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Un texte de Bob Le Belge !!

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Et vous, vous en pensez quoi ?

 

C’est un scandale ! Remarquez que je m’en doutais, ça ne pouvait pas se terminer autrement. Un vrai fiasco.

 

Je leur avais pourtant bien dit qu’il ne fallait pas s’entêter, que cela ne servirait à rien et que de toute façon les choses se poursuivraient de manière inexorable. Je l’ai dit, prévu, annoncé et comme d’habitude on ne m’a pas cru.

 

Hé bien tant pis pour eux et ce n’est pas ce petit truc qu’o n vient de de découvrir qui va arranger les choses. Que du contraire.

 

On aura l’impression dans un premier temps que ça s’arrange, mais le répit sera de très courte durée car dès la reprise des évènements ça repartira de plus belle. Garanti !

 

Oui, oui… j’ai entendu parler de cette proposition, mais elle n’est pas réaliste. Vous rêvez là… on peut le refaire, le re-tenter, à la limite l’améliorer mais à quoi bon ? Je vous le demande les yeux dans les yeux : à quoi bon ? Et pour combien de temps ?

 

C’est trop tard. Il fallait y penser avant.

 

Et vous, vous en pensez quoi ?

 

Bob le Belge

 

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Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage

Joël Godart nous convie à une promenade poétique dans les allées du Père Lachaise à Paris. Pour capter le regard de tous ces disparus, rendre à la vie ces visages de pierre  afin qu'ils nous parlent à nouveau, l'auteur a utilisé son objectif et tenté joindre ces deux mondes, en toute humilité, en toute discrétion. Puis il a dû s'effacer...

 

 

        «  Jeudi matin au Père Lachaise.                     

           Tout est silence autour de moi.

           J'ai très vite l'impression d'être

           entouré de lambeaux de vie qui

           flottent dans l'espace et parfois

           me traversent – comme si j'étais

           un être transparent. Tous ces morts

           qui essaient de me parler.

           Je me sens petit, très petit.

           Il est temps de regagner l'autre rive»

 

Joël Godart

Publié dans présentations, Poésie

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Gaëtan Faucer sous les feux... des Secrets de Polichinelle

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Toujours sous le charme de "L'héritage" de Gaëtan Faucer, il me fallait à tout prix en savoir davantage sur les deux acteurs de cette pièce. Ma galanterie naturelle a d'abord guidé mes pas vers Amandine Carlier, superbe dans le rôle d'Alex De Rochelle.


1) "L'héritage" n'est pas la première pièce de Gaëtan Faucer que tu joues...
- Non, en effet. J'ai joué et mis en scène "Sous le pont" en 2014 avec comme autre comédien Jean-Pierre Wallemacq, que vous connaissez. J'ai ensuite travaillé sur un monologue appelé "Chloé ou les origines du mâle" avec l'excellente comédienne Mailyse Hermans qui a été présenté au Fou Rire Théâtre en juin 2015. Et pour finir, "L'héritage" avec le talentueux Youri Garfinkiel joué à "L'Harmonium" et au théâtre de La Clarencière cette année.


2) Serais-tu sa comédienne fétiche ?
- Sincèrement, je n'y avais jamais pensé. Gaëtan a une imagination débordante donc il a pas mal de pièces à son actif et il donne la possibilité à plusieurs comédiens de pouvoir jouer ses pièces. Néanmoins, il est vrai qu'après cette troisième collaboration, je peux confirmer que c'est un réel plaisir de travailler avec lui. C'est quelqu'un sur qui on peut compter et qui se soucie du bien être de ses comédiens. Nous nous faisons confiance mutuellement ce qui facilite beaucoup de choses dans le travail. "... c'est très rare dans le milieu de l'art..." (réplique d'Alex dans "L'héritage").


