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Jean-Pierre Kempeneers nous présente son ouvrage "Avant d'être Belges"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

Né le 19 juin 1943

Marié  - 2 enfants –  5 petits-enfants

Licencié en Communication appliquée (IHECS)

Service militaire à la Force Navale (1er maître)

Copywriter au service publicité/promotion de Avon Cosmetics Belgium

Evolution de carrière au sein de la Direction commerciale de Total Belgique-Luxembourg

Dernière fonction occupée : Communication & Special Events Manager

Situation actuelle : retraité actif – activités bénévoles au sein de diverses associations caritatives.

 

Résumé

Août 1789. La lame de fond générée par la Révolution française provoque des remous jusqu’au cœur des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège. Celle-ci supporte de plus en plus mal l’absolutisme de son prince-évêque, ceux-là sont opprimés par le despotisme centralisateur de Joseph II…

Inspiré d’une collection d’archives familiales, ce roman balaie la période 1789-1830, ces quarante années tumultueuses qui ont marqué la gestation de la Belgique. Il est subdivisé en trois parties :

- Les Autrichiens – époque de Renier

- Les Français – époque de Maximilien 

- Les Hollandais – époque de Nicolas

De la bataille de Ramillies qui a laissé des traces à la ferme de Morivaulx jusqu’à la révolution brabançonne de 1790, des soulèvements du peuple liégeois jusqu’à la victoire du général Dumouriez à Jemappes, de la déroute de ce dernier à Neerwinden au triomphe de l’impétueux général Jourdan à Fleurus, de l’annexion à la République française à la chute de l’Empire, de l’enfer de Waterloo aux journées de septembre 1830. Comment les populations de l’époque ont-elles vécu ces temps agités ? Dans le cas présent, comment trois générations de fermiers évoluant dans un univers clos, éloigné des villes importantes et des grandes voies de circulation, ont-elles appréhendé ces événements ?  De quelle manière ces hommes ont-ils été informés, alors qu’ils ne disposaient d’aucun des moyens de communication que nous connaissons aujourd’hui, si ce n’est de quelques courroies de transmission aléatoires : récits de voyageurs, rumeurs et « on-dit » qui constituaient, pour ainsi dire, les seuls médias de l’époque ?

D’éminents historiens ont analysé cette période avec brio. N’étant pas historien, mon propos ne se situait pas à ce niveau. En utilisant un autre angle de vue, j’ai tenté de répondre à ces questions en mettant en scène des « petites gens » dans le cadre de leur vie quotidienne qui fut, inévitablement, bouleversée par les événements dont ils furent les acteurs involontaires ou, à tout le moins, les spectateurs impuissants.

 

Extrait :

... La moisson de l’été 1790 fut abondante. A Morivaulx, les conditions climatiques aidant, on prit la mesure des effets positifs des techniques de culture intensive imposées par l’intendant Coulon.

      La récolte se terminait quand des agents recruteurs arrivèrent au village, accompagnés par une escorte de volontaires en armes. Ils frappèrent aux portes de chaque maison, invitant les hommes en âge de prendre les armes à se rassembler sur la place publique, à l’appel du tocsin.

     Quand il sonna, vers deux heures de l’après-midi, Maximilien s’y rendit en compagnie de Simon, plus par curiosité que par intérêt. Il constata que tous les jeunes gens du village étaient là. Il y avait également pas mal d’hommes d’âge mûr et quelques femmes, déterminées à éviter que leur mari ne commette une bêtise.

     Les recruteurs s’installèrent derrière des tréteaux sur lesquels étaient disposés des registres, des flacons d’encre et de longues plumes d’oie. Deux hommes armés de fusils se tenaient derrière celui qui était assis à l’extrémité. Ce dernier ouvrit un coffret à couvercle semi-circulaire dans lequel étaient rangées des bourses en tissu. Tous étaient revêtus de l’uniforme de l’armée Belgique. L’un d’eux monta sur la charrette qui avait véhiculé le matériel. Il leva le bras pour imposer le silence. 

