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Patrick Benoit nous propose un nouvel extrait de son ouvrage, Le Sac des Filles...

Publié le par christine brunet /aloys

Le sac de Maman

 

Il devait certainement être très grand.  Comme un sac sans fond qui peut tout transporter : mouchoirs, casse-croûte, carnet d’adresses, clefs, portefeuille épais, chéquier, parapluie portatif, vêtements de rechange et de pluie, crème solaire, désinfectant et sparadraps de toutes tailles.  Et moi, entre les deux anses.

 

Si elle était une fourmi, elle en serait la reine.  A bout de bras, cela devait être inconfortable.  Depuis, le sac à dos a fait son apparition, de sorte qu’il devient possible de transporter encore plus de choses : la petite sœur, une couverture, des tabourets pliables, des lunettes solaires et casquette contre l’insolation, spray anti-moustiques.  Le pire, c’est qu’elle oubliait toujours quelque chose !

 

Même après dix-huit ans de vie commune, je n’ai jamais su faire l’inventaire du contenu de son sac.  Sans compter qu’elle en changeait de temps en temps, ce qui provoquait des problèmes de transfert d’objets, stimulant l’ire de mon papa, qui, pour sa défense, était interdit du port de sac pouvant nuire à son image de pater familias universalis.

 

Rationnel et relationnel, il eut l’idée de vider ses poches en achetant un sac Delvaux.  Non seulement il serrait sa ceinture d’un cran lui donnant une prestance plus juvénile, mais aussi il offrait un coup de séduction à son épouse pour qu’elle devienne aussi sa maîtresse.  Pari chèrement dépensé, mais pas gagné !

 

Maman fit la moue.  « Pourquoi une telle dépense alors que je ne sais rien mettre dedans » dit-elle affectueusement.  Réponse immédiate : « Pour ne prendre que l’essentiel, et mieux te sortir. »  Pris dans le sac, Papa dut inviter Maman plus souvent à sortir pour vider son sac.

 

Echec à la Dame : l’abstinence s’installa, le sac n’étant sorti qu’une seule fois sans billet ni monnaie.  Quand on dit que l’argent ne fait pas le bonheur, inversement le bonheur ne fait pas l’argent.  Pour Maman, un sac doit être utile à transporter des choses et autres.  Mieux vaut un sac de courses qu’un sac de pouffe.

 

Père et Mère s’achetèrent un sac de couchage, d’où peut-être suis-je né ?

 

Publié dans Textes

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Séverine Baaziz nous présente succinctement son nouvel ouvrage...

Publié le par christine brunet /aloys

 

 
Résumé :
Fleur est une petite fille de huit ans qui passe son temps à observer le ciel et à laisser son imagination divaguer. Elle est distraite et solitaire, mais surtout, elle a de grands yeux. De très grands yeux aux longs cils capables de voir le minuscule, le lointain et même l’invisible. C’est l’infirmière scolaire qui lui apprend. Dès lors, elle se fixe un but : utiliser ce don pour faire le bonheur des gens qui l’entourent et, avant tout, de son père. Une décision qui la conduira à de drôles d’amitiés et à la découverte des beautés du monde. Sauf que la vie réserve parfois, aussi, de bien terribles mésaventures.
Dans un souffle plein de candeur, Séverine Baaziz nous emmène au pays de l’enfance et de l’émerveillement où s’inventent tous les possibles.
 
Un extrait ?
 

Depuis quelques heures, on était dimanche.

Alors que tout avait encore un peu la couleur de la nuit, on est montés dans la camionnette à seaux. C’est bien beau de vendre des fleurs mais, quand il n’y en a plus, faut aller en acheter. Et là, avec le samedi qu’on avait connu, il fallait en acheter vraiment beaucoup.

Pendant environ trente minutes, à l’avant de la camionnette à seaux qui roulait à fond les pédales sur l’autoroute, j’ai regardé le soleil se lever. Ça m’a fait ce drôle d’effet que j’adore, comme si j’assistais au plus grand secret du monde. La naissance d’une nouvelle journée. Une autre. Presque la même qu’hier, mais pas tout à fait, parce que j’étais plus vieille d’un jour, et que les fleurs et les arbres avaient des minimillimètres en plus. Tout est sombre et, petit à petit, tout s’éclaire comme si le ciel ouvrait son œil, un seul œil mais gigantesque, et bleu, avec au milieu pour pupille toute enflammée, le soleil. Là, je me suis dit qu’on avait vraiment de la chance que le ciel, même s’il n’avait qu’un œil, eh bien, qu’il soit bleu. Marron, je suis sûre qu’il aurait été moins beau. Même sûre de sûre ! 

