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Joelle Rochard a lu "Les 'Apprent-histoires'" de Julie Toussaint

Publié le par christine brunet /aloys

 

Petit coup de cœur pour « Les Apprent-histoires » de Julie Toussaint aujourd’hui.

Tout d’abord une présentation des différences d’utilisation du point, des points d’interrogation et d’exclamation. Puis vient la comparaison entre les différentes lignes ! C’est léger, ludique et joliment écrit.

Deux historiettes s’en suivent.

L’une nous raconte l’importance dans notre vie d’un des plus petits éléments visibles : le grain de sable. C’est une façon d’attirer l’attention du jeune lecteur sur le fait que ce qui est petit est loin d’être négligeable.

L’autre évoque l’amour impossible dont souffrent la grande et la petite aiguille d’une horloge car elles ne vivent pas au même rythme…

Dans des styles variés et plaisants, ces « Apprent-histoires » sont agréables à découvrir !

 

JOELLE ROCHARD

https://www.joellerochard.com

 

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Christine Brunet a lu « Le présent du chameau » de Virginie Richel pour ActuTV

Publié le par christine brunet /aloys

 

Pour une fois, j’ai lu la 4e de couverture (ce que je ne fais jamais pour avoir la primeur du texte et être surprise), peut-être parce que le dessin de couverture est curieux ? Et donc, j’y lis en toute fin de pitch : « c’est une histoire pour petits et grands, pour tous ceux qui, un jour, ont été enfermés dans un monde fou et sublime à la fois. »

Une fois terminé cette étrange histoire, je me pose la question… « Le présent du chameau » est-il un conte pour enfant ? Sans doute par son côté loufoque, aberrant, joyeusement coloré, à l’imaginaire débridé. Et pourtant, j’hésite… parce que l’histoire est « compliquée », opposant les adultes d’un monde réglé, en noir et blanc, lisse, sans imagination au monde des enfants débridé, chamarré, fou et inventif.

En fait, je crois cette histoire faite pour être lue à voix haute, cadencée et mimée par le conteur.

Quant au chameau, il est le lien, le passage entre adultes et enfants. Il est celui qui fait grandir, crée les interactions, transforme… Il n’est pas le temps car cette dimension, même si elle existe, veut être gommée par les protagonistes de l’histoire. Il est, en fin de compte, le trait d’union entre rêve et réalité.

« Le présent du chameau » peut être lu aux enfants, expliqué, mais il est destiné, à mon sens, aux grands. D’ailleurs, une réflexion du chameau résume à elle seule l’ambiguïté du positionnement du textez en exposant son degré de réflexion : « Les adultes déforment-ils la réalité des enfants ou est-ce la réalité des enfants qui déforme les adultes ? »

A méditer…

 

Christine Brunet

 

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Chronique du livre de Virginie Richel "Le présent du chameau" par Joëlle Rochard

Publié le par christine brunet /aloys

 

Histoire pour les adultes ou pour les enfants ?

En effet à qui s’adresse ce conte où, tour à tour, les habitants de Terreferme doivent s’adapter à leur nouvel environnement ? Tout ça, parce qu’un chameau a avalé leur minuscule planète !

Changer de monde génère de la peur.

Les parents n’y voient que des problèmes, ils réfléchissent à des solutions, courent partout et en oublient de serrer leurs enfants dans leurs bras…

Dans le noir, les enfants se rapprochent, s’appuient les uns sur les autres et découvrent un nouveau monde. Ils vont vers tout ce qui les intriguent, expérimentent, rêvent, créent. Ils vont même jusqu’à croquer des morceaux de nuages et découper un bout de soleil, mais ce qu’ils veulent par-dessus tout, c’est que les grands retrouvent le temps et l’envie de s’occuper d’eux, de les câliner.

Regarder le monde qui change avec des yeux d’enfants, accepter de perdre nos repères pour mieux l’appréhender et nous recentrer sur l’essentiel. C’est difficile quand on est un adulte, mais encore faut-il essayer…

J’ai été séduite par le côté surréaliste de cette histoire : regarder au-delà de la réalité, découvrir le monde sous un autre angle de vue, et saisir les opportunités que peut générer un grand bouleversement.  Nous y serons de plus en plus confrontés, non ?

