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Daniel Charneux chronique dans "les belles phrases" le recueil de Xénia Maszowez, Hyphes

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.facebook.com/groups/581665848925549/permalink/1360917547667038/

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Daniel Charneux

Xénia Maszowez, Hyphes, éd. Chloé des Lys, 2021.

 

Pour son premier recueil, Xénia Maszowez a réussi à se hisser parmi les finalistes du prix Charles Plisnier. Voilà qui est de bon augure !

Une belle surprise, en effet, que cette poésie sensuelle, à fleur de peau. Une poésie à mâcher, à humer. Rien de plat. Un recueil que l’on peut ouvrir à n’importe quelle page !

Deux exemples : Lécher l’hiver / Comme une glace / Sentir son goût / Geler mes dents

ou encore : Sous la surface / Des choses / Il est / Monts et merveilles / Gratte !

Les « hyphes », ce sont les filaments du mycélium qui courent sous la terre et, venus à la surface, nous offrent l’infinie variété des champignons. Xénia Maszowez explore ainsi les filaments – neurones, synapses – de son cerveau, les chemins de son être, les épanchements filandreux de sa pensée. Le mot, rare et beau, offre bien sûr un jeu de mots que l’auteure ne se prive pas d’exploiter, d’explorer : Hyphes I / Hyphes you / Hyphes we // So maybe // Hyphes. / Toutes ces choses cachées. / Sous-jacentes, sous-terraines, telluriques. / Ces liens secrets.

« Hyphes », aussi, la belle illustration de couverture, œuvre de l’écrivaine qui est également plasticienne : amanite tue-mouches en surface et, dessous, le vaporeux réseau du mycélium. Le champignon hallucinogène des sorcières (et Xénia Maszowez se dit « sorcière en poésie »), effleurement conscient d’un inconscient bouillonnement, ombre portée d’une caverne profonde et sombre.

Le généreux recueil (une centaine de textes !) est divisé en six sections (Monts et merveilles, Hyphes, Jus de cœur, Mange ta soupe, Louves et Même pas mal). Des sections thématiques centrées sur la perception de la nature, l’amour, l’inconscient, l’expérience de l’absurde, la sororité ou encore la maladie – une logique thématique mais pas systématique, le cheminement des « hyphes » mentaux étant bien entendu erratique.

Une poésie dont l’inspiration découle de l’expiration, de la respiration, de la transpiration. La voix personnelle, à la fois brute et sophistiquée, d’une personnalité qui se livre dans toute sa force fragile, comme dans cette Orange sanguine :

Une orange que l’on pèle

à vif

souffre moins

que mon âme

fragile

dans le froid

ce matin

Que personne ne me parle

encore moins ne me touche

Aucun son ce matin

ne jaillit de ma bouche

Une poésie à découvrir, une voix neuve (c’est rare), non dépourvue d’humour, ce qui ne gâte rien : Si l’idée de la mort s’impose : / faire de la soupe / À trucider des légumes, / l’esprit s’apaise

À lire Xénia Maszowez, l’esprit s’agite entre guerre et paix, entre nature et culture, entre trouble et sérénité. Et c’est bon.

 

Publié dans avis de lecteurs

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Dans "l'avenir.net", un article sur l'ouvrage de Salomé Roussel "Au nom du Pierre, de Luc, de Marc et de Jacob"

Publié le par christine brunet /aloys

Salomé Roussel publie un quatrième ouvrage aux éditions Chloé des Lys.
Après un recueil de poèmes, un roman et une suite de lettres "Trois
années de brousse", voilà que paraît "Au nom de Pierre, de Luc, de Marc
et de Jacob".

Les prénoms, une vingtaine, se succèdent dans une vie aux nombreuses
activités professionnelles, aux rebondissements incessants. Le livre est
notamment dédié à ceux qu’elle a "croisés pendant un demi-siècle", à
celles qui lui ont "chuchoté leurs exercices de voltige amoureuse". Ces
"histoires de femmes hautement humoristiques et exagérées" se présentent
comme un roman.

