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Le blog Aloys

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Le perroquet d'Auguste, un poème de Thierry-Marie Delaunois

27 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Le perroquet d'Auguste, un poème de Thierry-Marie Delaunois

Le perroquet d’Auguste

*

Il avait appelé son perroquet César,

Auguste, mon singulier voisin de palier

Et ce n’était point par le plus grand des hasards

Car les deux énergumènes étaient très liés.

*

“Ave, Ave!” proclamait parfois l’animal,

Un vrai petit chef, arrogant et fier de lui,

Auguste le jugeant souvent tel un rival

Mais devait-il à ce point se méfier de lui?

*

Quand, le dimanche, je leur rendais visite,

“Laver, laver!” semblait jeter le perroquet,

Un César moqueur, selon un certain rite,

Auguste saisissant alors un bâtonnet.

*

Menacé, l’oiseau, se baladant au salon,

Délivré chaque dimanche par son maître,

Ne tardait point à regagner son cabanon,

Auguste, en empereur, l’envoyant paître.

*

Mais pourquoi le chasser après l’avoir lâché?

César ne me causait jamais aucun souci!

Je voyais ensuite Auguste se fâcher

Car l’oiseau plongeait sur sa lessive, ravi.

*

“Laver, laver!” s’expliquait donc facilement!

“Je vais t’apprendre la vérité”, criait-il,

Courroucé, César se repliant vivement;

“La vérité! La vérité!” répétait-il…

*

Quelle vérité? Pourquoi un tel langage?

De quoi parlait donc le maître de cet oiseau?

Auguste m’apprit un beau jour, sans ambage,

Qu’il l’avait adopté, trouvé dans un tonneau!

Frissonnant, amaigri, il l’avait attrapé,

Puis enveloppé dans un tissu souple et chaud,

Ensuite emmené chez lui, emmitouflé,

L’appelant dans un premier temps Calimero.

*

Ce qu’il devait à Auguste, le perroquet,

Il n’en avait cure car une fois libéré,

Le jour de la lessive, le tissu douillet,

César ne pouvait que, heureux, le retrouver.

*

De Calimero à César, c’était couru!

“Ave, Ave!”, était-ce une reconnaissance?

Notre Auguste avait-il enfin tout vu?

Sans doute point car avec cette aisance…

*

Grandeur et Coco-tance...ou caquettance!

Thierry-Marie Delaunois

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Jean-Claude Texier nous propose un extrait de son dernier roman "Loozie Anna"

26 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Jean-Claude Texier nous propose un extrait de son dernier roman "Loozie Anna"

Loozie Anna, c’est l’histoire d’une seconde naissance dans la recherche de soi-même. Son corps prend une nouvelle vie lorsque sa grand-mère Audrey la sculpte dans l’argile.

Loozie Anna, c’est la recherche d’une identité. Au début du roman, elle part à la recherche de ses racines américaines. Dans la vie sociale, elle s’appelle Adélaïde. Audrey lui suggère qu’elle a une illustre descendance, qui remonte au fondateur la Massachusset Bay Colony Edward Winslow d’où sont nés les États-Unis.

Dans sa vie privée, elle a incarné dans une représentation théâtrale d’Adélaïde de France, la fille aînée de Louis XV, qui fut condamnée à l’exil par la Révolution. C’est ce mythe personnel, qui la lie à son père, qui sera exploité par son amant lors d’un Mardi Gras à la Nouvelle Orléans.

Dans sa vie professionnelle, c’est une brillante linguiste obsédée par les mots, une érudite à la recherche de tous les accents de la langue anglaise. Son aventure amoureuse lui permettra de donner un nouveau sens à sa vocation.

Mais c’est par le biais de l’art musical et de l’amour sincère que lui porte un musicien qu’elle découvrira sa personnalité et par l’intermédiaire duquel elle exaucera le vœu de son père : interpréter comme violoniste le concerto en Ré mineur de Tchaïkovki lors d’une fête du lycée.

