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Le blog Aloys

Articles récents

un poème d'Anne Renault : "Et si l'ours allait venir..."

11 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Poésie

anne renault tête

 


 Et si l’ours allait venir

Cette nuit…

Fermez tout, a dit la mère

Bouclez les fenêtres

Et barrez les portes

Faites rentrer le chat

Qu’il dorme avec toi

Et surtout ne rêve pas.


Mais moi je lui parle

En mon coeur.


Je lui dis

Viens mon ours

Et je colle ma joue au mur

Froid

Et je dessine une caresse sur le mur

Froid

Pour lui.

Et je guette

Son pas son souffle

Et moi oui je le ferai entrer

Pour qu’il vous dévore tous.

 

 

Anne Renault

 

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A LA UNE...

10 Mars 2011 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #journal de bord-à la une

marie-claire-george-copie-1.jpgJ'ai le plaisir de vous inviter à la présentation de plusieurs de mes nouvelles par le Box Théâtre, les 2 et 3 juillet. Il n'y a chaque fois qu'une trentaine de places disponibles, n'attendez pas la dernière minute pour réserver si le cœur vous en dit. Une autre date est aussi envisagée après l'été. Vous pouvez accéder au clip de présentation via les adresses ci-dessous.
Ces nouvelles sont extraites de mon recueil "L'ange gardien" édité chez Chloé des Lys.
Au plaisir de vous voir ou revoir, et toute mon amitié !
                                                                             Marie-Claire George

 

Le clip de présentation de la lecture-vivante est en ligne à cette adresse :
 
Il existe également un lien via le blog : http://box.theatre.over-blog.org

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lambreth.jpgLA FRONTIÈRE, UN THÈME TRÈS PORTEUR

 

A la frontière, le livre. Comm

n.c.

Mardi 15 février 2011

Tournai après “ rien à déclarer ”...

Premier janvier 1993, l’Europe a aboli les frontières internes de ses pays membres. C’est le décor du film Rien à déclarer qui vient de franchir les trois millions de spectateurs et le thème décidément très porteur du dernier ouvrage de la Tournaisienne et auteur Josette Lambreth. Sauf que (...)

 

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DIMANCHE 27 MARS, 15 heures
 
CENTRE DE MEDIATION asbl
Rue de l'Hôtel des Monnaies, 119
1060 SAINT-GILLES (Bxl)
  

 
GJOVALIN NOJAJ, accordéoniste
 
invite
  
 
HUGUES DRAYE
auteur-compositeur-interprète
chanson française
guitariste
 
il apporte les nouvelles le jour, chante le soir en salle, en rue, en cabaret ... pour les amis, aussi ... en Belgique, en France, depuis ... 29 ans
il aime Trenet, Brassens, Brel, Perret, Ferrat, Chelon, Beaucarne ...
 
il sera, bien sûr, accompagné à l'accordéon par Gjovalin, de temps en temps
 
en dehors : les deux iront de leur petite note
 
PAF : 10 euros
 
Infos : 0479 640 534




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Lorsque les auteurs se mettent en scène !

 

 

L'idée des signets fait son chemin !

 

A l'occasion de la sortie prochaine de ses contes bizarres II, Bob crée ses marque-pages...

contes2carton.jpgcontes2cartonverso.jpg

 

 

Précédé par Gauthier Hiernaux...

 

 

A voir sur son site 

 grandeuretdecadence.wordpress.com

 


 





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H.drayejournal de bord, mardi 15 février 2011

 

 

 

 Justine Henin, la célèbre tennis girl qui vient de renoncer à la compétition (pour la s'conde fois), subirait des pressions. On l'accus'rait de dopping.
 
Y a un an, deux trains entraient en collision à Buizingen.
 
Le roi devrait faire son apparition. A-t-il abdiqué ou non ?
 
Grève surprise des trams, des bus, ce matin, à Bruxelles. Encore un chauffeur (et un steward, solitaire) qui ont été agressés.
 
Et je recommence (déjà, le deuxième jour de la s'maine) à me lever péniblement. Jusqu'où la fatigue et le temps m'emportent-ils ?
 
Et la vie recommence, se poursuit. S'asseoir. Tenter de s'asseoir. Tenter de se détendre, de s'alléger, d'enl'ver des fringues trop serrants, trop épais. Merde : le corps ne l'entend pas de cette façon, la vessie crie violemment après ses droits, je veux plus me lever, je veux plus me mettre debout, la vessie crie de plus en plus violemment après ses droits, faut quand même se faire violence, faut quand même s'obliger à se lever, faut quand même filer aux toilettes. C'est lourd. C'est oppressant. Esclavage ? Elle crie, elle hurle, la vessie. Agression ? Harcèl'ment ?
 
J'ai quand même bouclé les premiers jets de ma dernière chanson, hier soir. Bien sûr, je la remanierai, la nettoirerai encore. Mais calmos : une chose à la fois. Sur les quatre couplets, je me demande si je vais garder le troisième. Je crois en ma chanson. Je m'aperçois que la musique (que je lui ai trouvée) ressemble assez fort (à quelques variantes près) à la musique d'une autre chanson. J'aime pas les redites, c'est vrai. Mais ici, j'aime la musique de ma dernière chanson. Je n'en voudrais pas une autre (du moins pour le moment).
 
Des grèves en perspective, encore et toujours à notre boulot. Liège et un autre centre de tri (en Wallonie) auraient repris du service. Bruxelles resterait toujours bloqué (enfin : à l'intérieur du bureau principal, les agents continueraient de travailler, mais les camions livrant le courrier aux bureaux-secteurs ne démarr'raient pas).
 
"Ils me gonflent, ceux qui font grève ... arrêtez de râler ... soyez heureux d'avoir du boulot au lieu de râler"
 
J'ai lu ces propos la s'maine dernière, via une de mes connaissances (qui figure dans mes amis de "facebook").
 
"Ils me gonflent, ceux qui font grève ... arrêtez de râler ... soyez heureux d'avoir du boulot au lieu de râler"
 
Si on a un peu de bon sens, de logique, de réalisme pragmatique, ce point de vue se tient.
 
"Ils me gonflent, ceux qui font grève ... arrêtez de râler ... soyez heureux d'avoir du boulot au lieu de râler"
 
Je suis quand même surpris ... quand je sais que la personne (que je connais) qui tient ce raisonn'ment était la première à décrocher, y a une paire d'années, de son boulot quand elle était en dépression.
 
Moi qui suis aussi passé par là ...
Je pose juste une question.
Quelles sont les leçons à tirer de la dépression ? S'endurcir ou s'attendrir ?
 
"Ils me gonflent, ceux qui font grève ... arrêtez de râler ... soyez heureux d'avoir du boulot au lieu de râler"
 
Je n'ai malheureus'ment pas de mal à imaginer, dans un long terme, les agiss'ments des gens (de bonne foi) qui raisonnent ainsi (et y en a pas mal) ... si, à petits pas, une espèce d'Adolf Hitler s'infiltre, dès aujourd'hui, dans les méandres de notre gouvernement (bancal, on est tous au courant).
 
