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Christine Previ nous propose un extrait d'"Itinérance d'un oiseau bleu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait « Un œuf de pierre »

 

 

Là, au travers de la haie, il se faufila à quatre pattes, par une ouverture entre les buissons et pénétra dans un coin du parc. c’était son lieu favori, propice aux aventures ! Dans cet espace mi-clos il incarnait tantôt un chevalier, armé d’un long bâton en guise de lance, galopant sur son destrier imaginaire, tantôt un aventurier perdu au fond d’une contrée remplie d’ennemis illusoires.

 

Là il ne voyait pas le temps passer, s’ennuyait rarement ou se laissait entraîner à la rêverie, adossé au socle du monument aux morts, comme en ce moment.

Subitement, son regard accrocha un objet ovale, lisse et sombre, sous le buisson. Curieux, il s’en approcha, il le ramassa et le soupesa.

Il s’agissait d’un œuf gris, lourd comme une pierre. Mais cet œuf était tiède et doux ! Tous les chants d’oiseaux se turent et le silence se fit pesant.

Tout à coup, le voilà devant cinq, puis dix, puis vingt volatiles en tout genre qui atterrissaient près de lui… et il en arrivait encore…

 Cui, cui, c’est lui !

 Tchip, tchip il le chipe !

 Chuit,chuit, gare à lui !

 

L’un après l’autre ils s’approchaient, l’air courroucé et vengeur. Lucien n’en menait pas large…

 

 

Christine Previ

Publié dans Textes

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Denis Schillinger nous présente son nouveau recueil de poèmes

Publié le par christine brunet /aloys

 

COURTE BIOGRAPHIE

Jusqu’à ce jour…

                  

S’il fallait, prêter un sens à mon existence, je ne pourrais la traduire qu’en un atome « épicurien » tombant, avant de reconnaître la liberté dans la déviance du « clinamen » .

Quand j’ai abordé mes études de philosophie à l’Université de Strasbourg, où j’ai suivi les cours de Jean-Luc NANCY et de Philippe LACOUE-LABARTHE, je ne savais pas encore que toute une façon d’aborder la philosophie, la littérature et les arts allait bouleverser, mon approche de la « poésie ».

Ces études interrompues, pour voyager, je ne les ai jamais abandonnées tout à fait. Ma bibliothèque personnelle, avec plus de quatre mille volumes en témoigne.

En me penchant sur l’infini néant, je soulevai les questions du pourquoi, du comment ; la matérialité et l’utilité ne m’intéressaient jamais ; ça fonctionne, ça tourne, mais l’absolu s’éloigne dans le silence du cosmos.

Voilà, ma vie : une question

J’évite le sens qui me ment, ainsi que les dates qui ne prolongent que la médiocrité d’une vie.

 

 

EXTRAITS DE MON RECUEIL DE POEMES

«  DEPOSSEDE, DEPUIS CE JOUR

NOMOS

suivi de « INSIDIEUSEMENT, LUMIERE »

 

L’ouvrage présenté, étant un recueil de poèmes , je ne présente en guise d’extraits que des morceaux de temps écoulé, parce qu’il est impossible de résumer l’innommable annoncé

Quelques bribes :

L’empan de l’histoire, entre deux doigts sales

se fait idéologie, religions des martyrs, stèles boulonnées

 

Je ne ris jamais,

et c’est par là, que je suis un dilettante.

 

L’avent est l’inconnaissable,

l’instant perdu à n’être que soi

 

L’indigence seule, est encore

partage d’un refus,

l’insolence des mots, des pas

des fragments de pas.

 

Le rire,

efface l’être et permet la question

le pourquoi de l’enfant,

sans pourquoi.

 

Les citations d’auteurs sont toujours les reflets d’une intention personnelle.

