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Stéphane Ekelson se présente et nous parle de son livre "Aimer à mûrir"

Publié le par christine brunet /aloys

Stéphane Ekelson se présente et nous parle de son livre "Aimer à mûrir"

Je suis né durant un mois de janvier avec de la neige à l'extérieur qui atteignait le genou. J'ai atteint depuis peu l'âge d'un adulte qui en a vu et entendu pas mal dans son existence de penseur comme on me qualifiait dans mon enfance. Il m'a fallu des coups durs pour réaliser que je devais me positionner dans la société comme un artiste pour ne plus souffrir matériellement et socialement. De l'écriture des premières lignes de mon premier ouvrage au tirage final, j'ai mis une dizaine d'années à me torturer, à attendre, à espérer qu'enfin ce livre se réalise, sorte des presses de la maison d'éditions, Chloé des Lys. Je me rappelle encore très bien de mon entretien avec l'éditeur en compagnie de mon amie, Lydia, à qui j'ai dédicacé mes trois livres à présent parus. Je passais presque pour un pauvre fou à la lecture de mon premier projet d'écriture au nom final de Toile au vert de liqueur. Le stress de l'éditeur a vite disparu en notre présence, en dialoguant sur le sujet de notre visite. Au téléphone j'avais compris Paris à la place de Barry lors de la fixation du rendez-vous. Ma joie était immense. Je trépignais dans notre appartement. Tout ce travail qui allait aboutir à du vrai, pas à du blabla. Deux années plus tard, mon deuxième livre est sorti en 2007 sous le nom représentatif de notre temps, L'indicatif présent. En décembre 2010 le dernier né, Aimer à mûrir, est venu achever la trilogie.

J'ai mené une vie tout à fait classique (secondaires en latin-sciences, service militaire) jusqu'à mon choix de suivre des cours de philosophie à l'université libre de Bruxelles en essayant de vivre avec une jeune fille, Marie-Annick, dans un appartement à Schaerbeek. Le 16 décembre 1983, alors que je suivais ces études, ma vie a basculé dans un univers glauque qu'on appelle proprement par la psychiatrie. Récemment je me suis aperçu de mon autisme que personne dans le monde médical n'a osé me révéler auparavant et que même certains ne veulent même pas avouer parce qu'ils se sont trompés de diagnostic. Depuis mai 2010, je vivais seul dans un studio à Bruxelles. Chaque jour qui passait je construisais, réparais ce que l'on m'avait enlevé, cassé durant toutes ces années d'incompréhension que j'ai tenté de décrire réellement et fictivement dans mes trois écrits sans savoir ce que je signifiais au moment de leur écriture.

J’ai déménagé récemment dans un appartement plus vaste et plus silencieux. Mon souhait et ma volonté de reprendre l’écriture se manifeste de plus en plus.

Aimer à mûrir

Nous traversons le passage de la conception exaltée, voire de la fornication à la conceptualisation méthodique d'un être humain en proie à son internement au point de poser le questionnement de la mort dont il échappe en la banalisant par des maximes poétiques et des histoires sorties du quotidien qui sont des tentatives portées d'espérance.

Rien ne prédestinait un évènement littéraire sous cette forme particulière sinon le silence d'une relation qui s'éteignait peu à peu. Avec le recul je pense que cet ouvrage a été nécessaire pour évacuer un poison mortel qui s'appelle l'incompréhension.

L'incompréhension vis-à-vis de soi-même mais aussi par rapport à un environnement qui nous dévore sans interruption, sans faille, de plus en plus vite et qui finalement nous fragilise, voire nous tue hors du champ où poussent les fruits de l'amour.

Ce livre est divisé en cinq volets qui tolèrent une interaction dont il ressort la puissance verbale étonnamment proche de la réalité de notre troisième millénaire sans tomber dans les affres d'une fiction inopérante.

Le titre du livre n'est pas seulement un jeu de mot avec l'expression commune d'aimer à mourir. Il décrit une progression philosophique vers un aboutissement rempli d'une sagesse bien dosée.

Il n'est pas étonnant que des phrases, des réflexions de cet ouvrage rebutent le lecteur ; mais s'il prend son temps et s'arme de sa patience une lumière jaillira dans son propre vécu. Je ne considère pas ce que j'ai écrit pour du divertissement. L'enjeu de la sauvegarde des vraies valeurs m'empêche de sombrer dans ce délire moral.

Pour en terminer j'invite la plupart à plonger dans ce récit inédit qui transportera les âmes sensibles vers plus de fraternité et, qui sait, amènera les plus récalcitrants à revoir leur copie sur la vie et la mort en sachant que la seule crainte se trouve en eux-mêmes, dans leur intériorité propre.

Ce livre est un message aux bonnes volontés à clarifier ce qui est resté obscur jusqu'à présent.

