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Christina Previ a lu "La lune éclaboussée" de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

Une belle intrigue et un langage actuel, imagé et percutant, tout comme son héroïne, Jenny, une jeune fille qui n’a pas froid aux yeux… 

Suite au décès d’un auteur local renommé, Jenny reçoit un mail l’invitant à acheter son stock de livres invendus. Mais elle trouve entre les pages, quelques mots griffonnés sur un ticket de caisse. Convaincue qu’il s’agit d’un crime, Jenny veut savoir… 

La ville de Maubeuge se découvre ici de long en large. Il y a des relations troubles, des personnages déstabilisants ; une commissaire douteuse, des coupables improbables, une vieille femme mystérieuse, une intrigante blondasse, une voyante inquiétante, et un héritier nébuleux… Mais Jenny est tenace, et elle a de la ressource : une ritournelle en tête, un amoureux vigoureux, des tontons protecteurs… Et la résolution de l’énigme lui offrira, en plus, une opportunité pleine d’avenir !

Une enquête à rebondissement, proche de chez nous, dans le style bien particulier de l’auteure carolorégienne ! 

 

Christine Previ

 

Publié dans avis de lecteurs

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Un article dans "L'avenir.net" pour l'ouvrage de Jean-Pierre Kempeneers "Avant d'être Belges"

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210215_01555168/une-saga-familiale-entre-1789-et-1830

https://www.lavenir.net/cnt/dmf20210215_01555168/une-saga-familiale-entre-1789-et-1830

 

 
À 77 ans, Jean-Pierre Kempeneers vient de publier «Avant d’être Belges». Un 1er roman largement inspiré d’archives familiales.
 
l n’y a pas d’âge pour se lancer un défi. C’est ce qu’a dû se dire Jean-Pierre Kempeneers lorsqu’il a décidé d’écrire un roman. Hannutois d’origine et Namurois d’adoption, cet ancien spécialiste de la communication de l’entreprise avait en tête, depuis très longtemps déjà, de raconter la vie quotidienne de trois générations de fermiers de sa famille dont il a un jour, par hasard, retrouvé la trace dans des archives familiales.
 
«Ce projet trottait depuis de nombreuses années, explique Jean-Pierre Kempeneers. Depuis que, dans ma jeunesse, j’avais exhumé du fond d’un tiroir, à la ferme familiale, un paquet de vieux papiers jaunis oubliés depuis des lustres. Il y avait toutes sortes de documents comme des lettres de fermage, des bons de réquisition, des lettres de famille… le tout s’étalant de 1737 à 1832. À l’époque, quand je réalisais mon mémoire de fin d’études, je décryptais ces documents pour me vider l’esprit.»
 
Entraîné, par la suite, dans le tourbillon de la vie familiale et professionnelle, Jean-Pierre Kempeneers ne s’est plus guère préoccupé de ces documents. Jusqu’au jour où, l’heure de la retraite ayant sonné, celui-ci s’est dit qu’il était temps de les sortir de l’ombre pour faire revivre, par le biais d’un roman, l’histoire quotidienne de ces «gens ordinaires» qui ont vécu entre 1789 et 1830.
 
Trois générations, trois périodes
 
Quoique passionné par l’histoire, Jean-Pierre Kempeneers s’est bien gardé toutefois d’écrire un énième ouvrage historique sur ces quelques dizaines d’années qui ont précédé la création de notre pays. «N’étant pas historien de formation, j’ai utilisé un autre angle de vue. J’ai tenté de répondre aux questions que je me posais en mettant en scène ces «petites gens» dans le cadre de leur vie quotidienne qui fut, inévitablement, bouleversée par les événements dont ils furent les acteurs involontaires ou, à tout le moins, les spectateurs impuissants.»
 
