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"Le stylo", un texte de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

LE STYLO

 

Des mots virevoltent autour de moi. Ils rôdent comme des prédateurs indécis, opportunistes. Parfois, je les déteste et je me dis que je devrais m'opposer à eux. Parfois, je les adore, ils m'amadouent avec leurs diphtongues ou leurs consonnes qui m'invitent à valser ou à danser le tango.

 

Du papier pelure, du carton, des bristols, des petits carnets aux couvertures fleuries, des livres de compte me font les yeux doux. Qu'ils patientent un peu ! Priorité aux mots !

 

Pas question d'être piégé par un ticket de caisse ou un sous-bock dans un café. Je résiste à ce qui me déplaît…J'en fais à ma tête ! J'envie parfois le clavier, ce grand monsieur aux dents noires ou grises marquées de signes blancs ou noirs. Il est l'objet d'effleurement, de caresses amoureuses et l'idiot ne paraît pas en prendre conscience. Enfin, il y en a qui cachent bien leur jeu. Moi, j'apprécie les doigts chauds et fins des jolies demoiselles, mais aussi à l'occasion la rugosité d'un index ou d'un pouce qui me donnent le meilleur d'eux-mêmes. J'adore que l'on me prenne parfois avec violence. Je ne suis plus alors que l'objet d'un désir irrésistible. Je n'ai d'autre choix que celui de me donner sans résister.

 

Avouons-le, je suis un peu masochiste, versatile, impulsif. Comme vous tous je suppose, j'ai mes défauts.

 

Mots courts comme les appels au secours lancés par des naufragés amoureux de la vie. Doigts roses, amicaux, tièdes. Lèvres qui m'accueillent pour un innocent mordillement ou pour une morsure passionnée. Papiers légers et lisses pareils à des insectes. Papiers robustes, entêtés. Comment pourrais-je ne pas vous aimer à la folie, vous qui m'avez choisi, chéri.

 

Mais comme dans tous les vieux couples, il y a entre nous d'étranges hauts et d'aussi étranges et inexplicables bas.

 

Micheline Boland

Publié dans Nouvelle

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Brigitte Hanappe nous propose un extrait de son ouvrage à paraître "Pour un petit secret"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait de : Pour un petit secret.

La foule bruyante venait de repartir les joues rosies par l’alcool, la bonne humeur et le froid. On était le 11 février : le ciel hivernal se colorait d’un bleu d’acier et la température était glaciale. Juliette était fatiguée mais heureuse car comme chaque année, tout ce petit monde était ravi de l’accueil réservé par les Binchois, lors des festivités.
– Allez, ma vieille, il faut t’activer encore un peu, pensa-t-elle tout haut.

 

Pour raviver son courage avant de ranger, elle se resservit un peu de champagne et leva son verre vers un portait d’elle, accroché dans le living. Elle voulait s’auto souhaiter « santé » mais elle resta bouche bée : une rose séchée était insérée au-dessus du tableau, une rose dont le rouge pourpre avait foncé en séchant. Juliette déglutit en s’approchant.  L’année passée, lors du Dimanche-Gras, une fleur identique avait déjà été déposée au même endroit. Était-ce une attention de remerciement de la part d’un invité ? Peut-être avait-elle un admirateur ? Un inconnu qui avait des sentiments pour elle ou un ancien amoureux de jeunesse.
– Mamy, je peux garder Peppa Pig à la pitite télévision ? 

 

Lisa, sa petite fille de 3 ans se dandinait devant elle, les yeux brillants.
Obligée de rester dans sa maison pour rassembler et laver les nombreux verres, elle avait proposé à sa fille de garder la petite. Cela permettrait aux jeunes d’aller s’amuser tranquillement pendant une heure ou deux.
En allumant l’ordinateur que Lisa confondait avec un écran télévisé, elle précisa :
– On dit : « REGARDER la PETITE télévision ».

Elle s’approcha ensuite du cadre pour enlever la fleur fanée et tressaillit en découvrant une photo jaunie enroulée autour de la tige. Son propre visage, avec les yeux fermés, y était imprimé. Cette image d’elle-même, profondément endormie datait d’au moins trente ans : elle était jeune, ses longs cheveux bouclés étaient éparpillés, sa peau fine semblait si pâle qu’elle se confondait avec la couleur blanche de la taie de l’oreiller.

