Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog Aloys

Articles récents

Texte n°1 Concours "Les petits papiers"

14 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #concours

Texte n°1 Concours "Les petits papiers"

La cité des enfants oubliés

 

De tout temps, de tout pays, les gens ont craint pour leurs enfants.

Que le malheur les emporte au détour d’une rue, d’un instant, d’une rencontre.

De tout temps, de tout pays, les petits d’hommes grandissent au sifflet de la même recommandation : « Il ne faut jamais parler aux inconnus ! »

Les mères et les pères s’inquiètent. Les enfants, bien souvent, trop peu.

 

C’est ainsi que l’imprévisible surgit dans la vie du petit Sully.

Par un jour de printemps, doux et clair, au souffle léger parfumé de pollen, on aperçut un étranger aux quatre coins du village de l’enfant.

Assis sur un banc de jardin public. Aux portes d’une cour de récréation.

Marchant, d’un pas lent, les mains croisées dans le dos.

Peut-être serait-il passé inaperçu s’il n’avait pas eu cette étrange apparence. Sans âge, imberbe, tout de gris vêtu. Sur son visage, accroché un sourire, presque figé, comme un collier de perles au cou d’une jeune fille.

Sully était un garçon réservé. C’est sur lui que l’homme jeta son dévolu.

 

La fin des cours retentit.

Tour à tour, les écoliers traversèrent pour retrouver les bras ouverts de leurs parents. L’enfant d’une dizaine d’année se retrouva rapidement seul sur les marches de l’entrée principale. Dans son dos, la porte se ferma à double tour. La directrice ébouriffa ses cheveux et d’un simple « tes parents ne vont probablement pas tarder, Sully », elle disparut à son tour.

Sully resta seul un long moment, seul sous un ciel coloré d’oiseaux, plus nombreux et bien plus proches que de coutume.

En ce jour de printemps, doux et clair, au souffle léger parfumé de pollen, leurs chants semblaient vouloir égayer le silence.

L’étranger tout de gris vêtu arriva aux pieds de l’enfant, il s’accroupit et le regarda comme jamais personne ne l’avait regardé.

« Sully, tu veux bien venir avec moi ? »

Le lendemain, aux premiers rayons du soleil, une lettre attendait d’être lue.

 

Les parents de Sully étaient loin d’être fortunés : ce ne fut donc pas une demande de rançon. Et, ils n’avaient aucun ennemi connu : ce ne fut donc pas un aveu de vengeance.

Par contre, le ciel en était témoin, coupables ils étaient tout deux de bien des méfaits. De ceux qui restent gravés dans les murs et les cœurs des enfants.

Voici ce que contenait ladite lettre :

Chaque enfant mérite protection.

Ce que Sully subit, chaque jour, devrait être lourdement puni mais en rien, ceci ne réparerait les blessures qu’il porte en lui. Alors, s’il vous reste une once de raison, acceptez ma proposition : renoncez à votre tutelle parentale en signant en bas de cette lettre, ou, en l’espace de quelques battements d’ailes, vous serez arrêtés. Jugés et écroués, assurément, pour les coups et sévices innommables dont je connais et peux prouver chacune des horreurs.

Six bourses de pièces d’or accompagnaient l’écrit.

Hébétés, mère et père se jaugèrent un instant. Puis, apposèrent leur signature. Juste en dessous de la mention Grand bien sera fait à votre enfant.

Dès la pointe du crayon retirée du papier, sous des yeux ahuris, le feuillet s’émietta jusqu’à ne plus être que poussière luisante. Elle se propagea, évanescente, avant de totalement disparaître. Quelques fines particules imprégnèrent l’esprit des signataires, puis celui de chacun des villageois, effaçant le souvenir de l’enfant.

Sitôt, Sully devint un enfant oublié.

 

 

Main dans la main, l’étranger tout de gris vêtu emmena Sully à travers villes et campagnes. Une marche de six jours et six nuits.

Aux pieds de l’école, quand les deux regards s’étaient croisés, instantanément, comme par le fait de la grâce, ils avaient su lire l’un en l’autre. Sully n’avait pas su dissimuler les brisures de son âme et l’étranger, ou plus justement le moine-chanteur, lui avait offert le miracle des cieux, des saisons et des lumières.

 

Durant leur voyage, ils se nourrirent de graines de courges, d’anis et de nigelles et burent de l’eau de gourde inépuisable.

Plus les jours passaient, plus leurs compagnons de route à plumes se multipliaient. Merles, passereaux, hérons et rossignols. Chouettes, pélicans et mouettes. Le cortège aux mille couleurs semblait ouvrir le chemin. Ou était-ce le contraire ?

