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Le blog Aloys

Articles récents

Carine-Laure Desguin a lu "Ma voisine a hurlé toute la nuit" d'Anne-Michèle Hamesse

6 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

Anne-Michèle Hamesse, Ma voisine a hurlé toute la nuit, Nouvelles, Cactus Inébranlable éditions, 2016.

Dix portraits de femmes. Je me cale sur la banquette d’un bistrot, ce sera cool, je me dis. Le livre est léger, quatre-vingts pages, une récré. Lorsque j’ai acheté le livre au Grand Curtius de Liège (4ème Salon des petits éditeurs) voici quelques heures, je n’ai pas regardé la couverture, non, pas du tout. C’est le titre « Ma voisine a hurlé toute la nuit » qui a attiré toute mon attention. Il me semblait que je l’entendais crier, cette voisine. Et puis ce nom, Anne-Michèle Hamesse. Jamais rien lu de cette auteure, je ne connais Anne-Michèle Hamesse qu’en tant que présidente de l’Association des Écrivains belges de Langue Française. L’envie me prît donc de découvrir l’écriture de cette auteure publiée plusieurs fois aux éditions Luce Wilquin. Bien calée sur la banquette, je triture « Ma voisine a hurlé toute la nuit » et pan, mes yeux se rivent sur la couverture. Dans une semi-obscurité, une main féminine, un dos dénudé, quelques centimètres carrés d’une lingerie fine et de couleur noire. Cette photo est signée Claire Veys, auteure elle aussi puisqu’elle a publié un roman, Dizzy.

Dix portraits de femmes, des nouvelles. Première nouvelle, « Loterie ». J’ai envie de zapper l’histoire de cette paumée recueillie par sa sœur et qui gagne à la loterie mais je continue quand même et là, là, stupeur, ces dernières lignes, elles m’interpellent. Du noir de noir. Je relis le texte en entier, de la première jusqu’à la dernière ligne. Une écriture stylée, vraiment. J’oublie de siroter la Leffe que le garçon, silencieux devant ma totale immersion, vient de me servir. Car les neuf autres nouvelles sont du même acabit que cette « Loterie ». Des femmes écorchées, des femmes malheureuses dans leur mariage (ou leur célibat) ou des femmes qui donnent l’impression de vivoter plutôt que de vivre, d’être à côté de leur vie, oui, c’est ça, de vivre une vie à côté de leur vie. Mais croyez-moi, lorsqu’on lit ces dix portraits de femmes, on a envie de se secouer et de radiographier tout ce qui nous entoure. Elle est si courte parfois, et si bête aussi, cette vie. N’est-ce pas ? N’est-ce pas ?

Avec des mots justes et très bien aiguisés, l’écriture d’Anne-Michèle Hamesse est moins innocente qu’il n’y paraît. Les psychés des individus sont creusés, découpés, ciselés. Les caractères sont façonnés et je dirais même sculptés car on les imagine fort bien, ces femmes aux destinées chaotiques qui laissent supposer des pertes, des manquements, des souffrances, des amputations, des meurtrissures. Des océans de silence et des flaques de non-dits. Un silence pousse parfois un cri strident, le saviez-vous ? Une contradiction ? Oui, sans doute. Il en va d’ailleurs de ces contradictions dans chacun des textes de ce livre. Leur chute n’en appelle pas nécessairement à la raison ni à la logique. Et c’est pourquoi ces dix textes, je ne vous les détaillerai pas. Je vous les laisse découvrir.

Mon coup d’cœur cependant pour « Le papier gris ». Cerise, elle s’appelait Cerise. Un portrait de femme tout en finesse. Et quelle subtilité dans l’écriture d’Anne-Michèle Hamesse pour donner de la vie et de la tolérance à une histoire d’amour entre deux femmes.

 

 

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Dégâts collatéraux, le thriller de Christine Brunet dans Le bibliothécaire

5 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys

Dégâts collatéraux, le thriller de Christine Brunet dans Le bibliothécaire
Dégâts collatéraux, le thriller de Christine Brunet dans Le bibliothécaire
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Edmée de Xhavée et RCF sur Actu-tv !

4 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #vidéo

Edmée de Xhavée et RCF sur Actu-tv !Edmée de Xhavée et RCF sur Actu-tv !
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Christine Brunet a lu "Le premier choix" de Séverine Baaziz

3 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

www.severinebaaziz.com

Le premier choix de Séverine Baaziz

www.severinebaaziz.com

 

 

Et si…

 

Voici comment pourrait commencer ce roman attachant. C’est vrai quoi ! Choisir sa famille, ses parents avant la naissance, avant même la fécondation, voilà une idée pour le moins attirante.