UN EXTRAIT...

QUI ES-TU, ADELAÏDE ?

Qui es-tu Adélaïde ?

Es-tu comme tu te rêves à la Nouvelle-Orléans, « fille de colon avant la guerre civile, courant au pied des colonnes, à l’ombre des chênes, entre les orchidées et les gardénias, native d’une terre orgueilleuse, élégante, dont la resplendissante beauté a miraculeusement échappé aux griffes du machinisme dévorant. » ?

Ou la réincarnation de cette Adélaïde de France, fille aînée de Louis XV, musicienne et cavalière, en laquelle ton père voulait te déguiser pour le carnaval ?

Es-tu cette princesse royale véhémente, incarnée lors d’une célébration théâtrale, adjurant sa race insouciante de se réformer avant le séisme de la Révolution ?

Ou encore cette violoniste, animée de piété filiale, accomplissant le vœu de son père de la voir exécuter un jour le plus difficile concerto au monde ?

Serais-tu, comme l’évoque De Rieu, l’Adélaïde de Beethoven, issue de ce poème de Friedrich von Matthisson, celle dont le nom brillera dans les fleurs sur la tombe de son adorateur ?

Es-tu la douce princesse de ton séducteur, ou la hautaine aristocrate rejetant ses avances dans le langage précieux d’une fille de roi sur une scène imaginaire, avant de succomber au bonheur d’aimer ?

Ton nom n’indiquerait-il pas plutôt une descendance mystique, ta noblesse serait-elle d’origine chrétienne ?

Ou bien n’es-tu, comme Edna le devine, comme Alsom le prétend, comme un graffiti le proclame, qu’une adulte qui rêve en vain redevenir enfant ?

Nais-tu réellement dans l’argile sous les doigts d’Audrey, la grand-mère sculptrice, éveillant ta chair à la sensualité avant de t’inviter à l’offrir aux hommes ?

Es-tu cette poupée habillée de chiffons que tu dis sentir en toi dans la solitude et l’abandon, ou bien l’immigrée royale dans sa robe d’apparat, resplendissante sous les trainées multicolores du feu d’artifice d’un Lundi Gras à La Nouvelle-Orléans ?

Et en amour, qui es-tu ?

L’amoureuse de Sébastienne, celle d’Alsom ou de De Rieu ? Parmi toutes les fleurs qui t’environnent, les magnolias et les roses, est-ce l’iris de Louisiane offert par ton amant qui t’identifie le mieux ?

Et que cache ce poème de Yeats prédisant les futurs regrets d’une vieille femme d’avoir ignoré dans sa jeunesse le seul homme qui la comprit et l’aima vraiment ?

Et cet autre poème de Longfellow, que tu cries à Bar Harbour au vent de la mer, t’avertissant d’un bonnet de bouffon dont une belle demoiselle veut te coiffer, est-ce le destin qui se moque de toi ?

N’es-tu, comme le dit la noble visiteuse de ton rêve, qu’une usurpatrice d’identité prestigieuse, et faute de te connaître vraiment, faudra t-il nous résoudre au désenchantement de ton état-civil : Adélaïde Romeuf, irlandaise par sa mère, américaine par sa grand-mère, française par son père, professeur de lycée à Saint-Sauveur par vocation, hantée par les mots, leur sens et leur prononciation ?

N’es-tu simplement et pour toujours, que ces paroles d’une chanson nostalgique de Billie Holiday :

N’as-tu jamais regretté La Nouvelle Orléans

Après y avoir laissé ton cœur ?

Je regrette les vignes vierges couvertes de rosée,

Les grands pins où chantait l’oiseau moqueur.

Et celles que tu répètes lentement, les larmes aux yeux à la fin du rêve, comme une leçon apprise de ton aventure, entourée des souvenirs qui ont illuminé ta vie : Loozie Anna, Loozie Anna ?

