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Brigitte Hanappe nous propose un extrait de son ouvrage "le flou du miroir"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Chacun sa vie, chacun ses petits excès !

Moi, le mien, c’est le bain, trop chaud, trop plein ! C’est un moment, dont j’abuse, non par souci de propreté excessive mais parce que je fais tout dans mon bain : je réfléchis, je me détends, je m’épile les jambes, je chante, je pleure et je me tue aussi… comme ce 30 octobre 2002.

 

J’ai alors 43 ans mais je ne suis plus une femme normale depuis longtemps. Je suis un paquet de souffrances et de peurs incompréhensibles que je traîne derrière moi comme un boulet. J’abrite en moi un être secret qui me protège, qui me malmène et me dirige depuis l’enfance. Comme d’habitude, mes heures s’écoulent goutte à goutte, dans un brouillard opaque.

Pourtant, l’automne a peint les arbres du jardin de multiples teintes chatoyantes, la pluie rafraîchit doucement l’atmosphère et un vent léger fait valser les feuilles devant mes fenêtres. Je vis dans un couloir parallèle à ceux des autres et je ne suis plus capable de percevoir la beauté des choses. Les couleurs automnales agressent mes yeux, la pluie me fait frissonner des pieds à la tête et le vent bourdonne dans mes oreilles comme une nuée d’abeilles. Tout est devenu si compliqué, les perceptions si différentes : finie la vie paisible et bonjour les soucis, finis les bonheurs simples et bonjour les complications, finie la vie normale et bonjour l’angoisse.

Le moindre geste anodin exige de mon corps des efforts insupportables : mes larmes n’arrêtent pas de couler, la vue de la nourriture provoque des nausées, ma bouche refuse d’avaler autre chose que les petits comprimés destinés à me calmer, mon cerveau bouillonnant n’aspire qu’au repos. Je passe des heures entières recroquevillées dans mon lit, assommée par des somnifères, m’entourant moi-même de mes bras. Je voudrais me blottir comme une petite fille qu’on peut aimer dans une enceinte accueillante, m’enfouir jusqu’à étouffer dans des replis de chairs douces mais je n’ai que mes mains sèches et froides pour enserrer mon cou… Ces doigts crispés qui s’enfoncent comme des crochets et qui m’écorchent de leur caresse sont-ils vraiment les miens ou ceux de mon « double » qui me berce depuis toujours ?

 

Quand j’ai ouvert le tiroir de la cuisine, est-ce moi qui ai empoigné ce grand couteau luisant ou est-ce lui, qui a guidé mon geste ?

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De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!

Publié le par christine brunet /aloys

De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
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De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!

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Sophie Fedy nous présente son roman "Territoire gris"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Présentation auteur :

 

De formation scientifique par goût de la biologie et de tout ce qui touche au vivant, j’ai travaillé dans différents secteurs (industrie pharmaceutique, hôpital, médico-social). Je suis actuellement gestionnaire de risques dans un hôpital de la banlieue parisienne.

J'ai toujours beaucoup lu, un peu de tout, selon les prescriptions de mes professeurs, puis au hasard des rayonnages des bibliothèques. J'ai toujours un livre à portée de main sur ma table de chevet !

Des rencontres humaines et des événements personnels m’ont donné l’envie d’écrire ; il en est sorti un premier recueil de textes: « Il n’y a pas que les infirmières, les autres comptent aussi… ». Après avoir abordé plusieurs genres littéraires : récit de vie, poésie, roman jeunesse, j’ai retrouvé mes amours de jeunesse, l’anticipation et la science-fiction. Mon premier roman de science-fiction, « Complexe 13B », a été édité en 2009 ; Territoire gris est mon deuxième roman. Imaginer comment nous vivrons, à quels défis nous serons confrontés demain et après-demain, voilà ce qui m'intéresse et ce que je voudrais faire partager.

J’ai rejoint en 2008 le collectif d’écrivains Val d’Oisiens « Mots Migrateurs » pour échanger avec d'autres auteurs et participer à des projets communs, faire vivre l'écriture sous différentes facettes.

