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Mon amour à Pompéi relooké lors de son passage en Collection... Nouvelle présentation...

Publié le par christine brunet /aloys

 

« Mon amour à Pompéi » : ce que l’on peut lire sur la quatrième de couverture…

Passe encore pour le juge Roland Lévêque qu’un doux rêveur ait sollicité un rendez-vous pour tenter de faire innocenter un homme condamné sur la base d’un dossier où pratiquement rien ne plaidait en faveur de l’accusé. Mais on a beau s’imposer de garder en toutes circonstances l’esprit ouvert, il est des choses que l’on n’est pas prêt à entendre…

Le juge, après avoir patiemment écouté les explications du professeur Liévin et malgré la réputation de ce dernier, demeure tout aussi sceptique tant ce qui lui est révélé lui paraît incongru. Mais devant les preuves qui lui sont ensuite administrées, il est bien forcé d’admettre la possibilité de voyages dans le passé.

Conséquence inattendue, ce qui n’avait été jusqu’alors qu’un aimable fantasme prend tout à coup beaucoup plus de vraisemblance. Car faire véritablement la connaissance de l’admirable créature qu’il n’a jamais pu voir qu’à travers un portrait datant de vingt siècles n’est plus du tout une chimère. Plus du tout.

Et après une nuit très agitée, le juge décide d’être le premier voyageur temporel de l’histoire…

 

Quelques explications supplémentaires…

On ne « déflorera » pas vraiment le sujet (voir le titre et la couverture !) en précisant que "Mon amour à Pompéi" est le récit d’un voyage temporel au premier siècle de l’empire romain, et plus précisément en l’an 79, deux mois avant l’éruption du Vésuve.

On m'a déjà assez souvent demandé pourquoi j'avais choisi de situer l'essentiel des péripéties de mon roman dans cette ville plutôt que dans une autre. Après tout, un candidat au voyage temporel n'avait que l'embarras du choix ! Alors, pourquoi Pompéi ?  

Pour des raisons qui tiennent à la rigueur que l'écrivain doit selon moi à ses lecteurs. Et par conséquent à la "crédibilité" de la fiction qu'il a choisi de développer. Car il me paraît plus facile d'adhérer à une histoire lorsqu'elle se déroule sur un fond historique riche de détails authentiques. Et avec Pompéi, il me semblait beaucoup plus facile d'atteindre cet objectif.  

Parce que l'on en sait plus en effet sur cette ville de l'antiquité que sur n'importe quel autre endroit "perdu dans la nuit des temps". Parce que l'exhumation des ruines de Pompéi a révélé au monde stupéfait un véritable "instantané" de la vie sous l'empire romain. Et il est à peine exagéré de prétendre que, à condition de n'être pas perdu dans le flot des touristes, la visite des ruines de la cité donne la curieuse impression de réellement se promener dans ce petit coin du passé...  

Il s'agissait donc pour moi d'asseoir mon récit sur une base historique aussi rigoureuse que possible.  On l'aura compris, les références ne manquaient pas sur la toile, et des ouvrages comme "La vie quotidienne à Pompéi" de Robert Etienne, "Vies des douze Césars" de Suétone,   et "La Rome des Flaviens" de Catherine Salles m'ont fourni un abondant matériau...

Pour le côté scientifique, maintenant. Parce que, oui, pour aussi bizarre qu’il y paraisse, cette fiction s’appuie également sur une théorie très sérieuse : l’hypothèse des mondes multiples d’Hugh Everett.

Les surprenantes interprétations des phénomènes étranges observés en physique quantique sont présentées de façon très informelle au chapitre 2 de mon roman (lorsque le juge Roland Lévêque reçoit le professeur Jacques Liévin dans son cabinet).

Je m’abstiendrai de revenir ici sur la célèbre expérience dite « des fentes de Young », décrite en détails dans tous les ouvrages de vulgarisation ainsi que sur un grand nombre de sites web, et qui permet de se convaincre de la réalité de ces « états quantiques » qui se « superposent » jusqu’à ce que l’observation du résultat de l’expérience force en quelque sorte la nature à choisir entre plusieurs éventualités (la fameuse « réduction du vecteur d’état »).