En narrant le quotidien de Renier, Maximilien et Nicolas Marchant, ses ancêtres, l’auteur entraîne le lecteur dans ces quarante années tumultueuses qui ont marqué la gestation de la Belgique. De l’occupation autrichienne aux journées de septembre 1830, en passant par la présence française, le roman s’interroge sur la manière dont ces fermiers, et les populations de l’époque, qui vivaient loin des villes importantes et des grandes voies de circulation, ont été informés des événements qui secouaient nos régions, et comment ils les ont appréhendés. À travers une succession de péripéties, tantôt réelles, tantôt romancées, Avant d’être Belges mêle la petite et la grande histoire.
 
Avant d’être Belges – 459 p. Éditions Chloé des Lys
 
 
 
 
 
 
 

Publié dans Article presse

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Marguerite Debois nous présente son roman "L'île, elle et nous"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

 

Née en 1954 à Verviers (Wallonie, Belgique), Marguerite Debois y poursuit ses études jusqu'à la fin des humanités secondaires.

Elle effectue ensuite trois années d'études à Liège, où elle obtient son graduat en logopédie.

Engagée dans une école primaire d'enseignement spécialisé à Verviers, elle y effectuera toute sa carrière.

Ses parents étaient violonistes professionnels. La maman aimait les mots, le papa, les jeux de mots,   la grande sœur était régente littéraire et écrivait des poèmes.

Dès l'âge de sept ans, elle prend conscience que l'écriture permet de témoigner et de s'exprimer.

Elle s'essaie à la poésie. On lira quelques-uns de ses poèmes sur une chaîne nationale.

Une fois à la retraite, elle s'inscrit dans un atelier d'écriture à Spa, ville proche du village où elle s'est installée.

Grâce aux conseils de l'animateur et au soutien de ses collègues, elle réalise un de ses rêves : se lancer dans l'écriture d'un roman.

 

Résumé

 

Sur une petite île grecque, un drame familial se joue en trois temps.

Dans un coin isolé de l’île, naissance d’Athanasia dans des conditions difficiles. La fillette grandit entourée de parents aimants mais étouffants.

Alors qu'elle a quatorze ans, une violente tempête s'abat sur l'île et  laisse d’importantes séquelles. Athanasia est portée disparue. On accusera d'abord son professeur de guitare mais pour la police et la plupart des habitants, c'est la crue d'une rivière qui a emporté Athanasia.

Durant l’été qui suit cette catastrophe automnale, un couple de touristes fait une étrange rencontre sur une route isolée. Ils aperçoivent fugacement une jeune fille qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Athanasia.

Peu après, la maison des parents d’Athanasia disparaît dans une explosion, tuant ses deux occupants.

Villageois ou touristes, tous se posent des questions, pragmatiques ou existentielles, au sujet de ces événements choquants.

Remords et soupçons mais aussi compassions et nouvelles amitiés tissent la trame de cette histoire.

 

Extrait


 

Un incendie ?

Le village entier semble aspiré vers la colline.

Sirènes d'ambulances et de pompiers, portières qui claquent, voitures démarrant sur les chapeaux de roues, cris, appels.

Je reste tétanisée dans ma chambre.

L'année dernière, je me suis risquée dans la tempête et je garde le souvenir épouvanté de mon corps charrié par les flots.

J'en ai fini de rechercher les impressions fortes.

Les turpitudes de la vie quotidienne et les petits bonheurs glanés suffisent désormais à nourrir ma curiosité de «l'entomologie humaine ».

Au bout d'un moment, je me risque sur le balcon.

Silence total dans le village, ciel rougeoyant sur la colline.

Impression de drame dans le temps suspendu.

 

Publié dans Présentation

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Edmée de Xhavée et Emilie Decamp interviewées dans l'émission "Directen jeu.fr"

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans interview

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Résultats !

Publié le par christine brunet /aloys

Pour le hors-série de la revue et le thème Catastrophe ! et un premier sous-thème "Vous vous réveillez dans la peau d'un autre", cinq auteurs ont été inspirés !

