Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Petites et grandes histoires de Louis Delville dans l'Avenir.net

Publié le par christine brunet /aloys

Petites et grandes histoires de Louis Delville dans l'Avenir.net

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140818_00514812

Louis Delville a plus d’une corde à son arc. Archer amateur, conteur, passionné d’improvisation théâtrale dont il fréquente assidûment les joutes, ce Mont-sur-marchiennois est également un féru de littérature depuis sa retraite.

Il vient récemment de publier aux éditions Chloé des Lys son deuxième ouvrage intitulé Petites et grandes histoires, dans lequel il raconte différentes histoires courtes et où il démontre au lecteur l’étendue de son imaginaire. «Ce recueil regroupe une grande partie des exercices effectués dans le cadre d’ateliers d’écriture que nous fréquentons, mon épouse et moi, à Charleroi. Il n’y a pour ainsi dire pas de références autobiographiques, sauf dans une histoire intituléeAuguste ou la métamorphose qui m’a été inspirée par ma rencontre avec un jeune réfugié africain», explique Louis Delville.

Des récits modernes où l’auteur évoque des sentiments troubles aux histoires anciennes, où il revient sur l’origine d’expressions du langage comme «la peau des fesses». Chacun y trouvera son compte dans cette farandole de bons mots.«Souvent, il s’agit d’exercices imposés sur base d’une photo, d’un thème avec des consignes à respecter», ajoute l’auteur qui soutient également son épouse, Micheline Boland, dans ses créations littéraires.

Louis Delville entretient sa passion pour l’écriture de manière régulière et publie ses réflexions sur un blog intitulé «Qu’en pensez-vous».

Son dernier ouvrage est disponible dans les bonnes librairies de la région ou à la demande.

Petites et grandes histoires de Louis Delville dans l'Avenir.net

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

Jardiner dans les étoiles, le livre de François Noul dans l'avenir

Publié le par christine brunet /aloys

Jardiner dans les étoiles, le livre de François Noul dans l'avenir
Jardiner dans les étoiles, le livre de François Noul dans l'avenir

Notre chantre carolo, François Noul, vient de sortir, aux éditions Chloé des Lys, son livre «Jardiner dans les étoiles». Un petit bijou de textes qui sentent bon la terre et la bonne humeur d'antan.

François, notre Toine Culot, a le pouvoir de faire vivre ses personnages de façon à ce que nous ayons envie de les rencontrer dans la vie réelle! Interprétés par le très talentueux artiste Jacky Druaux, ces superbes textes ont déjà fait l'objet de nombreux spectacles qui rencontrent un succès toujours grandissant. Un régal de simplicité, le bonheur à l'état pur, près des étoiles!

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140818_00514812

Publié dans articles

Partager cet article
Repost0

Marcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Marcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent Dumortier

D’emblée avec la couverture du livre, le ton est donné ...

Le flou, le brouillard qui enveloppe les êtres et les choses.

Le quotidien perd de sa réalité, de sa clarté et tout devient possible !

Une écriture fluide, la construction des récites est habile, déroutante, imprévue.

Comme la mort en personne qui dépose ses cartes de visites ...

Ecrire c’est jeter sur le papier nos pensées les plus noires et nos peurs les plus profondes

afin d’être encore en vie au moment où le soleil fait disparaitre les ténèbres “. – page 5

Et comme il le souligne ( page 9) – Romans, nouvelles,poésies, sont liés de près ou de loin -

Certains lieux ou personnages reviennent régulièrement et pourtant pas mal de mystères et de

secrets demeurent ...

Un auteur qui s’amuse et qui intrigue, éveillant la curiosité du lecteur !