L'esprit fasciste frapp'rait-il à nos portes ? Je crains que oui. De tout coeur, je fais alliance avec mon ami Pierre Perret, quand il chante "attention, mon ami, je l'ai vue ... méfie-toi, la bête est revenue ...".
 Et je demande pardon aux âmes sensibles (ou fragiles) qui auront du mal à recevoir mes propos.
Mais ... pas plus tard qu'hier, en surfant sur "youtube", je suis retombé sur des extraits du feuill'ton "HOLOCAUSTE", qui passait sur nos écrans télé, dans les années 70.
 
Ce matin ...
 
Une fois de plus, des syndicalistes devaient rencontrer le big boss de la poste. Tiens, n'ai-je déjà pas tenu les mêmes propos, déjà, dans un "journal de bord", y a au moins quinze jours ?
 
"On n'est pas près de s'en sortir", m'a dit, ce matin, un collègue (délégué syndical).
 
Je raisonne autrement.
 
Au prix où ...
 
Nos conditions de travail frisent souvent l'épouvante, deviennent (ou sont depuis longtemps) irréalistes, irréalisables, inacceptables ... quand on se penche sur les huit heures où on est sensés prester et ... sur la quantité de travail qu'on est sensés répartir dans les huit heures ...
 
Au prix où ...les pressions se répandent partout ...
Au prix où ... les mécontent'ments se formulent, s'expriment ...
 
S'il y a réaction (grèves, manifs ...), c'est qu'un équilibre s'installe (ou tente de s'installer), quand même.
 
Et ce n'est pas fini.
Ca ne fait p'têt que commencer.
 
Commenç'rait-on à s'en sortir ?
 
Léonore, j'aurai un paquet (avec un bouquin) pour toi. Mireille, je te crois'rai peut-être avec ton vélo et ta gamine (qui n'en est pas).
Hugues Draye

 

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Christine Brunet interroge SOPHIE VUILLEMIN, auteur de " C'EST QUOI, TON STAGE ?"

9 Mars 2011 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

Vide-atelier-6-Juin-2010-021-copie.jpgLorsque j'ai demandé à Sophie Vuillemin de me parler de son univers d'auteur, je m'attendais à de la fantaisie...


J'ai reçu son texte et j'ai immédiatement souri... J'ai envie de vous le livrer tel quel, une fois de plus... histoire de vous plonger sans gros préambule dans la sphère créatrice de l'auteur.

 

Je lui ai posé les mêmes questions-socle... Et voilà comment Sophie y a répondu... certes, avec un peu d'aide... Merci Pierre!!!


 Pst, c’est moi, Pierre, le héros du roman de Sophie Vuillemin. Cette semaine, Christine l’a contactée afin qu’elle lui parle de sa passion créatrice, de ce qui la pousse à écrire.

C’est mal connaître l’auteure…La voilà rosissant de timidité à l’idée de se dévoiler.

- Qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter ?

Elle m’a appelée à la rescousse. Que voulez-vous, depuis que j’ai brillamment  survécu à quinze jours de stage dans une maison de retraite, je fais figure de héros et cultive mon image de sauveur de la veuve et l’orphelin !

Je suis le Saint Bernard de l’auteur en détresse.

C’est bon, je vais l’aider, la guider.  Mon altruisme me perdra.

Mais je suis maître à bord, je choisis les questions et aucune remarque ne sera tolérée.

 

 Pourquoi est-ce que tu es là, assise derrière ton bureau, à griffonner au lieu de conquérir le monde ?

 

Il commence fort, Pierre !

Je vais essayer de répondre honnêtement :

- Parce que mon armure est rouillée ?

- Parce que j’aurais préféré bosser en équipe mais j’ai perdu les coordonnées téléphoniques de Jeanne d’Arc ?

- Surtout, parce que j’aime inventer, raconter des histoires. En lire aussi. Un bon livre a sauvé plus d’un lecteur de la mélancolie du soir.

 

 Comment tu m’as fabriqué ? Comment tu as eu l’idée ?

Ecrire part souvent, chez moi, d’une émotion forte (un événement qui m’interpelle, une sensation qui surprend). Je voulais parler des personnes âgées et, un jour, j’ai pensé à toi. A cet âge incroyable de l’adolescence où tout est révolte et où les êtres sont en devenir.  J’ai pensé que t’envoyer en maison de retraite serait l’occasion de rencontres percutantes.

 

   Merci du cadeau ! Enfin, je m’en suis bien sorti, n’est-ce pas ?  Pourquoi t’as rajouté une fille ?

Si tu poses la question, Pierre, c’est que tu ne me connais pas vraiment !

L’amour, c’est ma raison de vivre ! Je suis une pure GUIMAUVE !sophie vuillemin

 

Pierre se penche vers l’auteure. Il se laisserait gagner par l’émotion. Enfin, un peu, il reste un homme…

 

 Est-ce que c’était difficile d’écrire un livre ?

Le plus délicat est de trouver L’IDEE, celle qui tient la route,  émeut, amène un sourire et fait rêver.  C’est beaucoup demander !

Je démarre avec un plan général, pas très précis. Seules les premières scènes sont construites dans ma tête. J’écris par séquences, un peu à la manière d’un scénario. Il m’arrive d’insérer des  morceaux  dans le récit. J’effectue ensuite des retours en arrière afin que les différentes parties s’imbriquent entre elles. Un vrai patchwork. Et je lie par une « sauce ».

A la fois maçon, chef cuisinier, et responsable créatif, c’est un travail complet !

 

Ma façon d’écrire, d’appréhender l’exercice, évolue sans cesse. Au gré de mes émotions sans doute.

J’essaie aussi différentes « recettes » : si je buvais du thé ? Si j’écoutais de la musique ? Si je tapais directement le texte au lieu de poser les mots sur le papier ?

Quand j’ai peur de ne pas y arriver, que je suis face à une impasse de l’intrigue ou une page blanche, je construis un maximum. Je fais des plans très détaillés avec plein de tirets

 

 Est-ce que tu pourrais arrêter d’écrire ?

Tu en as déjà assez de mes histoires ?!

Sérieusement,  tu me surprends avec ta question, je n’y avais jamais réfléchi.

Je crois que, oui, je pourrais m’arrêter un temps. Un peu comme on prend une longue respiration. Je cesserais d’écrire et un puis, un jour, le bout des doigts me démangerait et je reprendrais la plume.

 

  Dernière question, est-il difficile de mettre un point final à une histoire ?

Je vais te décevoir, Pierre : non, il ne m’a pas été difficile de cesser de conter tes fantaisies.  Je voyais venir la fin de l’histoire, j’étais prête.