3) Malgré ton jeune âge, tu as déjà une belle carrière... peux-tu nous la présenter en quelques mots ?
- J'ai terminé le Conservatoire Royal de Liège (appelé maintenant ESACT) en juin 2007. Lors de mon cursus, j'ai pu aborder des auteurs comme Frank Wedekind, Anton Tchékhov, Racine, Paul Claudel, Daniel Keene, Molière et Bertolt Brecht. J'ai également pu faire l'expérience du jeu farcesque, du théâtre pour jeune public et du jeu face caméra avec Olivier Gourmet. Je suis donc sortie de l'école avec beaucoup de bagages en main. J'aime me qualifier comme "comédienne tout-terrain". J'adore aborder différents styles, différents personnages avec différents comédiens et je m'adapte assez rapidement.
J'ai joué au Festival IN d'Avignon pour le spectacle "Anathème" de Jacques Delcuvellerie. J'ai eu l'occasion d'aborder le clown dans une trilogie théâtrale macabre. J'ai tourné dans des clips vidéos. Je me suis essayée à la comédie musicale dans le spectacle "Le cimetière des chansons" et j'ai également suivi un stage d'écriture de scénario pendant deux ans où j'ai eu l'occasion de réaliser un court-métrage (des vidéos sont visibles sur ma page comédien.be : http://www.comedien.be/amandinecarlier)


4) Quel est ton rêve "absolu" de comédienne ?
- D'abord un petit souhait... mon premier amour a toujours été le cinéma et ça le restera toujours. J'ai fait du théâtre pour faire du cinéma car pour moi ce sont des acteurs plus intéressants et plus chargés émotionnellement. Je voudrais tellement travailler dans ce domaine et prouver ce que je vaux. Il suffirait qu'un réalisateur me donne ma chance et là je vous promets que je vais tout casser ! (dans le bon sens du terme, bien sûr). Je parle aussi anglais donc il y a un désir de m'exporter vers le cinéma anglophone.
Mais mon rêve le plus fou, un peu naïf, j'avoue, serait de gagner l'Oscar de la meilleure actrice. Je regarde cette émission depuis que je suis toute petite. Je restais éveillée toute la nuit et je regardais la cérémonie, des étoiles plein les yeux.


5) Ton actualité ?
- Nous avons l'intention de continuer l'aventure "L'héritage" avec Jean-Pierre, Youri et Gaëtan, nous sommes occupés à préparer le plan d'attaque. Comme pour beaucoup de comédiens, je suis sur plusieurs projets qui sont encore en chantier mais je préfère ne pas en parler pour l'instant de peur qu'ils ne se réalisent pas. C'est une de mes nombreuses superstitions. Par contre, je peux vous dire que je vais prochainement m'initier au doublage pour ajouter une corde de plus à mon arc. Qui sait ? Peut-être que je serai une des voix françaises du prochain Pixar... c'est beau de rêver.

 

 

 

 

 

https://www.facebook.com/Secrets-de-polichinelle-340998346326951/

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Isabelle Grenez présente son roman "Le retour"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Née à Bruxelles en 1963, licenciée en droit, active dans le monde des assurances, mariée et mère de deux filles, Isabelle Grenez a toujours eu envie d’écrire. Elle a fait le pas aux portes de la cinquantaine, la femme prenant ainsi sa revanche sur l’adolescente qui n’aimait pas lire. Désir d’écrire, besoin d’écrire, d’inventer des histoires et de susciter des émotions ; au cœur de ses préoccupations, l’être humain et sa complexité. 

Auteure de romans et de nouvelles - Membre de l’Auberge littéraire ASBL à Waterloo.