Jean-Claude Texier

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"Tant de silences !" de Philippe de Riemaecker en invité sur Aloys

26 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #l'invité d'Aloys

"Tant de silences !" de Philippe de Riemaecker en invité sur Aloys

Je dois avouer que je ne savais pas trop comment aborder ce roman, puisqu’il s’agit d’un roman de 348 pages quand même.

Pour une fois, la personnalité même de Philippe m’a amenée à lire le prologue… quelques pages qui abordent une actualité brûlante, une société en mal de repères qui se referme, se rabougrit sous les coups des extrémismes.

« Tant de silences ! » Est-il un roman engagé ?

Sans aucun doute, un peu comme son auteur. C’est également un parcours autant initiatique que géographique, avec un apport autobiographique presque évident.

Entre descriptions et scènes d’une rare violence, entre émotion et déshumanisation, cet ouvrage est déconcertant. L’auteur cherche-t-il à bousculer, à choquer ? Probablement. Mais il veut amener son lecteur sur d’autres traces, celle de l’acceptation d’autrui…

Deux univers, deux rythmes, deux processus qui tendent vers une fin commune. La plume de Philippe de Riemaecker est fluide, précise et propulse dans deux parcours de vie qui n'auraient jamais dû se rencontrer.

Construit comme un double voyage aux côtés de deux « séries » de personnages très différents, plaidoyer pour la tolérance, il veut apporter l’espoir. Les personnages attachants nous font vibrer au cœur d’une question fondamentale aujourd’hui : quelle est la place de la Religion (avec R majuscule) dans nos sociétés, et quelle place sommes-nous prêts à lui accorder.

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Séverine Baaziz a lu "La maison" de Marie Klimis

24 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Séverine Baaziz a lu "La maison" de Marie Klimis

Autant vous le dire tout de suite, avant même de recevoir ce roman, j’avoue qu’il avait déjà mes faveurs. Comment aurait-il pu en être autrement, moi qui aime tant les contes, les jolies couvertures… Bref, tout s’annonçait des plus positifs. Sauf qu’à attendre le meilleur, on peut aussi être déçu.

Eh bien non : je l’ai adoré !

J’ai ouvert le livre et, très franchement, dès les premières pages, j’ai su que je l’aimerai jusqu’au bout. Il faut dire qu’il commence par une apostrophe au lecteur, de celles qui vont agréablement rythmer tout le long de l’histoire : « Tiens, un nouveau venu. Entrez cher ami, n’ayez pas peur. Je vous en prie, prenez un siège. Installez-vous, mettez-vous à l’aise. »

Ce livre, c’est l’histoire d’une maison traversée par les vies enchantées et désenchantées de ses occupants. Des vies nourries de rencontres toutes plus fantasques les unes que les autres. Un théâtre vibrant. Les murs en tremblent. Les tuiles en tombent. Puis, on répare.

Et puis, un incroyable festival de personnages haut en couleur : Clovis Hammeur, Aurore, Jules, Pierre le camelot, Horace le forgeron, Perceval Poulet (l’homme aux oiseaux), Antoine Gredin (marionnettiste), l’Artiste, Mrs Harrison, Constance (la cuisinière ensorceleuse), et tant d’autres.

Présenté comme cela, on pourrait se méprendre sur la qualité essentielle de ce conte : foisonner de fantaisie sans jamais être brouillon.

L’écriture est parfaitement maitrisée, élégante et pétillante. Le fil narratif, délicatement cousu. Chaque page a sa raison d’être. Chaque mot est juste.

La légèreté n’est jamais niaise ; la gravité jamais larmoyante. J’ai beaucoup aimé aussi ces poupées russes parsemées ici et là ; ces histoires dans l’histoire qui se dessinent presque l’air de rien.

