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Le blog Aloys

Articles récents

La fiche auteur du roman de Jeanne R. "A l'ombre des désirs"

7 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #fiche auteur

La fiche auteur du roman de Jeanne R. "A l'ombre des désirs"
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Joël Godard présente son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes"

6 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #présentations

Joël Godard présente son ouvrage "Ailleurs est un pays aux rivières lentes"

L’auteur a réuni dans cet ouvrage une centaine de petits textes récoltés au gré des saisons, au hasard des rencontres ; bref un carnet intime des années écoulées.

Le mot de l’auteur :

« Tu as raison de dire que pour toi la poésie ne sert à rien. Mais également tu as tort.

Ce que je lis aujourd’hui, je le laisse s’infiltrer au plus intime de ce que je suis ( je n’ose pas dire de mon âme…) , le temps de prendre place : ainsi le champ au printemps se couvre de fleurs sauvages, ainsi dans ma cervelle d’autres fleurs - toutes aussi rebelles - se prennent à pousser inexorablement jusqu’à la floraison. »

Extrait : « Mes mains sur ton corps avancent en arabesque

Sur ton flanc aux pentes douces mes mains sont en voyage

Au sel du désert je demande le repos

A ses nuits la fièvre

A son ciel le silence des âmes

Ciels de ma vie les paumes de mes mains

Ouvertes sont criblées d’étoiles »

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Extrait d'un journal intime, un texte signé Louis Delville

5 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

Extrait d'un journal intime, un texte signé Louis Delville

EXTRAIT D'UN JOURNAL INTIME

Samedi, le 18 mai 1861

Il est près de six heures et je suis réveillée. J'écris ces quelques lignes à la hâte. Aujourd'hui est un grand jour, celui de mon mariage.

Charles m'a choisie parmi toutes les jeunes filles de bonne famille que ses parents avaient voulu qu'il rencontre avant de faire son choix.

Béni soit le jour où je l'ai vu, jeune officier fringant dans ce bel uniforme ! Il semblait savoir que tous les regards étaient tournés vers lui et pourtant il m'a longuement fixée en s'avançant vers Mère à qui il a demandé l'autorisation de m'inviter à valser.

Et nous avons valsé, valsé, j'en suis encore étourdie… À minuit, comme les jeunes filles sages, j'ai obéi à Mère qui voulait quitter la salle de bal. Nous sommes reparties dans le fiacre que Père avait envoyé nous chercher.

Cher journal, voilà plus de cinq ans que j'attends ce jour et j'ai peur ! Peur de le décevoir, peur que Charles ne me trouve pas digne de lui, peur aussi de cette nuit de noces dont Mère a toujours parlé à demi-mot et en rougissant !

J'aime Charles plus que tout et bientôt, je serai sienne.

Ceci est la dernière page de ce journal intime. Plus rien n'est écrit après ces quelques lignes…

(Extrait de "Petites et grandes histoires")

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Un bout de ciel pour les cochons, une nouvelle signée Micheline Boland

4 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Nouvelle

Un bout de ciel pour les cochons, une nouvelle signée Micheline Boland

UN BOUT DE CIEL POUR LES COCHONS

Un jour, une phrase. Un jour, une idée qui monte en soi pour quelques mots entendus par hasard. Un jour, un appel flamboyant auquel on ne peut que répondre. Un projet impératif, éveillé en quelques secondes. Une imagination attisée par ce projet si puissant.

Jeannot est un enfant de la campagne. Souvent, il joue dehors seul ou avec des copains. Quand il s'ennuie ou quand on lui demande, il accompagne son père aux champs, à l'étable, à l'écurie, au poulailler ou à la porcherie. Il l'aide comme il peut. Il nourrit les bêtes, il les soigne. Il manie brouette, pelle, râteau et fourrage avec dextérité. Il y a toujours quelque chose à faire dans une exploitation agricole.

