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Le blog Aloys

Articles récents

Qui es-tu, Loozie Anna ? Une vidéo de Jean-Claude Texier

27 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=Pp4p0ROjPag

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Séverine Baaziz présente son ouvrage "Le premier choix" sur Mirabelle TV

26 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

Séverine Baaziz présente son ouvrage "Le premier choix" sur Mirabelle TV
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Claude Colson nous parle de son recueil poétique "Saisons d'une passion"

25 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

De son vrai nom, Jean Claude Collau. Né en 1949 dans le Cambrésis (59- France), il y a vécu 38 ans. Il est Essonnien depuis 1987. Études supérieures à Lille III, professeur de lycée puis syndicaliste à responsabilités nationales, agrégé d'allemand, il est aujourd'hui à la retraite. Père de trois enfants.

 

C'est en 1995 qu'il est venu à l'écriture, par la poésie, genre qu'il pratique toujours, avec d'autres.

Il a fait éditer à ce jour 4 romans courts, 4 récits de vie et 1 recueil de poésie. Un contrat est signé pour l'édition d'un deuxième recueil de poèmes.

 

Ses trois premiers livres sont des récits autofictionnels où il traite de la passion amoureuse - trois aventures vécues distinctes - en mêlant, chaque fois différemment, divers styles littéraires : la narration, la poésie et le journal intime. Ces trois « ovnis littéraires » ont été édités aux éditions Chloé des Lys (B). Ils visent à atteindre l'universel dans la description de l'amour fou, vécu bien entendu à l'échelle individuelle.

 

« Saisons d'une passion » - 2002, réédit. 2009

 

Pour présenter mon premier livre je dirai que je l'ai écrit, soyons honnête, d'abord pour moi, en pensant toutefois constamment à votre regard. Je tente ici de cerner l'évolution d'un amour fou qu'un homme découvre à l'heure du "démon de midi". Il a de l'amour une conception esthétique et quasi mystique. Le thème a imposé la forme : un récit pour retracer la fulgurance des débuts, des fragments poétiques qui - ensuite - rendent compte d'une existence sur les crêtes de la passion et pour finir un journal accompagnant l'après-rupture. La chronologie est ici respectée.

 

« Au bout du compte une polyphonie luxuriante. Rien n'est trop, rien n'est jamais trop lorsqu'il s'agit de dire l'Amour, de faire l'Amour par les mots et aux mots. De sorte qu'au fil de cette expérience pourtant si singulière ce sont des fragments de vous-mêmes que vous pouvez tout à coup reconna?tre : un puzzle mouvant qui ne relève pas plus du jeu que du seul "je", un miroir éclaté aux antipodes de la coquetterie. » (G.T.)

 

Extraits :

« ??espoir, souhaits, elle trouvait la nuance ténue. Elle était énorme. Il voulait certes communier avec elle sous les deux espèces, de la chair et de l'esprit, mais n'entendait plus renoncer au second aux seules fins d'assouvir la première.

Les amis de Florence la disaient inclassable. Bruno se familiarisait avec sa nature extraordinairement complexe. Sachant que rien ne supplanterait jamais chez elle sa première passion, une passion contrariée pour la musique, il s'efforçait seulement de lui apporter le plus qu'il pouvait, afin de lui faciliter l'existence. Il se sentait fort, prêt à la protéger, au besoin contre elle-même, le gardien du Temple. Elle s'extasia à ces dires, n'ayant jamais encore connu la passion dans la liberté? » Saisons d'une Passion

Il l'avait rencontrée au restaurant, ne l'avait pas recherchée, sauf peut-être sous l'emprise d'une nécessité inconsciente ; leur rencontre était due à l'un de ces hasards qui font se croiser les natures et les destins les plus dissemblables. Plusieurs fois ils s'y côtoyèrent. D'abord il ne prit garde à elle, car, marié depuis plus de quinze ans et père de deux enfants, il vivait les vicissitudes d'une union qui subissait le lot trop commun sans que l'un ou l'autre en soit plus particulièrement responsable. L'amour avait cédé à l'usure, et comme il approchait de la quarantaine, il venait - une première depuis leur mariage - de s'éprendre d'une femme de leurs relations.

 

Femmes

 

Je te regarde, femme, et le rêve commence,

Tu inclines la tête, mutine et moi grave et sérieux,

à l'orée du mystère, sans doute l'air idiot.

Un sourire se lève aux prunelles de tes yeux et j'en reste ballot.

C'est la grâce qui affleure,

irruption de piété devant les pastels de tes fards,

mise en scène de ton insondable beauté.

