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Le blog Aloys

Articles récents

Elle va de lèvres en lèvres, une poésie de Paul Maakad

14 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

 

 

Elle va de lèvres en lèvres,

De caresses en caresses,

De frissons en frissons.

 

Tourne, tourne, petite poussière,

Donne-toi l’illusion de vivre,

Joins-toi au ballet aérien de tes semblables.

 

Demain, n’étant plus portée par le vent,

Tu t’immobiliseras par terre, froide et nue,

Et tu feras face à ce que tu as toujours été :

 

Seule.

 

 

PAUL MAAKAD

Mars 2009

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Jean-Jacques Salembier se présente et présente son recueil de nouvelles "Migrateurs"

13 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Jean-Jacques Salembier: Auteur belge, fait ses débuts en 1984 en tant que comédien avec

« La roulotte théâtrale » de Mons.be où il prend goût aux mots. Parallèlement il suit les cours d'art dramatique au conservatoire de Soignies.be. Quand il n'est pas sur scène, il mène une vie sous forme d'errance et se met à écrire. Il pratique différents genres, roman, journal, chroniques, récits de voyage, pièces de théâtre, tranches de vie, nouvelles, réflexions, contes pour enfants, poésies. En 2003, il rassemble sous forme d'une plaquette intitulée “Mézigue”, différents extraits de son “gros œuvre”, qui est une sorte d'autobiographie expérimentale où il évoque aussi bien son passage dans l'administration en tant qu'employé sans spécification définitive, ses fonctions d'administrateur- créateur au centre dramatique Hennuyer, ses petits métiers, vendeur de moutons à Paris, ses voyages en Afrique, à Madagascar, en Lituanie, en Croatie, en Serbie, en Roumanie, à Cuba, à la Martinique, son exil en Provence au pays de la lavande, ses aventures dans l'univers théâtral.

 

Livres parus : 

 

 

MÉZIGUE 2003

Éditions La rivière de Cassis, Aden Bruxelles.

L’OR ROUGE 2005

Éditions La maison de la Gravure Méditerranée, Montpellier.

L’ALPHABET MUET 2006

Éditions La maison de la Gravure Méditerranée, Montpellier.

L'ILE AUX PAPES 2008

Éditions à compte d'auteur

MEMOIRES D'UN LOIR 2015

Éditions Chloé des Lys

 

 

 

EXTRAIT :

 

Dès le soir une lumière orangée d'un sublime merveilleux. Je me sens tourmenté par toutes sortes de désirs: suivre l'océan en marchant sur la plage, barboter dans les petites vagues, me familiariser avec les chiens aquatiques et le barracuda, épier les ébats des makis, des lémuriens, de toute la petite gent fourrée, afin d'observer leurs mœurs et découvrir le mystère de leurs vies. On dit que les lémuriens sont les gardiens des ancêtres. Avec le temps, je peux, me semble-t-il, me glisser parmi les fleurs et, en me montrant prudent et raisonnable pour ne pas les effaroucher, je peux parvenir à surprendre les secrets qu'elles se murmurent entre elles, les mille confidences que l'oreille de l'homme ne perçoit jamais. Je me sens alors cet enfant des forêts vierges, cet être vibrant de tous les instincts primitifs, assoiffé d'espace, de grand air. L'heure d'entre chien et loup est divine. Tout est divin et magnifique. Un monde enchanté où défilent des enfants. Je me sens sur une autre planète, avec son enfer et son paradis. Un petit paradis où il fait bon vivre. Un enfer tant il y a de femmes merveilleusement belles. La tentation est grande de ne pas butiner sur toutes ces fleurs. Des îles, se répètent Tom à voix haute, des cocotiers sur les îles, et le bruit frais du vent.

 

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Paul Maakad, nouvel auteur aux Editions Chloé des Lys, se présente...

13 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations




Je m'appelle Paul Maakad, j'ai 33 ans. Je suis heureux et très fier de publier dans un futur proche mon premier recueil de poésie et de pensées aux éditions Chloé des Lys, qui s’appellera « Bouillonnement ».

Libano-palestinien d'origine, mes parents ont fui la guerre civile en 1990 et sont venus s'installer en France pour nous assurer un avenir meilleur.

