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106 articles avec interview

Un interview de Séverine Baaziz dans le blog "Lettres capitales"

Publié le par christine brunet /aloys

https://lettrescapitales.com/interview-severine-baaziz-ce-roman-cest-lhistoire-dune-facette-de-notre-propre-monde/?fbclid=IwAR2pY48RT6FyuwSAvqeOfiDCYPwxq0l300WziR2pUIsH8IBdE8-OGhFSKZo

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Interview. Séverine Baaziz : « Ce Roman, C’est L’histoire D’une Facette De Notre Propre Monde »

Vous cherchez un livre plein « d’aventures abracadabrantes et périlleuses », un anti-héros à leur mesure, et qui s’autodéfinit en toute franchise comme étant « bête comme ses pieds » ?  « L’Astronaute » de Séverine Baaziz est écrit sans doute pour vous, avec, comme bonus, un style captivant alliant avec intelligence toutes les ressources de l’imaginaire et de l’invraisemblable, de l’absurde et de l’humour noir. Au centre de cet univers loufoque règne en maître Michel Bracowski, invraisemblable astronaute et explorateur d’un monde tout aussi farfelu que lui. Derrière tout cela, se cache une très réussie allégorie sur les échecs et les travers du monde contemporain. Qui est Michel Bracowski et que nous dit son histoire de lui et pourquoi pas de nous-mêmes ?

Comment se décide-t-on de partir dans un voyage littéraire interstellaire, en compagnie d’un personnage tout aussi loufoque comme l’est Michel Bracowski, le héros ou plutôt l’anti-héros de votre roman ?

Je vais vous faire une confidence. Avant d’être un roman, ce texte s’est tenu sur quelques lignes, un format tribune pour journal satirique. J’y mettais ma désespérance et ma colère face au monde tristement impitoyable. Et puis, vu que je ne suis ni essayiste ni journaliste, j’ai vite abandonné l’idée d’une tribune, et la raconteuse d’histoire en a fait un roman. Quant au personnage principal, là, je dois tout à Thomas Pesquet. J’avais encore en tête toutes les fascinantes images de sa dernière mission. Un astronaute brillant et exemplaire. Je n’avais plus qu’à donner vie à son parfait contraire : Michel Bracowski.

Peut-on parler d’un texte allégorique et, si oui, de quoi s’agit-il en grandes lignes ?

Totalement. L’histoire se passe ailleurs, sur une Terre qui n’est pas la nôtre, mais elle pourrait tout à fait se dérouler ici, en France. Je déplace le curseur géographique simplement pour parler de notre société avec plus de liberté, de fantaisie et d’exagération. Ce roman, c’est l’histoire d’une facette de notre propre monde, une facette qui prendrait, je le crains parfois, à mesure du temps qui passe, toute la place.

Pourriez-vous nous dire sur quelle planète va poser sa navette votre astronaute ?

Un monde tout petit et tout vert ! Aussi vert que la couverture du livre. Il y règne un sentiment de quiétude, tout semble parfaitement en ordre. Un monde qui, par ailleurs, se targue de ses avancées médicales et environnementales. Plus personne ne meurt de maladie. Plus personne ne connaît le sens du mot pollution.

Qui sont ses habitants et quelles sont les règles de leur société ?

Des individus fort aimables, accueillants et bienveillants envers notre astronaute. Mais tout cela uniquement au début des aventures. Par la suite, les choses se gâtent quelque peu. Surtout à partir du moment où Michel Bracowski offre trop d’égards à la gent féminine, cantonnée, habituellement, aux tâches ménagères.

Dès les premières pages, on est captivé par la volonté de votre personnage qui devient le narrateur attitré de tenir en haleine ses lecteurs. « Je pourrais laisser le cours de l’histoire parler d’elle-même – écrit-il – mais la chose est risquée ». Doit-on comprendre qu’il s’agit ici d’une vraie stratégie dans la maîtrise de l’écriture de ce livre de votre part ?

Bien vu ! Ce roman est mon troisième ouvrage, et il est vrai que même s’ils sont tous les trois très différents, systématiquement, on y retrouve ces adresses au lecteur, sous différentes formes. J’écris toujours pour converser avec le lecteur, même si c’est en temps et en lieu différé, mais j’écris pour lui. Pour lui raconter une histoire. Il n’a pas de visage mais il me tient compagnie tout au long de l’écriture, alors j’aime que le texte s’en ressente.

Michel Bracowski est un personnage attachant, qui garde le vrai sens de sa vie ordinaire. Pourriez-vous nous parler de cet homme n’ayant réussi ni sa vie de famille ni sa carrière, mais qui a fait un voyage extraordinaire ?

Au début de l’histoire, le personnage est quitté par sa femme. La rupture est douloureuse et va l’accompagner durant toutes ses péripéties. J’avais envie de faire exister un homme ordinaire, porteur de souffrances comme nous pouvons tous l’être, un homme très loin de l’archétype du héros. Ce personnage me sert aussi à illustrer combien la fragilité peut devenir une errance.

Dans ce monde étrange, le Professeur fait figure de visionnaire, d’humanisme. Il se découvre une soudaine « envie de changer le monde ». Qui est-t-il ?

Il est d’abord celui qui dit non, depuis toujours, plus ou moins silencieusement. Un peu le dernier des résistants. En douce, il s’insurge et essaie de faire avancer la science, à sa façon. S’il y a un point commun entre le Professeur et l’Astronaute, c’est qu’ils sont tous deux guidés, habités, par leur réalité intérieure : l’un, l’échec conjugal ; l’autre, le rêve de changer le monde.

L’humanisme, énoncé et compris comme refus de l’injustice, traverse l’aventure racontée dans votre livre. Comment l’expliquer plus amplement et quelle urgence incarne-t-il, selon vous ?

Comme je le disais au début de l’interview, ce qui a nourri mon envie d’écrire ce roman, c’est la colère et la désespérance. Pour tout vous dire, il n’y a pas un jour où je ne lève les yeux au ciel. J’en admire la beauté et je me sens alors heureuse, à 41 ans, de ne jamais avoir connu ni la faim, ni le froid, ni la guerre. La seconde qui suit, je m’attriste et je culpabilise. Tout être humain devrait avoir cette chance. Je sais que j’éprouverai jusqu’à mon dernier jour ce double sentiment. Alors, pour qu’il me soit un peu plus supportable, j’écris. J’écris des histoires qui mettent en scène la bienveillance (pour mes deux premiers romans) ou la malveillance (pour L’Astronaute). Cela peut paraître naïf de ma part, mais je reste convaincue que le nombrilisme des uns peut amener à la perte de tous. Le toujours plus de confort, plus de progrès, plus de science, plus de croissance, plus de tout en fait, au détriment de valeurs simples. Je m’inquiète qu’un jour, peut-être, plus personne ne sache tendre la main.