 

 

 

TERRITOIRE GRIS  

 

Ce roman présente un entrelacs de différentes époques du futur. Le lecteur y rencontrera trois destinées situées à des époques éloignées les unes des autres, mais reliées entre elle par l’archéo-tourisme du futur, les conférences historico-sensorielles proches du voyage dans le temps et par le fil rouge que constitue la fameuse clef de Yodel !

 

Le couple de Yodel et Maelia : la société du XXIIe siècle, celle de l’après ère nucléaire, civilisation des complexes où les hommes se sont réfugiés. A l’image du complexe 13 B, où le principe de précaution a été poussé au paroxysme, et où l’on n’a plus le droit de se toucher. Pire, les programmes de manipulation scientifiques sur les humains sont à l'oeuvre. Certains ont réussi à fuir les complexes et forment des communautés organisées dans les décombres de Paris et de ses proches banlieues. Yodel et Maelia les ont rejoint et avec leur aide réussiront à contrer les projets aliénants de ceux des complexes.

 

Le couple de Stefan et Maude : la société du XXIVe siècle sur terre où les gens vivent dans des cités aériennes suspendues pour laisser la place à l’agriculture au sol. Passé 50 ans, vous étiez invité à l’Interruption Volontaire de Vieillesse. Mais les « too old » s’organisent… et résistent.

 

Le couple d’Alexis et Ginger : la société du XXVe siècle exilée dans l’espace - pour fuir la terre devenue insalubre - émiettée dans des stations orbitales type New Earth 22. Société avec ses refoulés – les TF « Too Fat », les trop gros renvoyés de force sur terre pour des cures d’amaigrissement – ses sous-hommes, les « kapas » entretenus pour offrir des organes de rechange aux plus vieux, aux plus sages, ses « hors la loi » envoyés au bagne, c’est-à-dire condamnés à coloniser de nouvelles planètes dans des galaxies lointaines après des années lumières de voyage en état de léthargie, sans espoir de retour…Alexis et Ginger seront exilés avec quelques autres et retrouveront une planète qui ressemble étonnamment à la terre.

 

 

Un débat de fonds imprègne tout le roman ; celui de la tolérance – et de l’intolérance - de l’homme pour l’homme. Quelles que soient les sociétés imaginées dans ce récit, il y a des sous-hommes exploités par des « hommes supérieurs » ou « normaux ». Et une question qui restera ouverte : sera-t-on capable un jour de ne plus reproduire les erreurs du passé ?

 

 

EXTRAIT

I. New Earth 22, année 2455

 

 

 

­ —        Ce que vous allez voir va vous sembler incroyable, mais c’est pourtant l’exact reflet de ce qui s’est passé. Les documents que je vais vous montrer, issus de la multithèque post-terrienne, sont édifiants. Je me dois également de vous prévenir : certaines scènes sont extrêmement violentes, comme l’époque dans laquelle je vous invite à voyager. Les personnes sensibles régleront leur screening-and-feeling machine sur la sensibilité « moins trois » ou « moins quatre » pour les plus jeunes. L’oratrice était entourée d’une assemblée bigarrée, de tous âges et de toutes conditions. A l’ère post-terrienne, les conférences d’histoire de la civilisation terrestre avaient un succès énorme. Chacun voulait en savoir plus sur le passé de ses lointains ancêtres, lorsqu’ils habitaient encore la planète qu’ils avaient curieusement appelée « Terre », alors qu’elle était constituée à plus des trois-quarts d’eau. Bien peu avaient maintenant l’occasion de s’y rendre : quelques mineurs qui exploitaient les derniers gisements de ce liquide noirâtre, poisseux et écoeurant, cause de tant de guerres, ainsi que les minerais indispensables, lithium, nickel… Il y avait également quelques archéologues à l’affût du moindre indice permettant de mieux comprendre cette civilisation absurde, détruite, étouffée par sa propre folie. On y envoyait aussi les « Too Fat* » pour des séjours sanitaires, jusqu’à ce qu’ils soient revenus dans les normes post-terriennes.

—        Ce cycle de conférences est passionnant, dit un jeune homme à sa voisine, qui hocha la tête sans le regarder. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre la philosophie de nos ancêtres. J’ai même du mal à croire que ces êtres, aussi primitifs dans leurs comportements qu’avancés dans leurs technologies, puissent avoir été nos parents.