"Quand je lis, le monde entier se laisse oublier, confiait Salomé
Roussel après deux premières publications, dont un recueil signé sous le
pseudonyme de Jeanne Galand. Je suis plongée dans une histoire,
j’intègre tous les personnages à la fois, je me propulse dans plusieurs
existences." Elle écrit, à son tour, des récits de vie. La narratrice,
Jeanne, est née dans une famille qui comptera aussi deux petits frères.
"Ce n’est pas en me promenant avec une poussette que je rencontrerai un
boyfriend!" se souvient-elle. L’un ou l’autre prince la rejoindra, en
cette fin d’adolescence où elle découvre "les affres amoureuses de
Madame Bovary ou d’Anna Karénine".

Après une année à Rome, l’étudiante entreprend un cycle de secrétariat.
Elle épousera Simon, préférant le futur médecin à un autre prétendant,
dentiste. "Si j’avais pu les mettre dans un shaker et les mixer j’aurais
obtenu le cocktail parfait, mais cette machine doit encore être
inventée." Quatre enfants naissent au foyer, une cascade d’émotions, de
doutes, de carrefours rend l’existence palpitante. Et puis d’une maison
à une autre, d’un projet à sa concrétisation, le temps court, au rythme
d’une écriture échevelée, imprévisible. "Ce vendredi-là, Dame Ginette me
reçut très gentiment dans son bureau situé le long de l’Escaut. Elle me
prit en photo et me demanda quel genre d’homme je souhaitais
rencontrer."

"Au nom de Pierre, de Luc, de Marc et de Jacob", éd. Chloé des Lys,
19€10

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20220116_01654358/vaulx-salome-roussel-a-la-recherche-de-l-ame-soeur-tout-un-roman

Publié dans Article presse

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Jeanne R. nous parle de son nouvel ouvrage à paraître aux Editions Chloé des Lys

Publié le par christine brunet /aloys

 

Je me présente : Jeanne R.  et je m’apprête à sortir un autre livre chez Chloé des Lys qui s’intitule « Mémoires d’une âme », celui-ci est mon troisième roman, roman baroque par excellence.

J’habite toujours en France, mais j'ai quitté le 6 ème arrondissement de la ville des Lumières pour un coin calme et tout aussi charmant et tellement verdoyant : Caluire et Cuire, lequel se trouve aux portes de Lyon.

Quant à ce nouveau roman, à la fois joyeux et triste, il se présente comme une balade dans Venise en compagnie d’un jeune couple, habité par leur art, dont chacun raconte sa propre histoire entrecoupée de réflexions sur tout ce qui fait la vie : les rencontres, l’amour et l’amitié, la mort, la maladie, le deuil, la chance et la malchance, l’humour, les humeurs des uns et des autres, et l’oisiveté pour certains...

Voici quelques extraits :


« Soudain, une porte dérobée s’ouvrit. Un homme aux cheveux gris apparut, l’air avisé. En blouse blanche, avec un sourire apaisant, il s’approcha de la femme et d'une main tendue la pria de le suivre dans la pièce en retrait. Quelques secondes plus tard, la porte se referma sur eux : la femme en question venait d’entrer en silence dans l’antre de la Médecine. »


« Elle reconnaissait que la maladie ne l’avait pas empêchée de se cloîtrer chez elle, alors même qu’elle était présentable, sortable, visitable, enfin baisable. »


« Du temps qu’elle était autre, du temps qu’elle était chauve… Les moins courageux baissèrent les yeux et passèrent leur chemin en faisant mine de ne pas la reconnaitre ; les plus courageux, prétextant un rendez-vous fortuit, partirent promptement sous ses yeux ahuris. Et alors… Alors quoi ? Ô mes semblables, mes frères, regardez tous ces pleutres ! Honte à eux ! S’ils avaient appris qu’elle était morte, morte de maladie, ils seraient venus s’effondrer sur sa tombe, pff. »


« Dans la Cité des Doges, un homme de rencontre, qui se disait poète et fou pareil à l’albatros, serait l’oreille qui l’écouterait, et leur rire joyeux allait souffler sans égard sur les cendres de cette vieille tumeur. »


