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Albert Niko nus propose un extrait de son recueil "l'homme au grand chapeau n'avait rien à cacher ni rien de grand".

Publié le par christine brunet /aloys

 

poncho


 

Les vieux aiment prendre le soleil d'été, mais seulement à l'ombre d'une maison de retraite aux larges éventails, sur un banc qui leur est tout acquis, avec assez de joueurs pour compléter le fil dentaire.


 

En chemin, il se rappela ce qu'avait dit cette américaine à la télévision de l'appareil photo numérique. Que c'était l'une des inventions majeures du vingtième siècle.

Puis cette fois où il chercha le mot « sébum » dans un vieux dictionnaire, et découvrant, comme par un fait exprès, que le mot qui suivait était « sec ».

Considérant qu'il est vain de pétrir à partir de ce que l'on n'a pas, il se demanda ce qu'il pouvait faire de ça, et s'il devait en faire quelque chose.

S'il savait tricoter, il en aurait fait un poncho.


 

Tout ce que je peux dire pour le moment c'est qu'il prit sa voiture et que cette idée le conduisit jusqu'au soir comme le véhicule d'une journée.


 

givré toi-même !


 

De retour avec ce qu'il fallait chez lui il s'appliqua à disposer les lettres de la première à la dernière, jusqu'au point d'exclamation qui se dressait comme l'ultime piquet d'un jour qu'on a tôt fait de grillager. Puis il retrouva son fauteuil et commença à se rouler une cigarette.

Les jours suivants se déroulèrent comme un escalier roulant après la fermeture, comme quelque chose qui n'est là pour personne et qui continue de briller dans la lumière du soir.

N'empêche qu'il avait toujours un petit rire à chaque fois qu'il passait devant. Cette idée avait germé comme une oasis dans un désert de signification. Des tas de gens font tout un tas de choses, sans rien en retenir, simplement parce qu'ils ne trouvent rien d'autre à faire. Lui, ça lui avait pris un quart d'heure, et il en rigolait encore.

Il essaya de se mettre à la place de ceux qui allaient passer devant, le jour où il devrait s'en débarrasser. Il surprit même une conversation entre deux larrons.

T'as vu c'que ce mec à écrit sur son frigo ? Faut vraiment être...

- Givré ?

- Complètement con, ouais !

- Quant à moi, je ne peux pas m'empêcher de penser que ce « mec » ne manquait pas d'esprit.

- Quand la bidoche sent trop fort, les rats sont encore là que l'esprit s'est barré.

- Tu veux dire que l'esprit s'efface devant les rats, c'est bien ça ?”

Il y pensa, jusqu'à ne plus y penser. Jusqu'au jour où son frigo se transporta sur le trottoir d'en face, à la vue de tous. Ptète que certains allaient s'arrêter, interloqués ; ptète même sourire. Mais il était possible aussi que rien n'arrive du tout – rien sinon le camion des encombrants. Et soudain il sentit quelque chose de pas très agréable remonter, comme un reflux de bile. Ce n'était pas ainsi qu'il concevait la mort de son frigo. L'éventualité que son frigo finisse ainsi s'accordait mal avec l'idée qu'il se faisait de la mort d'un frigo frappé d'un tel sceau.

C'est alors qu'il se remémora cette conversation qui lui avait traversé l'esprit, et combien celui qui se croyait le plus futé l'avait eue mauvaise.

Alors voilà : piqué dans son orgueil, le type avait décidé de se venger. Et, armé d'une hache, il revint à la nuit tombée pour lui asséner plusieurs coups magistraux, jusqu'à l'éventrer. Mais notre lourdaud n'en resta pas là. On raconte qu'arrivé à l'heure de fermeture dans les grands magasins, il s'arrangeait pour qu'on l'y enferme et décimait tous les frigos qu'il pouvait trouver. Il y eut même un article sur lui, avec en photo, pris dans une perspective chaotique, toute une rangée de frigos éventrés suivant le même procédé – à la hache. Choquée, une jeune employée avait déclaré qu'elle ne voulait plus en voir un chez elle.

Comme le début d'une contagion...

Alors non, ce frigo n'était pas mort pour rien.

N'était-ce pas une belle fin, pour un frigo de cette trempe, que de finir entre les mains du Bûcheron des Frigos : ce l'était, assurément.

Ce le fut. Puis il tourna la page.

