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Le rivage d'un océan sans terre... Extrait proposé par son auteur, André Elleboudt

Publié le par christine brunet /aloys

Un extrait

 

"Installez-vous !" Je ne savais pas que pendant des semaines, des mois, des années, cette phrase allait devenir une des (trop) nombreuses clés ouvrant les portes sur le chemin de ma… possible guérison. La table de soin des kinés, faite de délicatesse, de douceur, de vigueur, de douleur, de rire et de sourire aussi, de paix mais aussi de craintes. S'en remettre à la compétence (espérée et reconnue) et aux mains de kinés, praticiennes et praticiens généreux, chercheuses et chercheurs audacieux qu’il me fait toujours plaisir de rencontrer parce qu’ils sont pros et surtout attentionnés, délicats et de chez qui je sors dans un meilleur état que lors de mon entrée mais, malheureusement, pour un laps de temps toujours trop bref à mon goût. Plus de dix ans de kiné, deux fois par semaine en moyenne et un bien-être réel mais trop fugace et faisant parfois rêver à cette période où tout va tellement bien dans la vie que l'on n'imagine même pas que cela peut être autre. Terrible insouciance. Apprentissage douloureux de m'accepter tel dans l'espoir d'une guérison dont je ne connais que le mot.

 

Assis près d'un chemin de terre ocre et de pierre,

le regard déposé, la main sous le menton,

ses pensées s'en venaient, tantôt oui, tantôt non,

fallait-il en l'état oser d'autres traverses ?

 

Souvent ce que l'on n'a rend le pas plus alerte.

Inerte son audace. Beaucoup de lassitude

rendait la foulée morne ; l'envie d'en rester là

emplissait peu à peu le sang d'incertitude.

 

Le cœur ne se battait, le flanc ne saignait pas,

les coups n'en pouvaient plus de tant vouloir virer

de caps en espérances vers d'océans lointains,

il est loin le rivage d'un océan sans terre.

 

Que la force fait mal quand elle vient à manquer,

que la souffrance est vaine, les matins éphémères

lorsqu'en le cœur s'enfonce la dent de la douleur

et que, tel un baiser sur des lèvres d'épines,

les jours perdent saveur ; la vie est assassine.

 

Ce qui aux jours de feu, au plus profond de l'être

rend les corps fous et moites, les passions violentes,

se perd, meurt et l'amour rendu tiède et sans joie

ne peut non plus suffire, simplement à survivre.

Il est malaisé d'être à moins que d'avoir l'air.

Publié dans Poésie, Textes

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Si les yeux s'ouvraient, une nouvelle signée Louis DELVILLE

Publié le par christine brunet /aloys

 

Si les yeux s'ouvraient


 

Si les yeux s'ouvraient, si mes yeux s'ouvraient, si nos yeux s'ouvraient…


 

Que de "si" pour un geste tellement simple. Ouvrir les yeux, voir le monde tel qu'il est. Voir les autres et voir que, malgré tout, il y a des choses qui vont bien.


 

Depuis plus de soixante-dix ans, nous vivons en paix. Notre pays n'est pas trop mal fichu et notre climat est, comme on dit, "maritime tempéré".


 

Ouvrons quand même nos yeux aux misères des autres, aux pays en guerre ou frappés par les catastrophes naturelles.


 

Mais ouvrons aussi les yeux sur les enfants qui jouent, sur les gens qui rient, sur les trains qui arrivent à l'heure ou sur la naissance d'un petit d'homme accueilli avec amour.


 

Ouvrir les yeux sur l'actualité et comme disait je ne sais plus qui : "Le jour où il n'y aura que des bonnes nouvelles à la une des journaux, cela signifiera que c'est l'exception."


 


 

Louis Delville

 

Publié dans Nouvelle

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"Floche", une poésie extraite du nouveau recueil de Patrick Beaucamps "En chemin jusqu'ici"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Floche

 

Nous emmenons notre fils

à sa première fête foraine.

Je l’installe sur le carrousel

et remarque qu’il n’y a plus

de floche !