« Ayant chassé mainte fois en nocturne dans une Venise discrète, ce poète en déroute savait qui convoquer après l’heure de minuit. Il lui était même arrivé d’aller braconner chez les autres mais, les femmes mariées étant plus jalouses que les maris, il se lassa très vite et prit l’option de n’honorer que des filles légères, les filles d’un soir. »

Publié dans Présentation

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Philippe Desterbecq a lu "Silencieux tumultes" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Description : silencieux tumultes par Xhavée

Voici un livre bien silencieux puisqu'il est resté quelques années dans ma bibliothèque sans se faire remarquer, perdu au milieu de ses congénères. Je dois avouer que je l'avais quelque peu oublié, mais mon regard s'est enfin porté sur lui et je l'ai sorti de son rayonnage. 

Bien sûr, j'ai eu là une bonne idée puisque j'ai passé, avec lui, de très bons moments de lecture. 

Je ne parlerai pas de l'écriture d'Edmée. Je l'ai déjà fait à plusieurs reprises puisque j'ai lu "Les Romanichels", son premier roman en 2009 et que j'en ai dégusté d'autres depuis. Il suffit de se rendre sur son blog pour se rendre compte de son style parfait. 

Pour ce roman, Edmée a bien choisi son titre, vous allez vous en apercevoir. 

La couverture, un peu désuète peut-être, vous indique que vous allez vous rendre dans une autre époque et partir à la rencontre de personnages qui semblent sortis tout droit de la vie d'Edmée. 

Fidèle à son habitude (son blog peut en témoigner), Edmée nous dépeint des personnages au passé parfois tumultueux, qui cachent des secrets plus ou moins bien gardés, des amours véritables ou arrangés, qui durent ou pas, des blessures parfois profondes, mais que l'on tait le plus souvent. 

La véritable héroïne de ce roman, c'est la maison, celle que l'aïeule a achetée et qu'elle a transmise à ses descendants. C'est donc une saga familiale qui se déroule ici de 1928 à 2009. 

Il y a d'abord Jean et Germaine dite Maine. Cette dernière est devenue mélancolique sans trop savoir pourquoi, neurasthénique diront certains. Jean, lui, peint à ses heures perdues. Mais pourquoi a-t-il fait le portrait de cette jolie servante au pied bot? 

Viennent ensuite leur fils, Marco, et Anne, sa femme, tellement distraite qu'elle se cogne très souvent sur les bords de portes. 

Suivent les jumelles, Christine et Mireille. La première aura un enfant de père inconnu (encore un secret bien caché). Quant à la deuxième, restée célibataire comme sa sœur, elle vit un amour caché, mais tout secret risque d'être dévoilé un jour. 

L'histoire se termine avec Daniel et Pavlina qui ressort le portrait de la trop jolie servante...

Quatre générations se sont déroulées sous la plume alerte d'Edmée. Toutes ont été traversées par des tumultes silencieux - je vous avais dit qu'Edmée avait bien choisi son titre - et aucune ne vous laissera indifférent. Et n'oublions pas le témoin muet de ces joies et de ces peines : la maison qui porte la trace des unions et désunions, des naissances et des décès, des arrivées et des départs...

Un livre à lire sans modération. Vous quitterez les personnages comme si vous les connaissiez de longue date et ils ne pourront que vous manquer. 

 

Philippe Desterbecq

 

Publié dans avis de lecteurs

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Olivier Vojetta nous propose une nouvelle présentation de son ouvrage bilingue "Sept endroits où disparaître/Disappear"

Publié le par christine brunet /aloys

Sept endroits où disparaître / Disappear

 

Sept endroits exotiques, proches, intérieurs. 

Sept lieux du monde qui apportent de la douceur dans l’horreur et de l’épique dans le dramatique. 

Sept occasions de donner aux grandes tragédies contemporaines un visage et une âme. 

Sept issues de secours.  

Un même bonheur de liberté.

Né à Nancy en 1976, Olivier Vojetta vit à Sydney. Il est l’auteur d’un roman très remarqué, Courir encore, paru en 2020 aux Éditions Maïa, dans la collection Quantum Scandola.

Seven different locations—exotic, close to home, interior.

