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Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36

Publié le par christine brunet /aloys

Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
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Salvatore Gucciardo à l'honneur dans Le magazine français "Profession photographe" n°36
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Le blog "Les lectures de Maryline" a lu "Antoine et les merveilles du potager" de Michel et Pierre Surquin

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/antoine-et-les-merveilles-du-potager-a164819608

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/antoine-et-les-merveilles-du-potager-a164819608

 

Résumé de l'éditeur : 

Antoine, jeune garçon en vacances, se balade, poussé par l'ennui. Il est intrigué par une grande bâtisse de son voisinage, dont le mur d'enceinte, cachant le terrain qui l'entoure, aiguise sa curiosité au point de braver l'interdit et d'escalader ce mur, pour voir...

 

 

Mon avis :

Ce livret est un vrai petit bijou! J'ai adoré et mon fils encore plus! Nous avons passé de très bons moments de lecture grâce à cette magnifique histoire. En fait, nous avons entre les mains un documentaire qui nous apprend des tas de choses intéressantes sur le potager et ce qui se trouve dehors, dans le jardin, tout près de nous...

Antoine est un jeune garçon qui se retrouve en vacances et qui décide d'explorer les alentours... Il découvre la nature. La végétation et les animaux se mettent à lui parler et lui raconter leur vie. On apprend tout un tas d'éléments intéressants sur les légumes du jardin, c'est vraiment très instructif et la leçon se fait de façon ludique. De petites activités parsèment le livret ce qui donne un véritable plus à l'histoire car l'enfant se sent concerné et utile.

Les illustrations sont magnifiques et parfaitement adaptées aux enfants, on voit bien les légumes et leurs couleurs, il y a des schémas, des photos, du dessin... Bref, j'adore l'ensemble!

A la fin, un petit exercice de mémoire est proposé. C'est très sympa! L'enfant se souvient de ce qu'il a lu ou entendu avec l'adulte ou bien il retourne chercher les informations sur les pages précédentes si il a un trou de mémoire ou un doute.

Bravo pour ce livret, le seul petit défaut que je trouverais à dire est qu'il est en trop grand format donc pas très pratique à emmener partout.

Publié dans avis de blogs

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Brigitte Hanappe a lu "Silencieux tumultes" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

En terminant le livre d’Edmée de Xhavée,« Silencieux tumultes », édité par Chloé des Lys, je me suis surprise à sourire béatement, le coeur envahi de silencieuses émotions, l’esprit imprégné de délicieuses images.

Dès les premières pages de ce roman, je me suis envolée instantanément dans un théâtre pour assister mentalement à une superbe pièce en plusieurs actes : la scène est une grande demeure familiale toute imbibée des secrets, des non-dits, de l’intimité de plusieurs générations.

Je n’ai aucun effort à faire pour imaginer le décor, le mobilier, les expressions ou caractères des personnages, tellement les mots de l’auteure regorgent de détails merveilleusement décrits. Je m’évade donc dans cette majestueuse maison bourgeoise, je ne suis plus lectrice mais spectatrice de l’histoire.

Et quelle histoire ! Des morceaux de vie qui à priori peuvent sembler anodins  mais bien au contraire… riches en émotions diverses. J’apprécie et je me sens en parfaite harmonie avec le ressenti des personnages.

Bref, j’ai beaucoup aimé ce récit. Et je sais déjà à l’avance que je le relirai avec plaisir, lors de soirées plus fraîches où j’aurai envie de me réchauffer le cœur avec de beaux mots.

Brigitte Hanappe

 

 

Publié dans Fiche de lecture

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De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!

Publié le par christine brunet /aloys

De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!
De nouveaux ouvrages sont parus chez CDL !!!

Publié dans fiche auteur

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Christian Eychloma nous propose une nouvelle "Contretemps"

Publié le par christine brunet /aloys

Contretemps


 

Frédéric, dit Frédo, entrouvrit les paupières pour les refermer aussitôt. Puis il renifla avec un haut-le-cœur un air qui puait le moisi. Il demeura quelques minutes hébété, la tête vide, avant de se rappeler brusquement où il se trouvait. Il ouvrit les yeux, en grand cette fois.