Oui, mais… Parce qu’il y a toujours un « mais » et celui que va vivre ce fœtus en devenir est de taille…

Pas question de déflorer l’histoire, ce serait franchement dommage. Mais les personnages campés par Séverine sont tous, à leur manière, très attachants dans leur bonheur ou leur revers de fortune.

L'auteur nous propose, au fil des tableaux familiaux une étude fine et très pertinente de la société sur fond de récit "fantastique", un cadre qui n'est, en fin de compte qu'un moyen de faire passer quelques messages subliminaux. D'ailleurs, difficile de mettre ce texte dans une case tant il est moderne et s'inscrit finalement dans la réalité du quotidien. Sous une apparence idyllique voire enviable, la vie de vos connaissances, de vos voisins peut être teintée de malheur, de revers de fortune… Il suffit de gratter et de savoir regarder. Poussé au choix, notre fœtus en devenir passe d’un couple à l’autre, vit à leurs côtés, s’attache, hésite… Le choix va, très vite, devenir cornélien…

Ce roman se lit d’une traite et si le style pourrait, au départ, laisser subodorer une histoire légère, la fin l’est sans doute un peu moins et prête à réflexion.

Alors, un conseil : ne vous laissez pas abuser par la couverture azur nimbée d’un joli nuage en forme de clé… Osez regarder par le trou de la serrure : ce que vous découvrirez alors pourrait bien vous surprendre !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Le blog "Les lectures de Maryline" chronique "Dernières nouvelles de Robert" d'Isabelle Vendeuvre

2 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/dernieres-nouvelles-de-robert-a127953642

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/dernieres-nouvelles-de-robert-a127953642

 

Résumé de l'éditeur :

« J’ai quand même pas fait ce chemin pour rien » marmonne Robert qui cherche son frère André dans le jardin ou les chambres de la maison de retraite.

Étrangers à son entêtement, les autres pensionnaires le laissent poursuivre seul sa quête.

Parfois une vieille femme lui tient la main ou l’entraîne dans ses déambulations.

Est-ce par méprise, pour meubler l’ennui ou pour partager un peu de chaleur ?

A partir de souvenirs épars, de rencontres fortuites, de monologues intérieurs se dessine un paysage de l’extrême vieillesse aux contours flous mais aux questionnements obsédants.

 

 

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé cette petite tranche de vie de retraités dans une maison de retraite. Certains séniles, d'autres fous, d'autres qui se répètent sans cesse... C'est assez drôle et en même temps, ça fait peur! Comment vais-je terminer ma vie? Serais-je comme certains d'entre-eux, pénible avec les gentilles infirmières qui s'occuperont de moi ou bien attendrais-je comme d'autres la visite d'êtres chers sans jamais embêter personne?

Ce n'est pas facile de voir ce que nous pouvons devenir, mais c'est ce qui attend la majorité d'entre-nous : la maison de retraite. Alors j'ai trouvé très sympa de suivre les aventures de Robert, Germaine, Marie ou encore Francette.

Écrit de manière très libre, ce petit roman nous donne une idée de ce que pensent nos anciens lorsque l'on décide de les placer dans une maison de retraite et de comprendre ce qu'ils peuvent ressentir au quotidien : l'attende de visite, l'intrusion désagréable d'infirmières ou médecin ou encore la compagnie d'autres personnes du même âge...

 

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Didier Fond nous propose un petit texte...

1 Février 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes, #Nouvelle

 

DICTIONNAIRE POST PHILOSOPHIQUE

 

ARTICLE « LE JOGGER »

 

 

 

Informations Lexicales :

Vocabulaire venant de l’anglo-saxon, ce qui n’a rien d’étonnant vu ce qu’il trimballe.

 

Verbe : jogger, premier groupe ; se conjugue sur le modèle de « chanter ».

 

Noms : un jogger, une joggeuse, le jogging ; les deux premiers s’accordent en genre et en nombre avec le verbe. Le troisième ne s’emploie qu’au singulier, dieu merci.

 

Expression : « faire du jogging » ou encore mieux « faire son jogging ». Le possessif est ici une indication précieuse dans la mesure où l’on pourrait penser que le jogger jogge le jogging d’un(e) autre.

 

Synonymes de l’expression et du verbe : tirer une langue de bœuf, courir comme un pied et parfois sur un pied, sentir mauvais, dégouliner de sueur, chercher la crise cardiaque à tout prix, ahaner, (en) baver.

 

Dérivés : hygiénisme, vouloir maigrir, se maintenir en forme, crever le plus tard possible, faire comme tout le monde, évacuer le stress, courir en papotant, avoir l’air très ridicule.

