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Le blog Aloys

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PGå présente son roman "Ton père"

21 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys

Biographie de l’auteur :

Après une vie d'errance, vivant d'abord en Afrique, puis aux Etats Unis, puis dans divers pays d'Europe, PGå "fait" maintenant dans l'enseignement. Il vit à Bruxelles, sous les yeux attentifs d'une maîtresse exigeante et d'un chat gourmand.

Il est l'auteur d'un recueil de nouvelles qui sera prochainement publié chez Jourdan. La sortie de ce recueil est prévue pour le mois d'avril 2017.

L'affaire d'Antoine G.:

Il s'agit de l'histoire d'un rapt parental qui a inspiré le récit de Ton père. Elle a été plusieurs fois médiatisées à la TV et dans la presse écrite.

TV: "Jamais sans mes enfants" émission en 5 épisodes (ARTE), Indice avec George Huercano (RTL Belgique).

Presse écrite : la DH, par exemple: "Mon fils est-il vivant? écrit par Nawal Bensalem (voir article ci-joint).

 Résumé :

Chaque année, des centaines d'enfants sont victimes d'un rapt parental. Le parent rapteur emmène l'enfant ou les enfants loin de l'autre parent, prétextant les pires horreurs pour justifier son geste.

Deux enfants, victimes d'un rapt parental intra-européen, parmi ces victimes, ont inspiré l'auteur pour la réalisation de ce roman.

Présentation du livre :

Chaque six mois l'auteur recevait un coup de téléphone de la banque:

- puis je parler avec Antoine G.?

Antoine a disparu depuis plus de vingt ans, c'est le fils de PGå. Victimes d'un rapt parental, père et fils ne se sont plus jamais vus.

Entre temps, avant de disparaître complètement, on sait juste qu'Antoine a changé quatre ou cinq fois de prénom et trois fois de nom de famille. Dans certaines administrations de certains pays le Tipex est roi.

Puis un jour, l'enfant a disparu de toute administration... On avait alors suggéré à PGå d'accepter le fait que son fils était peut être, tout simplement, mort.

Après 5 ans de tentative de deuil, PGå reçoit un courriel anonyme. Selon ce dernier, son fils est vivant, il est chanteur et il s'appelle Amandus K.

Est-ce seulement vrai...

Par ailleurs, toutes ces années PGå a continué à mettre des sous de côté sur un compte au nom de son fils. Aujourd'hui la banque veut entrer en contact avec l'enfant devenu adulte, dans le but de lui proposer un meilleur placement de ses économies.

Le Tipex ayant offert de multiples identités à l'enfant de PGå, aujourd'hui la banque recherche un jeune homme qui n'existe plus administrativement. C'est à partir de ce fait réel qu'est né le premier roman de PGå: une fiction dans le futur appelée "Ton père"

 

Extrait

Il est onze heures. En cette fin de matinée tiède d’un automne qui s’annonce, le notaire Solignac regarde, d’un œil perçant, les deux personnes qui viennent de s’installer devant lui, de l’autre côté de sa table empire. Il y a une jeune femme, longuement attendue, habillée d’une manière artiste avec une dominante de rose, une boule de cheveux à la rasta, l’air faussement détendue, flanquée de deux messieurs, l’un à sa gauche, l’autre à sa droite, tel Jésus sur sa croix.

 

A sa gauche, il s’agit d’un monsieur entre deux âges, qui pourrait perdre quelques kilos et qui a perdu un assez grand nombre de ses cheveux à la place. Il prend un air sérieux qui lui va curieusement mal et regarde en coulisse, avec une curiosité qu’il n’essaie pas vraiment de déguiser, la demoiselle assise à sa droite.

 

A sa droite à elle, c’est Maître Deneuve, le nez en l’air, l’air vague et absent, mais prêt à chuchoter en allemand dans l’oreille de Maëliss tout ce que Maître Solignac va dire en français à la cantonade.

 

Silence, à peine troublé par le tintement d’une tasse posée trop brutalement sur sa soucoupe, dans la salle d’attente, afin de rappeler à tous qu’il y a quelqu’un, tapi là-bas en embuscade : l’accompagnant de la demoiselle – son père, en fait – n’a pas trop apprécié son exclusion de la réunion, à coups imprévus d’interprète assermenté et d’articles obscurs d’un Code Réglementaire français dont il ignorait jusqu’à l’existence. Et ce n’est pas que sa fille ne voulait pas de lui à ses côtés, mais rien n’y a fait. Maître Solignac a été inflexible.