À peine sorti d’un cauchemar, votre héros récidivera dans un délire encore plus profond. Sans vouloir dévoiler la fin de votre livre, j’aimerais vous interroger sur le côté de roman noir que vous souhaitez donner à votre récit. Quelle appétence avez-vous pour ce genre romanesque ?

J’ai des lectures très éclectiques mais il est vrai que la satire, burlesque ou noire, y tient une grande place. Je citerai, entre autres, les romans de Pascal Bruckner, Pascale Gautier, Samuel Benchetrit ou Marie Darrieussecq. J’ajouterai que le cinéma, la musique et la peinture me fascinent et m’inspirent tout autant que la littérature. Dans la deuxième partie du roman (plus dantesque), on peut par exemple deviner le clin d’œil à Bernie, le premier film d’Albert Dupontel, ou encore le surréalisme délirant de Salvador Dali.

A quels projets travaillez-vous actuellement ? Pourriez-vous nous en dire quelques mots ?

Je viens de terminer l’écriture de mon quatrième roman. Il s’agira toujours d’allégorie mais, cette fois-ci, la noirceur laisse la place à la douceur.

Interview réalisée par Dan Burcea

Séverine Baaziz, « L’Astronaute », Éditions Chloé des Lys, 2019, 169 pages.

Publié dans interview

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Jérôme Devillard a répondu à quelques questions à l'occasion de la parution de son recueil "Des lendemains verts"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Tu te présentes succinctement ? Tu es marseillais, je crois ? Prof ?

J'ai 46 ans et suis marseillais d'adoption. Je suis, en effet, originaire d’Auvergne mais je vis à Marseille depuis presque 20 ans, alors on peut dire que je suis marseillais. 

 

Tu viens d'Auvergne ! Incroyable ? D'où si ce n'est pas indiscret ?De Vichy, et j'ai fait mes études supérieures à Clermont-Ferrand. J'ai une formation scientifique en biologie, matière que j'enseigne. La science est d'ailleurs une de mes grandes passions... l'autre étant l'écriture. 

 

Qu'est-ce qui t'a amené à l'écriture ?

La passion, le besoin et aussi l'opportunité. Dès l'adolescence j'écrivais, mais je me suis arrêté à l'arrivée dans la vie active. Des changements dans ma vie il y a quelques années m'ont permis de m'y consacrer de nouveau et je ne le regrette vraiment pas. 
 

 

Ton ouvrage est une série de nouvelles qui tournent autour de l'écologie : un thème qui te tient à coeur ? Pourquoi ? 

 

L'écologie est effectivement un thème qui me tient à coeur. Il s'agit d'un thème universel, puisqu'il nous parle de l'environnement dans lequel nous vivons, et nous pouvons vivre. Pourtant, il laisse souvent indifférent ou tout au moins sans réaction. C'est sur ce constat que sont nées ces nouvelles. J'étais surpris de voir que finalement l'écologie suscitait peu d'intérêt, et que, même ceux qui s'y intéressaient (moi compris) agissaient peu. Ces nouvelles ont donc été pour moi une façon d'agir et de comprendre.

 

Pourquoi avoir choisi le genre "nouvelles" pour faire passer tes idées et pas un roman, par exemple ? C'est un concours de circonstances au départ. "Des lendemains verts" était à l'origine le sujet d'un concours de nouvelles. Je n'ai pas eu le temps d'y participer, mais le thème m'avait plu et j'avais commencé ma première nouvelle. La suite s'est enchainée naturellement.
 

 

Un fil rouge entre tes nouvelles ? à part l'écologie, s'entend... 

 

Oui, les personnages de mes nouvelles sont liés les uns aux autres de loin en loin. 

 

Ce qui veut dire ? Liens familiaux ?  Amicaux ?

Ce sont juste des inconnus qui se croisent, comme on en croise dans notre existence au quotidien. On les remarque à peine, mais ils sont là. Au fur et à mesure, à chaque nouvelle on se rend compte qu'on a déjà croisé ce personnage ailleurs... mais je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir. En fait ce fil rouge s'est imposé de lui-même. Ce lien existe entre chacun d'entre nous. Nous partageons tous la même planète, les actions des uns influencent l’existence des autres. De même les personnages de mes nouvelles sont liés, ils se croisent au sein du vaste monde et les actions des uns influencent également la vie des autres, de manière anodine ou non.

 

Justement, parle-moi de tes personnages ! Réels ou fictifs ? Inspirés de personnages de ton entourage ou pas ? Quels liens entretiens-tu avec tes personnages ? Personnages totalement fictifs. Enfin, ils tiennent sans aucun doute tous un peu de moi, mais pas seulement. Marguerite Yourcenar disait que "Deux choses sont vraies et contradictoires. L'un est que l'écrivain doit être profondément soi-même, il doit avoir un apport personnel à donner. L'autre c'est qu'il doit s'oublier soi-même." Je me reconnais assez bien dans cette vision de l'écrivain et c'est ce que j'essaie de faire lorsque j'écris. 

 

 

 

Que t'apporte l'écriture ?

 

Bonheur et douleur lorsque j'écris... plus sérieusement la possibilité d'exprimer certaines idées ou sentiments, de prendre le temps de les poser et d'y réfléchir afin de les partager.

 

Comment et quand écris-tu ? 

 

J'ai la chance d'avoir assez de temps libre pour pouvoir bloquer des journées entières dans la semaine. A ces moments, j'écris du matin au soir, enfin je suis sur mon travail d'écriture, qui peut parfois se solder par aucune ligne écrite de la journée. 

 

 

Comment voit-on cette passion d'écriture (si c'est une passion, s'entend) autour de toi ? 

 

Plutôt bien. Je suis soutenu par mes amis et ma famille qui sont mes premiers lecteurs et critiques... voire agents littéraires, car j'avoue que la promotion n'est pas vraiment mon fort.
 

 

Des projets ?

 

Un petit essai sur "la culture de la paix et de la non-violence" et un roman initiatique, dirons-nous, qui se passe à l'époque antique. Ces projets sont déjà presque bouclés mais un peu en attente du fait de la promotion de mon recueil de nouvelles.

 

Comment définirais-tu ton style ? Question pour le moins difficile. Je m'attache souvent aux instants, à une ambiance. 


Quels sont tes genres littéraires de prédilection ? Personnellement j'aime beaucoup des auteurs comme Marguerite Yourcenar, Andrée Chedid ou Dino Buzatti qui ont tout aussi bien écrit des romans que des nouvelles... même si je lis aussi de la poésie, et parfois de la fantasy. Je trouve d'ailleurs dommage de parler de genres littéraires quand il s'agit de distinguer littérature dite classique, de celle des policiers, de la fantasy ou autres. Cela sous entend souvent que certains genres seraient supérieurs aux autres. Il s'agit d'abord et avant tout, de mon point de vue, d'un goût personnel. 