Aimer à mûrir (extrait)

« J'embrasse la joue de l'écriture. Elle est féminine. Je voudrais l'épouser. Epouser ses formes fort séduisantes. Coucher dans le même lit de confidences, d'histoires vraies et fictives. Mêler ma langue à la sienne pour maintenir la passion. Je range mes armes, mon combat contre elle. Je veux qu'elle soit mienne et sienne. Je lui souffle des mots à l'oreille. Elle se met à rire. Je ris aussi de sa splendeur. L'écriture me dévisage. J'en tombe amoureux. Tout coule alors comme une source. Une relation est née. Elle a décidé en secret de m'épouser. Je tourne la page de mon passé. Je remplis les pages vierges de notre livre. Celui d'un amour naissant. Le mariage fut célébré dans une cathédrale accompagné par un orgue inspiré de notes comme les mots abondants écrits sur le registre de l'autel blanc. » pages 18 et 19

Publié dans présentations

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Janna Rehault nous propose un extrait de son roman "La vie en jeux"

Publié le par christine brunet /aloys

Janna Rehault nous propose un extrait de son roman "La vie en jeux"

Chapitre : La rivale virtuelle

(…) Mes vieilles craintes se sont réalisées : j’ai eu une rivale. Je l’ai compris le jour où Max m’a informé solennellement qu’il avait enfin rencontré la femme de ses rêves. Certes, ce n’était pas la première fois que je l’entendais parler de ses petites copines virtuelles. Mais cette fois-ci, d’après lui tout était « différent ». Il avait enfin réussi à trouver et à programmer son idéal féminin.

Et moi dans tout cela ? Depuis quatre ans qu’on se connaît, je cherche sans cesse à attirer son attention d’homme... aucune réaction. Je vais bientôt finir par me sentir comme un être asexué à ses yeux. J’aurais beau faire un strip-tease devant lui, je ne serai jamais que sa « meilleure amie ». (…) A dire vrai, je ne sais même pas comment je dois le prendre : je ne peux pas en être jalouse quand même ? Rien n'est plus stupide que de jalouser une femme virtuelle.

(…)

Je me suis mise à fouiller dans les programmes personnels de Max. (…) Sans trop de peine, j’ai trouvé le fichier qui m’intéressait. Il contenait plusieurs dossiers : « Informations générales », « Physique », « Caractère », « Ressources vocales » et ainsi de suite. Je clique sur « Physique ». Quelques dizaines de mes photos en 3D apparaissent sur l’écran. De face, de profil, de dos, en pied, dans un angle, dans un autre, etc. Etape suivante : « Caractère ». Bien qu'il m’arrive de manquer d’objectivité dans mon auto-estime, je me suis reconnue dans le caractère programmé. Plus la peine de continuer l’enquête, tout était clair comme le jour : ma rivale était ma copie conforme.

Hum, ce serait drôle si ce n’était pas si triste… Et moi, j'étais quoi dans cette histoire ? Un matériel de base pour version numérique de la femme idéale ? Avant je voyais Max comme une espèce de Pygmalion. On pouvait reprocher à Pygmalion d’être un pervers incapable d’aimer d’autres choses que sa propre création, mais il y avait dans sa puissance créatrice quelque chose de sublime, de surhumain. Max on ne pouvait même pas se dire créateur, il m'avait seulement plagiée. C'était un pervers, c’est tout. (…)

Donc, les conclusions suivantes s’imposent. Primo : je dois être bien à son goût. Secundo : soit Max n’ose pas avoir de relations avec moi, soit il préfère ma version de synthèse. A supposer que la deuxième hypothèse soit juste, cela veut dire que Max est tout simplement incapable d’aimer une femme réelle. (…) Peut-être est-ce toujours cette peur de perdre alors ? Moi je peux bien le perdre, mais pas lui, il aura toujours avec lui mon duplicata. J’aurais beau partir à l’autre bout du monde, vivre avec un autre mec, devenir alcoolique ou nymphomane, peu importe. Il lui restera toujours mon autre… enfermée dans son ordinateur quoi qu’il arrive. La femme qui ne le quittera jamais et ne le trompera pas une seule fois. Copie fidèle doublée de copine fidèle.

Je me demande ce qu’en aurait dit Freud. Il a eu de la chance finalement, à son époque de tels cas n’existaient pas encore. Il se serait définitivement perdu dans ses théories et aurait muni la psychanalyse, déjà bien tarabiscotée, de notions supplémentaires du genre : « le moi et la copie du moi », « le sur-virtuel-sur-moi », « le ça virtuel », « complexe de réalité », « fixation au stade virtuel », « virtuel clivage du moi » et ainsi de suite.

Publié dans Textes

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Christine Brunet a lu "Le petit tombeur" de Levy Blancard

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Le petit tombeur" de Levy Blancard

J'ouvre le livre, je tombe sur cet avertissement : " Les personnages du texte sont des créations de mon imaginaire. Chère famille, chers amis, chers lecteurs j'en profite pour vous annoncer que je ne suis pas "le petit tombeur"... et qu'aucune femme de mon entourage n'est un de ces personnages. Si toutefois vous trouviez une ressemblance frappante sachez qu'elle est nécessairement fortuite. je vous souhaite une bonne lecture".