Enfin, ce qui précède correspondant au paradigme classique adopté par un grand nombre de théoriciens ! Mais pas par tous…

L’interprétation dite des « mondes multiples », qui suscita au début pas mal de haussements d’épaules dans la communauté scientifique, est en train de faire un spectaculaire retour en force. Et les récents progrès des chercheurs qui travaillent à l’élaboration d’un ordinateur quantique pourraient y être pour quelque chose…

 

Pour les curieux :

Le mieux est sans doute de renvoyer le lecteur sceptique au chapitre 9 de l’ouvrage de vulgarisation « L'étoffe de la réalité », du physicien David Deutsch. L’auteur y développe l’hypothèse de l’exécution de l’algorithme de Shor (quelques milliers d’instructions…) sur un ordinateur quantique pour la factorisation d’un nombre de 250 chiffres.

On découvrira d’abord avec effarement que factoriser aujourd’hui un tel nombre en utilisant la meilleure méthode connue lancerait un processus qui prendrait plus d’un million d’années avec un réseau d’un million d’ordinateurs classiques !!! D’ordinateurs classiques

Mais l’avènement de l’ordinateur quantique risque bientôt de changer la donne. Et pas qu’un peu. Car pour résoudre le même problème (la factorisation d’un nombre de 250 chiffres), l’algorithme de Shor lancerait 10500 calculs identiques (vous avez bien lu) en parallèle ! Ce qui signifierait en réalité quelques milliers d’opérations arithmétiques seulement, mais dans chacun des 10500 univers qui participeraient au calcul en interférant ensemble…

Ce calcul n’a certes pas encore été fait. Mais le principe en a déjà été validé sur des plateformes matérielles encore rudimentaires et il apparaît que la disponibilité d’un calculateur quantique apte à factoriser un nombre de 250 chiffres n’est qu’une question de temps.

Dans ce même chapitre, David Deutsch invite le lecteur à réfléchir sur les conséquences, au niveau paradigmatique, de ce qui vient d’être présenté, en le mettant au défit d’expliquer comment peut bien fonctionner l’algorithme de Shor sans impliquer l’existence de ce que l’on appelle le « multivers ».

Car lorsque cet algorithme se sera exécuté en utilisant 10500 fois la puissance de calcul de la plateforme matérielle posée sur votre bureau, « où » diable aura été factorisé notre fameux nombre ? Sachant qu’il n’existe « que » 1080 atomes dans tout l’univers visible, un nombre minuscule si on le compare à 10500

Si donc, comme le fait valoir David Deutsch, toute la réalité physique se bornait à notre univers visible, elle serait très loin de pouvoir offrir les ressources nécessaires à la factorisation d’un tel nombre !

Conclusion :  

Un bon roman de science-fiction doit certes d'abord divertir, c’est sa première vocation ! Mais aussi selon moi - surtout s'il s'agit de ce qu'il est convenu d'appeler de la "hard fiction" - amener le lecteur à réfléchir avec l’auteur sur les possibles conséquences de l'utilisation d'une technologie qui pourrait après tout se trouver un jour à notre portée. Technologie souvent associée à la validation par l'expérience de théories d'avant garde très sérieuses mais parfois considérées comme "fumeuses" ou comme relevant de simples conjectures...

On ne s'étonnera donc pas si, dans mes romans, je m'arrange pour présenter au lecteur  les résultats auxquels pourrait conduire la mise en pratique de certaines théories scientifiques si elles se trouvaient confirmées par la réalité des faits. Ainsi, dans "Mon amour à Pompéi", la validité de la théorie des "mondes multiples" (hypothèse très sérieuse...) se trouve-t-elle confirmée par l'interférence accidentelle entre deux univers parallèles (ici commence bien entendu la fiction !), permettant du même coup d'envisager les transferts temporels...  

A ne pas trop prendre au sérieux, donc, pas plus que le réductionnisme matérialiste du professeur Jacques Liévin ! Mais bon...  Qui pourrait jurer sans la moindre crainte de se tromper que tout ceci restera éternellement du domaine de la science-fiction ? 

 

Publié dans présentations

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La gabelle, on sait ce que c'est... Mais la tabelle, c'est quoi ? Bob Boutique pour Actu-TV nous explique tout cela !

Publié le par christine brunet /aloys

La gabelle, on sait ce que c'est... Mais la tabelle, c'est quoi ? Bob Boutique pour Actu-TV nous explique tout cela !

https://youtu.be/3kxeliJvEDE

Publié dans vidéo

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Paroles nomades et autres poèmes de S. Gucciardo dans la revue numérique Magie Poétique du 19 janvier 2018...

