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Le blog Aloys

Articles récents

Philippe De Riemaecker nous fait découvrir un auteur, Pierre Mainguet

1 Juillet 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations, #l'invité d'Aloys

 

 

Pierre Mainguet - Le silence ne répond jamais

*-*

Il arrive par le train et en sortant de la gare, cherche des yeux un taxi. Un chauffeur se présente en roulant les « rrr » avec ce drôle d’accent que nos amis de l’Est, la Russie peut-être, offrent comme une chanson. Ce dernier propose au visiteur de le déposer devant un « Chouette hôtel », confortable et pas trop cher. Évidemment, vu sous cet angle, le visiteur ne peut refuser.

L’hôtel est une maison de passe. Je pourrais vous décrire l’histoire en vous offrant moult détails, ce ne serait pas honnête pour simple raison que ce roman mérite tous les hommages. C’est un livre non pas coloré, mais saupoudré avec finesse de sentiments, de couleurs, de décors inattendus que l’on ne peut retenir nos éclats de rire, une larme parfois et certainement de l’empathie pour le personnage principal. Un livre, que dis-je, un chemin qui nous entraîne vers une fin probable, le suicide et pourtant !. Pierre Mainguet adore la photographie et cette passion se ressent au travers de ses écrits. Même si nous parlons de livre, domine un éclairage savamment dosé qui se joue de la lumière et accentue les ombres. C’est une écriture des plus intéressantes, une écriture agréable, une réussite. Chaque scène puise sa force par la simplicité et pourtant, moult détails taquinent le regard. Les personnages sont attachants, ils possèdent des « gueules » que l’on imagine sans peine. Rien de spectaculaire, mais justement, c’est la force talentueuse d’un écrivain qui mérite amplement ce titre. Écrivain vous l’êtes Monsieur Pierre Mainguet et votre livre résonne en moi comme peuvent le faire les surprises auxquelles on ne s’attend pas. Au cœur de l’intrigue, une histoire d’amour. Elle est belle, grande, unique. Elle force nos souvenirs à dévoiler nos premiers regards, nos premiers émois sans ne jamais tomber dans la vulgarité. Et combien même, la nudité des corps se découvre en un érotisme subtil, au diable les hypocrites, la beauté mérite que l’on attarde son regard quand il est joliment porté.

C’est un livre écrit sans inutiles rondeurs, sans raccourci facile. C’est un roman qui laisse porte ouverte à tous les devenirs.

Il voulait trouver la mort à cause des circonstances, il découvrira que chaque respiration mérite d’être vécue. Vous l’aurez compris, j’ai adoré « Le silence ne répond jamais » rédigé avec brio par l’écrivain brabançon « Pierre Mainguet ».

Ne boudons pas notre plaisir, la maison d’édition « Académia » fleuri à Louvain la Neuve. Ne vous l’ai-je pas déjà écrit ? J’aime nos écrivains, ils méritent notre attention.

 

 

Philippe De Riemaecker

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La Rinascente d'Edmée de Xhavée : premier avis dans "mes impressions de lecture'

30 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2017/03/24/la-rinascente-edmee-de-xhavee/

 

« Edmée plonge au tréfonds des cœurs et des âmes, et même parfois des tripes, de ses héros pour en extirper les joies et les douleurs les plus intimes et les plus vives pour montrer que l’amour et que la vie ne sont souvent qu’illusion et  amertume ». Lorsque que j’avais lu un précédent recueil de nouvelles d’Edmée, j’avais conclu mon propos par cette phrase qu’aujourd’hui je cite en introduction à la lecture de son nouveau recueil car elle a toujours ce même regard sur ce qui unit ou sépare les femmes et les hommes. A travers huit nouvelles qui sont autant de vie de femmes trompées, abusées, bafouées, elle reprend son thème de prédilection avec un peu plus gravité encore, peut-être même une petite de dose de férocité et de cynisme. On dirait qu’elle croit de moins en moins à « l’amour toujours », et qu’elle éprouve de plus en plus une grande méfiance vis-à-vis du mariage et de toutes les liaisons se voulant pérennes, ces unions qui servent surtout à maintenir le patrimoine au sein de la famille, conserver l’honneur le rang de la phratrie, du clan, perpétuer et préserver le « nom ».