Je pose le livre et je réfléchis, étonnée : curieux, je pensais que Lévy Blancard était une femme... Je me trompe sans doute, et comme je ne peux le vérifier parce que je n'ai pas accès au net dans le train, je prends comme postulat que l'auteur est un homme.

D'ailleurs, le thème et l'écriture ne le démentent pas...

La couverture me renvoyait à un tout autre sujet... Dès les premières pages, j'ai été scotchée !

Voilà un livre étrange et déroutant, un journal, un parcours... Celui d'un "prédateur".

Le lecteur assiste d'abord intéressé, à la naissance d'un séducteur (un tombeur).

Appartenant au sexe dit "faible", je dois dire que le personnage principal, le "je" de la première personne du singulier, m'a interpellée dans tout ce qu'il peut avoir d'égocentrique, de misogyne et de manipulateur.

Au fil des rencontres féminines, celui que je nommerai "lui" apprend, se modèle, évolue pour acquérir une technique de séduction imparable : il cerne sa victime, la met en confiance en trouvant son point faible, l'utilise, la brise puis la jette.

Peur de l'attachement ? Plutôt amour de la manipulation, de la domination, un jeu qui le prend au piège et fait ressortir ses plus bas instincts.

Quant à la fin, elle désarçonne !

Un livre qui se joue du lecteur, qui laisse un arrière goût d'amertume en vous ballottant entre agacement et grincements de dents au gré de situations réalistes. Moi, j'aurais dit réelles mais puisque j'ai lu l'avertissement...

Vous savez quoi ? Depuis, je sais qui est Lévy Blancard et j'ai pris toute la dimension du texte : belle leçon de manipulation !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Le petit tombeur" de Levy BlancardChristine Brunet a lu "Le petit tombeur" de Levy Blancard
Christine Brunet a lu "Le petit tombeur" de Levy BlancardChristine Brunet a lu "Le petit tombeur" de Levy Blancard

Publié dans Fiche de lecture

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A toi mon saltimbanque, un poème de M-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

A toi mon saltimbanque, un poème de M-Noëlle Fargier

A toi mon saltimbanque

A toi mon saltimbanque

La peau des autres tu te la flanques

Sans pudeur ni extravagance

Elle est à toi sans outrance

Elle colle à la tienne

Tu la respires la tête en l’air

Te pénétrant de chaque sueur

Ses rides te retiennent

Son parfum tu le sais par cœur

Chaque essence s'infiltre dans ton cuir

Chaque pore te fascine

Et tu le mimes sans fuir

Ta peau en sourdine

Tambourine dans la noire, jaune ou blanche

Dépouillé par un lever de rideau

Tu vis

De chaque vie…

Tête enfouie sous les bravos

Tes pieds déjà sur d'autres planches.

A mon fils, Pierre-Hugo

Mon Artiste

Marie-Noëlle FARGIER

Publié dans Poésie

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Christine Brunet a lu "La petite fille qui aimait trop les St-Honoré" de Phoenix

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "La petite fille qui aimait trop les St-Honoré" de Phoenix

Ce livre est un cheminement... Celui d'une femme blessée, marquée par une enfance violente, celui d'une femme qui, à la mort de son mari, entame un long travail de reconstruction grâce à la sophrologie...

Techniques, éveil, connaissance de son corps, maîtrise de son esprit...

L'auteur nous entraîne sur le chemin chaotique de la reconstruction de soi...

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans Fiche de lecture

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Sélim et le papillon, une nouvelle de Jean-Jacques Manicourt

Publié le par christine brunet /aloys

Sélim et le papillon, une nouvelle de Jean-Jacques Manicourt

"Sélim et le papillon"


Personne ne vit arriver le papillon ; mais Sélim ne cessait de le regarder s’approcher. Personne n’entendit le papillon demander qu’on lui ouvrît la fenêtre. Sélim, lui, avait entendu ; il se leva et ouvrit un des deux battants du châssis.
- Que fais-tu Sélim ? Demanda l’instituteur.
- J’ouvre la fenêtre pour le papillon, répondit Sélim.

La classe éclata de rire. M. Michel, l’instituteur, réclama le silence. Tant mieux, pensa Sélim, qui n’avait pas pu entendre ce que le papillon cherchait à lui dire.


Le papillon faisait du sur place à quelques battements d’ailes de la fenêtre ; on eut dit un colibri.
- Salam alékum, dit le papillon
Quoi, le papillon parle la langue de ma mère !
- Alékum Salam, répondit Sélim.
Nouvel éclat de rire de toute la classe. Même Amandine, la
première de classe, d’habitude si soucieuse de ne pas fâcher M. Michel, riait de bon cœur.

L’instituteur se fâcha.
- Sélim, retourne t’asseoir, tonna-t-il.

Mais Sélim n’obéit pas ; il était captivé par le papillon, un flambé (Iphiclide Podalirius) de couleurs vives comme il n’en avait jamais vu.