 

Pauvre Pierre! Moi, j'aurais eu bien du mal à le quitter... Mais Sophie laisse la porte ouverte... Voilà qui me rassure...

 

J’espère, cher Pierre, avoir répondu à tes interrogations.

Mais notre collaboration est loin d’être terminée… poursuit-elle. 

 

Ouf!!! Me voilà rassurée ! Toi aussi, Pierre, n'est-ce pas?

 

Un héros, partie prenante de l'univers de son créateur... Un être à part entière qui naît avec sa verve, son caractère, une personnalité, une histoire, une pensée à lui... non... une pensée-reflet de son auteur... L'espace d'un roman, les deux mondes ne font qu'un: l'auteur vit au rythme de ses personnages et ceux-ci vivent au gré des humeurs de leur créateur... Jusqu'où va cette interaction? 

 

A vous de me le dire...

 

En tous cas, qui n'a pas envie, à présent, d'entrer à pieds-joints dans la vie de ce cher Pierre, hein?

 

Venez rejoindre en un petit click Sophie Vuillemin sur son blog   link      http://sophievuillemin.over-blog.com/

 

 

 

 

Photo Christine Brunet  Christine Brunet

http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com


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MARTINE DILLIES-SNAERT A LU "LES ROMANICHELS" D'EDMEE DE XHAVEE

8 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

MARTINEJ’ai lu « Les Romanichels » d'Edmée De Xhavée

 

 

 

                         Si j'ignore comment on retient les livres pour les prix littéraires, ce que je sais, c'est  qu'ici c'est un Goncourt que je viens d'achever. Quelles richesses dans ce récit! Amour de la vie, remise en question de soi et des valeurs inculquées, sincérité, aucune tricherie ! Comme Edmée De Xhavée a signé, avec « Les Romanichels », un livre riche!


C'est le seul commentaire que j'aurais envie de faire!     

 

                         Car enfin, je referme ce livre sur... trois semaines de lecture.

Ma lecture est terminée. Tristesse! Bonheur! Aucune ambivalence pourtant et il est rare que je prenne autant de temps  à lire 250 pages:  j'avais si  peu l'envie de l'achever, si peu l'envie d'abandonner les personnages qu'à chaque fois, je les laissais prendre forme. J'avais envie d'en savoir plus encore et encore plus sur chacun d'entre eux; or je savais qu'une fois le point final rencontré, ce serait fini. Et je voulais tout, sauf ça!

 

                         Abandonner les personnages,  quelle idée! On ne les abandonne pas quand on a la chance de connaître un tant soit peu l'auteur! Elle y est omniprésente. Mais quand même! Suzanne me manque! Et Mado, et Grand-Daddy, et Philippe, et. Sergueï, et..., et tous les autres!E de Xhavée Les Romanichels

 

Seul un chat ronronnant  manque à cette atmosphère de détente. Je souris en l'écrivant, car n'ayant pas dérogé à ma sacro-sainte habitude, une fois une cinquantaine de pages lues, je suis une fois encore allée voler les mots des deux dernières pages. Et ils furent ceux que j'attendais,  sans aucune surprise ni aucune déception. Que du contraire! Ils m'ont apporté la quiétude que je désirais avoir afin de pouvoir savourer tranquillement chaque réaction des personnages.

 

 

 

                         Edmée DE XHAVEE, grâce à sa sensibilité et à son style superbe, nous fait ressentir toutes les émotions vécues par les membres de deux  grandes familles partagées, tiraillées entre le sens du devoir et l'appel vers « l'ailleurs ». Chacun est acteur de sa propre existence mais ce sens du devoir en est bien souvent « le maître ». On ne fait pas une croix ainsi sur toute une éducation et il faut la sagesse des années pour pouvoir faire co-exister les deux et en retirer tout l'enseignement qu'il y a à en retirer.

 

                         Une semaine à partager avec sa mère fait vivre à Olivia la saga de sa famille dont elle ignorait quasiment tout hormis les convenances. A l'opposé, Angelina, la domestique, lui fait découvrir le sens profond du mot « vie » telle que la ressentent et la subliment  les Italiens et Italiennes. S'opposeront le « quant à soi » et « le plaisir du toucher », la « haute restauration » et les « petits restaurants familiaux », les rencontres de salon et celles des rues.

A chaque fois, les deux extrêmes,  en totale contradiction,  sont  aussi riches les uns que les autres. Tiraillement et dilemme de l'existence pour qui connaît ces deux mondes et qui doit « choisir »!

 

                         Enfin, au-delà de cette dualité, en filigrane jusqu'à la fin, viscérale, coule  la source de vie des Rrom dont la Chakra à seize rayons est leur emblème. Mais de leur rôle dans ce livre, je n'en dirais pas davantage. Il faut leur laisser l'étrange, la croyance.

 

                         Et puis s'il faut absolument lire ce qu'a écrit Edmée DE XHAVEE, ce n'est qu'à partir d'un certain âge et d'un certain vécu qu'on peut le vivre jusqu'au fond des tripes.  Un peu à l'instar du film de Clint Eastwood, « Sur la route de Madison , réellement et intiment  appréciable qu'à partir d'un certain...temps.

 

                         Merci, Edmée, de nous avoir offert tes « Romanichels »!

 

 

MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

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File d'attente, une nouvelle d'Alain Magerotte

7 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Nouvelle

Alain

 

 

FILE  D’ATTENTE

 

Les deux gardes-chiourme ne nous prêtent qu’une attention distraite, trop préoccupés par les nuages noirs qui s’amoncellent. Le plus grand ronchonne que le pique-nique familial projeté pour le week-end est compromis. Son acolyte, les mains derrière le dos, dodeline de la tête en guise de mauvaise résignation mais ajoute, un éclair d’optimisme dans la voix :

« J’ai pas entendu les prévisions à la radio. Ce matin, le temps était prometteur, peut-être que plus tard dans la journée, ça va s’éclaircir…

- Je crois pas, fait le grand, quand ça devient aussi sombre, en général, c’est mal barre pour plusieurs jours… »

Il est dix heures. Une pluie fine et persistante, se met à tomber, sonnant le glas de leurs derniers espoirs en une amélioration prochaine.

La convocation stipulait que je devais être sur place à huit heures précises. J’ai eu de la chance en arrivant à huit heures et une minute que le grand m’accepte in extremis dans la file d’attente. Il faisait bon, le gars n’aurait peut-être pas été aussi sympa s’il avait plu à ce moment-là. Tout en plaçant une chaîne qui pend mollement entre deux piquets, il m’a même gratifié d’un sourire en me lançant :

« Je vous fais une fleur en vous laissant passer, sinon, je vous dis pas l’embarras dans lequel vous seriez… »

Je n’ai pas eu l’occasion de lui demander où il voulait en venir car déjà, il s’était éloigné avec son collègue après avoir ajouté, comme pour s’excuser de son beau geste :

« Z’avez de la chance d’avoir une bonne tête ! »

Il ignore que j’ai l’habitude d’être en queue de file. Je ne saurai jamais comment procèdent certains pour occuper la pole position… faut dire que je suis souvent… enfin, toujours à la bourre.      