Un coup d’œil rapide

aux alentours m’affranchit.

Plus de pommes d’amour

tenues par les amoureux.

Plus de barbes à papa

maculant les joues des enfants.

Plus de blousons en cuir

bravant les auto-tamponneuses.

Plus de ballons perdus

s’évaporant dans le ciel.

Même les chevaux de bois

ont disparu du tableau

que je gardais en mémoire.

Ma femme me tend un croustillon.

Nous soufflons sur mes souvenirs.

Publié dans Poésie

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Cyriaque Maixent Ebenga nous propose la conclusion de son essai d'éthique politique "Reconstruire le Congo-Brazzaville : une approche contractualisée"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Conclusion

 

Cette réflexion sur la réconciliation et la reconstruction de la société congolaise, la classe politique doit donner un message d’espérance et un signe fort aux populations, indiquer quelques défis posés dans la lutte contre l’impunité, la corruption, la prolifération des armes de guerre etc.

Il apparaît clairement que cette entreprise nécessite la participation de tous, car c’est à tous les Congolais que revient cette lourde tâche de réaliser le projet de bâtir un pays dans son ensemble comme un seul espace de vie, où les valeurs fondamentales unissent les hommes et les femmes de tous les horizons pour la plus grande ambition : l’avènement d’un nouveau Congo, capable de créativité et d’innovations dans les domaines les plus décisifs dont dépend l’avenir de la femme, à savoir la science et la technologie, l’éducation et la formation, le développement de l’esprit patriotique, l’interaction, le dialogue avec les autres non pas comme des ennemis mais des frères avec qui ils sont condamnés à vivre sur le même territoire.

Dans cette perspective, le changement de mentalité, comme nouveau comportement a comme manifestation primordiale de rassembler les hommes et de les constituer en une structure d’épanouissement pleine : la Nation.

La Nation, est en effet, nouée et constituée par l’esprit patriotique comme principe global et espace de pratique bienfaisante du pays (changements politique, économique, social et culturel.)

En manière de conclusion, reprenons les grandes articulations de notre démarche.

Nous nous sommes essentiellement attachés à circonscrire le cadre d’émergence du Congo de l’espoir dans ce Congo du désespoir. Nous avons vu que le drame est celui d’une crise des conditions mêmes de l’existence, du blocage dans le fonctionnement de tous les secteurs primordiaux de la vie sociale, de la détresse, du tribalisme que les Congolais tiennent sur eux-mêmes et sur leur destin.

Dans un, pareil contexte, il n’est pas facile de mettre fin à ces comportements à court terme et produire un espace d’espérance collectif vraiment créatif.

Tous les effets que les Congolais avaient produits, et qu’ils croyaient se donner à eux-mêmes une image fertile de leur destinée se sont avérés, n’être que des effets oniriques sans grand impact sur leur réalité.

Tout ce que nous venons d’écrire montre que la perspective d’un changement de mentalités au Congo ne sera pas seulement réduite à une réforme des systèmes de gouvernement. Elle engage tout un nouvel art de vivre que doit fonder une nouvelle perception de point de départ de la réflexion qui devra être aujourd’hui le Congo de l’espoir : celui dont les Congolais parlent peu ou presque pas par rapport à celui dont ils parlent le plus c’est-à-dire le Congo du désespoir, de l’immobilisme du doute voire de la désespérance.

Mais comment le Congo de l’espoir peut-il venir à bout du Congo du désespoir ? Par les armes de la lucidité et de la responsabilité. Ceci implique que les Congolais doivent d’abord se rendre compte de leurs faiblesses, avant de définir des qualités suprêmes qui donnent sens à la vie humaine et assurent la cohérence à l’humanité même de l’homme ; transformer une nouvelle culture fondée sur la violence en une culture de l’intercompréhension et de la solidarité réconciliatrice.

Ce sont ces enjeux-là que l’avènement de la réconciliation et de la démocratie, au sens fort du terme, feraient surgir. Il faudrait les aborder en profondeur et avec lucidité, notre effort de pensée ne peut que déboucher sur l’horizon d’où surgiront les questions ultimes sur la vie de l’homme, le destin de l’être et la destinée du pays, situées en amont et en aval, de tout effort de développement.