« On tombe amoureux comme on tombe malade, ou fou de peinture, ou de courses de voiture. Une passade, elle passe. Un amour… on ne peut faire autrement que le vivre. On « tombe » dedans ». Un amour on le vit le temps qu’il dure car il est n’est que très rarement à vie. Le hasard qui réunit les amoureux à vie n’a pas souvent l’occasion d’exercer son talent, les mariages et unions diverses relèvent bien plus souvent des convenances ou du confort personnel. Auparavant on parlait d’alchimie de l’amour désormais on évoque une quelconque chimie qui relierait les amoureux…

Pour se convaincre de cette vision de l’auteure, il suffit de lire la quatrième nouvelle, celle qui concerne une jeune femme qui découvre que son mari la trompe et qui va vider son chagrin et sa colère dans les jupons de sa mère et de ses deux tantes qui lui racontent, chacune à leur tout, leur chemin sentimental personnel lui laissant ainsi découvrir que la sérénité qu’elles affichent toutes les trois n’a rien à voir avec leur vie sentimentale. Elles ont du combattre, accepter, biaiser, louvoyer, composer… pour construire une vie qui leur apporte une certaine satisfaction.

C’est, selon Edmée « la Rinascente » la renaissance, les retrouvailles avec les amis, les amours de jeunesse, quand on en a fini avec ce qu’il fallait faire : se marier, fonder un foyer, avoir des enfants pour assurer la descendance, faire carrière pour ne pas écorner le patrimoine familial, quand le couple s’étiole, que l’amour s’évapore doucement, que les enfants quittent leur nid, que les contraintes disparaissent, c’est le moment de renaître, de construire une autre vie, celle dont on a rêvé, celle qu’on n’a jamais pu vivre…, avec ceux qu’on retrouve. C’est la petite lueur d’espoir que l’auteure laisse filtrer entre les  lignes de ses sombres nouvelles.

Lire Edmée, c’est caresser un tissu de soie rêche, boire un vieil apéritif démodé, à la fois doux et amer, c’est se laisser bercer par la musique du texte, comme par un concerto pour piano de Mozart ou un Stück Musik de Schubert. Mais c’est surtout lire une page de l’histoire du XX° siècle, l’histoire d’un monde qui fut et qui n’a pas su s’adapter pour être encore, un monde qui n’a pas pu, ou pas su, prendre la mesure de tout ce que les deux abominables grands conflits avaient changé dans la vie des populations en Europe au XX° siècle. Le destin d’une classe sociale qui régentait le monde au XIX° siècle et qui a dû laisser sa place à une bourgeoisie nouvellement enrichie aux mœurs moins sclérosées, aux idées plus larges et plus hardies. L’histoire d’une classe sociale qui a poussé sous les tapis de son faste passé, les poussières nauséabondes de ses mœurs peu en harmonie avec son image.

Il y a aussi dans ces textes des souvenirs d’enfance, l’évocation de lieux où l’auteure a certainement séjourné et surtout beaucoup de nostalgie mais aucun regret, l’auteure semble, elle-même, avoir su renaître à une nouvelle vie après sa vie professionnelle.

 

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"Les gens sont tous heureux", un texte de Brune Sapin

29 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

 

Les gens sont tous heureux


 

Une journée nulle, ça peut se passer différemment pour chacun. Il n'empêche qu'il peut s'agir de n'importe quel jour (ATTENTION DANGER!) et qu'aussi bien ça aurait pu être autrement (par exemple en n'étant pas soi mais une huître n'ayant aucun contact avec personne, mais hélas se noyant justement pour rester tranquillement seule).

 

J'aime pas trop trop les journées nulles, mais elles ne préviennent pas les vicieuses, elles avant-courent (c'est-à-dire qu'on peut les entendre arriver en écoutant bien son petit doigt).

 

Et elles donnent même envie de dire des gros mots (J'en ai un mais c'est osé.).

 

Du coup passez des pas nulles journées mais plutôt des chouettes moments pour tous ceux qui boudent alors qu'ils n'ont pas vraiment à se plaindre, mais tout de même figurez-vous qu'aujourd'hui il a même fait mauvais temps, en plus de tout le reste.


 

Brune Sapin

4 mai 2017

 

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Marion Oruezabal nous présente son nouveau roman "La planète de Pâques"

28 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

 Née en 1987, Marion Oruezabal vit à Bordeaux. Originaire du milieu scientifique, Marion vient de loin. En parallèle de son emploi de pharmacienne et de son engagement pour la préservation de la nature, elle s’atèle à l’écriture de romans fantastiques et contemporains, de poèmes et nouvelles. Passionnée de plongée sous-marine depuis quinze ans, ses actions, rencontres et aventures composent une importante source d’inspiration pour ses écrits.

