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Le blog Aloys

Articles récents

La patate bouquine a lu "S'il te plaît, dessine-moi un mouton" d'Yvette H.

11 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://lapatatebouquine.blogspot.fr/2016_09_01_archive.html

http://lapatatebouquine.blogspot.fr/2016_09_01_archive.html

La patate bouquine a lu "S'il te plaît, dessine-moi un mouton" d'Yvette H.

Un monsieur, en "panne dans sa vie" fait l'étonnante rencontre d'une vieille dame. Cette dernière, débarquant de nulle part, toque à sa porte avec une étrange requête à la bouche: elle aimerait qu'il lui dessine un mouton.
L'homme, fort surpris, la laisser entrer. Et pas que dans sa maison, également dans sa vie... Cette entrevue, bien insolite, ne sera pas la dernière. Car la vieille dame à tout un monde à lui présenter...

Avis

Tout d'abord, je voulais remercier les éditions Chloé des Lys pour cet envoi. Il faut bien l'avouer, en voyant la couverture de ce livre, je suis restée perplexe. Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Un mouton violet. Étrange! Et puis, ce titre, qui sort tout droit du "petit prince"... Pourtant, même si l'histoire est très bizarre, il s'est avéré que le bouquin n'était pas mal du tout. Il y a un vrai univers derrière tout ça.

Alors commençons. Ce bouquin, je l'ai un peu vu comme un tableau. Une fresque abstraite. Je ne sais vraiment pas si c'était voulu par l'auteure. Mais je sais que dans ce style de peinture, il se cache quand même quelque chose. Quand l'histoire a commencé, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus réaliste. Alors qu'en fait, c'est loin d'être le cas. On part dans tous les sens. Cette différence est très positive. On sort des sentiers battus. On explore un univers complètement insolite. Et elle crée un mélange entre l imaginaire et le réaliste. Ce qui m'a le plus marqué, c'est sans aucun doute quand elle parle de peindre en mille couleurs l'air du vent. Je trouvais ce moment poétique et rempli de sens. La deuxième chose m'ayant le plus frappée, c'est qu'au fond, durant tout le récit j'ai voulu comparer cette histoire avec celle du petit prince. elles sont semblables avec leur part de changement.

<< Brocéliande, une forêt entre rêves et réalité. Magique par sa beauté et par ses légendes...Je n'ai ni la prétention ni le désir de réécrire l'histoire de ces héros. Je me suis tout simplement créé un monde imaginaire dans lequel je me réfugie quand la réalité me fait mal. >>

<< La nudité le rend si ridicule qu'Ombelle ne peut s'empêcher de rire à gorge déployée. Ce qui irrite le bouleau au plus haut point :

-Arrêtez donc cela et appelez Merlin, je commence à prendre froid.

-Avez-vous oublié, mon cher, que Merlin est en voyage... >>

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Brune SAPIN nous propose un poème...

10 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Brune SAPIN nous propose un poème...

« Ô fil de l'eau »

Le péché non absout.
A la pêche aux étoiles.
Les sirènes n'atteignent pas les rives.
Pécheur de rêves.
L'océan ne rugit pas. Il afflue.
En cédant sa place.
Il ne surgit pas. Il s'étire.
Quelque chose l'attire puis l'effraie.
Inassouvissement permanent.
Un flux d'aller-retour.
La masse pesante et majestueuse se décortique.
Les vagues pécheresses osent pénétrer le sable, et creuser la digue, et élargir le champ de vision.
Retenue de pudeur.
L'eau vivante, l'eau écume, lotissements creusés.
Empêchement.
Impossibilité de stabilité.
Fluctuation.
Elle se retient.
Rythme de berceuse.
Empêchée, en pêche et, poussée à la faute contre le pouvoir, la loi naturelle.
Alors l'océan déborde. Menace.
Le vent l'ébruite, le caresse, l'estompe.
Jamais plus qu'une tempête.
Les embruns qui s'échappent d'une cour orchestrée.
Le trône est vacant.
Rien n'est prévu.
Et les rendez-vous se manquent.
Toujours tiraillés.
Toujours pris au piège d'un filet.
Et pourtant.
Ne faut-il pas ? Essayer du moins ?
Aucune contrainte sauf la liberté.
La liberté empêchée.
Les algues et les coquillages échoués.
Marée haute.
Les flots se heurtent.
Giflent la berge.
Spectateurs inconscients d'un spectacle qui transit, qui frissonne.
Une obligation ailleurs.
Élan de dignité.
Se retirer avant que. Avant de.
Déjà trop avancée.
Excuses irritables.
L'océan s'est tu.
Tu es pardonné.
De l'horizon a percé une apparition.
Les gouttes dans les nuages bas.
Passer outre, forcer, pousser.
En vain.
Au creux des Limbes.
Un entre-deux éternel.
Faute de.
Les sirènes n'atteignent pas les rives.

