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Carine-Laure Desguin en invitée avec cette note de lecture signée Brigitte Hanappe pour "La lune éclaboussée, meurtres à Maubeuge"

Publié le par christine brunet /aloys

Voilà un livre avec lequel il est impossible de s’ennuyer. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti au fur et à mesure des pages. 

Jenny, le personnage principal me plaît dès le début de l’histoire. Cette jeune femme débordante d’énergie et grande admiratrice d’un auteur à succès subitement décédé, se lance dans une enquête policière. Elle s’y propulse un peu par hasard, suite à la découverte d’une notation qu’elle juge interpellante et qui lui laisse à penser que la mort de son romancier fétiche, Michel Garnier, n’est pas si naturelle qu’elle en a l’air.

De plus, Maubeuge, leur petite ville ordinaire vient de sortir de l’anonymat pour faire parler d’elle : un meurtre sanglant y a été commis. Un jeune homme, poignardé sauvagement, sans raison apparente !

Je craque aussi pour cette manie permanente que la jeune femme ne peut s’empêcher d’adopter au cours de ses péripéties : sucer automatiquement de délicieux bonbons au doux nom de « Bêtises de Cambrai ». Tiens, cela me donne envie de les goûter ces fameux bonbons !!

Jenny n’est pas seule dans ses recherches et les nombreux personnages qui l’accompagnent sont un tantinet caricaturaux : certains sont sympathiques à outrance, d’autres dénotent par leur vulgarité ou leur cupidité, certains ont des côtés pervers… Bref, une belle fourchette d’êtres humains comme il en existe autour de nous.  

Le rythme de l’histoire est prenant : du suspens, de l’hémoglobine… et de la gaieté aussi. De l’émotion à coup sûr car certains passages révèlent des blessures enfouies. Le décor de l’intrigue m’a également touchée. En effet, Maubeuge est une ville que je connais un peu et les descriptions sont vraiment réalistes. 

Une belle lecture trépignante !

 

Brigitte Hanappe

Auteur chez Chloé des Lys de : - Le flou du miroir

                                                   - Pour un petit secret

 

Publié dans avis de lecteurs

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Laurent Dumortier nous présente son dernier recueil poétique "Barry by night"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

L’auteur, membre de l’Association Royale des Ecrivains Wallons, a déjà publié plusieurs romans, recueils de nouvelles, ainsi que recueils de poésie. Il collabore en outre à diverses revues et forums littéraires. Plusieurs revues littéraires internationales ont en outre publié plusieurs de ses nouvelles...

 

Résumé

L’utopie entre toi et moi, c’est de croire qu’au-delà des apparences, il y a deux âmes pas si différentes qui sont unies par quelque chose qui les dépasse et qui transcende le temps et l’espace.

 

Vue sur la ville (avec Evelyne)

 

Harmoniques alcoolisées

Fumées imprécises

J'erre à travers

Les méandres de la nuit

 

Parfois je rêve

D'une autre vie

D'un ailleurs, d'une éclaircie

 

La douceur du vent

Me rappelle

Tes soupirs d'après minuit

 

C'est ta voix que j'entends

A travers la danse de la pluie

 

Les étoiles qui brillent

Et la vue sur la ville

Ton image me consume l'esprit

 

Je voudrais plonger...

Plonger vers l'infini

 

 

Dans l'amphithéâtre

Qu'est la vie

Tu voudrais revenir

En coulisses

Car la lumière te brûle

Comme un papillon de nuit

 

Chaque minute qui passe

T'éloigne un peu plus

De cette vie qui te lasse

Des souvenirs

Qui te hantent

Des douleurs enfouies

De la peur de tout perdre

En couchant sur le papier

Ce que tu ne peux lui dire...

 

Publié dans Présentations

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Cléopatre Mertens nous présente son ouvrage "Belinda, princesse des hauts plateaux"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait :

« La jeune fille avait cessé de gigoter. Elle pensait à Wezipata, aux grands hommes de son clan, à leurs épaules lourdement chargées. Comme eux, son Linds avançait tête haute, le buste droit, certain de ne jamais perdre sa charge. Et comme ce colis suspendu au bâton du porteur, Belinda s’accrocha à l’homme vers qui le destin l’avait conduite.