La file s’ébroue lentement. Chaque pas en avant est suivi d’un agaçant surplace. Il en va ainsi depuis un peu plus de deux heures. J’aurais dû penser à prendre un bouquin, La comédie humaine par exemple.

De temps à autre, j’aperçois quelqu’un qui s’extrait de la file pour aller satisfaire un besoin pressant le long d'un mur à la peinture écaillée. Il regagne aussitôt son espace que suivi et suiveur ont délimité. Pas question de frauder, c’est comme au bureau de Poste ou à la caisse du Supermarché.

La comparaison me fait pressentir que l’inévitable «petit malin de service» va profiter de ces mouvements de foule répétés pour resquiller. Et voilà comme prédit : une dizaine de gaillards devant moi, revenant de s’être soulagé, une espèce d’échalas aux jambes interminables, à la tignasse trop lourde pour son maigre visage d’éphèbe sous-alimenté, profite de la situation et hop, se retrouve trois places plus avant. Ce gain provoque un scandale disproportionné en regard du maigre bénéfice engrangé par notre homme. Adoptant une attitude de matamore, une hideuse matrone, courte sur pattes, n’attendant qu’une occasion pour libérer toute la rancœur qui bouillonne en elle, incite, dans une jactance vulgaire, les «dépassés» à lyncher, du moins verbalement, l’horrible fraudeur. Le gars ne répond pas. De son mètre quatre-vingt dix, il dédaigne, hautain, la virago qui continue de vociférer.       

Les deux gardes-chiourme, que les conditions climatiques chiffonnent toujours autant, interviennent en demandant, exaspérés, au géant de leur montrer sa convocation. Après l’avoir vérifiée, ils se radoucissent, échangent quelques mots, mais agrippent tout de même le gars par le bras pour le contraindre à gagner le bout de la file, juste derrière moi. La nouvelle lanterne rouge se libère :

« O monde cruel, O monde barbare où l’aède est devenu un oiseau rare, il me tape sur l’épaule, vous… vous avez vu comment ils m’ont traité ? Comme du bétail ! Ils m’ont serré si fort que j’en ai le bras tout bleu ! »

L’inconnu me pousse à la conversation. Pourtant, je me suis juré de suivre mon parcours en silence, jugeant les circonstances trop favorables aux propos banals et aux discours creux. Aussi, j’essaye de couper court en répondant :

« Une surveillance de tous les instants doit soumettre les nerfs à rude épreuve…

- Est-ce une raison, parce que ces messieurs sont en ébullition, de me déplacer, dans une affligeante partition, en bout de file comme un pion ? O tempora, O mores… mais, veuillez m’excuser, j’ai omis de me présenter, Gonzague Richecourt, poète à mes heures, c’est-à-dire 24 heures sur 24…

- Enchanté » fais-je, sans juger utile de décliner mon identité. Mon interlocuteur, devisant sur son infortune, ne s’en émeut point.

« Qu’ont-ils indiqué sur votre convocation ? interroge-t-il, revenant brusquement à des considérations plus terre à terre.

- Que je devais me rendre aujourd’hui, à huit heures, sur le quai numéro cinq, face aux entrepôts.

- Pareil pour moi. Nous sommes logés à la même enseigne sous laquelle le flou absolu règne. Ceci dit, j’ai essayé, au grand gardien, de tirer les vers du nez… il m’a dit que ce n’était pas son rôle de parler. S’ils ne sont guère diserts sur le sort qu’ils comptent nous réserver, c’est qu’ils pensent ainsi mieux nous manipuler… »  

Richecourt laisse sa phrase en suspens pour ménager ses effets. Je m’attends donc à ce qu’il reprenne de plus belle en s’enflammant dans un violent réquisitoire contre la société. Cependant, il n’en est rien. Il soupire et s’enferme dans un mutisme plus éloquent que n’importe quelle diatribe.

Nous progressons de quelques pas. La file ne donne pas l’impression de diminuer. Il ne pleut plus mais le ciel, que les deux matons continuent d’interroger, reste menaçant. Des nuages gris nous narguent, prêts à déverser de nouvelles ondées.  

Richecourt me propose une demi-gaufre au chocolat, emballée dans un plastique, aux trois-quarts émiettée et aplatie, résultat d’un long séjour dans la poche de son manteau. Je le remercie mais ne saurais rien avaler, je suis trop énervé à l’idée de passer des heures à faire la file.

Un cri s’élève. Il est suivi de propos offensés émanant d’une jeune femme à l’adresse d’une espèce de rustre qu’elle accuse de la serrer d’un peu trop près. 

L’accusé, goguenard, semble ne pas prendre les menaces de la demoiselle au sérieux qui appelle alors les gardiens. Une initiative terriblement efficace puisque l’insolent, pris d’une crainte subite, crie à l’adresse de ces derniers :

« Ça va, ça va, vous dérangez pas, y a vraiment pas de quoi s’énerver… je vais gagner le bout de la file où je me tiendrai à carreaux pour le reste de la journée… »

Le plus grand des gardes lance :

« Z’avez intérêt, sinon… »

Et voilà le bonhomme qui vient se mettre derrière Richecourt et moi. Si cela continue, je vais me retrouver aux avant-postes.

Nous sommes pris à témoin par le nouveau venu :

« Vous avez vu ça ? Non mais pour qui elle se prend cette greluche ? D’accord, elle est mignonne, mais ce n’est pas une raison pour qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil. Je l’ai serrée d’un peu trop près… c’est le gros derrière moi qui m’a poussé en revenant d’aller pisser... et puis, après tout, zut, ce n’était pas désagréable de lui toucher le popotin. Tiens, si je pouvais, je recommencerais…  

- Vous auriez pu commencer par la fin… cela nous aurait évité un préambule hypocrite, rétorque Richecourt sur un ton agacé.

- Si on ne peut plus plaisanter, Monsieur qui m’a l’air un peu coincé… c’est ta première file ?

- Je suis Gonzague Richecourt, poète… c’est ma première file, comme vous dites, et je ne vous autorise pas à me tutoyer ! 

- J’aurais dû me douter, un illuminé ! Allez, je ne t’en… je ne vous en veux pas… sachez cependant, M’sieur le faiseur de rimes, que dans la file, qui que vous soyez, ils n’en ont rien à cirer ! C’est ma septième, je sais de quoi je parle, foi de John… » 

J’aimerais questionner John au sujet de la file quand soudain, une méchante houle secoue notre bel alignement. Elle est suivie d’exclamations de frayeur.

Un type vient de s’écrouler d’une pièce. Malgré la vive émotion, un jeune gars plein de sang-froid se précipite au secours du malheureux qui est pris de convulsions. Son visage devient violet, il n’est pas beau à voir. Il se raidit.

