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Le blog Aloys

Articles avec #presentations tag

La planète de Pâques... courte évocation signée Marion Oruezal

12 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles, #Textes, #présentations

 

Ah, l’île de Pâques… Son nom seul est synonyme d’exotisme. J’imagine volontiers Indiana Jones en quête d’un trésor fabuleux sur cette île perdue du Pacifique. Je l’imagine percer les secrets les plus opaques des Moais, les célèbres géants de pierre à la silhouette si caractéristique. L’île de Pâques, c’est un désert abreuvé de mystère.

Mais l’île de Pâques, c’est aussi un passé chargé d’Histoire. Une bien sombre histoire. Celle des hommes qui exploitent les ressources naturelles avec une insoutenable intensité. Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Et qu’ils finissent, au cœur de cette Nature dévastée, par mourir à leur tour.

Aujourd’hui, les hommes modernes reproduisent les erreurs commises par les peuples anciens de l’île de Pâques. Les moyens techniques, titanesques, sont tout autres. Et l’échelle, planétaire. La planète tout entière revit la désastreuse histoire l’île de Pâques.

Sur la planète de Pâques, les hommes sauront-ils, cette fois, s’arrêter à temps ?

« La Planète de Pâques » est un roman de Marion Oruezabal. Sensible aux causes environnementales et à l’avenir de l’humanité, Marion est très engagée auprès de nombreuses associations.

 

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fj nous présente ses deux recueils d'Haïkus

9 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations, #Poésie

fj nous présente ses deux recueils d'Haïkus
fj nous présente ses deux recueils d'Haïkus

Biographie :

Née en champagne, elle est venue habiter l’Eure-et-Loir depuis plus de 25 ans. Amoureuse de l’Asie et plus particulièrement de la Chine, sa culture, ses traditions… où elle est allée trois fois déjà, elle en empreigne sa peinture et son écriture par ses haïkus (Japonais mais qui tire son origine de la Chine). Ses petits poèmes très courts sont des instants de vie, ils lui viennent lors d’une émotion (douleur, amour…) ressentie très fortement. Peintre, elle aime illustrer ses recueils. Les éphémères éternels et pensées intemporelles.

Les éphémères éternels

 

Extrait 

Un deux trois

Elles glissent légères glacées

Larmes-pluie

 

Accroche : l’Haïkus tradtui une sensation instantané…. Il ne se travaille pas, il est rapide et concis.

 

Pensées intemporelles

 

 

Extrait

Le soleil brille

Impertinent

Voile gris sur mon âme

 

 

Accroche : l’Haïkus est un petit poème qui vise à dire et célébrer l’évanescence des choses.

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Didier Moné nous présente son recueil poétique "A fleur de plume"

8 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie, #présentations

 

Quelques mots sur l’auteur :


Didier Moné est né au Cameroun où il a grandi et étudié, avant de s’installer en Belgique.

Diplômé des Facultés de Droit de l'Université de Yaoundé II et de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), il a entamé depuis quelques années déjà une carrière de juriste d'Entreprise.

 

Après son premier roman « Sous une pluie de pierres », publié en mars 2015, ce passionné de sport et de littérature propose à ses lecteurs une poésie spontanée, variée et sans tabou, des textes riches en émotions et pleins de légèreté.

 

 

 

Phrase d’accroche :

Ces poèmes portent l’empreinte de leur auteur : un équilibre instable entre clair et obscur, mais toujours le souci du mot juste, et une grosse dose de spontanéité.                            

L’amour, la douleur, le plaisir ou l’absence ; en un mot, la vie célébrée à fleur de plume…

Quelques Extraits :

 

  1. ET SI L’ON PARTAIT

 

Et si l’on partait,

Par-delà les montagnes, contempler la lagune

Qui dessine à l’aurore sous un manteau de brume

L’ombre des murs aux charmes éternels

Masques et costumes, patrimoine universel

Façades défraîchies par le temps qui s’étire

Cachots oubliés qui se noient pour mourir.

La valse des barques et Vaporetto

Emportant dans leurs pas au fil de l’eau

Sourires et paysages à jamais immortalisés

Sous les yeux d’amoureux aux promesses d’éternité…

 

 

 

 

  1. DOMINUS

 

Quand il referma la porte

Lentement, elle lâcha ses cheveux

Ce soir elle n’est plus cette autre

Qui refuse de se dévoiler

Celle qui s’interdit la liberté

Courtisane, fille de joie, qu’importe

Ce soir elle est vôtre,

Et c’est tout ce qu’elle veut.

 

Brisez mes chaines,

De femme trop bien-pensante

Prenez les rennes,

Je veux être immorale, indécente

Soyez la bête qui hante mes rêves

Le seigneur au puissant glaive.