BRUNE SAPIN

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Edmée de Xhavée nous propose un extrait de "Lovebirds"

10 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Edmée de Xhavée nous propose un extrait de &quot;Lovebirds&quot;

Edmée De Xhavée, extrait de Lovebirds, « Carte numéro 13 – La mort »


Pendant la semaine, Dominique décide d’aller avec David dans la maison de Laure pour y trier ce qui sera à garder et à jeter. Laure ne s’est jamais mariée et la maison est déserte, la voisine ayant repris son jeune chien dès le lendemain de l’accident, car Dominique avait tout de suite suggéré de le mettre à la Croix Bleue. David a arrêté ses études l’année dernière, proclamant qu’il en avait marre d’étudier et qu’il allait travailler. Il avait vendu des disques, puis des bicyclettes. Et en avait eu marre aussi. Depuis, Dominique et Lambert ne savaient pas trop ce qu’il faisait, et espéraient ne pas avoir à le découvrir. Il avait de l’argent, encore que pas assez pour se passer de leur aide. Il a en tout cas le temps d’aider sa mère à mettre de l’ordre chez tante Laure…

Dominique s’est tout de suite attaquée à l’intérieur des portes du placard de la cuisine. Laure y a punaisé toutes les cartes postales qu’elle recevait. Agacée Dominique arrache le tout et l’enfonce dans un sac poubelle de plastique noir. « Hé, c’est ma carte de Corse, elle l’a gardée ! » proteste David sur la défensive. « Mais enfin, que veux-tu faire de ces crasses-là ? C’est bon pour la poubelle ! Allez, on n’a pas le temps, il faudra vendre cette bicoque au plus vite ! » Et elle va de pièce en pièce, continuant son oeuvre d’extermination, remplissant le sac de tous les petits objets chéris et sans valeur que sa sœur gardait : photos encadrées de ses animaux favoris, bonbonnières de mariages ou communions, paquets de lettres dont le papier craque de sécheresse, vieilles photos, petites boîtes hétéroclites. Elle a apporté du matériel d’emballage et des caisses en carton qu’elle emplit de ce qu’elle sélectionne avec un œil de commissaire-priseur. Le coffret aux bijoux, l’argenterie, des coupes empire à bord doré, un service empire à punch en verre opaque ciselé d’or et décoré d’une frise de fleurettes blanches et bleues, des verres à vin d’Alsace anciens… Elle s’active comme une fourmi. Le regard surpris de David lui fait réaliser que malgré elle, elle s’est même mise à chantonner ! « La vie continue, Davidou, on ne peut pas pleurer tout le temps quand même ! » s’excuse-t-elle. « Mais tu n’as pas pleuré du tout, toi ! » constate-t-il, irrité.