 

Joëlle Rochard

 

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Edmée de Xhavée a lu pour ActuTV "Les Viateurs" d'Alain Charles.

Publié le par christine brunet /aloys

 

Un roman très singulier, qui nous surprend de page en page...!

Quelque chose de terrible est arrivé. La terre a tremblé, les immeubles se sont effondrés, et les rues sont désertes.

Les chapitres alternent ce qu’il en est des rares survivants enfants, et des adultes. Le lien constant est à la fois la voix de Georges, père du jeune Pol, et une puis deux magnifiques hulottes – diurnes, mais on le sait, plus rien n’est « comme avant » - au vol de phénix qui semblent veiller sur le petit groupe des enfants.

Pol et ses amis d’infortune – Zabeth ingénieuse mais au langage de charretier, P’tit Poutch le poupon qui ne sait qu’une chose : on s’occupe de lui, le Poète qui s’exprime en vers et reprend des couleurs, et Angèle arrachée au suicide – n’ont qu’un objectif : comment passer cette journée, puis on verra pour la suivante. Ils sont dans le présent, un présent très exigeant en ce qui concerne les ressources, la résilience, l’objectif futur. Il leur faut se nourrir – les magasins ont été pillés par les survivants, les bien périssables périssent, il est urgent de mettre en place des systèmes D, E, F avec beaucoup d’imagination, il s’avère capital d’éviter es enfants gris, ces hordes d’enfants sauvages extrêmement agressifs aux cris stridents qui vivent dans le métro éboulé et se nourrissent des rats en s’entretuant. Il leur faut faire confiance à la voix et entreprendre une longue marche hors de la ville…

Les adultes, eux, sont dans une galerie nantie d’une seule porte. Ils attendent, le visage figé, le regard creux, éclairé parfois par une curiosité agressive quand quelqu’un ne fait pas comme eux, qui ne savent pas pourquoi ils le font ni ce qu’ils attendent, mais ils sont devenus de dociles attendeurs. Parfois, un adulte prend une initiative, passe « son tour » et on ne le revoit jamais. Parmi ces adultes, Georges et Mathilde, rencontrés par hasard et père de Pol ainsi que mère de Zabeth. Eux… c’est le passé qui anime leurs conversations, pour comprendre. Georges fait le tour des avertissements ignorés (réchauffement climatique, pouvoir, domination, paupérisation) et des enseignements religieux, philosophiques, voire historiques. D’autres civilisations ont connu cet anéantissement, ce n’est pourtant pas la première fois que ça se produit, et toujours on aurait pu éviter que ça recommence. La mort, la vie avant et après elle, les rêves… Georges et Mathilde débattent et dissèquent. Il s’agit, pour eux, d’aller de l’avant ou de revenir en arrière si possible.

 

Là, je vous laisse savourer la fin, qui est un coup de maître !

 

Edmée de Xhavée

 

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Christine Brunet a lu pour Actutv « Une si jolie poseuse de bombes » d'Alain Charles

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Première fois que je lis un roman d’Alain Charles et c’est un coup de cœur ! Voilà, c’est dit !

Ce livre est si « complexe » que je vais avoir du mal à le chroniquer sans trop en révéler… Tant à dire !

Tout est atypique dans cette histoire. Sa structure, d’abord… rythmée par trois aspects : les articles de journaux qui donnent aux lecteurs l’avancée de l’enquête de police et l’état d’esprit de la famille de la poseuse de bombe, les échanges entre le docteur Caroll, chirurgien esthétique (je ne sais pas comment l’appeler…) on va dire manipulateur de cerveaux et un personnage contradicteur qui semble le surveiller, porte-parole d’un Grand conseil d’autres médecins très dubitatifs quant à la technique employée par Caroll, très jaloux également de ses petites réussites sur le cobaye féminin… un autre médecin, sans doute.

Et puis, il y a les épisodes « Alice ». Une poseuse de bombe du nom d’Apolline, gravement blessée dans l’explosion de son engin, a été transférée incognito dans une unité spéciale de soins dans laquelle une technique de lavage de cerveau est mise au point. Et Apolline, transformée physiquement, sa mémoire remise méticuleusement à zéro, devient Alice… Une Alice blonde aux yeux d’un bleu intense, au physique de rêve… Une Alice du Pays des Merveilles… à la personnalité recomposée à chaque épisode nocturne par son « re-créateur ».