 

Origine et description :

 

Le jogger (dont la femelle est la joggeuse) est une espèce dérivant d’un croisement contre nature entre l’être humain et le mouton. Il est doté de deux pattes arrière sur lesquelles il court à des moments bien précis, le matin entre 9 heures et 11 heures mais surtout en fin d’après-midi, à partir de cinq heures. Son lieu privilégié : le parc de la Tête d’Or à Lyon. Mais il existe bien d’autres endroits en France où l’on peut rencontrer cet animal heu… extraordinaire ? Da : extraordinaire.

 

Le jogger n’a pas deux idées en tête mais une, ce qui lui simplifie grandement la vie : courir n’importe où (par exemple dans des rues archi super polluées), pas vraiment n’importe quand mais surtout n’importe comment. Son origine humaine lui permet de penser qu’il se fait du bien en s’exhibant dans des tenues souvent désopilantes et en s’imaginant qu’il va devenir quasiment immortel grâce à ses trois tours de parc quotidiens. Son origine ovine le pousse à écouter tout ce qu’on dit sur les bienfaits de l’exercice physique et à appliquer ces principes à la lettre, sans même se demander s’il en a les capacités.

 

Utilité générale et principale du jogger :

 

Aucune.

 

Utilité générale et secondaire du jogger :

 

Etre un superbe divertissement pour ceux qui le regardent.

 

Utilité économique :

 

Le jogger a deux utilités :

 

Il permet aux magasins d’articles de sport d’être florissants et aux actionnaires des grandes marques de gagner encore plus de fric.

 

Grâce à ses foulures, entorses, fractures diverses et crises cardiaques, le jogger permet également au personnel de santé des hôpitaux publics et cliniques privées de ne pas trop s’ennuyer.

 

Utilité esthétique :

 

Absolument aucune.

 

Utilité personnelle :

 

Le jogging permet à un certain nombre de joggers de frimer en montrant leurs belles cuisses, leurs belles jambes, et leur beau torse. Les autres relèveraient plutôt du cauchemar.

 

Utilité civique :

 

Comme on l’a dit plus haut, le jogger n’ayant qu’une idée en tête, il est un excellent citoyen.

 

Descendance du jogger :

 

Certainement trop nombreuse, hélas.

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Philippe de Riemaecker chronique "La Maison" de Marie Klimis dans le magazine CHOUETTE Mag.be

31 Janvier 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

http://www.chouettemag.be/

http://www.chouettemag.be/

 

Marie Klimis "La Maison"

Il y a longtemps que je n'ai plus arrosé mes souvenirs d'enfant avec une telle fraîcheur d'écriture. Impossible de ne pas songer à Saint Ex et "Le Petit Prince". Vous vous souvenez..? Récit qui se découvre à chaque lecture, car, comme les poupées russes, il révèle profusion d'allégories. C'est le genre de lecture à laquelle chaque étape de la vie peut s'accrocher sans prise de tête et à tout âge s'il vous plait !. On ne l'écrira jamais suffisamment, le génie se découvre dans la simplicité.

Je viens de refermer "La Maison", un roman joliment écrit par la plume de la jeune écrivain "Marie Klimis". C'est une histoire complètement disjonctée, contée par une maison. Une maison qui parle. Une maison qui raconte ce que ses murs observent. Une maison qui possède un cœur gros comme ça. Certes, il y a ce tableau qui pique des crises de colère à faire trembler les murs. Des portes qui claquent, des assiettes qui tombent et ne croyez pas que nous parlons de fantômes, non, nous découvrons le bonheur d'une sorte de conte de fées, d'un monde imaginaire, d'un joli rêve approché par un talent qui mérite d'être placé sous les feus des projecteurs.

Une petite fille arrive à dos de mouton et décide de repeindre les lattes du plancher. Un mouton certes, mais un mouton glouton qui mange tout ce qu'il trouve. Une adolescente troublée par ce grand chambardement quand une enfant découvre qu'elle devient une femme. Et puis, il y a cette cuisinière, un peu sorcière, qui offre des chocolats qui rendent amoureux.

Énorme frustration de dévorer la dernière page. Mais tout à une fin, il faut bien que l'auteur aboutisse son ouvrage. C'est un peu comme les vacances, on entrevoit ses richesses le jour de la rentrée.