 

Accompagné d’une vieille dame suante, laide et rougeaude qui lui fait office d’épouse, il passe sa hargne sur la vaisselle qui est posée devant lui.

 

-Mademoiselle, Monsieur…

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Micheline Boland nous propose une nouvelle extraire de son prochain recueil "Nouveaux contes en stock"

20 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

 

LE PRINCE PEUREUX

 

Il était une fois Albéric, un prince héritier très peureux. Il a peur des souris, des araignées, des fourmis, des guêpes, du noir, des chats, des chiens, des militaires, des grandes étendues d'eau, des feux d'artifice, des bruits soudains, des mauvaises odeurs, des orages, des brouillards… Bref, il a peur de tout ! La reine Maud le rassure comme elle peut, mais à l'impossible nul n'est tenu. Et puis, la patience des reines, elle a aussi ses limites !

 

La reine Maud engage donc Pierre, un jeune assistant, qui suivra le prince partout. Quand je dis partout, c'est partout ! Le prince part en promenade, Pierre le suit ! Le prince reçoit son précepteur, Pierre assiste à la leçon ! Le prince reçoit ses amis pour son anniversaire, Pierre souffle les bougies. Le prince regagne sa chambre, Pierre dort sur sa descente de lit !

 

À force d'écouter les leçons, à force de souffler des bougies, à force de…, à force de… Pierre se lasse et quitte le palais.

 

La vie d'Albéric est un enfer pavé d'appréhensions. De crainte de se blesser, il refuse d'apprendre le maniement des armes. De crainte d'être mordu ou de tomber, il refuse de monter à cheval comme le fait son père et comme le faisait son grand-père. De crainte de dire des bêtises, il se tait.

 

Pourtant, même s'il disait une bêtise, qui oserait se moquer ouvertement d'un prince, je vous le demande ?

 

Face à son grand dadais de fils, la reine Maud commence sérieusement à s'énerver. Elle convoque Lamina, la fée, la marraine du jeune prince : "Lamina, trouve un remède ! Je te récompenserai largement. Après tout, c'est peut-être une de tes amies qui lui a jeté ce mauvais sort."

La fée concocte une potion qu'Albéric boit, mais sans réel effet. La fée lui offre une amulette qu'Albéric porte autour du cou, de jour comme de nuit, avec un résultat nul.

 

"Incapable ! Bonne à rien ! À quoi servent les fées si elles ne sont pas utiles à la bonne marche du royaume ?"

 

La Reine a parlé et quand elle a parlé…

 

La fée bredouille : "Majesté, le cas est sérieux. Je ne vois qu'un remède : il faudrait trouver dans le royaume quelqu'un d'encore jeune qui accepte d'endosser les peurs de Monseigneur le Prince ! C'est là, je crois, sa dernière chance."

 

- Eh bien, si le remède est tellement simple, trouve-moi ce jeune homme…

 

- Mais Majesté…

 

- Il y a plein d'hommes jeunes dans le royaume…

 

- Mais Majesté…

 

- Il n'y a pas de mais, fais ce que je te dis et vite… Je ne lésinerai pas sur la récompense… De l'or, des bijoux, des pierres précieuses… À une seule condition : ne pas ébruiter l'échange auquel cette personne aura consenti…"

 

À la nuit tombante Lamina se rend chez les plus pauvres d'entre les jeunes nobles. Hélas, tous savent combien les peurs du prince sont importantes et tous refusent ! Personne ne veut passer le reste de sa vie à éviter l'obscurité, le grand jour, les petites bêtes et les grosses, les sports violents, les jeux de société. Sans parler des femmes et des ennemis ! Ce serait la honte à perpétuité. Ils préfèrent encore tirer le diable par la queue !

 

Désespérée, Lamina va voir les jeunes hommes du peuple ! Elle leur fait miroiter la récompense, l'or, les diamants. En vain…

 

Non, décidemment, personne, personne n'accepte !