Le jeune gars lui fait du bouche à bouche, martèle la cage thoracique à grands coups de poing rageurs avant de s’arrêter, exténué, devant l’inanité de ses efforts. Il se relève en toussant et regagne sa place dans la file d’attente, désolé de n’avoir rien pu faire pour le malheureux.

Les deux gardes-chiourme entrent en piste une nouvelle fois pour tirer le macchabée par les bras et le déposer près de la porte d’un des entrepôts. Ensuite, de leur portable, ils appellent une ambulance. Celle-ci surgit si vite qu’on croirait qu’elle se trouvait en embuscade derrière le bâtiment. Des brancardiers embarquent le corps de l’infortuné.

« En voilà un qui est définitivement exempt de file… ricane le dénommé John.

- Vous faites preuve d’un cynisme écoeurant, lance Richecourt.

- Une scène comme celle-là est courante depuis que je fais la file. Y en aura d’autres, croyez-moi. Voilà une manière propre d’éliminer l’excédent…

- C’est nous que vous qualifiez aussi élégamment d’excédent ? J’ai peur de comprendre…

- Chapeau pour cet éclair de lucidité, M’sieur le poète dont l’espèce est en voie de disparition parce qu’il y a plus de place pour elle… vous, moi, et tous ces braves gens qui font la file, représentons le surplus qui ne s’extirpera de cette sinistre comédie que les pieds devant, comme ce pauvre type… »

John se rengorge. Son côté bravache m’énerve : 

« Pourriez-vous nous dire à quoi rime cette mascarade ? fais-je sur un ton cassant.

- J’ai pas la prétention d’en savoir plus que les autres. Je constate, c’est tout. Appelons cela de l’expérience. Je vous ai dit que je n’en étais pas à ma première file… mon seul mérite est de tenir le coup et de pouvoir revenir, chaque fois, le lendemain…

- La convocation de Monsieur Richecourt et la mienne ne sont valables que pour aujourd’hui, c’est bien écrit…

- Tétététété, quand vous arriverez en fin de parcours, un type vous en donnera une nouvelle pour demain et ainsi de suite. Ce sera comme ça tant que vous vivrez. Y a que la toute première convocation qui est envoyée par recommandé

- Et pourquoi ?

- Ça leur évite une perte de temps inutile et des frais considérables.

- Nous sommes donc si nombreux ?

- Essayez d’apercevoir le début de la file… »

C’est vrai qu’on ne le voit pas. Quand il ne fait pas aller sa grande gueule, John a un côté presque touchant. Je commence à le trouver sympathique. Peut-être est-ce dû au fait que nous partageons un identique et étrange destin.

La pluie se remet à tomber aux environs de midi. Ajoutée à l’attente, elles finissent par provoquer chez certains un état proche de la crise de nerf. La preuve avec ce quidam sortant du rang pour rebrousser chemin d’un pas plus que décidé. Lorsqu’il arrive à ma hauteur, le plus grand des gardes-chiourme l’interpelle :

« Où allez-vous ? Il est interdit de quitter la file, si ce n’est pour…

- J’ai assez perdu de temps comme cela. Je reviendrai demain, ce crachin va me faire choper la crève. J’ai les bronches fragiles…

- Bronches fragiles ou pas, je vous somme de regagner votre place… ce temps n’est bon pour personne mais on sait rien y faire » profère le garde, sentencieux.

- Et moi, je vous dis que… »

Le malheureux est empoigné par les manches, trop longues, de sa veste. D’un mouvement sec des bras, le type se libère de l’étreinte et veut s’enfuir. Il est crocheté par derrière et s’affale sur le sol. Les gardes l’entourent, menaçants :

« Maintenant, filez derrière, sinon… »

Le type comprend qu’il serait sot d’insister et obtempère en essuyant, du revers de sa manche, le filet de sang qui s’échappe des commissures des lèvres. John l’admoneste :

« Bon sang, c’est tout de même pas votre première file ! Je vous ai aperçu hier, et encore avant-hier… tenez, prenez ce mouchoir et essuyez-vous. On peut dire que le macchabée vous a sauvé la vie… 

- Que voulez-vous dire ?

- Le coupable d’une incartade subit la sanction suprême, sauf dans les cas suivants : si c’est sa première file, le nouveau se voit octroyer le «bénéfice du manque d’expérience», s’il se punit lui-même en se mettant au bout comme je l’ai fait tout à l’heure, avec la perspective de passer la journée dans la file d’attente, ce qui n’est pas rien… et, enfin, s’il y a mort d’homme… question d’équilibrage, ils ne peuvent pas être en-dessous du quota imposé au quotidien.

- Et… qu’entend-t-on par «sanction suprême» ?

- Le renvoi immédiat à la maison !

- Comment ?... Ce serait plutôt une bénédiction ! » m’écriais-je, prêt à commettre la faute qui me permettrait de rentrer chez moi. John tempère mon enthousiasme.

« Cela hâterait votre mort, mon cher. Croyez-moi, tant que l’on vous convoque pour faire la file, cela signifie que vous existez, que vous êtes attendu, c’est-à-dire que vous êtes utile… donc, que vous ÊTES tout simplement. A partir de l’instant où vous êtes, vous éprouvez des vibrations, des sensations comme celle que procure le plaisir d’attendre à votre tour. N’est-ce pas merveilleux d’attendre, même si l’on ne sait ni qui, ni quoi ? Juste le fait d’attendre, rien de plus… ne plus être attendu ou ne plus rien attendre, c’est mourir. Le jour où on vous éjecte de la file, préparez-vous à mourir à petit feu…

- C’est insensé, voyons ! Vous essayez de me convaincre que le fait de faire la file bêtement et de recommencer les jours suivants, est une preuve que l’on existe, tandis que…

-… Tandis que se morfondre chez soi, abandonné de tout et de tous, sans l’ombre d’un espoir de voir quelqu’un nous appeler parce qu’on est considéré comme mort aux yeux de la terre entière, c’est la joie… tu parles ! La perspective d’une vie de reclus m’accompagnant jusqu’à mon dernier souffle sans susciter la moindre réaction, ni le moindre intérêt de la part d’autrui… merci, très peu pour moi… sachez, cher Monsieur, que, dans cette misérable existence, arriver sans défaillance, le soir, au bout de la file est devenu un objectif avouable, valorisant même. Savoir qu’on est attendu le lendemain et les jours qui vont suivre, nous rassure quant à notre raison d’être. Je le répète : ne pas se soumettre aux impératifs de la file d’attente serait suicidaire.

- Ah ! Bravo, s’écrie Richecourt, je m’étais juré de ne plus adresser la parole au cuistre que vous êtes… si j'en avais un, j’ôterais mon chapeau sur le champ en signe de respect, quelle envolée ! Vous m’avez convaincu, Monsieur… »

John lève les bras, pressant ses mains l’une contre l’autre à s’en faire rougir les paumes, comme un sportif remportant une compétition. Il se met ensuite à tourner sur lui-même dans une attitude fanfaronne, attendant les acclamations d’un public boudeur. Une gestuelle grotesque et choquante en osmose parfaite, cependant, avec la situation biscornue que nous vivons. 