Ce matin-là, pluvieux et triste, Jeannot écoute la radio. Il entend quelque chose qui le touche comme le toucherait l'annonce d'une épidémie de fièvre aphteuse, de peste bovine, de brucellose ou de grippe aviaire. "Les porcs ne peuvent regarder le ciel. Leur nuque ne permet pas les mouvements nécessaires à l'observation du ciel." Jeannot n'écoute pas plus loin les propos du journaliste. Jeannot sent monter en lui une immense compassion. Jeannot a le cœur qui chavire, la respiration qui s'emballe, les joues qui s'empourprent. "Pauvres bêtes", chuchote-t-il. Le sort des porcs est ainsi remis entre les mains d'un enfant apitoyé qui rêve déjà aux moyens d'améliorer la condition porcine. Jeannot rêvasse en regardant le ciel où s'amassent les nuages. Pour lui, enfant de la campagne, ce serait une punition atroce que de ne pouvoir observer le ciel. Même chargé de nuages gris, même sombre, même encombré de la violence orageuse, le ciel n'offre-t-il pas à tout un chacun des caresses divines ?

Belle occupation pour Jeannot. Il ne se dérobe pas à son nouveau devoir. Les jeux de ballon, la construction de cabanes, les soins au bétail, tout cela n'a plus qu'un piètre intérêt. À présent qu'il sait, quel pourrait être son devoir si ce n'est celui d'améliorer la vie des cochons ? Pourrait-il trouver le repos si ne lui venait une solution ? Jeannot se torture l'esprit. Jeannot tourne en rond avec son problème.

"Jeannot, va nettoyer l'évier de la salle de bain. Tu y as laissé des traces de dentifrice. Dépêche-toi. Enlève aussi la trace sur le miroir. Après tu éplucheras les pommes de terre."

L'appel de sa mère dérange bien sûr Jeannot. Adieu rêverie ! À contrecœur, l'enfant obéit. Ils sont quelques-uns à avoir eu l'inspiration, là où ils ne l'attendaient pas. Ainsi, il en est de Jeannot comme d'Archimède qui fit sa découverte dans une baignoire. L'idée est venue à l'improviste tandis que Jeannot astique le miroir. Mais oui, il suffisait d'y penser !

Quelques jours plus tard, le soleil revenu, Jeannot s'en va chercher, au grenier, le grand miroir qui autrefois se trouvait dans le hall d'entrée de la maison. Qu'importent les éclats, les taches, les points noirs, pour l'usage qu'il prévoit. Son trésor sous le bras, Jeannot s'en va vers le pré où paissent les cochons. C'est au milieu du pré qu'il pose le miroir. Il prend la précaution de l'entourer d'un grillage. Puis, emmenant dans ses bras, le cochonnet Miguel, celui qu'il préfère, il le met près du miroir. Le groin du cochon, le visage souriant de l'enfant, un morceau de ciel bleu, un bout de grillage sont reflétés. Miguel semble beaucoup apprécier. Il joue les dandys face au miroir. Jeannot rit. Tant de bonheur pour le plaisir supposé d'un animal ! Un de ces instants précieux entre tous !

Le labeur quotidien, ce voleur de loisir, amène ce jour-là le père à une étrange découverte. Un miroir dans le pré où se trouvent les cochons ! Il n'est pas besoin d'être Sherlock Holmes pour deviner qui a eu cette idée.

Interrogé, Jeannot affirme avec aplomb que c'est un moyen des plus sûrs pour que la viande de porc soit délicieuse à souhait. Foi de journaliste agricole, ose-t-il affirmer.

Une bonne idée publicitaire n'étant jamais à négliger, le père parfait l'idée de son fils. Sur le bas du mur de la porcherie qui jouxte le pré où sont souvent les cochons, il colle des miroirs. Il accroche aussi solidement des bouts de miroir le long de la clôture. Est-ce l'effet des reflets du ciel ou de leurs propres reflets, le temps passant, il lui semble que les cochons deviennent plus dynamiques, plus espiègles et surtout plus dodus. Il fait donc connaître chez les commerçants qui vendent sa production porcine l'originalité du produit qu'il offre : "La viande des porcs qui voient le ciel, la viande la plus tendre et la plus goûteuse."

Et cela marche. Coup de bluff ou pas, message fantaisiste ou réalité, c'est à chacun d'en décider. Mais le porc devient l'incontournable viande de première catégorie que se doivent de cuisiner tous les maîtres queux des environs, toutes les ménagères avisées !

