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Le blog Aloys

Articles avec #fiche de lecture tag

Rolande Michel a lu "Le temps de l'errance" de Jean-François Foulon

20 Avril 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

J'AI LU LE TEMPS DE L'ERRANCE

de Jean- François FOULON

 

J'ai lu et relu à plusieurs reprises cet ouvrage avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Je me suis bien longtemps demandé comment trouver des mots dignes de

qualifier une œuvre d'une intensité poétique aussi exceptionnelle, à la fois pleine de tendresse et empreinte d'un romantisme teinté d'angoisse, d’incer titude et de questionnement.

 

Pour Jean-François Foulon, la rime est accessoire, même s'il se plaît à la taquiner avec une facilité déconcertante.

Quel que soit le mode d'expression choisi, l'auteur laisse errer sa plume, au hasard de ses états d'âme, de ses souvenirs, de ses angoisses.

Certains thèmes essentiels, que je me bornerai à évoquer, sont récurrents.

 

Rêver !

C'est bien là le propre de l'Homme, ce qui le différencie de l'animal, depuis la nuit des temps !

L'auteur évoque, non sans nostalgie, son enfance, et les endroits familiers dont sa mémoire a même enregistré les odeurs.

Associés à la musique, ses souvenirs lui ont permis de fuir un présent sur lequel il jette un regard attristé.

Grâce à eux, il a pu s'évader dans ses rêves, à la poursuite d'une étoile, et exprimer, à travers l'écriture, son espoir d'un monde meilleur.

 

Comme il le dit si bien :

"Heureux ceux qui partent sur des navires affrétés pour nulle part, sans savoir s'ils reviendront."

La mer symbolise l'Infini, L'Éternité. Attiré par elle, l'Homme hésite un temps, diffère son départ, et se décide enfin à prendre le large, à embarquer sur ses rêves, "des navires dont les nuages sont les voiles". À quel prix ? Vers quelle destination ? Peu importe. Il marche...

 

Au cours de son cheminement, il arrive que "ses pas se perdent"dans les gares, le temps d'une halte, en attendant le train de la vie. L'emprunter le

condamne à la solitude.

Très vite, les traces de ses pas s'effacent cependant, comme il en va de celles qu'il laisse quand il marche sur les routes enneigées.

Existons-nous vraiment ? Se pourrait-il que nous rêvions notre vie ?...

 

Tout au long de son périple, l'Homme assiste, impuissant, à la destruction de la nature, à la victoire du matérialisme, du sexe, de la drogue.

Et le temps fuit inexorablement, un peu comme si la mort et son silence étaient le but ultime de toute existence.

Mais le temps a-t-il jamais existé ou l'avons-nous créé ?...

 

À l'automne de sa vie, après des années d'errance au cours desquelles il a le sentiment d'avoir tourné en rond, l'Homme arrive au bout du chemin. Sa fin est proche.

Confronté à la réalité, soudain lucide, il en arrive à la conclusion que fuir, en quête d'un ailleurs illusoire, ne servait à rien. Il se demande alors si ce voyage, qui le ramène à son point de départ, en valait la peine.

Pourtant, en cours de route, il a connu l'amour qui embellit la vie et fait souffrir aussi. Mais, comme toute chose, l'amour est éphémère. Le poète a rêvé d'une femme inconnue qu'il aurait voulue parfaite et unique.

Cette quête d'amour idéal, si chère aux romantiques, Jean-François Foulon l'exprime avec infiniment de douceur et de délicatesse. Mais de ses amours imaginaires ou vécues, seuls lui restent les regrets et la solitude.

 

Avant d'en terminer, j'aimerais vous inciter à méditer sur cette déclaration d'amour sublime que toute femme rêverait d'entendre :

 

"Je ne me souviens plus où nous nous sommes rencontrés,

Ni de quel pays tu venais.

Je n'ai jamais rien su de ton enfance ni de ta famille.

J'ai même oublié ton nom.

Mais j'ai gardé au fond de moi le tendresse de tes caresses,

L'odeur de ta peau et la douceur de ton regard.

Je te reconnaîtrais entre toutes."

 

 

Rolande Michel.