Marcelle Pâques

marcellepaques.skynetblogs.be

Marcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent DumortierMarcelle Pâques a lu "Bruines" de Laurent Dumortier

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Marie-Noëlle Fargier a lu "Léon 20h30" de Jean-Louis Gillessen

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Noëlle Fargier a lu "Léon 20h30" de Jean-Louis Gillessen

Léon 20H30 de Jean-Louis Gillessen

Les premières pages m’ont fascinée. Immédiatement une impression, des sensations sont présentes (et là on ne peut que continuer à lire) mais également une « réalité » solidement implantée par une écriture très concrète, palpable. En lisant le résumé, on pourrait s’attendre à un univers triste, voire cruel, injuste mais il n’en est rien car tout est coloré d’humour. Je n’ai pas envie de dire que Léon est attachant, et s’il l’est, on ne ressent pas de sentiment de compassion à son égard.

Léon parle avec justesse. J’aime beaucoup le désassemblage de lui et de lui-même, de l’image qu’ont fait de lui l’événement ainsi que le système et son vrai lui : plein d’énergie, de projets … J’aime les jeux de mots, les jeux d’images qui traduisent son univers chaotique : tout me paraît serein dans son vrai lui et tout en désordre dans l’autre et sûrement à cause des autres (ces autres, affublés de noms « pittoresques »). Tout ceci sans « mélo- dramato- tragédo » mais avec des éclats de rire ou de sourires. Dans la dernière partie surgit Léon, si j’ose dire en entier, sûr de lui, serein face à « ces autres », avec un retournement de situation très inattendu mais aussi très plaisant. En résumé après le livre, on ne peut qu’avoir envie de voir la pièce.

Marie-Noëlle FARGIER

La Bukinê d'Anna, Ed. Chloé des Lys

Marie-Noëlle Fargier a lu "Léon 20h30" de Jean-Louis Gillessen

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Livres & Co a lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

Blog livres & Co, http://livres.and.co.free.fr/index.php/2014/07/les-dix-petites-negresses/

Blog livres & Co, http://livres.and.co.free.fr/index.php/2014/07/les-dix-petites-negresses/

Livres & Co a lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique

Ce titre vous évoque un autre roman, plus connu mais aussi plus classique? Vous avez raison.

Ce roman n’est pas sans évoquer le roman d’Agatha Christie de par le titre évidemment et de par l’intrigue également: 10 femmes écrivains sont rassemblées par leur éditeur sur une ile en mer Noire pour une dizaine de jours et vont mourir les unes après les autres durant leur séjour. Qui est la coupable?

Pourtant, ce livre n’a finalement rien à voir avec les dix petits nègres et surtout rien à voir avec un roman policier. Ce bouquin est inclassable mais il est rafraichissant, déroutant, décalé…

Je l’ai lu en une soirée et cette soirée a été très agréable.

La 4ème de couverture nous précise que ce livre est fait pour être lu à haute voix et c’est vrai! Il est écrit presque « comme on parle » et l’auteur, parfois nous interpelle ou nous rappelle à l’ordre et c’est ce qui donne l’impression très agréable qu’il est en train de nous raconter l’histoire.

Ce qui m’a beaucoup plu aussi c’est qu’on a l’impression que l’auteur a écrit ce texte d’un seul jet, sans difficulté (je ne dis pas qu’il n’y a pas un gros travail derrière ce livre mais simplement que ce qu’on ressent c’est une facilité et un plaisir de l’auteur à nous raconter des histoires).

En bref, de quoi passer un bon moment!

Ma note: 2,5/4

Les dix petites négresses, Bob Boutique

Publié dans avis de blogs

Partager cet article
Repost0

En octobre, quoi de neuf sur notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

Ce mois-ci, première partie du concours organisé pour la revue "Les petits papiers de Chloé".

Le concours de Calligrammes. Six poètes s'y sont collés et les résultats sont... mais je vous en laisse la surprise ! Premier post, le 16 octobre. Les votes auront lieu du 22 au 30 octobre, sur le post du 22 octobre.

Résultats sur le post du 22, le 31 octobre.

________________________________________________________________________

Avis pour les amateurs de notre revue et les curieux : notre revue sort ce mois-ci !

Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, la cover !

En octobre, quoi de neuf sur notre blog ?