 

 

MERCI !

 

Christine Brunetwww.christine-brunet.com

Publié dans interview

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C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
C'était pour les 20 ans des Editions Chloé des Lys... Un reportage d'Edmée de Xhavée
Belle journée, heureusement pour tous ceux qui venaient de loin, dont Christophe Guyon qui n'a pas hésité à quitter les fastes de Versailles pour venir s'associer à cet anniversaire. Vingt ans contre vents et marées, et toujours là et plus forte, la maison CDL avait de quoi célébrer.
 
Les auteurs ont enfin pu se rencontrer "en vrai", mettre des voix, des âges et des visages sur les noms, et échanger gaiement opinions, connaissances, sourires autour d'une table magnifiquement garnie. Natalie Colas a même offert un cadeau imprévu à Laurent Dumortier en chantant un extrait de Paname avec justesse et gentillesse aussi. Et Laurent a consenti à un discours de trente secondes et demies, les silences et sourires compris. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer Martine, Madame au secours je ne comprends pas, et Géraldine Mortier, la souriante graphiste au service des auteurs pour leur couverture...

 

Edmée de Xhavée

Petit jeu pour les absents... 

Donnez le nom des participants reconnus sur les photos en donnant, bien entendu, le n° de la photo... Ceux qui étaient présents, bien entendu, n'ont pas le droit de jouer !!! 

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L'interview de Didier Fond pour son nouvel ouvrage "Les somnabules"... La suite...

Publié le par christine brunet /aloys

 

- Après avoir évoqué la genèse de ce roman, j’aimerais que nous parlions à présent de l’intrigue, du décor, des personnages. Car enfin, où sommes-nous ? Quelle est cette ville ? Pourquoi est-elle présentée comme une ville morte, abandonnée de ses habitants ? Pourquoi sont-ils partis ?

- Partis et revenus pour onze d’entre eux. Mais de là à savoir la cause de ce départ précipité… Peut-être les lecteurs vont-ils être déçus de se rendre compte que, le livre refermé, ils n’en savent finalement pas plus à la fin qu’au début sur certains points. C’est évidemment voulu. L’étrangeté de la situation entraine fatalement un environnement lui-même étrange, des personnages au comportement qui sort de ce qu’on appelle la « normalité ». Tu te demandes quelle est cette ville, si on peut la nommer : oui et non ; si elle existe ou si elle est totalement imaginaire : les deux, car bien sûr, le modèle réel est assez reconnaissable, j’ai gardé les noms exacts de certains lieux mais les distances, les éléments qui la composent ont été modifiés. Ainsi lors de la promenade nocturne du groupe à Saint-Jean, si l’on s’était trouvé dans la réalité, il aurait été impossible de voir, du bord de la rivière, la place où se réunissent les Gardiens de la nuit. De même, il aurait fallu que mes personnages soient munis de jumelles pour distinguer aussi précisément les lumières. Ainsi on peut éventuellement identifier cette ville mais les transformations spatiales en font une autre ville, qu’il devient alors difficile de nommer.

- Mais pourquoi en avoir fait un désert total ? Quelle en est la cause ?

- Cela fait partie des mystères qui ne seront jamais résolus. Chacun peut imaginer ce qu’il veut. Il faut simplement se rappeler qu’elle est absolument intacte : il n’y a aucune ruine, rien n’a changé si ce n’est que la population a disparu. Certaines solutions deviennent alors impossibles : pas de guerre, pas de bombardement, pas de missile atomique. Peut-être une épidémie, un conflit bactériologique. On ne sait pas. Simplement, les habitants ont fui, pour une raison connue d’eux seuls et même pas de moi car honnêtement, j’ignore quelle pourrait être l’origine de ce départ. Pour moi, cette ville que je voyais en pensée ne pouvait qu’être abandonnée. Encore une fois, cela fait partie de la mise en place d’un décor inquiétant et oppressant. La chaleur torride qui enveloppe la ville est également un élément destiné à mettre mal à l’aise le lecteur. Pourquoi fait-il si chaud ? Les conditions climatiques se sont-elles détériorées ? Est-ce la raison de cet exode ? Cela parait peu probable mais c’est une piste… qui ne mène en fait nulle part puisqu’aucune solution ne sera donnée.

- Au fond, il suffit d’accepter les présupposés tels qu’ils nous sont donnés, sans chercher à rationaliser les faits.

- Exactement. Et ce n’est pas toujours facile, je le reconnais, en fervent lecteur d’ouvrages fantastico-étranges (joli néologisme !) que je suis. Il faut évidemment prendre garde, à force de vouloir être étrange, de ne pas tomber dans le grotesque ou l’invraisemblable.

- En tout cas, il y a une chose qui me semble assez claire, si on excepte les membres de la Divine Trilogie : ce sont les rapports entre les personnages.

- Oui, ce que tu dis est très juste. On comprend vite leurs relations et leur état d’esprit les uns envers les autres. Les deux qui me paraissent le plus évident à analyser sont Louis et le narrateur.

- Effectivement : leur relation est très ambiguë.

- Ca dépend de quel point de vue on se place. En ce qui concerne Louis, il n’y a aucune ambiguïté chez lui. Il éprouve pour le narrateur une très vive amitié, mais cela ne va pas plus loin. Celle qui le fascine et qui va facilement le séduire, c’est Eralda. Le narrateur, par contre, est amoureux de Louis, cela se devine aisément car des indices ne cessent d’être donnés tout au long du roman. C’est ce qui rend si terrible sa situation : il éprouve un amour impossible, qui devient de plus en plus évident, mais qui est source de terribles souffrances au regard des événements qui vont survenir. En même temps, Axel ne le laisse pas indifférent sur le plan physique. Il rêve à lui, mais il ne sait pas trop quels sentiments il ressent à son égard. Ajoutons qu’il n’est pas indifférent au charme sensuel d’Eralda, ce qui complique davantage la situation. Le narrateur semble en fait être quelqu’un de très complexe, bien plus que Louis ; a-t-il vraiment vécu ou bien n’a-t-il fait que rêver sa vie ? Lui-même n’arrive pas à le savoir et c’est l’objet de sa méditation nocturne sur le balcon.

- Nous avons affaire à un groupe que le narrateur appelle « les survivants de Saint-Jean » ce qui laisse supposer qu’ils ont été confrontés à des dangers mortels. Et logiquement, ils devraient s’entraider, être amis à cause de ce qu’ils ont tous vécu, ce qui n’est pas le cas. Je vais même aller jusqu’à dire qu’ils se détestent et qu’ils ne se supportent pas. Du reste, le narrateur le dit franchement.