 

 

  1. A LA FRONTIERE DES DEUX MONDES

 

III- Lampedusa…

 

Aux plages de sable blanc, tachées de sang noir

Mer cristalline, mirage aux allures de mouroir

Cimetière où reposent pour l’éternité

Les âmes des nôtres, tombés sans dignité.

Que deviennent les prières de ceux qui sont restés ?

Perdues dans les abîmes de l’indifférence…

Dans le silence complice de ceux qui sont bien nés

Le mépris de l’aide empreinte de condescendance.

Tes côtes luisantes au parfum de majesté

Camouflent tragédies en Méditerranée.

Et dans la nuit de la prochaine traversée,

Isola bella, ne perds pas ton humanité.

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Lena... Extraits poétiques signés Claude Colson

7 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie, #présentations

 

 

REPORT

Matin d'hiver, brouillard de verre, froid glacé
Par mes trois tours l'eau encerclée
Mais la beauté à la beauté n'est pas venue s'allier

Tristesse non plus n'est pas venue car je sais
Oui sans savoir je sais que tu en fus empêchée

Alors je pars le c?ur quand même léger
D'autant que - miracle - le brouillard s'est levé.

 

*

 

PLAISIR

Te dire aujourd'hui le plaisir infini
De t'entendre répéter à l'envi " pas envie ! "

 

*

 

CHOIX

Toi qui le même jour pour la première fois m'as fait jouir
Par ton amour, toi qui m'a aussi ce jour là fait pleurer en voulant me quitter déjà
Toi qui est devenue ma mie et mon amour,

Je ne te laisserai pas t'empêcher d'être heureuse au nom de quelque complexe ou par doute de toi
Je te rappellerai inlassable que je t'ai choisie, toi, parce que tu es précisément toi
Rien d'autre ni personne que toi.

 

*

 

TREIZE HEURES ENCORE

Soixante heures et même trente minutes sans toi, autant d'heures sans toit
Pourtant la tempête avait cessé, le calme reparu avait permis de redresser les fondations pour un temps abattue'

Demain cependant sera source de ma joie
Car elle reviendra la fête du bouquet qui à toi comme à moi
Très sûrement rapportera et la paix et la foi.

 

 

Claude Colson

 

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Micheline Boland nous présente "Nouveaux contes en stock"

6 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Biographie :

 

Micheline Boland est née en 1946. Quand elle était enfant, elle adorait qu'on lui raconte des histoires. Il faut dire que sa maman la transportait volontiers dans l'univers des fées et des contes traditionnels.

 

Dès l'école primaire, Micheline se révèle douée pour les rédactions. Cela lui donne l'idée de se lancer durant ses loisirs dans l'écriture de petites anecdotes amusantes ou insolites, puis de poésies.

 

À l'adolescence, elle découvre de grands auteurs, collabore aux recueils "Poésie-20" coordonnés par Pierre Coran et à divers fanzines. Observatrice, intéressée par les comportements des personnes de son entourage, Micheline cherche à explorer leur ressenti et se tourne naturellement vers des études de psychologie. Tout en travaillant en centre PMS, elle suivra une longue formation de maître-praticienne en programmation neuro-linguistique, une initiation à l'hypnose ericksonienne et diverses autres formations à l'analyse transactionnelle, à l'écoute active, au jeu de l'acteur, au clown…

 

Au terme de sa formation en P.N.L., Micheline s'est mise à écrire contes, poèmes et nouvelles ainsi que petits articles pour des magazines et revues, illustrant ainsi l'utilisation de cette discipline. En 1997, un de ses contes est remarqué par le jury de "Fais-moi un conte", ce qui l'amène à prendre part à des manifestations contées et à se perfectionner dans cet art. En 2005, elle se lance dans l'impro théâtrale et quelques années plus tard dans le chant choral. Deux activités qu'elle pratique encore avec plaisir.

 

Son premier livre paraît en 2004 aux Éditions Chloé des Lys. "Nouveaux contes en stock" est le quatorzième qu'elle publie chez cet éditeur. Elle a remporté plusieurs prix à des concours d'écriture et participé à de nombreux recueils collectifs. Son analyse fine de l'âme humaine laisse peu de personnes indifférentes.

 

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

 

 

Résumé :

 

Le recueil s'ouvre sur neuf histoires de peurs. Viennent ensuite trois histoires de petits chemins, cinq contes de Noël, dix histoires de nourriture et douze histoires de plaisirs sucrés. Le livre se termine par dix-huit histoires de moments magiques.

