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"Le présent du chameau" de Virginie Richel : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Perchée dans un petit nid à Bruxelles, le quotidien de Virginie se partage entre son travail de professeur dans l’enseignement spécialisé et ses deux garçons. Elle aime les voyages, sur terre et intérieurs, ceux qui rendent possibles les belles rencontres, avec les êtres et les mots. De ses pérégrinations, naissent des histoires à vivre ou à écrire.

 

Résumé

C’est une histoire insensée, l’histoire d’un vieux chameau, calme et sage, qui avale une planète.

C’est une histoire de liberté, d’échelles à construire et de chemins à explorer.

C’est une histoire d’enfants qui dessinent un monde aux crayons de couleur et d’adultes sans lunettes.

C’est une histoire pour petits et grands, pour tous ceux qui, un jour, ont été enfermés dans un monde fou et sublime à la fois.

 

Extrait

Terreferme est une planète unique. Comme toutes les planètes d’ailleurs. Quand certaines comptent des millions de kilomètres carrés, d’autres mesurent la taille d’un petit pois. Si petites, qu’un ours polaire pourrait les gober toutes entières. C’est le cas de Terreferme, une planète remplie d’eau et qui fut avalée très récemment, non pas par un ours polaire, mais  … par un chameau. Oui, un chameau ! Un chameau aussi vieux que le soleil, aussi calme qu’un nuage, aussi sage que l’arbre. Un chameau a avalé Terreferme avec tous ses habitants. Dans son ventre, il fait noir. Tout noir. Les enfants ont peur bien sûr, les adultes aussi. Plus d’électricité. Les bougies fondent vite. Les portes des maisons restent closes, cadenassées par les familles apeurées et confinées dans les entrailles de la bête.

Publié dans Présentation

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"Motel California" d'Alain Van Kerckhoven : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Né à Bruxelles en 1964, Alain Van Kerckhoven est un auteur belge dont la pensée rejoint la philosophie naturaliste contemporaine. Sa réflexion est principalement ontologique et oscille entre les domaines scientifiques, politiques et artistiques.

C'est en découvrant sa production littéraire que des compositeurs lui proposèrent des collaborations musicales dans lesquelles la plus grande importance est donnée à la musicalité́ du texte et à la portabilité́ de la charge émotionnelle par les interprètes.

Les récits d'Alain Van Kerckhoven empruntent une langue dépouillée d'artifices, incisive, afin débusquer ce qui se tapit sous l'apparence du quotidien. Le geste le plus banal, la phrase la plus anodine deviennent l'indice d'une réalité́ magique, qui ne nous apparait jamais qu'après coup, souvent nimbée de nostalgie.

 

 

Brooklyn Café : Résumé

 

« Le California est quasiment sur la 580, entre Berkeley et Oakland. Au sud, de l’autre côté de la route, on peut se mettre les pieds dans l’eau et voir le Bay Bridge qui va à Treasure Island et à Frisco, mais on ne distingue rien de tel depuis les chambres, qui donnent sur le parking d’un centre de tri UPS. Bon, une fois que vous avez quitté la 580, vous dépassez l’Hilton Garden Inn et le motel se trouve cent mètres plus loin, à main droite, juste avant la pizzeria de Robbie.

 

Réservation indispensable et paiement préalable.

 

Interdit aux mineurs, même accompagnés.»

 

 

Motel California : Extrait

 

« La chambre 3 ne se distinguait pas des autres : un petit hall d’entrée avec penderie donnait sur la salle de douche à main droite, et sur la chambre elle-même. Pas de baignoire bien sûr. Enlever un corps de cent vingt kilos d’une baignoire dans un espace exigu n’est pas une sinécure, même quand on s’y met à trois. Et quand le client s’est taillé les veines et que le sang a coagulé depuis vingt-quatre heures, c’est plus que sportif. Ceux qui veulent se vider de leur sang n’ont qu’à le faire sous la douche ou dans le lit : on jette la literie et basta, en quelques heures la chambre est remise en état. D’ailleurs, à ma connaissance, aucun suicide motel n’a de baignoires. »

 

Publié dans Présentation

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"Morceaux de bonheur" de Francis Valère-Gille : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Bio :

Petit-fils du poète et académicien belge Valère GILLE, l'auteur se met à l'écriture au terme de sa carrière de fonctionnaire international. Installé d'abord en Autriche (Vienne) puis en Espagne (Torre del Mar), il regagne la Belgique pour prendre la plume. MORCEAUX DE BONHEUR est son troisième recueil de poésie.