Fantasque et touchant. Oui, c’est ça. Tellement distrayant, aussi. A l’image des deux personnages principaux : Clovis Hammeur, bourru, né de presque rien et Aurore, l’enfant venue de nulle part. Deux solitudes presque démentielles qui s’apprivoisent.

Je referme ce livre avec le souvenir du plaisir de l’avoir lu. Pas seulement parce que je me suis attachée aux personnages, à leur devenir, mais aussi parce qu’à mon humble avis, une écriture si aboutie dès le premier roman est quelque chose de peu commun.

Voilà.

Je lève mon chapeau et je dis : merci, Marie.

Séverine Baaziz a lu "La maison" de Marie Klimis

Séverine BAAZIZ

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Le blog "Plaisir de lire" a chroniqué "Obscurité" le roman de Jean-François Foulon

23 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2016/08/15/descente-aux-enfers-dans-un-jardin-d-eden-8639362.html

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2016/08/15/descente-aux-enfers-dans-un-jardin-d-eden-8639362.html

Le blog "Plaisir de lire" a chroniqué "Obscurité" le roman de Jean-François Foulon
Descente aux enfers dans un jardin d’Éden…

Le premier roman de Jean-François Foulon, Obscurité, paru chez Chloé des Lys à Barry, décrit avec beaucoup de finesse la randonnée tragique en Peugeot 206 d’une femme qui, fuyant la violence conjugale avec ses enfants, en vient à parcourir l’Hexagone à la recherche de quelqu’un qui n’est autre qu’elle-même (les personnages ne sont pas nommés, sauf sa fillette), dans une sorte d’obscure déréliction en spirale.

En voici le pitch :

« Une femme de 38 ans décide subitement de quitter son compagnon, avec qui la vie commune n’est plus possible. Accompagnée de son fils de 12 ans et de sa fille de 8 ans, elle part donc au hasard sur les routes de France, avec le vague espoir de se réfugier chez une ancienne amie, dans le Massif central.

Malheureusement, elle ne trouve là-bas qu’une maison vide. Complètement dépassée par les événements, c’est son fils qui, petit à petit, prendra les choses en main. Ses nouvelles responsabilités le rendent plus mûr et il s’éveille à l’amour auprès d’une adolescente de la région.

Mais il faut de nouveau partir et le trio erre au hasard, passant successivement par la Dordogne, la côte atlantique, les Pyrénées et le Languedoc, pour se retrouver finalement dans les Cévennes. À chaque endroit, les aventures se multiplient, mais ce qui ressemblait au début à des vacances s’est petit à petit transformé en une véritable fuite en avant.

Cette errance géographique renvoie au cheminement intérieur de la mère et à son désarroi. On peut y voir aussi une métaphore de l’existence en général. L’histoire finira tragiquement, car la vie, cruelle, ne fait pas de cadeau à ceux qui tentent malgré tout d’échapper à leur destin. »

Un Easy rider des bleus à l’âme, ma foi très réussi…

Bernard DELCORD

NB :

Outre la publication sur le site de Brice Depasse (critique littéraire sur radio-Nostalgie), l'article est également paru sur le site Homelit, partenaire de radio Nostalgie, ainsi que dans la version en ligne de la revue satirique belge "Satiricon".

En outre, il sera inséré dans la newsletter d’août 2016 des guides gastronomiques belges DELTA puis mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be). Il s'agit certes d'une revue gastronomique, mais l'avantage c'est qu'elle est distribuée à quatre-vingt-dix mille exemplaires.