S’il fallait rajouter un mot, je dirais qu’une divagation autour du titre de l’ouvrage, apporterait déjà, une réponse à mon cheminement , non pas poétique, mais de nihiliste, comme dispersement de mots

 

Publié dans présentations

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La confession de CLEVE WOOD, une vidéo lecture signée Jean-Claude Texier

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=9KhHB1Rfptc

Publié dans video

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Jean-Claude Texier nous présente son nouveau roman "La confession de Cleve Wood"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie :

Né à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Jean-Claude Texier a passé sa jeunesse à Tours. Il fait ses études au lycée Paul-Louis Courier. En 1959, il effectue son service militaire en Algérie. À son retour, il part en stage de libraire à Oxford, dans la grande librairie internationale Blackwell, où il rencontre Elke Rieger, qui deviendra son épouse et à laquelle il dédiera son premier roman, l’Elitiste (Chloé des Lys 2012).

Après avoir enseigné dans les écoles privées, il rédige une Maîtrise universitaire d’anglais, passe le CAPES (Certificat d’aptitude à l’enseignement), puis une licence de Lettres modernes, et enfin l’Agrégation d’anglais. Affecté dans un grand lycée de la région parisienne, il y exerce dans toutes les classes pendant une trentaine d’années, et en partie à l’INSEP où il est chargé de cours dans les sections d’athlètes de haut niveau. C’est à la retraite, en 2005, qu’il décide d’exploiter ses souvenirs et se consacre à l’écriture.

Au cours de sa carrière, il aura connu les remous contestataires de Mai 68, les réformes successives de l’enseignement, l’inexorable dégradation de la condition enseignante, les bouleversements de l’évolution des mœurs, la faillite du système éducatif, la politisation des lycées. C’est donc dans un milieu familier qu’il puise l’inspiration de ses romans.

LA CONFESSION DE CLEVE WOOD

Résumé

Cleve Wood, jeune professeur d’origine britannique, est hébergé chez Karl et Hélène Erhardt, un couple d’amis, dans une banlieue chic de région parisienne. Karl, devenu aveugle, enseigne l’allemand dans le même lycée. Il a épousé Hélène, son ancienne élève de 20 ans plus jeune, pianiste virtuose, l’amour de toute sa vie. Éprise de Cleve, elle s’offre à lui, mais déchiré entre son amour pour elle et l’admiration qu’il porte à Karl, il retourne en Angleterre d’où il entretient avec Hélène une relation épistolaire.

Un passionnant roman en milieu enseignant, sur le conflit entre l’amour et l’amitié, la morale et les impératifs du cœur, la frivolité de la jeunesse et la sagesse de l’âge.

 

Court extrait de La Confession de Cleve Wood

Chapitre 29 (p 193)

Le Révérend Wilson avait pris quelques années, mais gardé sa raideur respectueuse des femmes qu’il tenait dans ses bras lors des bals de mariages. Comment pouvait-il réussir le tour de force d’éviter de jeter un regard plongeant sur les formes divines des jeunesses qui le sollicitaient pour un divertissement profane ? Lorsqu’on évoquait l’irréligion des bals, il célébrait David dansant devant l’Éternel et prétendait que Dieu n’avait pas interdit les chastes réjouissances. Pourtant, je savais que l’amour et la danse se côtoient et se fortifient dans une joie commune. Danser ensemble, c’est déjà s’aimer corporellement, ou jouer à s’aimer. Mais lui dansait autrement ; ses pas évoluaient impeccablement avec une précision mécanique, se mêlaient habilement à ceux de sa partenaire, et la poitrine maintenait sa distance. Il n’aurait pu danser un slow, où les corps s’épousent, ni un tango argentin où ils se répondent. Et je m’imaginais danser avec elle, comme elle l’avait fait avec Karl, le jour où je la vis pour la première fois.

Publié dans présentations

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Un nouvel extrait du roman Mamie Paulette de Séverine Baaziz

Publié le par christine brunet /aloys

 

Passage du chapitre : L’œil de l’entremetteuse

 

 

Vient un mardi, un jour comme un autre, de ciel bleu sans nuage.

 

Alors que les rires des deux générations s’entremêlent face à la fontaine, tonitruants, alors que rien ne compte autour d’eux, un regard, à quelques dizaines de mètres, peut-être trente, les observe avec insistance.