 

Ces contes parlent d'amitié, de confiance accordée, de passions, de rencontres, de communion avec la nature, de rêves, d'ambitions et des multiples ressources dont chacun dispose sans toujours en avoir conscience.

 

Un prince héritier a peur de tout. La reine, sa mère, cherche à le débarrasser de ce fâcheux travers. Les fées n'ont hélas pas les recettes espérées ! Seul un coup de foudre guérira le jeune homme.

 

Dans la plupart de ces histoires, même les animaux et les choses éprouvent des émotions et se montrent astucieux. C'est par exemple le cas du sentier dont il est question dans "Le petit chemin et le Diable". "C'est une belle histoire d'amitié sauvée par le petit chemin", écrit Marcelle Pâques.

 

Des contes chargés de magie comme ceux-là, il y en a de nombreux dans ce livre : pour aider un ramoneur, père Noël fait appel à une nouvelle technologie, une vieille dame et sa petite-fille s'épaulent afin de réaliser les projets plutôt fous qui leur tiennent à cœur, des villageois se vengent d'un ogre en le mangeant, un plat banal associé aux joies de l'enfance accompagne étonnamment un couple tout au long de sa vie, une bonne fée veille sur le bonheur de tous les habitants d'une bourgade,…

 

Chaque tête de chapitre est illustrée par des dessins évoquant un ou plusieurs contes. Les dessinateurs sont de Maryvonne et Jean-Pierre Sanson, artistes rémois.

 

ISBN : 978-2-87459-981-1

 

 

Court extrait :

 

…"À la nuit tombante Lamina se rend chez les plus pauvres d'entre les jeunes nobles. Hélas, tous savent combien les peurs du prince sont importantes et tous refusent ! Personne ne veut passer le reste de sa vie à éviter l'obscurité, le grand jour, les petites bêtes et les grosses, les sports violents, les jeux de société. Sans parler des femmes et des ennemis ! Ce serait la honte à perpétuité. Ils préfèrent encore tirer le diable par la queue !

 

Désespérée, Lamina va voir les jeunes hommes du peuple ! Elle leur fait miroiter la récompense, l'or, les diamants. En vain…

 

Non, décidemment, personne, personne n'accepte !

 

Les visites de la fée lui ont révélé l'étendue du problème ! Un troubadour a osé composer cette chanson : "Je voudrais être roi, j'ai vraiment peur de tout. Je voudrais être roi, mais tout le monde s'en fout…" Chanson interdite bien sûr, chanson qu'on chante entre amis quand toutes les portes et les fenêtres sont bien fermées… Dans le royaume on rit plus ou moins gentiment d'Albéric ! Il y a même eu quelques vieilles filles royalistes qui ont fait neuvaine sur neuvaine… On sait ce que ça donne !

 

Lamina fait son rapport. La reine Maud est effondrée. Qu'adviendra-t-il de son fils quand elle ne sera plus là pour le soutenir et que son royal père n'aura plus les forces d'exercer sa royale fonction ?"…

 

 

 

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Claude Colson nous présente "Léna", son second ouvrage...

5 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes, #présentations

 

« Léna, une rencontre » 2007

 

 

Histoire peu banale d'une relation amoureuse évoluant - chemin inverse du trajet habituel - de l'attirance à la passion en passant au préalable par l'amour.


Sous forme de triptyque:

- Un récit initial relate cette liaison dans son ensemble, puis deux parties creusent, telles une spirale, le vécu, en quête de sens :
- Des poèmes en prose reviennent plutôt sur les jours passés ensemble dans le partage et le bonheur.
- Un journal dit surtout la souffrance de l'Après

Une analyse aigu? du cataclysme intérieur

 

Un avis : « Léna a l'avantage sur Saisons de proposer quelques éclaircies dans un paysage amoureux très sombre. Claude Colson traite de l'ensemble de la liaison entre le narrateur et son amie d'un temps. On peut errer dans ce livre, sans le lire dans l'ordre, et passer sans cesse du court récit d'introduction aux pages du journal, puis aux poèmes. Trois éclairages différents, trois manières, et, toujours, une ma?trise admirable de la langue. C'est comme une douceur amère. Tim Burton, le cinéaste, disait, dans une interview, à propos de Charlie et la chocolaterie, qu'il n'aimait pas ce qui était trop sucré et qu'il préférait un peu d'amertume en tout. Ici aussi, les go?ts sont intimements mêlés.... » (F.M.)

 

Deux extraits :

 

Un soir d'octobre, rentrant chez lui par le train, il l'entendit et dut la regarder.

Il n'était pas remis d'une rupture qui s'était éternisée, dix mois plus tôt, et avait fini par le laisser déboussolé et meurtri. Les antidépresseurs lui permettaient de tenir.