« En valsant allègrement, en cette fin de journée, sur les marches de son escalier en colimaçon, Linds, chevalier des temps moderne, avait acquis l’intime conviction qu’il ne pourrait, même s’il le voulait, se passer de son charmant fardeau. A l’abri dans la chambre de son partenaire, Belinda, la petite princesse des hauts plateaux, souleva un pan de l’épais rideau. Un merveilleux crépuscule avait envahi le soir. Mélancolique, unique, il se teintait d’astres pâles. Pendant quelques minutes, nos amants les contemplèrent. Le rideau reprit sa place. Au seuil de la belle soirée qui les attendait, longuement, ils prirent le temps de se regarder. Et pendant que leurs corps se retrouvaient, à l’horizon plus rien n’était visible : le bleu du ciel se perdait dans le vert de la forêt.

 

Auteur :

Née au Zaïre, Cléopâtre Mertens arrive dans la capitale européenne pour y être instruite entre pensionnats et Ecoles catholiques. Elle retourne souvent en Afrique et au contact de la forêt, de la nature exubérante, ses racines, elle puise le souffle pour recréer des petites histoires et légendes à partir de ce que lui racontent les anciens. Après des études en sciences politiques et artistiques, elle entreprend une carrière internationale sans jamais oublier son enfance et ses premières aspirations. Ce qui, quelques années plus tard, inspirera ce roman : un assemblage de ses nouvelles en un premier volume.

 

 

 Résumé :

Le prologue relate un moment de la vie de Marie Paule, la voix off. Finaliste des hautes études à Bruxelles, elle entame des démarches pour retrouver sa mère, Belinda.

A travers les souvenirs de son père, elle retrace la vie de Belinda, une jeune princesse de la province orientale du Congo, qui pour échapper à un mariage forcé, va courageusement s’élancer sur des pistes peu fréquentées. Sa course parsemée d’évocations des épisodes mémorables de l’épopée de ses ascendants, l’amènera à Stanville, où Belinda est accueillie dans un premier temps chez des Pères missionnaires. Mais les guerriers de son père sont toujours à sa recherche. Elle se retrouve alors gouvernante chez un médecin bruxellois fraichement débarqué au Congo.

A l’hôpital de Stanville, le docteur Haghebaert  engage un assistant Sany Lenge Many. Belinda, évolue entre les deux jeunes gens. Son choix se dessine, l’amour réveille en elle une sensualité insoupçonnée.

D’un regard exempt de préjugés sur une époque révolue, la voix off esquisse les personnages sur fond des clivages tradition-religion-modernisme et nous achemine vers la pensée universelle de l’amour, l’essence de l’existence.

Publié dans Présentation

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Philippe Desterbecq nous propose une courte vidéo pour ses Contes magiques...

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans vidéo

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Christina Previ a lu "La lune éclaboussée" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Une belle intrigue et un langage actuel, imagé et percutant, tout comme son héroïne, Jenny, une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux… 

Suite au décès d’un auteur local renommé, Jenny reçoit un mail l’invitant à acheter son stock de livres invendus. Mais elle trouve entre les pages, quelques mots griffonnés sur un ticket de caisse. Convaincue qu’il s’agit d’un crime, Jenny veut savoir… 

La ville de Maubeuge se découvre ici de long en large. Il y a des relations troubles, des personnages déstabilisants ; une commissaire douteuse, des coupables improbables, une vieille femme mystérieuse, une intrigante blondasse, une voyante inquiétante, et un héritier nébuleux… Mais Jenny est tenace, et elle a de la ressource : une ritournelle en tête, un amoureux vigoureux, des tontons protecteurs… Et la résolution de l’énigme lui offrira, en plus, une opportunité pleine d’avenir !

Une enquête à rebondissement, proche de chez nous, dans le style bien particulier de l’auteure carolorégienne ! 

 

Christine Previ

 

Publié dans avis de lecteurs

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Un article dans "L'avenir.net" pour l'ouvrage de Jean-Pierre Kempeneers "Avant d'être Belges"

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210215_01555168/une-saga-familiale-entre-1789-et-1830

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210215_01555168/une-saga-familiale-entre-1789-et-1830

 

 
À 77 ans, Jean-Pierre Kempeneers vient de publier «Avant d’être Belges». Un 1er roman largement inspiré d’archives familiales.
 
l n’y a pas d’âge pour se lancer un défi. C’est ce qu’a dû se dire Jean-Pierre Kempeneers lorsqu’il a décidé d’écrire un roman. Hannutois d’origine et Namurois d’adoption, cet ancien spécialiste de la communication de l’entreprise avait en tête, depuis très longtemps déjà, de raconter la vie quotidienne de trois générations de fermiers de sa famille dont il a un jour, par hasard, retrouvé la trace dans des archives familiales.
 