Quels auteurs à l'honneur ce mois-ci ???

  • Bob Boutique
  • Marie-Noëlle Fargier
  • Jean-Louis Gillessen
  • Joël Pierre Volpi
  • Marcelle Pâques
  • Laurent Dumortier
  • François Noul
  • Salvatore Gucciardo
  • Louis Delville
  • Florian Houdart
  • Ani Sedent
  • Alain Delestienne
  • Christine Brunet
  • Alexandra Coenraets
  • Jean Destree
  • Claude Colson
  • Gauthier Hiernaux
  • Philippe Wolfenberg
  • Dans l'Inédit, nos auteurs...
  • Micheline Boland
  • Brigitte Piret

Bonne lecture !!!!!

Publié dans ANNONCES

Partager cet article
Repost0

Deux courts extraits de "Fleur de corail" intitulés "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur

Publié le par christine brunet /aloys

Et quand le vent caresse la mer

les bulles d'écumes éclatent de joie.

La terre douce comme de la laine fait jaillir des fleurs de soies.

*****

J'aimerais être invisible pour voir glisser l'amour sur les corps et les esprits.

J'aimerais être invisible pour boire la rosée d'une fleur qui s'appelle béatitude.

Deux courts extraits de "Fleur de corail" intitulés "La douceur du temps" de Sébastien Quagebeur

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

"Toujours aussi jolie", dernier épisode du feuilleton signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Episode IV : Rue Léon Bernus, numéro 68

Qui ? Qui a glissé ce courrier dans sa boîte aux lettres ? En quelques secondes, tout se confond dans sa tête, des images se chevauchent, le visage de l’inconnu, fantôme de Marcus, et ce carton sur lequel elle lit : Toujours aussi jolie. C’est vrai que cette ville n’est pas une mégapole, que Virginia traîne dans les rues plusieurs heures par jour et que les rumeurs roulent aussi vite que des billes sur un trottoir. Virginia relève la tête et observe tout ce qui bouge autour d’elle, comme si l’auteur de la missive (elle n’imagine pas un seul instant que ce soit une femme) attendait béatement, accoudé au bar, un verre de bière devant la tronche. Ensuite, son regard dévie du côté de la fenêtre. Dans la rue de Marcinelle, à cette heure, ça défile. Chacun déboule, un sandwich entre les dents. Personne ne tourne la tête vers la grande fenêtre de La quille…

— Hello, Virginia !

Virginia sursaute, elle qui croyait tout spéculer autour d’elle se laisse surprendre par l’arrivée de Piet.

— Oh Piet, j’étais perdue dans mes pensées !

— Virginia, dit-il tout en se penchant pour l’embrasser, tu es toujours aussi jolie…

Un silence, un blanc, un malaise.

Virginia ressasse les trois mots, les mêmes que ceux qu’elle vient de lire sur le carton. Elle décide de ne pas tergiverser et de trancher. À la minute.

— C’est donc toi, sacré coquin !

— Moi ? Moi ? dit Piet, l’air étonné, tout en s’asseyant en face de Virginia et en pointant son index en plein milieu de sa poitrine, sur un des grands boutons noirs de son manteau de cuir. Qu’est-ce qu’il a encore fait, ce drôle de Piet ? rétorque-t-il en ricanant.

— Arrête, c’est toi ! Tu m’as vue déambuler dans les rues il y a deux ou trois jours et tu m’as suivie. Tu as ensuite glissé ce carton dans ma boîte aux lettres…Mais si c’est toi, ce n’est pas grave…De toute façon, ce n’est pas grave, même si ce n’est pas toi…Disons que tout simplement, je voudrais connaître l’auteur de ces trois mots !

À ce moment, elle tend à Piet le carton aux lettres couleur rose bonbon.

Piet prend un air sérieux et ne voit même pas le garçon qui s’approche de la table.

— Bonjour, que prenez-vous ?

— Oh, excuse-moi, un déca, merci !

Piet retourne le carton, rien au verso, et pas de signature.