Il a ouvert le petit scriban de Laure, plus par curiosité que par envie de trier. Cette hâte à faire le nettoyage par le vide l’atteint comme une sorte de viol de la vie de sa tante. Le poids de sa responsabilité dans sa mort se traduit par un désir de protéger ce qu’elle était, comme un gardien de temple. En lui résonne sans cesse ce « David ? » surpris qui avait précédé le coup de feu et cette étrange scène de son corps s’affalant sans résister et presque sans autre bruit que celui du sac se vidant sur le trottoir. Il n’a pas encore pu trouver qui il est devenu après ce crime, et sait qu’il ne pourra jamais en parler à personne. Le père d’Athanas, son complice, a renvoyé son fils sur son île en Grèce, avec ordre de s’y marier et d’y rester. Et il a brûlé la collection de timbres, que le pharmacien avait montrée à David quand il était encore petit et croyait s’y intéresser. Les timbres triangulaires de la république de San Marino l’avaient émerveillé, mais il y en avait d’autres qui, imprimés dans le mauvais sens, avait dit le pharmacien avec douceur, valaient très cher. Assis sur le tabouret à pieds de lion de sa tante, il regarde le contenu du scriban ouvert devant lui : un vieux canif des tanneries Houben marqué d’un chêne ; une toute petite photo d’elle et lui enfant, dans un cadre ovale ; un bloc de papier à lettres ; deux petits poissons de porcelaine chinoise qu’il lui a offerts il y a deux ans ; une boîte de bois décorée de motifs orientaux contenant une gomme, des attaches trombones, un rouleau de papier collant.

Et une carte du Tarot. La Mort. Sur la tête de mort, elle a collé la sienne à lui, récupérée d’une photo du dernier Nouvel-An. Elle lui avait encore raconté une de ses histoires non censurées comme elle aimait le faire et il y rit aux éclats.

Edmée de Xhavée

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Christine Previ nous propose une courte nouvelle

8 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

Christine Previ nous propose une courte nouvelle

Une plage déserte...

À neuf ans, Mathias s’est vu obligé de passer ses vacances d’été chez sa tante Germaine, dans une maison de pêcheur, coincée entre mer et forêt. La plage était déserte, isolée et le jeune garçon s'y ennuyait. Il tournait en rond durant de longues journées, sans un seul copain pour partager ses jeux, et aucun enfant dans les environs !

Mathias aimait beaucoup la lecture mais le soir, il ressentait cependant une boule en travers de la gorge lorsqu’il pensait à ses parents : « La voix de maman, quand elle me raconte une histoire, me manque beaucoup ainsi que ses farces et ses bisous dans le cou… Et papa aussi me manque, et nos batailles de coussins. »

Hélas ! Depuis quelques mois, ses parents se disputaient pour un oui ou un non. Et quand ils l’éloignèrent, sous prétexte de régler des problèmes, l'enfant devina qu’ils voulaient divorcer.

Il était en colère et se sentait coupable alors, pour oublier tout cela, il rêvait d' aller dans la forêt. Mais cela lui était interdit ; tante Germaine et son voisin, Argan le pêcheur, avaient décrété : « Dans cette forêt, il ne se passe que des choses pas très catholiques ! » Mathias les trouvait tous deux bizarres, mais il ne pouvait rien dire.

Il jouait alors seul, avec son cerf-volant, sur la plage et ce début d’été lui parut interminable…

Christina Previ

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Micheline Boland nous présente son dernier ouvrage "Voyages en perdition"

7 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Micheline Boland nous présente son dernier ouvrage &quot;Voyages en perdition&quot;

L'AUTEUR

Micheline Boland est belge. Elle est née à Aiseau, en 1946. Elle vit actuellement à Marcinelle. La passion pour l'écriture de petites histoires lui est venue dès l'école primaire. À l'adolescence, elle se lance dans l'écriture de poésies. Ceci l'amène à collaborer aux recueils "Poésie-20" coordonnés par Pierre Coran et à divers fanzines. Souvent intriguée par les comportements humains, elle se tourne naturellement vers des études de psychologue. Tout en travaillant en centre PMS, elle suivra une longue formation de maître-praticienne en programmation neuro-linguistique, une initiation à l'hypnose ericksonienne et diverses autres formations à l'analyse transactionnelle, à l'écoute active, au jeu de l'acteur, au clown…

Au terme de sa formation en P.N.L., elle se remet à écrire régulièrement contes, poèmes et nouvelles trouvant ainsi le moyen de mettre en évidence l'emploi de cette discipline. En 1997, un de ses contes est sélectionné par le jury de "Fais-moi un conte", ce qui la conduit à se perfectionner dans cet art. En 2005, elle se lance dans l'impro théâtrale et quelques années plus tard dans le chant choral. Deux activités qu'elle pratique encore avec plaisir.

