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Le blog Aloys

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Séverine Baaziz nous présente "Le premier choix"...

15 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

 

Biographie :

Séverine Baaziz est née à Briey, en Lorraine, en 1978.

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages lui permettent de vivre plusieurs vies : épouse, mère, informaticienne… sans oublier auteure à ses précieuses heures volées au temps.

Le premier choix est son premier roman.

Site auteur : https://severinebaaziz.com/

 

Résumé :

 

Et si naître dans la famille de son choix était possible…

 

Un homme se retrouve au milieu de nulle part. Sans nom. Sans souvenir. Là, on lui dit l’impensable vérité : il est mort. Ca c’est la mauvaise nouvelle. La bonne, on lui offre une chance sans pareille : renaître. Et ce n’est pas tout : renaître dans la famille de son choix.

A partir de là, tout s’enchaîne. Jour après jour, il apprend à découvrir les hommes et les femmes qui pourraient tant compter pour lui. Leur quotidien, leurs préoccupations, leurs pensées. De fil en aiguilles, les cartes en main se multiplient… avant de toutes tomber à terre et d’espérer une nouvelle pioche.

 

Bienvenue dans la tendre et palpitante histoire d’un bonheur qui se cherche.

 

Extrait :

 

Tout est blanc. Etonnamment blanc.

Nonchalant, je m’aventure à errer dans cet espace sans horizon. Sans le moindre repère, visuel, sonore, je ne sais où aller.

Je déambule.

Je vagabonde.

Aussi fin enquêteur qu’un Epagneul sans flair, je ne trouve rien. Pas un seul indice. Dans ma quête de clairvoyance, il me vient à penser que non  seulement je ne sais pas le moins du monde où je suis mais, pire, je ne sais même pas qui je suis. Qui peut me dire si je ne suis pas amnésique, prisonnier d’un état comateux ou simplement en plein rêve.

N’importe qui à ma place, j’imagine, serait tenté de paniquer, mais moi, non. Etrangement, je suis seul tout en ayant en même temps le sentiment d’être entouré. Mes questions restent suspendues sans que je puisse y répondre. J’aimerais savoir ce que je fais ici et pourquoi.

  •  La question n’est pas qui tu es, mais qui seras-tu.
  •  Mais qui me parle ?

Plus aucune réponse. La voix me semble inaudible ; simplement retentir en moi. Malgré ces questionnements, je me sens irrationnellement paisible et confiant.

Mon interlocuteur reprend, invisible, calme et puissant :

  •  Le temps est venu pour toi, Martin, de prendre une grande décision, de choisir ton destin.

Les mots se suivent et à aucun moment je ne ressens le besoin de les interrompre.

  •  Ton âme, Martin, fait partie du cycle de la vie. A chaque commencement, une fin, à chaque fin, un commencement. Tu as su abreuver ton âme des félicités de la vie, ne pas sombrer dans les épreuves, préserver ta lumière des vents et tempêtes. Ainsi, tu renaîtras… Ton libre arbitre recommence dès maintenant. Il t’appartient de choisir la famille qui t’accueillera. Dans une certaine mesure en tout cas. Je t’explique. Au vu de ta vie passée, certaines possibilités s’offrent à toi. Plusieurs destins sont possibles et à ta portée, il te faudra faire ton choix en fonction de tes propres volontés et de ton ressenti. Ainsi, tu visiteras deux familles qui attendent, mais ne le savent pas encore, la venue d’un enfant.

Un silence se fait ensuite entendre.

Je me suis senti enveloppé par cette voix qui me pénètre sans que je la distingue de façon sonore. Je ne sais l’écouter, je la ressens. J’ose une question.