— Rien de mal à cela…Quelqu’un pense que depuis ces dernières années, tu n’as pas changé, tu es toujours aussi jolie, voilà tout ! Tu ne dois pas mener une enquête policière pour ces trois mots ! Qui disent la vérité…Tu es toujours aussi jolie ! Une jolie frimousse !

— Oui, tu as raison, je deviens parano…Mais il n’y a pas que ça !

— Oh la, du calme ! Tu débarques dans la ville après plusieurs années d’exil…Et il t’arrive déjà des trucs…C’est vrai que…

Et de grandes vagues de tristesse traversent le bleu de son regard. Piet a passé de longues soirées avec Marcus et Virginia, et il a aussi partagé leurs projets, toutes ces heures de folie…

— Je devine à qui tu penses…Moi aussi, je ne cesse de penser à Marcus ! Piet, Marcus est-il mort ?

— Tu rigoles ou quoi ?

— Non, je ne rigole pas, justement…

En deux secondes, Virginia flanque sous le nez cette fameuse photo, celle où le visage de Marcus est presque visible. Piet ne lâche pas l’appareil. Il pâlit et reste muet.

— Alors, troublant, pas vrai ?

— Ça ne veut rien dire, ce n’est qu’un visage aux traits vraiment très flous, parmi la foule...

— Je suis folle, c’est ça ?

— Non, je n’ai pas dit ça…Ecoute, Virginia…Tu veux venir chez moi, ce soir ? On sera plus à l’aise…

— Si tu veux, ce sera mieux qu’ici, oui. Tu habites toujours cette rue coupe-gorge, derrière le boulevard Tirou ?

— Non ! J’habite rue Léon Bernus, numéro 68 !

— Ok, je vois très bien…

A ces mots, Virginia sent son cœur chavirer. Depuis son retour au pays, rien ne lui sera épargné.

Ce soir-là, Virginia se rend au 68, rue Léon Bernus. Une ancienne maison de maître, juste à côté des maisons que Marcus et elle désiraient acheter afin de les aménager en salles d’expositions. La porte est entr’ouverte…

— Piet ?

— Piet n’est pas encore arrivé, mais rentre, première porte à gauche…

Virginia hésite, son cœur bat la chamade, cette voix…Non ! Ce n’est pas possible ! Virginia se sent paralysée, elle pousse doucement la porte…

— Oh, Marcus, j’en étais certaine !

Après de longues, de très longues embrassades, vient le temps des explications…

— Marcus, ta tombe, pourquoi ces mystères, pourquoi, pourquoi ne m’avoir rien dit ! Comment cela se peut-il ? J’ai tellement souffert !

Marcus s’assoit sur le canapé et entraîne sa belle…

— Juste avant de te rejoindre, j’ai plongé dans la Sambre pour sauver un pauvre type, mais trop tard, il s’est noyé. Mon père s’est arrangé pour reconnaître le corps du type comme étant mon propre corps, afin que je disparaisse pour toujours…Cela l’arrangeait. Moi aussi… Je ne voulais pas que tu vives ta vie avec un con de ma trempe, tu méritais mieux. Mais tu vois, j’ai bossé dur, sous une autre identité… Piet m’a aidé ! On vient d’acheter cette baraque, ce sera une salle d’expos…La semaine dernière, je t’ai vue, tu sortais de ton immeuble. Voilà, tu sais tout.

Virginia reste silencieuse. Elle pose sa tête contre la poitrine de Marcus. Quelque chose vient cogner contre sa joue. De la poche de son mec à elle, elle sort un gros marqueur fluo. Couleur rose bonbon.