Le lecteur assiste à un triple processus : l’évolution d’Alice avec, en parallèle, dans une sorte de huis-clos, la destruction de la carrière du docteur Caroll que le conseil de l’ombre désapprouve, et comme un envers du miroir, les recherches  effectuées par la famille et la police pour retrouver Apolline.

Est-ce que Alice va, en fin de compte, retrouver la mémoire ? Va-t-elle retrouver ses parents et donc repartir en prison voire pire, poser une autre bombe sous l’influence psychique d’une autre entité manipulatrice, les 3A ? Va-t-elle s’installer dans son univers d’Alice et devenir libraire ?

Le lecteur suit le processus avec passion d’autant qu’il est construit de main de maître par l’auteur dont la plume est aiguisée et précise.

Ce roman est construit comme un huis-clos au début. Lorsqu’il s’ouvre enfin, à la fin, on tremble…

J’aimerais vous en dire plus mais l’intelligence de cet ouvrage réside aussi et surtout sur la surprise…

Bravo à l’auteur ! Un livre à découvrir de toute urgence !

 

Christine Brunet

 

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"Au nom de Pierre, de Luc, de Marc et de Jacob", de Salomé Roussel : une lecture d'Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Trouver son Yang n’est pas si facile pour une Yin… C’est bien ce que l’auteur nous démontre, dans un style souvent amusant, avec pas mal d’auto-ironie mais aussi d’honnêteté. Elle court, elle court, la belle dame tout d’abord romantique et puis quand même un peu plus désabusée au fil des ans ! Elle est passée par ici, mais ils repasseront par là…

Oh que ça commence pourtant mignonnement ! Certes le jeune homme est petit, râblé et boutonneux mais beau parleur et chevauchant une moto. De quoi emballer une jeune adolescente qui ne demande qu’à l’être. Un premier baiser, les vacances en famille du prince peu charmant au cours desquelles il donne un autre baiser à une autre, le traître, mais… déjà bien préparé, il affirma au retour que ça ne changeait rien. Pour lui. Pour elle, eh bien non, il ne fallait quand même pas commencer sa vie avec de grands pardons, n’est-ce pas ? Le jeune homme menaça de se suicider, et s’est marié six mois plus tard, ce qui au fond… était peut-être juste un élégant suicide…

La vraie vie se mettra en place. Il y aura les soirées du samedi soir avec la danse qui favorise si bien les baisers ici et là, l’amour parfait par correspondance jusqu’au jour où le malheureux envoie de lui LA photo qui sonne le glas de la romance, de fougueux échanges de baisers qui seront impuissants à freiner la destinée du jeune-homme – dont elle ne fait pas partie. Par contre, elle est partie à Rome, mais comprenez bien que partir à Rome pour faire du baby-sitting vous laisse très peu de temps pour céder aux insistances des élégants jeunes romains. Frustrant, si on y pense !

Et la recherche du Yang ne cesse jamais. Il y a les hommes au cœur déjà brisé, qu’on ne peut pas réparer ; il y a les amoureux-étapes lors d’un inoubliable voyage en Amérique qui viennent aussi avec une certitude : oui, amoureuse jusqu’aux cheveux, mais capable de boucler sa valise et de ne pas trainer de regrets.

Il y a, bien sûr, un jour, le mariage. Il a d’ailleurs fallu choisir entre deux hommes… Le mariage donc, le chien, l’époque baba-cool, le travail – oh tant de travail ! -, les enfants. Les journées Energizer, le lapin rose et fou. Les factures aussi folles et moins roses. Du mieux, du plus sûr, l’amour qui dure, le temps qui passe, toujours aussi rythmé par le tambour du lapin Energizer. La tentation d’un amour autrement raconté sans renoncer à l’époux.

Nous suivons l’auteur dans une vie vécue, avec des hommes importants ou non, et la vie qui se déploie, se précise de plus en plus…

Je vous laisse à la curiosité d’en savoir plus avec cet ouvrage !

 

Edmée de Xhavée

 

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Carine-Laure Desguin en invitée avec l'avis de Pascale Gillet-B pour "Mises à nu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Dans ce huis-clos percutant, Carine-Laure Desguin met en scène deux femmes, une infirmière et sa patiente.