 

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Christine Brunet a lu "Dans l'oeil de l'astre" T1 - Le cercle des loups-garous de Marion Oruezabal

16 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

« Dans l’œil de l’astre »

Tome 1 - le cercle des loups-garous

Marion 0ruezabal

 

 

Dès que j’ai pris connaissance du thème de ce roman, je n’ai plus eu qu’une seule envie : le lire. J’aime ce genre que l’on surnomme la « bit-lit », du moins lorsqu’elle sort des sentiers battus et rabâchés depuis trop de temps.

Marion Oruezabal nous propose un roman tout public, peut-être plus jeune ado, une histoire qui tient autant du conte que de la Fantaisy. La couverture est à elle seule un voyage, une invitation à plonger dans l’imaginaire de l’auteur. Pas de scène gore ou sanglante mais des descriptions qui entraînent le lecteur dans l’univers étrange de Sylvia.

Tous les ingrédients d’un bon roman du genre sont présents : magie, amour, secrets, surnaturel, et affrontement éternel des forces du bien et du mal. Difficile de décrocher de ce texte, difficile de ne pas jouer le jeu aux côtés des personnages humains ou pas ; d’ailleurs, le lecteur n’en a pas envie. Il veut lire et poursuivre l’aventure… il s’impatiente, constate vite que le dénouement n’est à plus que quelques pages et se demande qui vaincra et surtout comment.

De son propre aveu, l’auteur s’intéresse à la question du loup en France depuis une bonne quinzaine d’années. Et cela se ressent à chaque page : la vie de meute, la prédominance du loup alpha, la hiérarchisation du clan sont parfaitement décrites et donnent à cette meute de loups noirs une dimension si réaliste que sa dimension magique s’en trouve raffermie, légitimisée. Curieuse interaction entre Sylvia, Julien et Bastien qui, peu à peu, se déshumanisent au profit de Loup noir, Oseki, Œil unique ou Cynthara doués de la parole télépathique, protecteurs de la Nature et des Humains, gardiens de l’intégrité de la forêt.

Je ne vous dirai rien de la trame de ce premier tome ni, bien entendu, du dénouement, mais sachez que je n’ai qu’une hâte à présent : lire le tome 2. Marion, c’est pour quand ?

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Marcelle Dumont a lu "Villa Philadelphie" d'Edmée de Xhavée

28 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

J’AI LU VILLA PHILADELPHIE D’EDMEE DE XHAVEE


 

J’aime l’écriture d’Edmée de Xhavée. C’est une écriture de femme. Quand j’écris cela je ne veux pas du tout dire « couleur dragée » ou « poupon » toutes les trois pages. Non, c’est l’écriture élégante et juste d’une personne qui voit clair, mais connaît l’art de dire des choses délicates, comme sans y toucher. Elle n’insiste jamais, mais sait se faire comprendre sans tomber dans la vulgarité. Elle connaît admirablement l’univers de la famille bourgeoise, coincée entre la décence obligatoire et le désir impérieux d’assouvir ses passions. On dirait d’ailleurs que l’auteure ne peut se départir d’une légère ironie et d’un sourire très dédramisant.

Dans « Villa Philadelphie », c’est de cécité maternelle et de jalousie dévorante qu’il est question. On y voit une mère – par ailleurs excellente femme – prodiguer un amour plus profond et de meilleure qualité à sa fille aînée, alors qu’elle enveloppe la cadette d’une sorte d’affection condescendante. Elle n’en est évidemment pas consciente. La préférée en profite pour écraser sa sœur, en croyant se grandir. Sûre d’elle et de son pouvoir, elle en profite pour lui souffler son amoureux.

Toutefois les deux sœurs démarrent dans la vie bien dotées et vivent l’une à côté de l’autre dans des villas jumelles, mais la malédiction initiale continue à peser. Rosalie, toujours adulée par sa mère, a épousé l’homme qu’elle a choisi (et volé à sa sœur). Eveline – parce qu’il faut bien se marier – a hérité sans protester d’un mari égocentrique, laid et peu séduisant.

Il faudra toute une vie pour que les choses se renversent. Eveline trouvera la sérénité et le courage de disposer de sa vie, alors que Rosalie sombrera dans la folie lorsque sa séduction ne sera plus qu’un souvenir.

Dans « Les promesses de demain », une des nouvelles d’Edmée m’a fascinée. On y voit une mère incestueuse dépenser des trésors de ruse et de dissimulation pour protéger son secret. Et lorsque l’épouse dupée comprend enfin ce qui se passe et surprend les deux amants, il suffit de l’évocation du fils léchant la cheville de sa mère pour que tout soit dit. Bravo, Edmée ! Comme on est loin des descriptions pornographiques que nous infligent les images et la littérature d’aujourd’hui !