Aux facéties de John, succède un calme plus seyant aux circonstances. Notre lente marche en avant se poursuit durant le restant de l’après-midi jusqu’à ce que la nuit descende sur une file d’attente réduite à la portion congrue.

Il est près de vingt-deux heures lorsque le dernier carré formé par Richecourt, John, le fugueur et moi-même, atteint une table basse derrière laquelle trône, crâne rasé et lunettes noires, un énorme type aussi attirant qu’une porte de prison.

Il m’arrache presque la convocation des mains puis, s’empare d’un feuillet de format A4 sur lequel il recopie mes coordonnées. Au verso du document, sont imprimés des dizaines de petits carrés. Dans le tout premier, en haut à gauche, il inscrit la date d’aujourd’hui. Les autres sont destinés à mentionner les jours suivants.

Le colosse me tend une convocation pour demain et me signifie, d’un hochement de tête, que je peux disposer. Inutile de lui poser la moindre question, il n’y répondrait pas. D’ailleurs, tout est très clair dans mon esprit, lorsque je me remémore les paroles réconfortantes de John : «Savoir qu’on est attendu le lendemain et les jours qui vont suivre, nous rassure quant à notre raison d’être…» 

En un jour, j’ai beaucoup appris. Des leçons bien retenues en attendant les prochaines, car, je suis gagné à la cause de la file d’attente qui me fait vivre. Je n’ose m’avouer que c’est surtout une question de survie.

Je salue mes trois compères, souhaitant les revoir le plus souvent possible. J’ai même une pensée émue pour les deux gardes-chiourme qui seront certainement au poste demain. En effet, la pluie semble s’être installée dans la région pour plusieurs jours.

 

 

 

Alain Magerotte

 

http://www.bandbsa.be/contes/magerotte1recto.jpgNouvelle extraite du recueil "Bizarreries en stock"

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Vincent Jooris et les pirates

6 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #présentations

 

 

Jooris-V-tete.jpgOriginaire du Tournaisis, j'habite dans la région de Nivelles depuis deux ans. J'ai 25 ans.

L'imaginaire de la piraterie était le thème de mon mémoire de fin d'études en littérature. Chasse‑partie est né de mes recherches : sans cesse confronté à ce personnage stéréotypé, j'ai eu l'envie de le malmener un peu. Je pense que tant les amateurs d'aventures que ceux qui les détestent pourront s'y retrouver : le personnage principal est en quelque sorte un ancien "héros" devenu antihéros.

 

Mon mémoire est en voie de publication, également chez Chloé des Lys. J'y relève les caractéristiques récurrentes du flibustier dans les romans, l'art et le cinéma. Son titre sera Les pirates décortiqués. La figure du pirate moderne de la fin du XVIIe au XXe siècle. Il sera illustré par des extraits significatifs.

 

 

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Une incontrôlable traque dans les Antilles

 

 

Ancien corsaire français, Jacques Mériadec ne vibre plus à l'appel du large. Il vit d'expédients et croupit à New Providence, dans les Bahamas.

Sur cette île, d'insolites meurtres se produisent. Le chef de la police charge Mériadec de mener l'enquête. Mais Jacques joue de malchance, il finit par être lui‑même suspecté d'homicide : son salut semble être dans la fuite et la fourberie.

 

D'habitude, les histoires de pirates exaltent les valeurs d'un héroïsme improbable. Chasse‑partie démolit ce cliché. Son protagoniste est un vieux briscardCouverture-Chasse-partie.jpg cynique, à qui il arrive encore de se faire piéger. Bref et imprévisible, ce roman nous plonge dans un autre monde, sans une once d'ennui à la clef.

 

 

 

Vincent JOORIS

 

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Jean-Claude Texier : un extrait de L'élitiste

5 Mars 2011 , Rédigé par aloys Publié dans #Textes

P1070295Roméo de Rivera, proviseur socialiste imprégné de marxisme, grand admirateur de Staline, vient d'être nommé en zone sensible de la banlieue parisienne.  
 

"...Il terminait son septennat lorsqu'il fut remarqué, lors du Congrès de Rennes en 1990, par un personnage influent qui lui assura sa nomination à Champfleury, sur la rive gauche de la Marne, en face de Saint-Sauveur.

 

   Là, il dut mettre son orgueil en berne. Comme il l'avait appréhendé, il trouva un endroit dévasté par les voyous des cités avoisinantes. De nombreux enfants d'immigrés  y côtoyaient les rebuts des autres lycées. Le manque de crédit, la pauvreté, la hantise du chômage, le racisme et la violence avaient créé un climat peu propice aux études. Le seul espoir de promotion était de franchir cette rivière, se faire admettre à Edith Cavell où se formaient les élites. Alors il entendit pour la première fois, prononcé avec respect et admiration, le nom de Charvache. On parlait d'un modèle de proviseur, d'un chef-d'oeuvre de lycée, avec ce mélange d'envie et de dédain propre à tous ceux qui désirent secrètement ce qu'ils ne peuvent avoir. Roméo se sentait leur frère, lui qui était loin de pouvoir prétendre à autre chose que le lycée poubelle dont il avait hérité. 

 

   Imaginez un architecte qui se serait trompé de commande et aurait livré les plans d'une aérogare affectés à la construction d'une école en haut d'une colline, et vous aurez une idée du bâtiment dont Roméo prit possession cette année-là. Une forme circulaire, un plafond bas tout noir, des couloirs gris, tous semblables, aussi larges que des rues où des foules de voyageurs auraient pu débarquer, où l'on tournait en rond en se perdant aisément faute de repères, où les portes des salles se confondaient avec les parois uniformes. Un labyrinthe inextricable où même les habitués s'égaraient étourdiment, des corridors interchangeables, rigoureusement identiques, comme pour induire les usagers en erreur, si bien qu'y entrer, c'était déjà perdre son temps. L'ensemble était si laid, si mal conçu, si cauchemardesque, que même les vandales avaient renoncé à écrire dessus, le jugeant sans doute indigne de porter leur empreinte. On aurait pu y tourner un film d'horreur en faisant l'économie d'un décorateur ; il éveillait un tel désir de fuir que l'on y cherchait instinctivement le comptoir d'une compagnie aérienne où une belle hôtesse vous inviterait à des voyages enchanteurs pour oublier les lieux. Hélas, la seule hôtesse se trouvait à l'entrée, enfermée dans une cage de fer doublée de vitres incassables. Elle actionnait un portillon, après que l'on eu décliné son identité par l'interphone. Lorsqu'on s'adressait directement à elle, seul un minuscule guichet permettait d'entendre sa voix, tant elle était protégée du bruit et de la violence. Des caméras vidéos lorgnaient les clôtures entourant le terrain vague qui tenait lieu de jardin. D'autres vous épiaient à l'intérieur, dissimulées dans le noir du plafond, où les rayons obliques du soleil matinal allumaient leur oeil sinistre. La drogue ignoble avait trouvé là une terre d'élection. Telle était l'aérogare Maurice Barrès, une Colline Peu Inspirée, aux dires des lettrés.