- Hommes de Villers-la-Chaussée, harangua-t-il, la Patrie en danger a besoin de vous. Les Autrichiens se font à nouveau menaçants. A plusieurs reprises, des escarmouches ont sondé nos résistances, mais, chaque fois, l’ennemi a été repoussé. Nous savons que l’empereur autrichien est en train de rassembler une armée pour reconquérir nos provinces. Nous risquons donc de retomber sous le joug de Vienne. Enrôlez-vous aujourd’hui. Venez renforcer l’armée des Etats-Belgiques Unis. Avec vous, nous serons invincibles. Nous vous proposons un engagement limité à trois semaines. Nous vous offrons armes et bagages, une nourriture abondante et une solde de huit sous par jour, payable pour moitié immédiatement par l’officier payeur ici présent. Approchez, les registres sont ouverts.

     Parmi les hommes en âge de s’enrôler, on se concertait. La solde était alléchante, surtout qu’une partie était payée tout de suite. On vit la petite Marie Lemans, se fâcher toute rouge à l’encontre de son mari, le gros Maturin Fossion, ce benêt qui, de sa vie, n’avait jamais tenu un fusil et qui était juste bon à guider les bœufs. 

     Ce fut Gérald, le fils aîné de la veuve Biernaux, qui s’avança le premier. Plusieurs le suivirent, tandis que quelques femmes fondaient en sanglots. Il y eut notamment Félicien Delmelle, le fils de François et de Thérèse qui étaient journaliers à Morivaulx, Auguste Soquet, le cousin de Jeanne, une des servantes de la ferme, Julien, le neveu de François Lemoine, le rebouteux… En tout, ils furent neuf à signer….

Publié dans Présentation

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Christelle Legros nous présente succinctement son ouvrage "Parallèles"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Née en décembre 1973, Christelle Legros aime ses trois filles, la pluie, les fleurs et les livres, et son compagnon. Licenciée en philologie romane, elle se consacre à la relecture via son projet La Plume alerte !

 

Résumé

 

Histoire d’une passion sage qui se déroule lentement, délicatement, du début jusqu’à sa fin, au travers de courts textes, et qui veut dire ce qu’elle n’a pas dit.

 

Extrait

 

« Les amants amoureux

Veulent se promener

Dans les forêts et les prés

Juste quelques heures

Pour échapper

Au temps féroce

Et partager

Quelque lueur »

Publié dans Présentation

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Coraline Buchet nous présente son ouvrage "Une petite Belge en Australie"

Publié le par christine brunet /aloys

Extrait de livre :

Une fois le bateau à l’ancre, nous plongeons en sautant par l’arrière en maintenant le masque devant les yeux et le nez. L’eau est à 25 degrés. Je flotte. J’ajuste, place mon respirateur sur ma bouche, enlève l’oxygène de mon gilet. Le poids fait le reste. Nous longeons une corde jusqu’à 14 mètres de profondeur. J’équilibre la pression dans mes oreilles. J’inspire et expire. Les bulles s’échappent en un bruit d’air qui se mélange à l’eau vers la surface. Alors que la relaxation s’opère au fond de moi, je prends conscience de l’espace, du bleu, de la visibilité et du silence oppressant teinté de bruit camouflé. Quelle expérience ! Je retiens un cri de surprise lorsqu’au fond de l’eau un requin gris et blanc d’un mètre cinquante s’éloigne en frôlant le sable.

Biographie :

Avant son voyage en Australie, Coraline Buchet était puéricultrice à Bruxelles, à la recherche du sens de sa vie. Passionnée de voyages et d’une vie dans le présent, ses décisions sont prises dans l’instant suivant les « signes ». Elle vit à présent en Nouvelle-Zélande où elle partage sa vie entre permaculture, écriture et alpinisme.

Résumé de livre :

Tu me rejoins en Australie ?’- Il suffit d’une question pour changer une vie. Une petite Belge en Australie suit Coraline pas à pas hors de sa zone de confort. Le parapente, l’escalade et les road trips la guident dans son besoin de liberté. Deux années de voyage comme remède aux peurs et aux doutes. Six mois dans l’Outback désertique. Vivez les paysages de la terre rouge à travers une histoire humaine et naturelle. Découvrez comment une goutte d’eau de pluie peut faire renaître l’espoir…

Publié dans Présentation

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" Au fil de la Dendre"... Présentation du collectif

Publié le par christine brunet /aloys

 