Mais qui sont Marielle et Madame Libert ? Quelle malsaine relation les unit ?

Elles ne sont pas amies, certes non, … pourtant si  proches !

 

Par la force de ses mots, sans mièvrerie, l’auteure déshabille les deux protagonistes, attirant le lecteur dans  la violence et la sensualité d’un effeuillage verbal. 

A travers un échange haletant et intime, CL Desguin dévoile habilement les sentiments ambigus de chacune de ses deux héroïnes. La haine et le mépris se disputent la première place dans cette étrange joute.

Au plaisir de la lecture sans repos possible, l’auteure offre un dénouement qui ravira plus d’un lecteur.

Mille fois merci pour ce moment de  pur bonheur !

 

 

Pascale Gillet-B

 

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L’amour en trompe-l’œil de Daniel Roualland, lu par Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

L’amour en trompe-l’œil est le titre de la dernière nouvelle de ce recueil, qui en comporte trois. Trois fois se faire plaisir, un régal ! De chacune je voudrais dire qu’elle est ma préférée, mais en réalité, elles le sont toutes !

 

L’auteur a enseigné la philosophie, et ça se sent dans  la façon dont on suit la pensée des protagonistes, leur raisonnement, sans aucune pédanterie d’autre part. C’est souple, c’est évident, ça va de soi mais c’est bien mis en mouvement…

 

La première nouvelle – La cicatrice ultérieure -  nous convie à un séjour à la campagne entre amis. Léo-Pierre se languit de parcourir à nouveau la route sinueuse menant au domaine familial, datant du 18è siècle. On fait le tour du propriétaire, on s’attendrit, on s’émerveille, on marque un temps d’arrêt devant le vieux mobilier, le causse que l’on voit par la fenêtre, et le matin, après une nuit délicieuse, c’est l’odeur du café moulu dans l’appareil de grand-mère qui les accueille. On joue les paysans pendant la journée, on ramasse du bois, on le scie, on bavarde. Le soir on mange et boit à la rustique, et on arrive ainsi à la troisième journée de dépaysement. Et là, la conversation tombe sur… le guéridon. Quelqu’un a-t-il déjà fait tourner les guéridons ?

L’idée flotte encore alors qu’ils visitent, suivis d’une petite inquiétude délicieuse, les caves voûtées et tendues de toiles d’araignées. Et après le repas du soir, quelqu’un ranime l’idée de faire tourner le guéridon. Personne ne s’attendait à ce que l’esprit de Léopoldine se manifeste.

 

La seconde nouvelle – La vie rêvée de B.D. – nous présente B.D., fils d’une « maraîchine au corps râblé revenue de la ville expresse pour accoucher dans de vrais draps », et d’un « frêle ajusteur de chantier naval, suspendu sans illusion à son maigre salaire de fin de semaine qui l’avait embarquée, quelques années plus tôt, en silence sur le chemin du bon sens populaire et de la nécessité ». Ils attendent de B.D. que leurs sacrifices le portent plus haut qu’eux-mêmes. Lui il aura un bon travail – de fonctionnaire, quoi de mieux ? – une épouse aimante, un joli logis, et se reposera sereinement le soir. B.D. , de ce rêve, fait ce qu’il peut… et puis part en vacances, seul, à Athènes. C’est là que…

 

La troisième – L’amour en trompe-l’œil – nous présente une traductrice qui a du vécu et de la beauté, de la détermination aussi, Martha. Frédéric est l’homme qui attend du hasard qu’il le secoue, il est prof de philo, un peu émoussé par une histoire d’amour qu’il a vue mourir sans trop de drames, et se rend tous les jours dans le même restaurant à la même heure. Et puis on a Ambre, la jolie serveuse mêle-tout aux yeux qui voient tout. Elle voit bien que Martha sait ce qu’elle veut, et comment ! Elle veut la même chose, mais n’a pas les mêmes armes. Et Frédéric… il est plus un homme de raisonnement que de décisions, car ça se sait, les décisions comportent des risques, et sait-on jamais tout tout tout ? C’est qu’il faut réfléchir, n'est-ce pas ?

