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Michel Beuvens nous propose un petit texte humoristique : "premier rendez-vous"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Premier rendez-vous

 

 

 

J'ai  encore le cœur battant, et je sens encore ses doigts sur mon corps... « Je voudrais vous revoir... » me dit-elle en baissant les yeux, pendant que je me rhabille. On s'était mis d'accord : notre premier rendez-vous serait un test. Et ce test a duré à peine vingt minutes : son désir a été comblé, mais moi... je n'ai pas du tout envie de la revoir ! Elle n'est pas du tout mon genre !

 

Petites précisions : « Je voudrais vous revoir » fut suivi de :  « Il faudra refaire cet examen dans deux mois, après le traitement que je vais vous prescrire». Quand elle a baissé les yeux, c'était pour écrire des notes dans mon dossier, sur son bureau ; ses doigts tenaient un stéthoscope ; le test, c'était un test à l'effort et son désir, c'était : « Voulez-vous bien ôter votre chemise ? »

Non, décidément, madame H., cardiologue, n'est pas du tout mon genre !

 

 

Michel Beuvens (page FB : Michel Beuvens auteur)

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Résultats du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

Quels auteurs ont participé ?

 

Texte 1 : Natalie Colas

 

 

Texte 2 : Séverine Baaziz 

 

 

 

Un grand merci pour leur participation et leur implication ! Deux super textes, deux belles surprises !

 

 

Le texte gagnant sera inclus à la super revue élaborée pour les 20 ans de CDL... (Il n'y aura pas de revue automne-hiver). 

Les auteurs qui ont participé à l'appel à texte "Chloé a dit..." verront leur courte nouvelle insérée également dans la super revue. 

En novembre, vous pourrez voter pour le second concours organisé, celui-là, pour la super revue !

 

Et la gagnante est...

 

Séverine BAAZIZ

 

 

Publié dans concours

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"S'il te plaît, tonton"... Un dialogue humoristique signé Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

 

(Deborah a accepté de passer trois jours chez son oncle qui l’a accueillie avec plaisir mais il est fort sédentaire et l’adolescente commence à s’ennuyer. Elle aimerait sortir avec lui pour le restant de la journée quel que soit le type de sortie mais son oncle est si bien installé dans son fauteuil, pratiquant son activité favorite: lire! Va-t-elle le déranger?)

Elle (cherchant à l’interrompre): Dis, tonton…

Lui: Mmm...Chut! Je lis! C’est captivant!

Elle: Je m’en doute mais...s’il te plaît, tonton?

Lui: Quoi, ma nièce préférée? Là tu as vraiment réussi à m’interrompre…

Elle (le coupant): C’était le but, je voulais te…

Lui (la coupant): Tu as donc atteint ton but et c’est bien! A présent, je me replonge dans…

Elle (le coupant à nouveau): Non, non! S’il te plait, j’aimerais sortir, faire quelque chose ensemble dehors!

Lui: Ensemble? Toi et moi?

Elle: Oui, à nous deux! Qu’est-c’que tu crois? J’aimerais passer un chouette moment avec mon tonton! C’est possible?

Lui: Euh… Qu’aimerais-tu faire éventuellement et où voudrais-tu aller? On n’est pas bien chez moi tous les deux?

Elle (se rattrapant): si, si, mais dehors c’est bien aussi! Un p’tit resto? La pizzeria? Un MacDo?

Lui: Un MacDo? A nous deux? C’est...d’un goût douteux!

Elle: On peut aller manger aux “Armes de Bruxelles” si tu veux! Il paraît que c’est bon là-bas et j’adore le poulet, le saumon, le…

Lui (la coupant): Euh… je pense que mon modeste compte en banque ne digérerait pas un tel repas. Aïe, aïe, aïe!

Elle (pleine d’idées): Dans ce cas allons visiter “Les Serres Royales” de Laeken! Aujourd’hui elles sont ouvertes au public et j’adore les fleurs, les plantes, les arbres, les couleurs, les…

Lui: Deb, tu oublies mes allergies et mon problème de rhinite. Je ne tiendrais pas trois minutes sans éternuer ou tousser! Et si je faisais une crise d’asthme en pleine serre?