« La Planète de Pâques » est un roman contemporain. Des personnages que tout oppose, au quatre coins de monde et différentes époques, vivront la même décadence. Celle d’un monde, notre monde, au bord du gouffre.

 

Résumé

Vincent Labre, avocat parisien renommé rongé par les remords. Mary Sulyvan, docteur en virologie spécialiste du virus de Lassa aux Etats-Unis. Frédéric Badou, français gonflé d’orgueil, combattant avec hargne dans le but de devenir le plus grand journaliste du Japon. Absorbés par leurs ambitions, ces trois êtres que tout sépare seront témoin du déclin de leur société à l’échelle planétaire… Et de leur espèce.

Bien des siècles plus tôt, Tzolo, le plus grand guerrier du clan Aka'hanga, regardera, impuissant, son peuple dépérir. Le peuple de l’île de Pâques.

 

EXTRAIT :

Peter retomba sur le dossier de sa chaise avec lassitude. Mais quelle vie s’était-il construite… Tout pouvait basculer en un rien de temps, sans prévenir. Il commença à ressentir le désarroi de Mary. Si l’Ebola et la variole devait muter comme le Lassa de sa collègue… Cela remettrait en cause toutes ses dernières années de recherche. Il réalisa alors que, dans sa vie, il n’y avait pas grand-chose d’autre que son travail, ses virus. « Célibataires cultivés ». L’expression avait l’air tellement anodine. Mais alors que les micro-organismes qu’il étudiait avec tant de passion étaient en passe de le semer, il se sentait comme abandonné. Pourquoi, d’ailleurs, était-il célibataire ?

 

*

 

Les hommes s’arrêtèrent soudain. Je ne pus rien voir jusqu’à ce qu’ils s’écartent. Le spectacle était digne de respect. Chacun des chefs des huit clans se trouvaient à la frontière de son territoire. Un pas de plus et ils fouleraient la terre du palmier sacré. Kuheg, à son tour, se plaça sur la frontière du clan Aka'hanga. Comme si un signal invisible venait d’être lancé, les neufs avancèrent d’un pas avec un synchronisme parfait. Comme complice, le vent jusqu’alors doux, forcit. La règle voulait que le chef du clan du dernier Tangata manu, prenne la parole le premier. Celui du clan Va'i Mata fit un pas de plus que les autres et leva les bras au ciel. Il tenait, dans sa main droite, un long bâton tortueux.

- Que les guerriers, choisis par les clans, s’avancent !

Les hommes autour de moi, désormais silencieux et dociles, s’écartèrent. Les yeux me quittèrent pour se planter respectueusement au sol. J’avançai sans m’en rendre compte. Dans mes oreilles résonnaient, seuls, les battements de mon cœur. Je franchis la frontière à mon tour et avançai au-devant de Kuheg. Le cercle des guerriers se resserra et chacun put jauger ses adversaires. Je détaillai avec précision le corps sculpté dans le roc de chacun d’eux. Celui du clan Va'i Mata était effrayant. Le chef du même clan reprit alors, de sa voix puissante :

- Devant vous, les neufs guerriers. Imprégnez-vous de leur puissance. Demain, au coucher du soleil, l’un d’entre eux sera Tangata manu et dormira dans la grotte sacrée.

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Qui es-tu, Loozie Anna ? Une vidéo de Jean-Claude Texier

27 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

https://www.youtube.com/watch?v=Pp4p0ROjPag

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Séverine Baaziz présente son ouvrage "Le premier choix" sur Mirabelle TV

26 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

Séverine Baaziz présente son ouvrage "Le premier choix" sur Mirabelle TV
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Claude Colson nous parle de son recueil poétique "Saisons d'une passion"

25 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

De son vrai nom, Jean Claude Collau. Né en 1949 dans le Cambrésis (59- France), il y a vécu 38 ans. Il est Essonnien depuis 1987. Études supérieures à Lille III, professeur de lycée puis syndicaliste à responsabilités nationales, agrégé d'allemand, il est aujourd'hui à la retraite. Père de trois enfants.

 

C'est en 1995 qu'il est venu à l'écriture, par la poésie, genre qu'il pratique toujours, avec d'autres.