—        Et pire, jeune homme, vous n’avez encore rien vu ! ajouta un homme âgé. Ce que vous allez apprendre aujourd’hui va vous faire froid dans le dos et vous en ressortirez avec plus de questions que de réponses !

 

 

 

**         personnes obèses

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Jérôme Jacob nous présente "BIS"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie :

 

Jérôme Jacob est né en 1973.

Après des études d'architecture, il devient étalagiste, merchandiser et infographiste.

Il est l'auteur d'un recueil de dessin « Tout finira par rentrer dans le désordre » (2018).

Bis est son premier roman.

 

Résumé :

 

Benjamin est un garçon un peu perdu dans sa vie. Il traîne sa mélancolie comme une valise trop lourde de déni. Un jour, à force de ne rien décider vraiment, il fait le choix de craquer.

Sa décision l'amènera à accomplir ce qu’il a toujours voulu faire : s’arrêter dans une cabine téléphonique et appuyer sur la touche « BIS »

pour voir qui répond.

BIS est une errance urbaine où il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.

 

Extrait :

 

(...)Si c'est un portable j'aurais à peine le temps d'entendre une voix.

BIS.

Sonneries...sonneries...sonneries...

  • Allô ?

Voix de femme.

  • Allô ?
  • Euh...bonjour Madame, Mademoiselle ?
  • C'est qui ?
  • Je m'appelle Benjamin, je vous appelle depuis une cabine à l'angle des rues Campion et Sélécourt dans le 11ème.
  • Vous voulez quoi ?
  • Ça va vous paraître étrange mais j'avais toujours pensé appuyer sur la touche BIS d'une cabine et...
  • Et maintenant que vous l'avez fait vous voulez quoi ?
  • En fait je me suis toujours demandé sur qui je pourrais tomber.
  • Eh bien vous êtes tombé sur moi. Et après ?
  • Je...je n'avais jamais pensé à l'après...enfin si...mais c'était comme dans un film.
  • Un film de cul ?
  • Je ne pensais pas forcément tomber sur la société de production de Marc Dorcel !

Elle éclate de rire. Un rire énorme, large comme un sourire.

  • Vous êtes déçu ?
  • D'être tombé sur vous ?
  • Que je ne sois pas Marc Dorcel ?(...)

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LE VOYAGEUR INTEMPOREL de SALVATORE GUCCIARDO... Une lecture de Jean-Pierre Legrand

Publié le par christine brunet /aloys

https://lesbellesphrases264473161.wordpress.com/

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Les Belles phrases

https://lesbellesphrases264473161.wordpress.com

 

BLOG-NOTES LITTÉRAIRE d'ÉRIC ALLARD : Chroniques de livres – Formes brèves – Infos parodiques – Poésie & Chanson…

 

LE VOYAGEUR INTEMPOREL

de SALVATORE GUCCIARDO (Chloé des Lys)

Une lecture de Jean-Pierre Legrand

Critique littéraire

17 mars 2019

Cela commence à la manière d’Alice au pays des merveilles, versant cauchemar : la même manière d’être happé, là dans un fantasmagorique terrier de lapin, ici dans le tourbillon « couleur nuit » du gouffre de l’inconscient.


 

Absorbé dans la contemplation d’un étrange tableau, Renato Busso est pris d’un malaise et se trouve aspiré au plus profond d’un monde déserté des points de repère habituels : nous sommes dans une sorte d’extravagante théocratie vouée au Tout Grand Ouros dont le consubstantiel fils est un poulpe à forme humaine flanqué d’une épouse-grande prêtresse, à l’ondulante lascivité. C’est Era, fille du Soleil et de la Lune. Image en miroir de l’œuvre peinte, ce monde offre à voir dans ce tableau le point de passage entre deux réalités fermées l’une à l’autre mais dont l’art permet de transgresser les frontières.

La géographie du lieu est insolite : plongés dans un espace ne s’inscrivant dans aucun temps, nous sommes  dans un monde où plusieurs plan s’interpénètrent, coupés de forêts voraces et labyrinthiques, de mers reptiliennes, borné par l’infini d’un océan d’étoiles que berce la musique des sphères et d’où surgissent formes et couleurs.