Elle: Non merci! J’ai une autre idée: allons au ciné, celui de l’avenue de la Toison d’Or. Un très beau documentaire est sorti en salles sur la mer, sa faune et sa flore. Le titre, c’est “Blue”! J’adore les poissons, les dauphins, les tortues de mer, les…

Lui: Si c’est pareil au “Grand bleu”, je m’endormirai au bout d’un quart d’heure et tu sais que je commence à ronfler quand…

Elle: T’es dur, tonton!

Lui: Dur?

Elle: Compliqué! Tu préfères ton fauteuil et tes livres même quand je passe trois jours chez toi!

Lui: Tu n’es pas bien ici avec moi, ma nièce préférée?

Elle: Tu n’as qu’une nièce, tonton! Ok, j’ai trouvé mieux à te proposer: l’expo à Bozar sur Fernand Léger, un grand artiste moderne des plus connus! C’est un grand peintre et il a été apprenti-architecte. J’adore ses oeuvres, son style, ses couleurs, les…

Lui: Dis donc, tu connais Fernand Léger, toi? ça, c’est...du lourd! Non, les expos et les musées, c’est pas pour moi: la station debout ne me convient pas, mon dos est trop fragile et quand on visite une expo, il faut généralement se séparer de ses sacs, ce que je supporte difficilement! Tu en as d’autres, de ces…

Elle: Au théâtre, tu es assis et les fauteuils du Théâtre des Galeries sont très confortables. Si on allait voir ce soir “Le Dindon” de Georges Feydeau? Il n’est pas trop tard, c’est du bon et moi, j’adore la scène, les acteurs, les dialogues, les…

Lui: Je ne connais pas cette pièce et de toute façon au théâtre, les gens sont vraiment trop bruyants avec leurs éclats de rire incessants. Et si l’auteur a de plus écrit une pièce dans laquelle il laisse courir un dindon sur scène, cela ne peut que mener à…

Elle: Ok, laissons tomber le théâtre et allons à Flagey! Un très grand pianiste vient jouer ce soir et tu sais que j’adore la musique, le piano, le violon, la clarinette, la…

Lui: Au concert à Flagey? Quelle folie! Garer ma voiture dans ce coin? Je la retrouverais en cendres ou les pneus crevés. Sais-tu que…

Elle: Tonton, s’il te plaît, j’aimerais tant sortir! Peut-être que tu as une meilleure idée que moi?

Lui: Que reste-t-il comme possibilité excepté le resto, les Serres Royales, le ciné, les expositions, le théâtre et les concerts? Rien, me semble-t-il! Si tu veux, je lâche ma lecture et nous faisons une partie d’échecs, toi et moi!

Elle (riant): Ah, ah! Les échecs? Tu sais que je gagne toujours contre toi! Tu veux perdre une fois de plus, tonton?

Lui: Euh...non merci! Rien de tel qu’une bonne lecture dans mon…

Elle (s’exclamant): J’ai trouvé! ça se passe ce soir pas loin d’ici! Tu vas adorer!

Lui: Quoi ça? Où ça? Quel enthousiasme! Dis-moi…

Elle: Tu sais, près de Wolubilis, il y a le Cook & Book, une librairie qui compte plusieurs salles et on peut manger là-bas! C’est vraiment chouette et…

Lui: Oui, je vois! Très bien même! Tu veux qu’on y aille acheter mes futures lectures et y manger un bout alors que justement tu souhaiterais que je quitte mes livres pour…

Elle: Non, non, c’est pas ça! Il y a ce vendredi une soirée littéraire ouverte à tous et ils seront une bonne dizaine à se passer le micro pour de belles lectures. Et il y a des lectures qui se font à deux, souvent des dialogues! C’est…

Lui: Holà! Tu nous vois lire ensemble et en public un texte que l’un de nous aurait écrit, ma chère Deborah? De toute façon, écouter les autres, c’est déjà fatigant!

