Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog Aloys

Articles avec #fiche de lecture tag

Edmée de Xhavée a lu "Ma voisine a hurlé toute la nuit" d'Anne-Michèle Hamese

15 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

J’ai lu Ma voisine a hurlé toute la nuit, d’Anne-Michèle Hamesse – Edmée De Xhavée


 

Ma foi, on le lit vite, ce livre. On le dévore, on suit les mots en haletant. Car chacune de ces courtes histoires fait monter l’adrénaline.

C’est la course à l’amour, la fuite devant la solitude, devant l’inéluctable. C’est le coup de matraque que donne le réel. Des vies de femmes que l’on a envie de prendre dans ses bras, et les femmes et leur vie, et leurs larmes et leurs rêves, et leurs utopies. On voudrait toutes les consoler, même les méchantes, celles aux seins et au cœur secs.

Il y a celle qui choisit de mourir alors que la clé du bonheur tombe dans sa main – ça fait si peur, tout d’un coup ! Celle qui attend une visiteuse qui ne viendra pas, et est assourdie par sa propre folie. Et l’anniversaire de Monsieur Perdange, avec ce cadeau sorti de Hollywood version hard... ah Madame Perdange que vous fûtes généreuse !

Il y a aussi celle, avec son celui, les idéaux, les parfaits, les encore si beaux, dont la vie sera à jamais changée par une simple dent cassée. Et la ravissante dame au cerf-volant… qui rêve et fait rêver. Une autre, foudroyée debout par l’exigeant et impatient désir d’un collègue de travail…

Saviez-vous que l’on peut soudainement ne plus exister pour les autres ? Mais parfaitement… vous entrez dans un restaurant et n’êtes plus nulle part… On peut aussi entendre des conversations qui, peut-être, peut-être, parlent d’un mari qu’on n’aime plus trop mais qu’on veut garder… Et ces aspects de l’autre qu’on découvre par hasard, qu’on n’avait jamais sus malgré l’amour et le partage, ces importantes confidences qu’on n’a pas voulu nous faire…

Et puis ces merveilleux films d’amour que l’on va voir pour tant de raisons contradictoires, dans une salle hantée par les rêves et amertumes des autres…

Je ne peux qu’engager ma responsabilité : le lire, c’est redécouvrir bien des choses de nous-mêmes et de ces femmes que l’on a côtoyées…


 

Cactus inébranlable éditions, 80 pages

ISBN 978-2-930659-44-2

10€

Edmée de Xhavée

 

Lire la suite

Jean-François Foulon a lu "A la fin de ces longues années' de Joël Godart

11 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Joël Godart, "A la fin de ces longues années" (Editions Chloé des lys)

 

Une nouvelle fois, je suis sous le charme après la lecture du dernier livre de Joël Godart (« A la fin de ces longues années »), un livre de poèmes, bien entendu :

Dans son recueil précédent, il était question du rêve, de la mer, des nuages, de la femme et aussi de la mort.

Ces thèmes, on les retrouve dans ce second livre, mais il me semble que la conscience de la mort qui rode a pris plus d’emprise sur le poète :

A la fin de ces longues années

Quand nous devrons quitter cette terre

Nous déposerons sur le fleuve nos deux cœurs

 

C’est que le temps continue à avancer et que les années qui restent devant l’écrivain s’amenuisent petit à petit :

Les années ont passé comme feu de paille

déposant sur nos vies des brassées de feuilles

L’hiver s’avance et sur toutes choses

étend ses longs doigts blancs de givre

 

Cette prise de conscience n’est pas morbide, elle est simplement lucide. L’auteur a conscience qu’une grande partie du chemin est derrière lui et il décide, puisqu’i n’y a plus rien devant lui, de s’arrêter et de regarder la beauté du monde.

On sait que le poète habite maintenant en Bretagne, devant l’océan. Cette région  devait forcément devenir un thème de prédilection :

Sur mes domaines les routes sont rares. Beaucoup de végétations battues par les vents, de chemins tracés en toute hâte (…) La nuit nulle lumière sur la lande mais des cris d’oiseaux.