  •  Alors, je m’appelle Martin ?
  •  Martin se trouve être ton dernier prénom. Le prénom que ta dernière famille avait choisi pour toi. Ton âme a déjà connu diverses vies durant lesquelles, à petits pas, elle a progressé. Ce n’est pas le cas à chaque fois. Pour certains, l’âme se laisse empoisonner par toutes sortes de nocivités. La peur, l’égoïsme, l’envie sont autant de travers menant parfois au pire des devenirs. Ainsi, une âme peut se noircir et même se putréfier totalement. Celle-ci ne renaîtra plus… Heureusement ce n’est pas ton cas. Tu as su mener une vie digne et honnête mais certaines difficultés ont endigué quelque peu le foisonnement de ton esprit. Dès ton plus jeune âge, tu as manqué d’amour et, en grandissant, des échecs professionnels et personnels t’ont blessé. C’est pourquoi, nous te donnons la possibilité de faire ton choix entre deux socles de vie : l’affectif ou le confort matériel. Deux familles différentes. Deux destins qui s’offrent à toi.

 

Je devrais me sentir désabusé par toutes ces informations qui me viennent avec force, mais au contraire je me sens en paix. Je sais que tout ira bien. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’ai confiance en moi, mais puisque j’ai la chance d’entendre ce discours, c’est que je le mérite et je n’ai qu’une envie, découvrir qui je suis et jouir pleinement de cette aventure incroyable.

  •  Il est temps, Martin. Tu vas partir à la découverte de tes destins.

Je me sens happé dans un profond tourbillon. Je m’évanouis. Pour un instant.

 

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L'éternel retour, une nouvelle signée Didier FOND

14 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

L’ETERNEL RETOUR


 

Un long sifflement déchire l’espace, aussi terrifiant que le dernier cri d’un agonisant. Coincé entre la cloison et de multiples corps qui se pressent contre lui, l’homme sursaute et ouvre les yeux. Le sifflement retentit encore ; c’est celui d’une locomotive. Il prend peu à peu conscience de l’endroit où il se trouve : une odeur infecte de sueur, d’urine et d’excréments enfle ses narines et lui donne la nausée. Mais il ne peut pas vomir ; il étouffe, il voudrait de l’air, juste un peu d’air ; impossible. Il est trop loin de l’étroite lucarne par laquelle pénètrent parfois quelques lueurs nocturnes et un peu –si peu- d’un air aussi glacial que doit l’être le vent du pôle…

Où est-il donc ? Que fait-il ici, dans ce train ? Qui est-il ? Il ne se souvient de rien, pas même de son nom. Et pourquoi ressent-il une telle peur, si lourde, si atroce, qu’il voudrait crier, joindre sa voix à celle des autres dont les râles, les pleurs, les gémissements, forment une symphonie aussi dissonante que funèbre ? Il ouvre la bouche essaie désespérément d’aspirer quelques goulées d’air puis d’exhaler enfin ce cri d’horreur et d’angoisse qu’il sent monter en lui et qui se refuse à sortir. Mais sa gorge nouée ne laisse passer aucun son.

Il sent tout à coup une main se saisir de son bras droit, le serrer avec force, puis la pression se relâche, la main l’abandonne ; quelque chose le frôle, il ne sait pas ce que c’est. Cela descend, descend tout le long de son corps, jusque vers ses chevilles. Une voix d’homme, à côté : « ça y est, il vient de mourir. Marchez lui dessus, de toute façon, il ne sent plus rien et ça fera un peu de place. »

C’est sur le corps d’un mort que ses pieds reposent désormais. A cette horreur répond l’épouvante qui le taraude sans répit depuis qu’une certitude, venue il ne sait d’où, s’est imposée à lui : il va mourir, ce train, c’est le train de la mort, une mort terrible à qui nul dans ce wagon ne peut échapper.

Et le temps passe, la locomotive siffle, le wagon cahote sur ses roues, les cris s’éteignent dans un autre brouhaha ; le train a ralenti, il marche au pas maintenant ; une voix s’élève, angoissée : « je vois de la lumière… Il n’y a pas de nom… Je ne sais pas où l’on est. » Le train s’arrête.