«Ce projet trottait depuis de nombreuses années, explique Jean-Pierre Kempeneers. Depuis que, dans ma jeunesse, j’avais exhumé du fond d’un tiroir, à la ferme familiale, un paquet de vieux papiers jaunis oubliés depuis des lustres. Il y avait toutes sortes de documents comme des lettres de fermage, des bons de réquisition, des lettres de famille… le tout s’étalant de 1737 à 1832. À l’époque, quand je réalisais mon mémoire de fin d’études, je décryptais ces documents pour me vider l’esprit.»
 
Entraîné, par la suite, dans le tourbillon de la vie familiale et professionnelle, Jean-Pierre Kempeneers ne s’est plus guère préoccupé de ces documents. Jusqu’au jour où, l’heure de la retraite ayant sonné, celui-ci s’est dit qu’il était temps de les sortir de l’ombre pour faire revivre, par le biais d’un roman, l’histoire quotidienne de ces «gens ordinaires» qui ont vécu entre 1789 et 1830.
 
Trois générations, trois périodes
 
Quoique passionné par l’histoire, Jean-Pierre Kempeneers s’est bien gardé toutefois d’écrire un énième ouvrage historique sur ces quelques dizaines d’années qui ont précédé la création de notre pays. «N’étant pas historien de formation, j’ai utilisé un autre angle de vue. J’ai tenté de répondre aux questions que je me posais en mettant en scène ces «petites gens» dans le cadre de leur vie quotidienne qui fut, inévitablement, bouleversée par les événements dont ils furent les acteurs involontaires ou, à tout le moins, les spectateurs impuissants.»
 
En narrant le quotidien de Renier, Maximilien et Nicolas Marchant, ses ancêtres, l’auteur entraîne le lecteur dans ces quarante années tumultueuses qui ont marqué la gestation de la Belgique. De l’occupation autrichienne aux journées de septembre 1830, en passant par la présence française, le roman s’interroge sur la manière dont ces fermiers, et les populations de l’époque, qui vivaient loin des villes importantes et des grandes voies de circulation, ont été informés des événements qui secouaient nos régions, et comment ils les ont appréhendés. À travers une succession de péripéties, tantôt réelles, tantôt romancées, Avant d’être Belges mêle la petite et la grande histoire.
 
Avant d’être Belges – 459 p. Éditions Chloé des Lys
 
 
 
 
 
 
 

Publié dans Article presse

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Marguerite Debois nous présente son roman "L'île, elle et nous"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

 

Née en 1954 à Verviers (Wallonie, Belgique), Marguerite Debois y poursuit ses études jusqu'à la fin des humanités secondaires.

Elle effectue ensuite trois années d'études à Liège, où elle obtient son graduat en logopédie.

Engagée dans une école primaire d'enseignement spécialisé à Verviers, elle y effectuera toute sa carrière.

Ses parents étaient violonistes professionnels. La maman aimait les mots, le papa, les jeux de mots,   la grande sœur était régente littéraire et écrivait des poèmes.

Dès l'âge de sept ans, elle prend conscience que l'écriture permet de témoigner et de s'exprimer.

Elle s'essaie à la poésie. On lira quelques-uns de ses poèmes sur une chaîne nationale.

Une fois à la retraite, elle s'inscrit dans un atelier d'écriture à Spa, ville proche du village où elle s'est installée.

Grâce aux conseils de l'animateur et au soutien de ses collègues, elle réalise un de ses rêves : se lancer dans l'écriture d'un roman.

 

Résumé

 

Sur une petite île grecque, un drame familial se joue en trois temps.

Dans un coin isolé de l’île, naissance d’Athanasia dans des conditions difficiles. La fillette grandit entourée de parents aimants mais étouffants.

Alors qu'elle a quatorze ans, une violente tempête s'abat sur l'île et  laisse d’importantes séquelles. Athanasia est portée disparue. On accusera d'abord son professeur de guitare mais pour la police et la plupart des habitants, c'est la crue d'une rivière qui a emporté Athanasia.