- Tout à fait. Chacun s’occupe de soi d’abord, même si parfois, un vague reste d’altruisme se manifeste : je pense à l’attitude d’Arabella face à Elsa qu’elle raccompagne chez elle parce qu’elle ne se sent pas bien : elle incite ceux qui n’ont pas participé à l’expédition à aller la voir. Ou bien aux regrets du narrateur quand il apprend la mort d’Elsa. Mais ce sont vraiment des moments très rares. Ce n’est qu’à la fin que le narrateur comprendra à quel point, finalement, il était attaché à eux.

- Venons-en maintenant à la Divine Trilogie : un surnom plus qu’étrange, qui laisse supposer bien des choses…

- Et que la fin est censée expliciter. Oui, en effet, les rapports qu’ils entretiennent entre eux sont également étranges, Axel le dit nettement quand il affirme qu’en apparence, ils sont souvent en train de se disputer mais qu’ils sont et seront toujours unis face aux décisions graves à prendre. Raphael paraît parfois en opposition à ses deux amis, mais c’est pour mieux se rapprocher d’eux quand c’est nécessaire. Quant à leurs rapports avec les « survivants », ils sont simples : ils les commandent, les dominent, leur imposent des règles. Vers la fin, le destin de Mona-Lisa montre clairement à quel point ils sont, tous les trois, redoutables. Et combien Louis a eu raison d’affirmer qu’ils n’étaient pas ce qu’ils prétendaient être.

- Dernière question, et pas la moins facile : pourquoi restent-ils dans cette ville à attendre Dieu sait quoi. Pourquoi ne repartent-ils pas ? Et derrière cette histoire fantastique, se cache-t-il un message, une réflexion sur l’être humain ?

- Louis pose la même question au narrateur et je vais vous faire la même réponse que ce dernier pense sans la dire à voix haute : ils sont déjà partis, mais ils sont revenus. L’extérieur n’offre plus rien, sinon que des raisons de désespérer. Autant revenir chez soi et attendre.

- Terrible fatalisme qui les enchaîne au sort qu’ils ont voulu fuir mais qu’ils subissent quand même. Belle ironie !

- C’est vrai. Mais au fond, ils ne se posent pas longtemps la question. Quant à un éventuel message derrière ce roman, assurément non : pour moi, ce n’est qu’une histoire que j’ai aimé raconter, et que, je l’espère, les lecteurs apprécieront, rien de plus. Mais chacun peut y voir ce qu’il veut : c’est le privilège du lecteur de pouvoir se l’approprier, sans tenir compte des intentions de l’auteur.

Publié dans interview, présentations

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INTERVIEW N°1 DE DIDIER FOND POUR "LES SOMNAMBULES"

Publié le par christine brunet /aloys


 

« Ainsi donc, les Somnambules, c’est ton cinquième roman édité chez Chloé des Lys ?

- Le cinquième dans l’ordre de parution, oui. Mais pas dans l’ordre d’écriture. Il va falloir faire une grande remontée dans le temps pour comprendre sa gestation.

C’est-à-dire ?

- Eh bien ce n’est pas le cinquième roman mais le premier que j’ai écrit d’où ces tâtonnements successifs et le temps que j’ai mis à le composer, car il y a eu au moins trois ou quatre versions, de plus en plus longues. La première idée, je dis bien idée, pas le premier jet écrit, je l’ai eue en 1980. C’est en écoutant quelques chansons de Mélina Mercouri que j’ai imaginé non pas la trame mais quelques éléments du futur roman. Mais je n’avais aucune idée sur la façon de les relier entre eux. C’est donc resté à l’état d’idée jusqu’à l’été 1983. J’ai commencé la rédaction sur cette simple trame : la vie d’un groupe de gens dans une ville abandonnée pour x raisons et écrasée par une .chaleur épouvantable. Et j’ai eu la maladresse de mêler à cette trame pas mal d’éléments autobiographiques.

Pourquoi « maladresse » ? Le sujet pouvait s’y prêter.

- Non. Et c’est Léda, l’amie à laquelle je dédie le livre, qui me l’a fait comprendre. Je m’embrouillais dans des détails totalement inutiles et comme j’avançais à l’aveuglette, sans savoir où j’allais car je n’avais pas de trame précise à part celle exposée plus haut, bien trop vague pour permettre un développement intéressant, le récit s’enlisait et s’éternisait. De plus, m’a-t-elle expliqué, ce mélange de presque fantastique, en tous cas étrange, et les remarques sur ma vie personnelle ne passaient pas du tout ou du moins, pas de la façon dont je le concevais. J’avais en fait deux livres en un seul : une autobiographie très ordinaire et un récit intéressant qui, si je le peaufinais et l’approfondissais, pouvait donner un roman passionnant. Je la revois encore tenant entre ses mains les feuilles tapées à la machine (on n’avait pas encore d’ordinateur) et les séparant en deux groupes : l’histoire inventée d’un côté et les éléments personnels de l’autre. Le deuxième tas devait réintégrer le tiroir où je rangeais le manuscrit et le premier être posé sur mon bureau et être relu, corrigé et poursuivi.

- C’est ce que tu as fait ?

- Non, encore une fois. J’ignorais comment continuer, je n’avais pas d’idées. Et surtout, j’étais à une époque de ma vie où je faisais tout pour changer de travail. J’ai repris mes études de lettres, j’ai passé les concours d’enseignement, je suis devenu professeur. Je n’ai pas « oublié » le roman ; simplement il m’était impossible de penser sereinement et efficacement à une suite correcte, j’étais trop accaparé par le but que je m’étais fixé et par mes nouvelles fonctions.

- Et quand as-tu pu enfin reprendre ce récit ?

Partiellement en 1993 ; j’ai retravaillé ce qui était déjà écrit, avancé un peu en me laissant guider par mon imagination et le souvenir des scènes auxquelles j’avais pensé. La même année, pendant un congé maladie, j’ai enfin eu la vision globale de ce que pouvait contenir ce roman et je l’ai achevé d’un trait. Et très fier de moi, je l’ai fait lire à Léda.

- Laisse-moi deviner : elle t’a dit : « c’est nul, copie à refaire »

- Pas de cette façon aussi brutale. Mais bon, ça revenait au même. Surtout, elle m’a expliqué ce qui d’après elle, n’allait pas. Ce n’était pas l’intrigue, ni la langue : la trame était bonne, mais tout était trop rapidement expédié. Pas de description des lieux, des personnages, pas d’approfondissement dans la psychologie de mes héros, une fin certes grandiose mais mal reliée à ce qui précédait. Le lecteur était incapable de se représenter les personnages et donc de s’identifier à eux. Je précise tout de suite que cette fin, je n’ai jamais réussi à la rendre aussi parfaite que je l’aurais voulu, malgré de nombreuses réécritures. Je voyais très bien ce que cela aurait donné, mais impossible de faire coïncider l’imagination avec la réalité. J’ai fini par me contenter de celle du manuscrit.

