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Bob le Belge... Le BLOG !!!!!

Publié le par christine brunet /aloys

Bob le Belge... Le BLOG !!!!!

 

 

Bob le Belge


J'ai même un blog !

 

C’est une info planétaire, quasi galactique… mes fans du hôme sont tellement enthousiasmés par mes conneries que j’ai décide de leur ouvrir un blog en attendant qu’un éditeur prenne contact avec moi.
La grosse Charlotte a même menacé de se suicider avec un canif suisse ou en plongeant sa tête dans la cuvette du wcdes dames (chez les hommes c’est trop sale) si je n’obtempais, n’otemperais, n’opentais… si je ne marquais pas mon accord. Elle parle même de tatouer mon nom sur son avant bras…
Alors voilà :

http://www.bandbsa.be/blb/blbblog.htm

J’aurais pu demander à Laurent Dumortier, c’est vrai, mais il est si pingre qu’il m’a proposé de payer mes futurs droits d’auteur avec des images Panini de Nico Claesen, Marc Wilmots, Sandy Maertens, Lozenzo Staelens et compagnie. C’est tout dire. Et l’album à mes frais !

Alors j’ai lancé un sondage sur la toile et le résultat est sans appel : 100% de oui. Ok la marge d’erreur n’est pas nulle car je n’ai reçu que deux réponses (moi et ma petite sœur) mais les chiffres sont les chiffres, le reste n’étant qu’une question d’intépré, inpréné… ssion.

N’empêche, si un journal ou une revue veut me publier, je suis libre. Je fais au moins une gaffe par jour et me contente du minimum syndical. Disons grosso modo la même chose que le chat de Geluck et n’en parlons plus. Plus le co-pride (c’est un milieu un peu spécial) évidemment.

Que dites-vous ? Une grosse tête ? Déjà reçu un coup de bretelle ?

http://www.bandbsa.be/blb/blbblog.htm

Publié dans Textes

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Mickaël Auffray nous présente son recueil de nouvelles "Vous êtes ici" (à paraître aux Editions Chloé des Lys)

Publié le par christine brunet /aloys

 

Issu d'un ventre nourricier, l'auteur débute son parcours en 1982. De formation classique, il passe du statut de simple embryon à celui de fœtus. Après une carrière de fumiste dans un landau bleu, il se lève pour aller de l'avant. Sa bipédie acquise lui permet d'intégrer un établissement de la République visant à la socialisation de son espèce. 
 

Professionnellement intégré à l'industrie, il prend rapidement conscience de l'aliénation que représente le travail à la chaîne. Dès lors, il s'engage dans le domaine commercial afin de vendre des objets à des personnes qui n'en ont pas besoin. Il quitte la piste de ce cirque mercantile pour recentrer son activité vers des considérations plus culturelles. L'auteur réside désormais non loin d'une jungle urbaine, il y a trouvé un travail manuel dans le champ pédagogique.
 

Bibliographie :

 

 

« Vous êtes ici » est un recueil de 10 nouvelles exposant des personnages à l'adversité contemporaine:

 

 

- Araignée relate l'extermination d'une araignée sur fond de crise conjugale ;

- Crise de vocation traite des sentiments confus d'un commercial déchu ;

- Au revoir, bonne soirée interroge les motivations du don ;

- Samskeyti décrit l'urbanisation galopante à travers la vision d'un narrateur à fleur de peau; 

- À la chienne expose l'aliénation d'un salarié qui travaille à la chaîne ;

- L'homme qui était bien garé caricature une saynète pour critiquer un certain journalisme ;

 

- Démission offre une plongée dans une entreprise de recouvrement ;

- L'impasse révèle les déchirures d'un couple au pied du mur ;

- Tout doit disparaître illustre la folie d'un jeune retraité qui jette tout par la fenêtre ;

- Vous êtes ici soumet un homme en quête de sens à une intrigue minimaliste.