Publié dans Textes

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Le recueil de poésies de Bernadette Gérard-Vroman dans la revue "Bruxelles culture"

Publié le par christine brunet /aloys

Le recueil de poésies de Bernadette Gérard-Vroman dans la revue "Bruxelles culture"
Le recueil de poésies de Bernadette Gérard-Vroman dans la revue "Bruxelles culture"
Le recueil de poésies de Bernadette Gérard-Vroman dans la revue "Bruxelles culture"

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Viktoria LAURENT-SKRABALOVA et Le Berceau Nommé Mélancolie dans la revue Florilège de décembre

Publié le par christine brunet /aloys

Viktoria LAURENT-SKRABALOVA et Le Berceau Nommé Mélancolie dans la revue Florilège de décembre
Viktoria LAURENT-SKRABALOVA et Le Berceau Nommé Mélancolie dans la revue Florilège de décembre
Viktoria LAURENT-SKRABALOVA et Le Berceau Nommé Mélancolie dans la revue Florilège de décembre

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Gérard Le Goff nous propose un extrait de son ouvrage à paraître "Argam"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait de : Argam

 

[La scène réunit quatre protagonistes de l’histoire : le docteur Bernstein, l’érudit Semnoz, le libraire Larcan et l’avocat Osborne.]

 

— Examinez donc ces armoiries ! s'écria alors l'érudit, en désignant de l'index le blason qui ornait le manteau de la cheminée démesurée.

Le commerçant pointa sa lampe torche vers l'endroit désigné. Il s'agissait d'un écu écartelé, sculpté dans une pierre dure, dont chaque franc-quartier contenait une figure allégorique. En haut et à gauche, l'artiste cisela une tour délabrée que survolait un croissant de lune. Lui correspondant, en diagonale, figurait une tour neuve au-dessus de laquelle rayonnait un grand soleil. En haut et à droite, on distinguait un feu, symbolisé par des flammes serpentines s'enlaçant. A son opposé, en bas et à gauche, je crus reconnaître la figure emblématique du phénix.

— Je ne sais rien des rigoureux principes de l'héraldisme, se confia le docteur, mais il me semble que ces armes sont fantaisistes...

— En tout cas, ce ne sont ni celles de la famille Hauteville, ni celles de la famille Boscombe, lui répondit aimablement Semnoz. Par contre, j'y vois un rébus assez simpliste. Les francs-quartiers occupant la partie haute de l'écu sont voués à une imagerie négative : nuit, incendie, ruine. Ceux situés en bas contiennent des attributs à valeur positive : symbole de renaissance, fortune, soleil.

— Et alors ? coupa Bernstein, peut-être un peu vexé de voir l'érudit reprendre l'avantage.

— En bas, mon cher !... C'est à dire : sous la terre !...

— Le fameux laboratoire secret ! approuva le médecin, chez qui la passion l'emportait toujours.

— Et puis cela confirme tout bonnement votre théorie sur la beauté et la laideur, me suis-je risqué à affirmer, ce qui eut l’heur de satisfaire notre savant compagnon.

Sur une recommandation de Georges Semnoz, Pierre Larcan approcha la lumière électrique du blason. Nous examinâmes chaque sculpture. La représentation du fameux oiseau de la mythologie retint toute mon attention, tant elle semblait peu conforme à la tradition. L'érudit se préoccupait du relief de la tour que surmontait le soleil. Il nous fit d'ailleurs remarquer que le disque de l’astre du jour semblait bombé par rapport à sa base, et que la couronne de ses rayons, qui évoquait les pétales tordus d'une fleur fantastique, laissait un intervalle creusé à sa périphérie intérieure. Nous nous sommes alors tous regardés. Dans la pénombre, la lumière de la lampe burinait les traits de nos visages, accentuant ainsi les marques de la tension nerveuse qui habitait chacun de nous. Spontanément, le libraire dirigea le faisceau lumineux vers l'âtre. Le fond de celui-ci, simple panneau minéral, apparut vierge de suie. Semnoz effleura d'abord du bout des doigts le disque protubérant figurant le soleil, comme pour en éprouver le modelé. Puis il le pressa. Le centre du motif sculpté s'enfonça. Au même moment, la dalle verticale du foyer pivota sur d'invisibles charnières, dévoilant à nos regards encore incrédules le départ d'un escalier qui paraissait s’enfoncer dans l'obscurité.

— Hourra ! avons-nous rugi tous ensemble.

 

Extrait d’un roman à paraître prochainement aux éditions Chloé des Lys : Argam.

