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Le blog Aloys

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Christine Brunet a lu "Sale temps pour les héros" de Jacques Degeye

23 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Christine Brunet a lu "Sale temps pour les héros" de Jacques Degeye

Voilà un livre atypique chez Chloé des Lys. J'avais beaucoup aimé Délivrance et je me plonge avec curiosité dans le nouveau livre de Jacques Degeye.

Une documentation impressionnante (1224 renvois, surtout des références bibliographiques), un texte très structuré qui démarre sur une phrase choc signée Anna Politovskaïa : " La Russie est encore plus souillée que celle d'Eltsine, elle ressemble à une décharge couverte de ronces et jonchée de débris". Ouf ! Voilà qui pose le sujet et qui flanque une belle claque à la lectrice que je suis.

Anna Politovskaïa, voilà un nom qui vous dit évidemment quelque chose... Une journaliste qui a clamé haut et fort certaines vérité pas bonnes à entendre...

Et Mikhaïl Khodorkovski, le démembrement de sa société, Ioukos... Bien sûr, vous vous en souvenez comme l'empoisonnement, à Londres, de « l'espion » Alexandre Litvinenko...

​Des faits divers dont la presse internationale a fait ses choux gras. Ces "héros", parfois naïfs, proposent au peuple une vision d'espoir. Mais à quel prix ?

Dans ce livre, le lecteur partage la vie, les pensées, les démarches de personnages, tous réels. L'auteur oppose leur humanité à l'inhumanité d'un système, d'un processus qui s'est installé à l'insu de tous, qui a avancé masqué mais à l'affût de la bonne opportunité pour se dévoiler. Et l'opportunité s'est présentée.

Au-delà d'une analyse de ce processus, l'auteur pose les questions fondamentales de la démocratie, de la liberté de parole et de l'engagement. Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour garder notre liberté de pensée, notre démocratie ?

Un livre d'histoire contemporaine mais avec un côté romanesque puisqu'il choisit de mettre en scène héros et antihéros même si ceux-ci font désormais partie de l'Histoire (avec un grand H).

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Un très court poème de Christina Previ

22 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

 Un très court poème de Christina Previ

REFLET DU CIEL

J’ai vu dans un ciel

Privé de lumière

Un rayon de miel

Éclairer la terre,

Son reflet pareil

Au songe vermeil,

Me faisait la fête

Christina Previ

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"Pologne !" un poème extrait de Wasserfall, l'ouvrage de Kristof

21 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

"Pologne !" un poème extrait de Wasserfall, l'ouvrage de Kristof

Pologne ! Tu n’as plus rien à envier.

Ta misère est en forme.

Tes hommes d’état ont tout fait pour.

Animé d’un aveugle désir d’opulence

Le peuple fait briller les poubelles.

Pologne ! Ne résiste pas.

L’espoir à un goût de printemps

Et avec l’économie de marché

Même en hiver, le soleil brillera

Et tu croiras à sa chaleur brûlante.

Pologne ! Le sais-tu ?

L’ouest n’est qu’un ange noir.

Bientôt tu crieras à l’assassin

Quand tombera ta dernière dent

Et tu comprendras, trop tard,

Qu’on ne vit pas toujours adolescent.

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Le blog "les lectures de Maryline" a chroniqué le roman de Patricia Lhommais "Clara debout devant un paysage"

20 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

Le blog "les lectures de Maryline" a chroniqué le roman de Patricia Lhommais "Clara debout devant un paysage"
Le blog "les lectures de Maryline" a chroniqué le roman de Patricia Lhommais "Clara debout devant un paysage"

Résumé de l'éditeur :

Clara a d'apparence tout pour être heureuse : un appartement luxueux, un job de rêve dans la communication... Elle est aussi particulièrement belle et élégante. Mais elle a surtout des horaires et des contraintes hors du commun. Que Clara a choisis pour mieux échapper à sa propre vie. Un soir, d'une façon aussi inattendue pour elle que pour les autres, elle décide de tout quitter : son travail, sa garde-robe, son appartement, ses contacts avec ses amis et sa famille.
Elle ne gardera que le nécessaire, et notamment sa voiture qui lui servira d'hôtel particulier. D'aiguille en aiguille, de rencontre en rencontre et d’avènement en événement, elle réalisera le tort qu'elle a eu de couper tout contact avec ses proches, mais elle apprendra aussi à mieux se connaître, et à faire des choix. Elle choisira de voir sa vie telle qu'elle est. Pour elle, c'est le moment ou jamais de vivre pleinement. De vivre d'amour, de regarder d'avantage les autres... De réapprendre à vivre.