Le labo n’était que très faiblement éclairé par une rangée de veilleuses. Plutôt étonné, il se débarrassa de son cathéter et se redressa péniblement, soulevant un petit nuage de poussière en posant ses avant-bras sur les bords de son sarcophage. Quand donc les techniciens de l’équipe de suivi en avaient-ils fait coulisser le couvercle ? Et pourquoi n’y avait-il personne ici pour l’assister pendant sa phase de réveil ?

Il ressentit cruellement le froid sous son fin pyjama bleu. Il avait l’impression de s’être allongé dans cette foutue boîte il y avait à peine une heure ou deux, sous la lumière des néons. Après avoir dit adieu à tout le monde, et surtout à sa femme, en pleurs mais résignée. Après tout, il n’anticipait son départ pour « le grand voyage » que d’une semaine tout au plus, ce qu’elle n’ignorait pas. Les médecins ne les avaient laissés sur aucune illusion en leur annonçant son décès imminent.

Considérant l’état de l’art en matière médicale, il était condamné à très brève échéance. Irrémédiablement. L’état de l’art du début du vingt et unième siècle, s’entendait ! Car c’était sans compter avec les toutes récentes techniques d’hibernation, mises au point pour les futures missions spatiales de longue durée. Et, coup de chance, on cherchait justement un cobaye. Alors, autant tenter le coup…

Les toubibs lui avaient fait valoir que, puisqu’il allait mourir, il n’avait absolument rien à perdre à s’en remettre aux progrès de la science et à les laisser « geler » ses processus biologiques pendant qu’il vivait encore. Et dans un siècle ou deux, qui sait, on le réveillerait en lui annonçant la bonne nouvelle. Son mal ne serait plus incurable. Il aurait à nouveau devant lui trente, quarante, cinquante ans d’une existence en parfaite santé, peut-être plus !

Bon… tous ceux qui auraient fait partie de sa vie, ses amis, ses parents, ses enfants, son épouse, tous seraient morts depuis longtemps. Cette idée, plus une certaine appréhension de ce à quoi ressemblerait cette société future qui, peut-être, l’attendait, l’avait beaucoup dérangé. Mais valait-il mieux carrément choisir le néant ?

Et maintenant, où en était-il, au juste ? Dire que quelque chose était allé de travers lui apparut comme un doux euphémisme. De plus en plus inquiet, les jambes flageolantes, se guidant dans la pénombre sur le panneau lumineux indiquant la sortie, il s’approcha lentement du pupitre de contrôle dont les équipements bourdonnaient faiblement.

Fichtre… cela devait faire un bout de temps que le ménage n’avait pas été fait. Écartant machinalement de la main une toile d’araignée, il se pencha sur l’écran éteint de la console et remua ce qui ressemblait à un dispositif de pointage pour provoquer l’affichage d’un genre de tableur, s’étonnant un peu de retrouver un environnement technologique somme toute assez familier.

Clignant des yeux, il regarda de plus près ce qu’il finit par reconnaître comme un calendrier. Et là, il sentit son cœur faire un bond. Était-il juste en train de rêver ? Était-il vraiment en 2421 ? Mais si tel était le cas, depuis quand le bâtiment était-il abandonné ? Et pourquoi ? Et comment se faisait-il alors qu’il y eût encore une alimentation électrique, aussi réduite fût-elle ?

Les panneaux solaires, bien sûr. Ces fameux « nouveaux » panneaux à la durée de vie faramineuse et qui avaient apparemment assez bien tenu leur promesse. Mais au fait, considérant l’absence de tout technicien dans les parages, qui donc avait pris la décision de le réveiller, et pourquoi ? Il se souvint alors du dispositif de sécurité dont on lui avait parlé et qui était justement prévu pour provoquer sa sortie d’hibernation en cas de baisse de tension durable…

Il se redressa en se tenant le dos, sentant peu à peu ses anciennes douleurs refaire surface. Au moins n’avait-il plus rien senti pendant ces quelques heures, heu… ces quatre siècles de sommeil artificiel ! Il s’agissait maintenant de comprendre ce qui avait bien pu se passer, et pour ceci aller évidemment jeter un coup d’œil dehors…

Essayant d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler une ville du 25e siècle, il clopina vers la sortie du labo et tira aussi fort qu’il le pouvait sur la porte qui résista. Serrant les dents, il tira encore et encore, par petites secousses. Lorsque la porte consentit enfin à s’entrouvrir, il s’aperçut qu’elle était bloquée par des ronces. Grand Dieu… depuis combien de temps l’avait-on oublié là ? Après bien des efforts, il parvint à ouvrir suffisamment pour se faufiler à l’extérieur. Et la surprise le cloua sur place.