Ainsi, est-il urgent, pour les Congolais de prendre conscience des enjeux qui les interpellent, de réconforter les espoirs anéantis par des années de guerres civiles et entreprennent des actions en profondeur fondées sur des convictions politiques objectives. Nul doute que le vaste programme qui viendrait à bout du Congo du désespoir sera réaliste et ambitieux, loin des politiques démagogiques et de division qui ont plongé le pays dans un véritable chaos.

Certes, nul n’est à l’abri d’erreurs, mais à nos yeux, c’est l’avenir de tout un peuple qui est à la merci des armes ; une question fondamentale interpelle tous les Congolais : comment exorciser le Congo du désespoir ?

Sous notre objectif, la thérapeutique consiste en la place d’un vaste programme politique, économique, social et culturel. Le Congo a conscience, dans sa profondeur, de vivre une période bien difficile, même s’il a contribué à ce qu’elle survienne. Et sans doute ressent-il aussi la crainte que l’avenir soit plus sombre qu’on ne veut le dire, que même la prochaine alternance ne sache pas résoudre ses problèmes, qu’elle ne lui apporte qu’un soulagement passager, par des remèdes mal choisis et insuffisamment préparés, et qu’elle demeure incertaine, changeante, doutant d’elle-même dans un monde menaçant et impitoyable. La réponse à cette contrainte existe. Elle réside dans la chance, peut-être unique, offerte : la réconciliation.

Dans une situation de dérive globale que connaît le pays, la parole de Dieu aussi offre des repères que la pensée de la reconstruction a à développer conceptuellement et à définir concrètement pour gérer ces temps de crises que vivent les Congolais. Interprétée dans sa trame la plus profonde où se dévoile la destinée de l’humanité selon le projet divin, elle fournit les structures de valeurs fondamentales qui définissent clairement les orientations de lutte contre les pesanteurs et les pouvoirs de rupture entre Dieu et le monde de l’homme.

Ce sont ces valeurs anti-crise que l’esprit met en lumière comme structures de conscience et d’existence pour l’homme congolais d’aujourd’hui.

- les valeurs de travail, d’intervention et de responsabilité ;

- les valeurs de fraternité et de solidarité ;

- les valeurs de vigilance spirituelle et de confiance. Reconstruire le Congo nouveau en fonction de l’humain en tant que ferment anti-fatalité et puissance de transformation du monde en espace de vie, sans lequel les Congolais travailleront en vain.

 

Le but de cette réflexion a donc été d’amener les Congolais à changer de mentalité à réfléchir en énergie qui le feront agir en nouvelles raisons de vivre et de mourir pour la Nation, en nouvelle force de vie pour croire et espérer. N’est-ce pas là le véritable problème éthique du pays, le vrai pari pour créer un Congo nouveau et ouvrir au destin du congolais un chemin d’avenir lumineux et d’espérance ?

Publié dans présentations, Textes

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L'homme en noir, une nouvelle signée Micheline BOLAND

Publié le par christine brunet /aloys

 

L'homme en noir


 

C'est un petit homme maigre habillé d'un costume noir et d'une chemise blanche. Sa seule fantaisie vestimentaire ce sont les petits pois multicolores qui décorent sa cravate noire. Cheveux noirs, fine moustache noire impeccablement taillée, monture de lunettes noire, chapeau noir, mocassins noirs fort bien cirés, il parcourt la ville d'un pas rapide. Nul ne sait où il habite. Mais chacun sait où il va le plus souvent. Il se rend chez le bourgmestre, chez l'évêque, chez le gouverneur, chez des hommes politiques de tous bords et chez le directeur du centre culturel. Bref, il rend visite à des personnalités chez lesquelles il reste généralement moins de deux heures !