 

RÉSUMÉ

 

Au cœur de cette histoire, deux sœurs que la vie a séparées. Deux sœurs très différentes l’une de l’autre. Olivia, artiste dans l’âme, a fui sa famille (en 1987) alors qu’elle avait à peine atteint l’âge de la majorité (21 ans à l’époque), pour aller vivre à Caracas (Venezuela). Ségolène, plus terre à terre, est restée à Bruxelles et a repris la pharmacie de ses parents. Depuis vingt-cinq ans (l’histoire se déroule en 2012), elles ont rompu tout contact et voici que Ségolène reçoit une lettre d’Olivia. Très perturbée, elle la lit, entrecoupant sa lecture de souvenirs et de réflexions. S’instaure ainsi entre les deux sœurs, une sorte de dialogue à distance. Dans sa lettre, Olivia explique pourquoi elle est partie comme une voleuse et n’est jamais revenue (drame familial), raconte ce qu’elle a vécu pendant ces vingt-cinq années, ce qu’elle est devenue (elle n’est pas devenue artiste peintre, mais enseigne dans une école sise dans les barrios de Caracas et a fondé un orphelinat) et pour finir, annonce son retour (son attachement à ses racines est matérialisé par un saule pleureur). Ségolène qui dans un premier temps refuse d’accueillir Olivia, se fait peu à peu à l’idée de la revoir et finalement, se surprend à l’attendre avec impatience. Olivia revient, mais les retrouvailles ne se passent pas du tout comme prévu ou espéré.

Ce retour va rapprocher Ségolène de sa sœur, bouleverser sa vie et l’amener à se remettre en question (elle a alors 44 - 45 ans). Au-delà de la mise en scène d’une relation complexe, nourrie de sentiments contradictoires, ce roman nous rappelle que notre personnalité est plurielle, que le destin n’existe pas et que notre vie est conditionnée autant par nos choix que par le hasard.

 

 

Extrait :

« L’avion a atterri. Je laisse mon magazine sur le banc à qui le voudra. Je me presse vers les portes que franchissent des voyageurs de plus en plus nombreux. Les premiers sont asiatiques, mais après de longues minutes, un autre flot de voyageurs fait son apparition. Certains s’expriment en allemand. Mon cœur tressaille. Il y a du monde et je n’ai pas assez de mes deux yeux pour dévisager tous ces inconnus. Nous n’avons pas convenu d’un signe distinctif. La reconnaîtrai-je ? J’essaye d’imaginer l’Olivia qui va passer la porte d’un moment à l’autre, flanquée d’un certain Simón dont j’ignore tout sinon qu’il joue de la harpe. Ça ressemble à quoi, un harpiste, quand il n’a pas son instrument ? Je les cherche du regard. Un couple arrive, scrute le comité d’accueil. Je regarde la femme. De longs cheveux sombres flottent sur ses épaules. Peut-être ses mèches brunes cachent-elles son oreille mutilée ? Olivia m’a prévenue, je ne dois pas me saisir. La femme plonge ses yeux marron dans les miens. Olivia ? C’est possible… pas sûr. Elle me regarde avec insistance. L’homme aussi me fixe. J’ai beau examiner les traits de sa compagne, je ne reconnais pas ma sœur. Ce peut-il qu’elle ait changé à ce point ? Et moi, suis-je si différente ? Le doute se lit sur son visage. Soudain, la femme fait un large sourire et tombe dans les bras d’une longue perche blonde qui surgit derrière moi et la presse contre elle de toutes ses forces. L’homme les observe, attendri. Je ne les intéresse plus. Le nombre des voyageurs s’amenuise progressivement. Olivia était-elle dans la queue de l’avion ? A-t-elle dû attendre sa valise ? Un homme passe la porte. Il a le type indien, porte un sac noir en bandoulière et tire une petite valise à roulettes. Il balaye le hall du regard et m’observe attentivement. Je ne l’ai jamais vu. Il avance  lentement dans ma direction. »

Publié dans présentations

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Albert Niko nous propose de courts poèmes...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Pour Vincent

 

Je garde cette chaise devant moi comme quelque chose qui ne fume ni ne sourit, et chance lui est pareillement donnée d’égarer mon visage une fois que je serai parti. Je ne pourrais pas peindre.