 

 

MARCELLE DUMONT

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Carine-Laure Desguin a lu 'Petits et grands départs' de Gisèle Hanneuse

12 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

Gisèle Hanneuse, Petits et grands départs, recueil de textes poétiques, Amant Vert Éditons, 2016.

« Petits et grands départs », premier recueil que signe Gisèle Hanneuse. Dans cet ouvrage édité par L’Amant Vert, une toute nouvelle maison d’édition montoise, fleurissent tout au long d’une centaine de pages des textes poétiques bien ancrés dans la Vie, avec tout ce que celle-ci peut offrir en matière de ressentis personnels mais aussi d’épaisseurs plus que réelles. Gisèle Hanneuse ne cache pas qu’elle a écumé depuis quelques années pas mal d’ateliers d’écriture mais ne vous y méprenez pas, aucun souffle dans et entre ces phrases ne sent l’amateurisme, ni même le formatage. Que du contraire, l’auteure a su tisser sa propre toile derrière laquelle on devine une très belle âme toute en transparence, une personne authentique capable de s’émerveiller devant la faune et la nature mais aussi de ruer dans les brancards lorsqu’il s’agit d’injustice humaine. Gisèle Hanneuse ne triche ni avec les mots, ni avec elle-même. Et ces textes me demanderez-vous, qu’égrènent-ils durant cette centaine de pages ? Malgré les supports et leurs contraintes souvent de mise dans les ateliers d’écriture, il se dégage de ces textes une puissance littéraire qu’aucune critique négative n’oserait déforcer.

Non, je ne vous lâcherai rien de plus de ce voyage qui vous entraînera (car vous lirez ce recueil, je n’en doute pas) du château de La Hulpe jusque…jusque …en passant par …

Gisèle Hanneuse ne cautionne ni l’oubli ni le silence, chacun de ses textes est, vous l’avez deviné, un nouveau départ à découvrir par soi-même.

À vous donc d’amarrer vos sentiments sur l’un ou l’autre de ces mots pleins de recherche et de liberté, de questionnement et d’espoir, d’amour et d’amitié, de voyages aérien et spirituel, de nostalgie et d’amertume aussi, parfois. Sans oublier le zeste d’humour qui allège et le chapeau surréaliste qui se soulève de temps à autre. Un premier opus très réussi pour Gisèle Hanneuse que je m’empresse de féliciter outre pour cette prose libérée de rimes trop faciles mais aussi pour la fonction de présidente du cercle littéraire Clair de Luth, fonction qu’elle embrassera dans quelques jours, succédant ainsi à Laurence Amaury à qui je me permets de lancer un très haut Merci Madame pour toutes ces années consacrées à la présidence du cercle Clair de Luth ainsi qu’à l’édition de la revue trimestrielle Aura. Soulignons que Laurence Amaury a contribué à ce livre en écrivant le préambule et n’oublions pas de citer non plus Jahann, la créatrice des œuvres photographiées en 1ère et 4ème de couverture.

Souhaitons un beau et long voyage à « Petits et grands départs », le premier recueil de Gisèle Hanneuse, ainsi qu’à L’Amant Vert Éditions, une toute nouvelle maison d’édition qui creusera son sillon dans ce vaste monde qu’est celui de la littérature.

Site de L’Amant Vert Éditions :

http://amantverteditions.wixsite.com/amantvert

 

Carine-Laure Desguin, novembre 2016

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

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Edmée de Xhavée a lu "Des lames et des lumières" de Carine-Laure Desguin

8 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

J’ai lu Des lames et des lumières de Carine-Laure Desguin (Edmée De Xhavée)

 

Je ne le dirai jamais assez – ni trop - , la poésie n’est pas ma Lorelei. Non que je n’aime pas et fasse « pouah, des poèmes… passons notre chemin »,  mais c’est souvent un langage qui me perd en cours de route… Bref, j’en lis « par-ci, par-là » et c’est en général parce que je connais l’auteur.

Ce fut donc le cas cette fois-ci. Il faut dire que l’objet est séduisant : une préface d’Eric Allard, préface qui donne, en quelque sorte, une boussole pour le voyage. De très belles illustrations de Catherine Berael, et une présentation à la fois chic, sobre et soignée.