Il a fait éditer à ce jour 4 romans courts, 4 récits de vie et 1 recueil de poésie. Un contrat est signé pour l'édition d'un deuxième recueil de poèmes.

 

Ses trois premiers livres sont des récits autofictionnels où il traite de la passion amoureuse - trois aventures vécues distinctes - en mêlant, chaque fois différemment, divers styles littéraires : la narration, la poésie et le journal intime. Ces trois « ovnis littéraires » ont été édités aux éditions Chloé des Lys (B). Ils visent à atteindre l'universel dans la description de l'amour fou, vécu bien entendu à l'échelle individuelle.

 

« Saisons d'une passion » - 2002, réédit. 2009

 

Pour présenter mon premier livre je dirai que je l'ai écrit, soyons honnête, d'abord pour moi, en pensant toutefois constamment à votre regard. Je tente ici de cerner l'évolution d'un amour fou qu'un homme découvre à l'heure du "démon de midi". Il a de l'amour une conception esthétique et quasi mystique. Le thème a imposé la forme : un récit pour retracer la fulgurance des débuts, des fragments poétiques qui - ensuite - rendent compte d'une existence sur les crêtes de la passion et pour finir un journal accompagnant l'après-rupture. La chronologie est ici respectée.

 

« Au bout du compte une polyphonie luxuriante. Rien n'est trop, rien n'est jamais trop lorsqu'il s'agit de dire l'Amour, de faire l'Amour par les mots et aux mots. De sorte qu'au fil de cette expérience pourtant si singulière ce sont des fragments de vous-mêmes que vous pouvez tout à coup reconna?tre : un puzzle mouvant qui ne relève pas plus du jeu que du seul "je", un miroir éclaté aux antipodes de la coquetterie. » (G.T.)

 

Extraits :

« ??espoir, souhaits, elle trouvait la nuance ténue. Elle était énorme. Il voulait certes communier avec elle sous les deux espèces, de la chair et de l'esprit, mais n'entendait plus renoncer au second aux seules fins d'assouvir la première.

Les amis de Florence la disaient inclassable. Bruno se familiarisait avec sa nature extraordinairement complexe. Sachant que rien ne supplanterait jamais chez elle sa première passion, une passion contrariée pour la musique, il s'efforçait seulement de lui apporter le plus qu'il pouvait, afin de lui faciliter l'existence. Il se sentait fort, prêt à la protéger, au besoin contre elle-même, le gardien du Temple. Elle s'extasia à ces dires, n'ayant jamais encore connu la passion dans la liberté? » Saisons d'une Passion

Il l'avait rencontrée au restaurant, ne l'avait pas recherchée, sauf peut-être sous l'emprise d'une nécessité inconsciente ; leur rencontre était due à l'un de ces hasards qui font se croiser les natures et les destins les plus dissemblables. Plusieurs fois ils s'y côtoyèrent. D'abord il ne prit garde à elle, car, marié depuis plus de quinze ans et père de deux enfants, il vivait les vicissitudes d'une union qui subissait le lot trop commun sans que l'un ou l'autre en soit plus particulièrement responsable. L'amour avait cédé à l'usure, et comme il approchait de la quarantaine, il venait - une première depuis leur mariage - de s'éprendre d'une femme de leurs relations.

 

Femmes

 

Je te regarde, femme, et le rêve commence,

Tu inclines la tête, mutine et moi grave et sérieux,

à l'orée du mystère, sans doute l'air idiot.

Un sourire se lève aux prunelles de tes yeux et j'en reste ballot.

C'est la grâce qui affleure,

irruption de piété devant les pastels de tes fards,

mise en scène de ton insondable beauté.

 

Passage

 

Toi moi

Ton amour mon amour

Notre monde

Comme de nuages et d'ombres

Des vaisseaux de beauté

 

Journal : ... Je repense à l'apaisement immédiat que m'apportait le fait de t'approcher, de simplement te respirer. Cela t'amusait et te touchait. Ton amie m'a dit que tu avais été triste de cette rupture. Et pourtant tu l'as voulue. Tu souhaitais que quoiqu'il arrive nous restions amis ; jusqu'ici cela n'a pas été possible. Le veux-tu encore ? ? /

... Nouveau rêve où cette fois tu es venue dans mes bras. Après ces centaines de jour, Petite, cela m'a réveillé. Tu me déclarais fait pour aimer, voilà le grand malheur : tu m'as rendu exigeant sur le choix de l'objet et je ne puis te remplacer ; j'arrête aussi la recherche. Je t'avais trouvée, point !