En grandissant, j'ai senti le besoin de renouer avec mes origines car je déplorais un manque en moi: je suis donc retourné étudier pendant deux ans à Beyrouth. C'est à ce moment et dans ce lieu précis que j'ai commencé à écrire car j'y ai de suite décelé une inspiration exacerbée.

Mes activités de journaliste et de travailleur humanitaire m'ont par la suite donné la possibilité de voyager et d'assouvir mon besoin de rencontre avec l'Autre - rencontre qui m'est indispensable à progresser dans mon cheminement vers une sagesse et une joie de vivre que je sens de plus en plus grande.

Les poèmes et pensées que ce premier recueil rassemble touchent à l’essence des sentiments et des questionnements métaphysiques que l’être humain se pose au fur et à mesure des expériences qui lui sont données de vivre. En cela, c’est un ouvrage accessible à tous, suggestif et atemporel dans sa portée.

N'hésitez pas à me contacter pour quelque précision; ce serait une joie d’entamer un dialogue et de confronter des destinées de vie et d’expériences.

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Jean-François Foulon a lu "A la fin de ces longues années' de Joël Godart

11 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Joël Godart, "A la fin de ces longues années" (Editions Chloé des lys)

 

Une nouvelle fois, je suis sous le charme après la lecture du dernier livre de Joël Godart (« A la fin de ces longues années »), un livre de poèmes, bien entendu :

Dans son recueil précédent, il était question du rêve, de la mer, des nuages, de la femme et aussi de la mort.

Ces thèmes, on les retrouve dans ce second livre, mais il me semble que la conscience de la mort qui rode a pris plus d’emprise sur le poète :

A la fin de ces longues années

Quand nous devrons quitter cette terre

Nous déposerons sur le fleuve nos deux cœurs

 

C’est que le temps continue à avancer et que les années qui restent devant l’écrivain s’amenuisent petit à petit :

Les années ont passé comme feu de paille

déposant sur nos vies des brassées de feuilles

L’hiver s’avance et sur toutes choses

étend ses longs doigts blancs de givre

 

Cette prise de conscience n’est pas morbide, elle est simplement lucide. L’auteur a conscience qu’une grande partie du chemin est derrière lui et il décide, puisqu’i n’y a plus rien devant lui, de s’arrêter et de regarder la beauté du monde.

On sait que le poète habite maintenant en Bretagne, devant l’océan. Cette région  devait forcément devenir un thème de prédilection :

Sur mes domaines les routes sont rares. Beaucoup de végétations battues par les vents, de chemins tracés en toute hâte (…) La nuit nulle lumière sur la lande mais des cris d’oiseaux.

Outre la description de la lande bretonne, un tel texte porte en lui une réflexion existentielle. Les routes qui se font rares sont celles de l’existence, le vent symbolise les difficultés de la vie et ces cris d’oiseaux dans la nuit noire ont quelque chose d’effrayant. On devine la mort tout au bout et le grand plongeon du haut de la falaise.

Pourtant, en ce lieu de repos et de recueillement, l’amour peut renaître :

J’avais oublié jusqu’à la blancheur de ta peau (…)

Tes yeux étaient deux promesses.

 

Parfois les vers de J Godart deviennent des jeux de mots tendrement érotiques aux consonances bibliques :

L’amour est olivier au jardin de mes caresses

 

Mais les saisons défilent et l’automne (ultime cycle de la vie) approche. Les arbres qui « bavardent dans la nuit mystique» vont perdre leurs feuilles :

Ainsi va comme une feuille

Le monde vers sa perte

 

Le poète (qui nous a parlé d’un autre livre qui devrait sortir bientôt et qui sera consacré au Père Lachaise) hante les cimetières et voit sur les tombes des noms de femmes. Il se demande si leurs amants se souviennent d’elles, de la douceur de leurs lèvres et de leurs mèches blondes. Mais

Seules les allées se souviennent et chuchotent sans fin vos noms dans les corridors du temps

 

Parfois, le poète par le de son « métier » d’écrivain :

Avec des mots j’ai fait une tresse  

Descendant en guirlande jusqu’à mes pieds

 

A d’autres endroits, il parle de la musique comme d’une métaphore de ses poèmes :

Au son de ta mandoline

J’ai gravé ô Colombine

Mes accents sur le disque

D’amertume et de folie

Mais déjà le disque se raie

 

L’amour et l’érotisme sont bien présents (à quoi renvoie cette mandoline ? Au corps de la femme aimée peut-être…) mais la fin est bien là : le disque se raie.