A mi-parcours, le moine-chanteur et l’enfant firent une halte dans un village de pierres blanches. Une protection était à offrir à nouveau. La même lettre, la même mention Grand bien sera fait à votre enfant, suivie de deux paraphes coupables. Clara, aux grands yeux verts, serra plus fort encore la main du moine-chanteur tout au long du chemin.

Chaque soir, à la tombée de la nuit, souvent en lisière de clairière, toujours à l’abri d’un mont ou d’une simple roche, ils s’allongeaient tous les trois à même le sol, blottis les uns contre les autres tels deux oursons dans la fourrure d’une ourse aimante.

 

Puis vint le dernier jour de marche. Le jour de l’équinoxe de printemps.

Précisément à la seconde où les deux hémisphères de la Terre se retrouvent éclairés de la même façon, le moine-chanteur posa sa main à la surface d’une immensité rocheuse. Finement rugueuse et striée à l’image d’une peau de pachyderme. Si les enfants avaient fait de même, ils auraient ressenti les incroyables battements de vie de la roche-animale.

Une ouverture offrit un passage aux pèlerins.

Ce qui se révéla à eux fut infini de beautés. Une forteresse à ciel ouvert.

Nichée dans la roche, la cité des enfants oubliés regorgeait de merveilles. Luxuriante était la végétation. Enchanteresse, la pierre. Energisante, les sources d’eau. Fantasmagorique, les arbres fruitiers et parterres de comestibles. Des fleurs et oiseaux par milliers.

Un groupe d’enfants, de tout âge, accompagnés de moine-chanteurs, vinrent à leur rencontre. « Soyez les bienvenus, les enfants ! ».

Les premières nuits furent les pires, entièrement hantées par les souvenirs passés. Il fallut quelques semaines pour enfin profiter d’heures de sommeil continu.

 

Tandis que les matinées prodiguaient les enseignements, les après-midis appelaient à l’oisiveté. Lettres, Mathématiques, Sciences et Histoire. Sans oublier, loin s’en faut, la médecine par les plantes et l’observation du ciel et de ses constellations. Mais, par-dessus tout, ce qui ravissait le plus les enfants de la cité n’était autre que l’apprentissage des chants d’oiseaux. Ah, les oiseaux ! La compagnie de ces derniers ne manquait d’ailleurs pas de vertus : au bout de quelques mois seulement, Sully riait en découvrant l’escalade à l’envers de la sitelle torchepot ; Clara, elle, se prenait de tendresse pour les si petits roitelets. Et que de fééries ! Dans les bassins d’eau douce, poussaient en leur fond les pièces d’or qui servaient aux moine-chanteurs. Dans leur chute, se métamorphosaient la pluie et la neige en graines, ensemencées aussitôt par une terre d’une douce tiédeur.

Petit à petit, les esprits s’apaisaient.

Petit à petit, chacun réapprenait à vivre et, sans crier gare, tout redevenait possible. Rire, chanter, danser, aimer, rêver. Comme n’importe quel enfant.

Les amitiés naissaient ; les premières amours se chuchotaient.

En grandissant, tout comme le regard posé sur les jeunes filles, celui envers les oiseaux se mettait à changer. L’envie au-delà de la tendresse. Celle de voyager et de vivre le monde…

L’heure de prendre son envol pointait le bout de son nez.

 

C’est dans la vingtième année qu’il était de coutume de quitter le nid.

Tout comme l’équinoxe était le moment de l’arrivée, le solstice d’été était celui du départ. La veille au soir, on festoyait à foison : tous dansaient, chantaient, riaient autour d’un immense feu de joie aux poussières luisantes qui s’envolaient écrire sur les registres l’existence retrouvée des anciens oubliés.

Au matin, plus nuageuse était l’heure des adieux.

Les poches ankylosées de pièces d’or mais le cœur serré, dans les bras de son moine-chanteur, l’adulte en devenir gémissait, intérieurement, s’évertuait à ne pas pleurer jusqu’à ce que d’une phrase, le moine-chanteur l’y autorisa :

« Pleure, mon enfant, il n’y a pas plus belles larmes que celles qui noient le chagrin dans la joie.»

Ainsi, commençait leur chant de liberté…

 

Si un jour, votre chemin croise celui d’un ancien enfant oublié, peut-être saurez-vous déceler dans son regard, l’infime brisure d’âme dissimulée sous une incroyable force de vie.

Quelques fois, ils plongent leurs yeux dans les cieux pour mieux décrypter le chant des oiseaux.

Lire la suite

D'hivers et d'ivresse, le nouveau recueil poétique de Laurent Dumortier...