 

Les gens se demandent qui il est, ce qu'il fait. Certains émettent des hypothèses… Pour les uns c'est un financier de l'ombre, pour les autres, un détective privé qui vient rendre des comptes, pour d'autres encore, un parent ou un ami de jeunesse, vous savez il y a parfois de ces coïncidences ! Pour quelques-uns encore, c'est peut-être le diable.


 

Maria fait le ménage chez le bourgmestre et chez l'évêque. Elle, elle espère un jour savoir de quoi il retourne. Elle s'en vante même auprès de ses voisins : "Je saurai, je saurai… Les murs ont parfois des oreilles." Malheureusement, l'opportunité de le croiser chez ses patrons ne se présente pas de sitôt. Alors Maria patiente. À un moment ou l'autre, elle en est certaine, le sort lui sera plus favorable.


 

Un jour, le petit homme vêtu de noir se présente chez le bourgmestre qui, hélas, s'est absenté pour une urgence.


 

"Attendez là ! Mon mari sera de retour dans une petite demi-heure", annonce l'épouse ! Là, c'est le salon. Après avoir nettoyé le hall, Maria se hasarde dans le salon. "Excusez-moi Monsieur, des bibelots et des meubles à épousseter."


 

L'homme est plongé dans une revue, mais cela n'empêche pas Maria de tenter d'amorcer une conversation :


 

"Beau temps n'est-ce pas, Monsieur !"


 

"En effet…"


 

"Vous devez avoir beaucoup de travail en cette saison ?"


 

"Il n'y a pas de morte saison…"


 

"C'est comme moi ça. Mais vous c'est quand même différent…"


 

"Disons ça comme ça…"


 

"C'est quoi au juste votre boulot ?"


 

"Un peu de tout…"


 

"C'est comme moi aussi ça. Mais laver les vitres ça me semble le plus exigeant… Et pour vous le plus exigeant, c'est quoi ?"


 

"Cela dépend…"


 

Des réponses floues le bonhomme en donne tant et plus. Lorsque le bourgmestre est de retour, la curiosité de Maria est loin d'être satisfaite. C'est on ne peut plus frustrant ! Elle se dit qu'elle aurait dû y aller plus franchement. Demander au bonhomme s'il voulait bien l'aider. Quels genres de clients il préférait ou depuis quand et à quelle occasion, il avait connu Monsieur le Bourgmestre ?


 

Et le temps passe. Et la curiosité de Maria ne s'éteint pas…


 

Un jour, l'évêque lui semble particulièrement enjoué…


 

"Bonjour Maria ! Pas de nettoyage aujourd'hui. Demain, je reçois ma famille pour goûter. Les enfants vont sûrement salir. Alors faites-moi, je vous prie, le fameux gâteau aux noix que vous aviez préparé l'autre jour. Si vous en avez l'occasion faites aussi un cake aux pommes, un autre aux poires et caramel, des galettes, quelques religieuses, des pets de nonne et un délicieux saint-honoré. . Heureusement que vous êtes aussi bonne cuisinière que femme de ménage, Maria ! Une remarque ? Une question ?"


 

"Monseigneur si j'osais… Je vous demanderais… qui est ce petit homme moustachu habillé de noir que vous recevez parfois… Est-ce un de vos parents ?"


 

"Un parent ? Qu'est-ce que vous allez chercher là… C'est un ami, un ami très précieux, précieux comme l'êtes Maria…"


 

"Oui, mais qu'est-ce qu'il fait, Monseigneur ? "


 

"C'est personnel, Maria…"


 

"C'est votre tailleur, n'est-ce pas…"


 

L'évêque se met à rire et s'en va… Maria y voit là une sorte d'acquiescement.


 

Mais un jour le bourgmestre envoie Maria aider le personnel d'entretien du centre culturel en vue de la visite du Ministre et là, Maria y aperçoit le petit homme en noir. Le directeur s'isole avec lui dans son bureau et Maria qui a de bonnes oreilles a pu entendre le petit homme qui disait : "Le bonheur est de laisser chanter la vie à travers les arts…" et le directeur répéter après lui "Le bonheur est de laisser chanter la vie à travers les arts…". Puis de nouveau le petit homme qui intervenait : "Plus posément, Monsieur. Pensez à bien respirer, à bien articuler. Soyez plus détendu. Encore une fois…"


 

D'un coup, Maria sut… Et les sermons ampoulés de Monseigneur, les discours passionnés du bourgmestre n'eurent plus de secret pour elle !