Derrière l’écran vaporisé d’eau, un visage s’émerveille de la tendresse grand-mère, petit-fils. Elle a les cheveux blond vénitien, est presque ronde, a un teint clair couvert de taches de rousseur, et observe la scène de ses grands yeux verts.

— Tu ne les trouves pas attachantes, mamie, ces deux personnes en face de nous ? Ils ont l’air tellement complices.

— Qu’est-ce que tu dis, Solène ?! Il y a dans l’air une odeur de pisse ?

La petite-fille ne corrige même pas sa grand-mère, sur le chemin de la surdité. A quoi bon ? Un « non rien » clôture la discussion. D’ailleurs, il y a bien longtemps que discussion il n’y a plus. En tout cas, digne de ce nom. Comme si les tympans grabataires ne suffisaient pas à sa peine, on vient de diagnostiquer à la dame au fauteuil roulant la maladie d’Alzheimer. Solène aime la vie. Rose l’avait aimée.

Puis, soudainement, alors que Solène se sent invisible, que Jules lui tourne le dos, une main se tend vers le ciel et vient perturber, une fois de plus, le cours des choses.

Aussi calme et sereine que le pape saluant ses adulateurs, Paulette fait un signe de la main à la jeune fille et se met à sourire de toutes ses dents de porcelaine. De prime abord, prise au dépourvu, honteuse de sa curiosité, Solène finit par répondre d’un petit geste hésitant. Jules s’interrompt. Se retourne. Puis reprend son flux. Mais Paulette ne se contente pas de si peu. Elle relève le bras, plus haut, plus raide, plus déterminée. Un demi-tour de la paume et la main invite Solène et Rose à les rejoindre.

Qu’est-ce que je fais ?

Solène hésite. Ne jamais parler aux inconnus, lui disait sa mère à tout bout de champ quand elle était enfant. Oui mais elle n’est plus une enfant.

Les roues écrasent les gravillons dans un bruit étouffé par la foule. Au milieu de visages étrangers, Solène avance, un brin timide. Plus que quelques pas et Paulette ouvre le bal des présentations :

Je m’appelle Paulette et voici mon petit-fils Jules. Cela fait un moment que j’hésitais à vous convier à notre conversation, j’espère que vous ne m’en voulez pas. Que le hasard mette sur notre chemin deux personnes de la même génération est tout de même fabuleux ! Non ?

  • Oui, bien sûr, répond Solène.

  • Vous êtes parentes ? continue Paulette.

Oui. Je vous présente Rose, ma grand-mère. Et moi, c’est Solène.

Enchantée, mesdames. Moi qui croyais que mon Jules était le dernier des petits-enfants bienveillants et prévenants, je vois qu’il existe d’autres perles chères à leur grand-mère. Et je me permettrai d’ajouter : quelle jolie perle ! Vous êtes une bien belle jeune fille, Solène. N’est-ce pas, Jules ?

Mamie ! siffle Jules entre ses dents comme si cela pouvait l’arrêter.

  • Merci Paulette, c’est adorable.

Solène a ce charme que la jeunesse met en exergue. Une peau blanche, délicate, au parfum de vanille. Un rire spontané, vivant, enfantin et mélodieux. Et des yeux qui semblent rêver le monde.

 

Malgré son âge, Paulette a vu clair. Non seulement, Solène est aussi jolie de près que de loin, mais en plus, elle met Jules aussi mal à l’aise qu’elle pouvait l’espérer.

Une phrase en amenant une autre, Solène et Paulette se retrouvent assises côte à côte.

Jules, lui, fait face, debout, à Rose. Il sourit. Elle reste impassible. Il grimace. Son regard s’obscurcit. Autant chatouiller un mort.

En parfaite entremetteuse, Paulette vante les mérites de son petit-fils, qui sacrifie ses vacances d’été pour lui prodiguer soins et attentions. Un garçon exemplaire, sensible, dévoué, courageux, cultivé, sportif. Bref, de l’exagération à ne plus savoir qu’en faire, sur fond de vérité.