Mon avis :

Ce livre est une sorte de remise en question de notre vie à chacun d'entre-nous. On passe notre vie à faire ce qu'on DOIT faire (métro-boulot-dodo), mais sans vraiment se dire "Est-ce que j'aime cette vie là? Est-ce que c'est bien ce que je souhaite vivre?" On n'a qu'une seule vie finalement! Alors pourquoi pas la vivre à NOTRE façon??

Clara a un bon job, une bonne situation, un grand appartement, tout lui sourit, sauf qu'elle est seule. Oui, elle est seule, elle ne rend pas le temps de vivre des choses à côté du boulot, et la voilà qui se retrouve à 40 ans, seule, sans mari, sans enfant, mais avec beaucoup d'argent. Et elle va décider de tout quitter pour enfin VIVRE!

Elle va faire des rencontres qui vont lui permettre de se re-trouver, de savoir ce qu'elle veut vraiment, mais le chemin va être long, il va lui falloir passer par plusieurs étapes de doute pour enfin arriver à une plénitude totale...

J'ai beaucoup aimé ce roman simple et juste. Le seul bémol que je pourrais lui trouver c'est la rapidité des mots, des phrases, des situations... L'auteur aurait pu aller moins vite et prendre le temps de laisser au lecteur de se poser des questions avec Clara et à propos de Clara. Mais rien de bien méchant, un super roman!

La couverture est très bien trouvée, elle correspond parfaitement au roman, et le titre est adapté à l'histoire.

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"La colère", un texte signé Marie-Noëlle FARGIER

19 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

"La colère", un texte signé Marie-Noëlle FARGIER

La colère se trompe souvent de destinataire. Elle est comme une lettre paumée que le facteur distrait, a distribuée dans la première boîte à lettres d'une quelconque rue.

Dès sa première lecture, elle valdingue dans vos oreilles, chargée de tous ses maux, qui essaient de s'éliminer par votre bouche ouverte et muette devant tant d'humeur maladive ! "L'umor", ce fluide diabolique, s'infiltre dans vos veines et votre coeur s'emballe, des moiteurs dégoulinent de vos mains. Votre bouche toujours ouverte, parle avec des lèvres tremblantes, mais sans aucun son. Le mal s'amplifie jusqu'à ce qu'un mot encore plus terrible que les maux, surgisse de votre langue asséchée, sorti des profondeurs de la stupeur. Ou bien votre corps prend le relais, par un "je raccroche", un claquement de porte, une fin.

Après quelques minutes, voire quelques heures, voire quelques jours ou plus, l'umor s'en va. Votre anatomie reprend sa cadence rythmée par votre bonne humeur et votre claire pensée. Enfin vous réfléchissez ! Vous disant que cette lettre paumée ne vous était pas destinée. Mais à qui, pouvait-elle donc s'adresser ? Vous prenez l'annuaire, cherchant déjà dans votre quartier, puis dans votre ville, mais tellement de noms sont inscrits ! Cependant, un nom, gravé en gras, bondit et retient toute votre attention.

Une idée vous vient : "Si cette colère vous était réellement adressée...?"

Alors vous repassez tous les mots et maux échangés, et vous ne trouvez rien. Du moins, rien qui ne justifie une telle "umor". Même quelquefois au contraire ! Que de beaux mots et bienveillance et amour se sont propagés entre vous et cet expéditeur.