 

Publié dans Textes

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Bande annonce de Sérénade à la vie... un ouvrage signé Bernadette Gérard-Vroman

Publié le par christine brunet /aloys

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L'un des textes de Carine-Laure Desguin publication dans un recueil collectif, Carré Poétique 2, aux Editions Jacques Flament

Publié le par christine brunet /aloys

 

Carine-Laure, aux Éditions Jacques Flament, les publications en recueils collectifs se suivent…Tu en es à ta quantième publication aux Éditions Jacques Flament ?

 

Oh, je ne sais plus, quelques unes en effet. Et ce n’est pas fini. D’ici quelques semaines, il y en aura d’autres.

 

Une salve de publications puisqu’aujourd’hui tu nous jettes en plein visage une poésie dans Carrés Poétiques 2. Je lis ce texte et oh oh, Carine-Laure, un texte érotique ?

 

C’est érotique, ça ? Je n’avais pas remarqué.

 

Ouais…Tu nous réexpliques ce qu’est un Carré Poétique ? C’est une nouvelle forme géométrique ?

 

Ah, pour les Carrés Poétiques, les contraintes sont très précises. Il s’agit de bien placer son équerre dans l’alphabet ! Tout cela est bien exposé sur le site de l’éditeur. Écrire un texte sans ponctuation de 620 caractères. Et puis zut, je copie-colle car sinon ce sera trop confus. Voilà :

 

« Chaque texte est riche de 620 caractères, espaces comprises, qui s’étagent en 20 lignes de 31 signes pour former un carré parfait de 10 centimètres de côté lorsqu’il est couché sur le papier.


Les symboles . (point) représentent un espace entre mots ou lettres uniques.
Les symboles / (slash) représentent la respiration entre entités qu’ils enserrent à la lecture orale du texte.
Toute majuscule et toute ponctuation (hormis ces symboles) sont bannies des textes reproduits, exceptés les traits d’union et apostrophes »

 

Pas si facile ! Le thème était libre ou il y avait une contrainte à ce niveau-là aussi ?

 

En ce qui concerne le thème, il était totalement libre. Voici ce qu’en dit l’éditeur :

 

Chaque texte a pour titre CARRÉ POÉTIQUE et est numéroté de 1 à ∞ (infini), le projet à son commencement n’étant pas défini précisément dans le temps.
Le sujet n’est pas imposé. Ainsi, le texte peut être narratif, lyrique, épique, satirique, surréaliste, érotique, philosophique, voire engagé, peu importe, pourvu qu’en ressorte une impression poétique au sens que l’on admet généralement au genre

 

 

De quoi parle ton texte, coquine Carine-Laure ?

 

Je ne me souviens jamais des textes que j’écris et d’ailleurs, je déteste expliquer un texte. Pas du tout envie de faire le travail du lecteur.

 

Tu blagues ?

 

Pas du tout. Un texte ne s’explique pas. Et surtout un texte poétique. Ouvrons ensemble la page 17…

 

Ah oui…C’est pas de la guimauve, Carine-Laure.

 

Ça dépend.

 

Carine-Laure, tes activités littéraires du moment ?

 

Y’a du boulot. Toujours en chantier un texte pour Aura. Le thème de ce trimestre c’est « bord ».

 

Bord ?

 

Oui, alors j’ai pris ça dans un sens très large. Disons que déBORDement me conviendra bien.

 

 

Insolite…Et là, c’est un autre texte ?

 

Là, c’est la maquette du prochain livre.

 

Ah ! Intéressant, ça ! Un prochain livre ?

 

Oui, l’avis du comité de lecture des Éditons Chloé des Lys et le thème du livre, tout est expliqué ici :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2018/06/13/36482903.html

 

Bien, Carine-Laure ! On attend avec impatience la sortie de ce « Transfert » ! Et en attendant voici le lien vers ce recueil, Carré Poétique 2 :

http://www.jacquesflamenteditions.com/339-carres-poetiques-2/

 

Je ne t’ennuie pas plus longtemps. Tu es occupée. Téléphone, pc, le chat qui miaule, etc. Voici le lien vers le press book de Carine-Laure :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

 

Et le lien vers les Editions Jacques Flament pour le Carré Poétique 1 :

http://www.jacquesflamenteditions.com/323-carres-poetiques-1/

 

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L'amante, un poème de Joël Godart paru dans la revue LICHEN

Publié le par christine brunet /aloys

http://lichen-poesie.blogspot.com/p/joel-godart.html

http://lichen-poesie.blogspot.com/p/joel-godart.html

 
 
Joël Godart
 
 
Amante
 
L' or des jours s'est posé sur tes lèvres
Amante au goût d'amande
Qui défait le jour pour la nuit
Et refait la nuit avec le jour
Amante au goût de lait dans l'amande 
Mon amante a la bouche en amande
De tes doigts tu joues sur le bouquet des heures
De ta bouche tu fais que s'envolent les promesses
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Joël Godart a longtemps vécu dans la région de Lille et depuis peu en Bretagne avec la mer pour voisine. Il écrit depuis l'adolescence, avec des périodes de silence. Trois livres publiés à ce jour, chez Chloé des Lys (éditeur belge), deux recueils de poèmes, puis un livre de photographies réalisées au cimetière du Père Lachaise à Paris. Il travaille actuellement sur un ensemble de textes en hommage à Rimbaud... C’est sa première apparition dans Lichen.
 