Renato – rebaptisé Ini – est un élu : il lui est donné de parvenir à la Connaissance et de subir l’Epreuve initiatique du Savoir. Cette spiritualité n’est pas une gnose manichéenne : « la connaissance se trouve dans le bien et dans le mal ! Ils ont inséparables ! Si on ôte l’un, l’autre meurt. Le jour où l’homme les divisera, ce sera sa fin ». Dans les grottes de son âme « où est immense l’inconnu – minime l’esprit », Renato vient déjà de faire une découverte importante : c’est dans les ténèbres que se trouve la lumière, le bien ne peut prospérer que dans l’ombre portée du mal ; les disjoindre revient à les absolutiser l’un et l’autre en un combat fatal.

Ce monde des profondeurs aussi bien que des infinités galactiques ne s’éprouve donc pas dans la dualité du bien et du mal mais est néanmoins animé d’une forme d’élan, de pulsation primordiale  qui, sans nier la matière, aspire à, sinon s’en affranchir totalement, du moins à en être moins lourdement lesté. Le voyage initiatique qu’entreprend Renato commence en un curieux  pandémonium, comme on le sait capitale de l‘enfer, mais ici point de départ paradoxal d’une conquête de la sagesse. L’auteur décrit ces lieux infernaux avec maestria : « les sons fiévreux des flûtes et des tambours se mélangeaient dans le fatras  des esclaffements jusqu’à former une pyramide de cacophonie (…). Les convives s’embrassaient avidement en faisant des gestes obscènes. Ils étaient prisonniers dans le creux de l’arbre de l’inconscience (…). Ils se débattaient farouchement non pas contre la faucille du néant mais en vue d’un épanouissement profond ».

Salvatore GUCCIARDO dans son atelier

On franchit encore d’autres lieux, croise d’autres créatures gémissantes puis, c’est l’ascension, l’aspiration soudaine vers les hauteurs : les rires hennissants des déments se sont tus ; plus de stridence. « Nulle plainte, nul sifflement. Le silence ! Le merveilleux silence ! L’inaccessible silence ! Celui qui entoure le sacré, le divin ! ». C’est ici que Renato doit subir l’Epreuve du savoir.

Premier roman en forme de conte philosophique, Le voyageur intemporel tient les promesses que laissaient augurer l’art que déploie l’auteur dans ses tableaux. On retrouve avec bonheur un univers très personnel. L’écriture poétique dessine les métaphores, suggère les symboles en évitant de se surcharger d’une profusion absconse.
Renato-Ini s’est dépouillé des hardes du « vieil homme » : accédant à la Connaissance puis à la Sagesse, son chemin est celui de la renaissance à lui-même et au monde. Mais quelle est la nature de cette sagesse : sans doute une forme de connaissance agie dans la plénitude de l’acte, une recréation de soi.

Ce court roman – remarquablement préfacé par Éric Allard – se termine sur l’« ouvert ». Entrevoyant Renato réinvestissant sa vie, je me plais à m’imaginer qu’il commence à peindre ou à écrire. Ou les deux.

 

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Opération Taranis... Un autre extrait proposé par Didier Veziano

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Dubaï - Aéroport International.

Le panneau des arrivées indiquait que le vol GA-6332 en provenance de Beyrouth venait de se poser. L’aérogare ressemblait à un centre commercial luxueux où les boutiques s’étendaient sur quinze mille mètres carrés d’architecture aussi moderne que démesurée.

Terminal I. Un couple était attablé dans un bar dissimulé par une gigantesque plante exotique penchée sur une fontaine. Ils finirent leur jus de fruits et se dirigèrent vers le hall où les passagers allaient bientôt sortir.

Dehors, une chaleur moite rattrapait les voyageurs habitués à la fraîcheur artificielle de l’aérogare. Des limousines et autres berlines avec chauffeurs attendaient leurs riches propriétaires. Beaucoup plus discret, un véhicule sombre avec un homme à bord était garé à l’ombre des palmiers. Il précédait une moto prête à démarrer. Le dispositif de la DGSE était en place.

Le couple avançait main dans la main, lunettes de soleil sur le nez, fondu dans la foule. L’homme portait une casquette de base-ball et un polo Lacoste jaune sur un bermuda beige. La femme était en pantalon en lin et avait pris soin de porter un chemisier léger à manches longues.

