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Le blog Aloys

Articles récents

Les lectures de Maryline présente le recueil de Pierre Schumacher "Pages sans défense"

3 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/pages-sans-defense-a127959260

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/pages-sans-defense-a127959260

Auteur : Pierre Schumacher

Éditeur : Chloé des Lys

Date de parution : 14/05/2015

Format : grand

Nombre de pages : 57

Prix : 19.30 €

 

Résumé de l'éditeur :

50 poèmes illustrés par l'auteur.

 

 

Mon avis :

Je ne suis pas une grande connaisseuse en matière de poésie. J'aime en lire de temps en temps mais mon avis reste vraiment personnel car c'est un ressenti tout à fait intime.

J'ai trouvé les mots plutôt beaux, très poétiques et dansant. La plume de l'auteur est tendre et reste facile à comprendre. Dans ce recueil, nous trouvons 50 petits poèmes, sur des thèmes très hétéroclites. Mon préféré reste "Conjugaisons" :

"J'appolinaire

tu verlaines

il rimbaude

nous valérions

vous mallarmez

ils gident

 

Je baudelaire

tu éluards

il desnose

nous tristan tzarons

vous andré bretonnez

ils Saint John Persent"

Concernant les illustrations, j'aurais aimé qu'il y en ai plus... Par contre, je les aime beaucoup, on dirait que l'auteur est un peu torturé, qu'il mélange tout, peut-être le symbole de ce recueil?!

Un recueil assez sympa, qui plaira sans aucun doute aux fans de poésie.

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Marcelle Dumont nous présente un extrait de son roman "Nuageux à couvert" : "Albert et Marguerite"

2 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes, #présentations

Le petit soldat de la Grande Guerre s’appelait Albert et sa dulcinée se nommait Marguerite. Comment s’étaient-ils rencontrés ? À l’occasion d’un bal, d’une réunion de bienfaisance au bénéfice des Poilus ou tout simplement dans un lieu quelconque où Cupidon avait décidé de lancer ses flèches. Peu importe car ils étaient tombés en amour. De cet amour il reste un poignant témoignage : une série de cartes postales envoyées à Marguerite depuis les tranchées ou pendant les périodes de repos.

Ces messagères ont dormi longtemps dans un grenier et, par un hasard heureux, elles sont tombées entre mes mains. Leurs images aux couleurs passées, « rehaussées » de sentences douceâtres et consolatrices, tentent  d’enjoliver la dure réalité.

Un couple y figure généralement. Une jeune femme, en blanc et rose, y accueille les effusions d’un poilu bien rasé – il n’a gardé qu’une petite moustache de bon ton – son uniforme sort du pressing et son casque qui n’est jamais loin ne comporte pas une tache de boue. Le décor est aimable et paisible. Il y figure souvent des roses, tantôt dans un vase, tantôt dans les bras de la belle. Et lorsque le soldat songe à la femme sur laquelle il veille, si d’aventure il se la représente au lit, elle y est blottie sous une courtepointe violine, recouverte du large rabat d’un drap ajouré, brodé et bordé de dentelle qui semble un écho affaibli des fanfreluches et affutiaux que les dames s’appliquaient à produire à cette époque, afin d’enjoliver leurs pudiques dessous.

La première carte postale d’Albert, envoyée de Montauban et datée du 12 mars 1915, est cérémonieuse car le scripteur dit vous à la destinataire qu’il appelle « Ma Chère Amie ». Mais elle est en même temps brûlante quand Albert assure Marguerite qu’elle pourra compter sur lui dimanche car il me tue de vous revoir, quand l’on aime un petit ange comme vous, que ne ferait-on pour lui. Tue, serait-ce un lapsus révélateur ? En effet il lui tarde de la revoir, à la condition qu’il ne soit pas tué entre-temps, pauvre pioupiou soumis à la mitraille. Il est heureux de pouvoir l’aimer cette jeune fille car c’est un rêve pour la vie. Vient ensuite le côté prosaïque : il ira à sa rencontre si elle n’est pas arrivée à l’heure qu’ils ont fixée. Puis, à nouveau, une grande flamme jaillit de l’âme du petit ami qui embrasse sa mie de tout son cœur, lui envoie ses meilleures amitiés et mille baisers.