J’ai vu assez de natures mortes comme ça.

Tout ce qu’ils ont fait de leur vie s’étale sous mes yeux.

Ces mots flottent entre nous, comme une mouche indécise.

 

*

Un nouveau jour

 

Pour ces heures lasses où croire est ce nouveau jour par la fenêtre, je descendrai un moment mon miroir le temps que le monde saute à l’intérieur, et de retour là-haut je le montrerai à ma fenêtre, et tous deux riront bien ensemble.

 

*

Le commerce de l’ombre

 

Je suis entré et j’ai traversé le magasin jusqu’au fond, où j’ai laissé l’ombre prendre mes mesures.

J’ai payé ce qu’il me coûtait en lumière, et l’ombre m’a tendu trente nouvelles années.

C’était des standard.

Je suis ressorti et j’ai commencé à mordre dedans.

Elles étaient à point.

 

*

Fleurs d’un jour

 

Ils rentrent tous deux de leur petit tour, les yeux pleins de ces sourires qu’ils ont reçus en chemin.

Chacun retire les yeux de l’autre et les dépose dans un vase avec un fond d’eau au centre de la table.

Avant de prendre place autour.

 

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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Michaël Zoïna nous présente son nouveau recueil "Plus que des mots"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Michaël Zoïna est né en 1972 d'une mère flamande et d'un père italien. Enfant, ses deux grandes passions sont le football et la lecture. A l'adolescence, son goût pour la musique remplace celui pour le ballon rond. A la même époque, il devient animateur de groupes de jeunes.

Actuellement il vit à Tournai, enseigne les mathématiques et suit des cours de piano et de déclamation au Conservatoire.
Ses ouvrages (« A la lisière des nébuleuses », « Derrière le silence », « Sans détour », « Du feu et de la nuit » et « Plus que des mots ») sont publiés par Chloé des Lys.

 

Résumé

Plus que des mots est une suite d’humeurs et d’histoires vécues, inventées ou rapportées par d’autres. C’est une trentaine de textes aux climats variés : violence, humour, noirceur et tendresse s’y côtoient.

 

Extrait

Elles se font face, séparées par une bande de bitume, et attendent le moment de traverser. L’une porte des lunettes, l’autre pas. Les cheveux courts et teints de la première encadrent un visage ridé. Ceux de l’adolescente sont naturellement marron et lui tombent jusqu’à la taille. Elles sont toutes les deux immobiles. Mais leurs corps parlent. D’un côté, la jeune fille qui respire l’impatience à plein nez, la soif de se jeter dans la vie, la chance de penser que le meilleur est à venir. De l’autre, la petite dame et son visage grave, ses yeux qui disent qu’on ne peut plus rebâtir ce que la vie a détruit. Elles se font face, chacune sur son trottoir, et plus d’un demi-siècle les sépare.      

Publié dans présentations

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Bernadette Gérard-Vroman nous présente son recueil de poésies "Sérénade à la Vie"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Auteur : Bernadette Gérard-Vroman

Titre : Sérénade à la vie

Genre : Poésie

 

 

 

Biographie :

 

Bernadette Gérard-Vroman a jeté l’ancre en terre poésie en 2010.  Sans cesse encouragée par ses pairs, l’auteur a une soif d’apprendre insatiable, sur ce chemin où les frissons d’âme s’évaporent du plaisir d’écrire. 

Originaire de Belgique, elle aime s’enraciner à la montagne, où, pour rattraper ses rêves d’enfant, elle s’identifie à l’edelweiss.

 

 

 

Œuvres du même auteur :

 

  • Aux tréfonds de mon âme, poésie, 2015
  • Parfums d’outre-terre (couronne de sonnets collective), 2015
  • Sérénade à la vie, début 2018

 

Résumé :

 

Un regard sur cette terre, sphère à deux inconnues : la vie et la mort. 