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Jean-François Foulon nous parle de son nouveau roman "Ici et ailleurs"

24 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

ICI ET AILLEURS


 

Ainsi donc mon troisième livre vient de paraître chez Chloé des Lys. Après un roman, « Obscurité » (qui relatait le désarroi d’une femme qui quitte son compagnon et qui erre à travers la France avec ses deux enfants, ne sachant où aller) et après un recueil de textes poétiques en prose ou en vers libres, « Le temps de l’errance », voici maintenant un recueil de nouvelles, « Ici et ailleurs ».

Pour être tout à fait précis, il ne s’agit pas de nouvelles au sens propre, car certains textes peuvent faire une vingtaine de pages voire même davantage. De plus, il n’y a pas forcément une « chute » finale, ce qui caractérise souvent le genre de la nouvelle. On devrait donc plutôt parler de courts récits. La première partie, qui s’intitule « Afrique » donne en fait le point de vue de différents personnages sur un même événement, à savoir l’assassinat d’une jeune femme médecin qui travaillait en République démocratique du Congo dans le cadre de Médecins sans frontières. Il ne s’agit nullement d’une intrigue policière, mais plutôt d’une tentative de cerner les motivations qui ont poussé les différents protagonistes à se retrouver à cet endroit et à agir comme ils l’ont fait. On scrute donc plutôt leurs états d’âme, leurs peurs, leurs angoisses, leurs désirs. Mais finalement, les points de vue différents de ces personnages forment un ensemble qu’on pourrait finalement qualifier de petit roman.

Les histoires de la deuxième partie se déroulent toutes en Amérique du Sud et elles ont une approche plus politique et sociale. On parle de pauvreté, de dictature, de révolutions, mais toujours à travers le point de vue de gens ordinaires. Mon but était un peu de décrire la manière dont les hommes (et les femmes car beaucoup de mes héros sont des héroïnes) décident de rester debout au milieu de toutes les adversités qui les accablent. Mon regard sur mes personnages est donc essentiellement humain.

La troisième et dernière partie regroupe des récits se déroulant en Europe. J’y aborde d’une manière un peu désabusée des thèmes qui nous sont familiers : le chômage, la perte des illusions, le vieillissement, la maladie d’Alzheimer, etc.

Le titre initial de mon recueil était « Quelques nouvelles du monde » puisque ce qui relie tous ces récits c’est précisément le fait qu’ils se déroulent aux quatre coins de la planète. Comme je trouvais ce titre peu percutant, j’ai préféré celui de « Ici et ailleurs », qui permettait de conserver l’idée initiale tout en faisant un petit clin d’œil à Paul Verlaine et à son livre « Jadis et Naguère ».

Que dire encore ? Que je suis passé à l’impression « en collection », ce qui a permis de diminuer fortement le prix du livre, ce qui n’est pas négligeable. En effet, on sait que le grand public a tendance à n’acheter que les auteurs connus, autrement dit ceux dont on parle dans les journaux et à la télévision. On ne peut que le regretter, mais c’est comme cela. Dès lors, quand on est un écrivain inconnu, mieux vaut proposer ses livres à un prix abordable, c’est un atout qui n’est pas négligeable.


 

Jean-François Foulon

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Brune Sapin nous propose "En guise d'avertissement"... le début de son ouvrage "Il a beau pleuvoir, le soleil n'est jamais mouillé"

24 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

En guise d’Avertissement :

Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé

 

 

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(Boileau, L’Art poétique, 1674)

 

 

Il avait bien raison le grand Classique. On jette comme ça des idées sur une page, et à force de les relire on les supprime quasiment toutes pour en réécrire les grandes lignes voire parfois les lignes parallèles.

 

Je voudrais vous présenter mon petit livre, mais je ne sais ni par où commencer ni qu’en dire. Ce qui est sûr c’est que je l’ai écrit, soyez rassurés. Mais de là à en parler il y a un sacré vol à l’étalage qui vire au tour de l’univers en vitesse lumière.