 

Publié dans Textes

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"Le petit recueil de nouvelles grises" de Noémie Lariven Franceschi : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait : Cette pièce me paraît chaque jour un peu plus petite, c'est parce que je sais qu'elle est fermée à clef. Je guette le moindre mouvement, le moindre bruit. Je l'entends, il vient de rentrer mais il va d'abord se servir un verre, je sais qu'il en a pour une minute et vingt-cinq secondes. Il monte l'escalier, il y a treize marches. Il déverrouille ma porte, j'aurai, a priori, le droit de manger ce soir. Mon repas se limitera à une ratatouille en conserve et un fruit trop mûr, mais je suis reconnaissante.

 

Présentation de l’auteur : Je m’appelle Noémie, je suis née en 1988 et je vis sur l’île de beauté en Corse. Anciennement vendeuse de livres, je suis une serial lectrice,  passionnée de thrillers et de livres d’épouvante. Mes références sont Karine Giebel, Jacques Expert, Cédric Sire et Stephen King. En février 2018 a germé dans mon esprit une mini nouvelle et les 44 autres ont suivi très naturellement. C’est lorsque ma boutique a fermé que l’idée de publier ce petit recueil m’est venue. Ce sont mes premiers écrits mais ce ne seront pas les derniers.

 

Résumé du livre: A tous ceux qui n'ont pas le temps de lire, à ceux qui s'endorment dès le deuxième chapitre, à ceux qui ont la flemme de commencer un pavé de sept cents pages, mais qui ont envie d'une dose de frisson, je vous présente ce petit recueil de nouvelles grises mais désaltérantes.

Vous y trouverez des personnages très différents à chaque page, des situations du quotidien qui basculent dans l'horreur en un clin d'oeil, des histoires courtes et sombres qui vous feront relativiser quant à vos petits soucis. Je vous souhaite une bonne lecture et de jolis rêves.

Publié dans Présentations

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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué "les petits chiens ne fument pas" de Léo Peiller

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/les-petits-chiens-ne-fument-pas-a176670688

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/les-petits-chiens-ne-fument-pas-a176670688

 

Date de parution : 21/09/2017
 

Format : grand

Nombre de pages : 208

Prix : 23.60 €

 Résumé de l'éditeur :

Le jour où Geoffrey accepte de rendre service à Younès et de jouer pour lui les détectives privés chez une professeur de russe, il ne sait pas vraiment ce qu'il est censé découvrir. C'est ce qu'il était loin de chercher qu'il va trouver, et c'est bien plus que quelques mots de russe qu'il va finir par apprendre.

 

 

Mon avis :

Geoffrey Janvier est un homme d'une trentaine d'années plutôt flemmard. Il pourrait avoir une bonne situation avec une place de prof grâce à son CAPES de lettres mais il a décidé de vivre de petits boulots pour survivre à ses besoins. Il vit en colocation avec son meilleur ami Cyril et une jeune femme journaliste prénommée Justine. Il a rencontré il y a 3 mois, Lisa dont il est fou amoureux. Mais cette dernière vient de partir en voyage pour 5 mois... Que ça va être long!
 

Jusqu'au jour où Younes, l'un de ses amis, lui demande un service : se renseigner sur un homme russe qui lui propose de s'associer. C'est ainsi qu'il rencontre Ludmila, la femme de cet homme et qu'il commence à prendre des cours de russe avec elle...

J'ai bien aimé le début mais je dois avouer que plus l'histoire avançait, plus j'étais gênée par ce qu'il se passait. On ne se doute pas vraiment du sujet quand on lit le synopsis et ce n'est pas du tout le genre de roman que je lis habituellement. Mais j'avais tout de même besoin de savoir comment toute cette histoire allait se terminer donc j'ai lu jusqu'au bout (le roman n'est pas très long et écrit très simplement, ce qui donne une lecture simple et agréable). Geoffrey est un homme particulier, il va se découvrir au fil des jours et mois qui passent.
 

Si vous aimez les histoires atypiques alors ce livre est fait pour vous! Par contre, la couverture n'est pas géniale! Le titre s'explique bien à la fin.