Quand on est arrivés chez le grossiste, le ciel avait fini de se réveiller. Sur le parking, déjà quelques camionnettes à seaux, mais pas trop. Tout en lâchant discrètement la main de mon père, on est entrés. L’histoire de la main c’est parce que je me sens toujours un peu adulte quand j’arrive chez le grossiste. Il n’y a rien que des commerçants qui parlent de choses importantes, qui se répondent avec des grosses voix, et qui se promènent avec des billets de banque dans les poches. C’est sérieux quand même alors, chaque fois, ça me fiche un coup de vieux.

Publié dans Présentations

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Trahie sur ma route, un texte paru dans la revue AURA 107 – thème Route(s) signé Antonia Iliescu

Publié le par christine brunet /aloys

 

Trahie sur ma route

(texte paru dans la revue AURA 107 – thème Route(s))

 

 

Je n’avais que deux ans quand je l’ai aperçue pour la première fois. En ce jour ensoleillé, elle m’accompagnait en sautillant sur la première route de ma vie : ma rue. Qui était-ce, qu’est-ce qu’elle me voulait, cela ne m’intéressait guère. Enfant insouciant, je marchais sur ma route et je grandissais sans me poser des questions. Un jour je suis arrivée jusqu’au bout de ma rue, un bout fictif puisqu’il se ramifiait en rameaux et ramilles qui dessinaient d’autres routes, de grandeur et d’importance différentes.
Je regardais étonnée cet éventail de tentations et de promesses. Quel chemin emprunter ?... À chaque carrefour se cache une nouvelle aventure et dans chaque aventure, un piège. Un pas en avant et deux en arrière, j’avais peur de m’égarer ; et alors je rebroussais chemin.

C’est pendant les années d’adolescence qu’elle a commencé à m’intriguer. Avec son contour sans visage et sans voix, elle n’apparaissait que sous le soleil, quand je me promenais dehors. Elle imitait mes mouvements, en me devançant souvent sur le trottoir, comme si elle voulait me montrer la voie (sur les routes de la vie il y a parfois des moments où notre ombre nous dépasse). Je me posais un tas de questions… Pourquoi ne me quittait-elle jamais ? Pourquoi moi debout et elle par terre, se traînant comme un serpent ? Parfois je la regardais jalouse de sa silhouette longiligne, à la taille fine et aux longues jambes qui couraient légères sur le pavé. Elle paraissait si fragile que pas une seule fois je ne l’ai piétinée sous mes pas. 


J’évitais de lui marcher dessus, je ne voulais pas lui faire du mal ; après tout, n’était-elle pas ma sœur jumelle ? Je marchais avec elle, je grandissais avec elle, poursuivant la route de ma vie.

Le soleil est presqu’au zénith et mon ombre, quoique diminuée, ne cesse de m’obséder. Adulte bien installée sur mes pieds ayant battu tant de chemins j’ai continué à m’interroger à son sujet : « À quoi sert-elle ? Veut-elle me montrer qu’en moi, à part la partie visible et lumineuse, il y a aussi une partie obscure ? Pourquoi me tient-elle liée à la terre et ne me laisse-t-elle pas m’élever ? » Je me crois importante et je lui marche dessus, sans remords. Je veux même m’en débarrasser, oui, je la trouve inutile et méchante comme un œil espion qui contrôle chacun de mes mouvements. Et comme ça, prisonnière de mon ombre, j’avançais sur la route du destin, un petit regret dans un coin de l’âme de n'être pas née arbre. Si j’en avais été un, mon ombre aurait eu un sens : donner de la fraîcheur aux gens qui s’aventuraient sur les voies du désert. Mais mon ombre… Quel sens ? 

Je porte en moi un oiseau qui voudrait voler, mais l’ombre l’en empêche et le tient tout en bas, loin du ciel. 

Néanmoins… Au fil des années, quand la solitude s’est invitée à ma table et le soleil préparait son lit, l’ombre est devenue ma seule amie. Je ne lui marche plus dessus. Moi et l’anti-moi arpentons maintenant sur les chemins de la vie, sans plus nous poser de questions. Elle est devenue mon aura sombre, tandis que je suis devenue son ombre à elle. 

Oui, elle m’a trahie finalement… C’est elle qui a pris ma place dans ce monde. Quand je suis tombé malade elle m’a forcée d’accepter un troc. Ainsi, ai-je dû changer ma vaillante verticalité contre son humble horizontalité. Et bientôt je siègerai encore plus bas que mon ombre. Mais elle… elle pourra, enfin, s’élever sur les ailes de l’oiseau caché en moi et poursuivre sa route vers le ciel. 