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/archive/2016/08/15/descente-aux-enfers-dans-un-jardin-d-eden-8639362.html

http://homelit.skynetblogs.be/archive/2016/08/15/descente-aux-enfers-dans-un-jardin-d-eden-8639363.html

http://www.satiricon.be/?p=12376

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Jean-François Foulon a lu "Impala" de Marie-Thérèse Carlier

22 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Jean-François Foulon a lu "Impala" de Marie-Thérèse Carlier

Difficile, de parler de poèmes, même si j’en ai écrit moi-même. Difficile d’en dire la spécificité intrinsèque, car chaque texte, finalement, a son âme propre. Néanmoins, quelques thèmes traversent ce recueil, en lui donnant une unité certaine. Le ton est généralement assez sombre. Point de nature généreuse ici, de vertes prairies ou de splendides forêts où chantent les oiseaux. Non, on est plutôt dans le tragique de la vie. On parle de la souffrance (physique et morale), de la maladie, de la solitude et de la mort. On parle des êtres faibles, des petits, des enfants morts en bas âge. On parle de la difficulté de l’individu à vivre dans ce monde d’injustice et de douleur. On parle du temps, qui nous emporte inexorablement vers la mort :

Mon présent est réduit, si indéfini,

Mais je sais qu’il est déjà anéanti

Tout n’est pas sombre, pourtant, il y a eu de bons moments, mais tout cela était finalement éphémère :

Oui, j’ai connu une vie pleine de surprises,

Mais elle va m’être prise.

Parfois, la poétesse se révolte contre l’inéluctable et elle clame son besoin de bonheur :

Je veux vivre en liesse

Je veux vivre sans détresse

Je veux vivre en harmonie

Avec ce don d’en Haut, ma vie.

Elle espère, même, en une vie future, après la mort, ultime espoir. En attendant, elle rêve et construit dans sa tête un autre monde, meilleur que celui dans lequel elle vit :

Je vois les rivages les plus fabuleux

Les mers les plus généreuses

Il y aurait donc un « ailleurs » où tout serait différent et auquel elle aspire. Comme le lecteur la comprend ! Cet « ailleurs », c’est dans l’écriture que Marie-Thérèse Carlier va le chercher. Mais l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous et cette écriture, elle aussi, peut la trahir. Que lui reste-t-il, alors, ces jours où la page reste désespérément blanche ? Elle peut contempler les nuages et leurs formes féériques ou admirer une rose. Mais la forme des nuages change et la rose n’est pas éternelle. L’histoire des hommes, quant à elle, n’est qu’un champ de batailles et n’offre que du sang. La seule solution semble être finalement une sorte de don de soi afin d’apporter un peu de réconfort aux frères humains qui nous entourent. Il faudrait tourner le dos au côté sombre de la vie et n’en conserver que le meilleur.

Voilà pour le fond, qui je dois dire me plait bien. Pour la forme, si j’osais une critique (il faut être honnête toujours et dire ce que l’on pense), je dirais que le recueil aurait gagné à être en vers libres. Certes, les rimes apportent une musicalité certaine (cependant il faudrait alors, pour chaque vers, respecter le nombre des pieds), mais souvent elles obligent l’auteur à choisir un mot non pour son sens mais précisément pour sa rime. Il s’ensuit un exercice parfois un peu forcé. Il me semble que les thèmes ici abordés étaient suffisamment forts pour être traduits en une prose poétique ou en vers libres. Certains me diront au contraire qu’un poème ne vaut que par sa forme, son style, et pas par son contenu. C’est l’éternel débat qui avait amené Roland Barthes à dire qu’un texte n’était littéraire que parce que son auteur en avait ainsi décidé (et son contenu n’avait finalement aucune importance). C’est aller trop loin, à mon avis. En tout cas, quand on referme le volume « Impala », on n’oublie pas les thèmes abordés, qui nous concernent tous. N’est-ce pas là, déjà, une grande réussite ?

Jean-François Foulon a lu "Impala" de Marie-Thérèse Carlier

Jean-François FOULON

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En invité,"Tant de silences" de Philippe de Riemaecker avec Une lecture de Marie-Noëlle Fargier

21 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #l'invité d'Aloys

En invité,"Tant de silences" de Philippe de Riemaecker avec Une lecture de Marie-Noëlle Fargier

Je commence cette fiche de lecture, par cette conviction que je porte et que Philippe de Riemaecker confirme, sans brusquerie, sans imposer, par un défilement de trois vies sur trois sites, marquées par leurs différences, et pourtant si semblables : l'être humain où qu'il soit, où qu'il vive porte les mêmes peurs, les mêmes passions, les mêmes objectifs (vivre ou survivre...).