Texte 1 : Chloé Derasse

Texte 2 : Edmée de Xhavée     => 2 votes 

Texte 3 : Brigitte Hanappe      =>  1 vote

Texte 4 : Micheline Boland

Texte 5 : Carine-Laure Desguin

Texte 6 : Séverine Baaziz        => 1 vote

Texte 7 : Philippe Desterbecq

Texte 8 : Christian Eychloma   => 1 vote

Texte 9 : Antonia Iliescu          => 1 vote

 

Le texte qui a emporté le plus de voix est celui de... Edmée de Xhavée !!! 

 

Bravo !!!! Un grand merci à tous ! Rendez-vous mi-juin pour deux autres concours... Je vous rappelle que pour l'un des thèmes, vous avez encore quelques jours pour m'envoyer votre texte. 

Publié dans concours

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Texte 9... C'est le dernier ! Votes jusqu'à 20h !

Publié le par christine brunet /aloys

Quand la physique s’en mêle

 

L’énergie se conserve, sans aucun doute. J’ai moi-même vérifié ce fameux principe qui dit que "lorsqu'une certaine forme d'énergie disparaît, une quantité équivalente d'énergie apparaît sous une autre forme». 

Je dormais paisiblement entre les bras de Morphée et ceux de Luc quand le malheur est arrivé. Une apnée de sommeil et hop, j’atterris dans les bras de Mort-fée, venue pour me prendre. Dans le brouillard épais que j’étais en train de traverser je me demandais pourquoi ai-je dû quitter mon corps et liquider mes affaires terrestres à la vitesse de l’éclair ? Et pourquoi ai-je dû changer un si gentil mari contre un veuf morose et inconsolable ? Aidez-moi à comprendre… Mon âme, cette bulle de lumière pas plus grande qu’un noyau de cerise, flotta quelques secondes au-dessus du lit et s’envola ensuite par la fenêtre de la chambre. A partir de là j’ai perdu tout contrôle et, plus vite qu’on ne s’imagine, j’ai atterri dans le ventre d’une splendide femelle Papillon-dog. Un an après mon départ, Luc - dont l’humeur précaire avait suscité la magnanimité de son voisin - a reçu en cadeau un petit chiot Papillon. C’était moi, ravie de revenir à la vie, béate de retrouver ma maison et l’homme que j’aimais. Dès que je l’ai vu, mes oreilles-papillon frémirent d’émoi, tandis que ma truffe luisante murmurait sans relâche des « je t’aime » en code canin : « je te wouf, wouf ». Et pourtant nos retrouvailles m’ont attristée plus que je ne le pensais. Amère désillusion… il ne m’a pas reconnue. Je lui léchais sans cesse le visage en lui jappant à l’oreille: « Luc chéri, c’est moi, ta Lucie potelée ». En vain. Me faire ça après 45 ans de mariage… Quand il m’a vue, il m’a dit du bout des lèvres « cucciolona mia », m’a prise sous le bras (pas dans ses bras, ô, quelle humiliation…) et nous sommes rentrés à la maison, où il m'a quand même donné une place d’honneur sur le canapé du salon. Maigre consolation… Au fil des jours j’ai dû avaler encore une pilule amère : son sentiment pour sa femme morte mettait en sourdine l’amour pour moi, vivante. Il parlait jour et nuit avec sa photo sur l’étagère et maintes