 

Les visites de la fée lui ont révélé l'étendue du problème ! Un troubadour a osé composer cette chanson : "Je voudrais être roi, j'ai vraiment peur de tout. Je voudrais être roi, mais tout le monde s'en fout…" Chanson interdite bien sûr, chanson qu'on chante entre amis quand toutes les portes et les fenêtres sont bien fermées… Dans le royaume on rit plus ou moins gentiment d'Albéric ! Il y a même eu quelques vieilles filles royalistes qui ont fait neuvaine sur neuvaine… On sait ce que ça donne !

 

Lamina fait son rapport. La reine Maud est effondrée. Qu'adviendra-t-il de son fils quand elle ne sera plus là pour le soutenir et que son royal père n'aura plus les forces d'exercer sa royale fonction ?

 

"Alors ma fille, il faut te débrouiller. Oblige quelqu'un à accepter.

 

- L'affaire n'est pas si simple, Majesté, il faut que ce soit volontaire.

 

- J'exige… Un point c'est tout ! Tu entends, j'exige !"

 

Exiger, c'est facile. Trouver la solution l'est beaucoup moins…

 

"Enfin Majesté, il y a encore une petite ouverture… Je connais une princesse…"

 

C'est que les fées sont comme les autres personnes, elles ont des relations et des stratégies bien à elles !

 

C'est ainsi que le prince est présenté à Zélia, une princesse étrangère, amoureuse folle des beaux yeux bleus et des jolies boucles brunes d'Albéric, depuis qu'elle l'a aperçu à la cérémonie de couronnement de son père. Le problème est que Zélia est tout aussi craintive que lui ! Tellement craintive qu'elle a peur de tout ! Tellement craintive, mais tellement amoureuse.

 

La rencontre entre les deux fiancés a lieu dans le plus grand secret, dans le petit salon bleu du palais, l'endroit même où, paraît-il, Albéric avait été conçu, un soir de folie !

 

Albéric tombe sous le charme de Zélia et la magie opère ! À présent, pour l'amour de Zélia, Albéric chasse les souris et les ours, monte à cheval, enlève les toiles d'araignées et manie l'épée comme un guerrier. On dit qu'il aime particulièrement les soirs d'orage qui lui offrent l'occasion de tenir très longtemps sa jolie princesse entre ses bras.

 

Micheline Boland

Extrait de "Nouveaux contes en stock" (parution en 2017)

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Interview vidéo de Bob Boutique pour "CHAOS", son nouveau thriller

19 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

Interview vidéo de Bob Boutique pour "CHAOS", son nouveau thriller
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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué "Meurs mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis

18 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/meurs-mon-fils-je-t-aime-a127964960

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/meurs-mon-fils-je-t-aime-a127964960

 Résumé de l'éditeur :

Mon fils, Raphaël, âgé de 21 ans est décédé le 8 mai 2012 des suites du mélanome.

Nous attendons tous de la vie qu'elle soit longue et si possible heureuse. Mourir jeune paraît injuste, mourir dans la souffrance semble monstrueux, les deux à la fois, une terrible méprise divine. La mort est surtout inéluctable.

Je connais votre perte, vos doutes et vos espoirs. Je connais vos larmes et votre déchirement. Cependant, nos pensées créent notre réalité et nous disposons de ressources insoupçonnées pour surmonter les difficultés de notre vie.

Je prends la plume, portée par le désir d'apporter la paix et le réconfort à ceux qui me lisent. La vie ne s'arrête jamais et la mort n'est qu'une transition vers un autre état.

 

 

Mon avis :

Quel beau témoignage!!! J'en ai lu plusieurs ces derniers temps mais là, il est spécial celui-ci! Il est plein d'amour et de tendresse! Il permet au lecteur de vivre pleinement la souffrance, la médication, l'espoir et la suite vers l'au-delà.

En effet, le roman se compose de trois parties. Nous commençons par faire la connaissance de Raphaël et de son entourage ; ensuite nous suivons la maladie, les soins, l'espoir ; et pour finir, nous vivons la mort et ce qui suit. Cette dernière partie n'est pas la meilleure pour moi qui ne suis pas très adepte de ces choses de l'au-delà, de ces croyances en un "après", mais l'auteur en parle tellement bien que je me suis mise à rêver d'un monde meilleur.