Publié dans articles, Poésie

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Katty Henderson nous présente son ouvrage "La vallée de Viroinval"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie – Katty Henderson

 

 

Katty Henderson est maman de deux jeunes filles, enseignante en français dans une école bruxelloise. Elle manie la plume depuis toujours...

Avec « La vallée de Viroinval », elle nous livre son premier roman, intense et profond.

Cependant, elle n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle a déjà à son actif l'écriture de 3 pièces de théâtre qui ont été mises en scène :

 

  • Juste différente (la folie)
  • Ils se sont tous tirés (le voyage)
  • Exagératos (la téléréalité)

 

Résumé :

Elsa la sauvageonne, Etienne l'artiste, Jean-Marc le jeune cadre dynamique; trois personnages aux parcours de vie diamétralement opposés !

Qui est cet homme dont le visage et l'allure vont paraître familiers à Elsa, elle qui vient de rencontrer l'amour après tant d'années passées à se reconstruire ?

Saint-Valéry en Caux, Evreux, la vallée de Viroinval, trois lieux où se nouent et se dénouent des liens étranges. Un village où les gens s'interrogent. Un autre où les histoires passées hantent le présent.

Un roman où le lecteur est plongé dans une ambiance pour la vivre intensément !

 

 

 

 

Extrait de la vallée de Viroinval – Katty Henderson

 

 

Elsa arriva à la petite gare de Couvin sans aucun bagage.

 

Elle hésita quelques instants avant de monter dans le bus 60 de la TEC qui la déposa à quelques minutes de la maison.

 

Ce bus, elle l'avait pris mille fois... elle effectuait aujourd'hui ce trajet comme un automate...

 

La végétation avait débordé à certains endroits..., certaines rues avaient été ré-asphaltées, quelques maisons légèrement modifiées, mais le paysage n'avait pas changé.

 

Elle descendit à Olloy.

 

Elle emprunta le petit sentier qui longeait le Viroin, sachant d'emblée qu'elle allait débouler juste devant la maison, au 6, route de Viroinval.

 

Elle ralentit le pas comme elle l'aurait fait autrefois pour montrer à Mathias un papillon ou une coccinelle... Sauf que cette fois, ce fut pour avaler la boule qui lui nouait la gorge...

 

Retarder encore un peu le moment du face à face avec elle-même...

 

Au bout du sentier, elle aperçut la boîte aux lettres, le chiffre 6 un peu rouillé. La grosse cloche qui leur servait de sonnette...

 

Elle s'arrêta... Ses jambes flageolaient...

 

Elle pensa à Etienne et cela lui donna la force d'avancer encore un peu...

 

La maison était close depuis des années, cela ne faisait aucun doute. Le vieux pommier chargé de fruits tendait ses branches vers le sol. Il n'y avait plus qu'à cueillir... Les orties avaient envahi l'allée.

Publié dans présentations

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Le blog "les lectures de Maryline" a lu "Fractures" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/fractures-a144922534

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/fractures-a144922534

Résumé de l'éditeur :

 Bienvenue dans un monde où la réalité ne semble pas du tout celle qu'elle semble être. Où l'horreur côtoie le gore et où un simple détail fracture toutes nos certitudes. Ouvrez ce livre, mais après vous être assuré que vous êtes en sécurité, chez vous. Avec la porte bien fermée. D'ailleurs, ce bruissement, là, derrière vous, est-ce que... Non, c'est sans doute le vent...

 

 

Mon avis :

Wahou!! J'adore ce genre de livres! Des petites histoires toutes plus folles les unes que les autres m'ont permis de passer un très bon moment.

Laurent Dumortier est un génie! Avec quelques mots et des situations complètement farfelues, il arrive à créer une histoire dingue. Oui, dingue est bien le bon mot! Parce que franchement, on se retrouve dans des situations vraiment farfelues, folles et improbables. J'adore!