fois je l’ai surpris pleurnichant dans son mouchoir: « Lucie si tu savais... J'ai besoin de quelqu'un pour repasser mes pantalons, pour nettoyer la maison et pour me gratter le dos ». Après ces instants de faiblesse il sortait prendre l’air. Un jour, porté par ses pas qui arpentaient les rues à la dérive, il arriva au cinéma "Phoenix". Et l’inévitable s’est produit : il y rencontra Mireille, la veuve idéale. « Mon chou, ça te va notre nid d’amour? » « Tout est merveilleux, Luc chéri, sauf ce cabot ». Impossible d’accommoder sa haine furibonde avec la mienne, encore plus enragée. Partager notre cher Luc comme un repas entre amies, c’était tout aussi inconcevable. En un mot, ma vie était devenue une véritable torture. Et pour cause, la jalousie m’emportait souvent en me donnant du fil à retordre et de l’ardeur à mordre. Les quatre ans qui ont suivi furent très durs pour nous trois, ainsi ai-je dû laisser quelques poils sur l’autel de ma fierté canine (sinon pas de léké-léké au petit-déj). Mais le pire est à venir… Un jour d'hiver Luc fut fauché par une grippe. Catastrophe ! Perdre d’un seul coup mon mari et mon maître c’était comme si je devais croquer un os à moelle cyanurée. Pire, demeurer aux côtés de cette chipie qui m’a oubliée nombre de fois tantôt liée à un poteau, tantôt au pied d’un banc, supporter son odeur matinale de lavande, toutes ces choses accablantes me rendaient la vie âcre et l’âme de goudron. Mais le pire est à venir… Un an après la mort de Luc, elle a acheté à la foire de vendredi Mitzou, un matou blanc et mal élevé. Je ne supporte pas les chats, je l’avoue, alors comment aurais-je pu cohabiter avec cet animal hypocrite qui voulait saper mon prestige dans le quartier et qui plus est me faisait la cour ? Je le haïssais d’une haine viscérale ; mais lui, pas. Et le pire est à venir… Qui pouvait s’imaginer que la fringante physique s’immisçât une fois de plus dans notre famille ? Incroyable coïncidence… Six mois après la mort de Luc, son âme s’est blottie chez ce vilain Mitzou. Et me voilà mariée avec un chat. Le temps de comprendre sa vraie identité, je l’ai pourchassé des mois et des mois dans tous les recoins de la maison. Et, paradoxalement, plus il me montrait de la tendresse, plus j’aiguisais mes dents. Comment aurais-je pu oublier la frivolité de cet « homme » qui m’a blessée au plus profond de moi, trois fois moi : épouse, femme et chienne ? Mais surtout comment supporter son succès casanovien auprès de toutes ces putains de minettes qui ronronnaient sous nos fenêtres toutes les nuits à la pleine lune ? Jour après jour une haine sauvage me ravageait les entrailles, vaporisant ainsi la moindre goutte de sentiment pour mon ex. En vain me miaulait-il des mots doux, comme au temps de notre jeunesse « ma Lucie adorée, sfrrr, sfrrr, je t’aimiaouuu ». Je faisais la sourde oreille et lui répondais en grognant dans mon coin « je t’emmmmrrr, mrrr ! »