Résumé :

L'auteur exprime avec une plume légère et délicate la beauté du féminin, la tendresse
  de  l''enfance et l'infinie diversité de la nature. Son écriture est emprunte de sensibilité,
                de  romantisme et parfois de nostalgie.

Extrait : Sur une page blanche, j'écris des mots d'amour fou
              Pour effacer la distance qui me sépare de vous.
              Mais mon âme s'éclaircit du secret espoir,
              Dans le silence de mes pensées, d'un jour vous revoir.

              De ce pays lointain, le chemin est encore long,
              Nos rivages éloignés laissent nos coeurs à l'abandon
              Mais avec la puissance des dieux, j'assécherai la mer
              Pour me rapprocher de vous et encore vous distraire.

              Alors que vienne le jour, qu'advienne demain,
              Je rebâtirai l'amour à la force de mes mains.
              Donnez-moi le temps de pleurer dans vos bras
              Et d'encore vous serrer comme la toute première fois.

              (Pleurer dans vos bras)

Publié dans Présentation

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"Les oiseaux de Lunga" de Benoît Jacquemart : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie :

Benoît Jacquemart, détenteur d’une licence en philologie romane à l’Université de Liège, journaliste et éditorialiste dans un grand quotidien francophone de Belgique.

 L’auteur vit avec sa famille en Brabant wallon. Forcément inspiré par l’actualité, il aborde dans ses fictions des thèmes de société tout en s’attardant sur l’histoire et la psychologie de ses personnages.

 

Résumé :

Fauchée, désespérée, Adélaïde, jolie femme au milieu de la quarantaine, s’est lentement éteinte, victime d’un homme manipulateur et abuseur. Un jour, elle décide de réagir et enlève Anthelme, son vieux père, qui moisit dans une maison de retraite en attendant la délivrance. Quel est le secret d’Adélaïde, pourquoi cet enlèvement ?

 

Extrait :

La première fois qu’il l’avait pelotée, mine de rien, prétextant un geste affectueux, elle était restée figée. Elle n’avait pas réagi, elle ne savait pas quoi faire. Bien plus tard, elle apprendrait ce qu’était la sidération, ce réflexe de défense que la plupart des victimes de ce genre de prédateur vivent. Et elle avait eu un flash, le monstre du tuyau qui l’avait terrorisée quand elle était petite. En pensant au monstre de son enfance, elle n’avait pas senti la main de FDP sur ses fesses, à travers le fin tissu de sa jupe à carreaux. Ce n’est qu’au moment où il avait parlé qu’elle s’était ressaisie, s’éloignant vivement du bureau et de la main baladeuse. FDP arborait à ce moment un grand sourire, celui du triomphe. « Vous êtes très belle, Adélaïde. Souvent, le soir, dans mon lit, je pense à vous. Et je… Enfin, bref, vous me comprenez. Ah, si vous acceptiez de souper un soir avec moi. Vous ne le regretteriez pas, je connais de très bons restaurants. Et peut-être même que j’arriverais à vous convaincre de terminer la soirée chez moi. Qu’en dites-vous ? » Il avait ajouté la phrase qu’Adélaïde attendait, tout en la redoutant : « Après tout, ça peut aussi être intéressant pour votre carrière. Réfléchissez-y, belle Adélaïde. C’est promis ? »

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"Le temps des perdants" de Jean-Pierre Fouilleul : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Jean-Pierre Fouilleul est né en France en1952. Il a suivi des études scientifiques et il est devenu professeur de Mathématiques. Il a toujours écrit, sans jamais appartenir de près ou de loin, au « milieu littéraire ». Depuis qu’il est à la retraite et en possession des milliers de pages qui encombrent ses tiroirs, il a eu le désir de proposer ses nouvelles à d’éventuels lecteurs, à d’éventuelles lectrices. Il a reçu un accueil chaleureux aux Éditions Chloé des Lys qui éditent « le temps des perdants ».