Son premier livre paraît en 2004 aux éditions Chloé des Lys. En 2006, Micheline publie "Comment rendre votre quotidien plus plaisant" qui s'inspire largement de la PNL et la met en pratique sous forme de mises en situation inspirées du vécu.

"Voyages en perdition" est le treizième livre qu'elle publie chez cet éditeur. Elle a remporté plusieurs prix à des concours d'écriture et participé à de nombreux recueils collectifs.

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

L'OUVRAGE

Onze nouvelles qui parlent d'amour, de rencontres, de bouleversements, de désarrois et de coïncidences. Onze nouvelles qui commencent de manière assez banale et, le plus souvent, se terminent étrangement. Au fil des histoires, des hommes, des femmes ou des enfants, obsédés parfois, passionnés souvent, aux réactions toujours imprévisibles. Une belle analyse de l'âme humaine, des émotions vécues ou refoulées.

Des histoires de statues, des histoires de livres, de couples, de familles, d'amitiés, de liens qui se relâchent, de ruptures. Des rêves de changement et d'épanouissement.

Des rêves qui se concrétisent parfois très difficilement.

Un homme apprend qu'il va être licencié. Il achète un billet de loterie qui se révèle gagnant. Hélas, il peine à retrouver le fameux billet !

Des nouvelles sans rapport entre elles mais qui offrent toutes un cocktail de travers humains

À l'occasion de son anniversaire, une femme pondérée et sage se laisse aller à la gourmandise. Cela la conduira à sa perte… Guidé par une sorte d'intuition, un homme âgé désorienté parvient à retrouver un amour de jeunesse. Une histoire qui se termine par un tragique accident.

Des histoires qui mettent en lumière des émotions très fortes.

Un petit-fils aux prises avec le chagrin d'amour de son grand-père, une jeune femme qui découvre un secret de famille, une affiche publicitaire fort particulière, les lettres de soutien adressées par une fillette à son père devenu veuf.

Comme l'a écrit le conteur Paul Fauconnier : "Je crois qu’un de secrets de Micheline, c’est l’empathie, sa capacité à se mettre à la place de ses personnages et de partager avec nous ce qu’ils vivent."

EXTRAIT

"Dedans et dehors, c'est jour de fête.

Dedans, mes yeux captent la lumière délicate des vitraux. Dedans, il fait frais.

Dehors, il faut chaud. Dehors, m'attend une lumière estivale, une lumière qui adoucit un peu les paysages, qui fait fondre mon cœur et qui, avec un peu de chance, pourra entrouvrir les portes de l'amour...

Dehors, des hommes, des femmes des enfants, un chien, un relieur en pleine activité, un tailleur de pierre, un calligraphe. De quoi garder quelques belles images.

Le revoilà !..."

(Tiré de "Méprise à Avioth")

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Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier

7 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier
Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier
Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22

http://catarrhe.skynetblogs.be/archive/2016/07/26/catarrhe-n-22-8632654.html

L’averse

Sais-tu qu’hier soir

Sous l’averse

J’ai pu voir

Dans tes yeux ta détresse ?

*

Abrités près du conservatoire

J’ai découvert dans ton regard

Des souvenirs d’ivresse

Et surtout la peur de me perdre…

*

Ainsi, notre histoire…

Tes larmes qui percent

Un éclat d’ivoire

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

Des souvenirs qui hébergent

Un peu de tristesse

Tandis que le vent et l’averse

Vers nous convergent

*

Tu voudrais ralentir

La fuite en avant, sentir

Le ciel qui se déverse

Car le temps presse…

*

Ainsi, notre histoire…

Tes larmes qui percent

Un éclat d’ivoire

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

Crois-tu qu’il y aura

Aussi une averse

Quand il faudra

Que je disparaisse ?