M. Michel se leva avec la ferme intention de ramener Sélim à la raison, de régler cette histoire saugrenue de papillon que nul autre que Sélim ne pouvait voir. Ce fut le moment que choisit le papillon pour se volatiliser.
- Qu’est-ce que cette histoire de papillon, et à qui parlais-tu ainsi ? Demanda l’instituteur à Sélim.
- Tu te crois sans doute intéressant (j’hésite sur la ponctuation car quand un instituteur dit cela, pose-t-il une question ? Auquel cas je n’hésiterais pas à ponctuer la phrase de M. Michel par un point d’interrogation, ou bien assène-t-il une vérité qui ne supporte pas d’être contredite ?)

C’était assez légitime et prévisible, Sélim opta pour la question.
- Non, monsieur, répondit-il.

Certains des élèves de la classe pouffèrent, d’autres réprimèrent leurs rires entre ventre et bouche, à hauteur de glotte.
La naïveté et la soumission qui s’inscrivaient sur le visage de Sélim, décontenança M. Michel.
- Retourne à ta place, Sélim, et n’en bouge plus.
Et cette fois, Sélim s’exécuta. M. Michel rejoignit l’estrade (il enseignait dans une école un peu désuète, vieillotte qui, contre vents et marées, nouvelles pédagogies, modes et injonction du rectorat, avait conservé l’estrade et le cache-poussière.)

L’instituteur avait à peine regagné sa chaise – une chaise de bureau avec assise et dossier en cuir, réglable en hauteur, seule concession de l’école au confort et au modernisme -, que le papillon vint se poser sur l’épaule de Sélim.
- Comment es-tu entré ?
- Chut, moins fort, tu vas te faire remarquer, conseilla le papillon.

M. Michel avait fait les gros yeux.
- QUOI ENCORE, SELIM ?

Au ton qu’avait employé M. Michel, la classe comprit que l’agacement de leur instituteur avait fait place au ras-le-bol. Nul n’était censé ignorer que M. Michel ne supportait pas le moindre écart de concentration durant ses cours. « Pour papoter et vous détendre, il y a la récréation. », avait-il coutume de dire.
- Le papillon est revenu, dit Sélim.

Pour la plupart, les élèves se firent petits. Profil bas car l’orage allait gronder sans aucun doute. Déjà, M. Michel frisait l’apoplexie ; son visage virait tomate, et ses narines frémissaient comme celles d’un taureau de corrida. Max, « la menace », ainsi que le surnommait gentiment son papa qui, à l’âge de son fils, regardait un feuilleton télévisé dont le héros s’appelait ainsi (Tiens, mon papa regardait aussi la télé ! Pourquoi m’en empêche-t-il maintenant, s’était déjà dit Max), Max, disais-je, était un habitué des remontrances que ne manquait jamais de lui adresser M. Michel, le cancre de la classe essuyant quotidiennement les quolibets de ses pairs (qui le craignaient toutefois sur le terrain où Max excellait, à savoir la cour de récré, parfois théâtre de bagarres), Max (Dieu que cette phrase est longue ! On dirait du Joseph Connolly !), Max donc souffla à Sélim : « Tais-toi ou t’es bon pour le derlo. »

Bien vu. Faut dire que Max connaissait par cœur le bureau du directeur où M. Michel l’avait souvent envoyé se faire morigéner.
- Bon ça suffit maintenant. Prends ton cartable et file chez M. le directeur et donne-lui ceci.
M. Michel avait rapidement griffonné un petit mot pour le directeur et l’avait glissé dans une enveloppe qu’il tendit à Sélim.

Sélim prit son cartable, se saisit de l’enveloppe et quitta la classe.
Dans le couloir horrible que Sélim devait emprunter pour se rendre chez le directeur (les murs étaient peints avec une couleur immonde, probablement un vert inspiré par l’idée que le décorateur de l’école se faisait des petits martiens), le papillon réapparut.
- Que dit le petit mot ?
- Hein ! Quoi ? Bafouilla Sélim.
- Que dit le petit mot ? Insista le papillon.

Sélim hésitait.
- Si tu ne sais pas, ouvre l’enveloppe et lis-le.
- Je ne peux pas faire ça.
- Pourquoi pas ?
- Parce que …
- Parce que quoi ?
- Parce que c’est interdit
- N’est-ce pas interdit de parler en classe lorsque le maître donne cours ? Dit encore le papillon.

Sélim s’apprêtait à répondre quand il croisa Mlle Pageste, la secrétaire ; elle avait en main un de ces formulaires compliqués, remplis de colonnes et de chiffres que personne ne comprenait. Mlle Pageste, vieille fille, célibataire de circonstance (elle aurait bien aimé se marier mais elle n’avait pu, dans sa jeunesse, faire la conquête d’un homme – Dieu et les hommes qui l’ont croisée savent pourquoi) aimait bien Sélim bien qu’elle détestât les Arabes, les noirs (un peu moins) et ses voisins (parce qu’ils avaient fait poser une nouvelle porte d’entrée bien plus jolie que la sienne.)

Perdue dans ses pensées, elle ne s’était pas aperçue que Sélim soliloquait.
- Que fais-tu dans ce couloir, mon p’tit Sélim ?
- Qu’est-ce que ça peut bien te faire, vieille chouette ?