Outre la description de la lande bretonne, un tel texte porte en lui une réflexion existentielle. Les routes qui se font rares sont celles de l’existence, le vent symbolise les difficultés de la vie et ces cris d’oiseaux dans la nuit noire ont quelque chose d’effrayant. On devine la mort tout au bout et le grand plongeon du haut de la falaise.

Pourtant, en ce lieu de repos et de recueillement, l’amour peut renaître :

J’avais oublié jusqu’à la blancheur de ta peau (…)

Tes yeux étaient deux promesses.

 

Parfois les vers de J Godart deviennent des jeux de mots tendrement érotiques aux consonances bibliques :

L’amour est olivier au jardin de mes caresses

 

Mais les saisons défilent et l’automne (ultime cycle de la vie) approche. Les arbres qui « bavardent dans la nuit mystique» vont perdre leurs feuilles :

Ainsi va comme une feuille

Le monde vers sa perte

 

Le poète (qui nous a parlé d’un autre livre qui devrait sortir bientôt et qui sera consacré au Père Lachaise) hante les cimetières et voit sur les tombes des noms de femmes. Il se demande si leurs amants se souviennent d’elles, de la douceur de leurs lèvres et de leurs mèches blondes. Mais

Seules les allées se souviennent et chuchotent sans fin vos noms dans les corridors du temps

 

Parfois, le poète par le de son « métier » d’écrivain :

Avec des mots j’ai fait une tresse  

Descendant en guirlande jusqu’à mes pieds

 

A d’autres endroits, il parle de la musique comme d’une métaphore de ses poèmes :

Au son de ta mandoline

J’ai gravé ô Colombine

Mes accents sur le disque

D’amertume et de folie

Mais déjà le disque se raie

 

L’amour et l’érotisme sont bien présents (à quoi renvoie cette mandoline ? Au corps de la femme aimée peut-être…) mais la fin est bien là : le disque se raie.

Le recueil se termine sur neuf petits textes étranges et charmants où l’auteur met en scène des guerriers d’une peuplade primitive. Ceux-ci ont combattu vaillamment, mais ils attendent la mort.

Nous, les lecteurs, nous attendons plutôt les livres suivants de Joël Godard. Puissent-ils être nombreux !

 

Joël Godart, A la fin de ces longues années

Jean-François Foulon

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2017/03/03/joel-godart-a-la-fin-de-ces-longues-annees-editions-chloe-de-5917004.html

Lire la suite

"Chaos" une lecture d' Alain Magerotte

10 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

Voir sur www.bob-boutique.com
"Chaos" une lecture d' Alain Magerotte


Revoilà donc notre flic bourru au grand coeur, Johan Verdriet de son nom, surnommé le bouledogue, et la jolie Lieve Moed, jeune inspectrice audacieuse, amoureuse dudit bouledogue, lancés dans une folle histoire qui va les emmener jusqu'au Yémen.
D'abord, quand j'ai lu le quatrième de couverture et vu la bande annonce pharaonique de "Chaos", je me suis dit ça y est, non content de devoir me taper les horreurs de Daesh et de l'Etat islamique à longueur de JT, voilà que Bob en remet une couche ! Trop is te veel !
De plus, l'ami Boutique est sans pitié, va falloir ingurgiter 492 pages... c'est du gavage, allô Gaia, help !
Bon, calmons-nous, me disais-je, le temps d'engloutir à la sauvette une pastille de Gaviscon et me voilà parti à la découverte de ce nouvel opus du fondateur et directeur des programmes d'Actu-Tv.
Comme dans "2401", le roman précédent qui démarrait avec "les lettres calomnieuses d'un corbeau", l'auteur part d'un fait simple, voire classique : le vol d'un tableau... avec cette nuance non négligeable; le tableau en question est sans grande valeur ! Voilà un fait qui ne peut que titiller la curiosité du lecteur. Bonne entrée en matière puisqu'elle est accrocheuse.
Je n'en dirai pas davantage au niveau de la trame afin de ne pas gâcher la surprise de celles et ceux qui vont partir à la découverte de ce nouveau roman fleuve.
Par contre, rayon personnages, je peux balancer puisqu'on retrouve, outre le couple en passe de devenir légendaire, Arie et sa compagne d'origine asiatique, Piet Buelinckx, une épée en informatique, bref les cadors de la KMAR, la Ministre Rita Van Hemelrijck, des agents du Mossad et le terrible Yahia.
L'auteur s'est bien documenté, résultat : c'est du travail propre et sérieux avec parfois un petit côté didactique et des détails techniques par trop pointus.
La célèbre gouaille de Bob transpire moins dans cette oeuvre que lors des précédentes, ce qui fait que lorsqu'on la retrouve au détour d'une page, on la savoure davantage.
Pour en revenir à la trame, que je ne me résous toujours pas à vous livrer, je tire mon chapeau (vous savez toutes et tous que j'en porte souvent) car il fallait aller la chercher celle-là... j'ai été scotché au point d'arriver trois jours de suite en retard au boulot ! C'est dire...
Bonne nouvelle, Bob annonce une suite !... Quand je vous disais que le couple Johan/Lieve était en passe de devenir légendaire...
Armons-nous donc de patience qui, n'en doutons point, sera récompensée d'ici... une bonne année. Rendez-vous en 2018.