Une espèce de jungle - comment aurait-il pu appeler ça ? - lui barrait la route de tous côtés en lui masquant presque complètement la vue du ciel. De grands arbres et des lianes enchevêtrées, d’épais fourrés, et une dense végétation recouvrant par endroits le toit de l’édifice. Et des chants d’oiseaux. Beaucoup de chants d’oiseaux. Il sentit une boule se former dans son estomac.

Il essuya la sueur qui perlait à son front sous l’effet de la chaleur soudaine et se mit à réfléchir à toute vitesse. Il se souvenait évidemment de ce à quoi ressemblait ce coin comme s’il venait à peine de le quitter. Le complexe universitaire offrait une vue magnifique sur la ville que l’on pouvait apercevoir en contrebas, depuis un belvédère tout proche. C’était tout droit. C’était là qu’il devait aller s’il voulait avoir une première idée de ce qui avait bien pu arriver.

Il repéra sur sa droite un espace moins touffu qui pourrait peut-être lui permettre d’y accéder. Il se glissa avec peine entre les troncs, écartant au passage les branches qui lui griffaient le visage et chassant involontairement des tas de petits animaux qui fuyaient à toute vitesse à travers les fougères. Fourbu, les pieds ensanglantés, le pyjama déchiré, il parvint enfin au bord d’un ravin.

Paralysé de stupeur, il demeura longtemps hagard, contemplant sans y croire l’immense forêt s’étalant à une centaine de mètres en-dessous. Hormis quelques « protubérances » pouvant faire penser à ce qui resterait d’anciennes tours, rien, absolument rien, ne subsistait de ce qu’il venait de laisser au 21e siècle. La nature avait apparemment partout repris ses droits. Plus âme qui vive dans un paysage de commencement du monde. Plus âme humaine, en tout cas… Il se retourna brusquement en entendant un grognement sourd. Non, plusieurs grognements.

Des loups ? Des chiens, à mieux les regarder. De plus en plus nombreux. Toute une « meute », en fait. De gros chiens plus que menaçants, babines retroussées sur de puissants crocs. Une espèce visiblement redevenue sauvage et ayant de toute évidence, depuis belle lurette, oublié son attitude servile et sa crainte de l’homme. Des fauves s’apprêtant tout simplement à le dévorer.

Il était sans arme, malade, exténué, aussi dépourvu de défense qu’un nouveau-né. Avec un rire d’autodérision, il fit face au vide et sauta.

Il lui sembla que la chute durait longtemps, longtemps, avant un choc terrible et une douleur fulgurante. Puis… plus rien.

Frédo venait de se rendormir. Pour l’éternité.

 

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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Jocelyne Aubin nous propose un aperçu de son ouvrage en cours de référencement "Le miroir des songes Concerto en bleu pour violon et chiffon"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 
 
Léa, magicienne des tissus, couturière,
Léa, magicienne des formes, des couleurs, sculpteur, peintre,
Deux femmes embarquent pour une promenade créative en solitaire,
Unies cependant par un fil invisible...
Leur première approche est instinctive...
L'inspiration se nourrit d'images furtives, passées et présentes, petites bribes du temps saisies en plein vol.
C'est ensuite l'évidence... même au delà des songes... l'oeuvre devient miroir.
 
Extrait du livre :
Ce pourrait être un conte de Pouchkine, une peinture de Chagall, un concerto de Tchaïkovski...
 
"Le vêtement de l'inconnue de la rue est léger, pourvu d'un large décolleté qui laisse entrevoir la naissance de ses seins blancs....
L'inconnue ne court plus maintenant, sa démarche est devenue féline, elle s'approche à pas lents d'un jeune homme habillé d'un costume de lin blanc, d'une chemise multicolore.
Ils rient, s'embrassent. le garçon joue avec le foulard. La soie épouse le lin."
 
"A la lueur de l'aube et des flammes du feu, les mains caressent la glaise.
Elles se promènent sur la masse informe, creusent, cherchent, dessinent un chemin, l'effacent, recommencent la quête.
Léa sait qu'il lui faudra longtemps observer, avec pudeur, réserve mais détermination, l'émotion qui l'habite, avant que ne s'impose à son regard, l'esquisse de la forme qui vit en elle...
Les mains sur la glaise creusent, cherchent, encore et encore, jusqu'à ce que l'esprit, fatigué, se taise."