 

Passage

 

Toi moi

Ton amour mon amour

Notre monde

Comme de nuages et d'ombres

Des vaisseaux de beauté

 

Journal : ... Je repense à l'apaisement immédiat que m'apportait le fait de t'approcher, de simplement te respirer. Cela t'amusait et te touchait. Ton amie m'a dit que tu avais été triste de cette rupture. Et pourtant tu l'as voulue. Tu souhaitais que quoiqu'il arrive nous restions amis ; jusqu'ici cela n'a pas été possible. Le veux-tu encore ? ? /

... Nouveau rêve où cette fois tu es venue dans mes bras. Après ces centaines de jour, Petite, cela m'a réveillé. Tu me déclarais fait pour aimer, voilà le grand malheur : tu m'as rendu exigeant sur le choix de l'objet et je ne puis te remplacer ; j'arrête aussi la recherche. Je t'avais trouvée, point !

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Jean-François Foulon nous parle de son nouveau roman "Ici et ailleurs"

24 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

ICI ET AILLEURS


 

Ainsi donc mon troisième livre vient de paraître chez Chloé des Lys. Après un roman, « Obscurité » (qui relatait le désarroi d’une femme qui quitte son compagnon et qui erre à travers la France avec ses deux enfants, ne sachant où aller) et après un recueil de textes poétiques en prose ou en vers libres, « Le temps de l’errance », voici maintenant un recueil de nouvelles, « Ici et ailleurs ».

Pour être tout à fait précis, il ne s’agit pas de nouvelles au sens propre, car certains textes peuvent faire une vingtaine de pages voire même davantage. De plus, il n’y a pas forcément une « chute » finale, ce qui caractérise souvent le genre de la nouvelle. On devrait donc plutôt parler de courts récits. La première partie, qui s’intitule « Afrique » donne en fait le point de vue de différents personnages sur un même événement, à savoir l’assassinat d’une jeune femme médecin qui travaillait en République démocratique du Congo dans le cadre de Médecins sans frontières. Il ne s’agit nullement d’une intrigue policière, mais plutôt d’une tentative de cerner les motivations qui ont poussé les différents protagonistes à se retrouver à cet endroit et à agir comme ils l’ont fait. On scrute donc plutôt leurs états d’âme, leurs peurs, leurs angoisses, leurs désirs. Mais finalement, les points de vue différents de ces personnages forment un ensemble qu’on pourrait finalement qualifier de petit roman.

Les histoires de la deuxième partie se déroulent toutes en Amérique du Sud et elles ont une approche plus politique et sociale. On parle de pauvreté, de dictature, de révolutions, mais toujours à travers le point de vue de gens ordinaires. Mon but était un peu de décrire la manière dont les hommes (et les femmes car beaucoup de mes héros sont des héroïnes) décident de rester debout au milieu de toutes les adversités qui les accablent. Mon regard sur mes personnages est donc essentiellement humain.

La troisième et dernière partie regroupe des récits se déroulant en Europe. J’y aborde d’une manière un peu désabusée des thèmes qui nous sont familiers : le chômage, la perte des illusions, le vieillissement, la maladie d’Alzheimer, etc.

Le titre initial de mon recueil était « Quelques nouvelles du monde » puisque ce qui relie tous ces récits c’est précisément le fait qu’ils se déroulent aux quatre coins de la planète. Comme je trouvais ce titre peu percutant, j’ai préféré celui de « Ici et ailleurs », qui permettait de conserver l’idée initiale tout en faisant un petit clin d’œil à Paul Verlaine et à son livre « Jadis et Naguère ».

Que dire encore ? Que je suis passé à l’impression « en collection », ce qui a permis de diminuer fortement le prix du livre, ce qui n’est pas négligeable. En effet, on sait que le grand public a tendance à n’acheter que les auteurs connus, autrement dit ceux dont on parle dans les journaux et à la télévision. On ne peut que le regretter, mais c’est comme cela. Dès lors, quand on est un écrivain inconnu, mieux vaut proposer ses livres à un prix abordable, c’est un atout qui n’est pas négligeable.


 

Jean-François Foulon

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Brune Sapin nous propose "En guise d'avertissement"... le début de son ouvrage "Il a beau pleuvoir, le soleil n'est jamais mouillé"

24 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

En guise d’Avertissement :

Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé

 

 

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(Boileau, L’Art poétique, 1674)

 

 

Il avait bien raison le grand Classique. On jette comme ça des idées sur une page, et à force de les relire on les supprime quasiment toutes pour en réécrire les grandes lignes voire parfois les lignes parallèles.