Une monstrueuse cacophonie éclate au-dehors ; tandis que les serrures du wagon sont déverrouillées, retentissent des aboiements de chien, d’autres cris, bien plus menaçants que ceux entendus dans le train, et des ordres, hurlés à plein poumon dans une langue qu’il reconnait immédiatement : « Raus ! Raus ! Schnell ! » C’est de l’allemand. Il est donc allemand, ou il parle cette langue. Mais son identité, à cette heure, à cet endroit, a-t-elle encore de l’importance ?. Hébété, il saute du wagon, suit docilement, en courant, la file de gens qui se pressent vers l’avant du train. L’obscurité est presque totale, çà et là, quelques lampes éclairent le convoi. Il faut courir, courir, en évitant les bagages abandonnés à terre, en évitant aussi les coups de gourdin généreusement dispensés par les gardes.

Au bout, un homme en uniforme de SS tient une cravache à la main. D’un mouvement régulier, il désigne sans un mot la droite, la gauche, alternativement ; ses gestes sont d’une précision presque mécanique ; son regard fixe semble ne voir personne. Pas un atome de vie dans ses yeux, comme si lui-même était déjà mort.

Sans savoir pourquoi ni comment, il se retrouve tout à coup nu, au milieu d’autres gens nus eux aussi, dans une pièce qui semble être une salle de douche. Il fait atrocement froid, ils se serrent les uns contre les autres. Son regard se tourne vers les pommeaux de douche suspendus au-dessus deux : l’évidence devient aveuglante ; ce n’est pas de l’eau qui va tomber du plafond, mais autre chose, de bien plus terrible. C’est la mort que vont transporter ces tuyaux, une mort effroyable que pressentent déjà tous ces corps compressés et qui, d’une seule voix, hurlent leur terreur et leur refus de disparaître ainsi. La lumière s’éteint, les cris deviennent assourdissants ; la plus horrible angoisse s’est de nouveau emparée de lui : il ne veut pas mourir, pas comme ça ; il se débat, de toutes ses forces, mais le gaz fait peu à peu son effet : l’air se raréfie, le poison envahit la salle, les cris deviennent râles ; il étouffe, la douleur est atroce, mais plus forte que la douleur, il y a encore cette immonde peur qui le prend à la gorge, et loin de l’aider à mourir, le force à se débattre encore, à griffer le plafond de ses ongles, les yeux révulsés, la bouche grande ouverte, comme pétrifié dans un hurlement muet…

Ta peur, ta souffrance… Tout ce que tu as ressenti jusqu’ici, c’est cela que tu as infligé à des milliers de malheureux. Pour toi, l’univers est vide ; pour toi, le ciel n’a plus d’aurores ; le pardon est impossible. C’est maintenant ton tour de payer, SS Obersturmbannführer Höss. Dans l’éternité des éternités, je te condamne à refaire sans fin ce voyage vers la mort, dans l’indicible angoisse des condamnés…

… Un long sifflement déchire l’espace, aussi terrifiant que le dernier cri d’un agonisant. Coincé entre la cloison et de multiples corps qui se pressent contre lui et gémissent, l’homme sursaute et ouvre les yeux. Le sifflement retentit encore ; c’est celui d’une locomotive. Il prend peu à peu conscience de l’endroit où il se trouve : une odeur infecte de sueur, d’urine et d’excréments enfle ses narines et lui donne la nausée…


 

Didier Fond

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L'eau des Cendres de Denis Schillinger dans Le Bibliothécaire

13 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

L'eau des Cendres de Denis Schillinger dans Le Bibliothécaire
L'eau des Cendres de Denis Schillinger dans Le Bibliothécaire
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Dérine, un poème extrait de "L'ombre du reflet" de François Iulini

12 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

 

Dérive

 

Le pavé est disjoint ; dérive la pierre

De la cour ; pousse l’herbe, vert océan

Où clapotent les lauzes ; sur quelles terres

S’échouera le radeau ; île ou continent ?

 

Midi ; coule le plomb du ciel ; fond la mer,

Verdâtre fiel ; une gerbe de ciment

Sourd, dégueule le joint, mousse la crinière

Paille ; la cour glisse et tangue incontinent…

 

Où errent les pensées du lecteur distrait,

Son œil s’est noyé sur la page immobile ;

Le monde alentour est-il faux, est-il vrai ?