"Voilà ce qui reste de notre grand amour…", piaulait Mitzou du haut de la clôture haute de trois mètres.
Pas toujours beau la vie, hélas… Au lieu des sentiments exaltants, tout ce que nous avons aujourd’hui en commun ce sont nos puces. Néanmoins, mon histoire a un mérite non négligeable quant à la contribution au progrès de la physique moderne. Elle a fourni la pièce manquante à la formulation du principe de la conservation de l’amour conjugal qui dit que l'amour entre les époux ne disparaît pas. Il se transforme en haine !

 

Publié dans concours

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Texte 8

Publié le par christine brunet /aloys

Morne plaine

 

Tiens, j’ai dû m’assoupir... Pas étonnant. Combien d’heures de sommeil depuis trois jours ? Éreinté, je suis éreinté…

Et merde, ce que j’ai mal au cul ! Trop de temps à cheval… Ces saloperies d’hémorroïdes m’empêcheront pratiquement de monter en selle ! Qui va bien pouvoir observer à ma place les manœuvres de ces foutus anglais ? Si seulement je n’avais pas à être partout… 

Ce sang dans le vase de nuit… En plus, ça recommence, je peux à peine pisser… Quelle poisse !

« Marchand ! 

- Oui Sire…

- Apporte-moi mon  laudanum !

- Je… oui, Sire ! Mais vous savez que les médecins vous le déconseillent à cause de votre problème de… heu… 

- Je sais, je sais, mais aujourd’hui, je me fous de leur avis ! Je vais devoir tenir toute la journée, la journée peut-être la plus décisive pour l’Empire ! Alors les médecins, je les consulterai demain à Bruxelles, quand j’aurai battu Wellington ! »

Ne cessera-t-il jamais de pleuvoir ? Foutu pays… On se croirait en Pologne  ! 

« Oui, messieurs ?

- Sire, il pleut beaucoup trop pour que nous puissions engager une bataille ce matin. L’artillerie s’embourbera.

-  Bon, on verra… Pluie ou pas, l’armée devra être prête à attaquer à neuf heures. Allez me cherchez Soult, que je lui dicte mes ordres ! »

Pourvu que le temps s’améliore ! 

« Bertrand !

- Sire ?

- Je vais vous dicter une dépêche à faire parvenir à Grouchy. Il devra cesser de talonner les  prussiens pour se rapprocher de nous, son avant-garde devrait suffire à tenir Blücher à distance. Sa cavalerie pourrait ne pas être de trop pour coincer Wellington quand j’aurai percé ses lignes…

- Bien, Sire ! 

- Je vais demander à Jérôme de diriger une attaque de diversion sur le flanc droit des anglais et lancerai ensuite toutes nos forces contre leur centre que j’espère avoir enfoncé en fin de matinée. Messieurs, si la pluie cesse enfin et que mes ordres sont respectés à la lettre, nous coucherons ce soir à Bruxelles ! 

- Vous pouvez compter sur nous, Sire ! »

Espérons…

L’attaque contre le centre du dispositif ennemi… À qui d’autre qu’à Ney puis-je confier la première charge ? Ney… Ce con n’a pas vraiment été à la hauteur ces deux derniers jours, et je suis gentil ! Pourquoi ce retard à exécuter mes ordres et s’emparer du carrefour des Quatre-Bras alors à peine défendu ? Je ne reconnais plus le bonhomme. Il n’est assurément plus le même. J’aurais mieux fait de refuser ses services, comme j’ai refusé ceux de Murat ! Après tout, il a bien trahi les Bourbons, pourquoi pas moi ? Puis-je encore lui faire confiance ? 

 Pfff… ai-je le choix, de toute façon ? Soult non plus n’a pas été avare de conneries… Ah, si j’avais encore Berthier ! Et les autres, Suchet, Brune, Jourdan, Davout,  sont-ils encore ce qu’ils étaient ? 

Bon Dieu, mon estomac, maintenant ! Appuyer le poing dessus. Ça va passer, ça va passer… Et ces hémorroïdes qui brûlent ! Bon, moi non plus ne suis-je sans doute plus ce que j’étais… Il faut que ceci soit mon ultime bataille et que ma victoire soit éclatante afin que les Alliés comprennent une fois pour toutes qui est le maître ! La bataille qui affermira durablement l’Empire.

J’ai mal au ventre. Je vais essayer à nouveau d’uriner, j’espère que ça va aller mieux… 

Tiens, mes douleurs deviendraient-elles plus supportables ? Le laudanum, bien sûr… Et voilà que  j’ai sommeil. Dormir un peu ? Non, non, pas maintenant ! 

«  Bertrand, quelle heure est-il ? On dirait que la pluie cesse et que le soleil s’annonce…

- Tout à fait, Sire. Une bénédiction ! Il est huit heures, Sire !

- Nous déménageons ! La ferme du Caillou n’est pas idéale pour observer le champ de bataille. Je vais m’installer sur le petit mamelon que nous avons repéré hier soir, pas très loin d’ici.   

- À vos ordres, Sire !