Pour Jules, une chose est sûre, cela fait un moment qu’il n’entend plus un mot. Il se contente de suivre des yeux l’articulation des syllabes de ces deux lèvres juvéniles qui s’ouvrent et se referment. Enflées de fraîcheur. Rosées de féminité. Embarrassé mais charmé.

— Jules, alors, tu es d’accord ou pas ? répète Paulette pour la troisième fois.

— D’accord ? balbutie-t-il, émergeant de sa douce rêverie.

  • Pour le film X, demain ! s’empresse Paulette.

  • !?

Jules, ta grand-mère veut parler de X-Men, il vient de sortir et tu serais peut-être d’accord de m’y emmener. Demain. Tu en penses quoi ?

  • Euh … ben… oui.

— Alors, on dit treize heures trente, demain, devant le ciné ! Le Gaumont, en centre-ville ! Et puis, Paulette, j’espère vous revoir bientôt ! Je vous adore !

 

Les deux duos quittent la place en se saluant comme des amis de toujours.

 

Séverine Baaziz

 

Publié dans Textes

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Philippe Desterbecq nous présente son premier roman « Dans un grand champ de nuages blancs ».

Publié le par christine brunet /aloys

 

Après avoir publié deux contes pour enfants (« L’étoile magique » suivi du « Livre magique ») et un recueil de nouvelles (« Ici ou au-delà ») aux éditions Chloé des Lys, j’ai eu envie de passer au roman.

Je me suis lancé, grâce à une idée de départ, sans savoir où j’allais arriver et donc si ce roman allait aboutir. Finalement, le texte m’a semblé tenir la route et j’ai envoyé mon manuscrit à différentes maisons d’éditions.

Mon livre a été accepté par les éditions du Saule que je remercie ici.

C’est l’histoire d’Alex, un garçon mort avant d’exister puisque, dès le début du bouquin, il se fait renverser par une camionnette et meurt sur le coup. Il se retrouve alors « dans un grand champ de nuages blancs » où il ne se plaît pas du tout. Il veut à tout prix sortir de là et revenir sur Terre.

Une voix l’interpelle et lui dit qu’il peut redescendre sur Terre à condition de réaliser quelques missions.

Alex accepte sans hésiter, mais il ne sait pas ce qui l’attend…

Le mot de l’éditeur :

Poignant et sincère, ce livre donne de l’espoir. Il aborde la mort sous un angle différent. L’auteur vous livre la vie et les sentiments de ce jeune homme et des autres personnages avec tellement de justesse que vous vous laissez emporter dans leur univers, dans leurs ressentis.

L’avis de lecteurs :

* Dans un grand champ de nuages blancs est un très joli roman, qui m'a charmé de la première à la dernière page.
L'écriture est fluide, l'auteur emploie les mots justes et nous avons là un joli roman, touchant, mais sans pour autant être larmoyant… même si j'avoue avoir eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises, notamment à la fin.
Je suis ravie d'avoir dévoré ce roman, qui mérite un très joli cinq étoiles ? ( Coquinnette 1974 )

* J'ai tellement bien fait de me lancer dans ce texte ! Il est juste superbe. Déjà, en voyant la couverture, j'ai été intriguée : elle était épurée et donnait une impression de « Paradis », ce qui était un peu sous-entendu par le titre aussi.(MerryFantasy)

* Un petit roman qui se lit d'une seule traite, on ouvre le livre, on le commence, et puis on ne peut arrêter avant la fin.
L'auteur a une belle plume, des mots écrits avec son cœur, vous le réaliserez en faisant cette lecture. Il m'a embarqué solidement dans l'histoire, qui pourrait à première vue être triste, mais elle ne l'est pas, touchante, émouvante, oui, mais pas triste.

PS Je suis en train d’écrire la suite des aventures de mon héros. 