 

Divague le point d’orgue d’une pensée

De rive ; rêve vague d’un sol figé,

Heureux, secret ; une cachette, un asile...

 

François Iulini

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La greffe prendra d'Edwige Thomas dans Le Bibliothécaire

11 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

La greffe prendra d'Edwige Thomas dans Le Bibliothécaire
La greffe prendra d'Edwige Thomas dans Le Bibliothécaire
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La posologie des sentiments de Michel Beuvens dans le Bibliothécaire

10 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

La posologie des sentiments de Michel Beuvens dans le Bibliothécaire
La posologie des sentiments de Michel Beuvens dans le Bibliothécaire
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Le blog "D'un livre à l'autre" de Philippe Desterbecq a chroniqué "Vénus en Ré", le dernier thriller de Christine Brunet

9 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://phildes.canalblog.com/archives/2017/01/11/34766806.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

http://phildes.canalblog.com/archives/2017/01/11/34766806.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

 

J'attends toujours avec impatience la sortie du dernier roman de Christine Brunet. "Vénus en Ré" (joli titre et jolie couverture) est son huitième polar et le deuxième dans lequel l'enquêtrice est Gwen Saint-Cyrq, une légiste au look plutôt déjanté : piercings, tatouages. 

Dans ce roman, le lecteur fait plus ample connaissance avec l'héroïne  ce qui n'est pas pour me déplaire. Gwen a eu une enfance difficile, orpheline, à la DASS puis adoptée par une femme qu'elle n'aimera pas ! 

Dans "Convergences", le roman dans lequel elle apparait, le lecteur comprend que même si elle est entrée dans la police, Gwen est loin d'être une oie blanche. 

On la retrouve ici femme de ménage (ce qui cache ses affaires illicites) avant qu'elle ne soit rappelée pour enquêter sur la mort de la fille de son patron. Ici encore, elle joue un peu sur les deux tableaux : celui de la police et celui du "brigandage". 

La fille du commissaire est la septième victime de celui que la presse appelle "l'homme au catogan".

Sous la pression de son chef, le tandem Saint-Cyrq/Signac se reforme. Signac voue une haine sans limite à celle qu'il accuse d'avoir assassiné son frère. 

Ils n'ont toutefois pas le temps : ils devront travailler ensemble ! 

Son enquête emmène Gwen sur l'ile de Ré où d'autres victimes sont découvertes : un gendarme dont l'épouse est une ex de Signac et le petit ami de la fille du commissaire qui vit sous une fausse identité.

Des indices  placés non loin des victimes orientent Gwen dans une certaine direction...

Gwen ne recule devant rien au risque d'y laisser sa peau ! Il faut qu'elle découvre le ou les meurtriers car certains détails lui font penser qu'il y aurait un serial killer et un copycat. 

Une enquête menée tambour battant par une Gwen plus attachante que dans le premier polar qui la met en scène. Une histoire qui se termine de manière à laisser penser qu'il y aura une suite ou en tout cas qu'on retrouvera l'héroïne dans un troisième roman.

Je me trompe, Christine? 

En tout cas, merci de m'avoir permis d'enquêter avec Gwen. Mon cerveau a bien bouillonné, c'est le gage d'un polar réussi.

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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué "Nid de vipères" de Christine Brunet

8 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/nid-de-viperes-a128033472

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/nid-de-viperes-a128033472

 

Résumé de l'éditeur :