Ce soir là, lisant, il prêtait une oreille distraite au babil des deux dames qui le côtoyaient dans le compartiment. Il se souvint avoir déjà vu la femme aux cheveux châtains qui lui faisait face, probablement sur le quai où chaque jour il prenait son train. Il avait alors juste remarqué une taille élancée et une certaine recherche dans l 'habillement qui immédiatement l'avaient fait se sentir incapable d'intéresser une telle personne. Trop bien pour lui. Un vieux réflexe.

Il ne put néanmoins s'empêcher de sourire visiblement à certaines des remarques des deux voyageuses qui de toute évidence se savaient écoutées. Lorsqu'il la revit sur le quai quelques jours plus tard, il lui demanda la permission de voyager avec elle. Elle accepta mais comme elle faisait depuis longtemps ce trajet qui la menait au travail avec quelques connaissances, elle le fit pénétrer dans ce groupe hétéroclite. Bientôt ils voyagèrent ainsi, à plusieurs, matin et soir.

Très vite il eut envie de la voir seule et il l'invita à déjeuner, peu s?r de son acceptation. Contre ses prévisions ce fut oui. « En tout bien, tout honneur» dit-elle, précisant encore« A charge de revanche ».
Elle le vouvoyait et l'appelait Jean-Yves et il trouvait cette distance délicieuse.
Comme elle n'aimait pas son propre prénom, désuet, il la nomma Léna.

 

*****

 

Léna était mariée. Peu à peu elle avoua à Jean-Yves que cette union était devenue insipide et formelle depuis plus de 10 ans déjà. Elle prenait plaisir à rencontrer son nouvel ami, même s'il ne pouvaient s'isoler, et encore, seulement pour discuter, que très épisodiquement.
Lui, éternel rêveur, s'éprit vite mais superficiellement de cette incarnation d'un mystère qu'il chérissait, la féminité. Depuis quelques années il avait pris go?t à l'écriture, qui exaltait ses sensations et il remit bientôt à Léna des sortes de poèmes qu'elle devait conserver cachés. Déjà ils partageaient un secret. ?/

 

Claude COLSON

 

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Quand ACTU-tv parle des grands auteurs belges... Georges Rodenbach Une chronique de Marc Quaghebeur. Un texte de Jean François Foulon

4 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations, #vidéo, #articles

Il est des livres que l’on connaît - ou du moins que l’on croit connaître – sans les avoir jamais lus. Ce sont souvent des classiques, dont on a étudié des extraits à l’école ou dans lesquels les journalistes littéraires aiment puiser des citations pour montrer leur culture. Bref, ce sont des livres dont on connaît plus ou moins l’histoire, dont on pourrait même parler un peu, mais dont finalement on ignore tout puisque tout simplement on ne les a pas lus. 

C’était mon cas pour Rodenbach. Honte à moi, je l’avoue. De cet auteur, j’avais simplement lu quelques poésies dans des anthologies et je connaissais (quand même) le titre de son œuvre la plus célèbre : « Bruges-la-morte ». Il a fallu que j’écoute l’interview de Marc Quaghebeur dans Actu-TV pour que je prenne conscience de cette lacune et que je me précipite sur ce livre. Comme quoi cette émission culturelle prend de l’ampleur et les interviews du directeur des Archives et Musée de la Littérature consacrées aux grands classiques belges sont toutes du plus grand intérêt. En tout cas cela m’a permis de découvrir Rodenbach. C’est un peu le but poursuivi par Actu-TV, je crois : puiser à des sources sures et sérieuses pour s’ouvrir ensuite à un large public. Que voilà une belle manière de dépoussiérer nos grands écrivains ! 

Mais revenons à Rodenbach. Né à Tournai en 1855, il est mort à Paris en 1898, d’une crise d’appendicite. En réalité, il passe son enfance à Gand, où son père, fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, a été muté (c’était l’époque où la langue française régnait sur toute la fonction publique et où les agents de l’Etat exerçaient leur métier dans toute la Belgique, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie). Au collège Sainte-Barbe, il se liera d’amitié avec Emile Verhaeren, puis il entreprendra des études de droit, études qu’il est supposé parfaire à Paris, mais une fois dans la capitale française, il fréquentera surtout les milieux littéraires( François Coppée, Maurice Barrès…). Il organisera d’ailleurs en Belgique des conférences pour présenter les auteurs français du moment. C’est ainsi par exemple que Mallarmé viendra parler de Villiers de l'Isle-Adam. 

Mais Rodenbach quitte définitivement son pays et s’installe à Paris en 1888. C’est là que son roman « Bruges-la-Morte »paraît, d’abord sous forme de feuilleton (dans le Figaro), puis en livre. 