 

Voilà, j’ai vraiment tout aimé de ce livre, les sujets choisis, le décor campé, l’intrusion dans les pensées des personnages, les hésitations multiples devant les choix, premiers ou seconds, voire lots de consolation…

 

Edmée de Xhavée

 

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Carine-Laure Desguin a chroniqué "Ce que le cœur murmure" de Sylvie Thibaut-Buffart

Publié le par christine brunet /aloys

 

C'est un livre qui s'ouvre à n'importe quelle page. Chaque texte est là, indépendant de celui d'avant et aussi de celui d'après. Vous le déposez sur un coin de table et vous l’ouvrez comme ça, au hasard. Bien souvent, vous trouverez la réponse à votre question comme une main qui se tendrait pour étreindre la vôtre. 

À chaque page, des phrases qui vous reboostent, qui vous redonnent cette confiance qui vous manque tellement, parfois. L'époque que nous vivons nous fragilisent et les chutes sont là, toutes proches de nous. Alors, Ce que le cœur murmure est l’ouvrage qui devrait, comme les antidépresseurs, être remboursé par la sécurité sociale !

 

Des livres de pensées positives, il y en a des tonnes sur les tables de nos librairies. Celui-ci est différent. Pourquoi donc? 

Lisez chaque page avec lenteur et imprégnez-vous de chaque phrase. Vous comprendrez. 

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

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Carine-Laure Desguin a lu "La rivière des filles et des mères" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Sa grand-mère Ayette a tué un homme et elle, elle est la fille de Dracula. Elle, c'est Zoya. Elle vit en Belgique et a toujours su que "sa famille n'était pas construite comme tant d'autres". Et la grand-mère d'Ayette, c'est Enimie Goguet, dont le père était trappeur d'origine normande et sa mère était Marie, une indienne. Qui fut enlevée par des Objibwés et échangée à Goguet Bellefontaine contre trois fusils et deux chevaux. 

  Zoya nous entraîne dans sa généalogie, très peu banale en effet. Et l'on s'y perdrait vite, dans ce labyrinthe d'histoires de famille qui nous emmènent de l'Europe vers le continent américain. Mais Zoya clarifie tout ça au début de chaque chapitre et ensuite donne la parole à chacune des intervenantes, ce qui nous plonge directement dans chacune des  vies de ces cinq femmes. Du live à plein tube! L'écriture d'Édmée de Xhavée est gaie, légère et savoureuse et c'est ce qui fait de ce livre bien plus qu’une recherche généalogique. 

  Il y a Belette (la mère d'Énimie, qui sera la mère de MacLeary, l'arrière- grand-mère de Zoya) qui fut emmenée par Bellefontaine près de Chicoutimi dans une cabane construite par lui-même en contrebas d'une rivière. La lecture de sa vie est un transport immédiat vers ces contrées lointaines et nous vivons avec elle sa vie en pleine nature aux côtés du Goguet. Page 23 "j'aimais avoir les doigts collants de sucre que l'érable me donnait ...". 

  Il y a Énimie, partagée entre son éducation au sein même de la nature que lui procura le Goguet et la vie mondaine et urbaine pendant les vacances auprès de la famille de son amie Malina. Énimie maria même Calum, le frère homosexuel de Malina, ceci afin de mettre fin aux commérages. Un mariage heureux et sans chaos malgré tout. Isl eurent cinq filles et puis une petite dernière, McKenna Mac Leary surnommée plus tard Mackie, née d'un moment d'égarement entre Énimie et un certain Albrecht. Énimie qui fut l'arrière-grand-mère de Zoya.

  Il y a Mackie, surnommée aussi Princesse. Avec ses soeurs elle fut formée au Vassar Collège et toutes reçurent une éducation équivalente aux standards masculins de l’époque. Nous sommes au début du 20ème siècle. Mackie tomba amoureuse de Urbain Detrooz (qui avait des origines belges) surnommé le Grizzly et le maria. Le Montana, c'est la solitude et la complainte des vaches, rien de bien exaltant. Et son mari, très volage, était souvent éloigné d'elle. Mackie, de son ranch américain, écrivait chaque jour à ses parents. Mackie et Urbain eurent deux enfants, Mariette (Ayette) et Jules-Nicolas. La vie de Mackie fut ébranlée par un douloureux évènement. Urbain Detrooz cachait bien des choses à son épouse. Je n’en dis pas plus.