Un homme qui parvient à échapper à ses tortionnaires. Son nom, Nils Sheridan. Une femme, commissaire divisionnaire, Aloys Seigner, en vadrouille à Hawaï et qui accepte de l'aider. Elle le ramène dans ses bagages à Paris où elle prend de nouvelles fonctions. Première journée et première affaire... un double meurtre maquillé en suicide et la découverte dans le sang des victimes d'une drogue inconnue. D'ailleurs, qui était vraiment le couple de bourgeois d'un abord franc et sans aspérité ? Les questions s'enchaînent comme d'ailleurs les victimes de cette substance mortelle qui rend fou ses adeptes. Des débuts de pistes, beaucoup de questions et des réponses qui tardent à venir alors que la DGSE s'en mêle. Soudain tout se précipite et tout s'enchaîne : la maladie d'Aloys, le jeu malsain de Nils, l'attitude équivoque de son frère (patron de la DGSE), la découverte d'un meurtre programmé à l'autre bout du monde en lien direct avec les premières victimes. Habilement manipulée, le commissaire n'a plus le choix : elle part pour tenter d'enrailler la machine, et empêcher le crime. Le piège se referme alors... sur elle.

 

 

 

Mon avis :

Encore une réussite pour Christine Brunet! Après avoir lu "Convergences" et "Dégâts collatéraux", me voici avec celui-ci qui a été écrit avant. Je ne lis pas dans l'ordre mais ce n'est pas grave.

On retrouve ici Aloys quelques temps avant ses aventures dans "Dégâts collatéraux". Et même si ces deux livres peuvent se lire séparément car ce sont deux enquêtes différentes, je suis contente de découvrir les personnages sous un autre angle. En effet, J'ai beaucoup aimé Nils dans "Dégâts collatéraux", il m'avait attendri, mais alors là, je l'ai détesté presque tout le long de l'histoire! Quant à Aloys, ce roman m'a permis de comprendre un peu mieux sa façon d'être dans la suite. Elle était un peu trop sûre d'elle, alors qu'en fait, ça s'explique par son passé, elle s'est "blindée". Elle est bien entouré et elle ne sait pas trop remercier mais c'est son caractère finalement, il faut la prendre comme cela!

Nils est un vrai macho dans cette histoire, le genre de mec que je n'apprécie pas du tout! Par contre, c'est un vrai professionnel, il est très bon dans son domaine et, associé à Aloys, le duo est parfait!

Encore une histoire complètement folle où l'on voyage partout, on suit les péripéties de cette famille Seigner et des services secrets associés. Parfois un peu tordue, l'intrigue dévoile le suspense à chaque page et le lecteur ne peut que tourner les pages pour comprendre ce qu'il se passe réellement!

 

En bref, encore un excellent thriller de la part de l'auteur, une héroïne un peu spéciale et trop parfaite, une histoire d'amour chaotique, mais un final... grandiose! Qui donne envie de lire la suite. Pour finir, je vous conseillerais de commencer par "Nid de vipères" pour ensuite continuer avec "Dégâts collatéraux".

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Régis Kuntz nous propose un extrait de son ouvrage en court de publication aux Editions Chloé des Lys

7 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Textes

 

L’Autriche-Hongrie comptait dans ses rangs une personne du nom de François-Ferdinand de Habsbourg. C’était un personnage borné, brutal, et par-dessus tout, héritier de la couronne d’Autriche. Il se distinguait par son catholicisme proche de l’intégrisme, un antisémitisme notoire et une haine farouche des régimes démocratiques. Il réussit le prodige de se fâcher avec tous ses collaborateurs, y compris les plus proches, et ses relations avec François-Joseph étaient exécrables. Enfin, il contracta un mariage morganatique qui couvrit d’humiliation la cour d’Autriche. Il faut avouer que cela faisait beaucoup de défauts pour une seule personne.

Un jour, le cousin Guillaume, qui était pourtant peu avare de bellicisme, dut remettre en place cet héritier bouillant. « Vous faites trop de bruit avec mon sabre ! », lui adressa-t-il sur le ton de la réprimande.

La vérité historique voudrait aussi que l’on présente l’archiduc comme un chantre de la paix, mais il n’y a que de rares historiens fanatiques de sa personne pour le relever, aussi nous en resterons à l’impression générale qu’il laissa.