Publié dans présentations

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Présentation du recueil poétique de Daniel Roualland "Si peu de temps"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait :

La vie traverse l’homme

Sans s’arrêter

 

Biographie :

 Daniel Roualland est né à Nantes en 1946. Il y a enseigné un temps la philosophie. Il a ensuite exercé les métiers de psychosociologue et de sociologue à la Poste, à Poitiers, Rennes, Strasbourg et Paris.

 

Résumé :

191 poèmes courts et 32 longs.

Publié dans présentations

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Véronique Giele nous présente son ouvrage "Le miroir brisé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Véronique Giele, née à Ixelles en 1963, diplômée en Arts-Décos.

Artiste peintre, photographe, artisan vitrailliste.

A toujours eu l’écriture pour exutoire.

Résumé du livre « Le miroir brisé » (4ème de couverture)

 

« L’amour rend aveugle ». Sue n’a malheureusement pas échappé à l’adage en tombant sous le charme de Mike, un homme à l’apparence pourtant quelconque mais cultivé et beau parleur. Son pouvoir de séduction a eu raison d’elle et a fait voler en éclats la vie pourtant tranquille qu’elle s’était construite auprès de son mari et de ses trois enfants. En lui offrant enfin l’attention et l’affection dont elle pensait manquer auprès des siens et en lui promettant un avenir plus lumineux, parsemé de voyages et d’aventures, Mike a su gagner l’amour de Sue… Cependant la lune de miel a été de courte durée. Peu à peu, le masque est tombé, laissant Sue désemparée, meurtrie, rabaissée, n’étant plus que l’ombre d’elle-même.

« Le miroir brisé » ou comment un pervers narcissique peut vous amener à devenir totalement une autre personne en vous brisant jusqu’à ne plus savoir du tout qui vous êtes.

 

Court extrait

 

« … Malgré tous ses efforts, toute sa retenue, elle pouvait faire ce qu’elle voulait, il y avait toujours matière à critique ! Tout ce que Mike avait apprécié chez Sue au début de leur relation, lui revenait, méjugé, en pleine figure comme un boomerang. S’il avait aimé sa verve, elle l’insupportait désormais, sa façon élégante de se vêtir l’était trop pour se rendre au boulot, son maquillage, inutile en vacances, proscrit son lipstick surnommé « l’anti-bisous » ; trop encline aux relations d’amitié, trop aimable avec ses clients, trop sociable avec ses collègues, elle était trop ceci, pas assez cela, un vrai plaisir ! … »

Publié dans présentations

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Courte présentatation de son ouvrage "Etrange présence" en attente de référencement par Valérie Dereppe

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Cet opuscule, Étrange présence, narre la rencontre entre un être de Lumière et son habit de matière, entre le fond et la forme qui revêt ici le surnom de Lou. Lou traverse une crise existentielle et cet être de Lumière -son ange en somme-, va remettre un peu d’ordre dans ses idées, dans ses pensées et, ce faisant, la tirer vers le haut.

 

Extrait :

- Pourquoi me racontes-tu tout ça, pourquoi à moi ?

- Parce que tu m’as appelé et que tu vas l’écrire.

- Je t’ai appelé ? Non mais je rêve ou alors il te manque une plume !

- J’apporte une plume à ton âme pour réapprendre à voler…

Publié dans présentations

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'Un départ sans bagage', un texte signé Carine-Laure Desguin publié dans la revue Aura 96

Publié le par christine brunet /aloys

Un départ sans bagage


 

Edwine de Chartroye et Marie-Chantal de Bassecour, à l’heure du thé, dans le château de cette dernière.

Edwine (déposant sa tasse de thé et s’essuyant délicatement les lèvres).C’est extraordinaire, n’est-ce pas Marie-Chantal ?