 

(Texte finaliste au concours "Fais-moi un conte de Surice en 2016)


 


 

Micheline Boland

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"OR 2.0" chroniqué par le blog "Les lectures de Maryline"

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/or-2-0-a137083640

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 Résumé de l'éditeur :

Ce livre est un clin d’œil à tous les Outre-Rêveurs qui m’ont beaucoup appris durant ces quelques années. Ils se reconnaîtront. OR 2.0 est une énième libération. Une évolution. Un ensemble de textes personnels brillamment illustrés par Julien Adans.

 

 

Mon avis :

La couverture me faisait penser à du gore, du sanglant, du hard... Mais ce ne sont que les illustrations qui sont représentées ici de cette manière. Par très à mon goût d'ailleurs mais je dois reconnaitre que le talent est là. 

Concernant les poèmes, j'ai deux pensées : certains sont beaux, bien trop courts, ils sont fluides et m'ont un peu émue par la sensibilité qu'ils dégagent. D'autres sont moins subtils et m'ont bien moins touchée.

Un petit recueil sympathique mais qui n'est pas illustré comme il le devrait.

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Le blog "Les lectures de Maryline" a lu "BB12" d'Anne-Sophie Malice

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/bb-12-a137085828

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 Résumé de l'éditeur :

BB12 est dans la même ligne que les deux premiers opus, à savoir que ce sont des textes poétiques, comme dit mon éditeur, Laurent Dumortier. Je ne sais pas si je serai capable un jour de décrire ce que j'écris. Lire c'est se faire une idée directement.

 

 

Mon avis :

Ce que j'ai aimé dans ce recueil c'est la façon poétique qu'a l'auteur pour parler d'elle (si c'est bien d'elle dont elle parle dans les textes). Une sorte d'autobiographie ou encore de témoignage mais en vers, en prose... Et c'est très réussi. On passe par plusieurs émotions, on ressent différents sentiments, on a envie d'en savoir plus sur elle, sur sa famille et ses proches.

De plus, pour enlever la monotonie parfois trouvée dans des recueils de poèmes, la mise en page de celui-ci m'a énormément plu. Un choix alphabétique, une police et un type d'écriture différents à chaque page m'ont permis d'apprécier encore plus ce recueil.

Merci à l'auteur de se dévoiler de si belle manière.

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Le blog "Les lectures de Maryline" a lu "Lettres ouvertes à Pierre" d'Anne-Sophie Malice

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/lettres-ouvertes-a-pierre-a137724860

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Résumé de l'éditeur :

J'ai écrit, durant quelques mois, après le suicide de Pierre et "ma" thrombose, en 2015. C'est ce que j'ai écrit de plus personnel jusqu'à présent. Même si je parle souvent de ce qui me touche, je détourne, tergiverse, fais de l'humour. Ici, même avec la dérision, je dis les choses.

 

 

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé lire ces lettre que l'auteur adresse à l'être aimé, Pierre, mort prématurément. Il a décidé de quitter ce monde alors qu'elle est malade elle aussi et qu'elle reste donc seul dans ce monde hostile.

On ressent tellement d'amour dans ces lettres! On a envie d'aider l'auteur, on a envie de la prendre dans ses bras, de la connaitre pour pouvoir lui apporter du soutien. C'est un vrai hymne à l'amour!

J'ai passé un très bon moment en compagnie de ces mots poétiques, ces lettres d'amour, ces phrases d'un jour...

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"Les jeunes aujourd'hui écrivent plus que jamais"...

Publié le par christine brunet /aloys

"Les jeunes aujourd'hui écrivent plus que jamais"...

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Marie-Noëlle Fargier nous propose une nouvelle...

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Noëlle Fargier nous propose une nouvelle...