Seven different parts of the world that bring a soupçon of sweetness to the horror, and a hint of epic to the dramatic.  

Seven personal encounters with the great tragedies of our time. 

Seven emergency exits.

One common thread: the joy of freedom.

Olivier Vojetta was born in Nancy in 1976 and now lives in Sydney. He is the author of the well-received Courir encore, a novel published in 2020 by Maïa Editions, in the Quantum Scandola collection.

Ce recueil de nouvelles vous est proposé dans un format bilingue français anglais qui permettra aux lecteurs et lectrices francophones comme anglophones de disparaître quelques heures avec l’auteur.

This book of short stories is offered as a bilingual French and English edition, which will allow French and English speaking readers, students and academics to disappear with the author for a few hours.
 

 

Publié dans Présentation

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Xénia Maszowez, une poétesse dynamique et son recueil remarqué "Hyphes"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Xénia Maszowez est une poétesse et artiste écoféministe montoise. Son nom, émaillé de lettres qui comptent triple au Scrabble, est lié aux origines slaves de sa famille. 

Après des études en philosophie, elle a longtemps travaillé dans une association féministe. 

L'irruption, dans sa vie, de la maladie l'a obligée à emprunter d'autres chemins.

Sorcière en poésie, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture et à l’exploration de différentes disciplines artistiques. « Hyphes » est son premier recueil (publié). Sorti des presses en décembre 2021, il est donc tout nouveau, tout chaud ! 

 

 

Le terme « hyphes » vient du grec ancien ὑφή (huphḗ) signifiant « tissu ». 

C’est un nom masculin ou féminin désignant des filaments qui, organisé en réseau, constituent le mycélium des champignons : leur partie invisible car elle se trouve le plus souvent sous terre. 

 

Dans ce recueil, se mêlent des mots liés aux femmes et à la nature. Pour autant, foin de mièvrerie ! Si les hyphes forment une dentelle, elle est brodée à même la peau…

Au fil du voyage, on rencontre des sorcières en herbe, des louves aux abois et des dragonnes à la peau dure mais au cœur tendre. On y explore les méandres de nos vies intérieures, là où poussent des fougères invisibles pour le commun des mortels. Il y est question de magie, ou plutôt, d’empouvoirement. Et de sororité, évidemment. On y trouve ce qui en nous s’accorde à l’eau, à la lumière et au vent. On y puise des forces pour faire face à la douleur et aux ouragans. 

 

Extrait :

 

Racines

 

Sont-ce des racines 

qui poussent en mon ventre ?

 

Puissent-elles faire de moi 

un arbre

 

tilleul ou acacia

 

Je pourrai ainsi respirer

l’odeur de mes propres fleurs 

avant l’orage

 

Avec ce recueil, Xénia a concouru dans le cadre du prix de Littérature Charles Plisnier 2021, organisé chaque année par la Province du Hainaut. Si « Hyphes » n’a pas été primé, il fait partie des ouvrages ayant particulièrement retenu l’attention du jury. Voici ce qu’en dit Daniel Charneux, écrivain, lauréat du Prix de Littérature Gauchez-Philippot en 2018 et membre du jury : 

 

« Oui, le recueil de Mme Maszowez nous a particulièrement impressionnés.

Belle surprise ! Une poésie sensuelle, à fleur de peau. Poésie à mâcher, humer (…). Rien de plat. Un recueil que l'on peut ouvrir à n'importe quelle page ! »

 

Outre l’écriture, Xénia pratique également la poésie en explorant diverses techniques artistiques (principalement le collage, mais aussi la gravure, la cyanotypie, les impressions végétales, la photo…). Fin juin, une rencontre sera organisée dans une bibliothèque du Réseau louviérois de Lecture publique pour présenter « Hyphes ». À la même période, les œuvres de Xénia seront exposées au Château Gilson, à La Louvière : « Hypersensibilités spécifiques » https://www.cestcentral.be/expositions

L’événement à la bibliothèque sera l’occasion pour l’autrice de parler de la poésie dans tous ses états et des différentes manières de la faire naître, en mots ou en images. Davantage de précisions quant à cette rencontre vous seront communiquées lorsque les inscriptions seront ouvertes. 