Marie-Chantal (rivant le regard tantôt sur son ordinateur tantôt vers son amie). Diantre, je ne décroche pas de toute cette effervescence ! Quelle bonne idée très chère que d’avoir suscité ma curiosité envers une telle richesse, Gontran et moi sommes si seuls parfois dans notre château. De nos jours, les serviteurs sont avares et préfèrent rentrer chez eux le plus tôt possible et les ambiances ici deviennent plates et moroses, vous comprenez. Les soirées d’hiver sont tellement longues devant la grande cheminée en marbre de Campan, hélas éteinte. Mais depuis que nous surfons, chacun de notre côté, je le précise, nous activons nos neurones et de ce fait, chère amie, nous oublions le froid qui envahit nos vieilles pierres. Quelle économie ! Gontran est très heureux de tout cela, je ressens encore de petits frissons qui me secouent le corps mais le froid, ce froid hostile et sans pitié qui vous transperce les os et vous empêche toute réflexion est désormais largement occulté. Mes doigts s’agitent sur le clavier et tout my body se réchauffe. Quelle économie d’énergie ! Gontran vous remercie mille fois ! Thank you very much ! Il aurait aimé vous faire part de sa gratitude de vive voix mais il est retenu, m’a-t-il certifié, par le vicomte de Neuville, une affaire de terres agricoles. Vous savez, les affaires sont les affaires.

Edwine. Oui, je comprends. Et donc très chère Marie-Chantal, vous avez trouvé votre bonheur devant cet écran. C’est ainsi que les pauvres survivent, en surfant sur le Net. Ils ne peuvent s’offrir la vraie vie, celle où l’on change de sac Delvaux chaque soir ou presque, lors d’un dîner à la Tour d’Argent, par exemple. Alors les pauvres végètent sur le virtuel, c’est moins cher. Le savez-vous que les pauvres adorent surfer ? Ils voyagent à bon compte….

Marie-Chantal (s’efforçant malgré elle de fermer l’écran de son PC). Oui mais eux ne cessent de se plaindre ! Tandis que moi, je me régale. Si vous saviez tout ce que je lis sur ces réseaux !

Edwine (étonnée). Ah, vous connaissez donc ce qu’on nomme « les réseaux » ?

Marie-Chantal (l’air gêné et se résignant à éteindre son ordinateur). Très chère, on reproche assez souvent à la noblesse de ne pas être proche du peuple. Ce triste fait est désormais de l’histoire ancienne. Pour ma part, je connais tous les soucis de mes voisins les plus démunis.

Edwine (de plus en plus étonnée). C’est affreux ce que vous dites là! Ne vous focalisez pas sur les soucis des pauvres ! Marie-Chantal, pour l’amour du ciel, ne vous méprenez pas !

Marie-Chantal (déterminée dans ses explications). Affreux ? Pensez-vous ! Les pauvres sont comme nous, le saviez-vous ?

Edwine (qui n’en finit pas d’être étonnée). Les pauvres seraient comme nous ? Quelle horreur ! Nous ne sommes quand même pas comme ces gens-là ! Marie-Chantal ! Rassurez-moi !

Marie-Chantal. (sur un ton professoral). Non, je veux dire que leurs soucis sont identiques aux nôtres. Tout comme nous, ils ont des fins de mois difficiles. Se chauffer, se nourrir, se vêtir, tout cela reste un véritable tour de force. Tout comme nous, leur façade tombe en lambeaux et ils connaissent même la mise en place des seaux dans le grenier afin de récolter les eaux qui fuitent de leur toiture. Mais ils sont tellement primaires qu’ils ne pensent même pas à s’en servir le matin pour leur toilette ! Quel gâchis ! Et j’en passe !

Edwine (l’air dubitatif). C’est merveilleux de votre part, Marie-Chantal, de lire toutes ces doléances. Tout cela enrichit votre contribution aux œuvres de bienfaisance, en quelque sorte. Et donc les gens du village dialoguent comme ça, tout de go, avec vous ?

Marie-Chantal. Ah mais sur les réseaux, je ne m’appelle pas Marie-Chantal de Bassecour !

Edwine. Ah non ?

Marie-Chantal. Edwine, c’est vous qui m’aviez initiée aux joies de ce monde virtuel et vous semblez tout découvrir tout à coup !

Edwine. C’est que très chère Marie-Chantal, Charles-Edouard limite mes voyages virtuels…

Marie-Chantal (qui prend l’air malicieux d’une personne très fière d’elle). Ah, si j’écoutais Gontran, je serais moi aussi limitée ! Si Gontran savait que je me connecte aux réseaux, il serait furieux ! J’use donc de subterfuges. J’ai bien accès à ces leçons quotidiennes d’English, oui, oui, mais…

Edwine. Je ne vous comprends pas.