 


Alain Magerotte. 
http://www.bandbsa.be/notes/chaosmagerotte.htm

Lire la suite

Christina Previ a lu "La maison" de Marie Klimis

3 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Une maison qui vit et se raconte, d’entrée de jeu ce n’est pas banal. De fait, rien ne le sera dans cette maison, née grâce à une histoire d’amour, et qui finira en ruine pour la même bonne raison.

Y entrer c’est pénétrer dans un monde au-delà du réel, entendre les briques vibrer devant les colères du maître d’œuvre vivant ou mort !

Les murs ont des souvenirs ; ceux d’une petite fille et de son mouton, surprenants par leur fraîcheur autant que par la ténacité de leur projet : la fillette dessine tout ce qu’elle peut, l’animal mange tout ce qu’il trouve

Tendez l’oreille, vous percevez des rires et des pleurs. La musique répond aux mots, les images ne sont pas toujours sages. La poésie s’infiltre avec les courants d’air, la cuisinière fait des mystères et méfiez-vous de son chocolat ! Ou alors, tout au contraire, servez-vous-en généreusement !

Ces murs ont été le point de départ de bien des voyages ; sur les routes pour les uns, philosophiques pour les autres

« La Maison » est un réceptacle de naïveté, d’amour, de trouble, de joie mais parfois aussi de déceptions et de colère. On y rêve aux étoiles sur les toits, pourtant la tristesse suinte au fond des caves.

Y pénétrer, c’est ouvrir la porte à l’enchantement, réfléchir au sens de la vie, rééquilibrer notre échelle de valeurs.

J'ai beaucoup aimé le style spécifique, enthousiaste, puissant et plein de fraîcheur de Marie Klimis. Le récit, traité avec beaucoup d’humour, analyse l’âme humaine avec une grande maturité.

Un seul bémol toutefois, certains passages m’ont semblé un peu longs.

 

Christina Previ

 

Lire la suite

Le blog de critique littéraire "Legere imaginare peregrinare" a chroniqué "Vénus en Ré", le dernier thriller de Christine Brunet

2 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture, #avis de blogs

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/02/17/passion-venus-en-re-christine-brunet/#more-10056

https://legereimaginareperegrinareblog.wordpress.com/2017/02/17/passion-venus-en-re-christine-brunet/#more-10056

Vénus en Ré est un thriller publié par les éditions Gascogne en décembre 2016. Il est le huitième de Christine Brunet; il peut être considéré comme une « suite » du précédent roman intitulé Convergences puisqu’il reprend les mêmes personnages d’enquêteurs. Il est l’occasion de faire plus ample connaissance avec eux, surtout Gwen Saint-Cyrq, la légiste au look extravagant ( piercings, tatouages, coupe de cheveux déstructurée) , et d’approcher d’un peu plus près cette femme mystérieuse, froide en apparence, mais courageuse, capable d’aller au bout de ses convictions, peu importent les conséquences.

venus-en-re

Le style est sobre, d’une précision quasi chirurgicale, très efficace, avec des phrases pas trop longues, des mots précis et parfois percutants attestant de la maîtrise parfaite de son auteur. Les très nombreux dialogues, notamment entre les enquêteurs à divers moments de leurs investigations, rendent le récit très vivant et entretiennent un suspense parfois à la limite du soutenable.