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"UNE CHÈVRE ET UN COCHON S'INSCRIVENT AU CHÔMAGE", un texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

UNE CHÈVRE ET UN COCHON S'INSCRIVENT AU CHÔMAGE

 

Il était une fois, Marinette une dompteuse à la retraite. Elle vivait dans une vieille fermette dont elle avait hérité de sa marraine. Les animaux qu'elle avait autrefois dressés l'avaient accompagnée dans son avant dernière demeure. Chacun sait que les intermittents du spectacle ne perçoivent qu'une bien maigre pension. Alors lorsque le toit de sa maisonnette dut être réparé, ce fut une catastrophe pour Marinette.

 

Marinette avait pour habitude de se confier à ses compagnons de misère deux vieux toutous, une chèvre et un cochon. Il lui semblait en effet que ceux-ci la comprenaient mieux que ses voisins et même que sa famille.

 

"Mes chéris, qu'allons-nous devenir ? Une seule bourrasque peut mettre en péril notre abri. Il me faudrait toucher au moins trois fois le montant de ma retraite actuelle pour envisager de faire réparer le toit et emprunter l'argent nécessaire à ce travail. Oh mes pauvres chéris quel hiver allons-nous donc passer ?"

 

Coco, le cochon, s'approcha d'elle, la fixa de son regard compatissant et doux. Marinette y lut les pensées de l'animal : "Et si Viviane et moi nous inscrivions au chômage ? Nous avons toujours été des employés modèles, nous avons une carrière complète, il me semble. Nous pourrions tenter le coup."

 

Viviane, la chèvre, avait sans doute lu aussi dans les pensées de Coco, car elle se mit à dodeliner de la tête. Marinette murmura : "Vous êtes peut-être mes sauveurs, mes chéris !" Tintin et Rob, les deux chiens, se regardèrent sans rien comprendre. Voilà que Marinette parlait seule à présent. Quelle pouvait être sa détresse pour en arriver là ? Tintin et Rob sautèrent sur les genoux de Marinette en agitant la queue et Marinette vit là un signe d'encouragement.

 

Marinette réfléchit une nuit, toute une nuit puis se mit à écrire deux attestations sur lesquelles elle précisait les états de service de Coco et Viviane. Puis le lendemain matin, elle prit avec eux la route de l'office royal de l'emploi. Elle rencontra un employé qui accepta sous le sceau du secret de valider les documents remis par Marinette. Il faut dire que Marinette avait bien défendu la cause de Coco et de Viviane.

 

C'est ainsi que Marinette put effectuer l'emprunt nécessaire au paiement de la réparation du toit, pourtant, n'ébruitez pas cette histoire de crainte de susciter d'autres demandes du même genre.et de voir l'équilibre budgétaire de notre royaume compromis à jamais. Imaginez ce qu'il adviendrait si tigres, lions, otaries, lapins,… faisaient la même démarche ! Tout cela est vrai de chez vrai. Tout est vrai parce que je l'ai inventé disait l'écrivain Borges.

 

 

 

Micheline Boland

Publié dans Nouvelle

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Maryline Marnas chronique "Ce qu'elle avait à dire" de Chinkara

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/ce-qu-elle-avait-a-dire-a175440898

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/ce-qu-elle-avait-a-dire-a175440898

 

Date de parution : 01/03/2018
 

Format : grand

Nombre de pages : 81

Prix : 17.90 €

 Résumé de l'éditeur :

Un livre noir, un livre fort, un livre gore. Toute la noirceur d'une âme en perte d'équilibre et à la recherche de l'après-mort. Si la folie vous passionne, ce livre quelque peu psychiatrique vous plongera dans un autre univers, pas si loin du vôtre...

 

 

Mon avis :

Ces textes sont très noirs mais tellement réels!
 

Ce livre n'est pas un roman mais se lit comme un recueil de poèmes finalement. En effet, l'auteur nous livre des petits textes noirs, parfois très courts (une ou deux phrases) ou plus longs (une page ou deux mais jamais plus).

On sent un personnage féminin malheureux, qui broie du noir, qui n'aime pas la vie. On ressent toute la souffrance qu'elle a au fond d'elle.

Les textes sont bien écrits mais pas dans un ordre logique. Il n'y a pas de continuité dans l'écrit, c'est dommage.

Certains textes m'ont fait pleurer car ils m'ont fait remonter à la surface certaines situations. D'autres sont touchants.

Un petit recueil de sentiments qui descendent bas dans la noirceur de ce que l'on peut ressentir dans notre vie.

 

Publié dans avis de blogs

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Philippe de Riemaecker interviewe Madeleine de Boysson à Mon's Livre

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans Présentations, vidéo

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