 

Je voudrais vous présenter mon petit livre, mais je ne sais ni par où commencer ni qu’en dire. Ce qui est sûr c’est que je l’ai écrit, soyez rassurés. Mais de là à en parler il y a un sacré vol à l’étalage qui vire au tour de l’univers en vitesse lumière.

 

Il me semble cependant pour l’anecdote, que sur l’enveloppe dans laquelle se trouvait mon manuscrit (premier jet) lorsque Chloé des Lys l’a reçue, j’avais inscrit ceci :

Les sots lisent un livre, et ne l’entendent point ; les esprits médiocres croient l’entendre parfaitement ; les grands esprits ne l’entendent quelquefois pas tout entier : ils trouvent obscur ce qui est obscur, comme ils trouvent clair ce qui est clair ; les beaux esprits veulent trouver obscur ce qui ne l’est point, et ne pas entendre ce qui est fort intelligible.

(La Bruyère, Les CaractèresDes ouvrages de l’esprit, 1696)

 

C’était prétentieux.

 

Et d’ailleurs la version finale de ce manuscrit en question soit le bouquin dont je vous parle n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se trouvait dans l’enveloppe.

 

Bref, je cherche une définition : c’est une sorte de livre excentrique, mais tel que l’entendait Nodier et non pas l’interprétation ironique et/ou parodique qu’en a fait Daniel Sangsue en 1988 (J’entends ici par un livre excentrique un livre qui est fait hors de toutes les règles communes de la composition et du style, et dont il est impossible ou très difficile de deviner le but, quand il est arrivé par hasard que l’auteur eût un but en l’écrivant. (Bibliographie des Fous de Quelques Livres Excentriques, Charles Nodier, 1835)

Ensuite et bien c’est une histoire, celle d’une petite fille, qui fugue bien évidemment, et d’autres personnages plus ou moins importants… Mais l’ensemble est un sacré trompe-l’œil en fin de compte, si l’on admet comme Aragon que l’imagination n’inventant pas des choses réelles, ces dernières sont menties : L’extraordinaire du roman, c’est que pour comprendre le réel objectif, il invente d’inventer. Ce qui est menti dans le roman libère l’écrivain, lui permet de montrer le réel dans sa nudité. Ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité. (Aragon, C’est là que tout a commencé…, 1965). Cependant, le monde de l’imaginaire apparaît paradoxalement chez Lacan comme intrinsèque au moi, avec celui du symbolique et celui du réel… Aussi je vous laisse vous y retrouver.

 

Et puis je dois tout de suite vous avertir que mon livre n’est pas tout à fait un roman. En fouinant un peu dans l’histoire littéraire je dirais qu’il se rapproche de l’antiroman (vous savez, Charles Sorel, 1633, Le Berger Extravagant ; Jean-Paul Sartre dans son introduction au Portrait d’un inconnu de Nathalie Sarraute, 1948 ; critique de la vague du nouveau roman français dans les années 1940, 50,60 ; et pour ceux que cela intéresse : un article d’Aron Kibédi Varga dans Littérature en 1982 (n°48, Texte contre-texte) : Le roman est un anti-roman :  http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1982_num_48_4_2174 ).

 

Mais pour finir de brouiller les pistes (dans mon esprit qui cherche à vous présenter concrètement quelque chose d’acté et diable ! de publié), ultime citation tirée d’un livre incroyable que je vous recommande en passant : Tout se passerait donc comme si, les genres s’étant dissipés, la littérature s’affirmait seule, brillait seule dans la clarté mystérieuse qu’elle propage et que chaque création littéraire lui renvoie en la multipliant – comme s’il y avait donc une essence de la littérature. Mais, précisément, l’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais déjà là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer. Il n’est même jamais sûr que le mot de littérature ou le mot art réponde à rien de réel, rien de possible ou rien d’importance. (Maurice Blanchot, Le livre à venir, 1959)

 