Si vous désirez déjà découvrir l’univers de cette artiste touche-à-tout, plongez-vous dans « Hyphes » et foncez à La Louvière où quatre de ses œuvres sont exposées dans le cadre du 30ème Prix de la Gravure et de l’Image imprimée (jusqu’au 27 février 2022) : https://www.centredelagravure.be/exhibition/pgii30/

Publié dans ANNONCES

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Le nouveau hors-série de notre revue "Les petits papiers de Chloé" est sorti !

Publié le par christine brunet /aloys

 

Un thème : CATASTROPHE !

 

Tout un programme, non ?

 

Une déclinaison entre article littéraire, historique, dessins de François Beukels, photos inédites, textes poétiques, intrigants, marrants, surprenants...

Des appels à textes et des auteurs qui ont rivalisé d'imagination ! 

*

36 pages en couleurs, illustrées par Fralien et Cédric 

Un hors-série à commander sur le site des Editions Chloé des Lys... 

 

 

Publié dans ANNONCES

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"Aubes Lunesques" de Carine-Laure Desguin... Notre rendez-vous poétique !

Publié le par christine brunet /aloys

Lumières d’étoiles

le jargon des filantes

les énumère



 

Les chromes des jours

de cris de crimes et d’autres

se métallisent



 

Le soleil ouvre

les volets les yeux les voiles

des rideaux ondulent








 

En sourdine les

demoiselles d’or

pastichent les ombres



 

Il me vient un mot

lune ou lunesque ou lune

Ce sera ce mot



 

Lunesque oui lui

premier regard premier oui

l’aube s’affole

 

Publié dans Poésie

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Olivier Vojetta présente son ouvrage bilingue "Sept endroits où disparaître"/"Disappear"

Publié le par christine brunet /aloys

BIOGRAPHIE COURTE

 

Olivier Vojetta, né en 1976 à Nancy, est un nouvelliste et romancier français vivant à Sydney depuis 2012. Qualifié d’écrivain-voyageur, il met en scène, dans des romans parfois inspirés de fait réels, et dans des textes courts (nouvelles et poèmes), des personnages ayant recours à la fuite, dans le temps ou dans l’espace, pour échapper à leur passé, à la violence, à la pauvreté, et plus souvent encore, à eux-mêmes. Il est l’auteur d’un roman très remarqué, Courir encore (Ed. Maïa, 2020), et sa nouvelle Décalcomanie a été finaliste du Prix Littéraire Alain Decaux de la Francophonie en 2019.

 

 

Court Extrait :

 

CHAQUE JOUR, C’EST la même chose, j’attends ce moment tout en le redoutant.

— Clac !

Le loquet de cuivre lourd qui cède. Les vibrations qui se propagent. La grande porte en fonte qui s’ouvre devant moi.

— Clac !

La porte qui, tout à coup, se ferme dans mon dos. Le bruit qui viole les cavités internes de mes oreilles, le conduit auditif, mon cerveau.

C’est une constante dans ma vie : les portes, le bruit des portes, attendre qu’une porte se ferme avant de pouvoir ouvrir la suivante. Pas un jour ne passe sans que je me glisse entre les portes de ce gros millefeuille de murs, de barbelés et de miradors.

Pourtant, ce matin, tout me paraît plus difficile. Il ne s’agit que de faire quelques pas, mais ce n’est pas simple. Je progresse – lourdement, lentement, presque douloureusement.

— Clac ! Clac !
 

La deuxième porte du sas s’ouvre puis se referme derrière moi, je me retrouve dans un grand couloir obscur, balisé par quelques ampoules jaunasses et néons défaillants postés de loin en loin. Îlots improbables et tremblotants qui diffusent une lumière fantomatique, comme venue d’un temps ancien.