 
Le lancement d’un second numéro est toujours un moment particulier. C’est le moment où le
navire, après avoir quitté le quai, s’engage pour un voyage qu’on espère sans fin.
Une revue de poésie, une de plus, diront certains.
Certes, mais elle a une particularité : elle est le fruit d’une collaboration entre une bibliothèque et
une maison d’édition toutes deux situées en Wallonie Picarde.
La revue se veut ouverte sur le monde et ce pari semble réussi pour ce second numéro vu que des
auteurs belges, français, mais aussi du continent africain, nous ont envoyé leur texte.
La sélection a été rude car pour ce second numéro, le nombre de textes réceptionnés est allé bien
au-delà de nos espérances.
Je vous invite dès lors à monter à bord, à vous laisser emmener vers des destinations inconnues, et
surtout à prendre beaucoup de plaisir lors de vos découvertes. Car à côté des autoroutes, il y a
également des chemins de campagne qui valent le détour…
 

Publié dans Présentation

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Jean-Jacques Manicourt nous présente son nouvel ouvrage "Blues pourpre"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

L’auteur écrit depuis ses premières amours, ce qui laisse à penser que l’écriture, pour le coup, est une sorte de travail de deuil. Ou, pour le dire autrement, parce que les femmes l’y conduisent. Il y a là comme un réel indicible, un incontournable.

Résumé

Narrateur de merde,

 

Le fait que vous écrivez sous l'emprise de l'alcool, de la drogue et du sexe dégoûtant ne vous excuse en rien. Cessez-donc de projeter sur vos personnages de roman, votre goût pour le stupre et la décadence, de les identifier à votre nature perverse et salace. Mon obsession pour la propreté exclut la présence chez moi d'une blatte. Ma maniaquerie pour l'ordre ne supporte pas des murs détapissés et des vêtements qui gisent.

 

Extraits

Durant quelques semaines, nos deux amants fixèrent leur désir de chaque côté d'une cornée d'amour, en image inversée sur la rétine de l'autre-distance focale assurée.

Juliette désirait un enfant sans se marier, Laurent voulait épouser Juliette mais n'envisageait pas une paternité.

Cette période d'optique amoureuse trouble cessa après que Juliette opéra un habile changement d'angle. Plutôt que d'asséner son désir d'enfant, elle dit à Laurent « Je te donnerai un fils ou une fille dont tu seras fier. »

Publié dans Présentation

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Alain Charles nous présente son nouveau roman "Le serénateur"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

 

Alain CHARLES habite Baudour et exerce la profession d’ingénieur dans une société de construction en Wallonie picarde. Il complète lesprit logique et cartésien imposé par son travail par le fantasque, limaginaire, la liberté de la littérature. En 2018, il publiait «Continuum», son premier recueil de nouvelles, et en 2020, «Chronicovids», textes brefs et chronologiques sur la pandémie du Covid-19. «Le Serénateur» est son premier roman.

 

Résumé

 

Il était une fois une île, son veilleur, et une originale et cocasse sorcière, au large du vieux continent, les plages de la mer du Nord, ou ailleurs, comme il vous plaira. 

C’est un roman d’ambiance, d’atmosphère, de climat, le ciel et la mer sont perpétuellement de cendre, il pleuvra, grêlera et la tempête soufflera.

C’est un roman de mystère, d’allégorie, de cabale, trois navires sans pavillon voguent en haute mer, un enfant nu et inconscient est retrouvé sur une plage.

C’est le roman d’une jeune femme éprouvée, élégante, intrépide; de villageois de Panurge, envieux, jaloux, couards, et de leur meneur ivre; d’une demoiselle dévouée, espiègle, insolente, amoureuse.  

C’est un roman d’attente, de désirs, de promesses, d’espérance, un jour nouveau arrivera, le soleil brillera, le ciel deviendra serein.

C’est un roman d’amitié et d’amour, une femme et un enfant, une sibylle et un vieux sage, deux adolescents, un amant fugitif. 

 

 

Courts extraits   ( 3 )

 

   Il tira les rideaux de la fenêtre de la chambre qui donnait vers la mer et constata que le ciel ne reflétait que brume épaisse, brouée poisseuse, grisaille métallique et mélancolique. Ce ciel monotone, proche de l’obscurité, exprimait la tristesse et l’accablement, un temps de cafard et d’angoisse qui ne l’aiderait pas à atténuer sa déprime et son asthénie. Mais, Trevor était le veilleur et il lui revenait d’accomplir le travail pour lequel les citoyens de cette bourgade isolée le rémunéraient. 