C’était le papillon qui avait répondu en imitant la voix de Sélim.
Mlle Pageste dessina un accent circonflexe avec son sourcil gauche. Avait-elle bien entendu Sélim l’appeler vieille chouette ?
- Qu’as-tu dis, mon p’tit Sélim ?
Sélim imita le battement d’aile du flambé, et poursuivit son chemin laissant Mlle Pageste, prostrée, interdite ; elle était à quia.
- Bon, tu l’ouvres cette bafouille, s’impatienta le papillon, satisfait de s’être débarrassé de la secrétaire à si bon compte.

Sélim agissait maintenant comme un automate ou plutôt comme la marionnette d’un ventriloque ; il se surprit à répondre sans que ses lèvres ne remuassent : « Puisque tu y tiens, je la décachette cette enveloppe. » Il aurait pu être surpris également par l’emploi du verbe décacheter qu’il n’utilisait jamais ! Quoi qu’il en soit, Sélim ouvrit l’enveloppe.
- Alors, tu la lis, stridula le papillon.

Sur le petit mot, M. Michel avait écrit : « Sélim fait un cauchemar. »

- Ce n’est rien, mon amour, tu as fait un mauvais rêve.

En entendant la voix si douce de sa maman (ne le sont-elles pas toutes, douces, les voix des mamans ?), Sélim se calma ; petit à petit, il prit conscience de son environnement : sa chambre que son papa avait récemment retapissée – il avait pu choisir le papier peint, et, privilège auquel il ne s’était pas attendu, le tissu des tentures (au grand dam de sa maman qui, depuis, faisait contre mauvaise fortune bon cœur), le poster de sa star préférée, et surtout le visage de sa maman – le plus beau visage du monde naturellement, à se demander pourquoi ce visage ne figurait pas sur le poster ! –

La maman de Sélim déposa un bisou sur le front de son chérubin.
- Il faut te lever maintenant sinon tu vas être en retard à l’école.
- Maman, j’ai fait un drôle de rêve.
- Tu me le racontes dans la salle de bain, d’ac.

Tandis que sa maman se brossait les dents (incroyable ce qu’elle met comme temps pour se les brosser ! Et vas-y que je te les passe au révélateur, que je te les triture avec un fil dentaire, que je te les rince au moins cinq fois ; mais le résultat – Sélim en convenait – était à la hauteur du temps consacré : une véritable dentition d’actrice Hollywoodienne ! Donc, tandis que sa maman prenait soin de sa denture, Sélim lui raconta son rêve ; il n’omit aucun des détails qui lui avaient tant fait peur. Il parvint même à décrire avec la précision d’un entomologiste le papillon de son cauchemar.
Il s’agit sûrement d’un papillon carotte, dit la maman.

Toute la famille (papa, maman et Sélim, mais le ventre rond de la maman laissait présager une sensible (elle attendait des jumeaux) augmentation du cardinal de cet ensemble) prenait le petit-déjeuner. Sélim raconta une nouvelle fois son rêve, pour son papa, qui lui dit : « Ce n’est pas un papillon carotte, mais un carottier. »
- Qu’est-ce que c’est un carottier, papa ?
- Quelqu’un qui soutire quelque chose à quelqu’un par le mensonge, par la ruse.

Sélim fit mine d’avoir compris ; mais l’explication de son père, empruntée au dictionnaire, ne le satisfit pas. Trop, genre, père-Larousse ! Les pères ne comprennent-ils donc rien à rien ? A croire qu’ils sont en pleine mutation génétique, et que leurs cervelles embrumées par on ne sait quel voile mystérieux les vouent désormais à être constamment largués.

Après le petit-déjeuner, tout s’accéléra. Sélim choisit son dix heures (en général, une barre chocolatée avec du lait, un casse-croûte vanté par une pub mensongère, mais toutes les pubs ne le sont-elles pas, mensongères ?), puis, il retourna à la salle de bain pour se brosser les dents. Il accorda au brossage de ses canines beaucoup moins d'application que ne le fit sa mère.

Le rituel matinal se poursuivit, immuable, à ceci près que Sélim pensait constamment à son rêve. Ainsi, oublia-t-il son dix-heures sur le plan de travail de la cuisine.

Sélim fréquentait l’école communale du village, distante que de quelques centaines de mètres de là où il habitait. Trois cent huit mètres pour être précis (Sélim avait mesuré lui-même cette distance avec le podomètre de son papa.(), aussi s’y rendait-il à pied non sans que sa maman l’eût embrassé une dernière fois (Sélim pouvait oublier son dix-heures, mais au grand jamais le bisou de sa maman.)

Sur le chemin, un papillon virevolta autour de lui.