(Extrait de "Contes à travers les saisons")

Micheline Boland

micheline-ecrit.blogspot.com

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Nicole de Bodt a lu "Rue Baraka" de Carine-Laure Desguin

3 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #avis de blogs

http://leplaisirecrire.canalblog.com/

http://leplaisirecrire.canalblog.com/

Nicole de Bodt a lu "Rue Baraka" de Carine-Laure Desguin

Auteur : Carine-Laure Desguin est née à Binche en Belgique en 1963. "Rue Baraka" est son premier roman. Il lui ressemble, un sourire à la vie.

Son blog : http://carineldesguin.canalblog.com

Éditions : Chloé des Lys ISBN 978-2-87459-488-5

Les personnages :

Tarek : un jeune garçon émouvant perdu; bien seul et perplexe face à la vie. Il avance aveugle, regarde la pointe de ses chaussures, il ne sait ni où il est, ni où il va. Il souffre.

Le vieux peintre, Georges, l'artiste : un homme âgé aux yeux rieurs et enfantins, passionné, cultivé, philosophe, mais surtout humain. Il aime la vie, il sait d'où il vient, où il est et où il va. Dans son atelier, il aime inviter, communiquer, partager. Une belle âme.

Clara : la compagne de Georges rencontrée il y a bien longtemps à Pigalle. Une bonne nature « typée Pigalle », généreuse et bonne cuisinière.

L'histoire :

Tarek erre un beau matin, résigné et indifférent au monde qui l'entoure.

"Il est seul. Seul contre tous ceux qui réussissent. Les gagnants. Les vainqueurs. Ceux qui ont la joie au fond des yeux."

Par le plus grand des hasards, il bouscule Georges qui s'en excuse !

"Tarek, peu enclin à apprécier les comportements emphatiques des autres est pris de compassion devant ce vieil homme qu'il vient de bousculer et qui à l'air de s'excuser ..."

Tarek vient de faire une rencontre essentielle, ce genre de personnes qui croisent votre chemin et que j'appelle volontiers "des cadeaux du ciel".

Le vieil homme l'invite à prendre un verre chez lui et le persuade de "s'attarder ici. Ici, et pas plus loin. Aujourd'hui et maintenant." Tarek accepte.

Tarek découvre un univers inconnu où tout est simple et beau à la fois. Le vieux peintre avec une infinie bonté va l'apprivoiser. Il va tenter de faire comprendre à Tarek qu’il est le maître de son destin « Tarek, tu décides toi-même de ta destinée! »; Progressivement, Tarek va se détendre, être en confiance et écouter le vieil homme.

Attentif, il va découvrir qu’il a le droit à la liberté de penser.

« Tu es le capitaine, c’est ta pensée. Voilà la plus grande liberté que l’homme possède en lui depuis la nuit des temps : LA LIBERTE DE PENSER ! Tu penses ce que tu veux. Tu as la faculté de penser tout ce que tu veux, en couleur, en noir et blanc ! Ce que tu veux ! A l’infini ! Et n’importe où ! Ceci est une partie du secret, Tarek ! Tu penses ce que tu veux, en toute liberté, en toute intimité avec toi-même! »

Mais aussi qu’il peut créer ce qu’il pense « Tu sais, Tarek, tes pensées sont de l’énergie, tu crées ce que tu penses » « Les réalités des jours futurs est le reflet de tes pensées d’aujourd’hui »

Il va aussi rencontrer Clara, la compagne de Georges.« Clara ne craint rien. Elle a combattu et gagné les guerres les plus sanglantes » Clara rencontrée à Pigalle « Clara, dont le Paris d’hier chantonne aujourd’hui encore, dans cette cuisine atypique, remplit avec obligation, mais énormément d’amour son rôle de femme de maison ».