 

….

 

    Trevor et Maïka s’étaient approchés de la mer et regardaient l’horizon. Les flammes, derrière eux, dessinaient leurs ombres sur l’eau calme, mais les flots demeuraient silencieux, et le ciel noir. Aucun bateau ne venait vers eux.

   Quand il ne resta plus qu’un amas de braises rougeoyantes, Salverio reprit sa place sur son palanquin, décidé à retourner au village. Trevor et Maïka s’étaient assis près du foyer, leurs visages marqués par la fatigue et encore plus, par la déception.

 

…..

 

    —      Mais, que deviendras-tu?

    —      Je ne suis qu’une sorcière, une vieille donzelle gironde avec des paupières en capote de fiacre, la tête près du bonnet et souvent fagotée comme l’as de pique, Salverio, mon petit cœur d’amadou, j’ai l’honneur de t’annoncer, je deviendrai la belle au bois dormant. 

    Salverio ne sourit pas, la situation était grave, tragique, sauvage, mais Arzhela continua à discourir, sur un ton guilleret et plaisantin pour tenter de dédramatiser.

 

Publié dans Présentation

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Patrick Benoit nous propose un nouvel extrait de son ouvrage, Le Sac des Filles...

Publié le par christine brunet /aloys

Le sac de Maman

 

Il devait certainement être très grand.  Comme un sac sans fond qui peut tout transporter : mouchoirs, casse-croûte, carnet d’adresses, clefs, portefeuille épais, chéquier, parapluie portatif, vêtements de rechange et de pluie, crème solaire, désinfectant et sparadraps de toutes tailles.  Et moi, entre les deux anses.

 

Si elle était une fourmi, elle en serait la reine.  A bout de bras, cela devait être inconfortable.  Depuis, le sac à dos a fait son apparition, de sorte qu’il devient possible de transporter encore plus de choses : la petite sœur, une couverture, des tabourets pliables, des lunettes solaires et casquette contre l’insolation, spray anti-moustiques.  Le pire, c’est qu’elle oubliait toujours quelque chose !

 

Même après dix-huit ans de vie commune, je n’ai jamais su faire l’inventaire du contenu de son sac.  Sans compter qu’elle en changeait de temps en temps, ce qui provoquait des problèmes de transfert d’objets, stimulant l’ire de mon papa, qui, pour sa défense, était interdit du port de sac pouvant nuire à son image de pater familias universalis.

 

Rationnel et relationnel, il eut l’idée de vider ses poches en achetant un sac Delvaux.  Non seulement il serrait sa ceinture d’un cran lui donnant une prestance plus juvénile, mais aussi il offrait un coup de séduction à son épouse pour qu’elle devienne aussi sa maîtresse.  Pari chèrement dépensé, mais pas gagné !

 

Maman fit la moue.  « Pourquoi une telle dépense alors que je ne sais rien mettre dedans » dit-elle affectueusement.  Réponse immédiate : « Pour ne prendre que l’essentiel, et mieux te sortir. »  Pris dans le sac, Papa dut inviter Maman plus souvent à sortir pour vider son sac.

 

Echec à la Dame : l’abstinence s’installa, le sac n’étant sorti qu’une seule fois sans billet ni monnaie.  Quand on dit que l’argent ne fait pas le bonheur, inversement le bonheur ne fait pas l’argent.  Pour Maman, un sac doit être utile à transporter des choses et autres.  Mieux vaut un sac de courses qu’un sac de pouffe.

 

Père et Mère s’achetèrent un sac de couchage, d’où peut-être suis-je né ?

 

Publié dans Textes

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Séverine Baaziz nous présente succinctement son nouvel ouvrage...

Publié le par christine brunet /aloys

 

 
Résumé :
Fleur est une petite fille de huit ans qui passe son temps à observer le ciel et à laisser son imagination divaguer. Elle est distraite et solitaire, mais surtout, elle a de grands yeux. De très grands yeux aux longs cils capables de voir le minuscule, le lointain et même l’invisible. C’est l’infirmière scolaire qui lui apprend. Dès lors, elle se fixe un but : utiliser ce don pour faire le bonheur des gens qui l’entourent et, avant tout, de son père. Une décision qui la conduira à de drôles d’amitiés et à la découverte des beautés du monde. Sauf que la vie réserve parfois, aussi, de bien terribles mésaventures.
Dans un souffle plein de candeur, Séverine Baaziz nous emmène au pays de l’enfance et de l’émerveillement où s’inventent tous les possibles.
 