Vous l’avez compris maintenant, il vous faut donc lire ce récit de fiction qui n’est ni un roman, ni un livre excentrique, ni tout à fait un antiroman, en souriant et en ne cherchant surtout pas à le cataloguer car il est brut et brutal, sorti de nulle part et encore en recherche. De plus, ce sourire qui ne vous quittera plus, participera de votre indulgence par-rapport aux coquilles s’il en reste malgré mes relectures et corrections (honte à l’auteur : moi) mais également à accepter dans votre grande mansuétude une faute grammaticale que je revendique bien qu’elle paraisse indubitablement condamnable : c’est fatiguant. L’adjectif qualificatif comme son nom l’indique serait attendu là pour qualifier la situation, et de plus seul lui (en tant que défini et définissable, sinon d’autres mots peuvent remplir cette fonction syntaxique) peut être placé en attribut du sujet. Or la grammaire moderne est beaucoup moins rigoureuse que celle que j’ai apprise dans ma lointaine jeunesse, et parle uniquement de différences sémantiques entre le participe présent, l’adjectif verbal et le gérondif (les trois formes en –ant) : l’adjectif verbal a une qualité durable ; le participe présent et le gérondif indiquent tous deux avec plus de puissance l’aspect d’inaccompli, d’action passagère, de procès en cours de réalisation. (A. Mela, Université Paul Valéry, Trame de coursPrépa à l’entrée à l’IUFM) L’immensité de la fatigue en train d’être ressentie par le sujet présent à la situation donnée m’a donc induite en erreur vers le participe présent, et je m’en excuse pour ceux que cela choquerait, bien que le propre, aussi, de ce récit, soit son imperfection, de par son statut de premier (douteux brouillon et naïf qui plus est ?), d’où votre sourire amusé.

 

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus !

 

Un livre. Une aventure. Quant à moi je m’éclipse…

 

12 Mars 2017

Brune Sapin

 

(Petit ajout blessé par-rapport à ceux qui confondraient autobiographie et travail du monologue intérieur : mon projet d’écriture n’était pas de me purger personnellement de mes états d’âme ou de mes fantasmes donc pas d’amalgame, il n’a pas lieu d’être. Je n’ai signé aucun pacte, ni avec moi-même, ni avec ceux qui lisent, ont lu, liront peut-être, ni avec le diable par ailleurs ! 14 mai 2017)

 

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Jean Destrée nous propose un nouveau "Compte de fées" !

22 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

 

 

Le long du ru qui gazouille, ils s’assirent et déballèrent leurs repas. Une petite voix vint les distraire. Une petite voix qui chantait. « Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne », chantait la petite voix. Hestor manqua s’étouffer. Il jura un coup ce qui fit taire la petite voix. La lanterne s’éteignit et les aristocrates attendirent avant d’être pendus. Une petite fille se planta devant eux.

 

- Bonjour.

- Bonjour.

- Je ne vous connais pas.

- Et toi, qui es-tu, pour oser chanter de telles chansons ?

- Moi, c’est Charlotte. Et vous?

- Que fais-tu ici?

- Je vends des briquets. Vous savez ces machins qu’on bat pour faire de la lumière ?

- Oui, comme dans la chanson?

- Quelle chanson, je ne la connais pas, elle n’est pas dans mon répertoire.

- Ce n’est pas grave. Et que fais-tu en dehors de ton commerce de briquets ?

- Rien. Je me promène, je cause avec les gens ou je joue au jeu de paume avec mon tonton.

- Ah ! Tu as un tonton ? Et que fait-il ?

- Il est pirate.

- Quoi ?

- Il est pirate. C’est un écumeur des mers.

- C’est un méchant.

- Non, il est gentil. Chaque fois qu’il revient de ses voyages aux îles, il me rapporte des tas de machins qui ne servent à rien et qu’il a piqués chez les gens qu’il a piratés.

- Eh bien, c’est du propre.

- Ma chanson, c’est mon tonton qui me l’a apprise. J’en connais d’autres. Vous voulez que je vous les chante ?

- Non. j’en sais assez.

- Dommage, elles sont rigolotes et pas piquées des vers. Mais vous deux, que faites-vous par ici ?

- Nous voyageons à travers mon royaume.

- Ah ! Vous avez un royaume ? Donc vous êtes le roi? Comme dans la chanson : « Le roi Renaud de guerre revint ».

- Veux-tu bien te taire.

- Vous ne me dites pas de quel royaume vous êtes. C’est celui dont le prince Amaury cherche une petite nénette ?

- Oui, c’est moi. Qui t’a dit cela ?

- C’est Mélusine.

- Décidément, celle-là n’en rate jamais une.

- Vous voulez vous marier ?

- Oui, c’est pourquoi je voyage.

- Ben moi aussi je veux me marier.

- Mais tu es bien trop jeune.

- Aux âmes bien nées...

- Oui, je sais, la valeur n’attend pas le nombre des années.

- On dit aussi « la valeur n’attend pas le nombre des tournées ».

- Vous connaissez vos classiques.

 

- Quel âge as-tu ?

- J’ai onze ans, si j’en crois ma mère. Mais elle ne sait pas bien compter.

- Elle a perdu son boulier ?

- Et la boule aussi.

- Tu vois que tu es trop jeune.

- Mais je sais faire la soupe, raccommoder les chausses et les hauts de chausse, laver les bas. Et puis dans dix ans, je serai bonne à marier.

