Concours 3 texte 2
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Magali se précipita en avant, au jugé, oubliant la dangerosité du chemin.
-On va se perdre !, criai-je.
Mais, elle n'écoutait pas et je fus bien obligée de la suivre. Enfin, essoufflées, nous nous arrêtâmes dans une grande et étrange salle où des bancs étaient dessinés dans la pierre. Je les caressai du bout des doigts comme de fragiles vestiges d'un ancien temps.
-Fanny !, appelait désespérément Magali. Seul l'écho lui répondait et cela me mettait mal à l'aise. Certes, je voulais aider cette femme, je voulais retrouver cette enfant, mais je voulais aussi profiter de cette exploration qui me faisait oublier la banalité de mon quotidien.
Cependant, nous avions démabulé deux heures entières dans ce labyrinthe et, force fut enfin de constater que nous étions perdues. Ici, cela pouvait rapidement être inquiétant...
-Les ravisseurs vous ont à l'oeil non ? Ils doivent savoir que vous êtes en chemin !
J'essayai de la rassurer au mieux mais la pauvre maman était à bout de forces... Elle sanglotait tout en tapotant les murs suintants :
-Ils lui ont fait du mal, c'est sûr...
Je l'entendis à peine, absorbée par trois ombres qui semblaient flotter dans un des couloirs. Alors qu'elles approchaient et que je devinais les longs couteaux dont elles étaient affublées, je sentis mon sang se glacer mais aucun son ne franchissait mes lèvres. Alors que les silhouettes menaçantes s'arrêtaient à moins de deux mètres de la salle aux bancs de pierre, je trouvai le courage de faire demi-tour et je me précipitai vers Magali, restée un peu en arrière. Mais, elle avait disparu, évanouie dans les dédales obscurs. Cette fois, c'en était trop. Je voulais de l'aventure, pas un film d'horreur ! Ma stupéfaction me desservit et je fus rapidement cernée par les ombres qui se révélèrent être quatre hommes cagoulés. En dépit de leurs armes pointées sur moi, ce n'était même pas eux qui retenaient mon attention. Non... C'était plutôt cette fine silhouette, haute comme trois pommes, coiffée de deux tresses et aux yeux étincelants. A son arrivée, les hommes s'écartèrent sensiblement et elle vint jusqu'à moi. C'était une enfant au visage maquillé de rouge sang et aux lèvres peintes en noir. Dans sa main droite, elle tenait une scie et, dans sa main gauche, une étrange carte dépliée.
La sueur perlait sur mon front et j'osais à peine desserrer les lèvres devant l'évidence qui se présentait à ma raison tourmentée :
-Fa... Fa... Fanny ?
La fillette esquissa un sourire diabolique et répondit :
-Puisque les présentations sont inutiles, passons de suite aux choses sérieuses. Voici un plan approximatif des catacombes.
Elle me tendait les feuillets jaunis. Je les pris en tremblant comme une feuille.
-Mes oncles que voici y ont dissimulé un diamant aux reflets irisés. Tu as trois heures pour nous le rapporter dans cette salle. Si tu n'y parviens pas, je te découperai moi-même en petits morceaux.
Je commençai à trouver la situation vraiment rocambolesque mais les regards brûlants des quatre hommes me dissuadait de toute tentative de rebellion.
-Ta... Votre mère vous cherche, Fa... Fanny.
L'enfant éclata d'un rire sardonique qui se répercuta autour de moi.
-A ta place je me dépêcherai un peu car, « ma mère » est déjà à la recherche du diamant. Et si elle le trouve avant toi, couic...
Elle accompagna l'onomatopée d'un geste significatif vers ma jambe.
-Inutile d'essayer de t'échapper, tu t'en doutes. Même une souris ne pourrait quitter ce labyrinthe sans que mes oncles soient au courant...
Sur ce, elle s'éloigna avec une élégance narquoise, suivie de près par ses quatre chiens de garde. J'étais si troublée que j'oubliai aussitôt quel couloir ils avaient emprunté. Je ne pensais qu'à une chose : rebrousser chemin !
C'est donc avec une détermination incommensurable que je m'élançais au jugé vers le couloir qui nous avait menées dans cette maudite salle aux bancs de pierre. C'est à peine dix minutes plus tard que ma lampe éclaira Magali, arqueboutée dans un virage. Mon soulagement fut de courte durée. Le visage à demi couvert d'un horrible masque sanguinolant de guerrière, elle leva vers moi des yeux que la raison avait quittés. Un filet de bave glissa à la commissure de ses lèvres lorsqu'elle hurla :
-Dégage de là ! Je dois le trouver avant toi ou ils tueront ma fille !
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