Jean-Pierre Fouilleul a précocement acquis la conscience que l’avenir de l’humanité était sombre et il tente, depuis de longues années, dans des cadres collectifs, d’inverser le cours des choses. Pour le moment, le succès n’est pas au rendez-vous. Malgré cette conscience et son relatif pessimisme, il est père de deux enfants.

Il y a donc de l’espoir !

 

Résumé

 

Ces dix-neuf textes courts ont tous un point commun : ils mettent en scène un homme qui perd, un perdant. Celui-ci perd la mémoire, celui-là perd la femme qu’il aime, cet autre perd la vie ou le goût de vivre, certains perdent la confiance qu’ils avaient en eux-mêmes, il y en a qui perdent la raison… C’est le « temps des perdants ». 

Le temps des hommes qui perdent, après celui, certes plus habituel, des hommes qui gagnent.

Dans ces dix-neuf nouvelles, les femmes n’en deviennent pas pour autant des gagnantes. Elles se retrouvent dans l’obligation d’avoir à se confronter à ces hommes qui cherchent leurs voies et ne les trouvent pas. 

Cependant l’énergie est là, la joie parfois, l’espoir souvent…

Et, à la fin, il y a des retrouvailles…

 

Extrait

 

            Quand, pour la dernière fois, a-t-il marché sur la plage parmi les épaves minuscules, les brindilles polies, les coquilles vides ? Quand s’est-il, pour la dernière fois, appuyé sur la branche tordue d’un pin ? Quand a-t-il admiré, pour la dernière fois, le flux et le reflux des vagues ? Quand, pour la dernière fois, s’est-il couché ventre contre le sable en léchant le sol, en creusant la plage de ses ongles, nez au ras du flot ? Quand, pour la dernière fois, a-t-il entendu l’appel de sa femme, là-bas, entre deux dunes ? Il y avait une voile à l’horizon, tel un signe énigmatique.

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"Carnet de bord" de Marie-Laure Louchaert : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

    Biographie

 

Benjamine d'une famille de cinq enfants, née en 1975 à Maubeuge, d'origine Bretonne et Flamande, Marie-Laure Louchaert s'initie à l'écriture en lisant avec ses frères et soeurs depuis son plus jeune âge, composant textes et poèmes en solitaire.

Ses origines côtières inévitablement liées à la mer et au voyage ont naturellement inspiré les écrits célestes de son premier recueil carnet de bord.

Titulaire d'un baccalauréat lettres langues, d'un DEUG de lettres modernes et d'un diplôme de practicienne de l'art infirmier, celui d'écrire s'est quant à lui, installé au fil des expériences et des situations familiales, personnelles mais aussi professionnelles.

 

  Résumé du livre

 

Le récit poétique carnet de bord relate sur le thème du voyage le lien originel.

Lien entre les terres, source de vie, symbole nourricier, les mers et les océans sont cet ensemble inconscient de la force et du mouvement qui est en nous et d'où nous sommes tous issus.

Il est ce souvenir lointain du milieu liquide qui nous a porté et plus loin encore la mémoire nostalgique qui reste gravée en nous.

Mais c'est aussi l'eau sur laquelle nous naviguons avec bonheur ou malheur, grâce à laquelle nous nous ressourçons, qui peut nous procurer les plus grands étonnements comme les plus grandes frayeurs.

Elle est le témoin de l'histoire des hommes, le trait d'union entre cultures et civilisations mais aussi la beauté fascinante des continents.

En vous laissant porter par votre propre connexion littéraire,il est agréable au travers la lecture poétique des textes de savourer chaque détails du voyage car ils sont signifiants.

 

 

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Les "Apprent-histoires" de Julie Toussaint : présentation

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait

« Ne t’es-tu jamais mis à la place de quelqu’un d’autre ?

En lisant cette histoire, je t’invite à te mettre à la place d’une infime partie de notre monde de géants, un tout petit grain de sable. »

 

Bio

Institutrice de la région de Charleroi, je suis souvent confrontée aux difficultés rencontrées par les enfants. Les « Apprent-histoires » essaient d’apporter un peu d’imaginaire dans les apprentissages.