- Je prendrai un peu de repos là-bas en attendant que tout soit prêt pour attaquer. Quel dommage de n’avoir pas pu le faire à l’aube… Vous m’y faites dresser ma tente et porter mon lit de camp ! Et mes cartes, bien évidemment…

- Je n’y aurais pas manqué, Sire ! »

Merde, que m’arrive-t-il encore ? On dirait que mes jambes ne me portent plus. Je crois que je suis en train de perdre connaissance... Marchand ! Marchand !

« Vous avez un problème, Majesté ? Majesté ! »

 « Monsieur… Monsieur ! » 

On me secoue. La salle est brillamment éclairée et je peine à ouvrir les yeux. Deux assistants en blouse blanche s’affairent à me retirer mon casque, une espèce d’enveloppe très souple hérissée d’un nombre impressionnant d’électrodes, toutes reliées à un appareillage compliqué. 

« Alors, monsieur, vos impressions ? Nous attendons impatiemment que vous nous disiez ce que vous avez ressenti ! »

Le directeur de l’agence me met sous le nez le catalogue que j’avais longtemps feuilleté avant de me décider. Désorienté, je relis le titre accrocheur. « Partagez un instant de la vie d’un de vos héros favoris ! »

J’avoue que je n’y avais pas vraiment cru, à leurs histoires d’Archives Akashiques, et à la découverte toute récente permettant de me retrouver brièvement, à une date choisie par moi, dans la peau d’un personnage depuis bien longtemps disparu. 

Et c’est un peu par défit que j’avais choisi l’incarnation de Napoléon à Waterloo, le matin du 18 juin 1815…

Je me lève précipitamment.

« Attendez, monsieur ! Que vous arrive-t-il ?

- J’ai envie de pisser ! »

 

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... texte 7

Publié le par christine brunet /aloys

 

« Et guili guili, et que je te caresse la tête, que je te gratouille derrière les oreilles ! Qu’est-ce qui lui prend à bobonne aujourd’hui. Voilà un siècle et demi qu’elle ne m’a plus touché ! Quant à moi, toutes mes tentatives d’approche se sont soldées par des échecs cuisants. Mes mains en brûlent encore ! J’ai vite abandonné pour me donner vers d’autres plaisirs solitaires. Quoi ? Non ! N’allez pas imaginer des choses ! Des plaisirs solitaires, j’en connais des masses comme la lecture, par exemple. Ma vie est un roman que je n’écrirai jamais, donc, je lis la vie des autres, même si ce ne sont que des personnages fictifs, parfois sortis d’un cerveau malade. Et voilà que ça  recommence : les gratouilles, les chatouilles, les papouilles,… Ah ! J’avais oublié ces sensations ! Je m’étire, je bâille, je miaule.
Quoi ? Je miaule ? Qu’est-ce qui m’a pris ? J’ouvre les yeux. Où suis-je ? Dans les bras de bobonne carrément ! Comment peut-elle me tenir ainsi sur sa poitrine, une poitrine qui m’a fait tant fantasmer pendant des années et que je n’ai plus vue depuis des lustres ?

Mais c’est pas possible ! En une nuit, je suis devenu aussi poilu que… que… mais oui que ce satané matou qui dort, chaque nuit, au pied de notre lit, quand ce n’est pas sous les draps, côté bobonne évidemment ! Dites-moi que je rêve ? Et qui est cet homme qui dort dans le lit conjugal ? Il ronfle comme un cochon, la bouche ouverte. Mais qu’il est laid ! Mais c’est moi ! Ce n’est pas possible ! Je ne peux pas me voir couché dans le lit ! Où est le miroir ? Je rêve. C’est ça, je dors et je rêve que…que je suis un chat ! Il faut que j’en aie le cœur net ! Je dors ou je suis réveillé. Je vais me pincer. Mais je n’ai plus de doigts. Mes membres (je n’ose pas dire mes pattes) sont terminés par des coussinets tout doux et des griffes rétractiles. Je m’amuse à les faire sortir de leurs cavités et de les rentrer. Ce sera un peu ma gym du matin. Tiens, si j’essayais ça ? Allez, il y a longtemps que j’en rêve ! J’y vais ? Vous le feriez, vous ? Peut-être pas, mais vous ne dormez pas avec une mégère à vos côtés depuis un deux siècles, si ? Allez, je sors mes griffes et je les enfonce bien profondément dans le cou bien gras de Louise-Marie. 