13 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

D'hivers et d'ivresse, le nouveau recueil poétique de Laurent Dumortier...
D'hivers et d'ivresse, le nouveau recueil poétique de Laurent Dumortier...
Lire la suite

Notre invité ? Lou Florian avec "Les aventures de TaTa Bougnette - Une chronique de Philippe de Riemaecker

12 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #l'invité d'Aloys

 

 

Drôle, bedonnant. Style impossible à comparer sauf peut-être (pour référence) à l’écrivain San Antonio et son Bérurier.

Tata Bougnette est une femme d’un âge respectable et respecté. Entourée de ses voisins, de sa nièce Ninette (qui radine ses jolies fesses) et de l’intarissable réserve de « banyuls », elle assume les années écoulées et apprivoise ses inconvénients. L’incontinence la gêne un tout petit peu, mais qu’importe, puisque l’on change de culotte chaque matin et qu’entre deux aurores, on assure l’incommodité. Soulignons que l’auteur décrit la petite ville de « Collioure »i d’une plume si joliment posée qu’il me tarde de la connaître. Si je puis me permettre, une statue de "Tata Bougnette" devrait être érigée au cœur de cette cité.

« Aujourd’hui, tu as le soleil qui se la joue caliente ! Il a dû badigeonner sa biscotte du matin avec de la marmelade de piments rouges. Et se l’enfiler goulûment dans le gosier. Juste avant de se lever à l’horizon. Et du piment au petit déjeuner, c’est plutôt risqué. Ça, tout le monde le sait ! L’astre chaud en est devenu brûlant. Tout brûlant. Écarlate. Et lorsqu’il s’est levé sur la mer, à l’aube naissante, il était rougeoyant comme une tomate mûre. En un instant, le ciel et l’horizon se sont revêtus de pourpre. Avant de décliner fort heureusement vers les orangés. Alors aujourd’hui, je te le dis, il fera caliente, caliente ! Mais depuis quelques jours déjà, le soleil a le feu au caleçon ! »

Certes, TaTa Bougnette à de la bouteille et ce ne sont pas les années qui l’empêchent de se laisser entrainer dans de folles aventures. La voici à l’affut d’un tueur en série, assiste le père Noël à remobiliser ses rennes partis en grève en raison d’un manque de « banyuls » [vin doux naturel d'appellation d'origine contrôlée produit sur quatre communes du sud de la France ] (pas facile de cultiver des vignes au milieu des neiges éternelles) et enfin, la voici partie dans le pays des lapins urticants à l’aide d’une drôle de machine fabriquée par un oncle disparu depuis pas mal de temps et dont elle a, par inadvertance, actionné la mise en marche.

Restons honnête, ce n’est pas un livre destiné à l’intellectuelle en recherche de littérature alambiquée cependant, et je vous y invite, prenez le livre pour vos journées à la plage en n’oubliant pas de vous enduire préalablement de protection solaire (après vous oublierez de le faire). Emmenez-le dans le train à bord de l’avion et assumez vos éclats de rire.


 

Une écriture originale et qui sous ses aspects simplistes dévoile un travail de fond. Les mots sont souvent crus, jamais vulgaires, mais après tout qui n’a jamais rigolé d’une flatulence échappée d’un ainé ? Derrière les éclats de rire se cachent tous les petits problèmes auxquels doivent faire face les personnes d’un âge respectable. On peut en pleurer, on peut en rire, question de mentalité et une sacrée leçon d’espoir.

Lou Florian, plus qu’un artiste, une sorte de génie. Lou c'est Lou et je n’ai qu’un souhait, c’est qu’il reste Lou.


 

i En catalan Cotlliure, est une commune française située au bord de la mer Méditerranée dans le département des Pyrénées-Orientales.

Philippe De Riemaecker

 

 

Lire la suite

Bob Boutique présente son nouveau thriller "Chaos"

11 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles, #présentations

 

BIOGRAPHIE

 

Je suis libraire à Bruxelles et me suis lancé dans l’écriture sur le tard pour toutes sortes de bonnes et mauvaises raisons.

Il m’a fallu un an pour écrire mon premier recueil de contes bizarres,

Un autre pour trouver un éditeur sérieux, Chloé des Lys.

Et enfin une troisième année pour comprendre comment faire une maquette et en sortir un vrai livre avec une couverture et des pages qu’on tourne.

Voilà maintenant, je suis un écrivain, c'est-à-dire RIEN si personne ne prend la peine de lire mes élucubrations.

 

Alors j’ai contacté les médias pour qu’ils parlent de mon œuvre, mais comme manifestement cela ne les intéressait pas des masses (en fait pas du tout) nous avons lancé avec des amis notre propre webtélé ACTU-tv (http://www.actu-tv.net et tout va bien puisque notre audimat grimpe lentement mais sûrement.