Les poules aux œufs d’or- version XXI ème siècle de Marie-Noëlle Fargier


 

Il était une fois un aiglon au plumage brillant, très attentif à une apparence soignée que ce soit pour sa personne ou son environnement ; l’œil vif, il était toujours affamé de chair fine et délicate. Sur son rocher il faisait les cent pas, la tête penchée vers la terre, il réfléchissait. Une question le hantait « Comment puis-je parvenir à me rassasier et faire un monde plus propre ? » Un sourire se dessina sur son bec impérial. Son plan s’élaborait.

Le jeune aigle partit à la rencontre des poules aux œufs d’or. Souriant, convivial, bienveillant et séduisant dans son brillant pennage, il se fit ami avec les plus notables poules. Ces dernières avaient bien remarqué son insatiable appétit et plutôt que devenir sa proie, lui donnèrent un œuf, puis deux, puis trois…L’aigle aux manières affables accepta ces présents. Cependant il voulait comprendre comment cette alchimie pouvait s’opérer. Doté d’un grand sens de l’observation et stimulé par sa passion aurifère, il comprit et maîtrisa le noble matériau. Fort de son savoir et de son pouvoir, il leur demanda :

  • Merci mes chères amies de ne pas caqueter à droite et à gauche et de garder notre secret. Nous sommes les seuls à pouvoir en faire bon usage. Comme vous l’avez compris, je suis un sage et ma parole doit être entendue ! Puis, s’adressant aux coqs un peu vexés de se sentir délaissés, l’aigle poursuivit :

Vous, les majestueux coqs, vous jouez un rôle primordial en réveillant les habitants et en les informant de la levée du jour. C’est pourquoi, à partir de ce jour, je vous charge d’user de vos coquericos en annonçant mes vertus.

Ainsi chaque matin, les fiers mâles de la basse-cour, flattés, le cou tendu, proclamaient les qualités exceptionnelles de leur nouvel idole.

La diffusion quotidienne des capacités de ce jeune aigle eut un retentissement sur chaque classe des plumages.

Les poules lui donnèrent toute leur confiance, persuadées que leur secret serait protégé par les griffes du rapace. De plus, ses larges ailes héréditaires pouvaient conquérir tous les royaumes et ainsi faire fructifier leur trésor.

Les oies et les paons, gardiens efficaces furent les premiers volontaires à proposer leurs services, convaincus que les éclats d’or, dont ils bénéficiaient jusqu’à présent, allaient se métamorphoser en lingots.

Les canards, eux, vivotaient des poussières d’or mais espéraient que ce puissant aigle, motivé par une belle idéologie, leur offrirait quelques éclats pour nettoyer leur mare, lustrer leur beau duvet en se nourrissant correctement.


 

Seuls quelques passereaux, avec à leur tête l’oiseau-lyre, ne partageaient pas cet enthousiasme. Leur chant, leur musique, leur parade irritaient déjà le prétendant au trône qui leur ordonnait d’aller faire leur sérénade plus loin.


 

A l’unanimité l’aigle fut nommé roi du monde des plumes.


 

Au début de son règne, il fit bâtir un beau palais d’or sur les hauteurs de la montagne. Il y logea sa famille et tous ceux de sa race. En dessous, un palace, plus petit mais tout aussi éblouissant, accueillait les poules qui pondaient à volonté. Les autres restèrent dans la plaine.


 

Le souverain, proche de son peuple, se promenait fréquemment à travers la plaine, saluant de ci de là les oies, les paons et les canards, ravis de cet honneur. Sans oublier de leur rappeler qu’ils devaient retrousser les manches pour acquérir une vie meilleure. Il voulait s’assurer que sa nouvelle organisation fonctionnait bien. En effet les canards, désignés tâcherons, transformaient l’œuf en lingot. Les paons et les oies avaient été promus à l’encadrement des canards afin que la production ne faiblisse pas, ainsi parfois le généreux roi leur offrait quelques lingots. Certains canards ambitieux s’acharnaient à accomplir un travail fructueux, ainsi parfois le généreux roi leur offrait quelques éclats d’or.