FIN

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

"Toujours aussi jolie", dernier épisode du feuilleton signé Carine-Laure Desguin"Toujours aussi jolie", dernier épisode du feuilleton signé Carine-Laure Desguin"Toujours aussi jolie", dernier épisode du feuilleton signé Carine-Laure Desguin

Publié dans Feuilleton

Partager cet article
Repost0

"Toujours aussi jolie", épisode 3, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Episode III : Trois mots, pas un de plus

Ses pas l’amènent jusqu’à la rue de Marcinelle et puis vers le quai de Brabant. Elle se demande alors pourquoi elle fait ce détour pour se retrouver là, à quelques pas de la place Buisset. Le hasard ? Croiser des gens, détecter des visages, revoir Marcus ? Inconsciemment, c’est ça, oui, c’est bien ça. Marcus revit en elle, minute après minute. Quai de Brabant, Virginia s’attarde devant la maison du Hainaut et puis, un peu plus loin, elle remarque un groupe de touristes, ce sont des Japonais, ils ont le regard braqué sur des travaux de démolition et leurs appareils-photos surchauffent à plein tube. Au milieu d’eux, un guide explique qu’ici même, une fois la banque nationale rénovée, un haut lieu culturel verra bientôt le jour. On sait déjà que Yolande Moreau sera la marraine de ce temple cinématographique, ce ne sont donc pas que des promesses ! Virginia reconnaît le guide. Oh oui, c’est lui, cette dégaine, cette gueule moqueuse et provoc, c’est bien le Piet. Piet, ex-taulard, ex-drogué, un pote avec qui Marcus et elle remodelaient le monde…Virginia ne peut s’empêcher de prendre des dizaines de clichés, elle matraque de son flash tous les visages qu’elle croise, même ceux des Japonais. On n’sait jamais…

Piet, elle s’en approche en ne désarmant pas son appareil. Dix ou douze clichés de Piet à chaque pas.

— Virginia ? Virginia ? répète la voix avec un accent flamand.

— Piet!

— Virginia ! Si je m’attendais ! continue-t-il, le sourire aux lèvres.

— Oh Piet ! Piet ! Tu n’as pas changé, ton long manteau de cuir noir...Dis-moi, quelle reconversion mon vieux ! Ça te change de faire la manche sur le pont Baudouin ! Te voilà guide pour la ville de Charleroi ! Tu vois, l’art mène à tout !

— C’est juste pour faire visiter les ruines ! Non, je rigole…Je m’occupe, tu vois…L’art ne paie pas, tu sais bien…Virginia, si tu es libre, on peut boire un verre ensemble, depuis tout ce temps…Mes japonais s’impatientent…Ils n’ont que deux heures à passer ici et ensuite, ils filent vers la capitale ! Dans une heure à La quille, ok ? Tu as le temps ?

— Bien sûre que j’ai le temps ! La quille, c’est rue de Marcinelle, si mes souvenirs sont bons ?

— Bongo !

— Bingo, Piet, bingo !

— Je dis ça exprès, tu te souviens pas de mes conneries à la flamande ?

Virginia est ravie et pour un peu, elle oublierait pourquoi ce petit vent printanier lui pique les yeux. Tout se bouscule tellement, son retour dans cette ville, le visage de cet inconnu qui se confond avec celui de Marcus, et à présent, voilà qu’elle rencontre par hasard ce Piet. La vie prend de ces tournants parfois, comme c’est étrange. Virginia ressent en elle de grands remous, elle pressent, comme si des milliers d’antennes plantées dans son corps faisaient écho avec l’univers en entier, que des changements surviendront bientôt dans sa vie. Un nouvel amour ? Qui sait ? Après tout, être fidèle à un fantôme comporte des avantages, mais aussi, hélas, des inconvénients. Parfois, le soir, la solitude est écrasante…Elle se dit que finalement, ces photos insolites viennent pimenter son destin, que rien n’arrive par hasard, que ce hasard n’existe pas, qu’il n’est que le reflet de nos pensées…

La silhouette de Virginia s’infiltre dans ces rues étroites, ce labyrinthe situé entre le quai de Brabant et le centre-ville, dans lequel viennent se perdre des individus à la recherche d’une fille ou l’autre. Elle tape un œil vers la rue François-Joseph Navez et, au fur et à mesure qu’elle respire les poussières de Charleroi, de grands projets viennent claquer dans son esprit.

