôt que les salsifis attendus ou ramène des épices nouvelles. Il fait entrer chez Joséphine des produits inconnus d'elle, du sucre de canne et de l'anis étoilé.


 

Et Paul grossit. Un kilo à la fois, ça ne se remarque pas trop, mais ça compte malgré tout ! Paul a changé les thématiques de ses œuvres. Il se met à peindre des natures mortes faisant évidemment la part belle aux fruits, légumes, volailles, pains et gâteaux. Désormais, Paul conseille Joséphine. Il lui a même offert un livre de cuisine. Tous les mardis à onze heures, sur les recommandations de Paul, Joséphine écoute religieusement l'émission "La cuisine de Mamy Chantal".


 

Quand Paul se rend au village, il rencontre souvent quelqu'un qui lui demande des nouvelles de Joséphine.


 

Un jour, c'est le curé : "Tiens Paul, comment va Joséphine ces derniers temps ?


 

- Oh, Monsieur le Curé ! Je dirai simplement que ces derniers jours, Joséphine est au sommet. Disons que je lui donnerai neuf sur dix."


 

Un autre jour, c'est le bourgmestre : "À propos de ta voisine, Paul, comment ça se passe pour elle ?


 

- Pas terrible. Elle me semble tout juste dans la petite moyenne. Hier, je lui aurais donné six sur dix."


 

D'autres jours, d'autres questions, d'autres cotations. Drôles de réponses, mais chacun imagine que Paul juge ainsi l'état de santé ou le moral de Joséphine. Moi qui suis dans le secret, je vais vous dire de quoi il retourne. Quand il annonce "cinq sur dix", c'est que le repas du jour n'a pas été merveilleux. "Neuf sur dix"? La crème de cresson de la veille était superbement assaisonnée.


 

Ce que cette histoire ne dit pas c'est que Joséphine, elle aussi, jugeait Paul : "Il a lavé les vitres en dépit du bon sens. Il ne mérite pas la moyenne ! Par contre il m'a fait connaître les escargots à l'ail, c'est vraiment succulent, c'est une très, très bonne idée : dix sur dix !"


 

Ce que l'histoire ne dit pas non plus c'est qui a commencé à noter l'autre !


 


 

Micheline Boland

 

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Le destin créateur, un poème signé SALVATORE GUCCIARDO dans la revue "Magie Poétique"

Publié le par christine brunet /aloys

Le destin créateur, un poème signé SALVATORE GUCCIARDO dans la revue "Magie Poétique"

 

Le destin du créateur

 

L’heure troublante

Échafaude

Une trajectoire

Le repli sur soi

Est un coquillage

Sans écho

 

La demeure du créateur

Est un tour fragile

Sa racine

Est l’âme du monde

Son cœur

Un mur de lèpre

 

Les écailles de la terre

Couvrent

Ses espaces intérieurs

 

Le tourbillon du temps

Alimente son inspiration

Le dragon abyssal

Lui injecte le venin

De la sève universelle

 

 

SALVATORE GUCCIARDO

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Réveillon, une poésie de Patrick Beaucamps extraite du recueil "En chemin jusqu'ici"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Réveillon

 

Nous décomptons les douze coups et unissons nos lèvres.

Tandis que nous buvons nos coupes de champagne,

des feux d’artifice éclatent un peu partout dans les rues.

Des chiens aboient et quelques fêtards passent en chantant.

Nous sourions en voyant notre fils qui somnole sur la table.

 

Je songe soudain à une vieille photographie de mon père

où on le voit fêter la Saint-Sylvestre avec des collègues.

En bleu de travail et chemise à carreaux, il tient d’une main

un cigarillo bon marché, et de l’autre une bouteille de bière.

Jeune ouvrier du bâtiment, c’est une force de la nature

et il semble invulnérable ainsi accoudé au bar.

Un homme audacieux qui sourit pour sa postérité.

 

À présent, c’est notre dernier réveillon qui me revient.

Alors que nous cuisons notre viande sur la pierre,

je regarde discrètement ses mains qui tremblent.

Il me sourit crânement mais ses yeux embués le trahissent.

A minuit, il me tombe dans les bras en sanglotant

et me dit que c’est dur de ne plus pouvoir subvenir

aux besoins de sa famille. Je le rassure en lui disant

que tout va s’arranger avec cette nouvelle année.

 

Papa, désolé aujourd’hui de m’être trompé.

Publié dans Poésie

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"Fractures", le nouveau roman de Laurent Dumortier dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

"Fractures", le nouveau roman de Laurent Dumortier dans l'Avenir.net
"Fractures", le nouveau roman de Laurent Dumortier dans l'Avenir.net

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Vivre dignement et libres… une poésie signée Marie-Noëlle Fargier !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Vivre dignement et libres…


 

Un ciel blanc

Une multitude de sombres passants

Qui passent et passent et passent

Où vont-ils ?

Juste là quelque temps

Sur un grand boulevard

Les pieds brulés d’asphalte

Sans une infime halte

Horde de zombis hagards

Là, au hasard contrôlé des puissants avatars

Les yeux rivés sous l’horloge du temps

Défiant l’immuable Chronos !

Seulement un instant, une pause

Où les destinées se croisent

Et se croisent, et se croisent, et se croisent

Croire que l’une d’elles éclairera une fin ?

Non, seulement l’épilogue d’un passage

Ils courent, ils courent et ils courent

Après le temps, après l’argent…


 

Derrière ce bataillon

Traîne un arc en ciel d’estropiés en haillons


 


 

Deux ou trois se figent

Les attendent et soutiennent

Béquille lilliputienne

Puis, ils sourient, lèvent la tête au soleil levant


 

D’une idéologie prodige,

Ils sont les partisans

De rêves ingénus

D’une terre osée et crue

S’accouplant d’heures diluviennes

D’un après fort et voulu

Piétinant les doctrines béotiennes

Fracassant les portes, portails et fenêtres

Faussement ouvertes

Au verso des papiers chiffons

Imprimés dans nos cerveaux caméléons


 

Seront-ils les porteurs d’un monde nouveau ces deux ou trois…défiant les avatars ?

Avec pour seule loi : VIVRE DIGNEMENT ET LIBRES !


 


 

Marie-Noëlle Fargier

 

 

Publié dans Poésie

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