 

Depuis j’ai publié un deuxième recueil de contes bizarres, puis un premier petit roman de 150 pages « les dix petites négresses » qui a pas mal marché et continue d’ailleurs à se vendre sur le net et enfin, enfin un premier grand roman, un thriller mystère de 450 pages qui à mon avis va révolutionner le genre et que je compte proposer à Spielberg ou Besson en fait je n’ai pas encore vraiment décidé, pour l’adapter au cinéma.

Il s’intitule « 2401 » et il m’est Impossible d’en résumer l’histoire, même d’un seul mot, sans risquer d’en dévoiler le scénario très original. Tout ce que je peux commenter et là, je m’avance déjà c’est :

« Est-ce vraiment possible ? Réponse : oui, ça l’est ! »

 

Il a tellement bien marché que mes lectrices (un peu de lecteurs aussi) m’ont demandé une suite qui est parue en 2017 « Chaos ». C’est une histoire tout à fait différente de la première mais on y retrouve les mêmes personnages : « le bouledogue », un flic bourru au cœur de midinette et « La Petite » une fliquette stagiaire qui le tourne en bourrique.

 

Bon, vous avez déjà compris que je n’ai pas le style de Proust. En fait j’écris comme on raconte, pour être lu à haute voix dans un mode proche du langage parlé, avec des belgicismes, du flamand parfois et même quand ça m’arrange des mots inventés.

 

Voilà si vous voulez en savoir plus, ma pointure, ma taille, mon poids et tous ces trucs vachement importants, une seule adresse : Baudouin.boutique@skynet.be et un site très suivi http://www.bob-boutique.com

 

 

 

Synopsis

 

Un tableau du maître primitif flamand Cranach l’Ancien est volé dans l’atelier de restauration du Rijksmuseum d’Amsterdam.

 

Lieve, la jeune gendarme hollandaise chargée de l’enquête de routine, s’aperçoit rapidement qu’il y a quelque chose de mystérieux derrière ce vol apparemment anodin. De fil en aiguille elle découvre avec étonnement que l’auteur du vol est le chef d’un groupe houthis qui tente d’instaurer un état laïc dans le nord du Yémen en guerre.

 

 

Un extrait tiré de « Chaos »

 

Ils trouvent la petite dépression à moins de dix minutes à l’ouest, une sorte de renfoncement du sol qui s’étire sur plus d’un kilomètre avec, à certains endroits, un abaissement du sol de plus d’un mètre.

- C’est pas l’endroit le plus cool, commente le Boss, mais on sera à l’ombre (le soleil monte vite dans le ciel et flotte déjà comme un gros ballon de plage sur l’horizon). Tu as quoi comme tente ?

- Pas grand-chose, répond la Petite. Arie voulait quelque chose de très léger, moins de trois kilos, alors j’ai choisi une guitoune de plage pour bébé ! Mais elle est anti UV119 avec un matelas auto-gonflable et six sardines pour la fixer.

- On fera avec, montre…

C’est effectivement minuscule : on dirait un drap de lit plié en huit. Johan a vite fait d’installer l’armature dépliable, de gonfler le matelas, de tendre la toile et fixer le tout solidement au sol, le plus près possible de la paroi rocheuse. Au thermomètre, la température dépasse déjà les vingt degrés.

- Mais comment veux-tu qu’on entre à deux là-dedans ? constate-t-il en se grattant le haut du crâne.

- Moi d’abord puis toi… On se couche en chien de fusil (sourire coquin), tu fermes la tirette de l’entrée et tu me prends dans tes bras, pas compliqué !

- Je ne sais pas si tu te rends bien compte. J’ai transpiré toute la nuit, je dois schlinguer ! (Johan)

- Et moi alors ? Bon, on s’installe ? Je suis tellement fatiguée que je pourrais m’endormir dans une porcherie ! Et n’oublie pas le bol rempli d’eau pour l’évaporation.

Passons rapidement sur les reptations, glissements des corps, mises en place compliquées et ahanements divers que prend leur installation sous ces quelques centimètres carrés de toile où ils s’imbriquent enfin, l’un dans l’autre, sous les rires de la Petite et les excuses gênées du Bouledogue plus embarrassé et empoté que jamais. Puis, une fois les pièces du puzzle mises en place…

- C’est la première fois qu’on couche ensemble, lance Lieve en tirant le bras musclé de Johan sur son ventre.

- …

- C’est pas si désagréable que ça, tu ne trouves pas ? L’autre collé derrière elle répond d’un grognement difficile à interpréter.

- Fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre, poursuit Lieve en chuchotant comme une petite fille qui tarde à s’endormir.

- Tais-toi et ferme les yeux ! marmonne son compagnon sans desserrer son étreinte.