Publié le par christine brunet /aloys

Un extrait de la publication...

 

PAROLES NOMADES  de SALVATORE GUCCIARDO

 

 

 

Paroles nomades

 

La sève se glisse

Dans les veines de la mémoire

On s’interroge

Sur le pouvoir des ondes

La cendre et le sang

L’eau et le feu

Éboulis de pierres

Au creux de la vague

 

Je

Tu

Il

 

Abstraction de l’homme

Les formes hybrides

Sur la toile du temps

Les ombres

Se multiplient à l’horizon

Vision apocalyptique

Hibernation de l’âme

Les soupirs du rêveur

S’éclipsent

Dans le labyrinthe de la forêt

 

La grandeur vacille

À l’orée de l’automne

Rayonnement de la matière

Au cœur de l’être

On ferme les yeux

Sur la cité lumineuse

Jaillissement de sources

Dans le jardin du fauve

 

 

 

Publié dans Poésie, articles

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Nouvelles parutions...

Publié le par christine brunet /aloys

Nouvelles parutions...
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Publié dans ANNONCES

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Christian Eychloma a lu "Le Camaret d'Achille" de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

« Le Camaret d’Achille » de Marie-Noëlle Fargier

lu par Christian Eychloma


 

« Et pendant ce temps-là, Loire ignorante et douce,

Tu couleras toujours, passante accoutumée,

Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse,

Ô Loire inépuisable et que j’avais aimée...

Loire qui ne sait rien de la souffrance humaine,

Ô Loire inaltérable et douce à toute enfance,

Ô toi qui ne sais pas l’émoi de la partance… »


 

Je devine votre réaction… Ces vers vous rappellent quelque chose mais avec un petit truc quelque part. Puis vous sursautez en réalisant qu’en remplaçant le nom du fleuve par le nom original (la Meuse), on retrouve bien un extrait d’un poème de Charles Péguy. Gagné !

En lisant « Le Camaret d’Achille », certains vers me sont en effet revenus en mémoire, car ils illustrent de façon si poétique le fait évident que, génération après génération, nous passons, alors que les paysages qui nous ont vu naître, grandir, aimer, mourir, demeurent par endroits presque inchangés. Les « chibottes », par exemple…

On réalise que l’univers ne nous est ni bienveillant ni hostile, mais simplement indifférent. Et qu’il nous appartient par conséquent, à nous, humains, lors de notre court passage, de nous efforcer de créer du sens dans un monde qui, considéré de façon purement objective, en est dépourvu. En commençant par nous respecter et nous aimer. Bon, ça s’appelle l’Humanisme.

Souvenons-nous un instant de « La Bukinê d’Anna ».

Sur les lieux-mêmes où s’érigeaient, il y a bien longtemps, la cité d’Hélios du peuple sédentaire aux cheveux couleur de soleil et le campement précaire de la tribu nomade aux toisons couleur de nuit, Noëlle Fargier nous entraîne cette fois dans l’histoire d’une famille s’étalant sur une période incluant les deux dernières guerres.

Peut-être pour montrer que les siècles s’écoulent mais que l’espèce humaine ne change pas dans sa nature profonde, on retrouve les trois sœurs du premier roman avec leur nom comme unique changement. Trois personnalités identiques à ce qu’elles étaient trois mille ans auparavant, jetées dans le tourbillon d’une nouvelle vie, dans un autre temps, avec ses joies et ses peines. Et l’on ne peut tout d’un coup s’empêcher de se demander : « pourquoi moi, ici et maintenant ? Qu’aurais-je fait à cette époque, dans les mêmes circonstances ? »

L’histoire d’une famille, disais-je. Une histoire qui, observée depuis quelque distance, pourrait en rappeler beaucoup d’autres. La première guerre, d’abord. Vous savez : « la der des der » ! Entre les deux, les difficultés de la vie, et l’influence d’un clergé abusant de son pouvoir sur les âmes simples. Intolérant, exerçant sa tyrannie sur la population des campagnes, avec le terrible destin du jeune Achille. Et la seconde, dix-neuf ans après. Mobilisation, séparations, enfermement interminable des prisonniers de guerre, occupation, résistance, arrestations, tortures, libération, exactions perpétrées par les résistants « de la dernière heure »…

Une histoire humaine, trop humaine.