 

Antonia Iliescu
27.09.2020

 

Publié dans Article presse, Textes

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Emilie Decamp a lu "Les chroniques de Baltus" et "Réfugiés climatiques" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

 

Histoire de bien commencer 2021, je me suis attelée à la lecture de deux livres d'un même auteur : Laurent Dumortier. Deux salles, deux ambiances.

Dans "Les chroniques de Baltus (tome 1)", publié aux éditions Chloé des Lys, nous suivons Meredin, Baltus et leurs compagnons dans leur tentative d'empêcher l'invasion des Terres de l'Est par Garamon. Ce 1er tome, sur fond de vengeance, nous emmène à la découverte des collines de l'Argios, du village d'Arcovie ou encore de Spadias. Garamon, fils du Seigneur Cristal, met tout en œuvre pour venger son père. C'est Meredin et Baltus qui donneront aux peuples des Terres Connues un espoir et un peu de temps pour s'organiser face à l'armée qui commence à déferler sur leurs contrées.

Au fil des lignes et du chemin de nos héros, on évite d'interminables descriptions. L'auteur va droit au but, sans perdre le lecteur mais en le happant tout de même dans ce voyage fantastique. Amateurs d'heroic fantasy, cette lecture est pour vous…en attendant le second opus qui nous permettra de poursuivre ce voyage épique aux cœurs des Terres de l'Ouest.

Si parmi les livres de Laurent Dumortier on retrouve aussi bien de la poésie que de l'heroic fantasy, il s'est également essayé à un style…un rien différent. "Réfugiés climatiques", publié cette fois aux éditions Lamiroy, nous fait découvrir la vie d'une famille dans un futur dystopique où l'écologie semble poussée à l'extrême : quantité de vêtements réglementée, fruits exotiques proscrits, consommation d'eau contrôlée,… La vie de cette famille est rythmée par les restrictions et les plus convaincus n'échappent pas au désenchantement. 

Que l'on soit écolo, sceptique ou totalement réfractaire, ce petit livre d'anticipation pousse à la réflexion. Cette lecture rapide mais très intéressante nous invite à nous pencher sur les dérives d'un système poussé à l'extrême. Je ne peux que vous la conseiller.

 

Publié dans avis de lecteurs

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Emilie Decamp a lu "Le transfert" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le transfert... En voilà une chouette lecture qui a rendu un peu moins monotone mon voyage en train, me plongeant au cœur d'un hôpital  dans un futur...pas si lointain. Les dialogues presque chantants nous amènent d'une page à l'autre en un claquement de doigts.
 

Si, au premier abord, le texte peut sembler avoir un côté comique, on découvre vite que, passé l'aspect burlesque, Carine-Laure Desguin nous invite à nous pencher sur un sujet pas toujours simple à aborder, pas toujours simple à traiter. Mais, comme à son habitude et armée de sa plume, elle y arrive sans problème.

En trois actes, sa pièce nous emmène dans une monde où l'uniformité semble primer et la différence brimée, où les mots sont bannis, où les réfractaires se résignent peu à peu, où l'humanité est passé sous silence. On découvre alors une réalité où l'on cesse d'exister lorsque l'on sort de la norme. Sous couvert d'absurde, Carine-Laure Desguin nous pousse à la réflexion, mettant le doigt sur les dérives d'une société sans reliefs ni couleurs.

Et vous, existez-vous ?

 

Carine-Laure Desguin, Le Transfert. théâtre, Chloé des Lys, 2019.

 

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Le garden State, un texte signé Edmée De Xhavée  

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

J’ai vécu 15 ans au New-Jersey, surnommé « The Garden State ». L’ État jardin. Beaucoup de fleurs, un amour évident pour les jardins, et quelques imposantes demeures qui ouvrent leurs grilles pour que la beauté d’une nature mise en scène soit à tous le temps d’une promenade. On a alors le grand privilège de voir ces merveilleuses maisons conçues par ces riches qui aimaient la beauté et la vivaient au quotidien. 

 

Par exemple Montclair, où je travaillais les dernières années, est l’écrin d’une propriété-joyau, la maison Van Vleck. Plus de 400 variétés de fleurs et plantes, avec des azalées et des rhododendrons très rares et un wistéria de 68 ans, un rêve de pluie qui ondoie autour de deux colonnes doriques du côté jardin. Le jardin est à son apogée en mai et début juin, avec les azalées et rhododendrons en fleur. La maison date de 1916 et est de style italien, avec une simple élégance, et fut construite par Joseph Van Vleck pour sa femme Amanda et leurs … dix enfants ! C’est leur plus jeune fils, Joseph Van Vleck Jr qui en a dessiné les plans. 