La présentation du roman est claire et aérée, rendant agréable la navigation au sein de cette enquête labyrinthique. Chaque chapitre porte un titre qui oriente le lecteur sur son contenu sans pour autant le révéler .

L’intrigue:

Dans le bois de Notre-Dame, quelque part dans l’est francilien, la découverte du cadavre d’une femme nue, étendue sur les feuilles détrempées, pose la question suivante: est-elle la 7e victime de ce serial killer que la presse a surnommé « l’homme au catogan »? En l’absence d’un modus operandi véritablement identique, les doutes sont permis, d’autant que le profiler Michel Lebecq et son équipe piétinent: aucune piste, tous les indices sont soigneusement effacés par le tueur, et aucun lien apparent entre les victimes qui semblent choisies au hasard.

Le commissaire Marsan, cette fois impliqué de près, obtient du juge l’autorisation du juge de mener sa propre enquête et reforme l’improbable duo Saint-Cyrq/ Signac. A condition de convaincre la jeune femme qui a démissionné pour se reconvertir en femme de chambre.

Pourtant,malgré les tensions et les désaccords qui les séparent, ils obtiennent très vite de nombreuses pistes qu’ils suivent jusque sur l’île de Ré. S’agit-il d’un seul tueur complètement imprévisible et d’une intelligence supérieure? Ou alors d’un « copy cat » en profitant pour commettre ses propres meurtres. Entre résurgences d’un passé pour le moins embrouillé, embuscades, poursuites, agressions et disputes, le duo de choc parviendra-t-il à résoudre cette ténébreuse affaire?

Les personnages:

ile-de-re-4
Île de Ré
  • Renaud Marsan: commissaire divisionnaire.
  • Ghislaine: sa fille, 22 ans.
  • Michel Lebecq: profiler de la Crim.
  • Le juge Colardon.
  • Gwen Saint-Cyrq: petite maigre tatouée, visage portant de nombreux piercings, cheveux noir corbeau très raides aux épaules sur le devant et presque rasé derrière le crâne ( petit clin d’œil à Lisbeth Salander??); médecin légiste très compétente. Orpheline, enfermé en maison de redressement à l’âge de 7 ans, puis adoptée par une femme qui ne l’aime pas, ce qu’elle lui rend bien.
  • Yvon Signac: co-équipier de Gwen.
  • Damien Potain: petit ami de Ghislaine; 32 ans, divorcé, biologiste marin au CNRS; ancien prof de la jeune femme.
  • Daniel Lesage: médecin légiste de l’équipe de Lebecq; ex petit ami de Gwen.
  • Christian Pinel: 8 e victime; premier amour de Gwen; 32 ans, condamné à 15 ans de prison pour piratage informatique.
  • Robert Grimaud: chef de la brigade de gendarmerie de l’île de Ré; ami d’enfance de Signac.
  • Josy Grimaud: épouse du précédent; capitaine de gendarmerie dans la même brigade. Premier amour de Signac quand ils étaient ados.

Les lieux:

Christine Brunet s’est visiblement très bien documentée afin d’offrir des descriptions de lieux les plus proches possible de la réalité, notamment en ce qui concerne l’île de Ré; en effet, elle donne de nombreux repères facilement vérifiables ainsi qu’une carte très précise (page 55).

Les descriptions des autres lieux sont minimalistes, donnant juste les indication nécessaires pour se représenter l’endroit, un peu comme un décor de film ou une photo: « La forêt domaniale du Bois Henri IV, enfin. Des maisons partout…Une bande de verdure. Des pins, un sol sablonneux couvert d’aiguilles brunes. Un sentier. » (Page 81).