Bref je n'ai pas résisté au plaisir d'inviter Marie Klimis à répondre à mes questions. Nous avons pris rendez-vous au "Château de l'Ardoisière" afin de profiter de la gentillesse des propriétaires (merci). Un cadre merveilleux en plein cœur de Jodoigne. Rien de tel pour tourner quelques images. Sans la moindre hésitation, Marie a répondu à cette invitation. Pour ce faire, elle a traversé la Manche. Ha! j'oubliais, Marie Klimis, originaire de Belgique, vit actuellement en Angleterre. Ceci explique peut-être cela ? Car quoi, n'est-ce pas sous l'ombre de "Big-Ben" que Marie Popins a vu le jour, n'est-ce pas sur cette île que l'on risquerait de rencontrer "Alice au pays des merveilles"? Et le petit dernier, Harry Potter "of course what else ?"

Premier roman, bravo ! Plongez vos yeux dans ce récit c'est se retrouver avec des étoiles plein la tête et l'envie de s'envoler sur le dos d'une étincelle. Oui, une étincelle, car ce livre brille par son originalité.

Qui êtes-vous Marie, qui êtes vous vraiment? Maman Belge, papa Grec et vous voici en Angleterre pour des études théâtrales. Vous ne choisissez pas la facilité et pourtant, sourires aux lèvres, joie de vivre, vous nous partagez un grand souffle de tendresse. Par les temps qui trottinent, on en a bien besoin.

Marie Klimis, retenez ce nom, je gage qu'il raisonnera bientôt parmi les incontournables.

S'il te plait, Marie, dessine-moi un mouton.

"La MAISON" Marie Klimis Chloé des Lys Collection ISBN 978-2-87459-921-7

 

Philippe de Riemaecker

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« FANTINE » de M-Noëlle Fargier

30 Janvier 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

 

 

« FANTINE » de M-Noëlle Fargier


 

J'aime "les seconds rôles"...Il en est un qui m'a toujours interpellée, touchée. Celui de Fantine, la mère de Cosette dans "Les Misérables" de Victor Hugo. Cette femme si forte et pourtant si fragile....

Fantine

On ne sait pas grand-chose d'elle, enfant. On peut l’imaginer lorsqu’elle vivait à Montreuil. On peut l'imaginer courant dans une prairie, les cheveux au vent. On peut l'imaginer tremper les pieds dans la rivière qui coule près de sa vieille maison, avant de rejoindre la grande bleue. On peut l'entendre rire quand les petits vairons chatouillent ses orteils. On peut la voir s'asperger le visage de ses mains fines et sales. On peut la contempler sous le soleil qui lance des reflets dorés sur sa longue chevelure. Et puis, cueillir un fruit du pommier centenaire et y croquer à pleines dents. Et puis, s'asseoir à son ombre bénéfique et rêver...

Faire de sa robe jaunie, un habit lumineux de papillons colorés. Remplacer ses sabots usés par de fiers souliers argentés. Transformer sa vieille maison en un château. Oui, elle partira. Oui, elle s'enfuira. Oui, elle ira dans cette ville lumière qu'on appelle la capitale. Oui, elle découvrira les cathédrales et leurs dorures, bien plus divines que la petite église de son village. Oui, elle s'enfuira. Puis, elle travaillera, elle aime tout faire, et puis elle sait si bien coudre. Elle se promènera sur les beaux faubourgs fleuris, vêtue d'une robe blanche. Elle rencontrera un bel homme qui l'aimera dès leur premier regard. Il lui dira les mots qu'elle n'a jamais entendus, des mots d'amour, d'amour éternel. Ils se marieront, auront une magnifique demeure avec un grand jardin d'herbe douce, de fleurs multicolores où l'air se déguisera de mille senteurs. Elle lui donnera un enfant, une fille qui lui ressemblera. Comme sa maman, elle sera habillée d'une jolie robe...rose. Elle portera une magnifique poupée en porcelaine, blonde comme elle. Lui, dans un costume sobre et élégant, elle, dans sa robe blanche, tiendront la main de leur fillette. Et tous trois riront tant de leur vie facile, si légère sous le ciel bleu de Paris. Oui, elle partira....