— Un mazout, merci ! lance-t-elle au garçon derrière le comptoir.

Virginia jette un œil sur son gsm et se dit que de toute façon, personne ne la contactera. Ses amis de New-York l’oublieront bien vite et ici, qui pourrait l’appeler ? A part le proprio …

Le visage de Marcus réapparaît devant ses yeux, elle sort de sa poche son appareil-photos et elle ne peut s’empêcher de fixer la troisième photo. Qu’elle zappe, se disant que tout cela devenait obsessionnel. L’enveloppe de tout à l’heure est sortie en même temps que l’appareil-photos. Elle l’ouvre. Stupeur ! Non timbrée, et…

Virginia reste bouche bée. Elle avale deux longues gorgées du mazout que le garçon vient de déposer sur la table. Est-ce possible ? Dans l’enveloppe, un carton sur lequel sont inscrits trois mots. Trois mots, pas un de plus. En lettres capitales et au marqueur fluo rose bonbon :

Toujours aussi jolie

Fin épisode 3

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

"Toujours aussi jolie", épisode 3, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin"Toujours aussi jolie", épisode 3, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin"Toujours aussi jolie", épisode 3, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin

Publié dans Feuilleton

Partager cet article
Repost0

"Toujours aussi jolie", épisode 2, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Episode II : Marcus est partout, partout

Tout cela s’est passé si vite, si vite. Marcus est mort. Jamais elle n’aurait dû partir deux semaines à Londres cet été-là, jamais. Mais ses vieux avaient insisté, ses résultats en anglais étaient plus que désastreux, tout cela devait changer sinon…Sinon quoi ? La prison ? Le bagne ? La vérité, c’est qu’il fallait par n’importe quel moyen séparer les deux ados. Tout cela devenait infernal, et le petit cercle de bourges auquel appartenait leur parent respectif l’avait décidé. Tous, un soir, chacun le nez vissé dans une aristocratique partie de bridge, l’avaient décrété, il fallait une solution, plus personne ne couvrirait les conneries de ces deux morveux, ces imbéciles avaient dépassé les bornes. Cambrioler les maisons des joueurs de bridge, ceux qui se rassemblaient à la taverne du Prince Baudouin tous les mercredis soir, un comble ! Et de surcroît tous étaient des amis intimes de leur famille, non, c’était insupportable. Tout cela pour l’amour de l’art ! Pour acheter une rangée de maisons rue Léon Bernus et donner du mouvement aux arts graphiques et aux arts plastiques ! Parce que ces maisons étaient couronnées de sgraffites précieux et qu’il fallait préserver ce patrimoine ! Séparer ces deux utopistes, voilà, il fallait les séparer. Ils n’avaient dans leur tête que des idées saugrenues, à mille lieues d’une situation concrète et lucrative. Oh, les Uittebroek n’avaient qu’à envoyer Virginia à Londres durant l’été, ce n’était pas bien compliqué.

Virginia avait accepté car Marcus avait prévu de la rejoindre cinq jours plus tard. Il n’est jamais arrivé. Jamais. En ressassant toutes ses images, Virginia balance le pc de l’autre côté de ce vieux divan de récup, tape ses pieds sur la boîte à bananes qui lui sert de table de salon et elle fume clope sur clope, tout en sanglotant de plus en plus. Elle aurait tellement aimé être aux côtés de Marcus ce jour-là et mourir avec lui, oui, c’est ça, mourir avec lui. Mourir contre lui, comme dans les grandes histoires d’amour. Une fois revenue dans cette ville qui n’était plus pour elle qu’une ville fantôme, Virginia a préféré filer à New-York, une métropole où tout était permis et puis, Marcus et elle rêvaient souvent de cette grosse pomme, juteuse et croquante. Photographier New-York. Flâner dans Manhattan, survivre dans le Bronx. New-York et ses taxis jaunes. New-York qui ne dort jamais. Et aujourd’hui, une fois le rêve américain avorté, la voilà atterrie ici, sur la place Buisset, à Charleroi. Consolation, c’est à deux pas de l’endroit où se situait le Cabaret-Vert, celui-là même où Rimbaud s’installa pour grignoter son jambon-beurre. Un quartier que Marcus et elle fréquentaient, justement à cause de Rimbaud, de ses fantaisies, de son jambon-beurre et de ses longues marches, sous la Grande Ourse.