Publié dans l'invité d'Aloys

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Résultats du concours "Derrière la porte"

Publié le par christine brunet /aloys

Texte n°1 : Séverine Baaziz

Texte n°2 : Carine-Laure Desguin

Texte n°3 : Edmée de Xhavée

Texte n°4 : André Elleboudt

Texte n°5 : Christian Eychloma

Textes n°6 et 7 : Micheline Boland

Texte n°8 : Antonia Iliescu

Texte n°9 : Jacques Westerlin

Texte n°10 : Isabelle Chevalier

Texte n°11 : Viktoria Laurent-Skrabalova

*

Résultats :

LA GAGNANTE EST...

Carine-Laure Desguin !!!! 

Les textes ayant obtenu les voix des lecteurs...

Texte 3 : 1 vote

Texte 8 : 2 votes

Texte gagnant... Le n°2 !!! avec 4 voix ! Bravo à Carine-Laure DESGUIN !!! 

 

Un énorme merci pour tous les auteurs participants et les lecteurs votants ou non... 

Publié dans concours

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Dernier texte (n°11) concours Les petits papiers de Chloé - Votes dans les commentaires de ce texte jusqu'à 19h

Publié le par christine brunet /aloys

 

Derrière la porte

 

Enfin seule. Encore! Je me cale au lit avec un livre. J'aurai le temps de le finir avant qu'il ne revienne à la maison. Je prévois de m'épuiser en me débattant dans les vagues des lignes. Mon inconscience appelle la fatigue. Je la supplie de passer outre l'absence d'un être chéri. Comme d'habitude, j'aurai du mal à m'endormir. Un grand lit pour moi toute seule. Et... Orphée me boude! Que faire pour l'attirer dans mes bras? Je me tortille. Je joue à la crête, paf d'un côté, paf de l'autre. Rien n'y fait. Je commence sérieusement à m'interroger sur l'utilisation d'un placebo. Un moyen de tromper l'habitude. Une énorme peluche de nounours à placer dans mon lit. Juste le temps qu'il revienne. Je me lève pour réaliser mon idée quand un bruit se fait entendre. J'ai oublié! Un appartement vide, une femme seule, la proie idéale. Pour qui? J'en sais rien. Des cambrioleurs, violeurs, fous,... au choix.

Ça vient de la porte d'entrée. Un grattement, un coup contre le bois. Assez résistant, j'ose espérer. Je me cache sous une couverture. Le tic-tac du réveil prend de l'ampleur. Chaque craquement de meubles me fait sursauter. Et si c'était un fantôme?! C'est encore pire qu'un violeur! Je tomberai raide de peur. Le téléphone est à deux pas. Mais non. Je ne vais pas l'appeler. Il se moquerait de mon imagination.

Encore des frottements. Le palier cache des mystères. La cuisine n'est pas loin. Quel outil ferait l'affaire pour m'armer contre ma peur? Je me vois avec une casserole derrière la porte. S'ils arrivent à pénétrer dans l'appartement, aurais-je le temps de me glisser sous mon lit? Je pèse le pour et le contre de chaque option.

Les coups se calment. Le silence revient. Si ça se fait je n'aurai pas de place sous le lit. Mon chat, ce gardien de pantoufles, doit déjà y être. En même temps, d'habitude il profite de l'absence de mon chéri pour prendre sa place. Mais...

Un miaulement plaintif retentit. Ils ont enlevé mon gentil chat, quels salauds! Un afflux de courage m'envahit. Je m'approche de la porte. Des grattements, frottements, coups. Je surmonte ma peur pour jeter un œil à travers le judas. Il est là! Une boule de poils assise toute penaude sur le paillasson des voisins. Quand j'ouvre, il entre en flèche en me lançant un grondement de reproche. Il a voulu accompagner mon chéri et je l'ai enfermé dehors. Andouille!   

Publié dans concours

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Texte n°10 concours "les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Derrière la porte.