Elle (protestant): Non, c’est passionnant! On apprend, on retient, on se cultive, tonton! Dis, pourquoi m’as-tu accueillie chez toi si c’est pour ne rien faire ensemble? Sortons même pour tout simplement nous balader, bavarder, bouger!

Lui: En effet, il semblerait que ce soit bon pour la santé, bouger! Ce que je lis en ce moment…

Elle: Justement, qu’est-ce que tu lis? C’est quoi, le titre de ton bouquin et il parle de quoi exactement?

Lui: C’est une des premières publications du célèbre Frédéric Peignoir! “Le pouvoir du plein air” et le sous-titre est “Le mouvement, c’est la vie”! Pourquoi me demandes-tu cela?

Elle (s’exclamant en portant une main à son front): Le mouvement, c’est la vie! Pfff… Sacré tonton!

Lui: Pourquoi? C’est pas vrai?

 

FIN

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Le rêve... 2e texte...

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 2

Votes sur ce post jusqu'à demain 18h !

 

Il y a des jours où je me dis que ma vie aurait été tout autre si je ne portais pas ce fichu prénom : Monique.

Enfin, il y a encore peu, tout cela m’allait très bien. Par Tout cela, entendez : mon physique ordinaire et mes journées ordinaires. Bref, une monotonie qui ne manquait pas d’un certain confort : on se lève le matin aux côtés de l’homme que l’on a épousé, on passe les heures réglementaires sur son lieu de travail, et on se couche toujours aux côtés de l’homme que l’on a épousé. Une barque sur un fleuve tranquille, sans risques ni remous.  

           Jusqu’à ce que Geneviève parte en retraite.

           Depuis plus de dix ans, nous travaillons ensemble en tant qu’employées de comptoir dans une agence de voyage. Je savais bien que l’âge de la retraite approchait, qu’elle serait donc remplacée, mais comment aurais-je pu imaginer à quel point sa remplaçante allait bouleverser mon existence ?

Priscillia.

Belle à faire pâlir n’importe quelle jolie fille. Et les autres aussi, d’ailleurs. Un regard ensorcelant, des courbes sulfureuses, et un petit timbre de voix chantant. Les hommes en poussant la porte de l’agence n’avaient d’yeux que pour elle, accompagnés ou pas de leurs dulcinées. Que j’ai pu la détester, Priscillia ! Elle était tout ce que je n’étais pas : belle, libre et aussi butineuse qu’un papillon. Elle croquait la vie et les hommes. Et puis, tout doucement, j’ai commencé à apprécier toutes ses croustillantes anecdotes confiées chaque jour, toutes ces jalousies provoquées, tout ce piquant qui rythmait sa vie et saupoudrait un peu la mienne. Enfin, plus que ma vie, mes nuits.

           En y repensant, c’est exactement à ce moment-là que j’ai commencé à me souvenir de mes rêves.

           Chaque nuit, je dois vous l’avouer, je me suis mise à chavirer dans les bras d’un inconnu, comme si les tribulations de Priscillia déteignaient sur mon subconscient. Et je dois aussi confesser que j’y ai rapidement pris goût. Au fil des nuits, les images et sensations sont devenues plus réalistes. Peu à peu, étrangement, un décor reconnaissable s’est dessiné : celui d’un séjour que nous devions à tout prix placer en priorité : les forêts de cèdres du Luberon. Et le bel inconnu avait désormais un prénom : Giuseppe. Il était grand, ténébreux, une barbe de quelques jours, mais jamais son visage au complet ne m’apparaissait. Ses lèvres dans mon cou, oui, ses mains sur ma peau, la puissance de sa nuque… mais pas plus ! Et encore plus frustrant : la sonnerie de mon réveil retentissait systématiquement avant même que le corps de Giuseppe se dévoile !

           Et le pire restait à venir.