C’est le mal du pays, le besoin de respirer dans des endroits bien ancrés en elle qui l’ont ramenée ici. La Grande Ourse couvre la planète entière disait Marcus, il suffit de dévisager les ciels car les ciels, ce sont de longs corps qui ne demandent qu’à être caressés par la douceur de nos yeux. Pour mieux conjurer tout ça, tous ces souvenirs, voir plus clair en elle-même et espacer ces flashs d’hier qui lui barrent la route, Virginia s’approche de la grande fenêtre, celle qui s’ouvre sur l’esplanade de la gare. Durant quelques minutes, elle regarde les étoiles et puis son regard se rive sur le pont Baudouin. Elle aperçoit des silhouettes, elle devine des claudos qui font la manche devant les navetteurs, elle veut détailler leurs gestes, leurs mimiques...Marcus est partout, entre deux SDF, sur le pont, devant la gare, Marcus est partout.

Elle se cogne la tête contre la vitre. Et son regard voyage. Tous ces travaux de mégalo, un chantier titanesque, quelle horreur. Cette ville est vraiment devenue une caricature de je-ne-sais-quoi, se dit-elle, pour se ressaisir. A ce moment-là, l’envie de sortir la tiraille. Plus que tout elle veut arpenter les rues, toutes les rues. Elle jette un œil sur le tas de cendres qui s’accumulent dans la boîte de conserve vidée de ses sardines qui fait office de cendrier, enfile le premier sweat venu, passe la main dans ses cheveux roux coupés courts afin de leur donner un soupçon de convenance et en quelques minutes, elle se retrouve dans le hall de l’immeuble. Des publicités dépassent de sa boîte aux lettres, elle les attrape, glisse dans sa poche la seule lettre, déjà une facture se dit-elle, et la voilà dans la rue du Collège. Elle tape le tas de pubs inutiles dans la poubelle, devant la mine indignée d’une petite vieille qui réajuste son foulard couleur léopard. Le regard de Virginia se brouille, ses yeux rougis lui font mal, elle renifle encore et essuie ses morves avec la manche de son sweat bleu clair. Ça lui fait vachement plaisir d’acter dans la rue des petites saloperies comme ça. Pour un peu, et si ces maudites photos n’envahissaient pas ces neurones, elle pousserait sur le bouton de toutes les sonnettes des immeubles, le coup classique…

De ce côté de la ville basse, des dizaines de maisons sont abattues. Un giga centre commercial verra bientôt le jour. En attendant, le quartier ressemble à un ghetto, avec des courants d’air qui déboulent de partout, des graffitis de toutes les couleurs sur le peu de murs qui subsistent (Virginia trouve tout cela fort élégant), et des badauds qui s’extasient sur l’ampleur des dégâts. Sur la Place Albert 1er, le marché du jeudi matin replie ses boutiques. Virginia balaie du regard l’horizon, son sentiment est plus fort que tout et renaît à la vitesse de la lumière. Marcus est partout, partout. Dans les reflets des vitrines, aux terrasses des cafés, partout. Ce visage sur la photo, cet homme qui semblait se cacher derrière un autre ou fuir peut-être, c’était celui de Marcus. Pourquoi l’aurait-elle remarqué si ce n’était lui ?

Fin épisode 2

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

"Toujours aussi jolie", épisode 2, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin"Toujours aussi jolie", épisode 2, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin"Toujours aussi jolie", épisode 2, un feuilleton signé Carine-Laure Desguin

Publié dans Feuilleton

Partager cet article
Repost0