Ensuite, le poumon de la raison vous souffle : "Si cette lettre était en fait destinée à l'expéditeur ?" Vous refusez cette idée. Elle voudrait dire que ce pauvre expéditeur est si mal face à lui-même qu'il perd la notion de la vérité, de la réalité, qu'il ne sait plus qui il est ... Qu'il est empli de toute cette "umor" et va-t-il en guérir ? Car vous l'aimez cet expéditeur ! Et puis il doit être chargé de culpabilité face à ces maux dont il vous a accusé, véritablement ses propres maux.

Les maux de ne pas savoir être, de ne pas pouvoir faire, mais pour quelles raisons ? Ces raisons que vous avez tellement cherchées en vain; vous ne pouviez les trouver, elles ne vous appartenaient pas ! Les connait t-il lui même ? Sûrement ou peut-être pas ?

Oh et puis raz le bol !!! Vous n'avez pas envie que l'umor s'infiltre à nouveau dans votre lymphe, surtout que vous n'en êtes pas le déclencheur. Vous voulez bien la partager mais la porter seule, c'est trop demander !!! STOP STOP.....

Etes-vous en train de vous énerver ? Il ne faudrait pas que vous envoyiez une lettre de maux à un quelconque destinataire pour vous décharger de ce mal ? Et de ce fait, trouver un autre bouc émissaire ? Bouc émissaire qui pourrait encore lui-même s'interroger et faire de même pour s'alléger.....

L'umor serait-elle contagieuse ?

Pauvre facteur, quel poids dans son sac de messager ! :)

Marie-Noëlle Fargier

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Un nouveau recueil de poésies signé Carine-Laure Desguin publié aux Editions Chloé des Lys !

18 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Un nouveau recueil de poésies signé Carine-Laure Desguin publié aux Editions Chloé des Lys !
Un nouveau recueil de poésies signé Carine-Laure Desguin publié aux Editions Chloé des Lys !
Un nouveau recueil de poésies signé Carine-Laure Desguin publié aux Editions Chloé des Lys !

— Bonjour Carine-Laure, encore toi !

— Bonjour Christine (http://www.christine-brunet.com/), eh oui, encore moi. Les évènements se suivent…C’est ça aussi, la littérature. C’est l’inattendu, parfois.

— Un nouveau livre pour toi ! Tu nous racontes ?

— Oh, un livre, c’est un bien grand mot, c’est un petit recueil de textes, format A6. C’est tout petit, en fait…

— Oui, pourquoi ce choix ?

— Déjà, comme tu dis, c’est un choix. C’est ça qui est fastoche aux éditions Chloé des Lys, l’auteur a le choix. J’ai choisi ce format A6 pour ces textes, un format facile, on glisse ça dans son sac, dans sa poche. On est dans une salle d’attente et hop ! on lit un texte…Un format facile, pas cher.

— Venons-en à ces textes…

— Ce sont des textes destinés à être mis en musique et ce petit format peu coûteux me permettra de distribuer Album One Cinéma magique parmi les amis musiciens.

— C’est bien toi ça, il faut que ça bouge, c’est ça ?

— Tu sais Christine, écrire des romans, oui, j’aime ça, mais lorsqu’on entend un de ses textes mis en musique et chanté, quel bonheur !

— La couverture est vraiment bien choisie !

— Oui, elle est signée Derry Turla (http://derry-turla.blogspot.be/) un artiste que je connais depuis quelques années. Je lui ai dit en quelques mots de quoi il s’agissait et puis voilà, je lui ai fait totalement confiance. Le résultat est top, pas vrai ?

— Oui ! Et donc à présent que tu as reçu cet exemplaire-test, quelle est la suite du programme ?

— C’est très simple, chez Chloé des Lys. Les auteurs disposent organigramme et chaque étape de la publication est largement expliquée. Un souci ? On fait appel à l’équipe..Mais il faut que je vérifie avant tout qu’aucune erreur ne se soit glissée dans cet exemplaire-test. Zieutons tout cela.

— D’autres projets d’écriture, Carine-Laure ?