Laurent Dumortier

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Marcelle Dumont nous propose deux extraits de son roman "Nuageux à couvert"

5 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

Marcelle Dumont nous propose deux extraits de son roman &quot;Nuageux à couvert&quot;

EN PENTE DOUCE (NUAGEUX A COUVERT).

(page 113)

*

Jamais Christine – Cricri, pour Marcus – n'aurait imaginé que tout irait si vite. Ils vivaient ensemble depuis si longtemps qu'elle se trouvait maintenant comme amputée. Bien sûr elle savait que Marcus était gravement malade, mais comme il végétait depuis des mois chez eux, dans un lit médicalisé, elle avait pu croire que ça durerait éternellement. Et du coup, elle n'avait pas pris la peine de se poser de questions. Tous deux s'étaient installés dans une sorte de zone grise, de purgatoire, pas agréable à coup sûr, mais où, du moins, il y avait encore quelqu'un près d'elle, une présence ténue, somnolente, mais enfin une présence.

La dernière nuit avait été, comme souvent, presque une nuit blanche, coupée de brefs moments de sommeil dont elle émergeait le cœur battant. Alors, comme souvent aussi, pour combattre la fuite des minutes, elle avait parlé, parlé. De tout, de rien, de l'effort qu'il aurait dû faire pour manger un petit peu, de leur vie commune, de leur rencontre, de leur première nuit, de leurs querelles qui, quand tout allait bien, se dénouaient sur l'oreiller dans un orage de passion renouvelée.

******

Au bout de quelques jours, Martine, l'épouse du cousin, prise de remords, lui avait téléphoné, pour lui demander comment elle se sentait après un si grand chagrin.

- Oh, bien sûr, papa me manque, mais je me fais une raison. A son âge, cela devait finir ainsi. C'est Marcus qui m'inquiète. Il n'est pas rentré depuis plusieurs jours. Que mange-t-il, là où il est et pourquoi le retient-on ainsi ?

Martine en avait eu le souffle coupé. Elle avait alerté son mari et tous deux avaient débarqué chez Christine, sans crier gare. Ils l'avaient trouvée hagarde, échevelée, dans une maison en désordre et, comme ils la dévisageaient, elle avait tapoté ses cheveux, en pensant qu'elle devrait prendre rendez-vous chez le coiffeur. Elle les avait fait asseoir de mauvais gré, se demandant ce qu'ils faisaient là, alors qu'on passait parfois des années sans se voir.

Martine lui avait pris la main et lui avait parlé à mi-voix.

- Tu es très fatiguée, n'est-ce pas, Christine, mais il faut revenir à toi. Ce n'est pas ton papa que nous venons d'enterrer, tu dois le savoir. C'est Marcus, voyons !

- Marcus ? Ce n'est pas possible !

- Je t'assure que c'est Marcus qui est décédé.

- Et nous nous sommes occupés de tout. J'attends toujours que tu nous remercies, avait grogné le cousin avec reproche, mais Martine l'avait fait taire, car elle voyait bien que la pauvre n'était pas dans un état normal. Christine, quant à elle, voyait la fiction qu'elle s'était créée partir en lambeaux. Tout lui revenait tout à coup. Le lit médicalisé qui avait disparu ainsi que Marcus. Ce vide, cette absence, cette non vie, c'était trop pour un esprit fantasque, apte aux chimères consolantes.

- Mais alors, si Marcus est parti, qu'est-ce que je vais devenir ? Je n'y survivrai pas. Ce n'est pas vrai. Ce matin encore je lui ai parlé. Il a promis de revenir. Il ne laissera pas sa petite fille toute seule.

- C'est ton mari, pas ton père !

- Je suis son enfant quand même. C'est mon ami, mon père, mon mari, mon amant.

Etait-elle sincère ? Jouait-elle la comédie ? Avec elle, on ne savait jamais, se disait le cousin. Elle allait peut-être se lancer dans un de ces discours pseudo philosophiques qui lui donnaient l'impression d'être une intellectuelle de haut vol.

Allait-on subir à nouveau sa profession de foi, selon laquelle, avant de connaître Marcus, elle avait honte de son corps, car tout plaisir était tabou selon l'éducation qu'elle avait reçue. Lui, heureusement, l'avait révélée à elle-même. Et tout ça, assaisonné de ces "hein, sincèrement", avec lesquels elle sollicitait l'approbation de ses interlocuteurs.

