Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Carine-Laure Desguin nous propose un texte écrit pour la revue Aura...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Merci à Sophie De Baets pour la lecture tellement pro de mon texte Lettre à Swan.

   Et comment pourquoi où avec qui et tutti quanti, me demanderez-vous ?

   Oh, les choses se font tout simplement, parfois. Sophie De Baets, je l’ai rencontrée lors du Salon du Livre de Charleroi (Alchimie du Livre 2019) et puisqu’elle anime (je n’aime pas trop ce mot mais il me permet de ne pas trop détailler) ce blog https://www.histoiredevie.art/  avec quelques amies et que pour la rubrique Voix de confinement, on pouvait envoyer un texte, vous devinez la suite.

   Lettre à Swan, parce qu’il faut les dire, ces choses-là. Ces manquements, ces incohérences ne peuvent rester lettres mortes. Lettre à Swan, c’est une fiction, oui. Mais la réalité est-elle très loin ?

   Lettre à Swan, texte écrit voici quelques jours pour la prochaine revue AURA et qu’en attendant de lire vous pouvez donc écouter ici :

https://www.histoiredevie.art/voix-de-confinement/lettre-swan-texte-crit-et-propos-par-carine-laure-desguin-lu-par-sophie-de-baets  

Publié dans ANNONCES

Partager cet article

Repost0

Carine-Laure nous propose un texte qui dépote "Debbie Malocke au JT de 13 heures ce mardi 31 mars"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Debbie Malocke au JT de 13 heures ce mardi 31 mars

 

Ce mardi 31 mars, Debbie Malocke, ministre de la santé, est interviewée via webcam, distanciation oblige,  au JT de 13 heures par Francis le Brigand. 

- Madame la Ministre, bonjour. Vous êtes très occupée, nous nous en doutons, et nous vous remercions pour cette intervention dans notre journal de 13 heures. Première question si vous le permettez, quel bilan tirez-vous à ce jour de cette pandémie dont le responsable est le Coronavirus ?

- Bonjour à tous, eh ben, le bilan est très bon. Le Covid-19 atteint spécialement les personnes âgées et à ce jour, plusieurs centaines de personnes de plus de septante ans ont succombé. Un chiffre qui sera revu à la hausse ces prochains jours, c’est ce que mon collègue des pensions espère également.

- Madame la Ministre, ce commentaire ne vous gêne pas ?

- Ah ben non, la vérité, il faut l’avouer, n’est-ce pas, moi je dis toujours la vérité ?

- Oui, évidemment. À propos de ce bilan, mettriez-vous d’autres éléments en évidence ?

- Ah ben bien sûr, monsieur le Brigand. Cette situation catastrophique provoque des états très dépressifs car les actualités sont de plus en plus anxiogènes, cela s’explique de cette façon-là. Et de ce fait, les demandes d’euthanasie ne cessent d’augmenter. C’est très bien aussi, cette hausse de demandes d’euthanasie.

- Madame la Ministre, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi cette hausse de demandes d’euthanasie est pour vous quelque chose de positif car je ne suis pas certain que tous nos téléspectateurs comprennent bien votre raisonnement.

- Monsieur le Brigand, cela signifie que le citoyen pense qu’il sera difficile de se soigner à l’avenir, très difficile même. Alors, à quoi bon vivre ? Les personnes seules et isolées qui ont accès aux réseaux sociaux et aux journaux télévisés, croyez-vous qu’elles ont encore le désir de vivre ? Je sais plus si on dit qu’elles ont ou qu’elles aient mais qu’importe, je suis Flamande, ne l’oubliez pas, ah ah ah ! Qu’elles soient âgées de plus de septante ans ou pas, ces personnes-là n’ont plus le goût de vivre, c’est bien normal. Et là, je félicite tous les journalistes, car toutes leurs interventions et toutes ces images d’hôpitaux débordés, de soignants sans masque surtout dans les maisons de repos qui doivent sacrifier des vies, tout cela contribue à la démoralisation de nos citoyens. Je sais pas si démoralisation existe en français mais c’est pas zimportant n’est-ce pas ? Ah ah ah, un peu d’humour à la belge, ça fait du bien de temps en temps, il faut rire encore.