 

Il me semble cependant pour l’anecdote, que sur l’enveloppe dans laquelle se trouvait mon manuscrit (premier jet) lorsque Chloé des Lys l’a reçue, j’avais inscrit ceci :

Les sots lisent un livre, et ne l’entendent point ; les esprits médiocres croient l’entendre parfaitement ; les grands esprits ne l’entendent quelquefois pas tout entier : ils trouvent obscur ce qui est obscur, comme ils trouvent clair ce qui est clair ; les beaux esprits veulent trouver obscur ce qui ne l’est point, et ne pas entendre ce qui est fort intelligible.

(La Bruyère, Les CaractèresDes ouvrages de l’esprit, 1696)

 

C’était prétentieux.

 

Et d’ailleurs la version finale de ce manuscrit en question soit le bouquin dont je vous parle n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se trouvait dans l’enveloppe.

 

Bref, je cherche une définition : c’est une sorte de livre excentrique, mais tel que l’entendait Nodier et non pas l’interprétation ironique et/ou parodique qu’en a fait Daniel Sangsue en 1988 (J’entends ici par un livre excentrique un livre qui est fait hors de toutes les règles communes de la composition et du style, et dont il est impossible ou très difficile de deviner le but, quand il est arrivé par hasard que l’auteur eût un but en l’écrivant. (Bibliographie des Fous de Quelques Livres Excentriques, Charles Nodier, 1835)

Ensuite et bien c’est une histoire, celle d’une petite fille, qui fugue bien évidemment, et d’autres personnages plus ou moins importants… Mais l’ensemble est un sacré trompe-l’œil en fin de compte, si l’on admet comme Aragon que l’imagination n’inventant pas des choses réelles, ces dernières sont menties : L’extraordinaire du roman, c’est que pour comprendre le réel objectif, il invente d’inventer. Ce qui est menti dans le roman libère l’écrivain, lui permet de montrer le réel dans sa nudité. Ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité. (Aragon, C’est là que tout a commencé…, 1965). Cependant, le monde de l’imaginaire apparaît paradoxalement chez Lacan comme intrinsèque au moi, avec celui du symbolique et celui du réel… Aussi je vous laisse vous y retrouver.

 

Et puis je dois tout de suite vous avertir que mon livre n’est pas tout à fait un roman. En fouinant un peu dans l’histoire littéraire je dirais qu’il se rapproche de l’antiroman (vous savez, Charles Sorel, 1633, Le Berger Extravagant ; Jean-Paul Sartre dans son introduction au Portrait d’un inconnu de Nathalie Sarraute, 1948 ; critique de la vague du nouveau roman français dans les années 1940, 50,60 ; et pour ceux que cela intéresse : un article d’Aron Kibédi Varga dans Littérature en 1982 (n°48, Texte contre-texte) : Le roman est un anti-roman :  http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1982_num_48_4_2174 ).

 

Mais pour finir de brouiller les pistes (dans mon esprit qui cherche à vous présenter concrètement quelque chose d’acté et diable ! de publié), ultime citation tirée d’un livre incroyable que je vous recommande en passant : Tout se passerait donc comme si, les genres s’étant dissipés, la littérature s’affirmait seule, brillait seule dans la clarté mystérieuse qu’elle propage et que chaque création littéraire lui renvoie en la multipliant – comme s’il y avait donc une essence de la littérature. Mais, précisément, l’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais déjà là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer. Il n’est même jamais sûr que le mot de littérature ou le mot art réponde à rien de réel, rien de possible ou rien d’importance. (Maurice Blanchot, Le livre à venir, 1959)

 

Vous l’avez compris maintenant, il vous faut donc lire ce récit de fiction qui n’est ni un roman, ni un livre excentrique, ni tout à fait un antiroman, en souriant et en ne cherchant surtout pas à le cataloguer car il est brut et brutal, sorti de nulle part et encore en recherche. De plus, ce sourire qui ne vous quittera plus, participera de votre indulgence par-rapport aux coquilles s’il en reste malgré mes relectures et corrections (honte à l’auteur : moi) mais également à accepter dans votre grande mansuétude une faute grammaticale que je revendique bien qu’elle paraisse indubitablement condamnable : c’est fatiguant. L’adjectif qualificatif comme son nom l’indique serait attendu là pour qualifier la situation, et de plus seul lui (en tant que défini et définissable, sinon d’autres mots peuvent remplir cette fonction syntaxique) peut être placé en attribut du sujet. Or la grammaire moderne est beaucoup moins rigoureuse que celle que j’ai apprise dans ma lointaine jeunesse, et parle uniquement de différences sémantiques entre le participe présent, l’adjectif verbal et le gérondif (les trois formes en –ant) : l’adjectif verbal a une qualité durable ; le participe présent et le gérondif indiquent tous deux avec plus de puissance l’aspect d’inaccompli, d’action passagère, de procès en cours de réalisation. (A. Mela, Université Paul Valéry, Trame de coursPrépa à l’entrée à l’IUFM) L’immensité de la fatigue en train d’être ressentie par le sujet présent à la situation donnée m’a donc induite en erreur vers le participe présent, et je m’en excuse pour ceux que cela choquerait, bien que le propre, aussi, de ce récit, soit son imperfection, de par son statut de premier (douteux brouillon et naïf qui plus est ?), d’où votre sourire amusé.