François-Ferdinand eut l’idée de se rendre à Sarajevo au début de l’été 1914. Le but de ce voyage était de parader en pleine fête nationale serbe pour leur exprimer son mépris. Malheureusement, il se trouva un bras armé pour lui expliquer autre chose. L’archiduc trépassa sous les balles et la cour d’Autriche aurait put être soulagée de cette perte. Le bon sens aurait dicté de mener une enquête policière, mais déjà Guillaume trépignait. Sa première réaction fut : « Mince, maintenant tout est à refaire ! », à croire qu’il avait déjà ourdi un projet avec le Grand-Duc pour jeter le monde dans la guerre. Puis il se ravisa : « L’héritier de la cour d’Autriche, ce n’est pas rien tout de même, après tout ce n’est qu’une question de présentation » et il câbla toutes sortes de recommandations à François-Joseph. Ce dernier finit par sortir sa plume et adressa à Pierre 1er de Serbie un ultimatum en dix points inacceptables. Il s’agissait tout simplement d’une proposition implicite de guerre et contre toute attente, le premier des Habsbourg reçut une reddition de Pierre 1er de Serbie. C’en était trop ! Les Slaves faisaient fi du code de l’honneur, bafouaient les usages, cette complaisance était une insulte directe à la cour d’Autriche, il fallait franchir le pas. Le Kaiser exultait, Nicolas II alors en proie avec quelques désordres intérieurs trouva enfin une occasion d’occuper le devant de la scène. « Nous volons au secours de nos frères slaves ! », et puis un petit conflit était toujours propice à resserrer les liens entre un peuple et son tsar.

Pour la forme, le cousin Willy tenta une médiation avec son parent Nicki, mais ce dernier avait déjà lancé l’ordre de mobilisation de ses troupes. L’Allemand put s’en retourner doublement satisfait puisque les apparences étaient sauves. À l’embrasement du conflit, le tsar se rendit au balcon de l’Hermitage et ce fut une foule en liesse qui salua sa présence. « En vingt ans de règne, je n’ai jamais réussi à être aussi proche du peuple, songea-t-il. Mes ministres avaient raison, ce petit conflit nous fera du bien ! »

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Jean-François Foulon a lu "Le boîteux de Grattebourg" de Rolande Michel

6 Mars 2017 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de lecteurs, #avis de blogs

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2016/12/31/le-boiteux-de-grattebourg-de-rolande-michel-5893055.html

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2016/12/31/le-boiteux-de-grattebourg-de-rolande-michel-5893055.html

Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel (Editions Chloé des Lys)

Je termine à l’instant le livre de Rolande Michel et je dois dire d’emblée qu’il m’a beaucoup plu. L’histoire se déroule dans un petit village un peu hors du temps, où des événements de plus en plus curieux se produisent, ce qui fait qu’insensiblement le lecteur se retrouve dans une ambiance fantastique. C’est que dans ce village à première vue ordinaire (on retrouve un maire, un curé, un médecin et la palette classique des habitants, du boucher au fermier et du garde-champêtre au cafetier, en passant par une ou deux grenouilles de bénitier quelque peu médisantes), il va se produire toute une série d’événements. Au début, ceux-ci n’ont rien d’anormal en soi et peuvent s’expliquer rationnellement (par exemple, un chat qui gratte à la fenêtre en pleine nuit et qui effraie un enfant endormi) mais petit à petit, par leur répétition et leur côté étrange, on bascule insensiblement dans un univers insolite et inquiétant : la fenêtre contre laquelle le chat vient gratter est tellement haute qu’elle est en principe inaccessible, même pour un félin, ce chat agressif effraie de nombreux enfants, les eaux paisibles du lac se mettent à faire des vagues, les poules des villageois sont égorgées les unes après les autres, etc. Le lecteur est pris dans cette tourmente et l’inquiétude des habitants devient peu à peu la sienne. A la fin (fin que je ne raconterai évidemment pas ici), tous ces événements étranges nous plongent dans une situation qui est clairement fantastique. Celle-ci, que l’auteur a subtilement amenée, progressivement et par paliers, est finalement acceptée sans problème par le lecteur et elle vient clôturer un livre à la lecture duquel il a pris beaucoup de plaisir.