La vie, un chemin sur lequel Bernadette Gérard-Vroman avance, en écrivant, à la découverte de soi, à la découverte des autres, lors de ses rencontres, partages, moments qu’elle privilégie.

La mort et ses questions inexorables et l’amour, incontournable. 

Ce qui la caractérise est sa sensibilité et la force dans les mots que revêt sa plume, qui, comme l’amour et la paix vers lesquels ils tendent, sont les symboles de l’edelweiss, qui la représente.

Une poésie qui se libère de plus en plus des contraintes, comme un envol entre terre et ciel, comme un écho à la Terre.

 

« Je me terre au pied d’un hêtre

Et nos deux êtres entrent en fusion ;

Il m’offre la sérénité,

À l’abri du froid.

Je vois les mots férus, frivoles,

Poursuivre leur chemin

Et se frayer un passage

Sur les pavés de mon existence.

Ils fredonnent un refrain

Parsemé de fous-rires,

Une farandole se forme,

Ils s’envolent dans un frou-frou de plumes. 

 

 

 

Je les retiens, les serre une dernière fois encore

Contre moi, en sors quelques-uns de mes poches.

Est-ce le sort ?

Ils m’ensorcellent, dans un jeu de séduction

Et recèlent un mystère… lequel ?»

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Mal Addiction, le nouveau roman de Gwenn-Aël

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie :

 

L’esprit de vengeance – Editions Chloé des lys – 2006

Souviens-toi - Editions Chloé des lys – 2007

La brèche du diable - Editions Chloé des lys – 2011

Wendigo – Les prédateurs de la nuit – Editions Juste Pour Lire – 2013

Ahriman – Editions Lune Ecarlate - 2017

 

 

Résumé (4è couv) :

Forêt Noire. Allemagne. Perdu au cœur des bois, le village de Berka sombre dans l’oubli depuis la fermeture de ses thermes. La rumeur d’un être maléfique rôdant dans le massif a conduit les curistes à abandonner le site.

 

Disparitions de randonneurs, cadavres mutilés… Que se passe-t-il réellement dans ce lieu autrefois si prisé ?

 

Il faudra remonter le cours du temps pour comprendre les origines d’un drame qui s’est noué quelques siècles plus tôt, là-bas, dans ce petit village si paisible pourtant…

Mais attention, bien mal avisé qui se fiera aux apparences…

 

 

Extrait :

L’homme était parti chasser sans savoir qu’il aurait ce jour-là, rendez-vous avec son tragique destin. Huard était un homme très grand, un mètre quatre-vingt-dix pour plus de cent kilos. Le rapport mentionnait qu’il pratiquait la chasse depuis plusieurs années et était retraité de la légion. Un homme expérimenté, surentraîné.

Helena inspecta chaque cliché de la scène. La victime était allongée sur le dos, les bras en croix, le visage relevé vers le ciel. Ses yeux étaient grands ouverts et contemplaient l’éternité qui s’érigeait au-dessus de lui. L’expression de son visage s’était figée sur une souffrance mêlée à une très grande surprise. Le fusil reposait à plusieurs mètres de lui. Helena se représenta la scène : Bertrand Huard arpentant les bois en quête de gibier, en chasseur expert et averti…

 

Il avance doucement, fusil armé, à l’affût. Il ne fait pas de bruit, il écoute. La forêt est silencieuse. Soudain, un bruit derrière lui. Il se retourne, braque le fusil. C’est alors que l’assaillant se jette sur lui. Pris par surprise, Bertrand Huard n’a pas le temps de réaliser ce qui lui arrive. L’individu a été plus rapide que lui. L’agresseur lui assène un violent coup dans le bras ; le fusil est projeté à plusieurs mètres. Un coup part, accidentel. La balle sera retrouvée dans le tronc d’un arbre à plus de cinq mètres de hauteur. Bertrand perd l’équilibre, se retrouve dos contre terre, étouffé par le poids de son agresseur. L’homme, en combattant aguerri, réagit immédiatement. Il lutte, se défend. Ses mains témoignent d’un combat violent. Ses doigts sont déchiquetés comme s’ils avaient été mordus.