En présence de Clara et de l’artiste, il va assimiler :

- la théorie du merci : « Quand tu penses « merci », ton mental est content, il se réjouit. Il enregistre donc la joie et la bonne humeur … »

- le courage : « Il n’est jamais trop tard ! reprend l’artiste. Ne te retourne pas sur hier ! … Redresse la barre dès aujourd’hui ! Tu le peux ! L »important n’est de ne pas tomber. L’important, c’est de ne pas rester à terre ! … »

- la théorie du « Fais comme si »: « La joie c’est toi qui dois faire l’effort de la mettre »«Si tes pieds sont lourds, ton coeur le sera aussi »

- « qu’il faut rêver sa vie en couleur »

Les heures passées à « la rue Baraka » l’avaient métamorphosé. Tarek s’éloigne, pense à Clara, à « Georges », car c’est ainsi qu’il l’appellera dorénavant; il pense à demain, …

« Tarek s’imagine la journée de demain, désirant la vivre, la respirer. … »

Mon avis :

Le roman de Carine-Laure Desguin est un trésor à mettre absolument dans toutes les mains. Pour ceux qui connaissent le "secret" c'est un écho, pour ceux qui se cherchent un chemin et pour les âmes qui se croient perdues, un espoir. Ce roman est un livre de chevet. L'auteure exprime son humanité avec beaucoup d'authenticité et de justesse. J'offrirais volontiers ce livre à un adolescent en quête de réponses.

Un livre qui se lit facilement. Carine-Laure Desguin s’exprime simplement. Elle est très proche. Durant toute la lecture du livre, je ressentais sa présence, comme une main posée sur l’épaule. J’ai déjà eu l’occasion de la lire au travers de quelques nouvelles. Elles m’avaient émue, elles aussi. Il m’était venu à penser que l’auteure devait avoir été « éducatrice ou mieux encore éducatrice de rues ». Je n’étais pas très loin, vu qu’elle est infirmière. C’est une « humaniste » sans aucun doute. Elle cultive la vie et la partage.

Je la remercie chaleureusement pour ce beau moment de lecture. Je relirai son roman, je le conseillerai. Je n'ai qu'un seul regret, ne pas l'avoir lu plus tôt. J’ai aussi manqué la pièce inspirée par "Rue Baraka" et mise en scène par le Box Théâtre de Mons. J’espère que ce n’est que partie remise ...

© Nicole De Bodt 2015

http://www.leplaisirecrire.canalblog.com/

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Marie-Noëlle FARGIER nous propose une poésie "Le magicien"

2 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Marie-Noëlle FARGIER nous propose une poésie "Le magicien"

Le magicien

Si j'étais magicien

Je t'enverrais à mille lieues

Pour ne plus voir tes yeux

Urne sur ta cheminée

Effleurée de tes mains

Si j'étais magicien

J'enterrerais les fleurs

Pour ne plus sentir ton odeur

Lampe Aladin

Génie de nos mots dits et chantés

Si j'étais magicien

Je changerais de peau

Pour ne plus te toucher

Fil d'Ariane

Inventé pour Thésée

Si j'étais magicien

Je pourrais t'oublier, pour ne plus t'aimer

En te faisant mourir.

Indestructible liane

Invisible et si vraie

Mais même de là-haut

Tu m'offriras ton sourire

Et je te rejoindrai...

Fille de Pasiphaé

Marie-Noëlle Fargier

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Méandres de Salvatore Gucciardo... Un extrait !

1 Septembre 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #Poésie

Méandres de Salvatore Gucciardo... Un extrait !

Le souffle était puissant. Le flot percutant.

L’embrasement intense. Le défi complexe.

On cherchait un foyer pour réchauffer la terre qui avait

subi les assauts de l’hiver. On recherchait un grain de

lumière qui puisse percer l’épaisseur des ténèbres. Ce

granule tant convoité tardait à venir. On avait beau

évoquer les dieux, ils étaient sourds aux doléances.

Comment sortir de l’Impasse ? Comment solutionner le

problème ? L’engourdissement était là, sous la forme

d’une tumeur. Il fallait trouver le médecin doué d’un

grand savoir et d’une grande sagesse pour irradier le

mal ; guérir le malade, afin que ce dernier puisse

s’épanouir. On était dans l’attente ; à l’affût d’un

messie qui emporterai l’homme et la femme vers les

hauteurs.

Les portes s’ouvrent

Aux rêves les plus fous

Aux éblouissements

Le vent caresse le ru

Et nous incite

À boire son eau divine

………………………………..

www.salvatoregucciardo.be

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En septembre, quoi de neuf sur notre blog ?