 

   Un personnel aussi moche agrémentait l'établissement. Une adjointe rousse échevelée, affolée, criarde, toujours à bout de nerfs, des employés administratifs désabusés, dépassés, démoralisés par des confrontations constantes. Deux secrétaires si mal fagotées qu'on les aurait confondues avec la clientèle dépenaillée, ébouriffée, ahurie, de traîne-savates loqueteux, au dos courbé de vieillards, qui allaient de travers, comme ivres, dans le dédale des couloirs. Emprisonnée par les portes coupe-feu, stagnait une odeur persistante de moisi que les brefs courants d'air ne parvenaient pas à chasser. Une désorganisation complète à tous les échelons choqua son esprit rationnel. On se chamaillait dans chaque bureau, on se renvoyait des tâches et des jurons en gueulant :

"Ca ne me regarde pas ! Faites votre boulot, nom de Dieu !"

 

   Le bureau de son adjointe était séparé du sien par tout un couloir circulaire. On y faisait d'interminables allées et venues, on y parcourait des kilomètres inutiles, un épuisant marathon quotidien où l'on trimbalait des piles de documents sur des chariots brinquebalants. Des dossiers s'empilaient pêle-mêle sur des pupitres en guise de tables, on semblait partout à la recherche de quelque chose d'introuvable, en proie à une rogne hargneuse. Le premier jour, l'adjointe ne répondit pas à ses demandes réitérées d'ouvrir sa porte : pour avoir la paix, elle s'était renfermée à clef. Le lendemain, il eut bien envie d'en faire autant. Une flopée de mécontents s'alignait devant son bureau pour présenter leurs doléances. Il écouta les plaintes et revendications, prit des notes, et renvoya tout le monde avec le remède miracle dont les politiques font si ample usage : des promesses."   

 

 


Elke Texier

champsromanesques.over-blog.com

 

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Gauthier Hiernaux a lu "Poulet aux olives" de Jean-Philippe Querton

4 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Fiche de lecture

gauthier hiernaux2

 

Jean-Philippe Querton

 

Mortel poulet

 

Ce n’est pas la fiche de lecture d’un seul roman que je vous propose aujourd’hui, mais celle de deux ouvrages (« Le Poulet aux olives » et « Mortelle praline ») qui n’ont pas en commun que leur auteur, Jean-Philippe Querton dont j’avais, il y a peu, chanté les louanges (voir « L’homme à la Chimay bleue » plus bas sur cette page) mais également le personnage principal, le détective très inspiré nommé Marcel Quinchon. 


Quelque peu refroidi par l’une de mes dernières lectures, je me suis délecté des pages savoureuses du premier roman de l’auteur intitulé « Le Poulet aux olives ». D’emblée, le romancier nous met au parfum : il s’agit d’un polar gastronomique, association qui n’est pas sans rappeler le regretté Manuel V. Montalban. Mais la Barcelone de Montalban a été troquée contre des contrées qui nous sont plus proches (Nivelles, Rebecq…) dans lequel Quinchon (appelons-le « Marcel », il ne s’en offusquera pas), doté d’une verve comparable à son appétit, évolue comme un poisson dans le ricard.


En quelques mots : Marcel Quinchon est appelé par une vieille rombière qui soupçonne sonhttp://www.bandbsa.be/contes/pouletolives.jpg mari d’infidélité. Une affaire somme toute très banale qui ennuie mortellement le privé. Mais quand la vieille est salement égorgée et que d’autres individus, liés de près à la famille, tombent comme des mouches, l’affaire se corse.


Dans « Mortelle praline », le dernier roman de l’auteur, Marcel Quinchon mène l’enquête dans le milieu hospitalier dans la région de La Louvière. Un peu moins de gastronomie dans ce dernier tome des enquêtes du détective amateur de bonne chair (celle qui se mange et celle qu’on honore) mais un ton et un humour qui ne peuvent laisser les amateurs de bons mots et d’atmosphères indifférents.     


Deux excellents bouquins à dévorer sans modération devant un bon feu de cheminée... ou un verre de Chimay.         

 

 

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

 

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Hugues Draye : Un extrait de "Chemin faisant..."

3 Mars 2011 , Rédigé par aloys.over-blog.com Publié dans #Textes

H.draye

LISLES-MARTINS

1

J'aurai marché dans la forêt depuis une heure ou deux. Les arbres auront défilé les uns après les autres. Un coucher de soleil aura transpercé les branches.

Je n'entendrai pas les oiseaux. Ma tête sera encombrée d'une musique, d'un souvenir ou d'un projet. Les sentiers tortueux se succéderont et je verrai en chacun la réplique du précédent.

Je me demanderai, en apercevant les bouleaux, si les feuilles qui s'en détachent meurent à l'instant où elles quittent leur branche maternelle ou à la seconde précise où elles atteignent – et touchent – le  sol.

J'entendrai un coup de feu. J'imaginerai les chasseurs - ou les assassins - au loin. Je tournerai la tête vers les buissons. Je croirai reconnaître la casquette du Champenois, ce héros gaumais.

Je frissonnerai.

Je poursuivrai ma route.

2

"Combien de temps avez-vous marché dans la forêt, monsieur?"

"Je n'en sais rien, docteur"

Oui, la visite médicale aura commencé. On établira mon dossier. Je passerai sur la balance. Je serai ensuite prié d'attendre dans un box voisin. Et je créerai mon suspense.

Cinq minutes. Dix minutes. Un quart d'heure.

 Et le diagnostic tombera.

"Je ne dois plus vous apprendre, mon cher patient, que la pensée n'existe pas. Vous savez que les flashs qui passent dans notre cerveau à longueur de journée ne sont pas vraiment l'expression de notre volonté, que des planètes existant réellement dans le cosmos nous envoient journellement, grâce à un système de satellites, des photos ou des extraits de leur vie. Depuis quelques mois, je voyais des oranges bleues partout. Je me suis donné la peine, en tant que médecin, d'analyser scientifiquement cette chimère. Le résultat fut concluant : les fruits, soi-disant imaginaires vu leur couleur, se trouvent et existent matériellement sur Wivin, un astéroïde situé à trois milliards de kilomètres en diagonale de la couche atmosphérique. Il se pourrait - nous l'avons calculé - que certaines planètes, au cours des vingt prochaines années qui vont arriver, entrent en collision"

"Où voulez-vous en venir ?"