 

Résumé

Les « Apprent-histoires » sont 4 petits textes qui donnent vie à des notions telles que la ponctuation, les lignes, les aiguilles de l’horloge ou encore l’importance de chacun dans ce monde de « grands ». Apprendre en laissant cours à son imagination.

Publié dans Présentation

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Micheline Boland et Carine-Laure Desguin ont participé au collectif "FAITS D'HIVER" édité chez Jacques Flament

Publié le par christine brunet /aloys

FAITS D'HIVER ?

 

 

FAITS D’HIVER, c’est 50 journaux de femmes (déjà publiées ou pas) dans un seul recueil. Et ce ne fut pas simple de réunir ces 50 femmes. On vous passe les désistements, les rajouts, etc.

 

Je suis donc très heureuse d’avoir embarqué dans cette aventure. Je n’étais pas trop « partante » car un journal reste un journal, une écriture quotidienne. Je n’étais pas certaine de pouvoir écrire chaque jour entre le 21 décembre 2021 et le 9 janvier 2022. Mais après deux ou trois jours, j’avais en moi l’écho de toutes ces pages écrites durant mon adolescence (eh oui, dans une autre vie, je fus une diariste acharnée).

 

Pour l’éditeur, Jacques Flament, ce fut un travail titanesque et je l’en remercie encore. Presque deux mois de travail, plus de deux millions de caractères, 560 pages au format A4 et au final … un ouvrage de près de deux kilos.

 

Voici un extrait de son avant-propos :

 

« (…) Un grand et long voyage avec des compagnes d’aventure d’horizons et de sensibilités pour le moins différentes, mais qui jamais ne m’ont laissé indifférent. (…)

Des certitudes, des interrogations, des appels au secours, des cris de bonheur, des aveux de solitude, de la poésie, de l’ironie, du factuel pur... le spectre, la panoplie des textes mis en œuvre sont étendus et reflètent finalement assez bien un panel diversifié de la société dans laquelle nous vivons, avec des femmes, de tout âge et de toute condition, dans les chroniques desquelles affleurent, en filigrane, espoirs ou désespoirs, bonheurs ou blessures, présence ou solitude, amour ou détresse. »

 

Pour acquérir cet ouvrage "collector", c'est ici :

https://www.jacquesflamenteditions.com/501-faits-dhiver-20-journees-ordinaires-de-la-vie-de-50-femmes/


Et voici ici le site des Editions Jacques Flament :
http://www.jacquesflamenteditions.com

 

Micheline Boland et Carine-Laure Desguin ont participé au collectif "FAITS D'HIVER" édité chez Jacques Flament
Micheline Boland et Carine-Laure Desguin ont participé au collectif "FAITS D'HIVER" édité chez Jacques Flament
Micheline Boland et Carine-Laure Desguin ont participé au collectif "FAITS D'HIVER" édité chez Jacques Flament
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Un texte signé Louis Delville "La nuit"

Publié le par christine brunet /aloys

LA NUIT

 

Jérôme avait peur du noir et rien n'y faisait : pas plus les menaces que les encouragements, les cadeaux que les sourires.

 

Cela a commencé vers ses quatre ans. Ses parents avaient fêté le réveillon de Noël chez les voisins en le laissant seul. Oh, pas longtemps ! Papa ou Maman étaient venus toutes les heures et tout se passait bien jusqu'à minuit et quelques minutes, les vœux, l'échange des petits cadeaux, le champagne. Tout cela avait retardé la présence rassurante et Jérôme réveillé par le bruit s'était retrouvé tout seul. Bien sûr, il n'avait rien dit : à quatre ans on est grand et fort, mais le mal était fait.

 

Pas question d'aller dormir après dix heures du soir, pas de dancing avec les copains et les copines. À chaque occasion, Jérôme trouvait un bon prétexte.

 

La vie vous offre de ces cadeaux…Jérôme a rencontré Catherine qui tout comme lui a peur de la nuit. Ils se sont mariés, leurs deux enfants sont nés en plein jour et la famille est heureuse. Jérôme qui travaille pour un grand parfumeur vient de recevoir une promotion : créer un parfum pour un grand couturier, John Helaga. Il rencontre le maître qui lui donne des indications sur ce qu'il veut. Jérôme se met au travail. Pendant des semaines, il peaufine "son" bébé. Il rend visite au couturier et ils décident ensemble de la suite. 