 

 

 

Extrait :

 

 

Je me réveillai au bord du bitume, la campagne environnante pour panorama et une route déserte. Elle semblait l'avoir toujours été. Au bord de la chaussée, un petit panneau attira ma curiosité… Il était écrit « Vous êtes ici ». Je fus ravi d'apprendre que quelqu'un se souciait de ma présence en ces lieux, mais cette simple affirmation soulevait plusieurs questions : « ici » c'était quoi ? Et qui avait pris soin de rédiger ce message ? Le « vous » était-il la marque d'une certaine déférence à mon encontre ou bien celle d'un pluriel anonyme ? L'émetteur avait-il utilisé le « vous » afin que précisément je me pose cette question ? En décrétant ma présence esseulée « ici », on pouvait en déduire que le planteur de cette pancarte se trouvait ailleurs, bien qu'un jour il eût été « ici ». Précisément pour planter la pancarte. Je me mis en marche et je n'avais pas fait cent mètres quand je butai sur une autre pancarte du même style que la première : « Vous n'y êtes plus ». Je ne pus m'empêcher de songer à un canular, je devais être l'objet d'une blague savamment organisée par des pervers croisés la veille au soir. Mais quelle veille ? Rien ne me revenait sur les événements passés. Je relus la pancarte. Au fond de moi, je me sentais rassuré de savoir que mes quelques pas avaient été remarqués.

 

 

Mickaël AUFFRAY

Publié dans présentations

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Denis Billamboz dans son blog "mes impressions de lecture" a chroniqué "CHAOS" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

Chaos – Bob Boutique

http://mesimpressionsdelecture.unblog.fr/2018/08/27/chaos-bob-boutique/

Moed Lieve la jolie et terriblement efficace inspectrice de la section antiterroriste de la Kmar (Gendarmerie royale des Pays-Bas), perturbe le long congé sabbatique que son chef, le Bouledogue, s’est octroyé après la difficile et dangereuse enquête qu’ils ont menée ensemble et que l’auteur a racontée dans son précédent roman « 2401 ». Une affaire qui, même si elle semble bénigne, un simple vol de tableau sans valeur, l’intrigue, le voleur n’est pas n’importe qui, c’est un dangereux intégriste yéménite que le bouledogue a déjà affronté dans une précédente affaire et qu’il est le seul à connaître physiquement. Lieve réussi à convaincre son supérieur de reprendre du service actif pour éclaircir cette affaire qui semble bien mystérieuse.

Le tableau volé n’a aucune valeur, il sert d’alibi à un autre vol commis sur un autre tableau qui recelait dans son cadre des objets devant être particulièrement précieux pour que les voleurs prennent des risques importants et que Yahia, le Yéménite houti, se déplace lui-même pour commettre ce forfait en le signant de son sceau : l’ablation d’une phalange d’un doigt du gardien du musée. Alertés de ce vol, les Israéliens sont en ébullition, ils ont pu constater que les Yéménites conduisent un vaste projet dans le désert du nord de leur pays et la forte somme qu’ils pourraient récupérer après ce vol pourrait servir à financer une opération très préjudiciable à leur nation. Et, comme la Shell, a des intérêts colossaux à récupérer dans ce secteur, la ministre néerlandaise décide de confier au Bouledogue la dangereuse mission de se rendre au Yémen pour voir de quoi il en retourne et, si nécessaire, annihiler les opérations en cours. Commence alors une épopée homérique dans le désert yéménite où bien sûr, la belle Lieve finira par rejoindre son chef adoré pour essayer de réduire à néant un projet particulièrement mortifère.

Dans ce nouveau roman, Bob Boutique explore les origines des religions monothéistes du Moyen-Orient pour que le lecteur comprenne bien les oppositions et guerres religieuses qui l’agitent et l’ensanglantent depuis plus de deux millénaires. C’est pour lui l’occasion de remettre en cause tous les dogmes fondés sur des écrits très souvent fort postérieurs aux faits qu’ils rapportent. Le lecteur pourra ainsi confronter ses propres croyances avec les faits avérés rapportés par l’auteur et en déduire une idéologie qui renforcera ou contredira ses propres croyances.

Si j’ai souligné le gros travail effectué par l’auteur sur l’origine des religions et sa grande culture biblique et coranique, je ne peux pas faire l’impasse sur l’immensité de son érudition historique, géographique, géopolitique, … et sa bonne connaissance de l’actualité rarement évoquée par les médias obnubilés par les faits divers à forte émotivité. Il semble connaître le Yémen et ses problèmes politico-religieux comme s’il y avait vécu et le désert comme s’il l’avait traversé.