Paris est majestueuse, comme dans ses rêves ! Belle Fantine, son rire résonne encore de ses espoirs infaillibles, de ses projets, de ses rêves, sur les pavés de la cité. La lourdeur de sa blondeur échevelée respire ses belles années. Insouciance. Elle marche, tête haute, intrépide. Ses yeux bleus dévorent ses lendemains qu'elle sait beaux, qu'elle sait heureux, qu'elle sait sereins. Oh belle Fantine ! Ses perles blanches, elle sait les montrer, elle rit si fort à son présent, à son destin. Sûre d'elle, comme de chaque être qu'elle aime. Chaque homme, chaque femme qu'elle croise semble voué à illuminer sa vie, à la faire rayonner. Belle Fantine ! Elle mord la vie, la savoure, la partage. Parfois, ses moments de pudeur calment son air enjoué, et elle devient grave. Elle commence à apercevoir les ombres données par celle qu’elle nomme « la dame de Paris » derrière laquelle se cache la misère, la tristesse. Ces moments lui donnent un air qu'on pourrait croire dédaigneux : objet d'attirance pour cet homme, Tholomyès. Il est là, son prince. Plus vieux, chauve, édenté, certes. Mais le regard et les mots tels qu'elle les avait rêvés. Passionnée de lui, elle devient. Petit oiseau téméraire se posant sur cet épouvantail d'oracle. Passionnée de lui, elle se donne. Passionnée de lui, elle enfante. Oh belle Fantine ! Cet être en qui elle croyait, cet être qui lui a promis le soleil éternel... brûle sa chair. Et chaque être qu'elle croise sur son chemin calcine ses plus sincères croyances.

Mais sa fille, sa Cosette est bien réelle et si fidèle à celle de son rêve ! Pourtant, elle n'est pas vêtue de la jolie robe, elle ne porte pas la ravissante poupée. Elle a seulement faim. Et elle, elle doit la confier pour la sauver. Qu'elles sont belles les paroles de cette famille adoptive avec leurs sourires si sincères, leurs enfants si aimants ! Cosette sera heureuse ! Bien sûr, il faudra donner quelques sous à ces braves gens. Mais elle travaillera. Le monde est tellement bon, toujours là pour l'aider ! Malheureusement, sa belle Cosette tombe malade. Ces pauvres gens, si dévoués au bien-être de Cosette, réclament de plus en plus de sous à Fantine. Il ne lui reste rien. Que son corps. Comme il a donné la vie à son enfant, il va devenir la source de sa survie. Elle le vend. Ses cheveux saccagés, sa bouche cloisonnée sur son rire amputé, édentée, pour nourrir son enfant, la soigner, et lui offrir ce beau jouet. Cette foi, offerte pour quelques mots, un peu de poésie, un petit sourire, aujourd’hui ne se dessine que d'un seul nom "Cosette", sa fille. Elle s’oublie. Et pour cause ! Qu'ont-ils fait d’elle et de ses rêves ?

- De la chair meurtrie, des espoirs brisés.

Ses yeux si bleus, violés de cernes creusées par des mains obscènes. Sa bouche qui ne rit plus et se tait. Son corps assassiné par son âme trop pure. Un homme regarde Fantine, vestiges de la main humaine.

Il ne reste d'elle que cette chose : un corps mourant et des rêves...Le seul que sa vie terrestre ait exaucé et qu'elle doit quitter, sa fille Cosette. Elle le confie à ce Monsieur, si digne, si aimant qui la regarde mourir, Monsieur Madeleine. Cet homme ignoblement accusé, ignoblement enchaîné pour un morceau de pain. Cet homme défenseur du plus faible, et coupable lui-aussi, sans le vouloir, du destin de cette femme. 


 

Cet homme qui va porter le seau, rempli de cet eau limpide et si lourd pour cette petite fille. 

Si lourd des chimères de sa mère, peut-être......

 

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Christina Previ a lu "Tant de silences" de Philippe de Riemaecker

29 Janvier 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Fiche de lecture

 

 

« Tant de silence » Philippe de Riemacker

 

Ce livre est une ode à la vie et qui fait pourtant référence à la mort qui sert à évaluer le vécu.

Les relations humaines forment le fil conducteur qu 'a choisi l’auteur pour nous introduire au sein de trois milieux très divers. Trois mondes qui diffèrent tant sur le plan social que géographique, culturel et spirituel. Néanmoins, le destin qui mène sa barque comme bon lui semble fera se rencontrer ces entités étrangères voire opposées.

Certaines pages s’ouvrent sur de profondes introspections, des questions qui restent sans réponse et des silences assourdissants

L’émotion est présente, souvent, sans aucune sensiblerie et la découverte de l’autre est la valeur suprême portée tout au long de ce beau récit.

Ce livre nous invite sur la voie de l’amour et de l’acceptation de la diversité humaine.

C’est un cheminement qui ne glisse pas sur la facilité. Il se lit au travers d’une multitude de facettes qui habillent les âmes au fil du vécu de chacun des héros, nous renvoyant ainsi des sentiments, des émotions et nous dévoilant le pire mais heureusement aussi le meilleur de la nature humaine.

Il n’est pas à exclure qu’une petite larme vous submerge au cours de cette lecture…

 

 

Christina Previ

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