Il donne des coups, se débat, mais son adversaire est plus fort que lui. Bertrand n’arrive pas à se relever. Son visage est griffé à plusieurs endroits, ses bras également. Quelle est la carrure de l’être qui arrive à maintenir un homme tel que Huard au sol ? Il est terrifié… il hurle. Mais il est seul. De quoi peut bien avoir peur un homme comme lui ? Cette peur qui se figera sur son visage jusque dans la mort…

Publié dans présentations

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"L'homme en noir", une nouvelle signée Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

L'HOMME EN NOIR


 

C'est un petit homme maigre habillé d'un costume noir et d'une chemise blanche. Sa seule fantaisie vestimentaire ce sont les petits pois multicolores qui décorent sa cravate noire. Cheveux noirs, fine moustache noire impeccablement taillée, monture de lunettes noire, chapeau noir, mocassins noirs fort bien cirés, il parcourt la ville d'un pas rapide. Nul ne sait où il habite. Mais chacun sait où il va le plus souvent. Il se rend chez le bourgmestre, chez l'évêque, chez le gouverneur, chez des hommes politiques de tous bords et chez le directeur du centre culturel. Bref, il rend visite à des personnalités chez lesquelles il reste généralement moins de deux heures !
 

Les gens se demandent qui il est, ce qu'il fait. Certains émettent des hypothèses… Pour les uns c'est un financier de l'ombre, pour les autres, un détective privé qui vient rendre des comptes, pour d'autres encore, un parent ou un ami de jeunesse, vous savez il y a parfois de ces coïncidences ! Pour quelques-uns encore, c'est peut-être le diable.
 

Maria fait le ménage chez le bourgmestre et chez l'évêque. Elle, elle espère un jour savoir de quoi il retourne. Elle s'en vante même auprès de ses voisins : "Je saurai, je saurai… Les murs ont parfois des oreilles." Malheureusement, l'opportunité de le croiser chez ses patrons ne se présente pas de sitôt. Alors Maria patiente. À un moment ou l'autre, elle en est certaine, le sort lui sera plus favorable.
 

Un jour, le petit homme vêtu de noir se présente chez le bourgmestre qui, hélas, s'est absenté pour une urgence.
 

"Attendez là ! Mon mari sera de retour dans une petite demi-heure", annonce l'épouse ! Là, c'est le salon. Après avoir nettoyé le hall, Maria se hasarde dans le salon. "Excusez-moi Monsieur, des bibelots et des meubles à épousseter."
 

L'homme est plongé dans une revue, mais cela n'empêche pas Maria de tenter d'amorcer une conversation :
 

"Beau temps n'est-ce pas, Monsieur !"
 

"En effet…"
 

"Vous devez avoir beaucoup de travail en cette saison ?"
 

"Il n'y a pas de morte saison…"
 

"C'est comme moi ça. Mais vous c'est quand même différent…"
 

"Disons ça comme ça…"
 

"C'est quoi au juste votre boulot ?"

 

"Un peu de tout…"
 

"C'est comme moi aussi ça. Mais laver les vitres ça me semble le plus exigeant… Et pour vous le plus exigeant, c'est quoi ?"
 

"Cela dépend…"
 

Des réponses floues le bonhomme en donne tant et plus. Lorsque le bourgmestre est de retour, la curiosité de Maria est loin d'être satisfaite. C'est on ne peut plus frustrant ! Elle se dit qu'elle aurait dû y aller plus franchement. Demander au bonhomme s'il voulait bien l'aider. Quels genres de clients il préférait ou depuis quand et à quelle occasion, il avait connu Monsieur le Bourgmestre ?