           Ils se sont arrêtés du jour au lendemain !

Quoi donc, me demandez-vous ? Mais enfin ! Mes rêves, voyons ! Priscillia continuait à rayonner de féminité, et moi, je souffrais d’un manque inconsolable, déversant sur mon mari l’aigreur d’avoir perdu mon amant. Un matin, même, je me souviens avoir envoyé le réveil se briser contre notre armoire, sous les yeux mi-endormis mi-effrayés de Bernard. Cela ne pouvait plus durer.

           Heureusement, j’eus une idée : aller sur les lieux de mes rêveries : les forêts de cèdres du Luberon. Mon mari, me sentant à la limite du burn-out, accepta, sans comprendre toutefois le choix de ma destination.

Dès le premier soir, après avoir attendu que Bernard et les filles s’endorment, j’ai filé m’asseoir sur la souche d’un arbre. J’ai souri aux passants, les ai déshabillés du regard.  Et figurez-vous que mon stratagème opéra ! Et ce, à merveille ! Giuseppe fit son grand retour ! Je ne l’avais donc pas définitivement perdu ! Désormais, je n’avais plus qu’une obsession : que jamais, il ne me quitte.

           Le séjour prit fin, et Giuseppe me fit le plus grand des plaisirs : m’accompagner. Il était avec moi. Toujours, tout le temps, la nuit et le jour. Tant et si bien, qu’un beau matin, il m’arriva la chose la plus extraordinaire de toute ma vie.

           J’étais seule à l’agence, un homme est entré et s’est assis en face de moi. Un grand brun ténébreux à la barbe de quelques jours souhaitant séjourner dans les forêts de cèdres du Luberon. Départ dans une semaine. Il se prénommait Giuseppe et attendait la confirmation de la femme sensée l’accompagner. Giuseppe ! Mon Giuseppe ! Mais bien sûr que j’accepte de t’accompagner !Tremblante, j’ai saisi toutes les informations de sa demande sans oser lui dire que pour moi, c’était oui, un grand OUI ! Quand il a franchi la porte, j’ai bondi de ma chaise, fermé l’agence à double tour, et l’ai suivi de loin jusqu’à son domicile. Je me suis faufilée dans l’immeuble, la lourde porte à digicode se refermant au ralenti, j’ai pris l’ascenseur pour l’étage resté sélectionné, et j’ai soupiré de bonheur à l’instant où la porte de son appartement s’est ouverte.

-       Je suis là !

           Feignant la surprise, il n’eut aucune réponse.

           -     Oui, je le veux ! Je viens avec toi, Giuseppe, dans les forêts de cèdres du Luberon!

           -   Mais, madame, il y a méprise… Voyons, je ne comprends pas...  Je ne m’appelle pas Giuseppe, vous le savez bien… 

          La théâtralisation lui allait si bien. Telle une panthère, je suis entrée. Il protesta. S’agita. Nous brûlions d’un même feu. De mes mains audacieuses, je lui arrachai sa chemise. Il me gifla. Je ne pouvais plus rien lui refuser. Je le giflai à mon tour.


           Je ne sais plus ce qui s’est passé ensuite.

           La seule chose que je peux vous dire, c’est que là, à l’instant où je vous parle, sur ce lit d’hôpital psychiatrique, j’en ai assez, mais vraiment plus qu’assez, d’être entourée d’infirmières, envieuses et incrédules, ne pouvant admettre qu’une femme prénommée Monique puisse vivre une telle idylle.

Publié dans concours

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Concours pour les petits papiers de Chloé : racontez un rêve. Deux textes en lice. A vous de choisir !