— Oh, des projets d’écriture, il y en a toujours ! J’écris pour plusieurs revues, Aura, Le Spantole et à présent, pour la nouvelle revue numérique Lichen http://lichen-poesie.blogspot.be/p/blog-page_8.html, c’est très positif pour la création d’être éditée dans une toute nouvelle revue. Et n’oublions pas les Petits papiers de Chloé, j’ai toujours ma rubrique carolo pur jus…

— Tu prépares la présentation de Rue Baraka pour tes lecteurs de Dunkerque ?

— Oui, bien sûr, retenons cette date ! Le mercredi 20 avril à 18 heures, Brasserie de L’Escadre, à Dunkerque !

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2016/03/31/33593761.html

— Eh bien voilà, tout est dit ou presque. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Carine-Laure Desguin, voici son press book :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

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Salvatore Gucciardo dans l'Anthologie de la Poésie Humaniste 2016

17 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

Salvatore Gucciardo dans l'Anthologie de la Poésie Humaniste 2016
Salvatore Gucciardo dans l'Anthologie de la Poésie Humaniste 2016
Salvatore Gucciardo dans l'Anthologie de la Poésie Humaniste 2016
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Loozie Anna de Jean-Claude Texier, une chronique de Jean-Michel LEOST

16 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

Loozie Anna de Jean-Claude Texier, une chronique de Jean-Michel LEOST

LOOZIE ANNA, roman de Jean-Claude TEXIER, présenté

par Jean-Michel Léost dans le

N° 478 de l’AGREGATION

(Décembre 2015-janvier 2016)

______________

Voici le second volume de L’Elitiste, Loozie Anna. Même cadre : le lycée Edith Cavell de Saint-Sauveur sur Marne ; même milieu : professeurs et administration ; mais le moment du récit est antérieur à l’arrivée de Roméo de Rivera, ce chef d’établissement qui, par sectarisme et par opportunisme, prendra plaisir à détruire l’œuvre de son prédécesseur. Tout cela sur fond d’actualité, d’un monde en mouvement, où se croisent les interrogations, les doutes des enseignants, et de multiples thèmes comme l’amitié, l’amour, l’homosexualité, l’adoption et la filiation.

Mais s’arrêter à ces aspects serait s’attarder sur les voies secondaires qui mènent à l’essentiel. Certes, on voit Charvache, ce proviseur d’apparence autoritaire et élitiste, s’employer, pour réparer les effets de Mai 1968, à rendre son lycée exemplaire, cherchant à y attirer les meilleurs élèves et à faire germer les talents cachés ; certes, on y retrouve les petites intrigues propres à tout établissement, les oppositions entre les tenants de la transmission des savoirs et les héritiers de l’idéologie soixante-huitarde, ainsi qu’une réflexion sur la vocation et l’engagement d’un professeur ou d’un chef d’établissement. Mais ce roman est d’abord un roman d’amour ou, plutôt, un roman sur la naissance de l’amour, ses illusions, ses incertitudes et, plus généralement, sur l’être et le sens de l’existence.

Qui est véritablement Adelaïde Romeuf, agrégée d’anglais, et pourquoi ce surnom étrange et ensorcelant de Loozie Anna, forgé sur le nom du pays où pour elle tout a commencé : Louisiana ? Quel est cet étranger rencontré par hasard en Amérique, ce don Juan, ce prétendu universitaire qui se révélera un escroc ? Après l’avoir séduite à La Nouvelle-Orléans, il la délaissera sans savoir qu’il est père, la retrouvera et la quittera comme si elle n’était pour lui qu’un objet de distraction et de plaisir. Sait-il seulement lui-même qui il est ? Adélaïde a beau faire, elle ne peut se séparer du personnage de Loozie Anna dont elle voudrait tantôt se détacher, avec lequel tantôt elle se confond. Car ce roman est aussi un roman d’apprentissage où l’héroïne se cherche et se transforme : un roman sur la quête de soi, le sens de la vie et le secret du bonheur. A la fois une recherche du temps perdu et une recherche d’identité.