La deuxième partie m'a vraiment beaucoup plu car, ne connaissant pas la maladie, je ne savais pas tout ce que cela engendrait, me voilà prête à l'affronter si celle-ci venait à s'approcher d'un de mes proches. L'auteur parle sans tabou, elle nous donne tous les détails de la souffrance de Raphaël, de sa souffrance à elle également et n'hésite pas à se confier au lecteur qui se sent, du coup, plus proche d'elle.

Un très beau livre, une belle leçon de courage et d'amour, une preuve que l’euthanasie est un vrai sujet qui mérite que l'on en parle vraiment et qu'on trouve une solution pour les malades...

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Silvana Minchella nous propose un court extrait d'Angela, son nouveau roman.

17 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

ANGELA, guerrière de lumière

 

 

 

Extrait :

 

 

Manuela tendit à sa bru un grand panier rempli de victuailles, la supplia de prendre soin de l’enfant et de donner des nouvelles.

- Promets d’écrire, Luisa, je demanderai à monsieur le curé de lire tes lettres et je lui dicterai les réponses. Tiens, ajouta-t-elle en lui glissant une enveloppe dans la main, c’est peu de choses mais ce sont mes économies. Tu en auras besoin pour que notre ange ne manque de rien, tu sais qu’elle est délicate…

- Merci mère, je te le promets.

 

La voix de Luisa trahissait l’angoisse qui s’emparait d’elle maintenant que le départ approchait. Elle se voulait forte et indifférente mais la peur de l’inconnu commençait à se frayer un chemin dans son esprit.

Puis le train arriva, un monstre rutilant crachant de la fumée noire, sifflant à percer les tympans et broyant tout sur son passage.

Une vision d’enfer.

Angela ne put en supporter davantage.

Elle se dédoubla, s’en alla tranquillement s’assoir sur un banc et assista, en retrait, au drame qui se jouait sur le quai.

Elle se vit monter les marches la main dans celle de son père, elle se vit dire au-revoir en agitant la main et elle resta là, imperturbable, esprit détaché de la matière.

Le monstre avala la petite princesse adulée de tous et recracha quelques milliers de kilomètres plus loin une pauvresse en haillons.

Et pendant de longues années, Angela vécut à la ville coupée de son énergie créatrice, son enfant intérieure.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Christine Brunet a lu "Dans l'oeil de l'astre" T1 - Le cercle des loups-garous de Marion Oruezabal

16 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

« Dans l’œil de l’astre »

Tome 1 - le cercle des loups-garous

Marion 0ruezabal

 

 

Dès que j’ai pris connaissance du thème de ce roman, je n’ai plus eu qu’une seule envie : le lire. J’aime ce genre que l’on surnomme la « bit-lit », du moins lorsqu’elle sort des sentiers battus et rabâchés depuis trop de temps.

Marion Oruezabal nous propose un roman tout public, peut-être plus jeune ado, une histoire qui tient autant du conte que de la Fantaisy. La couverture est à elle seule un voyage, une invitation à plonger dans l’imaginaire de l’auteur. Pas de scène gore ou sanglante mais des descriptions qui entraînent le lecteur dans l’univers étrange de Sylvia.

Tous les ingrédients d’un bon roman du genre sont présents : magie, amour, secrets, surnaturel, et affrontement éternel des forces du bien et du mal. Difficile de décrocher de ce texte, difficile de ne pas jouer le jeu aux côtés des personnages humains ou pas ; d’ailleurs, le lecteur n’en a pas envie. Il veut lire et poursuivre l’aventure… il s’impatiente, constate vite que le dénouement n’est à plus que quelques pages et se demande qui vaincra et surtout comment.

De son propre aveu, l’auteur s’intéresse à la question du loup en France depuis une bonne quinzaine d’années. Et cela se ressent à chaque page : la vie de meute, la prédominance du loup alpha, la hiérarchisation du clan sont parfaitement décrites et donnent à cette meute de loups noirs une dimension si réaliste que sa dimension magique s’en trouve raffermie, légitimisée. Curieuse interaction entre Sylvia, Julien et Bastien qui, peu à peu, se déshumanisent au profit de Loup noir, Oseki, Œil unique ou Cynthara doués de la parole télépathique, protecteurs de la Nature et des Humains, gardiens de l’intégrité de la forêt.