Même chose pour l’appartement de Signac: « L’endroit était propre, méticuleusement rangé: il devait avoir une femme de ménage à la hauteur, à moins qu’il n’ait gardé ses habitudes de militaire. Tout était fonctionnel, sans luxe ni décoration inutile. Une table, quatre chaises, un canapé et une table basse devant, une cuisine à l’américaine à droite et un couloir qui devait mener aux chambres et à la salle de bains. » (Page 29).

Mon avis:

Grâce à Christine Brunet, qui m’a gentiment fait parvenir son roman afin que je le chronique, je découvre une romancière talentueuse, au style bien personnel, et son univers littéraire très agréable à lire, proposant un divertissement de qualité.Avec une dernière partie surprenante, à laquelle je ne m’attendais pas du tout.

Les nombreuses allusions à l’enquête précédente (voir Convergences) certes permettent de situer le relationnel compliqué fait de rancœur et d’attirance entre Signac et Gwen, mais peuvent à la longue gêner le lecteur qui n’a pas lu le titre précédent.

Des scènes d’action, des rebondissements intervenant au bon moment, des touches d’humour, des personnages intrigants mais attachants, loin de toute caricature,qui n’oublient jamais de prendre une douche ou de se nourrir (lol), que l’on a envie de retrouver dans une autre aventure, une intrigue sans temps morts ni incohérences, Vénus en Ré est incontestablement un excellent thriller dont je recommande très vivement la lecture.

Lire la suite

Rolande Michel a lu "Le temps de l'errance" de Jean-François Foulon

20 Avril 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

J'AI LU LE TEMPS DE L'ERRANCE

de Jean- François FOULON

 

J'ai lu et relu à plusieurs reprises cet ouvrage avec un plaisir sans cesse renouvelé.

Je me suis bien longtemps demandé comment trouver des mots dignes de

qualifier une œuvre d'une intensité poétique aussi exceptionnelle, à la fois pleine de tendresse et empreinte d'un romantisme teinté d'angoisse, d’incer titude et de questionnement.

 

Pour Jean-François Foulon, la rime est accessoire, même s'il se plaît à la taquiner avec une facilité déconcertante.

Quel que soit le mode d'expression choisi, l'auteur laisse errer sa plume, au hasard de ses états d'âme, de ses souvenirs, de ses angoisses.

Certains thèmes essentiels, que je me bornerai à évoquer, sont récurrents.

 

Rêver !

C'est bien là le propre de l'Homme, ce qui le différencie de l'animal, depuis la nuit des temps !

L'auteur évoque, non sans nostalgie, son enfance, et les endroits familiers dont sa mémoire a même enregistré les odeurs.

Associés à la musique, ses souvenirs lui ont permis de fuir un présent sur lequel il jette un regard attristé.

Grâce à eux, il a pu s'évader dans ses rêves, à la poursuite d'une étoile, et exprimer, à travers l'écriture, son espoir d'un monde meilleur.

 

Comme il le dit si bien :

"Heureux ceux qui partent sur des navires affrétés pour nulle part, sans savoir s'ils reviendront."

La mer symbolise l'Infini, L'Éternité. Attiré par elle, l'Homme hésite un temps, diffère son départ, et se décide enfin à prendre le large, à embarquer sur ses rêves, "des navires dont les nuages sont les voiles". À quel prix ? Vers quelle destination ? Peu importe. Il marche...

 

Au cours de son cheminement, il arrive que "ses pas se perdent"dans les gares, le temps d'une halte, en attendant le train de la vie. L'emprunter le

condamne à la solitude.

Très vite, les traces de ses pas s'effacent cependant, comme il en va de celles qu'il laisse quand il marche sur les routes enneigées.

Existons-nous vraiment ? Se pourrait-il que nous rêvions notre vie ?...

 

Tout au long de son périple, l'Homme assiste, impuissant, à la destruction de la nature, à la victoire du matérialisme, du sexe, de la drogue.