 

 

Résumé

Un écrivain est quelqu’un dont l’obsession première est de faire en sorte que le mot et ce qu’il désigne ne fassent plus qu’un. Il vit toujours dans le fantasme que les mots donnent à la réalité son cadre. Et lorsque l’on a une seule idée en tête, se débarrasser de ses souvenirs d’enfance devenus des embrasements de douleur, noyer cette souffrance sans plaisir ni regret, il n’est pas étonnant que l’on choisisse les mots pour se proposer un autre monde. Les mots font du trapèze, du fauteuil roulant, du youyou sur le fleuve, et bien d’autres choses encore, autrement plus sérieuses. Les mots font vivre les êtres. Et les mots créent un cosmos de substitution qui n’est pas simplement imaginaire. La littérature n’est pas seulement de l’ordre de la fiction. C’est une possibilité d’univers différent, ni au-dessous, ni au-dessus, mais à côté, et dont la légitimité est la même que ce qu’on appelle “la vraie vie”. Celle qui pique, celle où on tombe, où l’on se fait mal. Dans un livre, on peut tomber. Dans un livre, on peut se faire mal. Dans un livre, on peut partir à la guerre. Dans un livre, on peut se faire frapper. Dans un livre, on peut mourir. Dans un livre, on peut même disparaître.

 

Le point commun le plus évident aux nouvelles réunies ici est qu’elles m’ont permis de me soustraire au monde, et à moi-même. Certaines ont été publiées, dans divers recueils collectifs, puis sont devenues introuvables. Conformément à ce que je viens de dire, j’espère qu’elles pourront servir à d’autres que moi. Qui, en effet, n’a jamais eu envie de disparaître au moins une fois dans sa vie ? Disparaître par une trappe qui soudain s’ouvrirait sous les pieds du fauteuil. Pof ! Un trou, une oubliette, rien de plus, rien de moins. Le cliché de la trappe, nous sommes nombreux à y avoir pensé, comme ça serait commode ! Oui mais voilà, dans la vraie vie, cela n’existe pas. C’est, en somme, la raison d’être de cette publication.

Publié dans Présentation

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Joe Valeska présente son second tome de Meurtres surnaturels : "La chute de Julian Kolovos"

Publié le par christine brunet /aloys

 

BIO

 

Joe Valeska est né en Provence, à Marseille.

Ses influences littéraires vont d’Edgar Allan Poe à Oscar Wilde, en passant par Graham Masterton, Stephen King et surtout Anne Rice. C’est la découverte du roman Entretien avec un vampire qui le décida à devenir un auteur publié, qui fit naître le besoin d’un partage avec Le Lecteur.

Employé de bureau, puis vendeur, il attend son heure et jamais n’abandonne sa passion de toujours : le fantastique.

Le 16 juin 2006, il présente sa propre pièce de théâtre sur scène, financée par le Conseil général de son département.

Après ses Contes épouvantables et Fables fantastiques, réédités en deux volumes illustrés, et le premier volume de sa saga Meurtres Surnaturels (Éditions Chloé des Lys), l’auteur retrouve son héros charismatique, l’acteur Julian Kolovos, dans La Chute de Julian Kolovos.

 

RÉSUMÉ

 

Après avoir déjoué les plans de la terrible Ornella, échappé à sa demi-sœur et s’être réconcilié avec son père, Julian Kolovos est enfin ouvert et complètement heureux. Il est amoureux de la ravissante Ningsih Sukaesih, s’est trouvé un frère de cœur en la personne d’Adam Grant, son nouvel impresario, et il est au sommet de sa carrière.

Mais le bonheur est fragile. Julian va s’en rendre compte avec l’irruption de l’inquiétante Lénora dans son existence.

Effrayant à souhait, follement drôle et pétri de fraternité, ce roman nous propose des personnages pour le moins particuliers, mais terriblement attachants, en dépit (ou à cause) de leurs défauts. Une écriture parfaite au service d’une histoire étonnante.

 

Assurément, ce second volume enchantera les lecteurs…

 

 

EXTRAIT

 

Le jeune homme, ravi, se mit à rire et se leva pour remplir son mug d’un peu plus de café. Il en profita pour resservir Julian qui était sur un petit nuage. Il gardait les yeux fixés sur la première page du tapuscrit où était écrit le titre du long-métrage en lettres capitales : MA VIE POUR LA TIENNE.