Le recueil se termine sur neuf petits textes étranges et charmants où l’auteur met en scène des guerriers d’une peuplade primitive. Ceux-ci ont combattu vaillamment, mais ils attendent la mort.

Nous, les lecteurs, nous attendons plutôt les livres suivants de Joël Godard. Puissent-ils être nombreux !

 

Joël Godart, A la fin de ces longues années

Jean-François Foulon

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2017/03/03/joel-godart-a-la-fin-de-ces-longues-annees-editions-chloe-de-5917004.html

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"Chaos" une lecture d' Alain Magerotte

10 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

Voir sur www.bob-boutique.com
"Chaos" une lecture d' Alain Magerotte


Revoilà donc notre flic bourru au grand coeur, Johan Verdriet de son nom, surnommé le bouledogue, et la jolie Lieve Moed, jeune inspectrice audacieuse, amoureuse dudit bouledogue, lancés dans une folle histoire qui va les emmener jusqu'au Yémen.
D'abord, quand j'ai lu le quatrième de couverture et vu la bande annonce pharaonique de "Chaos", je me suis dit ça y est, non content de devoir me taper les horreurs de Daesh et de l'Etat islamique à longueur de JT, voilà que Bob en remet une couche ! Trop is te veel !
De plus, l'ami Boutique est sans pitié, va falloir ingurgiter 492 pages... c'est du gavage, allô Gaia, help !
Bon, calmons-nous, me disais-je, le temps d'engloutir à la sauvette une pastille de Gaviscon et me voilà parti à la découverte de ce nouvel opus du fondateur et directeur des programmes d'Actu-Tv.
Comme dans "2401", le roman précédent qui démarrait avec "les lettres calomnieuses d'un corbeau", l'auteur part d'un fait simple, voire classique : le vol d'un tableau... avec cette nuance non négligeable; le tableau en question est sans grande valeur ! Voilà un fait qui ne peut que titiller la curiosité du lecteur. Bonne entrée en matière puisqu'elle est accrocheuse.
Je n'en dirai pas davantage au niveau de la trame afin de ne pas gâcher la surprise de celles et ceux qui vont partir à la découverte de ce nouveau roman fleuve.
Par contre, rayon personnages, je peux balancer puisqu'on retrouve, outre le couple en passe de devenir légendaire, Arie et sa compagne d'origine asiatique, Piet Buelinckx, une épée en informatique, bref les cadors de la KMAR, la Ministre Rita Van Hemelrijck, des agents du Mossad et le terrible Yahia.
L'auteur s'est bien documenté, résultat : c'est du travail propre et sérieux avec parfois un petit côté didactique et des détails techniques par trop pointus.
La célèbre gouaille de Bob transpire moins dans cette oeuvre que lors des précédentes, ce qui fait que lorsqu'on la retrouve au détour d'une page, on la savoure davantage.
Pour en revenir à la trame, que je ne me résous toujours pas à vous livrer, je tire mon chapeau (vous savez toutes et tous que j'en porte souvent) car il fallait aller la chercher celle-là... j'ai été scotché au point d'arriver trois jours de suite en retard au boulot ! C'est dire...
Bonne nouvelle, Bob annonce une suite !... Quand je vous disais que le couple Johan/Lieve était en passe de devenir légendaire...
Armons-nous donc de patience qui, n'en doutons point, sera récompensée d'ici... une bonne année. Rendez-vous en 2018.

 


Alain Magerotte. 
http://www.bandbsa.be/notes/chaosmagerotte.htm

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Salvatore Gucciardo nous propose une poésie "Corps en mouvement"

9 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

 

Corps en mouvement

 

 

 

Le vent

Dans sa nudité

Caresse

Les lèvres

Des vagues

S’endormant

Dans la géographie

De mon âme

 

Volutes de brume

Sur un pays

Sans nom

Où la mer

Déploie

Ses ailes figées

Devant l’éternité

 

Le silence

Dans l’amas

De nuages

Domine

Le paysage insolite

Situé au bas

D’une falaise

 

Cathédrale étrange

Peuplée

D’êtres

Imbibés d’eaux

Et d’éther

 

Les corps en mouvement

Ce dissolvent

Dans le labyrinthe

De l’essence humaine

 

 

Salvatore Gucciardo

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Le Tréponème Bleu Pâle, vous connaissez ?... un article de Carine-Laure Desguin

8 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Le Tréponème Bleu Pâle, vous connaissez ?