S’agit-il du papillon de mon rêve ? S’interrogea Sélim. La réponse n’allait pas tarder ; après quelques révolutions acrobatiques du plus bel effet et une ultime pirouette pour s’immobiliser, le flambé, imitant la voix de la maman de Sélim, dit : « Tu diras à ton père que je ne suis pas un carottier. »

Sélim et le papillon, une nouvelle de Jean-Jacques ManicourtSélim et le papillon, une nouvelle de Jean-Jacques ManicourtSélim et le papillon, une nouvelle de Jean-Jacques Manicourt

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Gaëtan Debieve présente son recueil "Cette poésie-là"

Publié le par christine brunet /aloys

Gaëtan Debieve présente son recueil "Cette poésie-là"

Je me prénomme Gaëtan, je suis né le 4 juillet 1970 et j’ai un diplôme de gradué en Droit. Je suis très amateur de poésie et parmi tous les poètes, mon préféré reste François VILLON mais aussi les chanteurs français « à textes ». J’écris des poèmes depuis de nombreuses années et un jour, j’ai sélectionné parmi mes poèmes ceux que j’aimais et que j’avais envie de partager et j’ai envoyé un manuscrit à Chloé des Lys qui a proposé de m’éditer. Ces textes sont le reflet de mes pensées, de mes états d’âme au moment de les rédiger. Dans la vie, je suis fonctionnaire mais ce n’est pas là une grande source d’inspiration.

Tant que tu seras près de Moi.

J’échap’rai à tous les enfers

Je me sentirai le plus fort

Je peuplerai tous les déserts

Je pourrai même vaincre la mort

Je détrônerai tous les rois

Tant que tu seras près de moi.

J’abattrai montagnes et forêts

J’agenouillerai les plus grands

J’assècherai tous les marais

Je t’Aimerai comme un enfant,

Je ne connaîtrai pas le froid

Tant que tu seras près de moi.

Je te construirai des châteaux

J’asservirai des peuples entiers

Avec du feu je f’rai de l’eau

Et le monde sera à nos pieds,

J’irai jusqu’à tuer pour toi

Tant que tu seras près de moi.

J’écrirai ton nom sur les murs

J’irai dans la rue le crier

Que tous entendent comme il est pur

Je te nommerai : Amitié.

Publié dans présentations

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Christian Van Moer nous présente son nouveau roman "Contes du vieux trouvère"

Publié le par christine brunet /aloys

Christian Van Moer nous présente son nouveau roman "Contes du vieux trouvère"

N’est pas héros qui veut, il faut qu’il y ait des hydres et des dragons.

Jean-Paul Sartre, Les Mots

Il était une fois…

au temps des heaumes et des hauberts,

des dragons et des fées,

des loups-garous et des femmes-serpents,

des djinns et des tapis volants,

des philtres et des élixirs,

des sortilèges à conjurer,

et des belles captives à délivrer

Il était une fois…

de vaillants chevaliers aux prises avec les forces du Mal...

* * *

Sans autre prétention que celle de divertir ceux qui ont su préserver leur âme d’enfant, dans ces contes de fées inspirés des veillées d’antan, l’auteur prend plaisir à relayer nos trouvères médiévaux pour illustrer le goût de l’aventure, du mystère et du merveilleux toujours présent chez l’homme.

Eloi, Hugues, Benoît, Gilles et Renaud vous surprendront ; Roxane, Vesper, Bénédicte, Myrrha et Oriane vous séduiront.

Le blog de christian van Moer http://christianvanmoer.skynetblogs.be/

Christian Van Moer nous présente son nouveau roman "Contes du vieux trouvère"
Christian Van Moer nous présente son nouveau roman "Contes du vieux trouvère"

Publié dans présentations

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Didier Fond présente son nouveau roman "La maison-Dieu"

Publié le par christine brunet /aloys

Didier Fond présente son nouveau roman "La maison-Dieu"

Le titre m’intrigue : La Maison-Dieu, c’est quoi ? Un couvent ?

Ca l’a été, bien avant le début de l’histoire. Mais ce n’est à présent qu’une grande maison bourgeoise construite sur les ruines de l’ancien couvent et située en haut d’une falaise. Apparemment, elle n’a rien d’inquiétant si ce n’est effectivement son nom.

Je sais que c’est le nom de la seizième lame du jeu de tarots. Mais pourquoi avoir choisi ce nom ?

Parce que sa symbolique correspond parfaitement à ce qui se passe dans le roman : destruction d’une famille, destruction d’une personnalité et d’un psychisme… Tout cela n’est pas bien gai, c’est sûr. Si on regarde attentivement la carte, on s’aperçoit que la signification est claire : le dessin représente une tour foudroyée par un éclair venu du ciel. Deux personnages apparaissent, l’un en train de chuter du haut de la tour décapitée par l’éclair et l’autre gisant au pied de l’édifice. Une pluie de ce qui pourrait être des grêlons, ou des charbons ardents accompagne le cataclysme.

J’y vois une référence à l’Apocalypse décrite par Saint-Jean, l’anéantissement par Dieu du monde terrestre. Il n’est pas difficile après de passer de ce macrocosme au microcosme qu’est l’univers de Camille, l’héroïne, univers qui se délite petit à petit autour d’elle jusqu’à la catastrophe finale.

D’où t’est venue l’idée de ce troisième roman ?