Nous sommes en présence d'un recueil de mini-nouvelles, oui, elles sont vraiment petites, elles ne font, pour la majorité, que deux pages chacune ou une ou deux de plus. On passe du coq à l'âne mais c'est génial, l'ambiance, les lieux et les personnages changent tout le temps, mais on ne se perd pas. Il faut passer à autre chose, à chaque final. Bref, je suis fan!

On ne sait jamais comment ça va se terminer, l'auteur arrive à nous faire douter à chaque instant. Quand la fin arrive, on reste "coi", on n'y croit pas, on sourit, on a peur... Bref, on ne sait pas ce qu'il va nous arriver lorsqu'on va tourner la page. Un très très bon moment de lecture, une vraie belle découverte que cet auteur, je vous le conseille vivement, on passe à chaque fois un merveilleux moment. Cet auteur a une imagination de fou, il sait nous dérouter et nous surprendre.

Publié dans avis de blogs

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"Fleur marine", un poème signé Jean-François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

 

Fleur marine


 

Il est une fleur dans la nuit

Dans la nuit noire du temps.

Il est une fleur dans mes souvenirs

Qui s’étiole lentement et se fane.


 

Par-dessus les grandes falaises de la mer

Passe le vent fou qui vient du large.

Il vient de là-bas, de l’autre côté de l’horizon

D’où personne, jamais, n’est revenu.


 

Sur la plage où les enfants nagent

Git un vieux rafiot d’autrefois.

Point de marins à la barbe drue,

Mais quelques noms, sur la pierre froide,

En mémoire de ceux qui ont disparu.


 

L’océan est partout, qui s’agite et gronde,

Puis qui déferle sur les falaises du temps.

Il est une fleur dans ma mémoire

Que le vent emporte jusqu’à l’horizon.

Publié dans Poésie

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Séverine Baaziz nous présente son roman "Mamie Paulette"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie :

 

Séverine Baaziz est née à Amnéville, en Lorraine, en 1978.

Les pieds sur terre et la tête dans les nuages lui permettent de vivre plusieurs vies : épouse, mère, informaticienne… sans oublier auteure à ses précieuses heures volées au temps.

Mamie Paulette est son second roman.

 

Résumé :

 

Un toit. Trois générations. Et l’irrésistible envie de s’étriper…

 

Jules, quinze ans, a toutes les raisons de déprimer. Sa mère n’a d’yeux que pour les roses, les chats et la chasse à la poussière ; son père est tremblotant de tics ; ses camarades de classe adeptes du langage des poings. Et pour couronner le tout, sa grand-mère, aussi aimable qu’une lame de guillotine, emménage sous son toit…

Sauf que la petite dame aux pas ankylosés d’arthrose va donner du sens à sa vie.

 

Une comédie drôle, moderne et bouleversante, ode à la vie et au courage.

 

 

 

Extrait :

 

Ding dong… Ding dong…

Jules et Paulette, sur le palier de l’étage, se regardent mollement.

Ding dong… Ding dong…

  •   J’y vais, se lance Paulette.

Deux tours de clef et la porte s’ouvre.

        —   Le ballon de mes filles est dans votre jardin, vous pourriez nous le renvoyer ?

        —   Oui… Je vais demander à mon petit-fils de s’en charger.

De près, le voisin aux épaules de colosse fait encore plus figure de nerveux. Il a la pomme d’Adam saillante, des cernes de mafieux et des petits reniflements intempestifs. Paulette le regarde se retourner et prendre le chemin de la porte d’à côté. Quelques pas stoppés par une doléance :

        —   Excusez-moi Monsieur, je voulais vous demander s’il était possible que vos filles fassent un peu moins de bruit. Le calme pour lire, c’est tout de même plus facile.

Le visage se retourne et droit dans les yeux :

—   C’est un quartier familial, ici, madame. Si vous supportez pas les gosses, faut penser à la maison de repos. Je suis chez moi et mes filles, elles font le bruit qu’elles veulent.

« Vieille bique ! », finit-il par penser à voix haute.

La porte se ferme.

  •   Chlui rends le ballon, ou pas ? demande Jules.
  •   Non.
  •   T’es sûre ?

—   Oui. Tu l’as entendu comme moi. La vieille bique ne rendra pas le ballon. J’ai été courtoise et lui odieux. Qu’il le récupère tout seul, son ballon. S’il peut s’égratigner un peu au passage, ça ne sera pas pour me déplaire.

  •   T’as raison.

        Les deux têtes rebelles s’en vont à l’étage, et curieuses de la tournure des choses, se plantent juste derrière le rideau de la chambre de Paulette. Ni vus ni connus.

 

Deux cent cinquante-trois secondes plus tard, on sonne à la porte.