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 1

 

Si le doute m’était conté…

 

Chaque nuit, il me renvient, plus vrai que jamais. Aucune de mes pensées du jour ne sont à la hauteur de mes songes bercés par l’obscurité. Aucun souvenir éveillé ne vaut nos retrouvailles nocturnes. Je couche mon corps courbaturé, je ferme les yeux, il m’est rendu. Sa voix me parvient, son odeur m’enivre et me voilà à nouveau amoureuse. Mon tendre mari. Je me retrouve dans ses bras, lovée, sécurisée. Et pourtant je sais qu’il n’est plus. Je décompte ces heures sombres, à la joie éphémère, fragile. Il est là, grand, rieur, charmant. Il me semble pouvoir le toucher, fondue dans sa peau. Mais au matin, il n’est plus. Mon rêve en joue. Il me balade dans notre temps, me fait fouler les espaces de ma vie dont il ne me reste que des clichés ternes.

Mes yeux lâchent, mes pensées se taisent, enfin, et je m’évade. Mon corps semble soudain plus léger, perd tous ses maux de vieille femme et me fait courir sur la plage, sauter dans un bois et mieux que gravir les escaliers d’une maison que je ne reconnais pas, je les survole. Vivre et rire ; le temps s’est figé à mes trente ans. J’embrasse mon mari. Seul mon rêve me délivre d’un présent auquel je n’appartiens plus. Pourtant, son visage aux traits flous me perturbe, mais je sais que c’est lui. Je n’ai aucun doute. Je ne veux pas douter de ce passé. Mon rêve me semble maintenant le seul moment qui m’épargne de doutes. Mon doux mari. Il me parle, mais je ne le comprends pas. Je ne peux lui répondre, mais qu’importe… Parler est illusoire. Je veux juste l’aimer. Puis, il me quitte. Encore. Mon rêve ne m’épargne pas. Jamais. S’il ne faisait que me prendre mon mari… Il en fait un être torturé par mes remords, mué en amas d’une vie confuse. Mon mari. Il va vers cet homme, l’enserre et me délaisse. Les oiseaux chantent, la lumière s’invite ; j’ouvre les yeux, seule dans notre lit. Je me tourne vers ma table de chevet, regarde tendrement mes photos et découvre, un jour de plus, que je suis veuve et mère d’un homme qui en aime un autre…

 

Publié dans concours

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Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...

Publié le par christine brunet /aloys

Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...

Martine Platarets était à mes côtés au salon du polar de Bandol... Une auteur dynamique qui n'a pas moins de 22 salons du livre programmés dans son  agenda ! 

Un univers à découvrir...

Mais qui est Martine Platarets ? 

 

 

Martine Perez Platarets, née en 1958, vit dans le Vaucluse. Après avoir écrit de nombreuses nouvelles mises de côtés et quelques poésies, il y a cinq ans, l’envie de tout mettre sur papier et l’écriture l’a emmenée vers une autobiographie avec un premier ouvrage « souviens-moi » illustré par un jeune photographe. Ce premier livre marque un tournant dans le style de la production.

 

Les enquêtes du commissaire Victor Perez « Au-delà de la vie » et « Meurtres en eaux troubles » sont un nouveau tournant vers le roman policier suite à des faits réels de Victor Perez, père de Martine Perez Platarets. Ils ont été romancés et transformés. Un hommage particulier pour cet homme qui a énormément compté dans sa vie. Actuellement la troisième enquête est en court. L’histoire se passera du côté de Bourg-en-Bresse dans l’Ain.

Publié dans présentations

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Brigitte Hanappe se présente et nous parle de son ouvrage à paraître "Le flou du miroir"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Titre du livre : Le flou du miroir


 

Biographie.

Brigitte Hanappe est née en 1959 : institutrice dans l’enseignement spécialisé, elle a toujours été fascinée par le pouvoir des mots écrits. Visualiser ses pensées est un élément tellement utilisé dans son métier.

En 2009, une expérience de vie personnelle et destructrice l’incite à écrire son histoire. Un récit qu’elle laissera des années dans un tiroir avant de décider de livrer son témoignage au public.


 

Résumé du livre : Le flou du miroir

Pour vivre heureux, vivons caché : un adage qu’Hanna s’efforce d’appliquer depuis l’enfance. La société se méfie des différences comme de la peste et Hanna sait depuis longtemps qu’elle est née différente : elle abrite en elle une autre personne, un être secret qui la domine et la protège à la fois. Hanna devient parfois cet autre.