- Madame la Ministre, soyons pragmatiques. Un citoyen lambda qui se sent inutile, isolé et j’en passe, que peut-il faire afin d’aider au mieux notre sécurité sociale ?

- Ceci est une très bonne question. Vu l’affluence des demandes ces derniers jours de ces demandes d’euthanasie, excusez-moi j’ai dit deux fois le mot demande mais ce n’est pas grave actuellement, nous avons décidé que les médecins des équipes spécialisées Covid-19 étaient trop nombreux sur le terrain et surtout inutiles puisque la plupart des gens atteints mourront. Et donc ces médecins sont obligés de regagner les unités dites d’euthanasie express. Les formulaires de demandes sont aussi en ligne, vous envoyez ça avec vos nom prénom et date de naissance pour éviter les erreurs ah ah ah et puis tout sera rapide et surtout vous offrira une mort très propre et très rapide. Sans souffrance, donc. Et cela, c’est gratuit pour chaque citoyen.

- Madame la Ministre, merci pour toutes ces informations. Vous désirez ajouter d’autres précisions ?

- Merci monsieur le Brigand, je pense que tout est dit. Le principal et ça tout le monde doit le savoir c’est que cette situation est vraiment, mais alors là vraiment catastrophique. Mais rassurez-vous, si vous refusez de mourir de ce Covid-19, remplissez le formulaire mis en ligne sur le site officiel Covid-19 et une mort plus efficace et plus rapide vous sera offerte !

- Madame la Ministre, nous vous remercions pour cette intervention via webcam, nous le rappelons et nous excusons pour les quelques interférences mais nous pensons que les citoyens ont très bien compris votre message.

- Merci monsieur le Brigand et à demain si vous le désirez pour un autre bilan aussi négatif je l’espère. Ou positif, cela dépend du nombre de victimes !

 

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

 

Publié dans Textes

Partager cet article

Repost0

Jean Destrée nous présente son nouvel ouvrage "Un compte de fées"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Jean Destrée est né à Chimay, dans la Thiérache. IL vit en Thudinie. Il occupe sa retraite entre l’écriture, l’engagement dans des activités culturelles. Enseignant pendant plus de trois décennies, il a commencé à écrire en référence aux échanges avec ses étudiants. Son premier livre «Lettre à mes anciens étudiants» évoque les problèmes de société (travail, religion, armée, amour, politique). Sa profession lui a fait découvrir les lacunes de l’école de moins en moins adaptée à l’évolution de la société. Il a choisi d’inculquer à ses étudiants les valeurs de la liberté de parole et de l’autonomie de la pensée. Son engagement se retrouve dans ses écrits. Romans, essais, récits, théâtre forment son parcourt littéraire.

 

Résumé

Quand on s’ennuie, on cherche des solutions pour casser l’ennui. C’est vrai aussi chez les princes «charmants». Que faire? Les neurones du prince se mettent à bouillonner. Que va-t-il en sortir? C’est la grande question à mille écus.

 

Un court extrait

Donc ce gentil prince s’emmerdait ferme dans son grand château perdu au milieu d’un grand parc plein d’arbres, comme tous les parcs qui entourent les grands châteaux. Il fallait bien qu’il trouve de quoi passer agréablement son temps. Mais il avait beau se tourner les méninges dans tous les sens, il ne trouvait pas de solution aussi intéressante qu’intelligente. Notre gentil prince finit par se demander s’il arriverait un jour à ne plus s’emmerder. Se creuser la cervelle, se triturer les neurones à longueur de journées n’était pas une solution qui puisse le consoler de sa solitude. Il finit par perdre patience et appela vertement son majordome.

  • Hestor !

Ben oui, le majordome s’appelle Hestor. C’est drôle, une espèce de contraction de Nestor, celui du Capitaine Haddock et de Hector, celui du héros de l’Iliade de l’aède Homère, vous savez bien cette aventure guerrière entre les Grecs de Ménélas et les Troïens de Pâris, celui qui avait fait cocu le précédent en couchant avec la belle Hélène, celle D’Offenbach.