Ces trois destins se déroulent dans des univers particuliers d'une beauté dépeinte par une plume poétique. Les descriptions deviennent des fresques et on ne peut que s'y attarder, les lire et les relire pour en savourer chaque couleur :

"... L'horizon, imperceptiblement, s'est enduit de teintes différentes. Le blanc et le jaune ont fait place à quelques nuances orangées. C'est le premier signe que la course du soleil s'essouffle et que ce dernier commence sa descente en se drapant de brume, avant de laisser sa place à l'astre de la nuit"...

Derrière ses descriptions, l'auteur suggère une connivence entre l'environnement, l'état d'esprit des protagonistes et leur avenir. Dans ce manuscrit, tout est cohérence, unité. On est bercé par un univers silencieux :

- Une chambre d'hôpital où un homme va au chevet de son père, en fin de vie. Il retrouve également sa mère, atteinte d'une démence qui vit dans une maison spécialisée...

- Le désert, traversé par ce jeune couple musulman qui fuit l'endoctrinement, la tyrannie de ce pouvoir fanatique qui s'est approprié leur religion. Le destin va mettre sur leur chemin, une petite fille, aveugle...

- Un couvent où le pouvoir extraordinaire d'une nonne devient une évidence, et le concierge de ce lieu, un Sage, porteur de la Mémoire...

Le silence est là dans ces mondes si éloignés géographiquement, des mondes de recueillement et d'exclus , renforcé par ce leit -motif de l'auteur :

"...Suspendre son souffle, suspendre le temps, suspendre les questions et les non-réponses, lessilences...."

"...Le silence est assourdissant. Le paysage l'est tout autant..."

"...Nos silences sont éloquents, notre détresse dépasse l'infini..."

En même temps, règne un tumulte créé par des événements forts, le combat contre la maladie, la mort, la tyrannie. Ce silence devient assourdissant d'émotions. Il est la plus grande symphonie de la vie, par des notes d'une sincérité parfois brutale, sans fioriture. Le sens de la vie, la place du libre arbitre deviennent le questionnement essentiel de ces personnages que tout oppose. Ces questions existentielles sont soutenues par l'intervention de l'auteur avec des annotations personnelles, qui n'est en rien intrusive, au contraire ! Un peu comme si l'auteur suivait le cheminement de pensée du lecteur, en lui parlant délicatement à l'oreille. Ce qui est un des éléments rendant ce livre exceptionnel. "Tant de silences" par ses témoignages de vie rend la philosophie vivante, car il en est empreint par l'existence de ces personnages, où chacun de nous se retrouve, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre dans une notion d'universalité. Il est un exemple de ce que peut faire l'homme dans le meilleur et dans le pire (l'empathie ou la tyrannie). " Tant de silences" est une philosophie pleine de bon sens, de vrai sens, du seul sens qui devrait guider nos pensées et nos actes. Et ce sans jugement, sans moralité. Ce titre "tant de silences" est très pertinent, car il rappelle aussi le manque de communication qui conduit tant à la peur, à l'ignorance, qu'à la cruauté.

Philippe de Riemaecker balaie les frontières, toutes les frontières. Il réunit, unit ces trois mondes, démontrant que c'est possible .

Je lis les derniers mots de ce livre qui restera dans ma mémoire, avec l'envie de croire que ce n'est pas qu'un roman....