Je ne vous dirai rien de la trame de ce premier tome ni, bien entendu, du dénouement, mais sachez que je n’ai qu’une hâte à présent : lire le tome 2. Marion, c’est pour quand ?

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Séverine Baaziz nous présente "Le premier choix"...

15 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Biographie :

Séverine Baaziz est née à Briey, en Lorraine, en 1978.

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages lui permettent de vivre plusieurs vies : épouse, mère, informaticienne… sans oublier auteure à ses précieuses heures volées au temps.

Le premier choix est son premier roman.

Site auteur : https://severinebaaziz.com/

 

Résumé :

 

Et si naître dans la famille de son choix était possible…

 

Un homme se retrouve au milieu de nulle part. Sans nom. Sans souvenir. Là, on lui dit l’impensable vérité : il est mort. Ca c’est la mauvaise nouvelle. La bonne, on lui offre une chance sans pareille : renaître. Et ce n’est pas tout : renaître dans la famille de son choix.

A partir de là, tout s’enchaîne. Jour après jour, il apprend à découvrir les hommes et les femmes qui pourraient tant compter pour lui. Leur quotidien, leurs préoccupations, leurs pensées. De fil en aiguilles, les cartes en main se multiplient… avant de toutes tomber à terre et d’espérer une nouvelle pioche.

 

Bienvenue dans la tendre et palpitante histoire d’un bonheur qui se cherche.

 

Extrait :

 

Tout est blanc. Etonnamment blanc.

Nonchalant, je m’aventure à errer dans cet espace sans horizon. Sans le moindre repère, visuel, sonore, je ne sais où aller.

Je déambule.

Je vagabonde.

Aussi fin enquêteur qu’un Epagneul sans flair, je ne trouve rien. Pas un seul indice. Dans ma quête de clairvoyance, il me vient à penser que non  seulement je ne sais pas le moins du monde où je suis mais, pire, je ne sais même pas qui je suis. Qui peut me dire si je ne suis pas amnésique, prisonnier d’un état comateux ou simplement en plein rêve.

N’importe qui à ma place, j’imagine, serait tenté de paniquer, mais moi, non. Etrangement, je suis seul tout en ayant en même temps le sentiment d’être entouré. Mes questions restent suspendues sans que je puisse y répondre. J’aimerais savoir ce que je fais ici et pourquoi.

  •  La question n’est pas qui tu es, mais qui seras-tu.
  •  Mais qui me parle ?

Plus aucune réponse. La voix me semble inaudible ; simplement retentir en moi. Malgré ces questionnements, je me sens irrationnellement paisible et confiant.

Mon interlocuteur reprend, invisible, calme et puissant :

  •  Le temps est venu pour toi, Martin, de prendre une grande décision, de choisir ton destin.

Les mots se suivent et à aucun moment je ne ressens le besoin de les interrompre.

  •  Ton âme, Martin, fait partie du cycle de la vie. A chaque commencement, une fin, à chaque fin, un commencement. Tu as su abreuver ton âme des félicités de la vie, ne pas sombrer dans les épreuves, préserver ta lumière des vents et tempêtes. Ainsi, tu renaîtras… Ton libre arbitre recommence dès maintenant. Il t’appartient de choisir la famille qui t’accueillera. Dans une certaine mesure en tout cas. Je t’explique. Au vu de ta vie passée, certaines possibilités s’offrent à toi. Plusieurs destins sont possibles et à ta portée, il te faudra faire ton choix en fonction de tes propres volontés et de ton ressenti. Ainsi, tu visiteras deux familles qui attendent, mais ne le savent pas encore, la venue d’un enfant.

Un silence se fait ensuite entendre.

Je me suis senti enveloppé par cette voix qui me pénètre sans que je la distingue de façon sonore. Je ne sais l’écouter, je la ressens. J’ose une question.