- Tu es un faux jeton, continue-t-elle. Avant de partir, j’ai lu la lettre que tu as mise dans le tiroir du bureau pour le cas où.

- Tu n’avais pas le droit, c’est dégueulasse.

- Idiot ! Si tu connaissais mieux les femmes, tu ne m’aurais jamais parlé de ça. Tu aurais confié ça à un notaire… Me léguer ta maison et ton bateau…

- Bof, j’ai personne d’autre, alors toi ou une œuvre humanitaire…

- Ben voyons, rigole-t-elle tendrement. « Toi ou une œuvre humanitaire » (Elle l’imite) … Tu oublies la dernière ligne, la plus importante.

- Tu n’avais pas le droit !

- Une ligne de quatre mots… Ik… hou… van… jou (Je t’aime en néerlandais).

Suit un long silence pendant lequel tous deux restent immobiles, enfouis dans leurs pensées.

Tu crois qu’on va mourir ? demande-t-elle enfin.

- Non.

- On va en sortir et rentrer comme des héros à Amsterdam ?

- Oui. Pas comme des héros, comme des flics qui ont bien fait leur travail.

 

Nouvelle interruption, très longue, au cours de laquelle on sent la chaleur et le rayonnement intense monter à l’extérieur de même que le vent qui commence à faire vibrer et chanter la toile. On pourrait croire qu’ils se sont endormis puis soudain…

- Johan ? (Une toute petite voix)

- Oui…

- Je sens que tu vas me maudire…

- Quoi encore ?

- Tu vas te fâcher…

- Non.

- Si…

- Quoi encore ?

- Tu me promets de rester calme ?

- Oui, (profond soupir).

- Jure-le.

- Je le jure…

- Sur ma tête ?

- Oui, d’accord. Sur ta tête.

- Je dois faire pipi !

 

 

Lire la suite

Philippe Desterbecq a chroniqué "Courant alternatif" de Vincent Knock sur son blog

10 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://phildes.canalblog.com/

http://phildes.canalblog.com/

 

Après avoir lu ma chronique sur son roman "Mâle en patience", Vincent Knock m'a proposé de lire son deuxième bouquin paru chez Chloé des Lys : "Courant alternatif". J'ai bien sûr accepté avec plaisir.

Je n'ai fait que survoler la quatrième de couverture. De ce fait, je croyais lire une histoire d'adolescente mal dans sa peau (comme beaucoup de garçons et filles de l'âge de l'héroïne). Or, ce bouquin, découpé en quatre parties, va beaucoup plus loin. Je vous explique.

La première partie relate effectivement l'histoire d'une jeune fille : Nancy, amoureuse d'un homme plus âgé (mais à peine adulte), François, surveillant de lycée. Elle tente de le séduire, y parvient, le laisse tomber. Le coup classique. Rien de neuf sur la planète.

La deuxième partie parle de Florence, de sa jeunesse, de son propre amour d'adolescente, un chanteur de rock emprisonné pour meurtre, de sa grossesse prématurée, de sa vie sans sa fille. 

Dans la troisième partie, c'est la vie de Gontran, ex-chanteur du groupe "Idées noires" qui est relatée. On sait depuis le prologue que ce type a été en prison pour meurtre et qu'il a trouvé la mort dans un accident après sa sortie de prison. Même si l'auteur annonce que toute ressemblance avec des faits réels serait fortuite, le lecteur ne peut que faire le lien avec Bertrand Cantat et l'assassinat de Marie Trintignant.

Dans la quatrième partie, on revient à Nancy et à François (que je croyais jeté aux oubliettes) pour relier les différents personnages entre eux. Et bien sûr, tout s'éclaire de manière inattendue (quoique ... j'avais quelques doutes ...). Qui est sa mère? Qui est son père? Les choses ne sont pas aussi claires qu'il n'y parait. 

Dans l'épilogue, on retrouve le prologue, ce qui n'est sans doute pas courant et ce qui met un point final au récit. 

Pour ma part, ce découpage en 4 parties m'a un peu gêné. J'aurais préféré un découpage en chapitres qui auraient alterné les uns avec les autres, comme dans la plupart des thrillers sans doute. La troisième partie m'a, en effet, mis la puce à l'oreille et m'a enlevé une partie du suspense créé par l'auteur.

L’auteur s’en explique : « Concernant mon travail, la structure est différente que celle utilisée généralement (alternance de chapitres avec des points de vue différents), car je souhaitais écrire à la manière d'un puzzle dont les 4 vies des personnages représentent un coin du puzzle avec l'épilogue en son centre . »

Je n'écris pas avec un plan défini ou des fiches, je sais juste ou je veux arriver, le thème du livre, les idées que je souhaite défendre mais je me laisse porter par l'écriture des chapitres, les scènes, ce que disent ou font les personnages. Tout ça est assez instinctif. Par exemple, certains chapitres ont été rédigé dans un ordre différents que celui qui apparaît au final pour la publication. 