Ding dong... Ding dong…

Jules et Paulette chuchotent mais ne bougent pas. Pas d’un  iota. Furieux, le voisin s’en retourne chez lui, rejoint le jardin, au pas de course, enjambe le grillage et gesticulant à outrance, se tort la cheville, vocifère, perd de peu l’équilibre pour, finalement, se rattraper à une longue tige piquante à souhait. La main en sang, il empoigne le ballon. Il gigote, se démêle, bat du corps, tel un poisson hors de l’eau, mais une mèche métallique le tient prisonnier par une maille de pantalon. Les nerfs bouillonnent. Il jette un regard vers les fenêtres des Chédart et insulte à tout va.

« Connards de vieux ! Vieille peau ! AIE ! FAIS CHIER ! »

Jules et Paulette se gondolent de rire, à ne plus pouvoir reprendre leur souffle.

Tous les deux s’assoient un instant sur le rebord du lit.

—   Si les parents apprennent ça, on va prendre cher, mamie.

—   Ces deux poules mouillées ! Tu parles ! Si ton père avait été là, il n’aurait même pas pris ma défense.

        Jules n’a aucun doute là-dessus.

        —   Tu sais comment je les appelais, tes parents, avec Pierrot ?

  •   Chais pas.
  •   Tic et Toc.

Jules sourit. Puis beaucoup moins. Il baisse les yeux, avant de les relever et de demander à sa grand-mère :

  •   Et moi, tu m’appelais comment ?

Publié dans présentations

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La powezie, c’est pas si dur que ça ! Un texte de Bob le Belge pour une rentrée de vacances dégantée !

Publié le par christine brunet /aloys

 

La powezie, c’est pas si dur que ça !

 

J’ai une copine Carine-Laure (* nom d’emprunt) qui m’a tout expliqué, vu qu’elle publie chez tous les éditeurs spécialisés du genre : elle m’a cité des noms que je ne connais pas (vous non plus sans doute) mais rien qu’à les entendre on comprend que ce sont de vrais powètes : Le Tréponème Rose Bonbon, Lichen, les Cahiers de l’Hors-d’œuvre Lunaire, Le Coudrier, Clepsydre (sais même pas ce que c’est), Aura ou Aura pas… bref ça court les blogs, ça mange pas de pain et ça en jette.

 

C’est simple qu’elle m’a dit. Tu écris une ligne qui se termine par un phonème que tu reprends dans la ligne suivante, peu importe quoi. Moins on comprend, plus c’est powétique. Un exemple…

J’aime voyager en chemin de fer,

Faire du chemin c’est aller loin…

 

Non, un instant, erreur… le phonème, c’est à la fin ta ligne qu’il faut le répéter, pas au début. On dit alors que ça rime. Je reprends :

 

J’aime voyager en chemin de fer, ok.

C’est plus efficace qu’un somnifère. Voilà, ça rime.

Qui a dit « à rien » ?

 

Si tu trouves pas qu’elle a ajouté, y ‘a sur le net 36 dictionnaire pour t’aider : Jennifer, conifère, bonne affaire… au choix.

 

Bon j’essaie, avec une rime riche. C’est un gros phonème, preuve que t‘as beaucoup de vocabulaire…

Lis trois powètes ensemble,

Tu verras qu’ils se ressemblent.

 

On peut aussi alterner avec des rimes masculines et féminines

 

C’est une jolie gonzesse (féminin)

Elle porte un pantalon (masculin)

Ca lui moule bien les fesses (féminin)

On dirait deux p’tits ballons (masculin)

 

Tu vois qu’elle m’a dit (et elle en connait un bout), c’est pas plus compliqué qu’un sudoku. Si en plus, tu racontes des trucs tristes et les déclames en gémissant une main à l’envers sur le front comme si tu souffrais de coliques ou d’une grande peine d’amour (c’est la même chose), c’est la gloire. Les nanas tombent comme des mouches, t’as plus qu’à ramasser.

 

Pas tombé dans l’oreille sourd.

Depuis, je m’entraîne tous les jours,

Les yeux au ciel, la main, sur le coeur

La voix chevrotante, le regard enjôleur,

Et ça marche. Pas toujours, de temps en temps.

Mais ça m’suffit, suis plus tellement vaillant.

 

Je suis un powète.

Publié dans Textes

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Bonnes vacances ! On se retrouve en septembre !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

 

Image du Blog nathou.centerblog.net

 

 

 

On se retrouve le 1er septembre !!! Bonnes lectures ou... bonne écriture !

 


Source : nathou.centerblog.net sur centerblog.

Publié dans ANNONCES

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