  •  Alors, je m’appelle Martin ?
  •  Martin se trouve être ton dernier prénom. Le prénom que ta dernière famille avait choisi pour toi. Ton âme a déjà connu diverses vies durant lesquelles, à petits pas, elle a progressé. Ce n’est pas le cas à chaque fois. Pour certains, l’âme se laisse empoisonner par toutes sortes de nocivités. La peur, l’égoïsme, l’envie sont autant de travers menant parfois au pire des devenirs. Ainsi, une âme peut se noircir et même se putréfier totalement. Celle-ci ne renaîtra plus… Heureusement ce n’est pas ton cas. Tu as su mener une vie digne et honnête mais certaines difficultés ont endigué quelque peu le foisonnement de ton esprit. Dès ton plus jeune âge, tu as manqué d’amour et, en grandissant, des échecs professionnels et personnels t’ont blessé. C’est pourquoi, nous te donnons la possibilité de faire ton choix entre deux socles de vie : l’affectif ou le confort matériel. Deux familles différentes. Deux destins qui s’offrent à toi.

 

Je devrais me sentir désabusé par toutes ces informations qui me viennent avec force, mais au contraire je me sens en paix. Je sais que tout ira bien. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai confiance en moi, mais puisque j’ai la chance d’entendre ce discours, c’est que je le mérite et je n’ai qu’une envie, découvrir qui je suis et jouir pleinement de cette aventure incroyable.

  •  Il est temps, Martin. Tu vas partir à la découverte de tes destins.

Je me sens happé dans un profond tourbillon. Je m’évanouis. Pour un instant.

 

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L'éternel retour, une nouvelle signée Didier FOND

14 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

L’ETERNEL RETOUR


 

Un long sifflement déchire l’espace, aussi terrifiant que le dernier cri d’un agonisant. Coincé entre la cloison et de multiples corps qui se pressent contre lui, l’homme sursaute et ouvre les yeux. Le sifflement retentit encore ; c’est celui d’une locomotive. Il prend peu à peu conscience de l’endroit où il se trouve : une odeur infecte de sueur, d’urine et d’excréments enfle ses narines et lui donne la nausée. Mais il ne peut pas vomir ; il étouffe, il voudrait de l’air, juste un peu d’air ; impossible. Il est trop loin de l’étroite lucarne par laquelle pénètrent parfois quelques lueurs nocturnes et un peu –si peu- d’un air aussi glacial que doit l’être le vent du pôle…

Où est-il donc ? Que fait-il ici, dans ce train ? Qui est-il ? Il ne se souvient de rien, pas même de son nom. Et pourquoi ressent-il une telle peur, si lourde, si atroce, qu’il voudrait crier, joindre sa voix à celle des autres dont les râles, les pleurs, les gémissements, forment une symphonie aussi dissonante que funèbre ? Il ouvre la bouche essaie désespérément d’aspirer quelques goulées d’air puis d’exhaler enfin ce cri d’horreur et d’angoisse qu’il sent monter en lui et qui se refuse à sortir. Mais sa gorge nouée ne laisse passer aucun son.

Il sent tout à coup une main se saisir de son bras droit, le serrer avec force, puis la pression se relâche, la main l’abandonne ; quelque chose le frôle, il ne sait pas ce que c’est. Cela descend, descend tout le long de son corps, jusque vers ses chevilles. Une voix d’homme, à côté : « ça y est, il vient de mourir. Marchez lui dessus, de toute façon, il ne sent plus rien et ça fera un peu de place. »

C’est sur le corps d’un mort que ses pieds reposent désormais. A cette horreur répond l’épouvante qui le taraude sans répit depuis qu’une certitude, venue il ne sait d’où, s’est imposée à lui : il va mourir, ce train, c’est le train de la mort, une mort terrible à qui nul dans ce wagon ne peut échapper.

Et le temps passe, la locomotive siffle, le wagon cahote sur ses roues, les cris s’éteignent dans un autre brouhaha ; le train a ralenti, il marche au pas maintenant ; une voix s’élève, angoissée : « je vois de la lumière… Il n’y a pas de nom… Je ne sais pas où l’on est. » Le train s’arrête.