Derrière la porte, je vais entrer dans un autre univers. Je vais retrouver un regard affectueux que je sais troublant comme un bord de mer à l’eau limpide, profond comme un océan de connaissances et frétillant de vie, malgré des déferlements de vagues qui l’ont tourneboulé au cours des nombreuses tempêtes passées.
J’aimerais que le bonheur lové dans mon cœur transparaisse dans mes yeux, tel un souffle de caresses d’un vent de printemps tiède et délicat qui transporte de suaves parfums de tendresse.

Derrière la porte, que pense-t-il de moi ? Suis-je sa petite fée comme il m’appelle ? Son bouquet de gentillesse ?
Cette idée me fait rire. Je suis moi tout simplement. Je viens parce qu’elles sont là. Celles qui se sont incrustées. Celles qui coupent l’appétit quand un voile humide floute les aliments. Celles qui réveillent la nuit quand des cauchemars surgissent. Celles qui angoissent quand un pied bute contre un tapis ou à chaque pas incertain. Celles qui font haïr le téléphone silencieux ou la télévision trop bruyante.
Non ! Elles ne doivent pas occuper toute la place.
Non ! Elles ne doivent pas en faire à leur guise.
Si l’une se montre au grand jour, l’autre se devine sous la pudeur.
C’est à cette dernière que j’en veux.
Et celle-là, je peux la combattre.
Alors, derrière la porte, je m’incruste souvent.

D’ailleurs, j’ai ma place dans le fauteuil rouge. Il m’attend avec son plaid à carreaux qui cache son tissu élimé. Il m’offre deux coussins qui servent à combler le vide de l’usure. 
Près de la cheminée, je me love entre les deux imposants accoudoirs. 
Dans le crépitement du feu, je m’installe. 
Dés lors, je suis ailleurs, dans un espace proche, tout proche du mien mais pourtant si lointain pour beaucoup.
Me voilà prête à voyager dans le temps en chevauchant sur des mots et des phrases qui vont se bousculer dans une impatience contenue trop longtemps. Il me suffit de poser une question ou simplement de sourire pour que le tic-tac passé d’une vie résonne. 
Souvent, je me rappelle de certains passages. Je les redécouvre en savourant l’intonation qui image ces « avant » et ces « hier » lointains. 
Dans la musique des récits souvenirs, je suis à côté de lui.
Ces richesses d’une existence qui s’étire me plaisent.
Grâce aux photos encadrées de dorure, je l’imagine. Je le vois avec son charme d’antan.
En l’écoutant, j’apprends ce qu’il fut un jour, ce qu’il est toujours à l’intérieur.

Mon doigt sur la sonnette, je souris.
Derrière la porte, pépé Guy, mon cher voisin, va apprécier ma venue.
Sa vieillesse et sa solitude n’ont qu’à bien se tenir.
Ensemble, nous ferons un pied de nez à la première et nous éloignerons la seconde.

Publié dans concours

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Texte n°9 concours pour "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

« Derrière la porte. »

Pourquoi avançait-elle les yeux baissés, la démarche hésitante, sur le trottoir du boulevard en ce début d’après-midi ? Pour répondre, il fallait revenir quelques heures en arrière et l’observer.

Elle était installée à la table d’un petit snack, au bord du canal qui traversait la ville de ses méandres nonchalants. En face d’elle, un beau jeune homme à l’aire grave, lui annonçait qu’il avait trouvé du travail à l’étranger, à une dizaine d’heures d’avion d’ici. Il justifiait son départ par la chance inespérée que c’était, d’avoir trouvé ce job. Dans le monde actuel, cela relevait du parcours du combattant.

Ils s’étaient connus sur l’important campus de cette métropole régionale qui offrait à peu près tout ce qu’on peut espérer. Alors qu’elle faisait maladroitement queue pour prendre son déjeuner, dans ce restaurant universitaire qu’elle découvrait pour la 1èrefois, il avait pris pitié d’elle, lui le vétéran de quatrième année. Il l’avait abordée gentiment et l’avait guidée, lui évitant ainsi de se faire bousculer. Tout naturellement, ils s’étaient assis à la même table pour déjeuner. Elle était tombée sous le charme de cet homme, à l’aise dans ses gestes, à l’élocution facile et à la séduction évidente. Il fallait vraiment qu’il ait la tête ailleurs, se dit-elle, pour ne pas remarquer les regards furtifs, que lui jetait, à la dérobée, la gente féminine : il ne passait pas inaperçu, malgré son naturel discret.