Il faut dire que dès le début ce village est décrit comme atemporel. La vie que l’on y mène semble celle d’une autre époque : on y vit en autarcie, comme dans les années 1930 (des fermes, de petites boutiques, une église, etc. et il y a même un moulin à vent pour moudre le blé). Pourtant, la présence épisodique de la télévision vient démentir cette impression. On est donc bien dans le monde d’aujourd’hui, mais le temps semble s’être arrêté.

L’endroit où se situe le village est lui aussi ambigu. On a parfois l’impression d’être dans une campagne reculée, éloignée de tout. Pourtant, on apprend que certains habitants vont travailler comme ouvriers dans la ville voisine. Des « étrangers », venus on ne sait d’où, viennent aussi s’établir parmi les habitants (mais à ceux-là, on préfère ne pas parler). Le médecin regrette d’être venu s’installer dans cette localité arriérée, aux mentalités archaïques et il s’en ira d’ailleurs à la fin. Les jeunes eux aussi quittent le village.

Que ce soit sur le plan géographique ou temporel, Grattebourg est donc « en marge », sans qu’on puisse rien préciser de plus. Cette situation est voulue par l’auteur et elle lui permet d’introduire plus facilement le côté fantastique de l’histoire.

Il y aurait beaucoup à dire sur les thèmes développés dans cet ouvrage, où la mort est omniprésente. Le principal protagoniste, Anselme, a un don de voyance car chaque fois qu’une personne va mourir dans le village, il a la vision terrifiante d’une charrette qui s’approche à grand bruit, conduite par un  cocher habillé de noir et qui fouette ses chevaux. C’est le char de la mort qui vient pour emporter sa future victime. Le livre commence d’ailleurs par le décès d’un des habitants, Jules, mais il y en aura d’autres, comme Joe, qui se noie dans les remous mystérieux du lac. Le meunier, lui, avait été retrouvé pendu aux ailes de son moulin. Il faut dire qu’il venait de perdre sa femme, laquelle s’était noyée de désespoir après la mort de son enfant. On le voit, le mort est donc ici un thème central, qui oblige le lecteur à réfléchir à sa propre destinée.

On notera que la religion est abordée avec un sourire amusé. Le curé est bien brave, certes, mais on le sait gourmand et il préfère laisser un homme mourir seul sous prétexte qu’il doit aller dire une messe ailleurs. On le sent peu humain. Les sœurs du couvent préfèrent aussi s’adonner à leurs prières et à leur contemplation plutôt que de s’intéresser au sort des villageois. Anselme l’orphelin a pourtant été recueilli par elles, mais il reste livré à lui-même et on ne s’occupe pas de lui. On ne trouve donc rien de très chaleureux du côté de ces religieuses non plus.

Venons-en maintenant aux personnages principaux. Ils sont tous « en marge » par rapport aux habitants. Anselme est orphelin et boiteux, ce qui lui vaut la méfiance des habitants et les railleries des écoliers (et du coup il ne fréquente pas l’école, ce qui ne l’empêche pas de savoir lire, autre singularité). Joseph, le rebouteux, vit à l’écart du village et est parfois accusé de sorcellerie. Maria, elle, tire les cartes de tarot et semble avoir des liens avec un monde parallèle. Ces trois personnages ne sont pas originaires du village, ils viennent d’ailleurs (mais on ne sait pas d’où), ce qui accentuent encore la méfiance à leur égard. Ils ont pourtant le fond gentil et aident tout le monde. Joseph soigne les gens gratuitement avec ses remèdes et Anselme fera de même une fois qu’il sera devenu son élève dans l’art de guérir par les plantes. Anselme qui à la différence du curé sera resté auprès de Jules au moment où celui-ci mourait.

Ces personnages sont donc différents (tant par leur physique que par leur générosité) et leur comportement, basé sur le don de soi, contraste fortement avec la mesquinerie des habitants de ce village. C’est là sans doute que réside la morale de cette belle histoire.

Jean-François Foulon

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