 

De petites touches en petites touches, le parfum s'améliore, devient plus subtil, plus fin, jusqu'au jour où il plaît à son créateur et à John Helaga. Reste à trouver un nom. On fait appel aux meilleurs publicistes. Rien, il n'en sort rien. C'est Jérôme qui propose : "Et si on l'appelait La Nuit ?"

 

Bingo ! John Helaga est emballé. Cela correspond parfaitement à sa prochaine collection qui fait la part belle à la couleur noire !

 

Succès! Formidable, génial, mariage réussi. Les titres des journaux sont enthousiastes. Jérôme et John, John et Jérôme, on ne parle que d'eux !

 

Croyez-moi, ou ne me croyez pas, depuis ce jour Jérôme n'a plus peur la nuit. 

 

On se demande bien pourquoi ! 



 

Louis Delville

 

Extrait de "La vraie vérité"

 

 

Publié dans Textes

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"La manifestation", un texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

LA MANIFESTATION



 

Patrick qui souffrait d'allergies avait l'intention de participer à une manifestation ayant pour objectif de défendre la liberté sanitaire et m'avait invitée à l'accompagner. Patrick refusait de se faire vacciner contre la covd-19, c'est ce qui le poussait à se joindre au rassemblement. Il m'avait dit : "J'espère juste qu'on pourra ainsi faire bouger les choses et qu'on ne s'en prendra plus à nos libertés en nous obligeant à présenter un pass sanitaire." J'avais rencontré Patrick au cours d'une soirée d'anniversaire chez des amis et j'étais tombée sous son charme. Très vite, nous avions débuté notre histoire. Patrick était un artiste : il faisait du théâtre et du chant choral, peignait et travaillait comme décorateur d'intérieur dans la petite entreprise de ses parents. Patrick manifestait un caractère calme et doux. Manifester à ses côtés ne me paraissait pas plus dangereux que de faire du shopping, d'aller nous balader ensemble le long d'une plage ou en forêt. J'avais donc décidé de l'accompagner.

  Nous étions partis en train pour rejoindre une cohorte que j'imaginais aussi pacifique que nous. Certes, il y avait beaucoup de monde, certes des gens arboraient des pancartes et des banderoles, certes des gens martelaient "non à l'obligation vaccinale", "non à une dictature" ou jouaient du tambour pour attirer l'attention, certes des policiers encadraient le cortège laissant penser que des incidents pouvaient éventuellement survenir, mais j'étais loin d'imaginer la suite.

Je n'avais pas hurlé, chanté, sauté, couru… Je me contentais de marcher en tenant la main de Patrick qui commenta "C'est chouette, on est nombreux !" Je faisais partie de la masse anonyme et ordinaire. 

Et puis la violence était venue, je ne sais d'où, je ne saurais dire comment. Elle était arrivée alors que la manifestation devait bientôt commencer à se disperser. Nous étions, en effet, quasiment à la fin du parcours lorsque j'avais aperçu des gens suspects. Certains étaient cagoulés et armés de gourdins. Ils entreprenaient de briser des vitres de voiture, mettaient des vitrines en morceaux et pillaient des boutiques. Comment aurais-je pu cautionner ces actes de violence ?  Tout à coup, j'avais entendu crier "fils de pute de bourgeois" et à quelques mètres de nous j'avais vu tabasser un homme qui sortait d'une rue latérale.  

Des policiers étaient rapidement apparus et étaient aussitôt intervenus. Je ne comprenais rien. Tout allait si vite.  Qu'est-ce que je faisais là ?  Patrick avait attrapé mon bras, m'avait entraînée avec lui sans que je prenne conscience ce qu'il se passait. J'avais reçu un coup sur la tête… Puis il y avait eu un trou rempli d'une brume épaisse… Plus tard, à ma sortie de l'hôpital, j'ai repassé en boucle la mauvaise scène qui avait été filmée avec un téléphone portable et qui pour moi n'est qu'une scène extraite d'un film noir, très noir…  



 

Micheline Boland



 

Publié dans Textes

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