Et le temps fuit inexorablement, un peu comme si la mort et son silence étaient le but ultime de toute existence.

Mais le temps a-t-il jamais existé ou l'avons-nous créé ?...

 

À l'automne de sa vie, après des années d'errance au cours desquelles il a le sentiment d'avoir tourné en rond, l'Homme arrive au bout du chemin. Sa fin est proche.

Confronté à la réalité, soudain lucide, il en arrive à la conclusion que fuir, en quête d'un ailleurs illusoire, ne servait à rien. Il se demande alors si ce voyage, qui le ramène à son point de départ, en valait la peine.

Pourtant, en cours de route, il a connu l'amour qui embellit la vie et fait souffrir aussi. Mais, comme toute chose, l'amour est éphémère. Le poète a rêvé d'une femme inconnue qu'il aurait voulue parfaite et unique.

Cette quête d'amour idéal, si chère aux romantiques, Jean-François Foulon l'exprime avec infiniment de douceur et de délicatesse. Mais de ses amours imaginaires ou vécues, seuls lui restent les regrets et la solitude.

 

Avant d'en terminer, j'aimerais vous inciter à méditer sur cette déclaration d'amour sublime que toute femme rêverait d'entendre :

 

"Je ne me souviens plus où nous nous sommes rencontrés,

Ni de quel pays tu venais.

Je n'ai jamais rien su de ton enfance ni de ta famille.

J'ai même oublié ton nom.

Mais j'ai gardé au fond de moi le tendresse de tes caresses,

L'odeur de ta peau et la douceur de ton regard.

Je te reconnaîtrais entre toutes."

 

 

Rolande Michel.

 

Lire la suite

Christine Brunet a lu "Dans l'oeil de l'astre" T1 - Le cercle des loups-garous de Marion Oruezabal

16 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

« Dans l’œil de l’astre »

Tome 1 - le cercle des loups-garous

Marion 0ruezabal

 

 

Dès que j’ai pris connaissance du thème de ce roman, je n’ai plus eu qu’une seule envie : le lire. J’aime ce genre que l’on surnomme la « bit-lit », du moins lorsqu’elle sort des sentiers battus et rabâchés depuis trop de temps.

Marion Oruezabal nous propose un roman tout public, peut-être plus jeune ado, une histoire qui tient autant du conte que de la Fantaisy. La couverture est à elle seule un voyage, une invitation à plonger dans l’imaginaire de l’auteur. Pas de scène gore ou sanglante mais des descriptions qui entraînent le lecteur dans l’univers étrange de Sylvia.

Tous les ingrédients d’un bon roman du genre sont présents : magie, amour, secrets, surnaturel, et affrontement éternel des forces du bien et du mal. Difficile de décrocher de ce texte, difficile de ne pas jouer le jeu aux côtés des personnages humains ou pas ; d’ailleurs, le lecteur n’en a pas envie. Il veut lire et poursuivre l’aventure… il s’impatiente, constate vite que le dénouement n’est à plus que quelques pages et se demande qui vaincra et surtout comment.

De son propre aveu, l’auteur s’intéresse à la question du loup en France depuis une bonne quinzaine d’années. Et cela se ressent à chaque page : la vie de meute, la prédominance du loup alpha, la hiérarchisation du clan sont parfaitement décrites et donnent à cette meute de loups noirs une dimension si réaliste que sa dimension magique s’en trouve raffermie, légitimisée. Curieuse interaction entre Sylvia, Julien et Bastien qui, peu à peu, se déshumanisent au profit de Loup noir, Oseki, Œil unique ou Cynthara doués de la parole télépathique, protecteurs de la Nature et des Humains, gardiens de l’intégrité de la forêt.

Je ne vous dirai rien de la trame de ce premier tome ni, bien entendu, du dénouement, mais sachez que je n’ai qu’une hâte à présent : lire le tome 2. Marion, c’est pour quand ?