Durant l’été qui suit cette catastrophe automnale, un couple de touristes fait une étrange rencontre sur une route isolée. Ils aperçoivent fugacement une jeune fille qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Athanasia.

Peu après, la maison des parents d’Athanasia disparaît dans une explosion, tuant ses deux occupants.

Villageois ou touristes, tous se posent des questions, pragmatiques ou existentielles, au sujet de ces événements choquants.

Remords et soupçons mais aussi compassions et nouvelles amitiés tissent la trame de cette histoire.

 

Extrait


 

Un incendie ?

Le village entier semble aspiré vers la colline.

Sirènes d'ambulances et de pompiers, portières qui claquent, voitures démarrant sur les chapeaux de roues, cris, appels.

Je reste tétanisée dans ma chambre.

L'année dernière, je me suis risquée dans la tempête et je garde le souvenir épouvanté de mon corps charrié par les flots.

J'en ai fini de rechercher les impressions fortes.

Les turpitudes de la vie quotidienne et les petits bonheurs glanés suffisent désormais à nourrir ma curiosité de «l'entomologie humaine ».

Au bout d'un moment, je me risque sur le balcon.

Silence total dans le village, ciel rougeoyant sur la colline.

Impression de drame dans le temps suspendu.

 

Publié dans Présentation

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Edmée de Xhavée et Emilie Decamp interviewées dans l'émission "Directen jeu.fr"

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans interview

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Résultats !

Publié le par christine brunet /aloys

Pour le hors-série de la revue et le thème Catastrophe ! et un premier sous-thème "Vous vous réveillez dans la peau d'un autre", cinq auteurs ont été inspirés !

Texte 1 : Chloé Derasse

Texte 2 : Edmée de Xhavée     => 2 votes 

Texte 3 : Brigitte Hanappe      =>  1 vote

Texte 4 : Micheline Boland

Texte 5 : Carine-Laure Desguin

Texte 6 : Séverine Baaziz        => 1 vote

Texte 7 : Philippe Desterbecq

Texte 8 : Christian Eychloma   => 1 vote

Texte 9 : Antonia Iliescu          => 1 vote

 

Le texte qui a emporté le plus de voix est celui de... Edmée de Xhavée !!! 

 

Bravo !!!! Un grand merci à tous ! Rendez-vous mi-juin pour deux autres concours... Je vous rappelle que pour l'un des thèmes, vous avez encore quelques jours pour m'envoyer votre texte. 

Publié dans concours

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Texte 9... C'est le dernier ! Votes jusqu'à 20h !

Publié le par christine brunet /aloys

Quand la physique s’en mêle

 

L’énergie se conserve, sans aucun doute. J’ai moi-même vérifié ce fameux principe qui dit que "lorsqu'une certaine forme d'énergie disparaît, une quantité équivalente d'énergie apparaît sous une autre forme». 