 

CHRISTIAN EYCHLOMA

 

Publié dans Fiche de lecture

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Paul Maakad nous présente son recueil de poésies "Bouillonnement"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Paul Maakad, 34 ans, est journaliste et travailleur humanitaire. De parents libanais, il a grandi en France après que la famille s’est installée à Paris pour fuir la guerre civile.

Depuis qu’il a atteint l’âge de raison, il a ressenti le besoin de comprendre ses origines et le pan Moyen-Oriental de son essence. Ce désir s’est matérialisé en 2008, lorsqu’il s’envola pour Beyrouth au Liban afin de suivre les cours de sciences politiques du monde arabe chez les jésuites pendant deux ans.

Il débuta ses activités journalistiques à 25 ans par des correspondances dans les colonnes de journaux locaux et français. C’est également durant cette période qu’il consigna dans un carnet ces premiers écrits – poèmes et questionnements métaphysiques.

Paul Maakad vit aujourd’hui entre Paris et le Moyen-Orient. Ce mouvement de balancier continuel entre Orient et Occident est devenu vital pour son équilibre.

Résumé :

 

Autour de trois grandes thématiques qui constituent l’épine dorsale de ses réflexions et questionnements sur la Vie – « Être », « Aimer », « Penser » –, l’auteur de ce premier recueil explore les méandres et tréfonds de son existence, en réaction – parfois vive et brutale – à la découverte d’une réalité dont il est issu : le Moyen-Orient.

 

Bouillonnement

 

 

 

Un bouillonnement au plus profond de moi, lancinant

N’a de cesse de se propager dans tout mon corps

Jusqu’à ne plus pouvoir être contenu

Par mon réceptacle de chair.

 

Un bouillonnement qui charrie avec lui

Une chaleur extraterrestre, inconnue

Non répertoriée par la physique

Frissonnante, électrique, glacée.

 

Ça y est, mes jambes commencent à balancer de haut en bas, de plus en plus rapidement

Essayant d’évacuer ce trop plein d’énergie qui a submergé tout mon corps d’un coup, sans

| prévenir.

 

Ça monte jusqu’à mon esprit, je suis dans un état d’urgence qui vire à l’extrême

Tandis que tout autour de moi

N’est que sérénité et calme d’une bibliothèque feutrée.

 

Je n’arrive plus à fixer mon attention, je ne dois d’arriver à écrire

Qu’à la volonté quasi salutaire

De relater le phénomène dont je suis l’objet

Avant qu’il ne soit trop déchaîné pour m’empêcher de rassembler mes forces dans la bataille

| de l’écriture.

 

Une mer déchaînée m’habite

Ses eaux se fracassent contre la haute falaise

De mon inquiétude mortelle.

Je suis en danger, je tremble, je n’arrive plus à me calmer

Il me semble que je suis condamné

Il me faut exorciser cette énergie de la peur finale

La faire taire

Lui laisser faire son œuvre.

 

Qu’elle passe, qu’elle transperce mon corps et mon âme

Que j’en finisse.

 

Mes poils se hérissent ; pourtant, aucune menace ne pointe

Apres la chaleur, le froid m’enveloppe de son manteau métallique

Manteau de la solitude ultime, métaphysique

Qu’aucune présence ne peut guérir.

 

Alors, je fais le vide dans ma tête

Je ferme les yeux, je me donne tout entier

Aux forces indomptables qui secouent mon être.

 

Une tempête, un ouragan impétueux de sensations gronde

Ne me laissant aucun répit, aucune trêve

Piétinant mes fondations, ébréchant mon armature

Jusqu’à la rendre frêle

Tel un château de cartes.

 

 

Une, deux, cinq, dix secondes, une minute

Je ne perçois plus le temps qui passe

Je m’accroche à ma seule certitude intouchable, indéfectible

Qu’aucun de ces ouragans ne sauraient ne serait-ce qu’effleurer.

 

Je sais que ça va passer, que ce « ça » n’aura pas raison de moi.

 

Comme il y a deux jours, un mois, un an

Mon moi est le terrain de jeux

De cette chose qui n’a pas de nom

Mais qui jamais n’y élit domicile

N’y installe campement.

 

Alors, fort de ce savoir

Dernier rempart avant ma démission

L’accalmie tant attendue éclot

Et le printemps bourgeonne à nouveau

Ne laissant derrière lui qu’une lassitude, douce et inoffensive

Presque volupté.