Ah ! Quelle jouissance, ce cri d’horreur ! J’avais oublié qu’on pouvait jouir de cette façon ! Bon, ce qui suit ne me fait pas jouir, car me voilà projeté en l’air comme une crêpe le jour de la chandeleur. Un chat retombe toujours sur ses pattes, vous le savez, donc non, je ne subis aucun dommage. Je m’examine. Tout est intact, je suis entier. Louise-Marie m’insulte, mais ça j’en ai l’habitude, pas sous ce costume, mais avec elle, les noms d’oiseaux volent. Tiens, parlant d’oiseaux, j’m’en ferais bien un pour mon déjeuner. Coco, dans sa cage dorée recouverte d’un drap qui le tient au chaud dans une douce obscurité n’a qu’à bien se tenir. Faire disparaître cet idiot de perroquet que bobonne adule autant que ce félin débile, j’en rêve depuis un siècle ! Oui, ça vit longtemps, les psittaciformes (répétez-moi ce terme cent fois de plus en plus vite) ! Qu’est-ce que j’ai souhaité lui tordre le cou à cet imitateur de mes deux ! 

Louise-Marie se lève tout en continuant à m’invectiver ! C’est la première fois que son chat lui fait un coup pareil ! Alors que moi, la griffer, la faire saigner, sucer son sang, j’en rêve depuis - oui, vous le savez- un siècle et demi ! C’est chose faite par l’intermédiaire de l’idiot de matou. 

Mais j’y pense, si j’ai, par je ne sais quel miracle, intégré le corps du félin, lui doit être dans le mien. Justement voilà l’homme, moi, enfin le corps humain couché dans le lit, qui se réveille. Tu parles ! Comment aurait-il pu continuer à dormir avec les cris de goret qu’on égorge de ma chère épouse ? Le voilà qui se lève d’un bond et se dirige vers la salle de bains. Il se précipite sur le miroir. Il a compris ! Je le vois dans son regard effaré. Eh eh ! C’est à lui à partir au boulot, à subir les remontrances d’un chef de service de mauvais poil, les moqueries de collègues tous plus cons les uns que les autres et à retrouver une femme frigide en rentrant exténué par un travail bêtifiant ! Eh oui, sale bête, c’est à toi à faire bouillir la marmite maintenant. Quant à moi, je vais ronronner, dormir au coin du feu, manger mes croquettes au poulet et … regarder comment ouvrir cette fameuse cage qui encombre le living. J’en salive déjà…

 

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Texte 6

Publié le par christine brunet /aloys

 

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Camille. Une drôle de petite fille née avec une fleur à la place du cœur. Comme le jour triomphe de la nuit, dès les premiers rayons du soleil, la frêle tige renaissait immanquablement en pleine poitrine. Minuscule, presque inexistante, dépourvue de feuilles et de pétales, jusqu’à ce que sa mère et ses deux sœurs déposent les baisers du matin sur ses joues. Une rosée de tendresse. Et puis, le soleil. La pluie. Le vent. La vie. Le rire des amies en récréation. Les louanges de la maîtresse. Alors forcément, la fleur ne pouvait s'empêcher de se faire vaillante. A nouveau. Belle comme une étoile aux mille promesses. 

Belle, mais fragile. Si fragile dans le noir.