Quand elle tenait ce genre de discours, au temps de sa jeunesse, elle était toute frémissante d'excitation, les yeux brillants et les lèvres humides. Elle se tenait jambes haut croisées, découvrant un bout de cuisse au-dessus des bas et parfois un morceau de son slip en dentelle noire. Ce genre de discours un peu ridicule pouvait passer alors, auprès des hommes du moins. Certains, dont le cousin, affriolés, s'étaient crus autorisés à risquer des travaux d'approche et tous avaient été repoussés avec fracas.

(pages 125 à 127).

Marcelle Dumont

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Ces petits, un poème de Marie-Thérèse Carlier

4 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Ces petits, un poème de Marie-Thérèse Carlier

CES PETITS

Tous ces petits

A la vie mal affermie,

Trop tôt anéantis,

Pourtant sans dédits

Ni sans vils compromis

Qu'ont-ils fait, honnis

En leur courte vie?

Est-ce un oubli

Venu de l'infini

Qui les a trahis ?

Ou peut-être maudits ?

En quelle envie

Du mal se sont ils-mis ?

Hors de leurs nids,

Innocence bannie

Ils n'ont pas menti

Ils n'ont pas gémi

Juste des non-dits

Comme du vin la lie

Ils connaissent le mépris

Pourquoi sont ils-affadis

Au fond de leur lit

Ces petits génies

Qui n'auront jamais grandi

De quels puissants la déontologie

*

De la normalité les a bannis ?

Quel crime ont-ils commis

Pour être de la sorte punis ?

Aux jours où les enfants rient

Ceux-ci sont sans amis

A quelles règles sont-ils soumis

Réfugiés dans leurs replis?

Ils n'ont pourtant jamais rugi

Ni se sont enhardis

A pousser de rage leurs cris

Ce ne sont que des petits bandits

Aux joues pâlies,

Aux silences d'une violence inouïe,

Aux regards nus où se lit

Toute l'indifférence qu'ils reçoivent à l'envi

Ils sont à peine nés qu'ils entrent en agonie,

Ces petits à un destin fatal déjà soumis.

Pour eux, jamais on ne prie,

Ils ne connaîtront que l'oubli

D'une vie non accomplie

D'eux aucun ouvrage ne se publie

Ils disparaîtront sans amis,

Dans un de ces hôpitaux de la non-vie,

Derrière les portes de l'oubli

Où ils gisent dans leur imposé dédit,

Même les anges ne voient d'aussi petits,

Dans leur souffrance induits.

*

Pour ces anges, l'enfer vite s'oublie

Ils s'envolent vers d'autres êtres sans félonie,

Leurs tombes ne seront bénies,

Pas de place pour eux au Paradis

A moins qu'un être de lumière d’amour pétri

Leur offrent un coin d'amour hardi

Leurs âmes seront peut-être sauvées de tout ennemi

Un carré de fleurs par leurs cendres sera enrichi,

Sublimé par cette quintessence amie

Celle de l'aube du monde, quand le bonheur n'était interdit...

Bon vent, petits amis !

Marie-Thérèse Carlier

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Carine-Laure Desguin sous le feu des projecteurs !

3 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #interview

Carine-Laure Desguin sous le feu des projecteurs !

— Carine-Laure, un de tes textes sera lu lors de cette soirée du 07 octobre ? Explique-nous, on n’y comprend plus rien à toutes tes histoires d’expo, de ceci, de cela…

— Mais tout est si simple, Christine! C’est Bernadette Michaux, une amiartiste qui …Oui, une amiartiste, ne me regarde pas comme ça, Christine…Ah ben oui, je viens d’inventer le mot, c’est un ou une amie qui est artiste, tout comme moi.

— D’accord Carine-Laure. Et si tous tes amiartistes sont aussi fêlés que toi, c’est pas gagné.