Publié dans Présentation

Partager cet article

Repost0

Joe Valeska a lu "Galinda, La forêt des Ombres" de Laurent Femenias

Publié le par christine brunet /aloys

Je n’en reviens pas d’avoir mis autant de temps à découvrir « Galinda, la Forêt des Ombres » de

, édité chez les éditions Chloé des Lys, et je dois dire que j’ai réellement adoré.
C’est en découvrant que j’avais quelques goûts littéraires en commun avec l’écrivain que je me suis (enfin) décidé à m’aventurer au cœur de cette mystérieuse forêt qui, assurément, est l’un des personnages principaux de ce roman fantasy/fantastique, lequel s’éloigne brillamment du schéma classique et des personnages habituellement rencontrés dans ces histoires… Résultat : c’est rafraîchissant. Et sans ennui à aucune page.
Il faut savoir que je suis un lecteur « lent ». Même lorsqu’il s’agit de quelqu’un dont je suis fan, comme Anne Rice, je peux mettre des semaines ou de longs mois à lire un roman. Je suis sur son dernier depuis plus d’un an et demi… J’ai lu « Galinda, la Forêt des Ombres » en moins de quatre jours. Une fois que j’ai commencé, impossible de m’arrêter !
J’ai trouvé sous la plume de Laurent Femenias tout ce que j’adore chez un écrivain. Premièrement, l’histoire est prenante et magistralement écrite. C’est fluide, et c’est quelque chose qui me semble important pour le plaisir de la lecture. Deuxièmement, les personnages sont crédibles et attachants, et nuancés. Pas de « tout noir » ou « tout blanc ». Troisièmement, et c’est ce que je recherche chez tout écrivain, homme ou femme : que sa façon d’écrire projette dans mon esprit des images cinématographiques. J’ai lu le roman, mais j’ai aussi « vu le roman ». J’ai suivi Sam Harper, le héros, comme si je traversais la forêt à ses côtés. Quelle aventure !
Ce que j’apprécie chez Laurent Femenias, écrivain, c’est aussi les références distillées par-ci, par-là. (C’est une chose que j’adore faire, moi aussi.) Il en parle d’ailleurs dans les annexes du roman qui sont très intéressantes. Mais je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir d’un lecteur ou d’une lectrice qui aurait envie de découvrir ce formidable roman.
En conclusion, « Galinda, la Forêt des Ombres » est le meilleur roman fantastique que j’ai lu depuis bien des années.
Ah ! Important pour moi, également : la notion de rédemption. J’ai aussi besoin de cela, dans un roman. C’est toujours un gros plus. Je vous le disais, j’ai trouvé sous la plume de Laurent Femenias tout ce que j’adore chez un écrivain. Alors, un immense merci à lui, et j’espère réellement en lire davantage.
J’espère que vous oserez, à votre tour, pénétrer au cœur de Galinda, et je vous le recommande :

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article

Repost0

Edmée de Xhavée a lu "Gwen, adieu...", le dernier thriller de Christine Brunet, invitée pour l'occasion sur le blog

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

J’ai acheté ce livre pour ma sœur, curieuse à son tour de découvrir cet auteur prolifique et souriante. Puis je me suis dit « et pourquoi ne pourrais-je le lire avant, hein ? »… Alors j’ai cédé, et me suis lancée à l’assaut des 368 pages, pages que j’ai avidement tournées au soleil sans me faire prier.

Je n’avais pas lu les précédentes aventures de Gwen, mais les références à ce passé (jamais oisif, on s’en doute) sont précisément expliquées quand elles se présentent, et donc ça ne pose pas le moindre problème. On songe même à y aller dans ce passé, pour en savoir plus encore.

L’histoire, je ne la raconterai pas, il serait d’ailleurs difficile d’en donner un aperçu, tant il y a de surprises, de lieux, de personnages, de multiples personnalités aussi.