"Nous désirerions, afin d'éviter ce phénomène, parachuter des hommes sur place. Vos prises de sang et votre potentiel urinaire ont démontré, cellule après cellule, que vous étiez l’homme de la situation. On va vous envoyer là-bas. Vous allez découvrir vos rêves en chair et en os. Juste le temps d'une piqûre"

Et … je me laisserai faire.

 

3

Lisles-Martins.

Ainsi, le panneau - qui indiquait Liège-Guillemins dans la réalité - aura changé de nom lors de l'arrivée du train. Comme dans mes rêves.

Je jetterai mon ticket dans la poubelle du quai, j'arpenterai la salle des pas perdus, je consulterai les tableaux horaires et je raserai les murs. Comme dans la réalité.

Mon amie, ma Dulcinée, pour me surprendre, déposera sa main sur ma nuque. Un journal siégera dans la poche droite de son manteau. Elle mangera un bâton de chocolat. Elle laissera vagabonder sa main droite sur les boutons de nacre de son chemisier rouge. Elle claquera des dents et je verrai un soleil. Comme dans les rêves où je la rencontre. Nous traverserons le boulevard, main dans la main. Nous nous attarderons devant les magasins. L'herbe du parc sera rouge. Et mon amie regardera droit devant elle. Je ne connaîtrai toujours pas son prénom.

"Sœur Marie-Claire a téléphoné, mon chéri", dira-t-elle, comme ça, par hasard.

Je me rappellerai, moi qui connais mes scénarios amoureux par cœur, de ma première rencontre avec ma blonde dans une bibliothèque tenue par une religieuse.

"Ont-ils réparé la télé ?", demanderai-je encore. En me souvenant des fameux parasites devant l'image témoin de notre première rencontre.

Elle me tendra ses lèvres. Elle m'embrassera. Je m'évanouirai.

4

Visite médicale à nouveau.

"Que s'est-il passé, docteur ?"

      "On vous a sauvé à temps. Votre muse de Lisles-Martins détenait des pouvoirs paranormaux. Son fluide naturel allait provoquer des dégâts au niveau de votre attraction mutuelle. En un regard, vous seriez devenu aveugle ou paralytique. Un sérum doit être conçu pour lutter contre ce fléau. En attendant, vous rejoindrez le royaume des morts qui s'allume dans vos songes …"

Et le médecin plantera le thermomètre dans le creux de ma cuisse. Je n'aurai pas le temps de placer un mot.

5

Je voyagerai en dirigeable.

J'aurai le cafard.

La gare de Lisles-Martins et le fantôme de ma muse envahiront déjà mes souvenirs.

Dehors, les nuages voileront le hublot. Le ballon perdra de l’altitude. Le baromètre en aura pris un coup.

Pendant ce temps, à l'intérieur du dirigeable, je tournerai en rond dans un décor japonais. Une marmite en cuivre jouera du tambour au plafond. Des infirmiers - portant une civière - feront les cent pas. Oui, j'aurai atterri dans le royaume des morts de mon imagination. Je consulterai un plan. J'aboutirai au second étage. A la chambre 923.

Simon Jacob, apiculteur célèbre décédé depuis une quinzaine d'années, fera une sieste dans son pavillon. Il aura le regard pensif d'une statue de Rodin. Je serai intimidé. Je ferai quelques pas en avant. Ensuite, je reculerai.

Une fois de plus, je réaliserai que, contrairement à mes idéaux, la mort n'embellit rien, la mort n'efface rien, la mort existe essentiellement dans la tête, les humains gardent leur dimension et que les idoles n'existent pas.

6

Evidemment, je serai de retour sur terre.

Evidemment, j'aurai à nouveau droit à une visite médicale.

Qu'y apprendrai-je encore ?

"Mon cher patient, vous étiez sur le point de fondre. Je dois vous administrer une dose plus forte. J'ai lu, dans votre dossier, les références concernant vos rêves avec une panthère qui vous avale. Si mes renseignements sont exacts, il y a, dans le ventre de l'animal, un lit. La bête s'échappe du zoo, court dans le désert et rejoint un cirque. Je vais vous projeter en ces eaux-là"

"Retournerai-je bientôt à Lisles-Martins ?"

Je n'entendrai pas la réponse, bien sûr. Je m'évanouirai avant, bien sûr.

7

Le zoo d'Anvers aura fermé ses grilles. Les touristes auront déserté le grand jardin digne d'un dessin animé de Walt Disney. Les jardiniers seront partis à la cantine.

Et je serai encore là. Par hasard.

Derrière une maison blanche de type espagnol, deux panthères dormiront.

Je m'accroupirai. Je me faufilerai jusqu'à la queue des félins.

Je rêverai encore de Lisles-Martins. Je rêverai encore de ma muse. En vain.

La peur du gardien du zoo me glacera les os. Le radeau, situé dans mes rêves à l'extrême-droite du tuyau d'arrosage, aura été déplacé ; les traces blanches en témoigneront.

Le mâle sortira de son sommeil. Je me prendrai pour un homme invisible (ou un passe-muraille). Je sourirai. Je me rappellerai d'un médecin, dans une autre galaxie, prêt à me sauver en cas de danger. L'animal aura le temps de faire trois pas dans ma direction, de m'adresser un clin d'œil et de tourner … à droite.

 

 

 

 

8

L'animal n'aura pas le temps, comme prévu, comme dans mes rêves, de m'avaler. Je n'aurai pas le lpoisir de m'installer, de me coucher, de me draper et de dormir dans le lit de son ventre.

Je ne retournerai pas à la visite médicale. Mon médecin-fantôme se sera évaporé avec ses seringues et son sérum.

Je me retrouverai dans la forêt. Comme au point de départ. Je m'apercevrai, le plus simplement du monde, que je n'avais jamais quitté cette forêt. J'aurai pensé intensément et le rêve aura fait le reste.

Je ne rejoindrai pas Lisles-Martins. Je ne retrouverai pas ma muse. Mon envolée aura vécu son cours. Je ne me retournerai pas. J'accélérerai le pas.

Les marécages me paraîtront magiques. Les bûcherons, pour une fois, frôleront les divines apparitions. Les cyclistes de passage deviendront mes frères. Un ruisseau coulera dans mes veines. Je joindrai mes mains. Je regarderai en l'air.

Je deviendrai amoureux de la réalité.

Je rejoindrai une autre muse.

Je te rejoindrai.

Je te rejoindrai ... comme toujours.

Luttre, 14 juillet 2004, 22 heures,

juste avant de partir en vacances avec toi

 

Hugues Draye  huguesdraye.over-blog.com

 

 

 

 

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Le jeu de la photo... Qui est ce futur auteur ? Josy Malet-Praud !

2 Mars 2011 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #jeu de la photo

CCF14012011_00000.jpgVisuel Auteur - PDNA

 

 

C'était Josy Malet-Praud !!!

 

Bravo Bob, Marie-Claire et Nadine !!! Physionomistes !!!!!

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