Chaque matin, après le chant du coq qui louait toujours les mérites de l’aigle, sa majesté aimait planer au-dessus de son royaume. Un dimanche, alors que les paons, les oies et les canards travaillaient à la mine, il remarqua une nouvelle mare où paressaient des canards multicolores. Aussitôt il atterrit sur la plaine. Quelques tâcherons sortaient de la mine, il les interpella :


 


 

  • Bonjour, mais qu’est-ce cela ? demanda-t-il aux ouvriers d’un ton sec et d’un air dédaigneux en désignant la nouvelle mare. Impressionnés par cette nouvelle attitude de leur messire, l’un d’eux plus courageux osa répondre :

  • Ils sont arrivés hier, ce sont des canards sauvages, ils sont épuisés, ils ont dû faire un long et pénible voyage.

  • Mais enfin, ils ne peuvent rester ici !

  • Je crois, mon Roi, qu’ils sont si maigres qu’il est impossible pour eux de voler à nouveau. Ils doivent se reposer et reprendre des forces.

  • Je veux bien en garder quelques-uns, par exemple les plus vigoureux pour vous prêter main forte à la mine et ainsi vous pourriez avoir un jour de repos. N’est-ce pas ?

  • Comme vous êtes généreux, mon Roi, lui répondirent les tâcherons en chœur. Nous pourrions partager notre pâtée avec eux pour qu’ils recouvrent la santé.

  • Non, mes chers amis, je ne veux pas que vous vous priviez pour eux et peut-être sont-ils contagieux ? De plus, votre étang est déjà petit et je vous souhaite le plus de confort possible. Cette mare empiète sur votre étang. Je vais trier ces migrateurs, voir ceux qu’on garde et ceux qu’on renvoie !

  • Mais les renvoyer de quelle façon ? demanda le tâcheron un peu plus audacieux.

  • On prendra des éventails en papier pour les faire partir.


 

Sa majesté commença à sélectionner deux ou trois canards multicolores pendant que les paons, les oies et les canards sortis de la mine, unis, chassaient à l’aide d’éventails en papier la majorité de ces pauvres oiseaux migrateurs.


 

La vie reprit son cours. La mine d’or, en activité permanente, offrait au tout-puissant, à sa cour et aux poules une vie luxurieuse. La montagne était un vrai paradis. L’or scintillait. Le monarque ne manquait jamais une occasion pour se rendre dans la plaine. Quelquefois le rapace magnanime proposait à son peuple des petites fêtes pour étouffer les quelques doléances d’un paon, d’une oie, d’un canard effronté. Dans son plus bel apparat, il se rendit au bal qu’il avait organisé, toujours soucieux du bonheur de son peuple. Toutes les petites plumes voltigeaient, dansaient, regardées des gradins par les autres rapaces et les poules. L’aigle, à l’œil toujours vif, observa quelques oies, paons et canards avec le plumage vieilli, les ailes ralenties. Il distingua aussi des estropiés qui ne pouvaient danser. Soucieux, il convoqua le lendemain son assemblée de rapaces et de poules. Il leur exposa le problème. Qui sont ces déplumés et que faire d’eux ? L’assemblée et le souverain libérèrent sur leur sort pendant des heures. L’aigle, fatigué de cette perte de temps, trancha :


 

  • Oh ces gueux n’ont pas ou si peu de besoins. Ils sont inactifs et donc mangent peu, l’état de leurs ailes ne leur permet pas de sortir, ils sont déjà si moches que même les plus beaux habits ne peuvent changer leur apparence. Je suggère de diminuer leur poussière d’or ! Nous avons déjà bien assez gaspillé d’or pour eux ! Je ferai bâtir un abri en bois pour les loger tous ensemble. Je demanderai à leurs familles de contribuer, je leur ai tant donné d’éclats ou de lingots d’or ! Il est légitime qu’ils participent !

  • Mon Roi, si je peux me permettre, allez-vous étendre ces habitations à notre montagne ? intervint une poule d’âge mur.