- Tu es une petite comique.

- Mon tonton aussi. Vous voulez trouver une femme ? Je peux vous en trouver une. Elle vit là-bas dans la forêt dans une petite cabane que son valet lui a construite.

- Comment s’appelle-t-elle ?

- Pot danne.

- Quoi ?

- Pot danne. Elle s’est sauvée parce que son paternel voulait l’épouser. C’est fou, ça ! Du jamais vu.

- En voilà une affaire ! On trouve de tout dans mon royaume et je n’en savais rien.

- Mais on ne vous dit pas tout, osa Hestor.

- Tu es sûre que Pot danne c’est son nom ?

- C’est comme ça qu’on l’appelle mais je ne sais pas son

vrai nom. Il paraît que c’est une grande dame.

- Charlotte, ne raconte pas des bêtises.

- Mais c’est vrai. D’ailleurs mon tonton l’a vue près de sa cabane, un jour qu’il s’était perdu. Elle chantait. Quand elle est rentrée, il est allé voir de plus près et il a vu qu’elle préparait des gâteaux. Il n’a pas osé frapper mais en regardant par le fenêtre il a vu qu’elle était habillée avec des peaux de lapin cousues de fils d’or.

- Tu me racontes des blagues.

- Allez voir vous même si vous ne me croyez pas. C’est à

une paire d’heures de marche. Je peux vous guider parce

que la cabane est bien cachée.

- Ne te fâche pas. Je te crois. Hestor, nous allons faire une halte chez cette Pot danne.

- Est-ce que cela en vaut la peine, susurra Hestor.

- Oui. On ne sait jamais. Avec toutes celles que nous avons rencontrées, ce serait bien de diable si l’une d’entre elles ne me convienne.

- Vous prenez le risque ?

- Qui ne risque rien n’a rien. Vous trouverez peut-être vous aussi une chaussure à mettre à votre pied.

- Mais j’en ai déjà deux qui me donnent trop chaud sous le soleil et des cloques aussi.

- Allez, Charlotte la chanteuse de rues, en route pour la cabane de Pot danne. Mais avant, un coup de cervoise fera du bien.

- Allez, on, chante.

 

Buvons un coup, buvons en deux

À la santé des amoureux

À la santé du roi de France

 

- Ça va, ça va, Charlotte. On connaît la suite.

- Elle est belle cette chanson.

- Non, elle est grossière.

- On voit que vous n’avez jamais fait la guerre.

- Toi non plus.

- Mon tonton, il l’a faite contre les Anglais, ceux qu’on appelle les Bretons du nord qui ne parlent pas comme nous. Il ne font jamais rien comme tout le monde. Leurs diligences roulent du mauvais côté et ils boivent de l’eau

chaude avec un nuage de lait.

 

Pressé de boire un coup, Hestor s’étrangla. Il jura si fort qu’un merle se lança dans une violente diatribe contre les gens sans scrupules qui troublent la tranquillité des forêts. Et les voyageurs se remirent en route. Après deux heures d’une marche pénible à travers la forêt pleine de ronces et de fange, car il avait bien plu la semaine précédente, nos pèlerins de l’amour arrivèrent devant une cabane de branchages et de pisé dont une porte en bois de vieux hêtre barrait l’entrée. Au-dessus, une planchette avec ces mots :

 

« Ici, c’est chez moi. Essuyez vos pieds sales sinon vous devrez récurer, je n’ai pas que ça à faire ».

 

- Voilà qui est encourageant. Elle n’a pas l’air commode ta Pot danne, ma chère Charlotte.

- Ben oui, elle rumine sans arrêt. Elle est malheureuse de

se vêtir de peaux de lapin et pour noyer son chagrin, elle

se bourre de gâteaux.On dirait qu’elle a toujours faim. Donc elle a grossi et ça l’ennuie parce qu’elle pense qu’elle ne pourra pas trouver un mari.

- Les hommes aiment les femmes maigres, mais chez les

autres, dit Hestor. C’est Alexie, la vieille cuisinière du château qui me l’a dit. Et elle s’y connaît. Elle pèse cent- quatre-vingts livres et elle est heureuse en ménage avec son mari qui en pèse la moitié.

- Arrêtons ces balivernes. Allons plutôt frapper à l’huis de

cette Pot danne.

 

Jean Destrée

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Laurent Dumortier présente son recueil "D'Hivers et d'ivresse"

21 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Biographie,

L’auteur, membre de l’Association Royale des Ecrivains Wallons, a déjà publié plusieurs romans, recueils de nouvelles, ainsi que recueils de poésie. Il collabore en outre à diverses revues et forums littéraires. Plusieurs revues littéraires internationales ont en outre publié plusieurs de ses nouvelles...