 

Publié dans présentations

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Marcel DesHauts nous présente son roman "Une poule sur un mur"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Né il y a une petite soixantaine d’années, j’enseigne le droit et la gestion à des sections de techniciens supérieurs depuis quelques décennies à Epinal, dans les Vosges, montagne dont j’ai tiré mon nom d’auteur (DesHauts). J’ai mis toute la fantaisie de mon enseignement, notamment de droit fiscal, dans mon premier roman🙃 – Une Poule sur un Mur, Chloé des Lys Editions -, qui se déroule principalement dans le département, par pur chauvinisme. J’ai terminé un deuxième roman et le troisième est en route.

Le reste à savoir est ici : http://www.bandbsa.be/contes/interview/deshauts-interview.htm (une petite interview), là : deshauts.simplesite.com   (mon blog) et là : facebook.com/DesHauts 

Résumé :

 

La poule, c’est Jessica, Jess pour les intimes. Le Mur, c’est le mur Facebook de Jef, son ami. Il y commente toute sa vie. Ils se sont rencontrés à la fin d’une soirée costumée à la Souris Verte, à Epinal. Les ennuis ont commencé avec un cadavre dans les toilettes et parce que Simon, le père de Jef, se gominait à la Dapper Dan® et que Jess ressemblait à la caissière au regard bovin de The Big Lebowski, le film des frères Cohen.

Rythmé par des comptines enfantines, un douloureux passage à l’âge adulte avec des sms et des murs Facebook, plein de chewing-gums, un mezzé, des demi-sœurs, et même Sœur Sourire et l’indispensable psychologue de service.

Et une poule sur un mur.

 

Extrait :

Ce fut juste avant de sortir, en allant ramasser ma boule de billard, que je la vis, assise sur un radiateur dans le hall d’entrée. Je m’avançai près d’elle, alors qu’elle me toisait en mâchouillant ostensiblement son chewing-gum. A dix centimètres de son visage, je fis glisser mes lunettes sur le bout de mon nez en un geste Lebowskien. Ce que je vis me conforta : un visage carré, mais à la féminité affirmée, des yeux bleu franc magnifiés d’un subtil trait d’eye-liner, des cheveux blonds qui lui tombaient sur les épaules, une blouse rouge d’hôtesse de caisse sur un chemisier à raies blanches et bleues. C’était la copie conforme de la caissière du supermarché dans lequel le Dude achetait le lait entier indispensable à la confection du russe blanc qu’il affectionnait.

- Une apparition ?

- Mais encore ? ironisa-t-elle. 

- La caissière de The Big Lebowski, début du film, la même tenue, le même regard critique, et, si j’osais, la même fulgurante beauté.

- Essaie encore, tu m’intéresses.

- Mathilde Seigner dans Vénus beauté (institut) ?

- Mais j’y croyais moins.

- Toujours pas.

- Je donne ma langue au chat.

- Le service de nettoyage.

- A trois heures du matin ?

- Je fais un extra et je bosse à dix heures. Et je préfère nettoyer avant que ça se solidifie, dit-elle en jetant un regard dégoûté aux alentours.

- Comme je te comprends ! Je t’aiderais bien, mais je suis crevé ! Puis-je te demander un service ?

Elle accéléra la mastication, signe de perturbation.

- Rien d’exotique, hein ?

Je ris franchement :

- Non, rassure-toi J’ai passé la soirée à poser pour des selfies, cause à ma tenue du Dude. Tu vois ce que je veux dire ?

- Oui, dit-elle.

Mais je sentais bien qu’elle ne comprenait pas un traître mot à ce que je racontais.

- J’aimerais que tu me fasses l’honneur de poser avec moi ! osai-je, grandiloquent.

- Ah, ça, dit-elle, d’accord.

Elle posa un sourire forcé alors que je collais ma barbe de trois jours contre sa joue qui ruminait imperturbablement son chewing-gum.

- Il me faudrait ton prénom. Pour mon compte Facebook.

- Jessica.

- Avec Jessica, pour finir en apothéose une soirée mémorable. Ça te va comme légende ?

Elle fit une moue dégoûtée :

- J’ai beau m’enthousiasmer, dit-elle en épousant la salle du regard, je ne vois rien de mémorable aux alentours.

Publié dans présentations

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« Léonard ou les odonymes du cancer »de Philippe Couillaud lu par Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

« Léonard ou les odonymes du cancer »de Philippe Couillaud

lu par Marie-Noëlle Fargier


 

D’emblée je dirais que je ne conseille pas ce livre aux dévoreurs, pressés d’atteindre la fin pour aboutir au dénouement de l’intrigue.