Marie-Noëlle FARGIER

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Le blog "Marche Romane" de Jean-François Foulon a chroniqué "Romance avec le passé" de Laure Hadrien

20 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2016/07/31/romance-avec-le-passe-de-laure-hadrien-editions-chloe-des-ly-5831986.html?c

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2016/07/31/romance-avec-le-passe-de-laure-hadrien-editions-chloe-des-ly-5831986.html?c

Le blog "Marche Romane" de Jean-François Foulon a chroniqué "Romance avec le passé" de Laure Hadrien
"Romance avec le passé" de Laure Hadrien (Editions Chloé des Lys)

Je termine le livre de Laure Hadrien, « Romance avec le passé », que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Le thème est simple et émouvant : deux êtres qui se sont connus et aimés dans leur jeunesse se retrouvent vingt ans après, grâce à Internet. Leur idylle reprend et Muriel fait le voyage en Suisse pour retrouver Hugo à Genève, avec la ferme intention, cette fois, de ne pas laisser passer sa chance. Il faut dire qu’elle est restée célibataire et qu’elle a conservé tout au fond d’elle le souvenir romantique de ce premier amour qui est finalement le seul qui ait jamais compté. Hugo, de son côté, vient justement de divorcer et se retrouve libre. Rien ne semble donc s’opposer à leur future union.

Sauf que ce serait compter sans le talent de la romancière, qui nous fait comprendre que les choses ne sont pas si simples. Les deux héros ont évolué et l’image que chacun a conservée de l’autre ne correspond plus tout à fait au personnage en chair et en os qu’il a maintenant en face de lui. Si la correspondance échangée via Internet s’était montrée prometteuse et avait permis de renouer une ancienne complicité, il n’en va pas forcément de même quand il s’agit de se découvrir « en vrai ».

Dans un premier temps, c’est Muriel qui se montre un peu distante : elle refuse le verre d’alcool que Hugo lui propose ou semble rester indifférente devant le cadeau qu’il lui offre, ce qui le décontenance. Ensuite, c’est l’inverse. Muriel s’impose un peu prématurément dans l’appartement de Hugo. Elle découvre son univers, fait de contrastes (si tout dans le salon est super-ordonné, la chambre est un véritable capharnaüm) et en discutant elle se rend compte très vite que Linda, la femme dont il vient de divorcer, reste anormalement présente dans sa vie, ce qui la décontenance à son tour.

Le roman suit son cours ainsi et par petites touches le lecteur découvre lentement Hugo, à travers les yeux incrédules de Muriel. D’un côté il est issu d’un milieu beaucoup plus aisé qu’elle ne l’avait imaginé, mais aussi ce milieu impose des conventions de façade auxquelles elle n’est pas habituée. Lorsque Hugo l’emmène en promenade le long des lacs suisses, il ne pense qu’à lui montrer les endroits où il a vécu enfant et semble se complaire dans ses souvenirs, tandis que Muriel attend un baiser romantique. Pourtant elle veut continuer à se rapprocher de lui car elle est frustrée. En effet, il lui semble que quelqu’un d’autre (en l’occurrence Linda) a vécu avec Hugo la vie qu’elle aurait dû avoir et qu’elle n’a pas eue (enfants, maison, voyages, etc.). Mais il n’y a rien à faire ! Elle a beau se souvenir de la force de son amour quand elle était encore adolescente et vouloir rattraper le temps perdu, quand l’un fait un pas, l’autre recule et inversement. Les deux héros se côtoient, se cherchent, mais ne se trouvent pas car ils ne sont jamais sur la même longueur d’onde en même temps. Les espoirs de Muriel s’envolent les uns après les autres et finalement elle découvre que le fringant Hugo est aujourd’hui au bout du rouleau. Seul, quasi sans emploi, à court d’argent, facilement irascible, songeant au suicide, il ne ressemble plus à l’image qu’elle avait conservée de lui. II ne lui reste donc plus qu’à reprendre l’avion, définitivement seule.