 

Marcelle DUMONT

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Marcelle Dumont a lu "Villa Philadelphie" d'Edmée de Xhavée

28 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

J’AI LU VILLA PHILADELPHIE D’EDMEE DE XHAVEE


 

J’aime l’écriture d’Edmée de Xhavée. C’est une écriture de femme. Quand j’écris cela je ne veux pas du tout dire « couleur dragée » ou « poupon » toutes les trois pages. Non, c’est l’écriture élégante et juste d’une personne qui voit clair, mais connaît l’art de dire des choses délicates, comme sans y toucher. Elle n’insiste jamais, mais sait se faire comprendre sans tomber dans la vulgarité. Elle connaît admirablement l’univers de la famille bourgeoise, coincée entre la décence obligatoire et le désir impérieux d’assouvir ses passions. On dirait d’ailleurs que l’auteure ne peut se départir d’une légère ironie et d’un sourire très dédramisant.

Dans « Villa Philadelphie », c’est de cécité maternelle et de jalousie dévorante qu’il est question. On y voit une mère – par ailleurs excellente femme – prodiguer un amour plus profond et de meilleure qualité à sa fille aînée, alors qu’elle enveloppe la cadette d’une sorte d’affection condescendante. Elle n’en est évidemment pas consciente. La préférée en profite pour écraser sa sœur, en croyant se grandir. Sûre d’elle et de son pouvoir, elle en profite pour lui souffler son amoureux.

Toutefois les deux sœurs démarrent dans la vie bien dotées et vivent l’une à côté de l’autre dans des villas jumelles, mais la malédiction initiale continue à peser. Rosalie, toujours adulée par sa mère, a épousé l’homme qu’elle a choisi (et volé à sa sœur). Eveline – parce qu’il faut bien se marier – a hérité sans protester d’un mari égocentrique, laid et peu séduisant.

Il faudra toute une vie pour que les choses se renversent. Eveline trouvera la sérénité et le courage de disposer de sa vie, alors que Rosalie sombrera dans la folie lorsque sa séduction ne sera plus qu’un souvenir.

Dans « Les promesses de demain », une des nouvelles d’Edmée m’a fascinée. On y voit une mère incestueuse dépenser des trésors de ruse et de dissimulation pour protéger son secret. Et lorsque l’épouse dupée comprend enfin ce qui se passe et surprend les deux amants, il suffit de l’évocation du fils léchant la cheville de sa mère pour que tout soit dit. Bravo, Edmée ! Comme on est loin des descriptions pornographiques que nous infligent les images et la littérature d’aujourd’hui !


 

 

MARCELLE DUMONT

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Sous vos lacs endormis murmurent nos rivières de Dominique Veyrier dans Le Bibliothécaire

27 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

Sous vos lacs endormis murmurent nos rivières de Dominique Veyrier dans Le Bibliothécaire
Sous vos lacs endormis murmurent nos rivières de Dominique Veyrier dans Le Bibliothécaire
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Jean Destree nous propose un nouvel extrait de "un compte de fée"

26 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

Un compte de fées

 

Au cours de leur périple à la recherche d’une épouse pour le prince, nous deux voyageurs se sont retrouvés chez Merlin. Mais il faut continuer le voyage.

 

Les deux voyageurs ne s’attardèrent pas au château de Merlin. Ils prirent congé de leur hôte qui leur demanda où ils comptaient dormir.

 

- Là où nous trouverons place.

- Soyez prudents, les loups ne manquent pas dans la forêt et quand ils ont faim, ils mangent tout ce qu’ils trouvent. Le Petit Chaperon rouge a failli être changée en saucisse de Francfort. Ils ont voulu faire des rillettes avec la grand-mère mais ils ont renoncé parce qu’elle était trop maigre.

- Soyez sans crainte, nous ferons attention.

- Je suis trop coriace, ajouta Hestor, ils se casseront les dents sur mes vieux os.

- Attention aussi à ne pas vous avancer trop loin dans la montagne. La Reine des Neiges est une mégère qui veut se venger des hommes qui lui font des misères parce qu’elle est froide comme la glace de son château. Il est impossible de la réchauffer pour la faire fondre. Il n’y a pas de feu chez elle car elle s’est brûlée quand elle était petite et depuis elle crie au secours quand elle voir du feu, ce qui ameute le voisinage et les manants disent qu’ elle a vu le diable.

- Elle a des visions, comme Jeanne d’Arc ?

- Je ne sais pas, je ne connais pas cette Jeanne. Qu’est-ce qu’elle fait ?

- Rien. Elle a été brûlée vive dans un accident sur une place publique.

- Drôle de mort pour une femme. Soyez bien prudents.