Et puis on bat les cartes. Coupez-les de la main gauche. Un deux trois c’est parti.

Il y a des astres, des paniers d’horoscope, le destin et sa papesse des mystères, des heures longues, Des mots et images qui déferlent, parfois très hermétiques pour moi, mais quelque part il me semble que la musique, oui, la musique… quelque chose en moi la comprend et l’accueille. Il y a des pirouettes, des chromos tendres (ah, ce joli prince amoureux charmé par les elfes sur un pont de boucles d’or…), des hallucinations en 3D (la victoire dans son chariot de soleils tiré par des chevaux de sang qui s’élance du septième ciel…), des contes effrayants (les sorcières qui comptent des coquillages sur des nappes secrètes tissées de fils aux reflets d’écume et de serpents…). Il y a, oui, de tout ! On est dans un shaker de perceptions quasi-oniriques mais de celles qui vous collent à l’âme au réveil…

Ça, c’est pour la première partie du recueil… C’est la partie qui nous introduit aux cartes et à leur regard sur le monde, sur nous. Mais la seconde partie, celle qui est illustrée… elle s’impose d’elle-même avec un rythme psalmodiant, révélateur.  Après le tourbillon précédent, on est arrivés dans le lieu où tout s’éclaire, tout se calme, se révèle.

Bravo Carine-Laure pour m’avoir amenée à lire tout un livre de poésies, mais surtout à ne pas m’y ennuyer, et avoir le plaisir d’en parler…

Edmée de Xhavée

 

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Christine Brunet a lu "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

7 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

Auprès de ma blonde – Thierry-Marie Delaunois

 

 

Mince alors !

 

Auprès de ma blonde serait un roman policier à en croire le synopsis ! Si j’avais su…

L’aurais-je choisi pour sa 1ère de couv. ? probablement pas… Trop confuse à mon goût, mon œil s’égare à y dénicher les détails. Et puis, quel rapport avec une blonde ? Non, je l’aurais choisi pour la personnalité même de l’auteur…

 

J’ouvre le roman (226 pages) et je me plonge, finalement intriguée, dans les premières lignes… et plonger n’est pas un mot lancé au hasard… deux noyés flottent à la surface d’un lac ! Suicide ? Accident ? Un double meurtre (ce serait cool pour la suite…). Est-ce là le sujet du livre ?

 

Je dois avouer qu’instantanément j’adhère au style de l’auteur : très moderne, visuel, léger (même si le thème, a priori, ne s’y prête guère) voire acidulé et j’ai envie de sourire alors que le héros tombe sous le charme d’une magnifique blonde assise pensivement au bord de ce même lac et se pose des questions sur cette inconnue et, par une logique propre à l’être humain, sur lui…

 

La voilà qui lève les yeux sur le héros et… je ris… Ben oui… J’en suis la première surprise ! ça y est, l’auteur est parvenu à ses fins : il m’a accrochée… J’ai envie de poursuivre ma lecture et de comprendre jusqu’où il va aller et où cette histoire va m’entraîner.

 

Très vite je comprends le foisonnement de la couverture… Peu à peu, d’autres protagonistes apparaissent dans le paysage pourtant bien rempli de la blonde et du héros, des greffes comme de petites touches qui intriguent et désarçonnent. Les deux personnages principaux s’étoffent un peu comme des ectoplasmes qui cherchent à s’infiltrer dans des corps incompatibles : très curieuse sensation… un peu comme ces dialogues « ping-pong », des réparties acérées pour la spectatrice que je suis devenue. Quelle partie jouent-ils, ces deux-là ? Qui est vraiment cette blonde ? Une schizophrène habitée d’une double personnalité ? Une menteuse patentée ? ou pire ?

   

Pour le savoir, faudra lire… 

 


 

Christine Brunet

​​​​​​​

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Carine-Laure Desguin a lu "Ma voisine a hurlé toute la nuit" d'Anne-Michèle Hamesse

6 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Anne-Michèle Hamesse, Ma voisine a hurlé toute la nuit, Nouvelles, Cactus Inébranlable éditions, 2016.