Gwen est froide, oui, sans que les sentiments aient déserté son cœur. Mais elle a appris à rester carapacée, une carapace tatouée qui lui rappelle sans cesse le jour où… les gens qui… le lieu où tout a basculé. On entre dans un monde qui nous est inaccessible, sophistiqué, dur, avec sa logique, ses procédés, ses ruses, ses motivations propres. Un monde où finalement il est impossible de savoir quel sourire et tape dans le dos sont amicaux ou pour mieux te poignarder mon enfant.

On est très très loin aussi du huis-clos, alors là qu’on se prépare : on ira loin, on devra courir, se cacher, voir des horreurs, trouiller, brièvement se rassurer, baisser la tête et pas les bras, et fidèlement chercher la quête. Aimer anonymement, de loin, et en dépit du bon sens, comme on dit. Ce n’est pas l’aventure qui est au tournant, mais la mort aux aguets, les rebondissements, et les cadavres, car ils ne manquent pas… pas un temps mort, mais bien des morts. Certains finissent sous les mains d’exécuteurs cruels et ravis, d’autres sont simplement des victimes de contrat, rien de personnel mais que voulez-vous ?

Et Gwen est si rusée qu’on ne peut que l’admirer, d’être aussi peu distraite par autre chose que ses missions, de toujours trouver la parade, de si bien couvrir ses traces. Rien de banal, en plus. James Bond, le pauvre, est vraiment démodé, Gwen lui ferait honte !

Le style est rapide et très bien documenté, les personnages ont du relief, les lieux – maisons ou paysages – insolites mais vraisemblables. 

Laissez-vous séduire, 368 pages sont plus qu’un bon moment de lecture, c’est une incitation à continuer la lecture, et sans doute aussi à chercher Gwen dans son passé et les épisodes précédents !

 

Gwen, adieu…

Christine Brunet

Editons Gascogne

20 €

368 pages

 

EDMEE DE XHAVEE

 

Partager cet article

Repost0

Un article dans la presse pour Laurent Dumortier et son nouvel ouvrage "les chroniques de Baltus"

Publié le par christine brunet /aloys

Un article dans la presse pour Laurent Dumortier et son nouvel ouvrage "les chroniques de Baltus"
Un article dans la presse pour Laurent Dumortier et son nouvel ouvrage "les chroniques de Baltus"

Publié dans Article presse

Partager cet article

Repost0

Brigitte Hanappe a lu "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

J’ai envie de dire que lire « Le Transfert » m’a transférée aussitôt… Mais dans un monde burlesque !

J’ai lu très rapidement les trois actes de cette pièce de théâtre et chacune des répliques m’a permis de bien visualiser le scénario dans ma tête : j’imaginais le décor sommaire d’une chambre d’hôpital, les mimiques drôles ou pathétiques  des personnages, leurs vêtements distinctifs.

L’auteure a une imagination très pointue mais je n’aimerais pas être un des patients hospitalisés dans la clinique inventée par son cerveau bouillonnant d’effervescence.  En effet, celui qui ne correspond pas à certains critères bien déterminés, celui dont la réaction est différente de celle pour laquelle il est, en principe programmé, est envoyé carrément dans le statut d’inexistence. Un transfert  illico presto dans un monde irréel où l’humain est invisible, transparent, sans aucun ressenti ni aucun besoin. 

Bref ! J’ai passé un excellent moment et un large sourire accompagnait régulièrement ma lecture. Mais je me suis étonnée de ne pas rire aux éclats… Pourtant, me suis-je dit, c’est rigolo puisque c’est une histoire à dormir debout ?

Et bien non, justement ! Ce n’est pas une histoire à dormir debout !

Assurément, «  Le Transfert » chatouille l’esprit en nous rappelant les dérives de relégation ou d’extermination que certains régimes politiques avaient imposées autrefois et qu’on impose encore maintenant, dans certains pays. On ne peut s’empêcher de penser aussi aux oubliés de notre système social actuel.

Bravo à Carine-Laure Desguin pour cette histoire qui allie l’absurde à la réflexion ! 