- Finalement, quand as-tu été « satisfait » du résultat global ?

- Jamais. Je concède à ce roman de très nombreuses qualités, notamment au niveau de la langue que j’ai beaucoup travaillée, mais il reste encore des passages dont je ne suis pas vraiment satisfait, plus de trente ans après, notamment le dialogue final entre Eralda et Axel qui me parait à la fois trop explicite et pas assez. Mais ce que m’a dit Léda m’a fait réfléchir et j’ai ainsi pu décrire en profondeur le cadre dans lequel se déroule l’action et rendre mes personnages beaucoup plus intéressants que les simples silhouettes qu’ils étaient auparavant.

- Et qu’est-ce qui t’a poussé –ou qui – à le présenter chez CDL ?

- J’ai fini par admettre que je ne ferai rien de meilleur en insistant, que j’avais donné tout ce que je pouvais donner. Et puis, honnêtement, je commençais à en avoir assez de ce bouquin que je traînais avec moi depuis des années. J’avais d’autres trames en tête ; je l’ai laissé de côté et j’ai écrit d’autres ouvrages. Et puis un jour, je l’ai relu et, avec du recul, je l’ai trouvé bon. Un peu maladroit par moment mais tout à fait apte à affronter le comité de lecture de CDL. Léda était de mon avis. Alors, j’ai envoyé le manuscrit et j’ai attendu. Et voilà.

- Tu as parlé tout à l’heure de deux chansons qui ont été à l’origine du roman : tu te souviens desquelles ?

- Très peu : les titres ne sont pas restés dans ma mémoire. Je réentends dans ma tête la voix de Mercouri, un peu la musique, mais les paroles, franchement, je les ai pratiquement toutes oubliées. Il y avait une chanson qui parlait d’amis disparus et dont il ne restait que des photos et une autre d’un homme qui affirmait qu’il ne fallait pas perdre espoir, qu’une sorte de « Messie »viendrait nous délivrer ou quelque chose comme ça. J’ai repris cette idée dans la chanson qu’interprète Eralda au cabaret, lors de la soirée. Comme j’étais incapable de pondre des paroles, j’ai simplement donné un très vague aperçu de ce qu’elle disait et j’ai préféré insister sur les sentiments qu’elle faisait naître chez le public.

- Il y a quelque chose qui m’intrigue dans le roman : à aucun moment, le narrateur n’est nommé. Il n’a pas de nom. Je suppose que c’est voulu mais pourquoi ? Et as-tu eu des problèmes avec le nom des autres personnages ?

- Pourquoi un narrateur anonyme ? Honnêtement, je ne sais pas. Je n’arrivais pas à lui trouver un nom qui me satisfasse. Et puis, je me suis dit que ce personnage n’avait pas forcément besoin d’un nom, qu’il pouvait représenter tous les hommes dans sa situation. Mais je ne peux pas être plus précis. Par contre, pour répondre à la deuxième question, oui : donner une identité précise aux autres personnages m’a posé des problèmes : ainsi Louis s’est-il d’abord appelé Michel, puis Bruno : je n’étais pas satisfait de ces deux noms, je les trouvais communs et mon héros me semblait être quelqu’un certes d’ordinaire mais avec une aura tragique (son destin est horrible) qui devenait de plus en plus perceptible au fur et à mesure que le récit avançait. Et puis, j’ai pensé à Louis, prénom à mon avis plus original, surtout moins utilisé. Eralda n’a posé aucun problème, je l’ai trouvé tout de suite en abrégeant le prénom d’Esméralda dans Notre-Dame de Paris. Axel et Raphaël m’ont donné plus de fil à retordre. Ils changeaient de nom au fur et à mesure des différentes versions. Ils ont été d’abord Olivier (Axel) et Renaud (Raphael) : prénoms trop fades, trop courants pour ce qu’ils sont censés être. Je ne me souviens plus des prénoms dont je les ai affublés ensuite ; Axel et Raphael sont venus en dernier : j’ai été séduit par leur consonance et leur côté un peu mystérieux. Mais tout ceci est évidemment très subjectif. Quant aux prénoms des autres personnages, ils avaient moins d’importance : je me suis amusé avec les noms d’Eralda, Mona-Lisa, Arabella, Laura, Elsa : Pierre Benoit avait décidé que le prénom de ses héroïnes commencerait toujours par un A. J’ai voulu faire le contraire, j’ai choisi des prénoms se terminant par A. Ca n’a rien de génial, mais bon… On s’amuse comme on peut.

- Et il y a encore des romans en préparation, qu’on pourra lire un jour ?

- Pas en préparation. Mais j’en ai un certain nombre de côté qui ne demandent qu’à être relus, corrigés, allégés ou développés… et édités !

Publié dans interview

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Marcelle Pâques et Thierry-Marie Delaunois interviewés par Philippe de Riemaecker pour "Les fruits de ma passion"

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=e6B1SbLePw8&feature=youtu.be

Publié dans interview

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Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12

Publié le par christine brunet /aloys

Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12
Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12
Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12

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Bob Boutique a répondu à quelques questions à l'occasion de la prochaine parution de son nouveau thriller

Publié le par christine brunet /aloys

La nouvelle publication de Bob Boutique pointe son nez... BLUFF. 

Avant de vous en proposer un retour de lecture, j'ai décidé de lui poser quelques questions, histoire de comprendre ce qui l'a motivé à nous proposer ce troisième thriller. Policier, SF, aventure ? Il va sûrement nous le dire !

Bob, tu nous proposes un nouveau thriller... Le dernier d'une trilogie 

 

 

 

Au fait, pourquoi une trilogie ?

Pour être sincère, en écrivant "2401" (je rappelle au passage que ce n' est pas une date mais 7 à la quatrième puissance) je ne pensais pas du tout à une suite. Puis je me suis attaché aux personnages, Johan et Lieve, deux flics hollandais un peu décalés... Or comme à la fin du thriller Johan s'en va sans répondre aux avances de sa collègue (le mec est coincé pas possible) je me suis dit qu' on ne pouvait pas laisser ça comme ça... alors j' ai écrit une deuxième histoire dans la même lignée "Chaos" (avec toutefois un scénario totalement différent) . Et là, idem. Comme  je m' attachais de plus en plus à cet escogriffe un peu bourru qu' on s' est mis à appeler le Bouledogue et comme ça marchait de mieux en mieux et que mes lecteurs(trices) en redemandaient j' ai décidé de continuer avec un troisième, "Bluff" (toujours complètement différent), pour en faire une trilogie. Donc ce n' était pas programmé. Je me suis quelque part coincé moi même, mais avec  le plus grand plaisir.