Le secret des origines indiennes de Belette était jusqu’alors bien gardé, Mackie et ses soeurs l'avaient promis et ce secret les liait les unes aux autres.

 

  Il y a Mariette (Ayette), la grand-mère de Zoya. C'est elle qui, à 25 ans, a tué un homme. Toute sa vie elle fut marquée par ce meurtre et aussi l'autre évènement auquel elle assista toute petite au ranch de ses parents, un accident dont sa mère fut la victime principale. C'était en 1921 et Mariette avait 6 ans. À 20 ans Mariette n'avait rien de féminin et n'avait aucune envie de s'afficher avec un jeune homme. À 25 ans, Mariette tua effectivement un homme. À 32 ans, avec son frère, elle traversa l'océan pour rejoindre sa famille belge à bord du luxueux Queen Mary. Durant le séjour son coeur s'ouvrit enfin et ce qui devait arriver un jour .... Avec le cousin André Kraft, époux de Thérèse qui mourut prématurément. Et Mariette était enceinte d'André. Ils se marièrent. Louisiane montra le bout de son nez. Ce ne fut pas un mariage comment dire ... idyllique.

  Il y a Louisiane, la mère de Zoya. Qui passa une partie de son adolescence chez sa tante, sa mère étant retournée dans le Montana après le suicide de son époux. Louisiane ne revit sa mère que des années plus tard, lorsqu'elle se rendit dans le Montana. Louisiane découvrit la vie américaine de sa mère et apprit que celle-ci avait tué un homme. Louisiane prit conscience que sa mère était cette charnière qui avait fait migrer la famille vers l'Europe et que c'est à travers elle qu'elle ressentait ce sentiment de venir d'ailleurs. Louisiane refusa les études universitaires conseillées par sa famille et choisit la couture. Elle aimait son célibat, l'amusement, la liberté. Elle arriva à Trieste à 26 ans, en avril 74. Au service des Libotte, afin d'être à temps-plein la baby sitting de leur fille Béatrice. C'est là qu'elle rencontra Vladimiro, un artiste. C'est là aussi qu'elle renoua avec sa mère Mariette venue de Belgique jusque Trieste pour partager le bonheur de sa fille. L'intimité et les rapports mère-fille se consolidèrent. Louisiane, déçue par sa vie de couple revint en Belgique et Zoya naquit là. Quelques années plus tard, Louisiane rencontra Édouard, avec qui elle vécut des moments très heureux, mais clandestins.

  Et Zoya remonta ainsi la rivière des mères et des filles. Zoya est mariée, enseignante, et mère de trois enfants. 

  J'ai refermé ce livre hier soir. Ce matin, il m'émeut encore. Toutes les familles se ressemblent. Dans chacune d'elle, des femmes ont vécu en couple. Ou pas. Des femmes libres, des femmes soumises ou qui simplement acceptent leur solitude au nom de l'Amour. Des enfants naissent à l'issue d'un mariage conventionnel. Ou hors mariage. Et sont aimés quand même. Édmée de Xhavée nous racontent tout ça avec la plume qu'on lui connaît. Tout au long de ces récits de vie, nous vivons aux côtés de chacune de ces femmes. Nous regardons Belette réaliser des bijoux avec des dents de castor. Nous caressons en même temps qu'Énimie les cheveux de sa fille née d'un moment d'égarement avec Albrecht. Nous sommes dans le Montana avec Mackie et nous comprenons sa solitude mais aussi sa joie lorsque son Grizzly de mari volage pointe son nez. Avec Ayette, nous traversons l'océan et nous comprenons très bien son attirance pour André Kraft. Louisiane, nous aimons sa liberté, son départ vers Trieste. Nous sommes là, nous partageons chacune des vies de ces femmes.

L'écriture d’Édmée de Xhavée nous transporte bien au-delà de nous-mêmes, sans doute aussi sur les pas des femmes de notre famille, les mères de nos mères. 

Je voudrais que ce livre ne dorme pas dans ma bibliothèque.  Il mérite une deuxième vie. Et bing, j'ai une idée. Affaire à suivre. 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog;com

 

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