31 Août 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #ANNONCES

En septembre, quoi de neuf sur notre blog ?

Déjà la rentrée !!!! J'espère que vous avez tous passé de très bonnes vacances.

Je vous rappelle le concours pour la Revue "Les petits papiers de Chloé". Le thème ? Une anecdote de voyage. A me remettre avant le 30 septembre en format word, svp. 3 à 4 photos en jpeg. 2 pages A4 maxi. Faites nous rêver, rire ou trembler !!!

Les auteurs à l'honneur tout au long de ce mois de septembre :

  • Salvatore Gucciardo
  • Marie-Noëlle Fargier
  • Carine-Laure Desguin
  • Micheline Boland
  • Louis Delville
  • Joël Godard
  • Jeanne R.
  • Bob Boutique
  • Nathalie Druant
  • Marie-Thérèse Carlier
  • Jean Destree
  • Thierry Ries
  • Edwige Thomas
  • Cyprien Ameloot
  • Joël Mespoulède
  • Christine Brunet
  • Laurent Dumortier
  • Jean-François Foulon
  • Frédéric Criado
  • Rachel Colas et Anaïs Valente
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Bonnes vacances ! Rendez-vous le 1er septembre !

30 Juillet 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #ANNONCES

Bonnes vacances ! Rendez-vous le 1er septembre !
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"Méandres" de Salvatore Gucciardo dans la revue TRAVERSEES

29 Juillet 2015 , Rédigé par christine brunet /aloys Publié dans #articles

https://traversees.wordpress.com/2015/05/30/salvatore-gucciardo-meandres-editions-chloe-des-lys-mouscron-belgique-2015-98-p-2360-euros/

https://traversees.wordpress.com/2015/05/30/salvatore-gucciardo-meandres-editions-chloe-des-lys-mouscron-belgique-2015-98-p-2360-euros/

"Méandres" de Salvatore Gucciardo dans la revue TRAVERSEES

Salvatore Gucciardo, Méandres, éditions Chloé des Lys, Mouscron (Belgique), 2015, 98 p., 23,60 euros.

Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret

Gucciardo ne cesse d’oxygéner la distance qui sépare l’homme – en ses miels et sels obscurs – du cosmos. Il balaie l’horizon noir, opte pour la lumière en faisant le tri dans des « sentiments entremêlés » envahis de chiendent et autres mauvaises herbes au sein des profondeurs de l’être. En effet, à l’heure de leur départ de quelle étroite blessure se souviendront les hommes s’ils ne font que se laisser bercer sous les laves du ciel ? Le poète se rappelle ainsi au bon souvenir de ceux qui ne cultivent que l’image matérialiste emmagasinée dans leur cervelle. Le poète – en Salvatore donc en sauveur – en rappelle le miaulement macabre et les miasmes.

Plus qu’un autre il opte pour le pari mystique, la bavure des sages, la sapience qui si elle ne remédie apparemment à rien, garde raison de tout. Seule la flamboyance des astres, les symphonies divines peuvent faire baisser les gardes et tronquer les œillères à travers quelques trous de verdure dans les tiédeurs du jour. La saveur mystique tient alors les paupières ouvertes au gré du vent et sèche au besoin les passions qui ne permettent même plus de reconnaître l’autre.

Abondamment noué de soleil, le poème avance à reculons du temps. Certes la tombée du crépuscule arrivera. Néanmoins et afin que l’être ne s’y vautre pas avec le fracas d’un capitaine ivre, il faut au sein des bourdonnements, des arabesques de la chair non pas poster des breloques de pudeur mais atteindre l’inaccessible flegme qui mène aux portes de lumière.

Le poète appelle donc à retrouver la nourriture spirituelle plutôt que cultiver le précipice dans lequel trop meurent d’envie de se jeter. Qu’on se rassure : le temps viendra de ce feu d’artifice ou de cette chinoiserie. C’est pourquoi il faut apprendre à s’y lancer avec élan afin que – lors du tout au trou – l’être puisse s’enflammer l’âme plutôt que de la froisser. A sa manière Gucciardo ne reprendrait-il pas le pari de Pascal ?

©Jean-Paul Gavard-Perre

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