« La vie n’est qu’un théâtre », écrivait Shakespeare. Dans ce roman, comédie et vérité s’entremêlent, avec pour apothéose un Mardi gras à La Nouvelle-Orléans. Les personnages jouent la comédie, ils se jouent la comédie, ils mentent aux autres comme ils se mentent à eux-mêmes : c’est ainsi qu’ils se révèlent. Jusqu’au professeur de musique, secrètement amoureux, qui veut dissimuler ses sentiments et garde jusqu’au bout l’espoir que son fol amour se réalisera.

Ce roman retrace le destin d’Adélaïde. Destin inachevé : les dernières lignes laissent entendre que rien n’est jamais fini. Adélaïde se perpétuera-t-elle dans la mélancolie de l’acteur qui, ayant quitté son masque, revient à la réalité ou se métamorphosera-t-elle en son double obsédant, Loozie Anna ?

Jean-Michel Léost

Retrouvez Loozie Anna joué par Jean-Claude Texier

Sur YouTube et Dailymotion.

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Marcelle Dumont se raconte...

16 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Marcelle Dumont se raconte...

Marcelle Dumont se raconte


En avant pour l’équivalent d’une d’interview, même si j’ai fait à la fois les questions et les réponses.

Je suis née en Hainaut, comme mon père qui était un vrai Wallon, blagueur et bon vivant. Tel aussi mon grand-père paternel, le seul aïeul que j’aie connu.

Maman a vécu son enfance et son adolescence à Ixelles dont sa mère était originaire. Son père était venu exercer son métier dans la capitale, mais il était né dans un petit patelin proche d’Ypres. C’était un pâtissier accompli que Maman a secondé la nuit, dès l’âge de douze ans. Elle trouvait le temps, entre deux régiments de petits pâtés, d’embrasser sa poupée cachée dans un placard. Quelques printemps plus tard, elle a rencontré un « joli petit brun à moustache », venu se perfectionner dans le métier. Ils se sont mariés et ont eu six filles, dont je suis le dernier numéro. Ils ont beaucoup travaillé tous les deux et j’espère, comme dans les contes de fées, qu’ils ont été heureux ensemble.

Entre la rigueur et le réalisme de ma mère, relevés d’une pointe d’humour bruxellois, la gouaille pleine d’esprit de mon wallon de père et son humanité profonde, je me sens très belge.

Je comprends pas mal de patois, du picard au borain, du wallon de Charleroi à celui de Namur, sans être capable de les parler couramment. Mais le français est vraiment ma langue. L’amour de la langue et de l’écriture ne m’a jamais quittée. Il s’est emparé de moi vers les treize ans et il me tient toujours. Donc, à cet âge, j’ai écrit des poèmes satiriques, à la métrique hasardeuse, dont mes proches faisaient les frais.

Un an plus tard, mon inspiration avait changé et je plongeai dans un romantisme naïf. Etape éphémère, là aussi. Servie par un grand sens de l’observation, je suis passée ensuite à la prose, avec des récits, des impressions, des nouvelles. En même temps, je travaillais sur un premier roman, tapé sur stencils. D’autre part, Jean, et moi avions débuté notre collaboration bilatérale. Il assemblait les textes que j’avais tapés sur mon Hermès Baby et j’ai écrit le commentaire de son premier film, sur une coopérative agricole en Hainaut.

De 1960 à 1980 j’ai eu une activité littéraire soutenue. Parution de nouvelles et récits dans Marginales, Le Thyrse et Audace. Sortie de mon roman La Veuve en 1969, chez Pierre De Méyère, adaptations et pièces originales pour le Théâtre de l’Equipe.

Mon activité de journaliste indépendante continuait à me requérir. J’écrivais aussi des textes pour enfants qui ont paru dans Libelle et Femmes d’Aujourd’hui.
Parallèlement, je fus l’assistante de Jean. J’écrivais les dialogues et commentaires de ses films. Je l’ai accompagné plusieurs fois, aux Iles Féroé et au Groenland. Lors de l’un des voyages au Groenland, le but était d’atteindre le plus puissant glacier de ce pays. Ce ne fut pas une sinécure, comme j’en ai témoigné à mon retour, dans Pour un fleuve de glace. Ce récit est inclus dans le coffret que le Ministère de la Culture a consacré à l’œuvre cinématographique de Jean, sous le titre : « Des Marolles au Groenland, Jean Harlez, un homme qui voulait filmer à tout prix ».