On peut considérer que cet ouvrage est l’archétype du roman symboliste. Comme le fait bien remarquer Marc Quaghebeur, la trame aurait pu être celle d’un roman de gare : un homme a perdu sa femme et sa tristesse est telle qu’il décide d’habiter à Bruges (ville qui a eu son heure de gloire quand elle était un port de mer, mais qui vit maintenant dans un silence monacal, au milieu de ses beffrois et de ses béguinages) où sa mélancolie peut s’exprimer pleinement. Mais il rencontre une actrice qui ressemble à son épouse défunte. Il a une relation avec elle, mais petit à petit il doit bien reconnaître qu’elle est bien différente de la femme qu’il a aimée autrefois. Il finit par l’étrangler avec la tresse de cheveux de la défunte qu’il avait conservée comme une relique. 

L’essentiel n’est évidemment pas dans cette histoire. Tout est dans les symboles et la véritable héroïne, en fait, c’est la ville de Bruges. L’auteur tisse alors tout un jeu de correspondances entre l’état d’âme du héros, veuf et triste, et la ville elle-même, figée dans son passé, silencieuse, morne et mystique. Le symbolisme, on l’aura compris, adore les métaphores et les métonymies. Bruges offrait évidemment un décor idéal, avec ses vieux quais, ses béguinages, ses cloches qui sonnent les heures et dont l’écho se perd dans le brouillard, au bout des canaux. 

Le thème du miroir est fondamental. De même que les vieilles bâtisses se mirent dans les canaux et contemplent leur image, le héros retrouve (ou croit retrouver) dans l’actrice rencontrée le double de la femme aimée. Tout un jeu de correspondances s’établit alors. On ne regarde plus les beffrois ou les vieilles maisons, mais leur reflet dans l’eau. Il y a quelque chose de platonicien dans le symbolisme, car ce reflet est en fait l’idée de l’objet lui-même, sa quintessence en quelque sorte. Ville morte, Bruges renvoie à la solitude intérieure. Le temps y est suspendu et la ville rêve encore de son glorieux passé qui n’est plus (comme le héros rêve encore à la femme aimée qui est morte). Figée dans le temps, elle confond passé et présent (comme le héros croit reconnaître l’épouse qu’il a aimée mais qui est morte dans la jeune femme rencontrée). Mais qu’est-ce que la ressemblance, si ce n’est un mélange d’habitude et de nouveauté, une manière de retrouver le passé dans le présent d’aujourd’hui ? Or justement le héros est plongé dans ses habitudes : il s’enferme la journée et sort tous les soirs à cinq heures pour se promener le longs des canaux (dont les eaux noires évoquent le Styx antique). Rodenbach, fidèle en cela aux conceptions des symbolistes, en profite pour nous décrire une ville de Bruges noyée dans la brume et la pénombre, aux volets clos et aux vieilles façades délavées. 

Et comme Bruges était triste en ces fins d’après-midi ! Il l’aimait ainsi ! C’est pour sa tristesse même qu’il l’avait choisie et y était venu vivre après le grand désastre. (Rodenbach, Bruges-le-morte, Espace Nord, Loverval, 2006, p. 25) 

Mais si au début le héros choisi de vivre dans une ville pleine de mélancolie qui correspond bien à sa tristesse du moment, petit à petit il confond le souvenir de sa femme disparue avec la ville elle-même. La ville, elle aussi, aimée et belle jadis, incarnait de la sorte ses regrets. Bruges était sa morte. Et sa morte était Bruges. Tout s’unifiait en une destinée pareille. C’était Bruges-la-Morte, elle-même mise au tombeau de ses quais de pierre, avec les artères froides de ses canaux, quand avait cessé s’y battre la grande pulsation de la mer. » (Id. pp. 26-27) 

Bruges, on le sait, était un port de mer, mais celle-ci s’est retirée, laissant une ville morte qui ne vit plus que de souvenirs. Son coeur s’est arrêté de battre un jour, comme celui de la femme tant aimée. Mais à cette première correspondance, une autre va se substituer : Jane, l’actrice de théâtre rencontrée, ressemble tellement à la disparue que le héros va avoir l’impression de remonter le temps et de revivre sa passion initiale. Quand il la tient dans ses bras, ce n’est pas elle qu’il voit, mais l’autre, telle qu’elle était quand elle était vivante. 