 

Brigitte Hanappe

Le flou du miroir

 

Partager cet article

Repost0

Résultats du concours "Les petits papiers de Chloé" : "on peut tout fuir, sauf sa conscience"

Publié le par christine brunet /aloys

Résultats du concours "Les petits papiers de Chloé" : "on peut tout fuir, sauf sa conscience"

 

Texte 1 : Christian Eychloma  => 1 voix

Texte 2 : Micheline Boland => 1 voix

Texte 3 : Carine-Laure Desguin => 3 voix

Texte 4 : Christian Eychloma => 1 voix

Texte 5 : Séverine Baaziz

 

Le texte gagnant avec 3 voix est le n° 3 !

Bravo Carine-Laure Desguin !!!

Un grand merci également à Christian Eychloma, Micheline Boland et Séverine Baaziz toujours partants pour les concours que nous organisons !

 

Merci à tous !!!!!

Publié dans concours

Partager cet article

Repost0

Edmée de Xhavée a lu "Le silence des carpes" d'Yves Oliver

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Maria était une fillette, de celles qui rient, jouent à cache-cache, sautent à la corde, sont encore dans l’enfance comme on est dans la cour de récréation. L’avenir est inconnu mais retentira de ses joies surprenantes, accompagné de ces visages aimés et de ces bras tièdes qui consolent et soutiennent. Le national-socialisme le lui garantissait, tout comme le bon sens. C’est ainsi que se déroulent les existences des gens qui ont confiance en leur pays.

 

Jamais pourtant elle ne sera une jeune fille, ni une jeune femme. Elle sera un être mutilé de ses émotions, privé de sa vie par une erreur de zèle, un concours de circonstances, qui la mettront dans un train qui ne va pas seulement au camp Ravensbrück mais vers la mort de tout ce qu’elle avait été, et tout ce qu’elle aurait pu être.

 

Le corps saccagé dans sa chair et sa candeur, l’esprit n’obéissant plus qu’à l’injonction « survivre quoi qu’il arrive », horreurs et humiliations n’auront pas raison de l’enveloppe externe. Elle reviendra, juste un peu plus âgée que lorsqu’elle est partie. Mais tellement plus vieille, plus dure, plus lointaine, détachée, voire… sans attaches ni passions.

Des années plus tard, des vies plus tard, des années de dents et cœur cadenassés, interdisant sourires, abandons, confidences, la vengeance lui est servie sur un plateau, scintillant dans sa nuit. Elle peut dépiauter le dragon, celui qui un jour l’a éventrée quand elle était à sa merci, et éventrée encore et encore. Il est là, le souffle presque éteint, les vilains yeux rouges larmoyants, si frêle qu’une chiquenaude le ferait s’écrouler.

 

La vengeance est un plat qui se mange froid, et est incroyablement appétissant.

 

Maria… passeras-tu à table ?

 

EDMEE DE XHAVEE

 

 

Partager cet article

Repost0

Concours "Les petits papiers de Chloé" : texte 5. Votre vote en commentaire sur ce post avant le 09/05

Publié le par christine brunet /aloys

Concours "Les petits papiers de Chloé" : texte 5. Votre vote en commentaire sur ce post avant le 09/05

La salle d’attente

 

           

            J’attendais mon tour sur une chaise bancale, entre un vison et un nombril à l’air. Dehors, il pleuvait des cordes, et je me suis dit que c’était pas franchement l’idéal pour une fourrure et une peau à demi-nue. Moi, j’avais choisi un imperméable. Un bel imperméable. Suffisant pour me faire sourire comme une idiote au milieu de parfaits inconnus. J’ai traîné mon regard d’un visage à l’autre, discrètement, et j’ai bien vu que tous les parfaits inconnus, sans exception, avaient l’air en vrac.

            Bien sûr, j’ai posé la question quant à savoir ce que nous faisions là. Personne ne savait. Ni moi. Ni eux. Il y avait juste eu cette lettre arrivée la veille, en recommandée. Une lettre qui stipulait la date et le lieu du rendez-vous, et se finissait par une menace à vous glacer le sang en pleine canicule.

Présence obligatoire sous peine d’emprisonnement immédiat. 