  • Bien sûr que non ! Nous avons tant besoin de la connaissance de nos anciens que ce soient les rapaces ou les poules ! Et puis, je ne sais pour quelle raison, mais il faut constater que nous ne vieillissons pas de la même façon ! répondit-il dans un éclat de rire, en se mirant dans une glace.

Aux mots du plaisantin, toute l’assemblée s’esclaffa, puis le congratula sur sa beauté et sa sagesse.


 

La vie reprit son cours. Le vieux cabanon en bois abritait les plumes âgées, estropiées et malades qui devaient se suffire à eux-mêmes. Il recouvrait une grande surface de la plaine, sa majesté par son immense bienveillance ne voulait pas que son peuple finisse dans la rue qui se devait de rester propre. En réalité la cabane n’était jamais remplie et même plutôt vide, beaucoup de ses résidents « choisisissaient »…un départ définitif.

Ainsi, la population demeurait jeune et travaillait. L’aigle pendant ce temps continuait d’œuvrer pour son royaume. Son palais recevait les grands rapaces de ce monde. Ils échangeaient leurs œufs d’or, se jalousant les plus beaux, les plus purs. L’aigle n’hésitait pas à voler pendant des jours pour rechercher un or encore plus fin. Et lorsqu’il l’avait trouvé, il y établissait son empire fait d’oies, de paons, d’un grand nombre de canards et de quelques poules.


 

Les années passèrent. Un matin le monarque se leva en colère. Les jeunes disparaissaient de son royaume. La motivation n’était plus là ! Les oies et les paons ne parvenaient plus à faire respecter la cadence aux canards. Ces derniers n’avaient plus un jour de repos. Les deux ou trois canards migrateurs avaient été chassés à coups d’éventails en papier. Trop âgés, ils n’étaient plus utiles. Usés et de moins en moins productifs, les canards ne bénéficiaient que de restes de poussière d’or ; les oies et les paons sous la pression du maître du royaume, associée à la paresse des canards, ne recevaient plus de lingots, même les éclats qui leur revenaient se raréfiaient. Les tâcherons mouraient jeunes, les canetons se faisaient exceptionnels, enfin quand ils arrivaient à atteindre l’âge adulte ! Pour pallier à ce manque de main d’oeuvre, le sire imposa aux oies et aux paons de renforcer les rangs des tâcherons. Adieu les éclats d’or ! Les oies et les paons, incapables de s’adapter à cette vie dure et misérable, perdaient la raison avant de périr. Tous ces survivants devaient se satisfaire des restes de poussière d’or et encore à la bonne volonté du roi et des poules dont les besoins ne faisaient qu’accroître. Pour chasser sa colère et trouver une solution, le rapace plana dans les airs de longues heures. Revenu dans son palais, une idée lui vint. Il désigna quelques canes et canards encore assez jeunes et les engagea comme procréateurs. Ainsi la courbe démographique se rétablit et les tâcherons, en nombre défini par la volonté royale, rendirent l’or immortelle.


 

L’aigle pensa à assurer sa descendance. Il eut un fils. En âge de bien voler, le père l’amenait chaque matin pour survoler son royaume. Il lui enseignait ses valeurs. Observant son fils adoré, au chant du coq… il lui demanda :


 

  • Tout va bien mon fils, tu ne remarques rien de particulier ?

  • Non père, le monde que vous avez créé est le meilleur des mondes !


 

Moralité

Un oiseau-lyre, le dernier survivant des passereaux, juché sur un arbre d’or, chante une fable de la Fontaine et me voyant passer m’interpelle :


 

  • Eh Noëlle, tu charries complètement ! Commencer ton texte comme une fable et finir par « le meilleur des mondes » !

  • Ben oui, une fable qui fait parler des animaux ! Bah ! On est bien loin de ce passé où la personnification était obligatoire ! Et puis ce serait donner une âme aux animaux, quelle idée ! Pour ce qui est de finir par de la science-fiction, laisser croire qu’on pourrait devenir des robots ! Bah ! On est bien loin d’un tel avenir !

 

Marie-Noëlle FARGIER

 

Publié dans Nouvelle

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