 

 

Donc un thriller ? Pour toi, c'est quoi, un thriller ?

 

Je préciserai, un thriller d' aventure. Une histoire d' abord, avec des rebondissements qui vont crescendo jusqu'à une finale à laquelle on ne s'attend pas. En fait un film style américain qu' on va voir pour se marrer avec  de chips et du coca. Mais tu connais la réponse à ta question puisque tu es ma modèle en la matière, la spécialiste du thriller français. En plus sérieux et surtout plus noir, beaucoup  plus noir.

 

 

Tu proposes les mêmes personnages : sont-ils le fil conducteur ce cette trilogie? Qui sont-ils ? Pourquoi les abandonner à leur sort ? Oui, mes personnages sont essentiels, je les connais aussi bien que s' ils

étaient vivants !  je ne pourrais pas raconter ces histoires sans eux,  comme un réalisateur qui décide de faire un film pour des acteurs bien précis. Encore une fois tu connais la réponse puisque tu fais la même chose depuis dix ans... avec Axelle de Montfermy et maintenant cette incroyable Gwen Saint-Cyrq.

 

 

 

Un titre choc... mais inhabituel : BLUFF

 

Oui, ce sera peut-être un choc car j' ai une vision du réchauffement climatique (le thème du livre) fort différente de ce qui est devenu comme une religion (En Europe, ailleurs ils s' en  fichent) pour 36 bonnes et mauvaises raisons ? Je sais que tu ne partages mon point de vue mais c' est pas une raison suffisante pour qu' on se tire la gueule... en fait, je ressens toujours le besoin  de glisser un grand thème universel dans mes livres, derrière l' histoire pour ne pas em...  ennuyer le lecteur. Dans "2401" c' était la tératologie (la science des monstres et enfants nés difformes), dans "Chaos" les religions et dans "Bluff", le climat.

 

 

 

Comment s'est imposé ce titre ? 

 

Simple, je pense à tort ou à raison, qu' on se fiche de nous à ce propos, bref qu' il  y a un énorme bluff politique à propos du climat. Faut lire. Je ne prétends pas avoir raison, mais si ce bouquin réussit à semer le doute et surtout à entraîner les gens à se faire "leur" opinion, avec du bon sens, sans  se prosterner devant les ukases des médias européens, j' aurai fait une petite chose utile. Peu importe la façon dont les lecteurs verront et analyseront le problème. Du moment qu' ils réfléchissent et se fassent un avis sur base de "leur" propre réflexion.

 

 

L'avais-tu au début de l'écriture ? 

Non, j' ai trouvé le titre en cours de route. Au départ je n 'avais rien en tête sinon l' envie de poursuivre l' évolution de Johan et Lieve dans un scénario qui comprenait le climat en lame de fond. J' ai choisi "Bluff" car j' aime bien les titres courts et chocs qui se retiennent facilement !

 

 

Le thème dans l'air du temps mais comme d'hab. un sujet "touchy" qui va en faire bondir plus d'un... dont moi. Tu as traité avec Chaos du djihadisme et de l'intégrisme musulman. Là, c'est le climat.

 

Précisons: je parle dans "chaos" DES intégrismes... musulmans et chrétiens ! On oublie les chrétiens car ils ne représentent plus grand chose aujourd'hui en Europe, mais on oublie qu' ils étaient aussi intégristes que les djihadistes il  y a quelques centaines d' années. Perso, je trouve dommage  d' avoir  mis plus de mille ans pour se libérer des curés, pour les remplacer aujourd'hui par des imams ! (là, je viens de perdre deux cents lecteurs potentiels). Oui, le climat, c' est touchy et encore une fois je pense que je ne vais pas me faire que des amis... mais je demande simplement aux gens de ne pas croire les yeux fermés tout ce que leur racontent (en Europe du sud principalement, moi je suis un flamand du nord) les médias très orientés dans leur ensemble vers une idéologie politique dominante. Tout à fait dépassée à mon avis mais bon... on est en démocratie et chacun a le droit de se faire une opinion, pourvu que ce soit  la sienne et pas le copier/coller de la presse et de la télé.

 

 

 

Comment ce sujet s'est-il imposé ?

 

Très naturellement, je pense et réfléchis comme tout le monde et ai l' impression désagréable qu' on nous bluffe, c' est tout.

 

 

As-tu voulu faire réagir ? faire passer TES idées ? Un peu à l' évidence, mais en précisant quand même que l'Europe est en train de changer et que "mes idées" (c' est un grand mot mais j' ai le droit de penser autrement) deviennent d' année en année celles d' un plus grand nombre. Ca ne plaira pas à tous, je le comprends fort bien. Mais la démocratie c' est ça aussi. Les majorités mettent beaucoup de temps à se modifier,  mais on sent très clairement un trend, une tendance vers une autre façon de voir les choses. 

 

 

 

Parlons à présent écriture : Pour toi, c'est quoi, écrire ? 

 

Raconter. Point. Je ne m' intéresse pas trop à l'écriture, j' essaie d' être naturel et de raconter. Pour le style, l' orthographe, la cohérence et tout ça... j' ai une coach qui me redresse les bretelles quand je dérape. C' est extrêmement confortable. D' ailleurs, je crois que tu la connais...

 

 

 

Des projets ? Toujours dans le policier ? Une bande annonce prévue ? 

Oui, je ferai une bande annonce pour "Bluff"... j' ai déjà le thème de mon prochain thriller (j' ai même piqué l 'idée à une amie qui se reconnaîtra avec son accord of course) mais j' attends la sortie de "Bluff" pour me mettre au travail.

 

 

Un résumé de l'histoire ??? Si non pourquoi ? Peur de la réaction des lecteurs a priori ?

Jamais peur ! Le prochain thriller sera très original (je ne pense pas avoir déjà trouvé ce thème où que ce soit, merci mon amie) en revanche il ne heurtera personne car il ne remet rien de "convenu"  en question. Le seul scoop que je peux dévoiler à Aloys (qui le mérite cent fois) c' est qu 'on y retrouvera le Bouledogue et la Petite. J 'arrive pas à m' en séparer. Une quadrilogie en quelque sorte.

 

Merci Bob !!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Christine Brunet interviewe Cathie Louvet...

Publié le par christine brunet /aloys

Cathie Louvet... Un nom qui nous dit bien évidemment quelque chose sur ce blog ! Elle participe à notre revue "Les petits papiers de Chloé" depuis peu. Elle est blogueuse : "legere imaginare perigrinare", c'est elle. Elle écrit également : j'ai publié sur aloys la chronique de roman roman historique "De glace et de feu". Des activités et des passions multiples... Une interview s'imposait... Forcément !

 

Tu veux bien te présenter, stp ? 