Un bon polar qui conduira le lecteur au cœur d’une région où s’affrontent les grands courants religieux musulmans, principalement les sunnites et les chiites mais aussi les houtis et d’autres encore, sous le regard des grandes puissances sans que les médias n’y prêtent une attention particulière. Une bonne séance de lecture pour des vacances au soleil ou au coin de l’âtre tout en se cultivant sans efforts en prenant du plaisir.

 

Chloé des Lys

Publié dans Fiche de lecture

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Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE a chroniqué le dernier roman d'Edmée de Xhavée "Silencieux tumultes"

Publié le par christine brunet /aloys

http://interligne.over-blog.com/2018/08/silencieux-tumultes-d-edmee-de-xhavee.html

http://interligne.over-blog.com/2018/08/silencieux-tumultes-d-edmee-de-xhavee.html

 

 

Dans ce quatrième roman d'Edmée de Xhavée, le personnage principal n'est ni un homme, ni une femme, ni même un animal, mais une maison. Elle est l'épicentre de cette histoire de famille qui s'écoule de l'année 1928 à l'année 2009 et voit ainsi passer, entre ses murs, quatre générations avec leurs drames, leurs inquiétudes, leurs joies, leurs deuils et leurs naissances, leurs alliances et leurs ruptures. Au fil des pages, cette demeure dévoile ses charmes, joliment décrite par l'auteure qui se plaît à en détailler chaque pièce, la véranda enguirlandée de vigne, le jardin ombragé, l'azalée rose et les rhododendrons, mais également la décoration raffinée des salons et des chambres, l'élégance des meubles, les objets personnels, la vaisselle aux accents de vacances, les belles nappes ouvragées, la desserte à roulettes laquée rouge. Le mérite de ces objets est celui de se fondre dans un décor qui accompagne des vies successives, de surprendre, posés sur eux, tant de regards, de connaître d'innombrables secrets et de composer avec les lieux un ensemble inoubliable, une sorte de scène où les événements se déroulent dans l'intimité de leur présence.

 

Cette petite société, à l'abri des clôtures de son jardin, cette bourgeoisie de bon aloi, sachant sa mort annoncée, a su faire de ses usages son dernier pré-carré. Les mariages sont davantage des alliances que des coups de coeur, des placements que des emballements subits. Ici règne une hiérarchie implacable entre les gens de maison, soit les domestiques, et les maîtres des lieux, hommes et femmes qui se lient sans passion et se supportent sans acrimonie. L'essentiel reste caché, les drames - si drame il y a - doivent se circonscrire entre ces murs et ne point prendre la liberté d'en sortir.

 

D'ailleurs, il ne se passe pas grand chose dans leurs existences, surtout celles des femmes, emmurées en quelque sorte dans leur nid douillet, sinon les fêtes familiales : anniversaires, baptêmes, communions et mariages, si bien que le temps est rythmé par ces événements et l'intimité discrète dans laquelle s'immergent les générations toutes en provenance du même moule.

 

Edmée connaît bien le coeur féminin et en parle avec réalisme, trempant sa plume dans une encre qui sait débusquer les secrets et ne s'accorde aucune concession dès qu'il s'agit de narrer ceux trop bien enfouis et de brosser ainsi un tableau véridique d'un monde voué à la disparition. Si bien que cette maison se fait l'écho des voix qui se sont tues et des dernières scènes d'une famille qui repose à tout jamais dans le cimetière des illusions perdues.

 

"Cette belle maison est un temple des souvenirs, des souffrances, des espoirs, des secrets, des silencieux tumultes. Elle le sait. Les murs ont des yeux et des oreilles mais ne parlent pas, trop occupés à protéger leurs habitants.

Qui d'autre, le front appuyé contre une vitre ou dans les mains, a pleuré d'amour ou de haine dans ces pièces, ou a trahi ? Qui a donné ou repris son corps, son coeur, sa parole, sa confiance ?