A l’heure où la plupart des paupières sont closes, dans sa chambre, seule, Camille voudrait s’évanouir. Laisser la nuit à d’autres. Ne vivre que le jour. A quoi sert l’obscurité quand on a une fleur à la place du cœur ? Mais déjà, dans le couloir, des bruits de pas. La porte qui s’entrouve. Un homme à l’amour fétide. Une main sur la bouche. Puis partout. Les larmes qui coulent. Les pétales qui tombent. En silence, la belle et délicate fane, disparaît, pour n’être plus qu’une minuscule graine tapie dans une terre d’effroi. La porte se referme et Camille finit par s’endormir. 

A la lueur de l’aube, elle se réveillera. Doucement. Et laissera sa peau de nuit au fond de son lit.

 

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Concours pour le hors-série de la Revue, Les petits papiers de Chloé dans le thème "Catastrophe !" : "vous vous réveillez dans la peau d'un autre"... Texte 5

Publié le par christine brunet /aloys

Emoji point d’interrogation

 

Vous pouvez pas imaginer ce qui m’arrive. Moi-même, j’hésite. Je me pince. Suis-je moi, je me demande parfois. Combien de temps je resterai ici, aucune idée. Jamais je n’ai bossé autant. Les horaires, je les connais pas. À chaque heure du jour ou de la nuit, je suis appelé. À croire que les fuseaux horaires ont dégouliné à cause du réchauffement climatique, et dans quelles gouttières, ça je sais pas, parce qu’ici… C’est dans une espèce de chambre noire que je crèche à présent, appelons un chat, un chat. Ça clignote sans cesse et des lumières de toutes les couleurs me brouillent la vue, je demanderais bien pitié, parfois. Vous croyez que j’ai l’air cool comme ça. Pas du tout. Que voulez-vous que je fasse ? Je sais même pas pourquoi j’ai atterri dans cette embrouille de merde. Oui, j’ai un contrat de travail. Aucune importance de toute façon, je ne vois personne à part ces emojis. J’oubliais de vous dire, je suis lanceur d’emojis pour un seul réseau, Facebook. Vous comprenez le boulot et les horaires ? Parce que là derrière votre clavier, c’est fastoche. Mais moi ? Vous imaginez ? C’est là, derrière votre azerty que je survis depuis, depuis…, je sais même plus. Non, je ne circule pas sur toute la planète du Net. C’est uniquement un contrat de travail lié à Facebook, vous captez ? Oui c’est ça, de jour comme de nuit et sur toute la planète Terre. Ah à certaines heures, c’est l’embouteillage total. Y’a des cons qui postent pour un oui ou un non et les autres qui commentent. Une déception amoureuse, hop, on poste. Le chien qui pisse de travers, hop, on poste. Le voisin gueule trop fort, hop, on poste. Ah, la meuf revient, hop, on reposte. Alors pour moi le boulot démarre. Emoji clin d’œil, emoji cœur rouge, emoji ceci, emoji cela. Et quand nous vivons une période préélectorale, vas-y les emojis verts, rouges, bleus. Orange ! Oh c’est pas toujours si facile, on croit que mais non non. Vous, vous cliquez sur un emoji que vous avez choisi. Mais ici c’est tout un boulot. Imaginez, des tas d’imbéciles caressent en même temps le même emoji. Vous voyez l’embrouille ? Ben oui des centaines de commentaires sont postés en même temps. Et qui n’a pas envie d’un petit emoji pour appuyer ses dires hein MDR ? Comptez les phrases qui se terminent normalement par un point, un point d’interrogation ou un point d’exclamation, LOL. Je vous le dis, dix pour cent à peine. Et donc nonante pour cent demandent leur petit emoji emoji clin d’œil. J’ai l’air de rire comme ça, mais non emoji clown. Je vis l’enfer moi ici emoji bouche qui dégueule du vomi tout vert. Et comment retrouver une vie normale à présent emoji mine triste ? Alors je bosse emoji tête qui dégouline de sueur. Et j’attends la panne de courant qui me sauvera emoji paire d’yeux exorbités.

 

Publié dans concours

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