Un extrait ?
 

Depuis quelques heures, on était dimanche.

Alors que tout avait encore un peu la couleur de la nuit, on est montés dans la camionnette à seaux. C’est bien beau de vendre des fleurs mais, quand il n’y en a plus, faut aller en acheter. Et là, avec le samedi qu’on avait connu, il fallait en acheter vraiment beaucoup.

Pendant environ trente minutes, à l’avant de la camionnette à seaux qui roulait à fond les pédales sur l’autoroute, j’ai regardé le soleil se lever. Ça m’a fait ce drôle d’effet que j’adore, comme si j’assistais au plus grand secret du monde. La naissance d’une nouvelle journée. Une autre. Presque la même qu’hier, mais pas tout à fait, parce que j’étais plus vieille d’un jour, et que les fleurs et les arbres avaient des minimillimètres en plus. Tout est sombre et, petit à petit, tout s’éclaire comme si le ciel ouvrait son œil, un seul œil mais gigantesque, et bleu, avec au milieu pour pupille toute enflammée, le soleil. Là, je me suis dit qu’on avait vraiment de la chance que le ciel, même s’il n’avait qu’un œil, eh bien, qu’il soit bleu. Marron, je suis sûre qu’il aurait été moins beau. Même sûre de sûre ! 

Quand on est arrivés chez le grossiste, le ciel avait fini de se réveiller. Sur le parking, déjà quelques camionnettes à seaux, mais pas trop. Tout en lâchant discrètement la main de mon père, on est entrés. L’histoire de la main c’est parce que je me sens toujours un peu adulte quand j’arrive chez le grossiste. Il n’y a rien que des commerçants qui parlent de choses importantes, qui se répondent avec des grosses voix, et qui se promènent avec des billets de banque dans les poches. C’est sérieux quand même alors, chaque fois, ça me fiche un coup de vieux.

Publié dans Présentations

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Trahie sur ma route, un texte paru dans la revue AURA 107 – thème Route(s) signé Antonia Iliescu

Publié le par christine brunet /aloys

 

Trahie sur ma route

(texte paru dans la revue AURA 107 – thème Route(s))

 

 

Je n’avais que deux ans quand je l’ai aperçue pour la première fois. En ce jour ensoleillé, elle m’accompagnait en sautillant sur la première route de ma vie : ma rue. Qui était-ce, qu’est-ce qu’elle me voulait, cela ne m’intéressait guère. Enfant insouciant, je marchais sur ma route et je grandissais sans me poser des questions. Un jour je suis arrivée jusqu’au bout de ma rue, un bout fictif puisqu’il se ramifiait en rameaux et ramilles qui dessinaient d’autres routes, de grandeur et d’importance différentes.
Je regardais étonnée cet éventail de tentations et de promesses. Quel chemin emprunter ?... À chaque carrefour se cache une nouvelle aventure et dans chaque aventure, un piège. Un pas en avant et deux en arrière, j’avais peur de m’égarer ; et alors je rebroussais chemin.

C’est pendant les années d’adolescence qu’elle a commencé à m’intriguer. Avec son contour sans visage et sans voix, elle n’apparaissait que sous le soleil, quand je me promenais dehors. Elle imitait mes mouvements, en me devançant souvent sur le trottoir, comme si elle voulait me montrer la voie (sur les routes de la vie il y a parfois des moments où notre ombre nous dépasse). Je me posais un tas de questions… Pourquoi ne me quittait-elle jamais ? Pourquoi moi debout et elle par terre, se traînant comme un serpent ? Parfois je la regardais jalouse de sa silhouette longiligne, à la taille fine et aux longues jambes qui couraient légères sur le pavé. Elle paraissait si fragile que pas une seule fois je ne l’ai piétinée sous mes pas. 


J’évitais de lui marcher dessus, je ne voulais pas lui faire du mal ; après tout, n’était-elle pas ma sœur jumelle ? Je marchais avec elle, je grandissais avec elle, poursuivant la route de ma vie.