Adulte, la vie semble lui sourire jusqu’à la perte d’un bébé et puis le décès de sa mère. Courage ? Réflexe ? Elle assume puisqu’elle a tout pour être heureuse : une superbe maison, un mari attentionné, deux grands enfants bien éduqués et un métier intéressant. Mais ce n’est que l’apparence que renvoie le miroir de sa vie.

Le jour où Hanna se taillade les veines, c’est un pas vers la mort qui se transforme en renaissance. Avec l’aide d’un psychanalyste, elle explore les souterrains de sa mémoire, elle déterre peu à peu les peurs qui l’habitent et trouve la clé de son secret.

Ses mots et ses souvenirs vont effacer peu à peu le flou du miroir et refléter l’image réelle de ce qui l’a construite et détruite à la fois : un homme qu’elle craint, qu’elle aime…

 

Extrait du livre : Le flou du miroir

Quand j’ai ouvert le tiroir de la cuisine, est-ce moi qui ai empoigné ce grand couteau luisant ou est-ce lui, qui a guidé mon geste ?

C’est le soir : la pièce est sombre malgré l’éclairage des lampes, tout est flou et silencieux dans la maison, les objets n’ont plus de consistance, ils se fondent et se confondent avec une mollesse élastique. Seul le couteau noir à la lame argentée impose son relief dans le brouillard et son éclat me guide impérativement vers la salle de bain.

Après la pourriture de cette journée, enfin, je me sens bien. L’eau bouillonnante pénètre tous les pores de ma peau, la chaleur envahit mon corps maigre comme une drogue bienfaisante. Je peux sourire enfin : mes yeux se promènent sur l’émail immaculé de la baignoire. Je suis seule et pourtant, je le sens s’agiter à l’intérieur de moi. Il est là à m’abreuver de ses conseils malsains…Tout doit finir ce soir !

Le couteau pèse une tonne dans ma main droite et je scie consciencieusement… mollement… trop faiblement. Une voix métallique résonne dans ma tête malade, douce et perfide à la fois, des paroles qui sortent de nulle part s’insinuent comme un souffle de vent dans mes oreilles.

Sûrement la voix du « double » qui vit à l’intérieur de moi !

Il m’aide enfin : le couteau tenu par lui est plus ferme, le geste plus fort. L’eau est à présent merveilleusement rosée, mon poignet saigne.

Je suis si bien quand soudain, la porte s’ouvre, des bras puissants me soulèvent accompagnés d’un cri désespéré. Je reconnais vaguement l’intonation grave de mon époux : 

− Mon Dieu, Hanna, tu es folle, qu’as-tu fait ? 

Et puis, c’est la course : nue sous un peignoir de bain, Etienne, mon mari m’emmène à l’hôpital le plus proche. Je me suis tailladé les veines avec un couteau à découper la viande pour quitter ce monde qui n’était plus le mien depuis longtemps. Je voulais rejoindre les fantômes qui partageaient mon quotidien, un monde hors de la réalité qui n’existait que pour moi.

De toute façon, la véritable Hanna était déjà morte.

 

 

 

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Didier Fond nous présente son nouvel ouvrage à paraître au Editions Chloé des Lys... "Somnambules"

Publié le par christine brunet /aloys

 

LES SOMNAMBULES

Didier Fond


 

Bon, je sais, il n’est pas encore référencé donc il vaut mieux ne pas commencer la pub. Mais je ne peux pas résister à l’envie de vous parler de mon nouveau roman Les Somnambules. Il va bientôt sortir (enfin j’espère) et ceci n’est qu’une petite mise en bouche au regard de ce qui va arriver ensuite, quand tout sera au point…

Vous avez déjà vu marcher des somnambules ? Ils donnent l’impression d’errer sans savoir ce qu’ils font, où ils vont, les yeux parfois ouverts, parfois clos. On s’imagine que la moindre chose va les faire tomber tellement leur démarche est pour certains hésitante, tellement leur équilibre semble précaire ; ne vous y fiez pas. Seul un choc ou un réveil violent peut rompre cet équilibre. Ils sont d’une incroyable agilité, comme si, pour eux, aucun danger ne les menaçait. Vivants endormis, ils accèdent à une autre vie, une existence dans leur existence, meilleure, pire ? Qui pourrait le dire ? Certainement pas eux puisqu’ils ne se souviennent de rien lorsque revient la conscience.