« Léonard ou les odonymes du cancer » se lit lentement, se savoure. Ce roman épistolaire est truffé de figures de style dans une écriture paradoxalement sans fioriture et d’une poésie viscérale. Chaque phrase, monologue, lettre est un foisonnement de réflexions, de sensations, d’émotions avec seulement trois personnages Léonard, Astrid et celui que je nommerais « le messager ». Oui, il est l’interlude entre Léonard et Astrid. Au départ je le soupçonne être l’auteur lui-même, un rêveur où chaque foulée le long de la Garonne (personnage à elle seule) le relie à Léonard et Astrid.


 

- Te souviens-tu, fleuve de grand charroi, de nos jours de grande parlotte ? J’étais ce personnage-là, jetant sur le monde extérieur un regard absent, loin, très loin de ce qui semblait préoccuper les autres. Or les autres se démenaient dans des combats terribles…


 

Mais qui est-il ? La Garonne et son complice miment et préparent le lecteur aux états d’âme et charnels de Léonard et Astrid, ces deux amants séparés par la guerre d’Algérie. Astrid est enceinte. Philippe Couillaud sans pudeur et sans vulgarité évoque par chaque lettre du couple le manque de l’un et de l’autre autant sur le plan psychologique qu’intime. Comme si leurs appétits charnels suivaient l’évolution de cet autre personnage « la guerre » !

Léonard et Astrid ne sont pas un couple quelconque, l’un et l’autre s’interrogent, paraissent rebelles. Leurs lettres sont une remise en question permanente. Ils se confrontent, se réconfortent, se souviennent, se révoltent mais jamais ne se soumettent. Vont-ils être contaminés et se fondre dans la masse sous le poids des conditionnements ? Au début de la guerre, Léonard semble se complaire dans son rôle de « guerrier » mais…


 


 

  • Vois-tu, mon Léonard aimé, désiré jusqu’aux tréfonds des exigences du plaisir, je ne peux pactiser avec l’innommable. Je souffre de ton éloignement, bien sûr. Mais cela n’est rien à côté de ce que j’endure à travers ton adhésion à cette infamie.


 

Astrid quant à elle cherche à s’éloigner de ce conflit… Va-t-elle garder cet enfant ? Philippe Couillaud démontre l’impact de l’Histoire sur ce qui devrait être intouchable : la conviction, l’individualité, la dignité…

« Léonard ou les odonymes du cancer » ne se contente pas de dévoiler l’inavouable d’un couple séparé, il décrit avec force les horreurs de cette guerre pour laquelle les mots se taisent encore.


 

-La belle guerre que voilà, ma chère Astrid ! Oh, la jolie guerre ! Une sacrée garce avec laquelle les hommes convolent en justes noces de viande et de sang. La chair contenue dans les retenues du sexe revient en force, sort de ses gonds, étale au grand jour les miasmes de ses atomes dispersés. Une fois tenu en laisse par la mort, le corps croit en sa possible rédemption. Il espère se rédimer par le don du sang. Il ne peut que pourrir. La guerre pue. Je sens mauvais. J’empeste. Je sue. La peur me colle à la peau dont tous les pores expulsent à cadence forcée les relents de la chiasse.


 


 

J’imagine ce livre entre les mains d’un professeur de lettres, un professeur d’histoire tel un explorateur, avant de le transmettre aux jeunes générations afin que « Léonard ou les odonymes du cancer » soit une lettre pour préserver la paix ou tendre vers la Liberté.

 

Marie-Noëlle FARGIER

 

Publié dans Fiche de lecture

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Un repas d'anniversaire vu par François Beukels

Publié le par christine brunet /aloys

Un repas d'anniversaire vu par François Beukels
Un repas d'anniversaire vu par François Beukels

Publié dans l'invité d'Aloys

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Après l'interview donné à "Secrets de Polichinelle", voilà un extrait du Camaret d'ACHILLE, le nouveau roman de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Après l'interview donné à "Secrets de Polichinelle", voilà un extrait du Camaret d'ACHILLE, le nouveau roman de Marie-Noëlle Fargier
Après l'interview donné à "Secrets de Polichinelle", voilà un extrait du Camaret d'ACHILLE, le nouveau roman de Marie-Noëlle Fargier

Publié dans Textes

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