On a donc l’impression que dans ce livre le thème du double (ou du simple et de son reflet) est primordial. L’unicité est intolérable, tout comme l’est d’ailleurs le fait d’être veuf. Tant qu’il est seul, le héros se rapproche donc de Bruges à laquelle il se sent uni par une même tristesse, mais quand il revit une passion amoureuse avec une actrice, il oublie la ville aux canaux et sa mélancolie et se concentre alors sur la ressemblance entre la femme vivante et celle qui est morte. Plus tard, quand il deviendra évident que l’actrice, vulgaire, dépensière et trompeuse, ne ressemble en rien à l’ancienne épouse, le héros reviendra vers Bruges. Plus tard encore, quand dans un moment de colère il aura tué Jane, il ne lui restera plus que Bruges, plus morte que jamais, puisque les deux femmes aimées ont disparu. 

C’est donc tout ce jeu de correspondances, de ressemblances, de glissements et d’inversions qui est intéressant dans ce livre et pas « l’intrigue » en elle-même. 

Avec ses canaux, ses ruelles où l’on se perd, ses béguinages qui se ressemblent, La vielle ville de Bruges a tout d’un labyrinthe, surtout à cinq heures du soir, en automne, quand elle est perdue dans le brouillard. C’est donc un lieu refuge, où on entre mais dont on ne sort pas. Rodenbach, qui est avant tout poète (même si, comme le fait remarquer Mac Quaghebeur dans la vidéo, sa poésie a un peu vieilli aujourd’hui à la différence de celle de Maeterlinck ou de Verhaeren) nous donne de belles descriptions de cette « Venise du Nord » qu’il a largement contribué à faire connaître. On peut dire que sa prose est poétique. 

« (…) Il marchait sans but, à la dérive, d’un trottoir à l’autre, gagnait des quais proches, longeait le bord de l’eau, arrivait à des places symétriques, attristées d’une plainte d’arbres, s’enfonçait dans l’écheveau infini des rues grises. Ah ! toujours ce gris des rues de Bruges. Hughes sentait son âme de plus en plus sous cette influence grise. Il subissait la contagion de ce silence épars, de ce vide sans passants – à peine quelques vieilles, en mante noire, la tête sous le capuchon, qui, pareilles à des ombres, s’en revenaient d’avoir été allumer un cierge à la chapelle du Saint-Sang. Chose curieuse : on ne voit jamais tant de vieilles femmes que dans les vieilles villes. Elle cheminent – déjà de la couleur de la terre – âgées et se taisant comme si elles avaient dépensé toutes leurs paroles. (Id, p. 85) 

Jean François Foulon

 

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Philippe De Riemaecker nous fait découvrir un auteur, Pierre Mainguet

1 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations, #l'invité d'Aloys

 

 

Pierre Mainguet - Le silence ne répond jamais

*-*

Il arrive par le train et en sortant de la gare, cherche des yeux un taxi. Un chauffeur se présente en roulant les « rrr » avec ce drôle d’accent que nos amis de l’Est, la Russie peut-être, offrent comme une chanson. Ce dernier propose au visiteur de le déposer devant un « Chouette hôtel », confortable et pas trop cher. Évidemment, vu sous cet angle, le visiteur ne peut refuser.

L’hôtel est une maison de passe. Je pourrais vous décrire l’histoire en vous offrant moult détails, ce ne serait pas honnête pour simple raison que ce roman mérite tous les hommages. C’est un livre non pas coloré, mais saupoudré avec finesse de sentiments, de couleurs, de décors inattendus que l’on ne peut retenir nos éclats de rire, une larme parfois et certainement de l’empathie pour le personnage principal. Un livre, que dis-je, un chemin qui nous entraîne vers une fin probable, le suicide et pourtant !. Pierre Mainguet adore la photographie et cette passion se ressent au travers de ses écrits. Même si nous parlons de livre, domine un éclairage savamment dosé qui se joue de la lumière et accentue les ombres. C’est une écriture des plus intéressantes, une écriture agréable, une réussite. Chaque scène puise sa force par la simplicité et pourtant, moult détails taquinent le regard. Les personnages sont attachants, ils possèdent des « gueules » que l’on imagine sans peine. Rien de spectaculaire, mais justement, c’est la force talentueuse d’un écrivain qui mérite amplement ce titre. Écrivain vous l’êtes Monsieur Pierre Mainguet et votre livre résonne en moi comme peuvent le faire les surprises auxquelles on ne s’attend pas. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour. Elle est belle, grande, unique. Elle force nos souvenirs à dévoiler nos premiers regards, nos premiers émois sans ne jamais tomber dans la vulgarité. Et combien même, la nudité des corps se découvre en un érotisme subtil, au diable les hypocrites, la beauté mérite que l’on attarde son regard quand il est joliment porté.

C’est un livre écrit sans inutiles rondeurs, sans raccourci facile. C’est un roman qui laisse porte ouverte à tous les devenirs.