Les personnages des Somnambules leur ressemblent. Certes, ils vivent, ou le croient tout au moins, mais parfois, ils n’en sont pas si sûrs. Alors ils doutent, s’interrogent. Cet enfer de chaleur qu’est leur ville morte, abandonnée, désertée par ses habitants, est-ce la réalité ? Sont-ils en train de rêver ? Ils pourraient presque le croire puisque, leur parcours de héros de roman achevé, ils perdent la mémoire. D’où viennent-il, qu’ont-ils vécu, où vont-ils précisément ? « Au bord de la mer » dit le narrateur : réponse vague mais il ne pourra pas en dire plus...

Nous voilà donc en plein cœur d’une cité étrange, dont on ignore tout, qui ne semble pas être un endroit paradisiaque et ses derniers habitants « vivent » tant bien que mal ; la majorité s’est installée dans la vieille ville, dormant le jour, se réunissant la nuit au « cabaret » pour boire et se saouler de nostalgie, de souvenir et de regrets. Deux d’entre eux ont refusé cette cohabitation quasiment forcée, imposée par les trois personnages qui dominent les autres et nommés « la Divine Trilogie » en référence à leur inflexible volonté et à leur quasi omniscience et omnipotence. Qui sont-ils ? Que cherchent-ils ? Personne ne le sait. Et les jours s’écoulent, lents, si lents, l’attente n’en finit pas, mais attente de quoi ? Toujours des questions, et aucune réponse, jamais.

Leur histoire est racontée par l’un des deux « renégats », qui n’ont pas voulu se mêler à ce groupe de « survivants de Saint-Jean » (c’est ainsi qu’ils s’appellent eux-mêmes) et qui, sans ressembler à leurs compagnons, partagent malgré tout leurs angoisses, leurs espoirs et leur désespoir. Car la vie, là-bas, n’est pas aussi simple qu’elle le paraît : il faut compter avec la menace de la maladie qui peut frapper n’importe qui, avec celle que font peser sur le groupe les nombreux rescapés de cette terrible maladie, ceux qu’on nomme les Gardiens de la Nuit parce que l’obscurité est leur royaume.

Que faudrait-il donc pour briser l’inertie qui les emprisonne dans cette ville ? Que faudrait-il pour les arracher à cette létale contemplation de leur propre vie ? De terribles événements, peut-être, qui briseraient la monotonie des jours et permettraient d’accéder à une fin tant désirée et tant redoutée…

Rassurez-vous. Ils vont arriver, ces événements…

 

 

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Silvana Minchella dans "Bruxelles culture" du 15 septembre

Publié le par christine brunet /aloys

Silvana Minchella dans "Bruxelles culture" du 15 septembre

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BLANCHE ET FRANÇOIS, une nouvelle signée Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

BLANCHE ET FRANÇOIS


 


 

La porte était fermée et pourtant tous savaient que désormais François, l'unique occupant de la petite chambre ne chercherait plus jamais à s'en aller. Jusque-là, François avait fait de timides essais pour fuir l'endroit : il s'était caché dans les douches, il avait feint un malaise pour être soigné à l'infirmerie, il s'était attardé dans la chapelle le jour de Noël. Il avait fait intervenir en sa faveur des deux ou trois ténors du barreau.


 

Mais maintenant, il n'avait plus besoin de trouver refuge ailleurs. Son cœur restait auprès de Blanche et il aurait voulu ne jamais la quitter. N'avait-il pas trouvé la plus merveilleuse amie qui soit ? Avec elle, il était enfin à l'abri de la mortelle solitude.