— Je continue. Bernadette Michaux, une de mes amiartistes donc, est une sculptrice de grand talent. Avec Germaine Hurlet, Josiane Renson et Dina Valerio, elles exposent depuis le 20 août 2016. Une expo formidable, tu sais Christine.

— Le thème, où, comment, pourquoi, qui, que, quoi … ?

— C’est la Maison de la Poterie de Bouffioulx (rue Général Jacques, 4, à 6200 Châtelet www.Chatelet-anime.jimdo.com qui organise tout ça. Le thème ? Les artistes ont interprété à leur façon le phénomène de migrations, tous ces mouvements qu’ils soient d’ordre botanique, chimique…Mais l’actu a rattrapé nos artistes et nous pensons tous à ces migrants…

L’expo est visible du 20 août au 13 novembre 2016

— Et quel rapport avec toi, Carine-Laure ? Tu migres ?

— Ah ben moi j’avais écrit un texte, Les enfants du voyage. Ce texte mis en musique par Ernest Hembersin sera donc interprété par ce guitariste carolo lors de cette grande soirée du 07 octobre à 19 heures.

— Merci Carine-Laure ! On a tout compris ! Ouf !

— Concert donc d’Ernest Hembersin pour cette soirée « Migrations – Mon pays, ta culture » qui aura lieu le 07 octobre 2016. Le texte Les enfants du voyage sera interprété mais aussi d’autres textes qui ont pour thème Les migrants. Rendez-vous vers 19 heures car avant le concert d’Ernest Hembersin, nous aurons le plaisir d’écouter Bernard Pierre et Armine Avetisyane qui nous joueront une dizaine de morceaux de musique traditionnelle de pays différents. Bien sûr, présentation de l’expo et des intervenants par l’échevine du Tourisme. Une soirée de partages et d’échanges, une soirée comme je les aime. Suis heureuse lorsqu’un texte prend de l’envol, du mouvement, un texte qui migre…

— Carine-Laure, tu n’a rien oublié ?

— Non, je ne crois pas, Christine. Tout est dit, l’heure, les différents intervenants, les liens vers La Maison de la Poterie. Ah oui, un tout grand merci à Sabine Gille qui a orchestré tout ce petit monde et mis en place cette exposition. Et merci à Ernest Hembersin. Grâce à son talent, plusieurs de mes textes se retrouvent sur des CD…

— Bien bien, Carine-Laure, on peut dire que tu te bouges !

— N’est-ce pas, Christine Brunet ? Pour rappel, Christine Brunet est l’auteure de plusieurs romans policiers, infos ici : http://www.christine-brunet.com/ !

— Et pour ceux qui ne connaissent pas Carine-Laure, voici le lien vers son press book :http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

Et un lien vers son dernier article dans lequel cette aventurière des mots explique ses publications en revues :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2016/09/06/index.html

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Les saisons, 4 poésies de Jean Destree

2 Octobre 2016 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Les saisons, 4 poésies de Jean Destree

LES SAISONS

Printemps

Printemps de fleurs

Printemps de joie

Printemps de mai

Printemps d'espoir

Printemps de Prague

La rose est noire

*

Le chêne a reverdi

Les moutons sont sortis

Les loups aussi

Printemps de joie

Printemps d'espoir

La rose est noire

****

Eté

Eté de feu

Eté des jeux

Eté, c'est rouge

Plus rien ne bouge

Et la lumière

Aveugle

*

Brûle les yeux

Eté de sable

Eté du diable

Le clairon sonne

Faux

Le soleil cogne

*

Là-haut

****

Automne

Tourbillonne

Tourbillonne

Feuille d'automne

Le vent se lève

La pluie achève

De mouiller l'herbe

*

Automne pâle

Automne sale

La maison triste

Se tait

Le coeur s'ennuie

Et sait

*

Que le temps presse

Je n'ai de cesse

Que de t'aimer

***

Hiver

Hiver glaçant

Hiver trop blanc

Hiver soufflant

De vent violent

Je me calfeutre

Dessous mon feutre

*

Hiver de froid

Hiver de feu

Hiver de guerre

Hiver de joie

Hiver de fête

Soleil blafard

Jean Destree

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