Quelques kilomètres plus loin, il y a l’arboretum de Morristown, la maison Frelighuysen. C’est la maison d’été de George et Sara Frelighuysen au bord de la rivière Whippany et datant de 1891. A la mort de ses parents, Matilda, leur fille unique, s’amouracha passionnément du jardinage, et transforma peu à peu le jardin en cet arboretum, devenu public à sa propre mort.  Là, on se promène dans un grand parc entourant une maison de style colonial-revival. Il y a aussi le jardin aux herbes potagères, et celui des herbes médicinales. Des bourdons et papillons se posent sur les buddleias et chardons, s’abandonnant à la simple joie d’avoir des ailes et au goût de l’ivresse des parfums. L’hiver, la promenade y reste agréable, et des hordes de biches passent en soulevant la neige silencieuse sous leurs sabots légers. 

Doris Duke, une remarquable pauvre petite fille riche nous a laissé ce qui donnait un peu de paix à son âme et beaucoup de sens à sa vie : Duke Gardens. Elle y a créé plusieurs jardins paisibles – un jardin italien construit autour d’une statue de Canova, un jardin colonial explosant de ces voluptueuses fleurs du sud : camélias, magnolias, azalées…, un jardin édouardien envahi par l’arôme capiteuse des orchidées - où cependant la sensualité et l’appétit de vivre parlent avec force. 

Doris Duke n’a pas souvent été heureuse mais sans doute ses jardins lui ont-ils donné ses moments de renaissance. 

Le New Jersey est véritablement l'État jardin, une joie qui explose de toutes ses couleurs à la fin du printemps, offerte à tous par ceux pour qui argent n'était pas seulement synonyme de puissance, mais aussi d'hymne aux beautés de la nature. A deux pas de New York - qui a, il faut le dire, son incroyable mais extraordinaire Central Park - on a de la chance, si on aima la botanique, dans ce coin du monde. Si on aime la gastronomie… le chançomètre descend en flèche ! 

 

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Télésambre consacre à Salvaore Gucciardo un reportage !

Publié le par christine brunet /aloys

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Brigitte Hanappe a lu "Mon amour à Pompéi" de Christian Eychloma

Publié le par christine brunet /aloys

 

Un livre épais d’un peu plus de 400 pages. 

La couverture et le titre m’ont paru d’emblée attractifs : un récit qui se passe dans la Rome antique ne pouvait que répondre à mes goûts pour l’Histoire et ma sensibilité féminine ne pouvait qu’apprécier une intrigue amoureuse.

Je dois avouer pourtant que le début m’a semblé ardu : avide de m’évader par l’esprit dans Pompéi et d’imaginer l’impressionnant volcan qui domine la ville, je m’interrogeais du pourquoi et du comment de cette entrée en matière. D’abord, un procès en Assise qui se déroule à notre époque et dont tous les éléments concrets ne laissent aucun doute sur la responsabilité de l’accusé. Ensuite, j’ai eu l’impression de m’égarer dans des descriptions à consonance scientifique suggérant l’existence de milliards autres univers parallèles… et j’ai eu peur un moment d’être déçue par la suite.

Et que nenni !!

Voilà mon imagination qui s’emballe dès le scientifique de l’histoire transfère le juge responsable de la condamnation du coupable dans une autre époque que la nôtre. L’auteur raconte alors un surprenant voyage temporel qui se passe au premier siècle après Jésus Christ dans cette belle cité qu’était Pompéi avant d’être détruite par l’éruption du Vésuve.

J’ai adoré les péripéties rencontrées par le héros et je me suis attachée aux personnages sympathiques ou exécrables. Les descriptions des paysages m’ont fait visiter en images cette belle région d’Italie et j’ai eu l’impression page après page de voyager moi-même dans ce monde ancien, tout en partageant des découvertes étonnantes.

La fin du récit a répondu à mon questionnement du début et finalement, cela m’a étonnée. Emportée par le suspense de l’histoire vécue dans ce passé, j’avais presque oublié qu’un homme avait été injustement  accusé et incarcéré dans le présent.

C’est le premier livre que je lis de cet auteur et je ne regrette vraiment pas mon choix. Comme ce roman est le premier d’une trilogie, cela me donne évidemment l’envie de me plonger dans le suivant.