Voilà maintenant plus d’un an qu’ils se retrouvent à l’occasion, pour déjeuner, à peu près une fois par semaine. Elle est, tout de suite, tombée amoureuse de ce beau jeune homme si gentil, sans jamais oser le lui avouer. Cette jeune fille de 18 ans tout juste, c’est un peu pour lui, la petite sœur (bien jolie ma fois), qu’il n’a pas eu, et il l’a prise sous son aile ; s’il est une raison pour laquelle il n’a pas cherché à la séduire, c’est bien celle-là, car d’habitude, il n’est pas indifférent au charme féminin. Il a quitté le campus et cherche du travail depuis 6 mois ; elle, poursuit ses études en 2ème année de droit.

En ce fameux jour, ils se sont séparés après s’être embrassés de façon un peu plus appuyée qu’à l’accoutumée, car, quoi qu’il arrive, il vient de lui faire ses adieux pour de longs mois. Ils sont partis chacun de leur côté, lui pour faire ses valises : son avion part demain très tôt, et il n’est déjà plus là. Elle, a quitté le petit restaurant pour rejoindre son appartement en ville, pas très loin. Peut-être, est-ce parce qu’il n’est déjà plus là, qu’il n’a pas vu le visage de la jeune femme se décomposer à l’annonce de son départ. Elle a pourtant tout fait pour faire bonne figure, mais une fois hors de sa vue, elle a lâché prise, ses épaules se sont affaissées, son pas s’est ralenti, sa tête s’est penchée, et ses yeux se sont embués. Ne serait-ce l’indifférence des passants pressés, l’évidence de son désarroi saute aux yeux, pour toute personne un peu attentive, qui prendrait le temps d’observer.

Elle chemine ainsi, le long de cette avenue, sur un itinéraire qu’elle connaît par cœur, pour l’emprunter quotidiennement. Là justement, elle va traverser la rue sur un passage protégé, à un endroit où la circulation des véhicules est ralentie, par un resserrement de la chaussée sur une file, avec une limitation de vitesse à trente. Limitation toute théorique, puisque, seuls quelques ahuris déphasés la respectent, malgré les radars pédagogiques.

Elle s’engage sans regarder, la tête ailleurs, le pas machinal habitué à l’itinéraire. Sur la chaussée, un conducteur de camionnette ne regarde que la route devant lui, préoccupé par ses livraisons : il est déjà bien en retard sur son planning, et respecter les limitations de vitesse, n’est pas vraiment au centre de ses préoccupations. Lui aussi connaît parfaitement la route… Elle traverse donc sans regarder… Il la découvre bien trop tard… Son freinage désespéré n’a aucune chance d’éviter le drame : l’avant droit de son véhicule, à peine ralenti, percute de plein fouet la jeune femme en pleine poitrine, et l’envoie à une dizaine de mètres de là, sur la bordure de trottoir où sa tête vient buter.

La caserne des pompiers est à moins de cinq minutes et, si le chauffeur de la camionnette est en état de choc derrière son volant, un de ces passants indifférents, trouve le temps de faire le « dix-huit », sur son smartphone.

Un bon quart d’heure plus tard, c’est le sourire réconfortant d’un jeune pompier qu’elle devine avant que les portes de l’ambulance se referment. Ils ont eu peur, les pompiers ! Ils l’ont trouvée inconsciente, à l’endroit où le choc l’avait laissée inanimée. Sa tête saignait abondamment, là où la bordure de trottoir avait entamé le cuir chevelu. Sa poitrine enfoncée, se soulevait avec d’énormes difficultés, c’est tout juste si elle respirait encore. D’ailleurs, à peine venaient-ils d’arriver, qu’elle avait cessé de le faire et que son cœur s’était arrêté de battre. Ils avaient réussi à la récupérer, à faire repartir le cœur, et ventiler les poumons, enfin, ce qu’il en restait. Ils étaient aussi parvenus à stopper le saignement du cuir chevelu. Et même, derrière le masque respiratoire qui lui dévorait le visage, elle avait fini par ouvrir les yeux, au moment où on la plaçait dans l’ambulance. Pour le reste, le diagnostic se ferait à l’hôpital : les urgences du CHRU l’attendent à moins de quinze minutes de là, malgré les difficultés de circulation.