En ce qui concerne l’idée même, franchement, je n’en sais rien. Je crois que c’est une conjonction de plusieurs influences de romans lus dans ma jeunesse dont l’un était La Terrasse des Bernardini de Suzanne Prou. En fait, le tout premier jet remonte à 1976 : il y avait déjà la falaise, la maison isolée et un mystère qui planait sur ses trois occupantes. Mais l’histoire était d’une incroyable complexité, avec des éléments invraisemblables, bref, cela ne valait pas grand-chose. J’ai mis mon petit cahier dans un tiroir puis quand j’ai déménagé, je l’ai jeté. Mais je n’avais pas oublié ce décor un peu étrange et mes personnages. Bien des années plus tard, j’ai imaginé la trame de La Maison-Dieu en reprenant ce décor et en transformant complètement les personnages.

As-tu rencontré des difficultés pour écrire le roman ?

La difficulté a été de choisir un mode de narration. J’ai opté finalement, sur les conseils d’une amie, pour une alternance de points de vue. On pourrait dire que c’est un roman polyphonique dans la mesure où trois voix se font entendre : celle de Camille, l’héroïne, celle de sa grand-tante Henriette et celle du narrateur omniscient. Les deux premières demandaient une caractérisation de leur voix ce que j’ai grosso modo fait, en essayant de leur trouver un style à elles ; ce n’est toutefois rien comparé au roman qui va suivre La Maison-Dieu et qui, lui, est vraiment polyphonique. Mais on verra ça quand il aura été référencé à son tour…

On peut quand même connaître le titre de ce quatrième roman ?

La Ballade des dames à poussette…. Ou « comment devenir encore plus riche qu’on ne l’est en jetant sa morale par-dessus les moulins »… Je crains que tout le monde n’apprécie pas ce genre d’humour…

Finalement aucun de tes ouvrages ne ressemble au précédent ?

C’est exact. J’aime bien varier les sujets et les atmosphères sinon le genre. Grand-père va mourir se concentre sur les conséquences d’un événement survenu dans la jeunesse du héros, L’Annonciade est un roman policier sans enquêteur, et La Maison-Dieu est plutôt la peinture d’une personnalité qui se déconstruit peu à peu sous l’influence du passé, sans la nostalgie que l’on trouve dans Grand-père va mourir. Je crois que cette diversité correspond à la fois à mes goûts littéraires et à ma propre personnalité. Après tout, je suis né sous le signe des Gémeaux, signe double et signe de la mobilité par excellence, voire de la double personnalité.

Après les cartes, l’astrologie… Aurais-tu un petit côté irrationnel ?

Un peu, je l’avoue. Je ne crois cependant pas dur comme fer aux cartomanciennes et aux astrologues, loin de là. Les français sont réputés pour être cartésiens, ne l’oublions pas ; de plus, nous sommes les enfants des Lumières, donc supposés être très rationnels. Mais finalement, il n’est pas plus absurde de croire que les astres nous influencent que de croire en un Dieu dont strictement rien ne prouve l’existence… Ce n’est qu’une question de foi et de recherche d’explication à des problèmes dont la solution nous dépasse encore. Et puis les gens totalement matérialistes et rationnels deviennent ennuyeux, à la longue… Il leur manque un petit coin d’ombre que je trouve très attirant.

En guise de conclusion ?

C’est évident : courez vite acheter La Maison-Dieu avant que le livre ne soit en rupture de stock…

Extrait des premières pages :

C'était un joli petit village, aux toits colorés, blotti à l'ombre d'une falaise au pied de laquelle coulait une rivière. En été, seul un mince filet clair, qui permettait à peine de se mouiller les pieds, se prélassait paresseusement sur son lit de cailloux bruns. Mais au printemps, l'eau descendait furieusement des lointaines montagnes, impétueuse, torrentueuse, et le courant charriait parfois des branches arrachées aux arbres qui bordaient les rives. La rivière grondait comme un animal en colère et se ruait à l'assaut de la falaise, ennemi séculaire qu'elle s'obstinait à vouloir vaincre, mais qui la repoussait, invulnérable, forte de son implacable détermination. Quelquefois, la fureur des eaux était si intense qu'elles parvenaient à arracher à ce mur vertigineux et presque lisse quelques pierres qui s'effondraient avec un bruit clair dans le torrent. Le rugissement qui accueillait cette semi victoire faisait froncer les sourcils des habitants du village. Tiens, des rochers viennent de dégringoler. Constat banal, qui n'émouvait personne. La blessure n'était jamais profonde. En aucun cas, même dans ses pires moments de démence, l'eau n'était capable de menacer la vie de son adversaire. La falaise gardait cependant des cicatrices de ces combats antérieurs, acharnés mais inutiles. La rivière devait s'avouer vaincue, et tout en hurlant d'une rage impuissante, contournait cet obstacle et s'élançait vers les gorges des Roches Noires, toutes proches, dans lesquelles elle s'engouffrait avec un bruit effrayant. Très étroites, les gorges renvoyaient l'écho de ce pandémonium qui se déchaînait entre les parois sombres et sinistres. La rivière atteignait ici le summum de sa puissance et de sa folie. Nul être vivant, bête ou homme, n'aurait osé s'aventurer dans les Roches Noires et braver les clameurs de cette armée de démons. Quelques kilomètres plus loin, à la sortie des gorges, le courant s'apaisait enfin, l'eau, épuisée, se calmait ; au tumulte précédent succédait un murmure reposant tandis que la rivière s'étalait dans son lit, large, profond, et se dirigeait vers la ville toute proche.