Ces objets remisés et oubliés au grenier ont aussi leur mémoire, qu'ils ne rendront pas."  (Page 193)


Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

Publié dans avis de blogs

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"L'enchantement étoilé", un poème de Salvatore Gucciardo paru dans la revue "Magie poétique"

Publié le par christine brunet /aloys

"L'enchantement étoilé", un poème de Salvatore Gucciardo paru dans la revue "Magie poétique"

 

L’enchantement étoilé

 

Aux festivités

De l’été

 

Les danses

Sensuelles

Aux masques

Colorés

 

Enivrent

L’homme

Et la femme

Aux voluptés

Du rêve

 

Parsemée

D’une poussière

D’étoiles

 

Les émois

Chaloupées

Aux frissons

Fougueux

 

Se laissent

Emportés

Par le houlement

Des vagues

Publié dans Poésie, articles

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Christine Brunet a lu "De soufre et de miel" de Silvana Minchella

Publié le par christine brunet /aloys

 

Court recueil poétique (48 pages), courtes poésies imprégnées de sensualité. Le feu dévore l'âme, les baisers l'apaisent... ou deviennent morsures.

Très rythmé, ce chant évoque la tentation, la rencontre, la soumission. Douceur, violence, amour, haine, passé, présent, tout est enrobé dans une approche mystique de l'être et de l'amour. 

Pas de censure; les mots sont là, précis mais déchargés d'émotion... dans une sorte de fatalité : immortalité de l'âme, destinée cyclique. 

Silvana Minchella signe là un ouvrage où liberté d'être et d'aimer s'enchevêtrent sans tabou. 

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "Opération Taranis" de Didier Veziano

Publié le par christine brunet /aloys

 

J'ai mis un peu de temps à me décider à l'ouvrir, d'abord, puis à le lire... Il faut avouer qu'il fait 460 pages (d'accord, certains diront que les miens font souvent plus...) et que la couverture rouge et noire est peu engageante. Quant à la 4e de couverture, elle nous propose une plongée dans le monde du terrorisme : salafisme, Hezbollah, services secrets iraniens, DGSE... Autant de termes qui ponctuent le synopsis et nous renvoient à un univers fait de haine et de violence. 

Je finis par me décider et je sombre, au fil des pages, dans un environnement interlope, noir, brutal, si réaliste qu'il en est, parfois, dérangeant. 

Je vis la chasse à l'homme, la manipulation psychique, le complot, les interrogatoires la boule au ventre. Je zappe des passages trop "hard", je frémis et je tourne les pages, vivant l'histoire aux côtés de personnages forts. 

Comme d'habitude, pas question de vous raconter l'histoire : ce sera à vous de lire... 

Depuis le commencement, j'attends l'explication du sous-titre "Jusqu'au bout de la vengeance"... Dommage qu'elle prenne si peu de place mais elle est intense, bien menée, presque jouissive. 

Vous l'avez peut-être compris : "Opération Taranis" est un excellent roman oscillant entre policier, espionnage et thriller.

Un roman pour tous les lecteurs qui aiment frémir, être bousculés, détourner parfois le regard au fil d'une phrase, d'une image trop réaliste, trop dure, trop...

Un style très masculin, des personnages masculins (la seule femme importante se fait dézinguer), une approche très masculine d'un univers masculin qui a déstabilisé la lectrice que je suis. On entre dans la tête des personnages, on démonte le processus psychique de conversion au terrorisme.

Malgré tout, ou peut-être à cause de tout cela, "Opération Taranis" est mon coup de coeur de la rentrée !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans Fiche de lecture

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Bernadette Gérard-Vroman a lu "Auprès de ma blonde" de Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

J’ai entamé la lecture d’un roman intitulé « Auprès de ma blonde » de Thierry-Marie Delaunois, par ce temps caniculaire. Il fallait que je rattrape mon retard, et que faire d’autre par ce temps-là… ? Une pile de livres m’attend encore, et celui-ci, je me l’étais procuré il y a un an, non, bientôt deux déjà… J’avais promis à Thierry de le lire cet été, promesse tenue. Voilà donc que je découvre les premières pages, qui déjà, me troublent… « Séréna… pour sérénité ? »