Elle a vaguement conscience d’être descendue de l’ambulance sur un brancard, et d’avoir franchi toute une série de couloirs, un ascenseur, puis encore un couloir. Elle est entourée de personnes en blouses blanches ou vert clair, le visage caché par un masque de tissu ou de papier. Elle est éblouie pas l’éclairage aveuglant de lampes, celles du scialytique, au plafond. Puis, elle ne se souvient plus de rien…

Pour l’instant, elle attend avec impatience ce moment de la journée où ses parents et connaissances viennent la visiter. C’est qu’elle s’ennuie ferme dans cette chambre d’hôpital, où elle avait échoué après avoir été rafistolée par des médecins attentionnés, qui viennent régulièrement surveiller le bon déroulement de sa convalescence. C’est surtout la nuit, pendant son sommeil, qu’elle les entend parler, des bribes de phrases lui reviennent, « le pouls faiblit », « merde, faites attention, bon sang ! », « on va la perdre », « c’est un miracle qu’elle tienne encore ! ». Enfin, tout ça, c’est le passé : aujourd’hui, elle sort ! Derrière la porte de l’hôpital, là au bout du couloir, c’est la sortie vers laquelle elle se dirige maintenant. Et puis, à toute chose, malheur est bon : n’est-ce pas parce qu’on l’avait avisé de l’accident, que son amour a renoncé à partir, pour venir la veiller en attendant qu’elle émerge, et lui déclarer sa flamme avec des mots si doux.

Ce qui l’étonne cependant, c’est que personne ne soit venu pour l’accompagner. Elle se sent un peu seule, à présent. Elle ne ressentait plus du tout la douleur depuis maintenant quelques jours, alors ce mal de tête, cette oppression qui augmente à mesure qu’elle s’approche de la sortie, qu’est-ce que cela veut bien dire ? Elle est guérie, non ? Alors, pourquoi lui est-il de plus en plus pénible de marcher, pour traverser ce hall dans lequel le couloir l’a conduite, Enfin ! La porte est là, à sa portée, un dernier effort pour l’ouvrir, et derrière, elle sera dehors, où une nouvelle vie l’attend…

Voilà qu’elle traverse tout à coup, sans même avoir besoin d’ouvrir, surprise de se trouver soudain là, où rien n’a jamais existé, ni haut, ni bas, ni devant, ni derrière, ni jour, ni nuit, ni lumière, ni chaleur, ni froid, ni obscurité, ni sons, ni formes et couleurs, le temps lui-même, n’a jamais donné la mesure. Passée « derrière la porte », c’est un monde immatériel, sans repère, qui engloutit tout son être. Délivrée du poids douloureux du corps, elle est le néant, un état, que les humains ne peuvent pas concevoir. Ils n’en ont pas les moyens, englués dans « ce qui existe », là où tout se mesure. Parfois seulement, certains le ressentent, vaguement, juste comme « ce qui est ». Le néant ? Pas tout à fait cependant, il reste la conscience. Derrière elle, la porte ?… Quelle porte ?… Qu’est-ce donc que ce souffle qui emporte tout ? Voilà « Celui qui est », elle peut enfin sentir sa magnificence. Elle a, instantanément et de toute éternité, la révélation de cette plénitude infinie, qu’elle a toujours sue, « La » vérité absolue la subjugue.

Sur une tombe, où une jeune fille de dix-huit ans est enterrée, un vieil homme et sa femme, accompagnés d’un jeune homme revenu du bout du monde, pleurent en silence…

Publié dans concours

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