 

Merci à Vincent Knock de m'avoir donné à lire son "Courant alternatif" et de m'avoir permis ainsi de passer un bon moment.

Lire la suite

Jean-François Foulon a lu "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

9 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2017/05/11/aupres-de-ma-blonde-de-thierry-marie-delaunois-editions-chl-5942547.html

Je viens de terminer le livre de Th-M Delaunois, « Auprès de ma blonde », qui ma foi ne manque pas d’intérêt. Le titre, à vrai dire, ne me plaisait pas trop (il est vrai que je préfère les filles  brunes aux filles blondes, ceci expliquant peut-être cela, car finalement, qu’on le veuille ou non, le lecteur n’est jamais neutre quand il aborde un ouvrage et il vient avec tous ses préjugés et sa propre grille de lecture).

Au fil de la lecture,  j’ai découvert une histoire bien ficelée, aux multiples rebondissements. Au début, tout semble normal et anodin : une rencontre dans un parc public entre un homme et une femme. Une histoire se noue lentement et on devine la suite. Rien de plus banal, en quelque sorte. Mais les protagonistes sortent pourtant de l’ordinaire. Lui est écrivain (tiens donc !) et elle, manifestement, n’a rien de la blonde classique. Grande, baraquée, elle exerce la profession de sorteuse dans un bar. Etrange. Mais derrière ce côté un peu bourru on devine une faille. Et c’est là que le roman devient intéressant. Il ne faut pas se fier aux apparences. Petit à petit le lecteur est intrigué et veut en savoir plus sur cette femme dont insensiblement le héros tombe amoureux.

Il y d’autres protagonistes autour de ce couple qui se forme. Il y a Hélène (la belle Hélène, comme dans l’Iliade d’Homère), qui vit seule avec ses trois enfants et tombe sous le charme d’André, notre héros qui lui est déjà sous le charme de la belle blonde. Une rivalité s’installe entre les deux femmes, comme on pouvait s’y attendre.

Il y a les trois enfants d’Hélène, qui par leur naïveté (ou leurs propos mûrement réfléchis et qui font mouche) disent des vérités qu’il n’est pas bon de dire.  

Il y a une gitane aussi, qui erre dans le parc et qui dit la bonne aventure à qui veut bien l’écouter. Comme le devin Calchas dans l’Iliade, elle ne se trompe jamais et prédit l’avenir avec clairvoyance, mais personne ne l’écoute.

Il y a le lac, au milieu du parc. Véritable protagoniste de l’histoire, il semble immense. En tout cas on s’y noie fréquemment.

Il y a enfin les affaires de famille, qu’on devine petit à petit au cours de la lecture, comme cette sœur jumelle de l’héroïne qui est morte autrefois, laissant un vide qu’on ne peut combler. Et puis il y a le questionnement sur les origines : qui est la père de la blonde ? Petit à petit tout cela se met en place et plus on avance dans le livre plus on a envie de découvrir la suite, suite que je ne vous raconterai évidemment pas !

Lire la suite

Sylvie Storme nous présente son ouvrage "Quand voir reste un mystère"

8 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

 

Notre regard et notre capacité à voir peut se ré-interroger à chaque instant.

Comment une vie bien organisée et réussie se voit bouleversée quand les repères changent ?

Mai 1989 , je me plonge dans un premier stage de "Prise de conscience par le mouvement", Méthode Feldenkrais, et mon regard change, ma vue très limitée s'éclaircit malgré un handicap déclaré dégénératif.
Surtout, ma vision du monde s'élargit, et toutes mes certitudes et idées reçues se renversent.

Ce témoignage s’est élaboré à partir de lettres que j’écrivais au fur et à mesure d’une formation qui me faisait découvrir l’incroyable capacité de transformation qui existe au coeur de tout être humain.
Ces expériences sensori-motrices m'ont emmenée dans un parcours mouvementé et bouleversant.

J'évoque ce parcours dans ce livre, et comment ce voyage au coeur du mouvement m'a conduite au travail de la sculpture, a transformé ma voix, mon chant, et mon attitude à l'écoute des autres.

Ces découvertes personnelles me semblent aujourd’hui parler de ce que nous pouvons tous traverser de façon singulière avec nos priorités, nos passions, nos difficultés et nos obstacles individuels…

 

 

Extrait :

 

« Bonjour François,

 

Voici quelques- unes de mes explorations, faites en sortant de chez toi.

Elles ont été fascinantes et impressionnantes par leur évidence et leur nouveauté.