 

Phrase d'accroche : "D'hivers et d'ivresse" est un recueil de poésie mettant l'accent sur la musicalité des textes, sombres comme toujours.

 

 

Extrait,

 

 

Le placard des illusions

 

 

 

Hier encore tu t’inquiétais

Des 160 kilomètres heure

De la chandelle que je brûlais

Au nom du bonheur

Tu maudis cet amour

Tu maudis ces hiers

Tu regrettes ces adieux

Sous tes airs odieux

Les mensonges

Les beaux songes

Tout n’était qu’éphémère

Du sucré qui vire à l’amer

Tu as rangé au placard

Des illusions un vertige

D’amour qui s’érige

En un grand écart

Tu maudis cet amour

Tu maudis ces hiers

Tu regrettes ces adieux

Sous tes airs odieux

Aujourd’hui il ne demeure

Que des bruines de douleur,

Des larmes de silence

Vidées de sens…

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Bob Boutique au micro de Sarah Prévinaire sur Radio Eghezée

20 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo, #interview

Bob Boutique au micro de Sarah Prévinaire sur Radio Eghezée
Bob Boutique au micro de Sarah Prévinaire sur Radio Eghezée
Bob Boutique au micro de Sarah Prévinaire sur Radio Eghezée
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Pauline Vandersanden présente son roman JUNE.

19 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Biographie

Née en région liégeoise en 1990, je passe mon enfance à la campagne et décide, à vingt ans, d’emménager au cœur de la Cité Ardente. Mon diplôme de professeure de français en poche, j’additionne les expériences dans différentes écoles. Amoureuse des mots depuis toujours, je n’ai jamais cessé de noircir du papier blanc jusqu’au jour où j’ai décidé d’assembler les bouts de mots, les bouts de maux, parfois, au sein d’un roman. June est mon second livre.

Résumé

« June » comme le mois de juin et le prénom de l’héroïne. C'est avant tout l'histoire d'une rencontre entre deux êtres fragilisés. Mais aussi celle d'une reconstruction, d’un commencement. C’est l’influence de notre enfance sur nos choix d’adulte. C'est l'amour, le vrai, celui qui fait grandir. Mais c'est aussi la difficulté d'exister, à deux. Et de résister au temps qui passe. La difficulté de s'abandonner et de pardonner. « June » bouscule les codes, les préjugés.        
 

N°ISBN : 978-2-87459-973-6

Extrait

Elle n’avait plus de cœur. Il s’était détaché de sa poitrine, ce matin-là. Quand les mots s’étaient dispersés dans l’air. « Ça ne marchera pas. Nous deux, ça ne fonctionnera pas. Tu es où là ? Avec qui es-tu quand je te tiens dans mes bras ? Pour qui sont tes sourires ? ». Elle les avait reçus comme un coup de poignard. Ils avaient pénétré ses oreilles, avaient atteint sa tête et étaient repartis aussitôt, emportant dans leur course son cœur éreinté. Elle l’avait fixée un long moment. Sans rien dire. Avait croisé les bras sur sa poitrine comme pour protéger le trou béant qui lui creusait désormais le haut du corps. Elle déambulait dans la ville. Étrangère à elle-même. Une partie d’elle s’était envolée ce matin-là. Elle ne pourrait plus jamais aimer. Elle ne pourrait plus jamais s’abandonner. Elle priait pour que le temps s’accélère. Pour que les images au goût du souvenir défilent. Les blessures se pansent. Pour que les creux se remplissent à nouveau. Elle priait. En silence. Elle ne pensait plus à rien. Seulement à June. June. Tout le temps, toujours. Sans pause, ni répit. Elle lui manquait comme le bras manque au manchot. Le thé à la tasse. La voix au muet. Elle lui manquait. Et elle aurait cent fois préféré qu’on la balance toute entière au feu plutôt que de ressentir cette douleur qui la consumait de la même manière. Elle revoyait son visage qui venait se déposer, se loger. Bien au chaud. A l’abri. En sécurité. Elle ressentait la chaleur de ses bras maigres, les nuances de son odeur, le crépitement de sa voix. Elle la ressentait toute entière. Et puis elle ressentait le vide. A chaque fois.