Une monstrueuse cacophonie éclate au-dehors ; tandis que les serrures du wagon sont déverrouillées, retentissent des aboiements de chien, d’autres cris, bien plus menaçants que ceux entendus dans le train, et des ordres, hurlés à plein poumon dans une langue qu’il reconnait immédiatement : « Raus ! Raus ! Schnell ! » C’est de l’allemand. Il est donc allemand, ou il parle cette langue. Mais son identité, à cette heure, à cet endroit, a-t-elle encore de l’importance ?. Hébété, il saute du wagon, suit docilement, en courant, la file de gens qui se pressent vers l’avant du train. L’obscurité est presque totale, çà et là, quelques lampes éclairent le convoi. Il faut courir, courir, en évitant les bagages abandonnés à terre, en évitant aussi les coups de gourdin généreusement dispensés par les gardes.

Au bout, un homme en uniforme de SS tient une cravache à la main. D’un mouvement régulier, il désigne sans un mot la droite, la gauche, alternativement ; ses gestes sont d’une précision presque mécanique ; son regard fixe semble ne voir personne. Pas un atome de vie dans ses yeux, comme si lui-même était déjà mort.

Sans savoir pourquoi ni comment, il se retrouve tout à coup nu, au milieu d’autres gens nus eux aussi, dans une pièce qui semble être une salle de douche. Il fait atrocement froid, ils se serrent les uns contre les autres. Son regard se tourne vers les pommeaux de douche suspendus au-dessus deux : l’évidence devient aveuglante ; ce n’est pas de l’eau qui va tomber du plafond, mais autre chose, de bien plus terrible. C’est la mort que vont transporter ces tuyaux, une mort effroyable que pressentent déjà tous ces corps compressés et qui, d’une seule voix, hurlent leur terreur et leur refus de disparaître ainsi. La lumière s’éteint, les cris deviennent assourdissants ; la plus horrible angoisse s’est de nouveau emparée de lui : il ne veut pas mourir, pas comme ça ; il se débat, de toutes ses forces, mais le gaz fait peu à peu son effet : l’air se raréfie, le poison envahit la salle, les cris deviennent râles ; il étouffe, la douleur est atroce, mais plus forte que la douleur, il y a encore cette immonde peur qui le prend à la gorge, et loin de l’aider à mourir, le force à se débattre encore, à griffer le plafond de ses ongles, les yeux révulsés, la bouche grande ouverte, comme pétrifié dans un hurlement muet…

Ta peur, ta souffrance… Tout ce que tu as ressenti jusqu’ici, c’est cela que tu as infligé à des milliers de malheureux. Pour toi, l’univers est vide ; pour toi, le ciel n’a plus d’aurores ; le pardon est impossible. C’est maintenant ton tour de payer, SS Obersturmbannführer Höss. Dans l’éternité des éternités, je te condamne à refaire sans fin ce voyage vers la mort, dans l’indicible angoisse des condamnés…

… Un long sifflement déchire l’espace, aussi terrifiant que le dernier cri d’un agonisant. Coincé entre la cloison et de multiples corps qui se pressent contre lui et gémissent, l’homme sursaute et ouvre les yeux. Le sifflement retentit encore ; c’est celui d’une locomotive. Il prend peu à peu conscience de l’endroit où il se trouve : une odeur infecte de sueur, d’urine et d’excréments enfle ses narines et lui donne la nausée…


 

Didier Fond

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L'eau des Cendres de Denis Schillinger dans Le Bibliothécaire

13 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

L'eau des Cendres de Denis Schillinger dans Le Bibliothécaire
L'eau des Cendres de Denis Schillinger dans Le Bibliothécaire
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Dérine, un poème extrait de "L'ombre du reflet" de François Iulini

12 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

 

Dérive

 

Le pavé est disjoint ; dérive la pierre

De la cour ; pousse l’herbe, vert océan

Où clapotent les lauzes ; sur quelles terres

S’échouera le radeau ; île ou continent ?

 

Midi ; coule le plomb du ciel ; fond la mer,

Verdâtre fiel ; une gerbe de ciment

Sourd, dégueule le joint, mousse la crinière

Paille ; la cour glisse et tangue incontinent…

 

Où errent les pensées du lecteur distrait,

Son œil s’est noyé sur la page immobile ;

Le monde alentour est-il faux, est-il vrai ?

 

Divague le point d’orgue d’une pensée

De rive ; rêve vague d’un sol figé,

Heureux, secret ; une cachette, un asile...

 

François Iulini

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