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Lire la suite

Marcelle Dumont a lu "Villa Philadelphie" d'Edmée de Xhavée

28 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

J’AI LU VILLA PHILADELPHIE D’EDMEE DE XHAVEE


 

J’aime l’écriture d’Edmée de Xhavée. C’est une écriture de femme. Quand j’écris cela je ne veux pas du tout dire « couleur dragée » ou « poupon » toutes les trois pages. Non, c’est l’écriture élégante et juste d’une personne qui voit clair, mais connaît l’art de dire des choses délicates, comme sans y toucher. Elle n’insiste jamais, mais sait se faire comprendre sans tomber dans la vulgarité. Elle connaît admirablement l’univers de la famille bourgeoise, coincée entre la décence obligatoire et le désir impérieux d’assouvir ses passions. On dirait d’ailleurs que l’auteure ne peut se départir d’une légère ironie et d’un sourire très dédramisant.

Dans « Villa Philadelphie », c’est de cécité maternelle et de jalousie dévorante qu’il est question. On y voit une mère – par ailleurs excellente femme – prodiguer un amour plus profond et de meilleure qualité à sa fille aînée, alors qu’elle enveloppe la cadette d’une sorte d’affection condescendante. Elle n’en est évidemment pas consciente. La préférée en profite pour écraser sa sœur, en croyant se grandir. Sûre d’elle et de son pouvoir, elle en profite pour lui souffler son amoureux.

Toutefois les deux sœurs démarrent dans la vie bien dotées et vivent l’une à côté de l’autre dans des villas jumelles, mais la malédiction initiale continue à peser. Rosalie, toujours adulée par sa mère, a épousé l’homme qu’elle a choisi (et volé à sa sœur). Eveline – parce qu’il faut bien se marier – a hérité sans protester d’un mari égocentrique, laid et peu séduisant.

Il faudra toute une vie pour que les choses se renversent. Eveline trouvera la sérénité et le courage de disposer de sa vie, alors que Rosalie sombrera dans la folie lorsque sa séduction ne sera plus qu’un souvenir.

Dans « Les promesses de demain », une des nouvelles d’Edmée m’a fascinée. On y voit une mère incestueuse dépenser des trésors de ruse et de dissimulation pour protéger son secret. Et lorsque l’épouse dupée comprend enfin ce qui se passe et surprend les deux amants, il suffit de l’évocation du fils léchant la cheville de sa mère pour que tout soit dit. Bravo, Edmée ! Comme on est loin des descriptions pornographiques que nous infligent les images et la littérature d’aujourd’hui !


 

 

MARCELLE DUMONT

Lire la suite

Carine-Laure Desguin a lu 'Petits et grands départs' de Gisèle Hanneuse

12 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

Gisèle Hanneuse, Petits et grands départs, recueil de textes poétiques, Amant Vert Éditons, 2016.

« Petits et grands départs », premier recueil que signe Gisèle Hanneuse. Dans cet ouvrage édité par L’Amant Vert, une toute nouvelle maison d’édition montoise, fleurissent tout au long d’une centaine de pages des textes poétiques bien ancrés dans la Vie, avec tout ce que celle-ci peut offrir en matière de ressentis personnels mais aussi d’épaisseurs plus que réelles. Gisèle Hanneuse ne cache pas qu’elle a écumé depuis quelques années pas mal d’ateliers d’écriture mais ne vous y méprenez pas, aucun souffle dans et entre ces phrases ne sent l’amateurisme, ni même le formatage. Que du contraire, l’auteure a su tisser sa propre toile derrière laquelle on devine une très belle âme toute en transparence, une personne authentique capable de s’émerveiller devant la faune et la nature mais aussi de ruer dans les brancards lorsqu’il s’agit d’injustice humaine. Gisèle Hanneuse ne triche ni avec les mots, ni avec elle-même. Et ces textes me demanderez-vous, qu’égrènent-ils durant cette centaine de pages ? Malgré les supports et leurs contraintes souvent de mise dans les ateliers d’écriture, il se dégage de ces textes une puissance littéraire qu’aucune critique négative n’oserait déforcer.