Brigitte Hanappe

Auteure de : Le flou du miroir

                    Pour un petit secret

 

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Alain Van Kerckhoven nous présente son ouvrage "Brooklyn café"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

Né en 1964 à Bruxelles, Alain Van Kerckhoven est poète et librettiste mais aussi romancier et essayiste. Sa production philosophique rejoint le naturalisme contemporain et percole dans ses œuvres de fiction sous la forme d'un filigrane discret et intrigant.

 

Les récits d'Alain Van Kerckhoven empruntent une langue dépouillée d'artifices afin débusquer ce qui se tapit sous l'apparence du quotidien. La douceur d'un baiser, la régularité des lampadaires, la difficulté de payer ses factures… faits et sensations convergent pour construire un monde sensible et complexe dont la cohérence réelle généralement nous échappe.

 

Pourtant, pour qui y prête attention, le geste le plus banal, la phrase la plus anodine peuvent devenir l'indice d'une réalité magique, d'une inquiétante beauté.

 

Résumé :

 

« Mélange intime de faux souvenirs et d’émotions réelles, Brooklyn Café est une recension d’instants volés à la nuit. Les rencontres y sont furtives et singulières. Ceux qui vivent le jour et qui ne doivent qu’au hasard leur rencontre avec la nuit, ceux-là y voient de la superficialité. Mais ceux de la nuit partagent le lourd secret que la lumière du jour est artificieuse, et que seuls les néons mettent le réel à nu.

 

En vertu de quoi, tant que les nuits et les jours se succéderont, l’existence du Brooklyn Café restera toujours sujette à controverses. »

 

 

Extrait :

 

« Toujours en vie, je me suis assis au bord de la civilisation, avec mes jambes qui pendent dans le vide, à regarder la vieille lune, à me bouger des fesses vers l'avant pour tenter de voir ce que ça ferait de tomber de cette plate-forme. Mais au premier vertige, je me les crispe et je me ressers un verre.

Dans mon dos, des épiciers font leur inventaire, des gosses rentrent de l'école et des mecs se demandent pourquoi ils n'ont plus envie de baiser.

Moi, je me sens assez bien comme ça, les jambes dans le vide, éclairé par la lune. Mais ça ne pourra pas durer.

Ça ne pourra pas durer parce qu’il n'y a jamais rien qui dure. »

 

Publié dans Présentation

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Patrick Benoit nous présente son ouvrage, "Le sac des filles"

Publié le par christine brunet /aloys

 

BIOGRAPHIE

 

 

Patrick Benoit est un écrivain fantôme. Entre les lignes, il tresse des lettres dont il faut défaire les entrelacs. Chacun de ses livres vous font prendre le vol que vous choisissez sans passer la douane.

 

Enseignant dans quelques heures, consultant en marketing durant les autres, auteur tôt le matin de nuit comme de jour et fondateur de l’ASBL Ferm)à(culture, chez lui, où il organise concerts, théâtre et des rencontres littéraires ou autres (www.fermaculture.info).

 

Antérieurement :

Je, tu, il., Chloé des Lys Editions, 2011

Journal Intime, Edition unique sur Facebook, 2013

L’Amour au Pouce, La Bague au Doigt, Chloé des Lys Editions, 2016

 

Résumé :

 

Si vous voulez cacher quelque chose, glissez-la dans un sac de fille. Le jour où elle renversera le contenu sur une table, elle s’étonnera de ne rien avoir perdu. Mais le jour où elle égarera son sac, elle sera perdue.

Si toutes les filles aiment arborer un sac, c’est qu’elles sont toujours prêtes à partir, tant leur sac est une valise à voyages.

 

A lire aux « Objets trouvés », en équilibre sur une corde à linge.

 

EXTRAIT :

 

De tout temps, depuis que les femmes se déplacent pour rencontrer des hommes, pour faire des courses, pour conduire les enfants, pour travailler ailleurs, pour sortir de chez elles, pour courir de droite à gauche et faire des pas de travers, il a fallu des sacs pour transporter leur féminité, parfois volée, parfois perdue.

 

En papier ou en plastique, en cuir ou en simili, en tissu ou en tressage.  A porter sur le dos, autour du cou, au bras, à l’épaule, à la ceinture ou à la main, chaque moyen de transport a son utilité, que même un homme pratique ne peut imaginer au vu de la complexité de leur combinaison.

 

Il n’est donc pas étonnant d’y perdre ses affaires ou de ne plus savoir où les avoir rangées.

 

Publié dans Présentation

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