 

Et le temps passe. Et la curiosité de Maria ne s'éteint pas…


 

Un jour, l'évêque lui semble particulièrement enjoué…

 

"Bonjour Maria ! Pas de nettoyage aujourd'hui. Demain, je reçois ma famille pour goûter. Les enfants vont sûrement salir. Alors faites-moi, je vous prie, le fameux gâteau aux noix que vous aviez préparé l'autre jour. Si vous en avez l'occasion faites aussi un cake aux pommes, un autre aux poires et caramel, des galettes, quelques religieuses, des pets de nonne et un délicieux saint-honoré. . Heureusement que vous êtes aussi bonne cuisinière que femme de ménage, Maria ! Une remarque ? Une question ?"
 

"Monseigneur si j'osais… Je vous demanderais… qui est ce petit homme moustachu habillé de noir que vous recevez parfois… Est-ce un de vos parents ?"
 

"Un parent ? Qu'est-ce que vous allez chercher là… C'est un ami, un ami très précieux, précieux comme l'êtes Maria…"
 

"Oui, mais qu'est-ce qu'il fait, Monseigneur ? "

 

"C'est personnel, Maria…"
 

"C'est votre tailleur, n'est-ce pas…"
 

L'évêque se met à rire et s'en va… Maria y voit là une sorte d'acquiescement.

 

Mais un jour le bourgmestre envoie Maria aider le personnel d'entretien du centre culturel en vue de la visite du Ministre et là, Maria y aperçoit le petit homme en noir. Le directeur s'isole avec lui dans son bureau et Maria qui a de bonnes oreilles a pu entendre le petit homme qui disait : "Le bonheur est de laisser chanter la vie à travers les arts…" et le directeur répéter après lui "Le bonheur est de laisser chanter la vie à travers les arts…". Puis de nouveau le petit homme qui intervenait : "Plus posément, Monsieur. Pensez à bien respirer, à bien articuler. Soyez plus détendu. Encore une fois…"


 

D'un coup, Maria sut… Et les sermons ampoulés de Monseigneur, les discours passionnés du bourgmestre n'eurent plus de secret pour elle !


 

(Conte finaliste au concours de contes de Surice en 2016)


 

Micheline Boland

 

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"Le Feu", une nouvelle signée Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

LE FEU


 

Connaissez-vous Rouen ? Une superbe ville avec de magnifiques endroits et d'excellents restaurants.


 

Cette année-là, mes pas m'ont mené vers les bords de la Seine en direction du Mont-Saint- Michel. Quand je dis mes pas, c'est plutôt ma petite voiture.


 

Quelques heures de route et me voilà face au "Gros-Horloge" et aux rues commerçantes. Il fait un temps splendide et je me promène longuement visitant églises, musées, monuments. Vers quatorze heures, après un bon petit repas, je suis sur la Grand-Place où les touristes déambulent joyeusement. Un banc à l'ombre d'un tilleul m'accueille. Moi, vous savez quand je suis bien, je m'endors et je rêve.


 

Jeanne d'Arc est face à moi. Enchaînée, elle marche vers le bûcher. La foule est silencieuse tant la jeune fille est digne dans sa robe de bure. Le bourreau la ligote sans ménagement, un officier lit l'acte d'accusation. Au fur et à mesure des mots, les spectateurs grondent. Une folle rumeur se propage. Elle va être sauvée par un ange. C'est sûr, Dieu ne la laissera pas mourir !


 

À présent, Jeanne est seule. Elle domine les gens qui prient. On allume une torche et les aide-bourreaux mettent le feu aux quatre coins du bûcher.


 

La fumée se fait plus épaisse, les flammes grandissent. Je sens la chaleur, j'ai le réflexe de me reculer ce qui me réveille.


 

Quel est le sale gamin qui a mis le feu à la poubelle juste à côté de moi ?


 


 

Louis Delville


 

 

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