A présent, après la parution chez Chloé des Lys de Nuageux à couvert, certains lecteurs ou lectrices s’étonnent de mon long silence littéraire, entre 1980 et 2016.

Mon activité de journaliste indépendante, d’abord à Spécial de 1978 à 1980, puis de 1980 à 2002 au Soir, me laissait peu de temps libre. Mais ça ne veut pas dire que je ne m’épanchais plus dans une écriture plus intime. Et qu’il n’y avait pas d’inédits dans mes tiroirs. La difficulté de trouver un éditeur qui m’accepterait, sans être ruineux, m’a certainement freinée. Enfin Chloé des Lys m’a ouvert la porte et je l’en remercie! Mais il a fallu retrousser mes manches pour réaliser la maquette texte et la maquette couverture. Maintenant en avant pour le second challenge, celui de la promotion. Le vin est tiré. Il faut le boire et non s’y noyer !

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Autour du comptoir (extrait de Nuageux à couvert-page 51)


Willy était de taille moyenne, quand il se déplaçait comme tout le monde sur le sol carrelé de son bistrot. Dès qu’il se retranchait derrière le comptoir, il gagnait vingt centimètres, grâce au plancher. Il n’en fallait pas plus pour qu’il regarde tout le monde de haut.

Il avait commencé par travailler en usine et par contribuer, chaque samedi et chaque dimanche, à la prospérité d’autres cabaretiers. Cela sans compter les lundis de kermesse. Les jeunes filles pouvaient se désoler de voir ce garçon bien fait, aux beaux yeux gris bleu, délaisser la danse ; lui tenait à vivre sa jeunesse.

Un jour, las de s’imbiber comme une éponge et de ne conserver d’appétit que pour les frites et les pickles, il s’était laissé annexer par une future mémère. Il s’était marié, n’avait plus bu que du café fort et, grâce aux largesses de ses beaux-parents, il s’était payé un comptoir dont il allait enfin connaître la bonne face, celle qui aligne les pompes à bière et le tiroir-caisse.

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Dans les rues de Tervuren, une poésie de Philippe de Riemaecker

14 Mai 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Dans les rues de Tervuren, une poésie de Philippe de Riemaecker

Dans les rues de Tervuren
Tombent des larmes d'eau
Sur les pavés si beaux
De tendresse qui fument
Sous mes souliers mouillés
Dans l'ombre de son ombre
Qui chante de passé
D'histoire et de pénombre
Qu'on y voit son clocher
Vous regarder souvent
Comme s'il était le vent.

Il pleut... Dans les rues de Tervuren
D'un soleil détrempé
Par la pluie qui s'étend
Jusqu'aux anciens géants
Les géants de Tervuren
Et dans les rues désertes
Sous les allées si vertes
Les marronniers si vieux
Qu'ils étaient déjà vieux
Depuis la nuit des temps
Depuis qu'il y a longtemps
Qu'on ne sait plus le temps...

C'est la nuit sur Tervuren
Sur la ville, sous la pluie
Aux fenêtres endormies
Sur la beauté du monde
Qu'on oublie que l'ennui
C'est un silence qui crie
Qui m'attire dans son lit
Puis, m'appelle, me séduit,
Me déchire et m'entraîne
Sous la foret du père
Du père de son grand père..

Il pleut... Dans les rues de Tervuren
Qu'on dirait le printemps
Qui taquine les murs
A les mouiller souvent
Que les maisons anciennes
Revivent le temps d'avant
Et que le ciel descend
A pleurer tant et tant
Qu'on dit qu'il vient de loin
Quand au petit matin
Tervuren se lève enfin

Philippe de Riemaecker
_________________
http://philippederiemaecker.wix.com/auteur#!books/cnec

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