Ce qui est le plus surprenant pour moi est la manière dont le monde m'apparaît, la position que par conséquent j'occupe.

Assise confortablement dans le taxi, bassin, jambes et pieds en contact avec le siège et le sol, je me suis " laissée surprendre " par ce que je pouvais percevoir du paysage parisien.

Les images venaient à moi, pas besoin de chercher à les attraper.

Mes pensées étaient du style « Tiens, c'est plein de verdure Paris », « Il ne fait pas si sombre dans ce tunnel «  Tout juste si je ne me disais pas «  Je ne vois pas si mal, tout compte fait ».

C'est pour moi une façon tout à fait inconnue et à peine croyable d'aborder et de vivre les événements: de les laisser venir. Alors que, pour moi, voir a toujours été synonyme d'efforts, de volonté, souvent d'étroitesse, d’ombre, presque d’inaccessible, et que l'acharnement rendait accessible (j'ai des souvenirs d'école prégnants, où la dose d'énergie déployée par mon entourage et par moi-même me semble aujourd'hui tout à fait folle.) »

Lire la suite

Jean-François Foulon présente son nouveau roman "Ici et ailleurs"

7 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

COURTE BIOGRAPHIE :

 

Jean-François Foulon est né en 1960 au cœur de l’Ardenne, d’un père belge et d’une mère française. Licencié en philologie romane (université de Liège), il travaille à Bruxelles dans le secteur public mais vit en Wallonie (Hainaut). Passionné de lecture et d’écriture, il a collaboré à différentes revues littéraires comme Le Journal de la Culture, La Presse Littéraire et Le Magazine des Livres. Il  a déjà publié deux livres chez Chloé des Lys : un roman, « Obscurité » (2015) et un recueil de poésie, « Le temps de l’errance » (2016).

 

RESUME DU LIVRE

 

Ce livre de nouvelles (ou plus exactement de longs récits) est divisé en trois parties. « Afrique » ressemble à un roman et nous propose six regards croisés sur un même fait dramatique : l’assassinat d’une jeune doctoresse travaillant pour Médecins Sans Frontières. « Amérique », qui nous entraîne de l’Argentine à la Bolivie, en passant par le bassin de l’Amazone, traite davantage des problèmes sociaux et de la lutte du peuple contre son exploitation. Enfin, « Europe » aborde des thèmes qui nous sont bien connus comme la maladie, le chômage, la solitude et la perte des illusions.

 

L’auteur nous fait voyager et réfléchir aux dérives des civilisations et du pouvoir. Il pointe du doigt les abus et l’asservissement de l’être humain à d’autres hommes, avec la bénédiction du dieu « Profit ». Tout en égratignant le rôle de la colonisation, il dénonce l’injustice sociale et met en avant le besoin de liberté, commun à tous les êtres. Bref, ce livre est plein d’empathie pour ceux qui souffrent ou ont souffert.

 

EXTRAIT DE LA NOUVELLE « LE TEMPLE DU SOLEIL »

Le camion aborde le premier virage en lacet. Le moteur cogne, le changement de vitesses grince. Derrière, une épaisse fumée noire jaillit du pot d’échappement. Il n’y a rien à faire : la pente est trop forte. Il va falloir qu’il se déporte à l’extrême gauche ou il ne passera pas!  Instinctivement, le chauffeur a réagi : il braque le volant autant qu’il peut. Le bahut se déplace, le voilà de l’autre côté de la route. Le pneu avant mord même la poussière du fossé ! Cela fait un de ces nuages ! Les branchages griffent la carrosserie. Pourvu qu’il ne vienne rien en face. Non, ouf, c’est fini ! Le premier virage est passé. Il n’y en a plus que deux mille cinq cents quatre-vingt-quatre.

 

C’est qu’elle les connaît, Isabel les virages qui mènent à l’Altiplano. Cela fait cinq ans, maintenant, qu’elle fait la route, toujours la même. Elle charge des marchandises en bas, dans la forêt, et elle les achemine là-haut, dans la capitale. Cela peut paraître simple, mais ce ne l’est pas. En bas, c’est l’équateur, la forêt vierge, la chaleur, les moustiques, la malaria. En haut, ce sont les montagnes et les deuxièmes du monde encore bien. La Paz culmine à 3.658 mètres d’altitude et le lac Titicaca n’est pas loin. D’un côté, c’est l‘été, de l’autre l’hiver. Et puis il y a les habitants. Tous des Indiens, certes, mais tellement différents. Les gens de la plaine ont une certaine mentalité, ceux des sommets une autre. Leur seul point commun, c’est d’être tous des Indiens. C’est déjà ça. Et elle, Isabel, elle est comme un trait d’union entre ces deux mondes. Indienne aussi, forcément, comme tout le monde en Bolivie. N’empêche que le fait d’être une femme a quelque chose de singulier. Tous les autres chauffeurs sont des hommes, elle doit être la seule femme de la profession et elle en est fière. Comme elle est fière d’amener dans la capitale andine toutes ces nourritures exotiques de la plaine. Originaire de la zone intermédiaire des collines, elle se sent partout chez elle. Ce qui signifie aussi qu’elle est étrangère des deux côtés. Elle n’est pas de l’Amazonie, mais elle n’est pas non plus des sommets andins. Qui est-elle finalement ? Elle serait bien en peine de le dire. Alors elle voyage et essaie de trouver son identité sur les routes, entre les chaleurs étouffantes de la forêt et les crêtes brumeuses des montagnes.