Non, je ne vous lâcherai rien de plus de ce voyage qui vous entraînera (car vous lirez ce recueil, je n’en doute pas) du château de La Hulpe jusque…jusque …en passant par …

Gisèle Hanneuse ne cautionne ni l’oubli ni le silence, chacun de ses textes est, vous l’avez deviné, un nouveau départ à découvrir par soi-même.

À vous donc d’amarrer vos sentiments sur l’un ou l’autre de ces mots pleins de recherche et de liberté, de questionnement et d’espoir, d’amour et d’amitié, de voyages aérien et spirituel, de nostalgie et d’amertume aussi, parfois. Sans oublier le zeste d’humour qui allège et le chapeau surréaliste qui se soulève de temps à autre. Un premier opus très réussi pour Gisèle Hanneuse que je m’empresse de féliciter outre pour cette prose libérée de rimes trop faciles mais aussi pour la fonction de présidente du cercle littéraire Clair de Luth, fonction qu’elle embrassera dans quelques jours, succédant ainsi à Laurence Amaury à qui je me permets de lancer un très haut Merci Madame pour toutes ces années consacrées à la présidence du cercle Clair de Luth ainsi qu’à l’édition de la revue trimestrielle Aura. Soulignons que Laurence Amaury a contribué à ce livre en écrivant le préambule et n’oublions pas de citer non plus Jahann, la créatrice des œuvres photographiées en 1ère et 4ème de couverture.

Souhaitons un beau et long voyage à « Petits et grands départs », le premier recueil de Gisèle Hanneuse, ainsi qu’à L’Amant Vert Éditions, une toute nouvelle maison d’édition qui creusera son sillon dans ce vaste monde qu’est celui de la littérature.

Site de L’Amant Vert Éditions :

http://amantverteditions.wixsite.com/amantvert

 

Carine-Laure Desguin, novembre 2016

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

Lire la suite

Edmée de Xhavée a lu "Des lames et des lumières" de Carine-Laure Desguin

8 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

J’ai lu Des lames et des lumières de Carine-Laure Desguin (Edmée De Xhavée)

 

Je ne le dirai jamais assez – ni trop - , la poésie n’est pas ma Lorelei. Non que je n’aime pas et fasse « pouah, des poèmes… passons notre chemin »,  mais c’est souvent un langage qui me perd en cours de route… Bref, j’en lis « par-ci, par-là » et c’est en général parce que je connais l’auteur.

Ce fut donc le cas cette fois-ci. Il faut dire que l’objet est séduisant : une préface d’Eric Allard, préface qui donne, en quelque sorte, une boussole pour le voyage. De très belles illustrations de Catherine Berael, et une présentation à la fois chic, sobre et soignée.

Et puis on bat les cartes. Coupez-les de la main gauche. Un deux trois c’est parti.

Il y a des astres, des paniers d’horoscope, le destin et sa papesse des mystères, des heures longues, Des mots et images qui déferlent, parfois très hermétiques pour moi, mais quelque part il me semble que la musique, oui, la musique… quelque chose en moi la comprend et l’accueille. Il y a des pirouettes, des chromos tendres (ah, ce joli prince amoureux charmé par les elfes sur un pont de boucles d’or…), des hallucinations en 3D (la victoire dans son chariot de soleils tiré par des chevaux de sang qui s’élance du septième ciel…), des contes effrayants (les sorcières qui comptent des coquillages sur des nappes secrètes tissées de fils aux reflets d’écume et de serpents…). Il y a, oui, de tout ! On est dans un shaker de perceptions quasi-oniriques mais de celles qui vous collent à l’âme au réveil…

Ça, c’est pour la première partie du recueil… C’est la partie qui nous introduit aux cartes et à leur regard sur le monde, sur nous. Mais la seconde partie, celle qui est illustrée… elle s’impose d’elle-même avec un rythme psalmodiant, révélateur.  Après le tourbillon précédent, on est arrivés dans le lieu où tout s’éclaire, tout se calme, se révèle.

Bravo Carine-Laure pour m’avoir amenée à lire tout un livre de poésies, mais surtout à ne pas m’y ennuyer, et avoir le plaisir d’en parler…

Edmée de Xhavée

 

Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>