– Tu sais qui jouera l’avocate, Adam ? Mais c’est certainement une question prématurée, à ce stade.

– En fait, on m’a parlé de Sheila Dane, l’une de tes partenaires dans Anne Boleyn, il y a deux ans. Pour le demi-frère, je n’en sais rien.

– Vraiment ? Mais ce serait merveilleux de travailler à nouveau avec elle. C’est une actrice formidable et très sympathique, qui plus est.

– Julian… hésita Adam tout en regardant l’intérieur de son mug, peu sûr de lui. Je sais que c’est sauter du coq à l’âne, mais est-ce que je pourrais te demander… ce qui s’appelle un très gros service ?

– Évidemment, banane. De quoi as-tu besoin ? Petit ou gros, tu n’as qu’à demander, tu le sais bien.

– Ma copine, comment dire ? Elle m’a demandé de mettre les voiles le plus rapidement possible. Genre… ce soir. Tu pourrais m’héberger une semaine ou deux, tu crois ? Ou plus ? Comme Ningsih est absente, je me disais que ça ne te dérangerait pas. Dis oui, s’il te plaît. Je suis trop dans la merde.

– Que s’est-il passé, si ce n’est pas indiscret ? Je croyais que c’était l’amour fou entre Barbara et toi, Adam.

– Pour faire « court », elle aurait trouvé quelqu’un de beaucoup plus disponible que moi. Je travaillerais beaucoup trop.

– Je vois. Ce serait donc ma faute. Je suis sincèrement désolé, mon pauvre. Je suis certainement très égoïste. On me l’a assez reproché, par le passé !

– Ta faute ? Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire, et tu le sais très bien. Alors, d’Ju’, est-ce que je peux compter sur toi ?

– Évidemment ! Tu peux prendre la chambre d’amis. Comme tu l’as souligné, Ningsih n’est pas là. Ça me fera de la compagnie, c’est cool !

– T’es un vrai frère, Julian. Merci beaucoup… Tu m’ôtes une sacrée épine du pied, là. C’est la première et la dernière fois que je quitte mon appartement comme ça, parce qu’une jolie fille me le demande, je peux te le jurer.

– Aucun problème… Aucun problème ? C’est quand, la prochaine pleine lune, merde ? Je maîtrise, mais on ne sait jamais !

– Je descends récupérer ma valise, dans ce cas. Je suis garé devant la boulangerie française, pas très loin.

– Une seule valise, tu dis ? Tu n’es donc pas du genre à posséder une montagne de fringues et des tonnes de chaussures et de baskets ? Étonnant, ça !

– Ben… c’est le cas. Mais le ton est un peu monté, pour tout te dire, avec Barbie. Enfin, Barbara… J’ai préféré m’enfermer dans la chambre pendant qu’elle piquait sa crise, faire ma valise et me casser. Je travaille peut-être mille fois trop, mais je n’ai jamais trompé personne, moi, avoua-t-il, amer. J’ai passé la nuit dans ma voiture, mais ce n’est pas très grave. J’en ai profité pour lire le scénario de ton sûrement prochain grand succès. Il y a toujours quelque chose de positif, tu vois.

– Tu aurais dû venir directement ici, enfin, Adam ! Mi casa es tu casa ! Dormir dans ta voiture… Non, mais quelle idée !

Julian dit ces mots, et sa pensée était sincère, mais il fut en même temps soulagé. Qui sait ce que la femme aux cheveux orange aurait pu lui faire, si Adam n’était pas resté dans son automobile, cette nuit ? Qui sait comment ce pauvre Adam aurait réagi, s’il était arrivé à l’improviste au moment précis où Julian sautait par la fenêtre pour traquer sa créatrice ? Ou s’il était arrivé à cet autre moment où son ami retournait dans sa chambre, accroché à la façade comme Spider-Man ? Si, après toutes ces années, la folle furieuse avait décidé d’en découdre avec Julian, la présence d’Adam Grant à proximité de l’acteur pourrait mettre le jeune homme en très grand danger. Et Ningsih, à son retour de Surabaya, d’ici quelques semaines, comment diable la protéger !?!

Publié dans Présentation

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