- Ne craignez rien, nous sommes au courant des pratiques de cette reine. Le chef des schtroumphs nous en a parlé quand nous sommes passé le voir.

- Bon voyage.

 

Nos deux voyageurs se remirent en route non sans se de- mander qui était cette Reine des Neiges dont on dit tant de mal. Ils trottèrent tout le jour, s’arrêtant pour boire un coup de cette cervoise que Merlin brassait dans sa cave. Mélusine n’en savait rien, mais Merlin était porté sur la cervoise et ne se privait pas de s’en servir quelques pintes. À mesure qu’ils cheminaient, l’horizon s’élevait. La route aussi.

Ils bivouaquèrent dans une petite clairière ombragée dont ils purent apprécier la fraîcheur. Le repas avalé, ils se payèrent une petite sieste. Le bruit d’un pas de cheval fourbu les sortit de leur torpeur. Intéressés, ils aperçurent deux cavaliers, un grand escogriffe maigre comme la famine perché sur une haridelle déjà avancée en âge et un gros joufflu à moitié endormi brimbalant sur un vieux mulet près de s’étaler. Ils s’approchèrent.

- Holà ! Patános, interpella le cavalier, ¿que haceis sobre

la mi finca?

- Zut, fit Hestor, çuilà parle pas françois.

- Il doit être rescapé des troupes venues d’au-delà des montagnes et à qui mes soldats ont passé la fessée l’an dernier. ajouta Amaury. Je ne vous comprends pas.

- Je parle votre langue apprise de ma belle Dulcinée.

- Et vous, qui êtes-vous qui m’apostrophez si gaillarde- ment, s’offusqua le prince Amaury.

- Ah!ah ! On, voit bien que vous n’êtes pas du pays. Vous avez devant vous El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha et mon valet Sancho Pança. Que faites-vous sur mes terres?

- Nous voyageons pour connaître ce qui se passe dans mon royaume, Monsieur l’Hidalgo. Je me présente, prince Amaury-Gustave le fils du roi Albéric-Ernest qui possédait ce royaume qu’il m’a légué. Et vous, Monsieur Hidalgo, qui parlez une langue inconnue?

- Je ne m’appelle pas Hidalgo, mais bien Don Quijote de la Mancha.

- Très bien Monsieur Qui Shoote. Et c’est où la Manche?

- Je m’appelle pas Qui Shoote mais Don Quijote. Et je viens de de l’autre côté de la grande montagne du Midi.

- C’est loin?

- Oui, plus de trois cents lieues. Vingt jours de marche et puis le reste dans le pays, là où étaient les Sarazins.

- C’est vraiment loin. Et vous avez fait tout ce chemin à cheval? Il doit être bien fatigué ce pauvre animal.

- Décidément, fit Hestor, votre royaume est plein de gens bizarres.

- J’en suis tout marri.

- Parce que vous êtes marié? demanda l’hidalgo.

- Pourquoi dites-vous ça?

- Vous avez dit “j’en suis tout marri”.

- Je voulais dire, tout ennuyé.

 

 

À ce moment, on entendit un rire d’enfant qui courait sur le sentier dans le bois. Le rire s’approcha et surgit une petite fille toute habillée de rouge des pieds à la tête.

 

- Bonjour, tout le monde. Ah! Tu es là, toi, dit-elle en s’adressant au chevalier.

- Je viens d’arriver, je devisais avec ce prince et son ami.

- Tu as traîné en route. Mémé t’attend depuis hier soir. Elle a préparé la soupe aux choux. La soupe est refroidie. Mémé rouspète et je suis partie à ta recherche.

- Je fais de mon mieux mais Rossinante a de la peine à marcher. Elle est vieille et elle boîte.

- Mémé aussi est vieille et boîte. Dépêche-toi. Sancho va tirer ton cheval avec son mulet. C’est fait pour ça.

- Ça va ! Ça va ! Arrête de me bousculer. Et vous deux ne traînez pas trop sur mon domaine. Si la maréchaussée vous trouve elle vous enfermera au château de la Reine des neiges. Elle vous congèlera et vous mourrez de froid dans sa cave.

- C’est donc vrai ce qu’on raconte. Quand je rentrerai au château je demanderai au ministre de la police de faire arrêter cette méchante bonne femme. Et qui es-tu, jeune damoiselle ?

- Comme je suis toujours habillée en rouge, on m’appelle Chaperon rouge, c’est pas compliqué, hein ? Le monsieur là, c’est celui qui a changé en saucisse le loup qui voulait déguster ma mémé.