Je dormais paisiblement entre les bras de Morphée et ceux de Luc quand le malheur est arrivé. Une apnée de sommeil et hop, j’atterris dans les bras de Mort-fée, venue pour me prendre. Dans le brouillard épais que j’étais en train de traverser je me demandais pourquoi ai-je dû quitter mon corps et liquider mes affaires terrestres à la vitesse de l’éclair ? Et pourquoi ai-je dû changer un si gentil mari contre un veuf morose et inconsolable ? Aidez-moi à comprendre… Mon âme, cette bulle de lumière pas plus grande qu’un noyau de cerise, flotta quelques secondes au-dessus du lit et s’envola ensuite par la fenêtre de la chambre. A partir de là j’ai perdu tout contrôle et, plus vite qu’on ne s’imagine, j’ai atterri dans le ventre d’une splendide femelle Papillon-dog. Un an après mon départ, Luc - dont l’humeur précaire avait suscité la magnanimité de son voisin - a reçu en cadeau un petit chiot Papillon. C’était moi, ravie de revenir à la vie, béate de retrouver ma maison et l’homme que j’aimais. Dès que je l’ai vu, mes oreilles-papillon frémirent d’émoi, tandis que ma truffe luisante murmurait sans relâche des « je t’aime » en code canin : « je te wouf, wouf ». Et pourtant nos retrouvailles m’ont attristée plus que je ne le pensais. Amère désillusion… il ne m’a pas reconnue. Je lui léchais sans cesse le visage en lui jappant à l’oreille: « Luc chéri, c’est moi, ta Lucie potelée ». En vain. Me faire ça après 45 ans de mariage… Quand il m’a vue, il m’a dit du bout des lèvres « cucciolona mia », m’a prise sous le bras (pas dans ses bras, ô, quelle humiliation…) et nous sommes rentrés à la maison, où il m'a quand même donné une place d’honneur sur le canapé du salon. Maigre consolation… Au fil des jours j’ai dû avaler encore une pilule amère : son sentiment pour sa femme morte mettait en sourdine l’amour pour moi, vivante. Il parlait jour et nuit avec sa photo sur l’étagère et maintes fois je l’ai surpris pleurnichant dans son mouchoir: « Lucie si tu savais... J'ai besoin de quelqu'un pour repasser mes pantalons, pour nettoyer la maison et pour me gratter le dos ». Après ces instants de faiblesse il sortait prendre l’air. Un jour, porté par ses pas qui arpentaient les rues à la dérive, il arriva au cinéma "Phoenix". Et l’inévitable s’est produit : il y rencontra Mireille, la veuve idéale. « Mon chou, ça te va notre nid d’amour? » « Tout est merveilleux, Luc chéri, sauf ce cabot ». Impossible d’accommoder sa haine furibonde avec la mienne, encore plus enragée. Partager notre cher Luc comme un repas entre amies, c’était tout aussi inconcevable. En un mot, ma vie était devenue une véritable torture. Et pour cause, la jalousie m’emportait souvent en me donnant du fil à retordre et de l’ardeur à mordre. Les quatre ans qui ont suivi furent très durs pour nous trois, ainsi ai-je dû laisser quelques poils sur l’autel de ma fierté canine (sinon pas de léké-léké au petit-déj). Mais le pire est à venir… Un jour d'hiver Luc fut fauché par une grippe. Catastrophe ! Perdre d’un seul coup mon mari et mon maître c’était comme si je devais croquer un os à moelle cyanurée. Pire, demeurer aux côtés de cette chipie qui m’a oubliée nombre de fois tantôt liée à un poteau, tantôt au pied d’un banc, supporter son odeur matinale de lavande, toutes ces choses accablantes me rendaient la vie âcre et l’âme de goudron. Mais le pire est à venir… Un an après la mort de Luc, elle a acheté à la foire de vendredi Mitzou, un matou blanc et mal élevé. Je ne supporte pas les chats, je l’avoue, alors comment aurais-je pu cohabiter avec cet animal hypocrite qui voulait saper mon prestige dans le quartier et qui plus est me faisait la cour ? Je le haïssais d’une haine viscérale ; mais lui, pas. Et le pire est à venir… Qui pouvait s’imaginer que la fringante physique s’immisçât une fois de plus dans notre famille ? Incroyable coïncidence… Six mois après la mort de Luc, son âme s’est blottie chez ce vilain Mitzou. Et me voilà mariée avec un chat. Le temps de comprendre sa vraie identité, je l’ai pourchassé des mois et des mois dans tous les recoins de la maison. Et, paradoxalement, plus il me montrait de la tendresse, plus j’aiguisais mes dents. Comment aurais-je pu oublier la frivolité de cet « homme » qui m’a blessée au plus profond de moi, trois fois moi : épouse, femme et chienne ? Mais surtout comment supporter son succès casanovien auprès de toutes ces putains de minettes qui ronronnaient sous nos fenêtres toutes les nuits à la pleine lune ? Jour après jour une haine sauvage me ravageait les entrailles, vaporisant ainsi la moindre goutte de sentiment pour mon ex. En vain me miaulait-il des mots doux, comme au temps de notre jeunesse « ma Lucie adorée, sfrrr, sfrrr, je t’aimiaouuu ». Je faisais la sourde oreille et lui répondais en grognant dans mon coin « je t’emmmmrrr, mrrr ! »

"Voilà ce qui reste de notre grand amour…", piaulait Mitzou du haut de la clôture haute de trois mètres.
Pas toujours beau la vie, hélas… Au lieu des sentiments exaltants, tout ce que nous avons aujourd’hui en commun ce sont nos puces. Néanmoins, mon histoire a un mérite non négligeable quant à la contribution au progrès de la physique moderne. Elle a fourni la pièce manquante à la formulation du principe de la conservation de l’amour conjugal qui dit que l'amour entre les époux ne disparaît pas. Il se transforme en haine !

 

Publié dans concours

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