 

J’ai observé les parfaits inconnus l’air en vrac, un par un, pour chercher un point commun, une raison d’être tous assignés ici, dans cette salle d’attente aux chaises bancales et au néon qui grésille, mais je n’ai rien trouvé. Absolument rien. Rien de rien. 

Un, deux, trois, quatre, cinq… neuf, dix, onze… vingt, vingt-et-un. Nous étions vingt-et-un. Vingt-et-un regards hagards. Vingt-et-un instants absents. Aucun de nous n’avait le cœur à la conversation. Etrangement, nos téléphones étaient privés de réseaux, alors on s’occupait comme on le pouvait. Certains feuilletaient des magazines. D’autres se rongeaient les ongles. Moi, je commençais à psychoter. Peut-être y avait-il eu erreur sur la personne ? Peut-être était-ce une mauvaise blague ? Peut-être l’un d’entre nous était au courant de toute l’histoire ? Voire, en était l’instigateur ! 

Plus les minutes s’écoulaient, plus la théorie me paraissait évidente. Parmi tous ces parfaits inconnus l’air en vrac se trouvait forcément un coupable. Il y a toujours un coupable. Mais lequel ? Je les regardais. Ils me regardaient. On se regardait. Et puis, nos pieds. Je les regardais. Ils me regardaient. On se regardait. Et puis, nos pieds. Et puis, la fenêtre, pleine de flotte et de crasse. 

 

  —        Suivant !

            C’était au tour du vison. Bien sûr, on ne l’a jamais revu. Pareille à une apparition d’outre-tombe, la blouse blanche et furtive de la secrétaire a surgi dans l’interstice de la porte, a crié son mot de rien du tout, et deux battements de paupières plus tard, les deux femmes ont disparu. 

            Entre mes deux oreilles, mes idées ont mis le bazar. Les mots perdaient leur sens, les lettres leur empattement, les chiffres leur arrondi. Et je ne vous parle même pas des secondes et des minutes qui remontaient le temps.   

—        Suivant !

            Au tour du nombril à l’air.

—        Suivant !

            Le bracelet électronique serré à la cheville.

—        Suivant !

            Les ongles verts.

—        Suivant !

Les cheveux en pagaille.

—        Suivant !

La paire de lunettes orange.

 

Quatre heures plus tard, j’étais seule au milieu de chaises vides. Autant vous dire qu’il ne restait plus grand chose de mes idées. De vagues suppositions qui me soufflaient que nous étions peut-être dans un roman de science-fiction et que le point final s’approchait doucement.

—        Suivant !

Mon Dieu. 

C’était mon tour.

 

En compagnie de la blouse blanche, une blouse bleue et deux uniformes. Le Docteur Rouskoff et deux agents de la police judiciaire. 

—        Contrôle des consciences ! qu’ils ont hurlé à l’unisson.

J’aurais pu essayer de fuire, mais je n’en ai pas eu l’idée. D’ailleurs, en stock, il ne me restait plus aucune idée.

Une seringue m’a injecté un sérum dans la plus grosse veine de mon bras gauche. C’est là qu’ils ont commencé l'interrogatoire qui servait à fouiller qui j’étais. Ce que je faisais de mes journées et de ma vie. Si je me droguais. Si j’avais déjà pratiqué le cannibalisme. Si j’aimais torturer les girafes, les moines, les caissières, les boxeurs ou tout simplement les gens. Si je collectionnais les peaux mortes,  les pansements usagers ou les vieilles brosses à dents. A tous les si, ma conscience répondait non. Un non quelconque, un peu à plat mais, a priori, sorti de ma bouche.

En même temps, je battais des cils pour voir si je contrôlais encore quelque chose. Et oui, de ce côté-là, tout allait bien.

 

Voilà.

Je suis repartie comme je suis venue.

Dans mon bel imperméable.

La tête apparemment vissée entre mes deux épaules.

 

Un fourgon est passé.

A l’intérieur, j’ai reconnu le vison, les cheveux en pagaille, et les ongles verts.

Publié dans concours

Partager cet article

Repost0