Il voulait trouver la mort à cause des circonstances, il découvrira que chaque respiration mérite d’être vécue. Vous l’aurez compris, j’ai adoré « Le silence ne répond jamais » rédigé avec brio par l’écrivain brabançon « Pierre Mainguet ».

Ne boudons pas notre plaisir, la maison d’édition « Académia » fleuri à Louvain la Neuve. Ne vous l’ai-je pas déjà écrit ? J’aime nos écrivains, ils méritent notre attention.

 

 

Philippe De Riemaecker

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Marion Oruezabal nous présente son nouveau roman "La planète de Pâques"

28 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

 Née en 1987, Marion Oruezabal vit à Bordeaux. Originaire du milieu scientifique, Marion vient de loin. En parallèle de son emploi de pharmacienne et de son engagement pour la préservation de la nature, elle s’atèle à l’écriture de romans fantastiques et contemporains, de poèmes et nouvelles. Passionnée de plongée sous-marine depuis quinze ans, ses actions, rencontres et aventures composent une importante source d’inspiration pour ses écrits.

« La Planète de Pâques » est un roman contemporain. Des personnages que tout oppose, au quatre coins de monde et différentes époques, vivront la même décadence. Celle d’un monde, notre monde, au bord du gouffre.

 

Résumé

Vincent Labre, avocat parisien renommé rongé par les remords. Mary Sulyvan, docteur en virologie spécialiste du virus de Lassa aux Etats-Unis. Frédéric Badou, français gonflé d’orgueil, combattant avec hargne dans le but de devenir le plus grand journaliste du Japon. Absorbés par leurs ambitions, ces trois êtres que tout sépare seront témoin du déclin de leur société à l’échelle planétaire… Et de leur espèce.

Bien des siècles plus tôt, Tzolo, le plus grand guerrier du clan Aka'hanga, regardera, impuissant, son peuple dépérir. Le peuple de l’île de Pâques.

 

EXTRAIT :

Peter retomba sur le dossier de sa chaise avec lassitude. Mais quelle vie s’était-il construite… Tout pouvait basculer en un rien de temps, sans prévenir. Il commença à ressentir le désarroi de Mary. Si l’Ebola et la variole devait muter comme le Lassa de sa collègue… Cela remettrait en cause toutes ses dernières années de recherche. Il réalisa alors que, dans sa vie, il n’y avait pas grand-chose d’autre que son travail, ses virus. « Célibataires cultivés ». L’expression avait l’air tellement anodine. Mais alors que les micro-organismes qu’il étudiait avec tant de passion étaient en passe de le semer, il se sentait comme abandonné. Pourquoi, d’ailleurs, était-il célibataire ?

 

*

 

Les hommes s’arrêtèrent soudain. Je ne pus rien voir jusqu’à ce qu’ils s’écartent. Le spectacle était digne de respect. Chacun des chefs des huit clans se trouvaient à la frontière de son territoire. Un pas de plus et ils fouleraient la terre du palmier sacré. Kuheg, à son tour, se plaça sur la frontière du clan Aka'hanga. Comme si un signal invisible venait d’être lancé, les neufs avancèrent d’un pas avec un synchronisme parfait. Comme complice, le vent jusqu’alors doux, forcit. La règle voulait que le chef du clan du dernier Tangata manu, prenne la parole le premier. Celui du clan Va'i Mata fit un pas de plus que les autres et leva les bras au ciel. Il tenait, dans sa main droite, un long bâton tortueux.

- Que les guerriers, choisis par les clans, s’avancent !

Les hommes autour de moi, désormais silencieux et dociles, s’écartèrent. Les yeux me quittèrent pour se planter respectueusement au sol. J’avançai sans m’en rendre compte. Dans mes oreilles résonnaient, seuls, les battements de mon cœur. Je franchis la frontière à mon tour et avançai au-devant de Kuheg. Le cercle des guerriers se resserra et chacun put jauger ses adversaires. Je détaillai avec précision le corps sculpté dans le roc de chacun d’eux. Celui du clan Va'i Mata était effrayant. Le chef du même clan reprit alors, de sa voix puissante :

- Devant vous, les neufs guerriers. Imprégnez-vous de leur puissance. Demain, au coucher du soleil, l’un d’entre eux sera Tangata manu et dormira dans la grotte sacrée.

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Claude Colson nous parle de son recueil poétique "Saisons d'une passion"

25 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

De son vrai nom, Jean Claude Collau. Né en 1949 dans le Cambrésis (59- France), il y a vécu 38 ans. Il est Essonnien depuis 1987. Études supérieures à Lille III, professeur de lycée puis syndicaliste à responsabilités nationales, agrégé d'allemand, il est aujourd'hui à la retraite. Père de trois enfants.