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Actu-tv nous parle de Georges Rodenbach... Un article de Jean-François Foulon

19 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo, #articles

https://www.youtube.com/watch?v=Gv17jvqrJcA

Il est des livres que l’on connaît - ou du moins que l’on croit connaître – sans les avoir jamais lus. Ce sont souvent des classiques, dont on a étudié des extraits à l’école ou dans lesquels les journalistes littéraires aiment puiser des citations pour montrer leur culture. Bref, ce sont des livres dont on connaît plus ou moins l’histoire, dont on pourrait même parler un peu, mais dont finalement on ignore tout puisque tout simplement on ne les a pas lus. 

C’était mon cas pour Rodenbach. Honte à moi, je l’avoue. De cet auteur, j’avais simplement lu quelques poésies dans des anthologies et je connaissais (quand même) le titre de son œuvre la plus célèbre : « Bruges-la-morte ». Il a fallu que j’écoute l’interview de Marc Quaghebeur dans Actu-TV pour que je prenne conscience de cette lacune et que je me précipite sur ce livre. Comme quoi cette émission culturelle prend de l’ampleur et les interviews du directeur des Archives et Musée de la Littérature consacrées aux grands classiques belges sont toutes du plus grand intérêt. En tout cas cela m’a permis de découvrir Rodenbach. C’est un peu le but poursuivi par Actu-TV, je crois : puiser à des sources sures et sérieuses pour s’ouvrir ensuite à un large public. Que voilà une belle manière de dépoussiérer nos grands écrivains ! 

Mais revenons à Rodenbach. Né à Tournai en 1855, il est mort à Paris en 1898, d’une crise d’appendicite. En réalité, il passe son enfance à Gand, où son père, fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, a été muté (c’était l’époque où la langue française régnait sur toute la fonction publique et où les agents de l’Etat exerçaient leur métier dans toute la Belgique, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie). Au collège Sainte-Barbe, il se liera d’amitié avec Emile Verhaeren, puis il entreprendra des études de droit, études qu’il est supposé parfaire à Paris, mais une fois dans la capitale française, il fréquentera surtout les milieux littéraires( François Coppée, Maurice Barrès…). Il organisera d’ailleurs en Belgique des conférences pour présenter les auteurs français du moment. C’est ainsi par exemple que Mallarmé viendra parler de Villiers de l'Isle-Adam. 

Mais Rodenbach quitte définitivement son pays et s’installe à Paris en 1888. C’est là que son roman « Bruges-la-Morte »paraît, d’abord sous forme de feuilleton (dans le Figaro), puis en livre. 

On peut considérer que cet ouvrage est l’archétype du roman symboliste. Comme le fait bien remarquer Marc Quaghebeur, la trame aurait pu être celle d’un roman de gare : un homme a perdu sa femme et sa tristesse est telle qu’il décide d’habiter à Bruges (ville qui a eu son heure de gloire quand elle était un port de mer, mais qui vit maintenant dans un silence monacal, au milieu de ses beffrois et de ses béguinages) où sa mélancolie peut s’exprimer pleinement. Mais il rencontre une actrice qui ressemble à son épouse défunte. Il a une relation avec elle, mais petit à petit il doit bien reconnaître qu’elle est bien différente de la femme qu’il a aimée autrefois. Il finit par l’étrangler avec la tresse de cheveux de la défunte qu’il avait conservée comme une relique. 

L’essentiel n’est évidemment pas dans cette histoire. Tout est dans les symboles et la véritable héroïne, en fait, c’est la ville de Bruges. L’auteur tisse alors tout un jeu de correspondances entre l’état d’âme du héros, veuf et triste, et la ville elle-même, figée dans son passé, silencieuse, morne et mystique. Le symbolisme, on l’aura compris, adore les métaphores et les métonymies. Bruges offrait évidemment un décor idéal, avec ses vieux quais, ses béguinages, ses cloches qui sonnent les heures et dont l’écho se perd dans le brouillard, au bout des canaux. 

Le thème du miroir est fondamental. De même que les vieilles bâtisses se mirent dans les canaux et contemplent leur image, le héros retrouve (ou croit retrouver) dans l’actrice rencontrée le double de la femme aimée. Tout un jeu de correspondances s’établit alors. On ne regarde plus les beffrois ou les vieilles maisons, mais leur reflet dans l’eau. Il y a quelque chose de platonicien dans le symbolisme, car ce reflet est en fait l’idée de l’objet lui-même, sa quintessence en quelque sorte. Ville morte, Bruges renvoie à la solitude intérieure. Le temps y est suspendu et la ville rêve encore de son glorieux passé qui n’est plus (comme le héros rêve encore à la femme aimée qui est morte). Figée dans le temps, elle confond passé et présent (comme le héros croit reconnaître l’épouse qu’il a aimée mais qui est morte dans la jeune femme rencontrée). Mais qu’est-ce que la ressemblance, si ce n’est un mélange d’habitude et de nouveauté, une manière de retrouver le passé dans le présent d’aujourd’hui ? Or justement le héros est plongé dans ses habitudes : il s’enferme la journée et sort tous les soirs à cinq heures pour se promener le longs des canaux (dont les eaux noires évoquent le Styx antique). Rodenbach, fidèle en cela aux conceptions des symbolistes, en profite pour nous décrire une ville de Bruges noyée dans la brume et la pénombre, aux volets clos et aux vieilles façades délavées. 