Le village n'avait jamais été menacé par les colères du torrent. Il était bâti sur sa rive gauche et en surplombait le cours. Au moment des grandes crues, seule la route qui montait à la Maison-Dieu était coupée. Mais comme il y avait des années que plus personne n'habitait cet ancien couvent, la vie quotidienne n'en était en aucune façon bouleversée. Chaque année, le pont qui enjambait la rivière et permettait ainsi de s'engager sur le chemin qui menait au sommet de la falaise subissait des dommages plus ou moins importants. Un jour, il va finir par s'effondrer, disait-on, indifférent à ce futur cataclysme. Qui pouvait avoir envie de grimper là-haut à part quelques touristes, ceux que le village voyait débarquer à partir du mois de juin ?

Ce petit bourg comptait environ deux mille cinq cents âmes (nettement plus pendant l'été), et il étirait ses maisons autour de la place centrale, toute ronde. Il avait été construit en cercles concentriques et chaque rue transversale ramenait les promeneurs sur la place, véritable cœur et poumon du village. Il y avait peu de commerçants, suffisamment cependant pour permettre aux habitants de se nourrir et de verser leurs économies sur leur compte au Crédit Agricole dont l'agence, flambant neuve, se trouvait dans la Grande Rue, qui s'ouvrait à la gauche de la papeterie bureau de tabac et, tournant le dos à la falaise, s'élançait vers la plaine, devenant, une fois les dernières maisons franchies, une route tortueuse qui descendait à la rencontre de la nationale, celle qui permettait, après bien des efforts, d'atteindre la vallée du Rhône.

Du haut de la falaise, quasiment verticale, un à pic profond de près de cent mètres plongeait vers la rivière, sans offrir la moindre prise pour s'accrocher en cas de chute. On se souvenait encore de l'accident qui avait eu lieu cinq ans auparavant : deux malheureux touristes avaient perdu l'équilibre et s'étaient écrasés en bas, sans avoir eu une seule chance de salut. Ce drame avait vivement ému le village ; il avait été question de ceinturer le haut de la falaise d'une barrière, pour empêcher que de telles tragédies se renouvellent. Et puis, on avait eu d'autres soucis, d'autres problèmes à régler, et on s'était contenté de planter une pancarte indiquant que les bords du gouffre étaient dangereux à cause de leur instabilité, et qu'il ne fallait pas s'approcher trop près. On avait estimé que l'avertissement était suffisamment clair, et qu'après tout, si les gens ne voulaient pas le lire, ils étaient bien libres de finir en cadavres sanguinolents au fond de l'abîme.

Didier Fond

fonddetiroir.hautetfort.com

Didier Fond présente son nouveau roman "La maison-Dieu"Didier Fond présente son nouveau roman "La maison-Dieu"

Publié dans interview

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Christine Brunet a lu "Le boiteux de Grattebourg" de Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Le boiteux de Grattebourg" de Rolande Michel

J'avais adoré son premier bouquin "Jeanne" ce qui m'a donné envie, tout naturellement, de découvrir celui-ci.

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce second roman de Rolande Michel sauf à une belle écriture et à un voyage.

De fait, Rolande a réussi, une fois de plus, à capter mon attention.

Entre tendresse et cruauté, ce roman est plus un conte, un hymne à la tolérance, au don de soi en dénonçant la bêtise humaine.

Grattebourg est un village perdu on ne sait trop où. Même si l'action semble se dérouler de nos jours, les habitants ont oublié d'évoluer. Cartomancienne, rebouteux font la pluie et le beau temps alors que le médecin désespère.

Etrange ambiance où l'impalpable, l'intuition prend le pas sur le réel. Alors que tout s'emballe à Grattebourg, le lecteur se prend à frissonner.

Dérèglement de la nature lorsque les canards migrent hors saison, lorsque le lac inerte au quotidien est secoué de vagues, lorsqu'une vache met au monde un veau à deux têtes ? Quel est cet étrange chat noir aux yeux rouges qui terrorise les enfants et égorge les poules ?

Dans cette atmosphère inquiétante, un être interpelle : le boiteux, cet enfant abandonné et contrefait, tête de turc des élèves de son âge. Qui est-il ?

Ce roman serait donc un conte si la fin n'était pas si surprenante.

Rolande Michel m'a, une fois de plus, enchantée, surprise en m'embarquant dans son monde imaginaire. Un livre à lire et à faire partager !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Christine Brunet a lu "Le boiteux de Grattebourg" de Rolande MichelChristine Brunet a lu "Le boiteux de Grattebourg" de Rolande Michel
Christine Brunet a lu "Le boiteux de Grattebourg" de Rolande MichelChristine Brunet a lu "Le boiteux de Grattebourg" de Rolande Michel

Publié dans Fiche de lecture

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