C’est donc à un drame humain, à un drame existentiel, que nous a conviés Laure Hadrien, dont le style classique et bien balancé est agréable à lire. Subtilement, par des détails et des dialogues savoureux, elle nous fait entrer dans l’intimité de ces deux êtres qui se cherchent sans jamais se trouver. On a l’impression d’un puzzle qui se met méticuleusement en place. La moindre description qui semble anodine dans un premier temps (celle du mobilier de Hugo par exemple) prend tout son sens quelques pages plus loin en donnant des renseignements sur les personnages (ces meubles sont tout ce qu’il reste d’une période opulente passée). Quant à Hugo lui-même, il semble avoir une double personnalité. Parfois charmant, mais irrité l’instant d’après, entreprenant à ses heures, mais pour mieux reculer le lendemain, il est victime de sa situation. Coincé entre Linda qui reste présente dans sa vie par convention et parce qu’il faut sauver les apparences pour la société et Muriel, il louvoie sans cesse. Lui aussi se retrouvera seul, usé comme sa vieille voiture, et si la correspondance amoureuse qu’il venait d’entretenir lui avait fait du bien, voulait-il vraiment de la présence de Muriel ? Il n’est pas certain qu’il le sache lui-même.

Jean-François FOULON

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Le blog "D'un livre à l'autre" de Philippe Destebecq a lu "2401" de Bob Boutique

19 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://phildes.canalblog.com/archives/2016/07/29/34080427.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

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Le blog "D'un livre à l'autre" de Philippe Destebecq a lu "2401" de Bob Boutique

29 juillet 2016

2401 de Bob Boutique

"2401" (mais au fait, pourquoi ce titre?) se trouvait dans ma bibliothèque depuis plusieurs mois. Comme il fait quand même son poids (450 pages), j'ai voulu attendre les vacances pour le lire. Et bien m'en a pris car ce "policier/thriller", comme Bob le nomme lui-même, est un véritable page-turner.

A quoi reconnait-on un bon thriller?

Au nombre de meurtres? Non, certainement pas !

Aux forces de police déployées? Pas plus !

Au héros bien méchant, prêt à tout pour arriver à ses fins? Que nenni !

Au suspense qu'on y découvre? A l'envie qu'a le lecteur de tourner les pages vite, de plus en plus vite? Tout à fait ! Quand le lecteur se dit : "Encore un chapitre, puis je vais me coucher." "Allez, encore un et j'arrête". " Un tout dernier pour aujourd'hui". Là, c'est gagné, l'auteur a réussi son bouquin !

Et c'est bien ce qui s'est passé avec ce roman de Bob Boutique ! J'ai avalé les 450 pages en très peu de temps !

Je sais que Bob veut garder le mystère sur son livre, mais comme certains lecteurs commencent à dévoiler un peu l'intrigue sur leur blog (voir ici ou ici), je vais quand même vous en dire quelques mots, de quoi vous donner l'envie de foncer dans votre librairie préférée pour commander ce bouquin.

Tout commence par une lettre anonyme, une lettre de dénonciation que reçoit un des personnages de l'histoire. A son tour, il devra en envoyer une du même acabit. C'est une chaine de corbeaux qui va alors s'étendre sur le village...

Un service demandé pour un service rendu, les corbeaux sont redevables à leur "gourou" qu'ils ne connaissent pas.

Le meurtre d'un imam à Amsterdam va mettre le feu aux poudres et intéresser la police belge et hollandaise. Leur enquête les conduira en Suisse, dans une clinique un peu spéciale... (ben non, je ne vais quand même pas tout vous dire!)

Sachez que tous les ingrédients sont là pour faire de ce roman un bon thriller : des meurtres, des meurtriers...qui ne sont pas responsables (comment ça?), une enquête palpitante, des rebondissements réguliers, des enquêteurs que rien n'arrête, une petite dose de séduction, et bien sûr, le suspense dont je vous parlais au début.

Je n'en ai pas trop dit, Bob?

Philippe Desterbecq

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Une interview de Bob Boutique pour la rentrée d'Actu-TV...

18 Septembre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

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