- J’ai bien compris.

- Tu es malin. Pas comme mon sauveur qui se prend pour un noble espagnol et qui prétend enfermer tous ceux qui se baladent dans cette région.

- Tiens!tiens ! Donc ce n’est pas un monsieur Qui Shoote mais un faux hobereau qui traîne dans mon royaume. Il se faisait passer pour un noble étranger qui ne parle pas françois.

- Il fait semblant. Il a traîné dans les armées du roi d’Espagne. Du moins il le prétend mais j’ai de la peine à le croire. En plus il se vante d’avoir attaqué des moulins, ce qui est drôle pour un ancien mousquetaire. Il est un peu sonné.

- C’est un drôle de bonhomme.

- Ben oui, mais il est quand même courageux parce que trucider un loup qui a faim, c’est pas donné à tout le monde. Alors hobereau ou pas, je l’aime bien, et mémé aussi.

- Il est marié ? Il a parlé d’une certaine Dulcinée.

- C’est sa cousine qu’il a aussi récupérée chez la Reine des Neiges. Elle cassait des blocs de glace.

- Ne mériterait-il pas d’être sacré écuyer ?

- Pensez-vous, monsieur. Il n’a pas besoin de ça. Bon maintenant, on se presse. Allons, compère, mémé va nous chercher noise si nous sommes en retard.

- J’arrive. Sancho, secoue ton mulet.

- Au fait, vous autres, qui êtes-vous ?

- Je suis le prince Amaury. Voici Hestor, mon majordome.

- Il me semblait bien que vous aviez une tête à être un prince. Et votre majordome, ben, il a la tête de l’emploi. Sauf votre respect, il est empesé comme la quichenotte de mémé.

- Tu as la langue bien pendue. Pas comme la petite fille du comte De Perrault.

- C’est qui celui-là ?

- C’est un monsieur qui écrit des histoires d’un chat qui court plus vite que son ombre, d’un petit Poucet, d’ogre, de petit chaperon rouge comme toi.

- Tu en sais des choses. C’est vrai que les princes savent des trucs que personne ne connaît. Il faudra que tu m’en apprennes quelques-uns.

- Plus tard, si tu es sage. Tu viendras dans mon château et tu pourras goûter les gâteaux de ma cuisinière.

- Merci, vous êtes gentil. Un vrai prince en sucre. Venez avec nous. Mémé mettra deux écuelles de plus et elle sera contente de voir du monde. Elle est souvent toute seule.

- Tu ne vis pas chez elle ?

- Non. Je vis chez mes parents dans la plaine. Je préfère mémé parce que mes frères se battent tout le temps. Ils me cassent les pieds. Chez mémé, je suis à l’abri.

-Comment peux-tu marcher avec tes pieds cassés, demanda Hestor.

- Ils ne cassent pas les pieds. Ça veut dire qu’ils m’ennuient tout le temps.

- Compris. Bien. Allons chez ta grand-mère. C’est loin ?

- Un quart de lieue. En route.

 

Le quatuor se remit en route. Le temps paru fort court parce que la petite a tenu le crachoir tout le voyage. Ils arrivèrent chez la grand-mère qui était de fort méchante humeur vu l’heure tardive.

 

- D’où viens-tu ? Demanda-t-elle à la petite. Tu n’as pas vu l’heure ? Le soleil va se coucher. Qu’est-ce que c’est que cet attelage ?

- Ben tu vois. J’ai récupéré le chevalier à la Triste Figure et son soi-disant valet et invité le prince Amaury et son majordome à goûter ta soupe aux choux. Quand il y en a pour trois, il y en a pour cinq. Ta marmite est pleine et ça sent bon.

 

La grand-mère retrouva sa bonne humeur, sans doute à cause des deux visiteurs, plus Terriens que jamais. Ils se délectèrent de cette soupe qui les remit d’aplomb après cette journée riche en rencontres. Le repas se fit dans le calme. Il n’y avait pas de Martiens. Ils n’avaient pas encore été inventés, même si un certain Nick Cooper échappé de la Bretagne du nord avait fait croire que des petits hommes avaient été découverts sur une autre terre. Mémé reprit la parole.

 

- On parle bien d’un marchand de pommes, venu lui aussi de la Bretagne du nord au-delà de la mer et qui prétendait qu’il avait failli être écrasé par un fruit tombé d’un arbre. Il disait qu’on était attiré vers le sol.