 

C'est en 1995 qu'il est venu à l'écriture, par la poésie, genre qu'il pratique toujours, avec d'autres.

Il a fait éditer à ce jour 4 romans courts, 4 récits de vie et 1 recueil de poésie. Un contrat est signé pour l'édition d'un deuxième recueil de poèmes.

 

Ses trois premiers livres sont des récits autofictionnels où il traite de la passion amoureuse - trois aventures vécues distinctes - en mêlant, chaque fois différemment, divers styles littéraires : la narration, la poésie et le journal intime. Ces trois « ovnis littéraires » ont été édités aux éditions Chloé des Lys (B). Ils visent à atteindre l'universel dans la description de l'amour fou, vécu bien entendu à l'échelle individuelle.

 

« Saisons d'une passion » - 2002, réédit. 2009

 

Pour présenter mon premier livre je dirai que je l'ai écrit, soyons honnête, d'abord pour moi, en pensant toutefois constamment à votre regard. Je tente ici de cerner l'évolution d'un amour fou qu'un homme découvre à l'heure du "démon de midi". Il a de l'amour une conception esthétique et quasi mystique. Le thème a imposé la forme : un récit pour retracer la fulgurance des débuts, des fragments poétiques qui - ensuite - rendent compte d'une existence sur les crêtes de la passion et pour finir un journal accompagnant l'après-rupture. La chronologie est ici respectée.

 

« Au bout du compte une polyphonie luxuriante. Rien n'est trop, rien n'est jamais trop lorsqu'il s'agit de dire l'Amour, de faire l'Amour par les mots et aux mots. De sorte qu'au fil de cette expérience pourtant si singulière ce sont des fragments de vous-mêmes que vous pouvez tout à coup reconna?tre : un puzzle mouvant qui ne relève pas plus du jeu que du seul "je", un miroir éclaté aux antipodes de la coquetterie. » (G.T.)

 

Extraits :

« ??espoir, souhaits, elle trouvait la nuance ténue. Elle était énorme. Il voulait certes communier avec elle sous les deux espèces, de la chair et de l'esprit, mais n'entendait plus renoncer au second aux seules fins d'assouvir la première.

Les amis de Florence la disaient inclassable. Bruno se familiarisait avec sa nature extraordinairement complexe. Sachant que rien ne supplanterait jamais chez elle sa première passion, une passion contrariée pour la musique, il s'efforçait seulement de lui apporter le plus qu'il pouvait, afin de lui faciliter l'existence. Il se sentait fort, prêt à la protéger, au besoin contre elle-même, le gardien du Temple. Elle s'extasia à ces dires, n'ayant jamais encore connu la passion dans la liberté? » Saisons d'une Passion

Il l'avait rencontrée au restaurant, ne l'avait pas recherchée, sauf peut-être sous l'emprise d'une nécessité inconsciente ; leur rencontre était due à l'un de ces hasards qui font se croiser les natures et les destins les plus dissemblables. Plusieurs fois ils s'y côtoyèrent. D'abord il ne prit garde à elle, car, marié depuis plus de quinze ans et père de deux enfants, il vivait les vicissitudes d'une union qui subissait le lot trop commun sans que l'un ou l'autre en soit plus particulièrement responsable. L'amour avait cédé à l'usure, et comme il approchait de la quarantaine, il venait - une première depuis leur mariage - de s'éprendre d'une femme de leurs relations.

 

Femmes

 

Je te regarde, femme, et le rêve commence,

Tu inclines la tête, mutine et moi grave et sérieux,

à l'orée du mystère, sans doute l'air idiot.

Un sourire se lève aux prunelles de tes yeux et j'en reste ballot.

C'est la grâce qui affleure,

irruption de piété devant les pastels de tes fards,

mise en scène de ton insondable beauté.

 

Passage

 

Toi moi

Ton amour mon amour

Notre monde

Comme de nuages et d'ombres

Des vaisseaux de beauté

 

Journal : ... Je repense à l'apaisement immédiat que m'apportait le fait de t'approcher, de simplement te respirer. Cela t'amusait et te touchait. Ton amie m'a dit que tu avais été triste de cette rupture. Et pourtant tu l'as voulue. Tu souhaitais que quoiqu'il arrive nous restions amis ; jusqu'ici cela n'a pas été possible. Le veux-tu encore ? ? /

... Nouveau rêve où cette fois tu es venue dans mes bras. Après ces centaines de jour, Petite, cela m'a réveillé. Tu me déclarais fait pour aimer, voilà le grand malheur : tu m'as rendu exigeant sur le choix de l'objet et je ne puis te remplacer ; j'arrête aussi la recherche. Je t'avais trouvée, point !

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