Tout d'abord, un grand merci à toi Christine de me « recevoir » et pour ton intérêt pour mon bouquin et mon activité d'écrivain.

Si je devais me présenter, je dirais que je suis avant tout une très grande passionnée de lecture et de littérature. J'ai commencé à lire de manière quasi compulsive dès l'âge de 8 ans. Et devinez quelles étaient mes lectures préférées ?? Je vous le donne en mille...Toute la série des « Alice » et des « Soeurs Parker », « Le club des cinq », « Les six compagnons ». J'étais déjà attirée par les histoires de mystère et d'enquêtes...

Après des études de Lettres Modernes et d'histoire, j'ai enseigné en lycée pro et collèges, mais j'ai rendu mon tablier il y a quelques années pour me consacrer à mes activités littéraires. Je me considère avant tout comme écrivain, même si pour l'instant je traverse une période de désert en matière de création littéraire...

 

 

Comment te qualifierais-tu ? blogueuse compulsive, lectrice compulsive, les deux ? 

Indéniablement lectrice compulsive...Mon rêve absolu : hiverner de la Toussaint jusqu'à Pâques avec une montagne de livres à lire et de la nourriture, of course...

Je ne pense pas être une blogueuse compulsive, même si je consacre beaucoup de temps à rédiger et publier mes articles.

 

Qu'est-ce qui t'a décidé à créer un blog littéraire ? Un déclencheur ? tes motivations ? 

En réalité, je ne sais pas trop mais je vais essayer de retracer la genèse de ce projet:)  A l'époque, il y a trois ans, ma fille aînée tenait un blog consacré au maquillage et à tout ce qui touche à l'esthétique. Je me suis intéressée à son activité et un jour je lui ai demandé si c'était compliqué de créer un blog. Je pense que l'idée de partager mes lectures avec d'autres passionnés faisait son trou depuis un bon moment dans un coin de mon esprit.

Avec son aide, j'ai alors créé mon premier blog qui n'avait rien de très abouti ; les articles étaient très succincts et, à l'époque, je ne détaillais pas. Mais quand j'ai vu que ça marchait plutôt pas mal, j'ai eu envie de passer à autre chose, car je me suis découvert une nouvelle passion : écrire des chroniques de livres.

J'ai donc créé mon blog WP en septembre 2016, avec pour motivation de partager mes lectures mais aussi de donner aux lecteurs un plus : les coulisses des livres lus en parlant des personnages, des lieux, de la structure de tel ou tel roman, l'auteur, etc...Plus j'écrivais d'articles, plus j'avais de retours positifs, plus j'ai eu envie de « professionnaliser » mon activité.

 

Généralement, les blogueurs se canalisent sur un seul aspect du sujet traité... Policiers, thriller, sf, etc. Toi, tu as choisi de traiter le genre policier dans son ensemble et tu vas plus loin en proposant des articles sur des affaires qui ont, par le passé, défrayé la chronique. Pourquoi ?

Ahhh, la bonne question...:) Parce que le genre policier recouvre de nombreux sous-genres, tout aussi passionnants les uns que les autres ; même remarque pour le genre appelé « thriller » ; aussi parce que je considère que les littératures policières occupent une très grande place dans le monde littéraire et donnent lieu à de nombreux romans de très grande qualité. A mon sens, écrire une bonne intrigue policière ou un bon scénario de thriller requiert de véritables qualités littéraires. Tout comme le comique au cinéma, écrire un polar ou un thriller est un exercice bien plus complexe qu'on le croit.

Je suis également passionnée par l'Histoire et j'ai eu envie d'écrire des articles sur l'histoire du genre( série bien loin d'être achevée), comprendre pourquoi et comment sont nées les littératures policières. Dis-moi ce qu tu lis, je te dirai qui tu es...en quelque sorte. Il est très éclairant de se pencher sur les goûts littéraires d'une époque ou d'une société ; on en apprend beaucoup...

L'idée d'écrire des articles sur des affaires criminelles célèbres m'est venue assez récemment, au cours d'une visite à la médiathèque de Rennes. Je suis tombée sur le rayon «  criminologie » et là je me suis dit que, vu l'engouement du public pour les polars et les thrillers, ça pourrait intéresser mes lecteurs. J'ai à ce propos d'autres projets de séries pour les mois à venir. J'ai même envisager de créer u autre blog uniquement consacré à cet aspect de mon activité...On verra ça plus tard (Rires)

 

 

Tu n'es pas seulement à la barre de ton blog... Tu collabores également à d'autres blogs ! Quels sont-ils ? Comment les choisis-tu... Et tu prends le temps où ?

Ma collaboration à d'autres blogs s'est faite d'une manière fortuite. Ça a d'abord été Zonelivre, site sur lequel je ne publie que mes chroniques de polars et de thrillers, ainsi que celles concernant les romans scandinaves. Grâce à ce site, j'ai pu nouer des contacts avec des éditeurs et des écrivains, participer à la grande aventure de la littérature...(Sourire)

Je publie également des articles sur Collectif Polar, essentiellement ceux concernant les grandes affaires criminelles ou la police scientifique. J'ai choisi  ces deux sites parce qu'ils s'intéressent au même thème que le mien ; je voulais aussi, par ce biais, m'ouvrir à la blogosphère, avoir des contacts avec d'autres passionnés et d'autres blogueurs, car j'ai conscience que j'exerce une activité très solitaire.

Je publie également sur le site Les Yeux Fertiles et SherlockStLouisetCie ; ce sont eux qui m'ont sollicitée et j'avais envie de tenter cette aventure de faire vivre un autre blog que le mien, ce qui, en réalité, ne me demande pas tant de boulot que ça étant donne que je publie des articles que j'ai écrits pour mon propre blog.

Depuis septembre dernier, je suis également chroniqueuse pour la plateforme SimplementPro dédiée aux auteurs auto-édités, activité que j'apprécie beaucoup car cela me permet d'aider et de conseiller de jeunes auteurs ( activité à l'origine du projet dont je te parlerai dans la 7e question).

Avec Sherlock et cie, c'est un peu différent : c'est un site sur lequel j'ai un espace réservé pour des rubriques plus en rapport avec ma passion pour l'histoire. J'ai par exemple le projet d'écrire une série sur des hommes d'église célèbres ou pas, ayant vécu à différentes périodes du Moyen-Age. J'y ai également un espace professionnel pour un autre projet dont je vais te parler à la question suivante.

 

 

Parce qu'en plus tu es écrivain... Explose-nous ton univers, stp... Du policier ? Parle-nous de ton bouquin... 