 

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus !

 

Un livre. Une aventure. Quant à moi je m’éclipse…

 

12 Mars 2017

Brune Sapin

 

(Petit ajout blessé par-rapport à ceux qui confondraient autobiographie et travail du monologue intérieur : mon projet d’écriture n’était pas de me purger personnellement de mes états d’âme ou de mes fantasmes donc pas d’amalgame, il n’a pas lieu d’être. Je n’ai signé aucun pacte, ni avec moi-même, ni avec ceux qui lisent, ont lu, liront peut-être, ni avec le diable par ailleurs ! 14 mai 2017)

 

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Jean Destrée nous propose un nouveau "Compte de fées" !

22 Juin 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

 

 

Le long du ru qui gazouille, ils s’assirent et déballèrent leurs repas. Une petite voix vint les distraire. Une petite voix qui chantait. « Ah ! Ça ira, ça ira, ça ira, Les aristocrates à la lanterne », chantait la petite voix. Hestor manqua s’étouffer. Il jura un coup ce qui fit taire la petite voix. La lanterne s’éteignit et les aristocrates attendirent avant d’être pendus. Une petite fille se planta devant eux.

 

- Bonjour.

- Bonjour.

- Je ne vous connais pas.

- Et toi, qui es-tu, pour oser chanter de telles chansons ?

- Moi, c’est Charlotte. Et vous?

- Que fais-tu ici?

- Je vends des briquets. Vous savez ces machins qu’on bat pour faire de la lumière ?

- Oui, comme dans la chanson?

- Quelle chanson, je ne la connais pas, elle n’est pas dans mon répertoire.

- Ce n’est pas grave. Et que fais-tu en dehors de ton commerce de briquets ?

- Rien. Je me promène, je cause avec les gens ou je joue au jeu de paume avec mon tonton.

- Ah ! Tu as un tonton ? Et que fait-il ?

- Il est pirate.

- Quoi ?

- Il est pirate. C’est un écumeur des mers.

- C’est un méchant.

- Non, il est gentil. Chaque fois qu’il revient de ses voyages aux îles, il me rapporte des tas de machins qui ne servent à rien et qu’il a piqués chez les gens qu’il a piratés.

- Eh bien, c’est du propre.

- Ma chanson, c’est mon tonton qui me l’a apprise. J’en connais d’autres. Vous voulez que je vous les chante ?

- Non. j’en sais assez.

- Dommage, elles sont rigolotes et pas piquées des vers. Mais vous deux, que faites-vous par ici ?

- Nous voyageons à travers mon royaume.

- Ah ! Vous avez un royaume ? Donc vous êtes le roi? Comme dans la chanson : « Le roi Renaud de guerre revint ».

- Veux-tu bien te taire.

- Vous ne me dites pas de quel royaume vous êtes. C’est celui dont le prince Amaury cherche une petite nénette ?

- Oui, c’est moi. Qui t’a dit cela ?

- C’est Mélusine.

- Décidément, celle-là n’en rate jamais une.

- Vous voulez vous marier ?

- Oui, c’est pourquoi je voyage.

- Ben moi aussi je veux me marier.

- Mais tu es bien trop jeune.

- Aux âmes bien nées...

- Oui, je sais, la valeur n’attend pas le nombre des années.

- On dit aussi « la valeur n’attend pas le nombre des tournées ».

- Vous connaissez vos classiques.

 

- Quel âge as-tu ?

- J’ai onze ans, si j’en crois ma mère. Mais elle ne sait pas bien compter.

- Elle a perdu son boulier ?

- Et la boule aussi.

- Tu vois que tu es trop jeune.