Poésie underground humeurs froides, ça vous dit ?

Non ? Non ?

Alors vite, découvrez sur ce blog atypique quelques unes de mes nouvelles poésies !

Mais non, je ne blague pas ! C’est la vérité ! Voyons, je ne dis jamais de conneries !

@ Léon Cobra, merci pour l’intérêt que tu portes à mes trucs et machins littéraires. Au passage, on salue la revue Lichen http://lichen-poesie.blogspot.be/p/n-12-mars.html car c’est comme ça que toi et moi on s’est cogné, pas vrai l’ami ?

Lien vers première série de textes sur le blog Le Tréponème Pâle :

http://leoncobra.canalblog.com/archives/2017/03/06/35015513.html

Lien vers seconde série de textes sur le blog Le Tréponème Pâle :

http://leoncobra.canalblog.com/archives/2017/03/07/35019400.html

Press book C.-L. Desguin :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

 

 

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"Elle avait toujours aimé la pluie", une nouvelle de Marcelle Pâques

8 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

 

Elle avait toujours aimé la pluie

 

 

 

 

 

 

Il y a sur cette terre

des gens qui s'entretuent ;

c'est pas gai, je sais.

Il y a aussi des gens qui s'entrevivent,

j'irai les rejoindre.

Prévert

 

 

Après avoir subi une mastectomie, Chloé H sortit de l'hôpital, hébétée, sonnée ...

Un peu comme il y a un an, après l'attentat qui avait coûté la vie à son amoureux.

Elle se retrouvait sur le trottoir, seule, fragile, comme ce petit piaf qui barbotait dans la flaque d'eau ...

Il y a un an, c'était une mare de sang ! Yann venait de mourir sans comprendre, étonné de ce qui lui arrivait ...

Vraiment une drôle d'époque, des attentats un peu partout !

Tout le monde répétait " pas d'amalgame, pas de haine".

Les pauvres étrangers, coupables d'avoir une tête d'étranger !

Mais nous sommes tous l'étranger de quelqu'un, avoir une tête d'étranger, cela ne veut rien dire !

 

Alors bravement, Chloé avait sauté les étapes du deuil ...

pas de colère, juste une rose déposée sur les lieux de l'attentat, des mots d'espoir et de paix sur sa page facebook.

En échange elle avait reçu des centaines de messages d'encouragement saluant sa dignité.

Et puis, - les autres - ils passèrent à autre chose, les vacances, les grèves, etc ... la vie continuait ...

Mais elle - la nuit - elle pleurait ( seule) dans le grand lit, se remémorant les rêves,

les fous-rires partagés.

Plus jamais sur elle le poids tendre du corps de Yann, le désir qui les emportait vers les étoiles.

C'était fini .

Mais pourquoi ? pourquoi ?

 

Un jour son sein droit, celui qui avait gardé en mémoire les dernières caresses, celui que Yann appelait " Jules" ...

Un jour il s'était rebellé !!! Une boule d'angoisse, de colère, s'était formée inexorablement.

Il avait fallu se rendre à l'évidence, accepter le verdict des docteurs,lui dire - Adieu -

Chloé, troublée leva les yeux vers le ciel où passait un vol d'oiseaux dans un battement d'ailes ...

- Pardon Mademoiselle ! Un gamin l'avait bousculée, elle lui sourit.

Une jolie frimousse, un regard curieux. Il ressemblait singulièrement à la photo de Yann enfant, une photo qu'elle conservait précieusement.

Pardon ! il insistait, décontenancé par cette demoiselle bouleversée qui le dévisageait des larmes plein les yeux.

Elle sourit, je te pardonne, ce n'est pas ta faute, un accident, un obstacle sur le chemin ...

Il était rassuré. Oui, Mademoiselle, bonne journée !

-Merci, à toi aussi.

Un taxi s'arrêta à son hauteur, elle s'y engouffra en soupirant d'aise.

Une légère pluie printannière chantait contre les vitres.

Elle avait toujours aimé la pluie ...