Mon univers d'écrivain n'a aucun rapport avec les littératures policières. Il s'agit de romans historiques. En fait, quand j'ai commencé à écrire, je voulais allier ma passion pour la littérature avec ma passion pour l'histoire. J'avais envie de raconter des événements s'étant déroulé dans le passé mais sous forme romancée, d'une part pour que la lecture en soit plus agréable qu'un essai, d'autre part pour toucher un public plus vaste.

« De Glace et de Feu » est né de mon errance dans le fonds normand de la médiathèque de Saint-Lô, dans la Manche, où je vivais à cette époque. Je suis très curieuse de nature et après avoir parcouru différents ouvrages sur la naissance du duché de Normandie, l'idée m'est venue d'en raconter l'histoire. Mais très vite, mon projet littéraire est devenu plus ambitieux : fascinée par la civilisation viking très peu ou très mal connue, j'ai eu envie de raconter leur saga en restant le plus près possible de la réalité avérée. Me rendant compte qu'une partie de leur histoire chevauchait l'histoire de l'empire carolingien, j'ai imbriqué les deux histoires en une seule. Et voilà !!

Ce projet m'a demandé presque six années de recherches, car je voulais reconstituer la vie de ces gens et les événements historiques au plus près possible de la réalité. Je voulais raconter l'Histoire tout en racontant l'histoire de personnages fictifs qui auraient pu exister tels que je les ai décrits. Le second tome est en cours de rédaction finale depuis deux ans ; quant au troisième, il est en chantier...

 

Des projets ? Des envies ? 

Oui, toujours...Mon cerveau turbine à fond , j'ai d'ailleurs beaucoup de mal à le suivre (rires)

J'ai un projet qui me tient particulièrement à cœur : la création d'un cabinet d'accompagnement littéraire prposant différents services : correction complète de manuscrit ; fiche de lecture pour permettre à un auteur d'améliorer son manuscrit ; expertise ; conseils d'écriture ; mais aussi recherches pour des écrivains qui n'en ont pas le temps ou pas l'envie.

Je voudrais également professionnaliser mon activité de critique littéraire soit en proposant mes articles à diverses revues, soit en animant une émission radio, etc.

Mes envies : trouver un autre éditeur qui prenne mon travail plus au sérieux  que Publibook qui a publié le premier tome, structure qui ne propose pas grand chose pour m'aider à promouvoir mon livre. J'avoue être dans une phase de découragement et ne plus trop m'en occuper actuellement, ce qui m'attriste car je voudrais vraiment que mon activité d'écrivain débouche sur une certaine reconnaissance, moteur pour moi indispensable à la création littéraire. J'ai pourtant des projets de romans, mais pour l'instant l'étincelle n'est plus là...

 

 

Merci beaucoup pour le temps accordé !!!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans présentations, interview

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Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

Publié le par christine brunet /aloys

Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »
Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

 

Interview par « Secrets de Polichinelle »


 

Les titres de ses romans attisent la curiosité, il était donc temps de rencontrer Marie-Noëlle Fargier...


 

1) Peux-tu nous expliquer ce qu'est une "bukinê" et un "camaret" (Je connais "Les filles de Camaret", mais bon...) ?...

- Une "bukinê" est un mot d'origine grecque qui signifie une coquille de poisson, utilisée comme moyen de communication par les bergers (comme un sifflet). J'ai gardé ce moyen de communication dans mon roman. Dans mon histoire, la bukinê est le seul échange que peuvent avoir trois soeurs que la loi a séparées. Je voulais également traduire le son dans mon titre. Le son qui a une grande importance, d'une part pour la traversée du temps, "La bukinê d'Anna" se situe plus de mille ans avant Jésus-Christ, d'autre part, un de mes personnages principaux est musicienne. On retrouve la bukinê dans "Le Camaret d'Achille" (suite de "La bukinê d'Anna"). Cet objet est toujours là, retrouvé au pied d'une chibotte au 19ème siecle par une famille de Vals composée, elle aussi, de trois soeurs. Une rencontre va conduire l'une d'entre elles à vivre à Arlempdes, plus précisément dans un lieu-dit très proche de ce village "Le Camaret". Voilà pour répondre à ta question (eh oui, il y a plusieurs "Camaret" !)

2) "La bukinê d'Anna" est ton premier roman... tu viens de sortir un second, "Le Camaret d'Achille",... ils ont donc un lien...

- Comme je viens de le dire, un des liens est la bukinê, cet objet étrange qui a défié le temps (on voit bien que c'est une fiction !). D'autre part, on retrouve ces trois soeurs avec des noms différents mais des traits psychologiques identiques. D'une certaine façon, l'environnement, l'évolution, etc. auront-ils la mainmise sur leur comportement ou vont-elles garder ce qui fait leur différence, leur originalité, leur individualité ? Un autre lien capital est l'intrigue qui se déroule tout au long du roman. Des destins se croisent mais est-ce vraiment un hasard ? Des lieux se ressemblent (le Crouzas appelé la Cité d'Hélios dans "La bukinê d'Anna" et le Camp d'Antoune qui surplombe Arlempdes), des rêves étranges ou des visions, mais est-ce vraiment le hasard ? Sans quoi "Le Camaret d'Achille" peut être lu sans sa grande soeur "La bukinê d'Anna". Le changement d'époque, etc. m'a donné cette liberté.

3) "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine... un roman qui frôle le fantastique, donc il est légitime de prendre une certaine liberté avec la réalité...

- Oui, "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine. Je trouve intéressant de l'observer dans ce qu'on appelle "son évolution" et avec toujours les mêmes questionnements, quelle que soit l'époque. Cette nature humaine fidèle à la pyramide de Maslow où parfois les besoins sont perturbés et renversent la pyramide. C'est peut-être là le côté "fantastique" de mes romans. J'utilise le rêve, l'illusion pour les cartésiens et le reste au bon vouloir du lecteur. Mon roman "La bukinê d'Anna" a été dénoncé parce que, à l'instar d'Albert Boudon Lashermes, j'ai fait des chibottes un lieu d'habitation. Quelle impertinence ! Je ris, car oui, je suis romancière...

4) Déjà de nouveaux projets ?...

- Si les Dieux le veulent... oui, la suite va voir le jour avec encore plus de liberté puisque le côté fantastique va prédominer. Un conte pour enfants est en cours...

5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que tu emporterais ?...

- Si j'étais sur une île déserte, j'amènerais Troyat (j'adore son univers), Baudelaire, Verlaine pour la musique de leurs mots. Zola pour me rappeler que la vie en société n'est pas si rose et une île déserte n'est pas si mal, un livre de photos avec des paysages, la faune, la flore et les grandes oeuvres humaines d'architectes, de peintres, etc. pour ne pas oublier que l'homme peut être extraordinaire. Et puis un livre de chansons pour continuer à chanter et enfin un livre aux pages blanches pour écrire. Pour le chiffre 7, j'aime la magie 

 

Publié dans interview

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