Dix portraits de femmes. Je me cale sur la banquette d’un bistrot, ce sera cool, je me dis. Le livre est léger, quatre-vingts pages, une récré. Lorsque j’ai acheté le livre au Grand Curtius de Liège (4ème Salon des petits éditeurs) voici quelques heures, je n’ai pas regardé la couverture, non, pas du tout. C’est le titre « Ma voisine a hurlé toute la nuit » qui a attiré toute mon attention. Il me semblait que je l’entendais crier, cette voisine. Et puis ce nom, Anne-Michèle Hamesse. Jamais rien lu de cette auteure, je ne connais Anne-Michèle Hamesse qu’en tant que présidente de l’Association des Écrivains belges de Langue Française. L’envie me prît donc de découvrir l’écriture de cette auteure publiée plusieurs fois aux éditions Luce Wilquin. Bien calée sur la banquette, je triture « Ma voisine a hurlé toute la nuit » et pan, mes yeux se rivent sur la couverture. Dans une semi-obscurité, une main féminine, un dos dénudé, quelques centimètres carrés d’une lingerie fine et de couleur noire. Cette photo est signée Claire Veys, auteure elle aussi puisqu’elle a publié un roman, Dizzy.

Dix portraits de femmes, des nouvelles. Première nouvelle, « Loterie ». J’ai envie de zapper l’histoire de cette paumée recueillie par sa sœur et qui gagne à la loterie mais je continue quand même et là, là, stupeur, ces dernières lignes, elles m’interpellent. Du noir de noir. Je relis le texte en entier, de la première jusqu’à la dernière ligne. Une écriture stylée, vraiment. J’oublie de siroter la Leffe que le garçon, silencieux devant ma totale immersion, vient de me servir. Car les neuf autres nouvelles sont du même acabit que cette « Loterie ». Des femmes écorchées, des femmes malheureuses dans leur mariage (ou leur célibat) ou des femmes qui donnent l’impression de vivoter plutôt que de vivre, d’être à côté de leur vie, oui, c’est ça, de vivre une vie à côté de leur vie. Mais croyez-moi, lorsqu’on lit ces dix portraits de femmes, on a envie de se secouer et de radiographier tout ce qui nous entoure. Elle est si courte parfois, et si bête aussi, cette vie. N’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

Avec des mots justes et très bien aiguisés, l’écriture d’Anne-Michèle Hamesse est moins innocente qu’il n’y paraît. Les psychés des individus sont creusés, découpés, ciselés. Les caractères sont façonnés et je dirais même sculptés car on les imagine fort bien, ces femmes aux destinées chaotiques qui laissent supposer des pertes, des manquements, des souffrances, des amputations, des meurtrissures. Des océans de silence et des flaques de non-dits. Un silence pousse parfois un cri strident, le saviez-vous ? Une contradiction ? Oui, sans doute. Il en va d’ailleurs de ces contradictions dans chacun des textes de ce livre. Leur chute n’en appelle pas nécessairement à la raison ni à la logique. Et c’est pourquoi ces dix textes, je ne vous les détaillerai pas. Je vous les laisse découvrir.

Mon coup d’cœur cependant pour « Le papier gris ». Cerise, elle s’appelait Cerise. Un portrait de femme tout en finesse. Et quelle subtilité dans l’écriture d’Anne-Michèle Hamesse pour donner de la vie et de la tolérance à une histoire d’amour entre deux femmes.

 

 

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Christine Brunet a lu "Le premier choix" de Séverine Baaziz

3 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

www.severinebaaziz.com

Le premier choix de Séverine Baaziz

www.severinebaaziz.com

 

 

Et si…

 

Voici comment pourrait commencer ce roman attachant. C’est vrai quoi ! Choisir sa famille, ses parents avant la naissance, avant même la fécondation, voilà une idée pour le moins attirante.

Oui, mais… Parce qu’il y a toujours un « mais » et celui que va vivre ce fœtus en devenir est de taille…

Pas question de déflorer l’histoire, ce serait franchement dommage. Mais les personnages campés par Séverine sont tous, à leur manière, très attachants dans leur bonheur ou leur revers de fortune.

L'auteur nous propose, au fil des tableaux familiaux une étude fine et très pertinente de la société sur fond de récit "fantastique", un cadre qui n'est, en fin de compte qu'un moyen de faire passer quelques messages subliminaux. D'ailleurs, difficile de mettre ce texte dans une case tant il est moderne et s'inscrit finalement dans la réalité du quotidien. Sous une apparence idyllique voire enviable, la vie de vos connaissances, de vos voisins peut être teintée de malheur, de revers de fortune… Il suffit de gratter et de savoir regarder. Poussé au choix, notre fœtus en devenir passe d’un couple à l’autre, vit à leurs côtés, s’attache, hésite… Le choix va, très vite, devenir cornélien…

Ce roman se lit d’une traite et si le style pourrait, au départ, laisser subodorer une histoire légère, la fin l’est sans doute un peu moins et prête à réflexion.