Marie-Chantal. Très chère, croyez-vous que Marie-Chantal de Bassecour serait la bienvenue sur Facebook ? Non, bien sûr ! Sur les réseaux, je me nomme Chantal Poulette !

Edwine. Chantal Poulette ? Et votre photo ? Vous n’avez donc pas intégré une photo à votre profil ?

Marie-Chantal. Cela serait bien trop risqué. Les pauvres ne m’en diraient pas assez, ils ont une certaine retenue devant la noblesse, vous ne l’ignorez pas. Ils nous gratifient de salamalecs ridicules, de fausses belles manières, et j’en passe. Lorsqu’ils s’adressent à Chantal Poulette qui a comme photo de profil une crête de coq, cela les met en confiance et ils étalent alors toutes leurs préoccupations quotidiennes. Cela est très comique.

Edwine (ébahie). Et tout cela est autorisé ? C’est quand même une usurpation d’identité !

Marie-Chantal. Vous connaissez une Chantal Poulette, Edwine ?

Edwine. Non, je viens d’apprendre que c’était vous !

Marie-Chantal. Eh bien dans ce cas, il n’y a pas d’usurpation d’identité, c’est aussi simple que cela ! Et donc, ce pauvre Gontran est à mille lieues de s’imaginer qui je côtoie. Il serait furieux. Mais j’ai tellement de plaisir à lire tous ces commentaires plus loufoques les uns que les autres. Ah, si vous saviez ce que ces gens-là écrivent. Enfin, écrivent…disons qu’ils… griffouillent… Edwine, c’est pourtant vous qui m’avez initiée à ce monde virtuel. Et vous, que lisez-vous sur le Net ?

Edwine. Oh vous savez, moi…En fait, je m’occupe du courrier de Charles-Edouard, je réponds aux mails de ses différentes sociétés. C’est ainsi que j’ai découvert que certaines de ses sociétés n’étaient que des façades, elles n’existaient pas. Tout comme Chantal Poulette…

Marie-Chantal. Quelle horreur ! Vous travaillez alors ! Je l’ignorais !

Edwine. Travailler, travailler, c’est un bien grand mot. Disons que je classe tous ces mails. Je trie.

Marie-Chantal. Et c’est tout ? C’est si fade tout ça.

Et bla bla bla et bla bla bla.


 

Dans un pavillon de chasse à deux pas du château, Charles-Édouard de Chartroye et Gontran de Bassecour discutent fermement.

Charles-Édouard. Mon cher Gontran, c’est la stricte vérité, j’ai découvert cela par hasard. Je pourrais ouvrir mon ordinateur et me connecter à ce réseau tellement médiocre parce que populaire afin de vous prouver tout cela mais…

Gontran. Je vous crois, je vous crois. Chantal Poulette ! Quel horrible pseudonyme ! Tout mais pas ça ! Que Marie-Chantal se surnomme « Princesse de Noailles », la « du Barry », la « Montespan » à la rigueur, mais Chantal Poulette…Comment est-il possible de choir si bas ?

Charles-Édouard. Je ne vous le fais pas dire !

Gontran. Et que préconisez-vous ? Je me sens tellement désarmé face à cette situation…qui ne peut durer plus longtemps ! Votre Edwine trifouille dans toutes vos affaires administratives et ma Marie-Chantal ridiculise le nom des de Bassecour en se nommant Chantal Poulette ! Poulette ! Quel gâchis ce progrès technologique, quel gâchis !

Charles-Édouard. Il faut que toutes deux, elles quittent le Net, ni l’une ni l’autre ne peuvent continuer ces simagrées ! Et de votre côté, estimez-vous heureux que Marie-Chantal ne s’immisce pas dans vos affaires personnelles…

Gontran. Vous avez raison mon ami. Elles doivent s’éloigner au plus vite de cette planète virtuelle. Dès demain, j’annule abonnements et connexions. Tant pis pour les cours d’anglais, le peuple a assez ri des de Bassecour ! Et vous, cher ami ?

Charles-Édouard. Idem ! Il n’est plus question qu’Edwine décortique toutes mes magouilles administratives. Dès demain, j’annule également abonnements et connexions ! Nos épouses doivent quitter Internet et au diable le monde numérique !

Carine-Laure Desguin

 

Publié dans Textes

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