Début 2017, alors que je n’avais pas encore ouvert le livre, je décide du titre de mon dernier recueil de poésie, un chemin de vie vers la sérénité, qui donnera comme titre  « Sérénade à la vie »… Le sien aurait pu s’appeler « Séréna, ode à la vie », mais n’aurait sans doute pas eu le même succès… C’est vrai que rien que le titre attise déjà notre curiosité. Et durant tout le récit, l’auteur parvient à nous tenir en haleine, son imaginaire venant se poser au fil des pages, nous emmenant, tantôt sur une détente, tantôt sur une crispation ; on s’y plonge, dans le récit, dans le lac et ses mystères… On le suit, André, dans ses aventures, André en quête d’amour. Maints sujets sont abordés, tant de sujets qui font partie de la vie de tous les jours, et qui nous font oublier qu’il s’agit de fiction parfois. Et pourtant, tout est bien ficelé, tout est bien pensé, rien n’est laissé au hasard.


Posée entre ciel et terre, dans mon hamac, alors que je savoure les dernières pages de « Auprès de ma blonde » entrouvertes sur mes genoux, un intrus, curieux et intrigué par la présence de Doggy, s’aventure aux côtés du livre, mais très vite, devant l’instabilité de la situation, notre chat préfère rejoindre la pelouse et garder les pattes sur terre. Les dernières pages se referment. Et une autre s’ouvre.
Merci pour cette belle découverte, Thierry.

 

BERNADETTE GERARD-VROMAN

 

Publié dans Fiche de lecture

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"Les 10 petites négresses" de Bob Boutique une lecture (complètement déjantée) du Commandant Danofsky

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

"Les 10 petites négresses" de Bob Boutique

une lecture (complètement déjantée) du Commandant Danofsky

Je connaissais bien sur Agatha Christie, mais je n'avais, pas eu l'honneur, jusqu'à ce jour, de faire la connaissance de son mari, qui publia avant leur séparation plusieurs recueils de nouvelles, en cachette. Sa mort précoce, laissa le monde entier indifférent et on pourrait douter de sa chute mortelle dans l'escalier d'une maison de maitre bruxelloise. Celle qu'il appelait du tendre surnom de Poussinette, en fut tellement choquée, qu'elle abandonna la plume pour se consacrer à la restauration de meubles anciens et vécu jusqu'à la fin de son existence, entourée de bibelots.. 

Des témoins bien informés nous confirment la présence de son mari, aux côtés de Michael Jackson, Elvis Presley, Kennedy, Daniel Balavoine, sur le refuge de "l'Ile". Son unique biographe connu, militaire de carrière passionné d'énigmes policières, nous renseigne sur sa vie misérable dans l'ombre de la sarcastique Agatha, son dévouement à son oeuvre, allant même jusqu'à recopier ligne par ligne ses manuscrits à une époque où l'informatique n'en était qu'au stade d' oeuf mou. C'est au sortir d'une profonde dépression qu'il décida d'écrire un livre au titre énigmatique : " les dix petites négresses ". 

Il s'agit d'une oeuvre délirante, qu'il enfanta après avoir appris par la presse, que sa chère Agatha, loin de pleurer sur sa disparition subite, l'avait traité de roquet rampant, poulet suintant, gallinacé au goût de piano désaccordé. Chacun jugera.

Car, en fait, derrière ce personnage anodin qui fut l'ouvrier fidèle de la célèbre faiseuse d'énigmes, s'en cache une supplémentaire, celle de sa psychose fantasmatique, son attirance refoulée pour les écrivaines sans défenses. Ingénues qui iront jusqu'à l'aduler au point qu'il créera pour elle une maison d'édition, afin, en les publiant, de les approcher dans leur intimité et de les soumettre à ses rêves de polygamie roucoulante.

Je ne vais pas vous raconter l'histoire du livre, ce serait trahir son secret. Je voudrais simplement rendre hommage aux dix personnages, toutes des femmes au charme évident, qui incarnent comme autant de facettes le profil pathologique de l'auteur. Dès la première approche, il devient vite évident à condition de lire entre les lignes, que nous sommes en présence d'un puzzle morbide, tissé de meurtres successifs, perpétrés dans le corps phallique d'un phare perdu à la surface d'un l'océan matriciel, symbolisant parfaitement la mère nourricière et castratrice.

C'est dans le labyrinthe de ce phallus mythique que le drame se joue, les meurtres successifs et inexpliqués nous entrainant docilement vers l'érection finale, la résurrection des femelles pleurnichardes et avide d'or, qui scandent le nom immortel de leur auteur, de leur démiurge, de leur amant éternel.