 

Parfois, il lui parlait, à sa Blanche ! Il l'avait prénommée Blanche, un nom qui lui était plus doux que la soie et plus tendre qu'un bourgeon, puisque c'était celui de sa mère adorée.


 

Elle était entrée chez lui sans y être invitée. Elle l'avait choisi entre des dizaines d'autres. Il avait croisé les deux petites perles noires que sont les yeux de Blanche et il y avait lu tout l'amour du monde. Alors il s'était mis à la caresser, la caresser longuement de son index qu'il avait réchauffé en le posant quelques instants sur le radiateur. Elle avait semblé apprécier et le lui avait fait comprendre en gémissant doucement. Puis, il lui avait offert une friandise au creux de sa main : un petit morceau de fromage fondu. Elle avait dégusté avec plaisir… Il s'était couché sur son lit, et elle s'était nichée près de son cœur. Entre eux, cela avait été un vrai coup de foudre.


 

Ils avaient pris leurs habitudes. Selon son humeur, il lui chantait "Toi ma petite folie…", "Ne me quitte pas", "Les mots bleus", "Que serais-je sans toi ?". Il chantait si bien que le silence se faisait dans tout l'étage. Une ambiance feutrée régnait ainsi… Chacun repensait à ses amours enfuies ou présentes, chacun rêvait. Des yeux devenaient humides, des joues rougissaient, des mentons tremblaient….


 

Plus jamais François ne criait, ne s'énervait, ne critiquait la cuisine, ne se fâchait. Il était devenu tolérant, pacifique, souriant, tout à fait charmant.


 

Il dessinait Blanche sans jamais se lasser. Dans un carnet, il décrivait ses mouvements, ses réactions, ses tremblements ou ses balancements.


 

C'était un si grand amour ! Il ne serait venu à l'idée de personne de s'en moquer ne fut-ce qu'à demi-mot.


 

François aurait voulu demander pardon à Blanche pour toutes les bêtises qu'il avait commises et qu'il l'empêchait de vivre avec elle dans une totale liberté.


 

"Ne me quitte pas d'une semelle, ma douce", disait François quand il rangeait ou faisait sa toilette au lavabo. "J'ai tellement peur de te perdre."


 

Les jours filèrent. Plus de mille jours filèrent. Blanche mourut et Léonard qui, derrière le judas, assista à ses derniers moments eut tôt fait de la remplacer comme cela avait été convenu avec le directeur. Heureusement François dormait et l'opération fut facile.


 

Le lendemain, François s'aperçut de différences mineures : un peu de jaune dans l'œil gauche, une petite tache plus foncée sous l'oreille droite. Il observa qu'elle était devenue moins friande de chocolat, qu'elle appréciait davantage les câlins sur le dos que sur le ventre, qu'elle se plaisait à se dandiner quand il chantait. "Tu changes, Blanche", fit-il "Moi aussi je change, mes cheveux grisonnent, ma peau se ride…", remarqua-t-il comme pour s'excuser de son audace.


 

Ses yeux voyaient, mais il se refusait à admettre l'évidence. Cela lui aurait été trop pénible !


 

Plus de deux mille jours s'écoulèrent. La porte s'ouvrit…François venait de passer plus de neuf ans en prison sans jamais s'imaginer que quatre souris blanches s'étaient relayées près de lui. Toutes tellement adorables et parfaites. Toutes patiemment apprivoisées par Léonard.


 

François sortit avec sa dernière compagne. C'est dans le petit studio que sa mère avait préparé qu'ils ont trouvé un délicieux nid pour eux deux. Il avait oublié le mal qui le rongeait : cette violence qui l'avait poussé un jour à tuer. Il s'était pardonné, il avait pardonné aux autres. Il était pleinement lui-même.


 


 

Micheline Boland

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

 

Publié dans Nouvelle

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