 

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"EVA", un poème de Salvatore Gucciardo

6 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Eva

 

J’ai vu ton visage radieux

Sculpté par l’amour

Et l’argile du temps

 

Tu es sortie de l’embryon

Du désir

Pour éblouir tes parents

 

Ton sourire ravageur

Aux jets incandescents

Est un rayon magnétique

 

Ta peau d’ébène

Aux nuances roses et chaudes

Sont un flamboiement d’arpèges

Une symphonie de bonheur

 

Tes yeux d’ange

Sont deux astres étincelants

Et tes cheveux touffus

Sont d’un brun doré

 

Ta frimousse ronde

Et joviale

Enlumine le regard

De tes grand –parents

 

Perle d’eau

Oisillon bariolé

Tu es sortie

De la sphère amniotique

Pour émerveiller

Toute ta famille

Salvatore Gucciardo

 

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Séverine Baaziz nous propose une nouvel extrait de son roman : Le premier choix.

5 Mai 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

 
 
Situation de l'histoire au moment de l'extrait :
 
Martin vient de mourir et on lui offre la possibilité de renaître, qui plus est, dans la famille de son choix. Deux destins possibles, très différents mais tous deux idylliques en apparence. 
Invisible, Martin va accompagner leurs quotidiens, façonner son jugement, tenter de se projeter. 
Dans le passage qui va suivre, il suit Irina, la mère qu'il pourrait choisir, en consultation médicale, elle-même accompagnée de sa meilleure amie.
Les voici qui entrent dans la salle d'attente... 
 
Extrait : 
 
En gentleman, je reste debout. A vrai dire, le seul fauteuil libre se trouve aux côtés d’une femme qui me glace le sang. Derrière un lifting impeccablement épinglé, la blonde grisonnante sans âge, mitraille ses congénères, insupportée de tout et de rien. Un profond décolleté la révolte. Une adolescente rivée à son téléphone portable l’agace. La mastication d’un chewing-gum la rend nerveuse. Et pour couronner le tout, Irina et Victoria jacassent maintenant un peu trop fort. A se demander si elle ne va pas finir pas mordre. Dans le doute, vaut mieux garder ses distances.
Deux longues heures plus tard, Irina est appelée. Pendant qu’elle est allongée, les examens de circonstance se pratiquent : frottis et échographie. Après plusieurs « Hum, hum » et quelques étirements de bouche pincée, Irina n’en saura toujours pas plus. Cherchant à déchiffrer la moindre information dans les yeux du médecin semblant éviter le sien, elle finira par oser la question essentielle.
— C’est grave, docteur ?
— Je ne dirais pas grave mais plutôt sérieux.
— Vous m’inquiétez, Docteur, qu’est-ce qui m’arrive ? interrogent les yeux glacés d’Irina.
— Je dois vous dire, ma petite dame, que vous êtes enceinte de plus de deux mois.
— Mais non, c’est impossible. Comment est-ce arrivé ?
— Alors, ni par la cigogne, ni par le saint esprit. Nous ne nous connaissons que depuis quelques minutes mais je me dois de vous dire toute la vérité. Un homme a dû déposer une petite graine dans votre utérus.
— Très drôle, Docteur. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Mon mari a subi une vasectomie il y a trois ans, donc je ne vois pas. Je suis une femme fidèle. Qu’est-ce qu’il va penser ? Vous êtes sûr que vous ne vous trompez pas ?
— Madame, calmez-vous. Cela fait trente ans que j’exerce, je sais reconnaître un utérus fécondé. Et puis, je vois dans votre dossier que votre mari est professeur en cardiologie. Croyez-moi, il doit savoir qu’il existe des cas, même rarissimes, de recanalisations spontanées.
— Mais, Docteur, je ne veux pas avoir d’autre enfant.
— Ecoutez, ma brave dame, vous devez prendre le temps de digérer la nouvelle. Parlez-en avec votre époux et sachez qu’une interruption de grossesse est encore possible. Il vous reste trois semaines. Pesez le pour et le contre et rappelez-moi.
Perdue dans ses pensées, Irina sort du cabinet médical. L’air absent, une main appuyée sur son sac à main, l’autre apposée sur son ventre, elle oublie même la présence de son amie qui la suit au pas de course.
— Irina, tu m’inquiètes. Que t’a dit le médecin ?
— Je suis enceinte.
Victoria frictionne l’épaule d’Irina comme pour la consoler. 
Et moi, qui me console.
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