Si je vous disais ensuite, qu'intrigué, à force de patience, j'ai pu retrouver la trace de ces dix femmes. Qu'elles sont loin d'être des négresses, mais qu'elles nous entourent, qu'on pourrait les rencontrer et recueillir leurs témoignages déchirants, j'aurais dit vrai. Dix vies anéanties, dix destins brisés par les harcellements, les cérémonies voyeuristes, les manipulations, allant jusqu'au simulacre de la jouissance, qui n'est au fond qu'une terreur déguisée, qu’elles subiront avec fébrilité.

Pourtant, c'est sous le masque ce cet Oedipe sanguinaire qui forme la trame souterraine et haletante du récit, que nous devinerons le pire. Ce ne sont pas dix charmantes lesbiennes soumises et apeurées qui nous empêcheront de discerner, sous le meurtre suicidaire d'un éditeur, père, ami, aux contours fuyant, le double de l'auteur.

Ce ne sont pas ces dix, qui nous empêcheront d'apercevoir, montante, la vague gorgée d'écume d'une homosexualité refoulée, qui émerge par moments, s'amplifie, s'offre en sacrifice, pour finalement nous révéler le vrai sens du récit. 

Lisez le livre.

Sous son apparence naïve de Barbe Bleue, il vous posera les questions essentielles de l'existence. Qui se cache au fond de nous, qui sommes nous ? Agatha était-elle un homme ? Je vous conseille ceci mesdames : écrivez, écrivez n'importe quoi, un récit, un témoignage, un conte, recherchez le nom de l'éditeur fantôme et rencontrez-le. Vous saurez alors qui est l'auteur du livre et pourquoi vous ne dormirez plus sereinement, la nuit, en vous lovant suppliantes, le sexe tendu sous les couvertures.

Le Commandant Danofsky

Publié dans Fiche de lecture

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Sophie Fedy nous propose un extrait de son roman "Territoire gris"

Publié le par christine brunet /aloys

 

I. New Earth 22, année 2455

 

 

 

­ —    Ce que vous allez voir va vous sembler incroyable, mais c’est pourtant l’exact reflet de ce qui s’est passé. Les documents que je vais vous montrer, issus de la multithèque post-terrienne, sont édifiants. Je me dois également de vous prévenir : certaines scènes sont extrêmement violentes, comme l’époque dans laquelle je vous invite à voyager. Les personnes sensibles régleront leur screening-and-feeling machine sur la sensibilité « moins trois » ou « moins quatre » pour les plus jeunes. L’oratrice était entourée d’une assemblée bigarrée, de tous âges et de toutes conditions. A l’ère post-terrienne, les conférences d’histoire de la civilisation terrestre avaient un succès énorme. Chacun voulait en savoir plus sur le passé de ses lointains ancêtres, lorsqu’ils habitaient encore la planète qu’ils avaient curieusement appelée « Terre », alors qu’elle était constituée à plus des trois-quarts d’eau. Bien peu avaient maintenant l’occasion de s’y rendre : quelques mineurs qui exploitaient les derniers gisements de ce liquide noirâtre, poisseux et écoeurant, cause de tant de guerres, ainsi que les minerais indispensables, lithium, nickel… Il y avait également quelques archéologues à l’affût du moindre indice permettant de mieux comprendre cette civilisation absurde, détruite, étouffée par sa propre folie. On y envoyait aussi les « Too Fat* » pour des séjours sanitaires, jusqu’à ce qu’ils soient revenus dans les normes post-terriennes.

—    Ce cycle de conférences est passionnant, dit un jeune homme à sa voisine, qui hocha la tête sans le regarder. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre la philosophie de nos ancêtres. J’ai même du mal à croire que ces êtres, aussi primitifs dans leurs comportements qu’avancés dans leurs technologies, puissent avoir été nos parents.

—    Et pire, jeune homme, vous n’avez encore rien vu ! ajouta un homme âgé. Ce que vous allez apprendre aujourd’hui va vous faire froid dans le dos et vous en ressortirez avec plus de questions que de réponses !

 

**         personnes obèses

Publié dans Textes, présentations

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