- Mais je sais faire la soupe, raccommoder les chausses et les hauts de chausse, laver les bas. Et puis dans dix ans, je serai bonne à marier.

- Tu es une petite comique.

- Mon tonton aussi. Vous voulez trouver une femme ? Je peux vous en trouver une. Elle vit là-bas dans la forêt dans une petite cabane que son valet lui a construite.

- Comment s’appelle-t-elle ?

- Pot danne.

- Quoi ?

- Pot danne. Elle s’est sauvée parce que son paternel voulait l’épouser. C’est fou, ça ! Du jamais vu.

- En voilà une affaire ! On trouve de tout dans mon royaume et je n’en savais rien.

- Mais on ne vous dit pas tout, osa Hestor.

- Tu es sûre que Pot danne c’est son nom ?

- C’est comme ça qu’on l’appelle mais je ne sais pas son

vrai nom. Il paraît que c’est une grande dame.

- Charlotte, ne raconte pas des bêtises.

- Mais c’est vrai. D’ailleurs mon tonton l’a vue près de sa cabane, un jour qu’il s’était perdu. Elle chantait. Quand elle est rentrée, il est allé voir de plus près et il a vu qu’elle préparait des gâteaux. Il n’a pas osé frapper mais en regardant par le fenêtre il a vu qu’elle était habillée avec des peaux de lapin cousues de fils d’or.

- Tu me racontes des blagues.

- Allez voir vous même si vous ne me croyez pas. C’est à

une paire d’heures de marche. Je peux vous guider parce

que la cabane est bien cachée.

- Ne te fâche pas. Je te crois. Hestor, nous allons faire une halte chez cette Pot danne.

- Est-ce que cela en vaut la peine, susurra Hestor.

- Oui. On ne sait jamais. Avec toutes celles que nous avons rencontrées, ce serait bien de diable si l’une d’entre elles ne me convienne.

- Vous prenez le risque ?

- Qui ne risque rien n’a rien. Vous trouverez peut-être vous aussi une chaussure à mettre à votre pied.

- Mais j’en ai déjà deux qui me donnent trop chaud sous le soleil et des cloques aussi.

- Allez, Charlotte la chanteuse de rues, en route pour la cabane de Pot danne. Mais avant, un coup de cervoise fera du bien.

- Allez, on, chante.

 

Buvons un coup, buvons en deux

À la santé des amoureux

À la santé du roi de France

 

- Ça va, ça va, Charlotte. On connaît la suite.

- Elle est belle cette chanson.

- Non, elle est grossière.

- On voit que vous n’avez jamais fait la guerre.

- Toi non plus.

- Mon tonton, il l’a faite contre les Anglais, ceux qu’on appelle les Bretons du nord qui ne parlent pas comme nous. Il ne font jamais rien comme tout le monde. Leurs diligences roulent du mauvais côté et ils boivent de l’eau

chaude avec un nuage de lait.

 

Pressé de boire un coup, Hestor s’étrangla. Il jura si fort qu’un merle se lança dans une violente diatribe contre les gens sans scrupules qui troublent la tranquillité des forêts. Et les voyageurs se remirent en route. Après deux heures d’une marche pénible à travers la forêt pleine de ronces et de fange, car il avait bien plu la semaine précédente, nos pèlerins de l’amour arrivèrent devant une cabane de branchages et de pisé dont une porte en bois de vieux hêtre barrait l’entrée. Au-dessus, une planchette avec ces mots :

 

« Ici, c’est chez moi. Essuyez vos pieds sales sinon vous devrez récurer, je n’ai pas que ça à faire ».

 

- Voilà qui est encourageant. Elle n’a pas l’air commode ta Pot danne, ma chère Charlotte.

- Ben oui, elle rumine sans arrêt. Elle est malheureuse de

se vêtir de peaux de lapin et pour noyer son chagrin, elle

se bourre de gâteaux.On dirait qu’elle a toujours faim. Donc elle a grossi et ça l’ennuie parce qu’elle pense qu’elle ne pourra pas trouver un mari.

- Les hommes aiment les femmes maigres, mais chez les

autres, dit Hestor. C’est Alexie, la vieille cuisinière du château qui me l’a dit. Et elle s’y connaît. Elle pèse cent- quatre-vingts livres et elle est heureuse en ménage avec son mari qui en pèse la moitié.

- Arrêtons ces balivernes. Allons plutôt frapper à l’huis de

cette Pot danne.

 

Jean Destrée

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