- Comment savez-vous ça, demanda Amaury.

- C’est Merlin qui me l’a raconté. Ce monsieur était passé chez lui pour faire des expériences de chutes ? Il a voulu sauter du haut du pont-levis, mais heureusement, il s’est raté en accrochant le garde-fou. Bien sûr, Mélusine s’est encore fait remarquer en se moquant de sa poire.

- Je ne suis pas étonné, elle est vraiment dans les étoiles.

- Vous restez dormir ici, dit la grand-mère, il y a assez de chambres et le chevalier de foire préfère aller dans l'appentis auprès de son vieux bourrin.

- Merci madame, répondit Hestor. C’est vrai que nous sommes fourbus par ce long voyage plein de surprises.

- Il n’y a pas de quoi. Vous êtes bienvenus, il ne passe que peu de manants et encore moins des princes, qui ont autre chose à faire que de manger la soupe chez la mémé de Chaperon rouge. Bon appétit, Messieurs.

 

La soupe avalée avec une bouchée de pain de seigle, les voyageurs, fourbus, se glissèrent avec délices dans un lit douillet, comme on dit élégamment. Le sommeil eut raison de leur faible résistance. Pourtant, Hestor eut l’idée saugrenue de se transformer en éveilleur public. Mémé vint le secouer en rouspétant «qu’on n’est jamais tranquille pour dormir avec des gens comme ça»!

 

Jean DESTREE

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Les métamorphoses de Julian Kolovos de J.P. Volpi dans Le Bibliothécaire

25 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

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Philippe De Riemaecker chronique "Dégâts collatéraux" dans le magazine "Chouette"

24 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

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Recueille la fleur de mes pensées de Marianne Ledent dans Le Bibliothécaire

23 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

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JJ Manicourt nous propose une nouvelle...

22 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Les Amis du Dix étaient réunis au pied du platane. Comme tous les mercredi matin à l'heure de la récréation. Le platane, sain de tronc et de feuilles, trônait depuis 52 ans au milieu d'une cour que la directrice avait malheureusement macadamisée - exit la cour en terre battue par des années et des années de piétinement avec du 38/39 comme moyenne. L'Arbre avait entendu que ses cousins du canal du Midi, malades, subissaient un radical abattage. Lui était encore vaillant, en pleine forme ; il attribuait sa bonne santé aux milliers d'enfants qui étaient venus s'abriter sous sa frondaison. Depuis le début de cette année scolaire, cinq de ces enfants, des farfelus réunis en bande - le gang des Amis du Dix, se retrouvaient au pied du géant. Il y avait là : 1+9, 2+8, 3+7, 4+6 et 5+5.


Aujourd'hui, les amis discutent de leur nombre. Avec ardeur.


4+6 s'enorgueillit d'être la somme de deux multiples de deux ; ce que peut revendiquer 2+8. D'ailleurs, 2+8 ne se prive pas pour le lui faire remarquer, ajoutant que ses nombres à lui, outre d'être des multiples de 2 sont 2 exposant 1 auquel on ajoute 2 exposant 2. Le débat est vif. Aucun des amis de dix ne veut céder.


3+7 et 5+5 interviennent dans la discussion. Tous deux revendiquent d'être la somme de nombres premiers ce dont les autres ne peuvent prétendre. Chacun savoure une singularité qu'il partage néanmoins avec un des quatre autres. 


1+9, taiseux jusque-là, taiseuse en fait, minaude. Elle regrette de n'être ni la somme de deux multiples de deux, ni d'être la somme de nombres premiers. Ingénue, elle pose la question : serais-je alors de tous les Amis du Dix, unique ? Suffisamment "Particulière" pour être inclassable ?


L’enfance reprend ses droits et surtout ses mots. 3 et 7, 5 et 5, 4 et 6 et 2 et 8 regardent 1+9. Le platane peut les entendre penser pfft les filles !


1+9 sautille et chantonne un je suis unique, je suis unique, je suis unique en insistant sur le "que". Elle sait que cela agace les quatre autres amis du dix.


Mademoiselle Marie, nouvelle institutrice, une joliesse comme l’école n’en avait jamais eue (Pas comme ces laiderons aigris et incultes que je croise dans d'autres écoles - les pères venaient beaucoup plus nombreux aux réunions de parents) siffle la fin de la récréation. Nos cinq mousquetaires regagnent les rangs sous le regard goguenard du platane.

 

J-J Manicourt

 
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