— On est en place.

L’agent de la DGSE avait à peine baissé le menton pour parler dans le micro accroché au col de son polo. La réponse arriva instantanément via le récepteur incrusté dans la branche de ses lunettes.

— OK, on attend vos évaluations de situation.

La porte de sécurité s’ouvrit et déversa le flot de passagers du vol GA-6332. Des Émiratis en gandouras blanches, des hommes d’affaires en costumes, mais aussi quelques travailleurs immigrés, indiens et pakistanais, qui venaient suer à grosses gouttes sur les chantiers de construction pour des salaires de misère.

— Le voilà, dit la femme en portant la main à ses lunettes.

La caméra vidéo incorporée captura la démarche lourde d’Abou Hamzra. Jamal le précédait dans le champ de vision avec un chariot à bagages. Derrière eux, un deuxième garde du corps, plus ramassé, balançait sans arrêt des regards alentours en mâchant un chewing-gum. Ils se dirigèrent vers le comptoir de Gulf Air. Après avoir échangé quelques mots avec une hôtesse, celle-ci remit une petite enveloppe à Abou Hamzra. Il l’ouvrit, lut le mot inscrit et leva la tête en direction des panneaux d’informations. Il indiqua à ses hommes la direction à prendre.

— Attention, ils ne prennent pas la sortie principale. Ils se dirigent vers la porte 19.

Dehors la moto démarra lentement, entraînant la voiture dans son sillage. Pendant ce temps, le trio s’engagea sur un long tapis roulant parsemé de palmiers. Les deux agents, noyés dans le flot, suivaient à distance, enlacés.

— Le petit teigneux a l’air nerveux.

— S’il croise notre regard, on décroche quelques instants et on demande à Maxime de prendre le relais.

Le tapis roulant semblait interminable.

Porte 19. Les trois hommes marchèrent vers la sortie.

— Ils sortent, vous devriez les apercevoir dans quelques secondes.

L’agent en moto confirma. Malgré le reflet du soleil il devinait les trois silhouettes s’approcher derrière la baie vitrée. Les battants coulissèrent. Abou Hamzra apparut. Le petit teigneux avait une main discrètement plongée sous sa veste. À cet instant, l’homme au keffieh à carreaux noir et blanc qui depuis cinq minutes faisait les cent pas devant l’alignement des chariots en fumant une cigarette, l’écrasa dans un cendrier puis se dirigea vers Abou Hamzra. Les deux hommes se donnèrent rapidement l’accolade.

— Putain, c’est qui, lui ? fit l’agent à moto.

— À nous de le deviner.

L’agent féminin déclencha son appareil en mode rafale depuis l’intérieur. Avec son collègue ils firent la queue devant un distributeur automatique de billets. À cinq mètres de la sortie. L’agent à la casquette en profita pour s’assurer que dehors tout le monde était à son poste.

— Bon, maintenant, c’est à vous de jouer, nous on rentre. J’ai envie d’aller me baigner.

— Très drôle.

Une Mercedes classe S de couleur marron se présenta à la hauteur des quatre hommes. Un taxi privé. Le chauffeur sortit et tassa les bagages dans le coffre. Chacun s’installa.

— C’est parti, annonça le motard en baissant sa visière.

La Mercedes roula sur une grande route à quatre voies séparées par un large terre-plein central érigé de lampadaires et de palmiers. Une fois sur la Abu Baker Al Siddique road, elle ralentit puis s’engouffra dans le parking souterrain de l’hôtel Marriott.

 

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TROIS ANNÉES DE BROUSSE de Salomé ROUSSEL dans Le bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

TROIS ANNÉES DE BROUSSE de Salomé ROUSSEL dans Le bibliothécaire
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ITINÉRANCE D’UN OISEAU BLEU de Christina PREVI dans Le bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

ITINÉRANCE D’UN OISEAU BLEU de Christina PREVI dans Le bibliothécaire
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LE LAC de JEAN LOUIS MINOT dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

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"APPRENTIS SAGES" de KACZMARCZYK Magali dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

"APPRENTIS SAGES" de KACZMARCZYK Magali dans Le Bibliothécaire
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"APPRENTIS SAGES" de KACZMARCZYK Magali dans Le Bibliothécaire

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