Alors, un conseil : ne vous laissez pas abuser par la couverture azur nimbée d’un joli nuage en forme de clé… Osez regarder par le trou de la serrure : ce que vous découvrirez alors pourrait bien vous surprendre !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Christina Previ a lu "Tant de silences" de Philippe de Riemaecker

29 Janvier 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

 

« Tant de silence » Philippe de Riemacker

 

Ce livre est une ode à la vie et qui fait pourtant référence à la mort qui sert à évaluer le vécu.

Les relations humaines forment le fil conducteur qu 'a choisi l’auteur pour nous introduire au sein de trois milieux très divers. Trois mondes qui diffèrent tant sur le plan social que géographique, culturel et spirituel. Néanmoins, le destin qui mène sa barque comme bon lui semble fera se rencontrer ces entités étrangères voire opposées.

Certaines pages s’ouvrent sur de profondes introspections, des questions qui restent sans réponse et des silences assourdissants

L’émotion est présente, souvent, sans aucune sensiblerie et la découverte de l’autre est la valeur suprême portée tout au long de ce beau récit.

Ce livre nous invite sur la voie de l’amour et de l’acceptation de la diversité humaine.

C’est un cheminement qui ne glisse pas sur la facilité. Il se lit au travers d’une multitude de facettes qui habillent les âmes au fil du vécu de chacun des héros, nous renvoyant ainsi des sentiments, des émotions et nous dévoilant le pire mais heureusement aussi le meilleur de la nature humaine.

Il n’est pas à exclure qu’une petite larme vous submerge au cours de cette lecture…

 

 

Christina Previ

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Christine Brunet a lu le roman de Robert Fontaine, "La croix mystérieuse"

27 Janvier 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Je ne lis que très rarement des romans policiers mais je dois avouer que la première de couverture et le titre de cet ouvrage ont titillé ma curiosité : quelque chose dans le dessin m’a fait penser, je ne sais pourquoi, à « l’île aux 30 cercueils ». Le livre entre les mains, je m’attends donc à quelque chose de semblable. Ai-je raison ? Je me lance dans la lecture en omettant, sciemment, de lire la 4e. J’aime les surprises !

Ce roman est un roman policier… Il démarre juste avant l’arrivée des troupes allemandes au début de la seconde guerre mondiale… Un début sur les chapeaux de roue avec un cadavre de femme puis une croix dressée à l’endroit où le corps a été retrouvé : par qui, pourquoi ? Beau mystère ! Puis le temps passe et… d’autres meurtres viennent troubler le paysage.

De nos jours… Un braquage qui tourne mal, et c’est tout un service de la criminelle qui se met en branle.

Le lecteur assiste alors de l’intérieur au processus d’une enquête, à la vie d’un service de police : relation entre les policiers, processus de déduction, interrogatoires, perquisitions… Pas de héros unique mais un groupe de policiers solidaires. L’enquête avance avec ses erreurs inévitables, ses impasses, et ses découvertes. Le lecteur ronge son frein, extrapole, cherche et tente de trouver un lien entre ce fameux braquage sanglant et, qui sait, les cadavres découverts près de la croix.

Je n’irai pas plus loin dans la révélation de la trame, ce serait dommage. Il faudra lire jusqu’au bout pour obtenir des réponses… même si la fin interpelle, je dois l’avouer.

Robert Fontaine nous propose un polar qui oscille entre Simenon dans le processus d’écriture et Vargas. Un balancement entre tradition du genre pour le style et le rythme et modernité pour l’environnement policier, un mélange qui étonne. Finalement peu de dialogues pour de longues descriptions qui ancrent les personnages et le lecteur dans un décor, un instant, un mouvement ou une décision. Une écriture fluide qui sert l’ambiance et le jeu des personnages.

Allez, je ne peux m’empêcher de vous donner deux indices ; deux questions vous tarauderont tout au long de la lecture : qui est le tueur de femmes et qui se cache derrière le masque de Mickey ? Jouez le jeu… Cherchez !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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