Le soleil est presqu’au zénith et mon ombre, quoique diminuée, ne cesse de m’obséder. Adulte bien installée sur mes pieds ayant battu tant de chemins j’ai continué à m’interroger à son sujet : « À quoi sert-elle ? Veut-elle me montrer qu’en moi, à part la partie visible et lumineuse, il y a aussi une partie obscure ? Pourquoi me tient-elle liée à la terre et ne me laisse-t-elle pas m’élever ? » Je me crois importante et je lui marche dessus, sans remords. Je veux même m’en débarrasser, oui, je la trouve inutile et méchante comme un œil espion qui contrôle chacun de mes mouvements. Et comme ça, prisonnière de mon ombre, j’avançais sur la route du destin, un petit regret dans un coin de l’âme de n'être pas née arbre. Si j’en avais été un, mon ombre aurait eu un sens : donner de la fraîcheur aux gens qui s’aventuraient sur les voies du désert. Mais mon ombre… Quel sens ? 

Je porte en moi un oiseau qui voudrait voler, mais l’ombre l’en empêche et le tient tout en bas, loin du ciel. 

Néanmoins… Au fil des années, quand la solitude s’est invitée à ma table et le soleil préparait son lit, l’ombre est devenue ma seule amie. Je ne lui marche plus dessus. Moi et l’anti-moi arpentons maintenant sur les chemins de la vie, sans plus nous poser de questions. Elle est devenue mon aura sombre, tandis que je suis devenue son ombre à elle. 

Oui, elle m’a trahie finalement… C’est elle qui a pris ma place dans ce monde. Quand je suis tombé malade elle m’a forcée d’accepter un troc. Ainsi, ai-je dû changer ma vaillante verticalité contre son humble horizontalité. Et bientôt je siègerai encore plus bas que mon ombre. Mais elle… elle pourra, enfin, s’élever sur les ailes de l’oiseau caché en moi et poursuivre sa route vers le ciel. 

 

Antonia Iliescu
27.09.2020

 

Publié dans Article presse, Textes

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Emilie Decamp a lu "Les chroniques de Baltus" et "Réfugiés climatiques" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

 

Histoire de bien commencer 2021, je me suis attelée à la lecture de deux livres d'un même auteur : Laurent Dumortier. Deux salles, deux ambiances.

Dans "Les chroniques de Baltus (tome 1)", publié aux éditions Chloé des Lys, nous suivons Meredin, Baltus et leurs compagnons dans leur tentative d'empêcher l'invasion des Terres de l'Est par Garamon. Ce 1er tome, sur fond de vengeance, nous emmène à la découverte des collines de l'Argios, du village d'Arcovie ou encore de Spadias. Garamon, fils du Seigneur Cristal, met tout en œuvre pour venger son père. C'est Meredin et Baltus qui donneront aux peuples des Terres Connues un espoir et un peu de temps pour s'organiser face à l'armée qui commence à déferler sur leurs contrées.

Au fil des lignes et du chemin de nos héros, on évite d'interminables descriptions. L'auteur va droit au but, sans perdre le lecteur mais en le happant tout de même dans ce voyage fantastique. Amateurs d'heroic fantasy, cette lecture est pour vous…en attendant le second opus qui nous permettra de poursuivre ce voyage épique aux cœurs des Terres de l'Ouest.

Si parmi les livres de Laurent Dumortier on retrouve aussi bien de la poésie que de l'heroic fantasy, il s'est également essayé à un style…un rien différent. "Réfugiés climatiques", publié cette fois aux éditions Lamiroy, nous fait découvrir la vie d'une famille dans un futur dystopique où l'écologie semble poussée à l'extrême : quantité de vêtements réglementée, fruits exotiques proscrits, consommation d'eau contrôlée,… La vie de cette famille est rythmée par les restrictions et les plus convaincus n'échappent pas au désenchantement. 

Que l'on soit écolo, sceptique ou totalement réfractaire, ce petit livre d'anticipation pousse à la réflexion. Cette lecture rapide mais très intéressante nous invite à nous pencher sur les dérives d'un système poussé à l'extrême. Je ne peux que vous la conseiller.

 

Publié dans avis de lecteurs

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