 

Mais voilà le deuxième virage. Il tourne dans l’autre sens, celui-là, de la gauche vers la droite. Ce sera donc plus facile, elle ne sera plus du côté du précipice et bénéficiera de la pente la moins raide. C’est déjà ça. Il faut dire que la route est à peine asphaltée. Pourtant elle l’a été autrefois, à certains endroits en tout cas... Mais il y a longtemps de cela et la nature a repris ses droits. Le macadam, petit à petit, s’est effrité et il ne faut pas croire que le gouvernement l’a remplacé. Non. D’ailleurs il ne faut jamais compter sur le gouvernement ! Les politiciens, là-haut, à La Paz, ont autre chose à faire. La révolution pour commencer ! Et puis, une fois qu’ils sont au pouvoir ils pensent un petit peu à eux. C’est normal après tout, ils ont tout de même risqué leur vie dans ces coups d’état. Alors, dès qu’ils sont installés derrière leur beau bureau de président ou de ministre, ils essaient de compenser, c’est-à-dire de s’enrichir par tous les moyens. Qui pourrait le leur reprocher ? S’ils sont d’origine modeste, on ne les pendra pas au sérieux tant qu’ils ne seront pas riches. Et s’ils proviennent d’une famille de notables, on ne trouverait pas normal qu’ils baissent de statut et qu’ils s’appauvrissent. Un député, un sénateur, un ministre, cela doit être riche pour être respectable, un point c’est tout. Ici, en Bolivie, vous ne rencontrerez jamais un être humain qui pensera le contraire.

Lire la suite

Belinda, fille des hauts plateaux de Cléopâtre Mertens dans Le Bibliothécaire

6 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

Belinda, fille des hauts plateaux de Cléopâtre Mertens dans Le Bibliothécaire
Belinda, fille des hauts plateaux de Cléopâtre Mertens dans Le Bibliothécaire
Lire la suite

Anne-Sophie Malice nous présente " Lettres ouvertes à Pierre"

5 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Biographie


Anne-Sophie Malice...j'aurais choisi Malice en pseudo et viré l'Anne et la Sophie en optant pour Juliette.

Née le 31 décembre en terre montoise... mais l'arrière de la coccinelle bleue ciel des parents aurait été plus rock n'roll.

J'ai marché tard, fait mes dents tard. Pourtant j'ai avancé, en me cassant la figure, pour mieux me relever.

 

Les Beaux-Arts, leurs portes ouvertes à la communication et le non jugement, les autres portes, blindées. Une licence en dessin, je ne touche quasiment plus un feutre.

 

L'écriture, la photo numérique en parfaite amateur, j'aime.

Des bouts de rien, des virées en moto et faire mouche en tir sportif font mon bonheur au quotidien .

 

Je gribouille, avec des traits, des mots et des instants dérobés.


Résumé
 

J'ai écrit, durant quelques mois, après le suicide de Pierre et « ma » thrombose, en 2015.
C'est ce que j'ai écrit de plus personnel jusqu'à présent.

Même si je parle souvent de ce qui me touche, je détourne, tergiverse, fais de l'humour.
Ici, même avec la dérision, je dis les choses.

 


Extrait

 

 

- Lundi 11 mai 2015.

Nietzsche a écrit : "La pensée du suicide est une consolation puissante, elle aide à passer plus d’une mauvaise nuit."
Ça ne s'invente pas, ça se vit.
Je suis la preuve vivante que cette citation n'est que vérité.
J'ai passé des nuits plus paisibles en me disant que je pouvais mourir quand je l'aurais décidé.
Jusqu'au jour où j'ai essayé de mourir et que j'ai lamentablement échoué.
Quand on se réveille,
on se liquéfie.

Surtout en constatant qu'on a rempli sa petite culotte.
J'avais 20ans, j'étais jeune et presqu'innocente.
Moralité: j'ai encore de belles nuits devant moi.

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>