Et comme Bruges était triste en ces fins d’après-midi ! Il l’aimait ainsi ! C’est pour sa tristesse même qu’il l’avait choisie et y était venu vivre après le grand désastre. (Rodenbach, Bruges-le-morte, Espace Nord, Loverval, 2006, p. 25) 

Mais si au début le héros choisi de vivre dans une ville pleine de mélancolie qui correspond bien à sa tristesse du moment, petit à petit il confond le souvenir de sa femme disparue avec la ville elle-même. La ville, elle aussi, aimée et belle jadis, incarnait de la sorte ses regrets. Bruges était sa morte. Et sa morte était Bruges. Tout s’unifiait en une destinée pareille. C’était Bruges-la-Morte, elle-même mise au tombeau de ses quais de pierre, avec les artères froides de ses canaux, quand avait cessé s’y battre la grande pulsation de la mer. » (Id. pp. 26-27) 

Bruges, on le sait, était un port de mer, mais celle-ci s’est retirée, laissant une ville morte qui ne vit plus que de souvenirs. Son coeur s’est arrêté de battre un jour, comme celui de la femme tant aimée. Mais à cette première correspondance, une autre va se substituer : Jane, l’actrice de théâtre rencontrée, ressemble tellement à la disparue que le héros va avoir l’impression de remonter le temps et de revivre sa passion initiale. Quand il la tient dans ses bras, ce n’est pas elle qu’il voit, mais l’autre, telle qu’elle était quand elle était vivante. 

On a donc l’impression que dans ce livre le thème du double (ou du simple et de son reflet) est primordial. L’unicité est intolérable, tout comme l’est d’ailleurs le fait d’être veuf. Tant qu’il est seul, le héros se rapproche donc de Bruges à laquelle il se sent uni par une même tristesse, mais quand il revit une passion amoureuse avec une actrice, il oublie la ville aux canaux et sa mélancolie et se concentre alors sur la ressemblance entre la femme vivante et celle qui est morte. Plus tard, quand il deviendra évident que l’actrice, vulgaire, dépensière et trompeuse, ne ressemble en rien à l’ancienne épouse, le héros reviendra vers Bruges. Plus tard encore, quand dans un moment de colère il aura tué Jane, il ne lui restera plus que Bruges, plus morte que jamais, puisque les deux femmes aimées ont disparu. 

C’est donc tout ce jeu de correspondances, de ressemblances, de glissements et d’inversions qui est intéressant dans ce livre et pas « l’intrigue » en elle-même. 

Avec ses canaux, ses ruelles où l’on se perd, ses béguinages qui se ressemblent, La vielle ville de Bruges a tout d’un labyrinthe, surtout à cinq heures du soir, en automne, quand elle est perdue dans le brouillard. C’est donc un lieu refuge, où on entre mais dont on ne sort pas. Rodenbach, qui est avant tout poète (même si, comme le fait remarquer Mac Quaghebeur dans la vidéo, sa poésie a un peu vieilli aujourd’hui à la différence de celle de Maeterlinck ou de Verhaeren) nous donne de belles descriptions de cette « Venise du Nord » qu’il a largement contribué à faire connaître. On peut dire que sa prose est poétique. 

« (…) Il marchait sans but, à la dérive, d’un trottoir à l’autre, gagnait des quais proches, longeait le bord de l’eau, arrivait à des places symétriques, attristées d’une plainte d’arbres, s’enfonçait dans l’écheveau infini des rues grises. Ah ! toujours ce gris des rues de Bruges. Hughes sentait son âme de plus en plus sous cette influence grise. Il subissait la contagion de ce silence épars, de ce vide sans passants – à peine quelques vieilles, en mante noire, la tête sous le capuchon, qui, pareilles à des ombres, s’en revenaient d’avoir été allumer un cierge à la chapelle du Saint-Sang. Chose curieuse : on ne voit jamais tant de vieilles femmes que dans les vieilles villes. Elle cheminent – déjà de la couleur de la terre – âgées et se taisant comme si elles avaient dépensé toutes leurs paroles. (Id, p. 85) 

Jean François Foulon

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