Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

avis de lecteurs

Christine Brunet a lu « Place au hasard » de Chloé Derasse pour ActuTv

Publié le par christine brunet /aloys

« Place au hasard »… Une couverture qui dit tout et… pas grand-chose. J’étais curieuse de plonger une fois encore dans l’univers de Chloé Derasse, dans sa façon de penser l’écriture. Curieuse et un peu effrayée par les 322 pages, faut bien l’avouer. Alors, déçue ? Jugez plutôt…

L’auteur nous propose une courte tranche de vie que beaucoup d’entre vous (nous) vivons chaque jour…

Allez, fermez les yeux… Imaginez… Il est tôt… C’est l’heure de partir bosser… Vous savez, le rituel « métro/boulot/dodo »… Mais là, focus sur le premier terme qui est, pour le coup, le train du banlieusard.

5h34… Tout commence… Enfin pas tout à fait parce que, cette fois, jeu du hasard, quelque chose va dérailler ; l’ordinaire va devenir, l’espace de quelques heures, « l’extra-ordinaire », le surprenant, un moment d’aventure dans un quotidien bien huilé.

Un homme saute les grilles de la gare ; Il est blessé. Qui est-il ? Un clochard ? Peut-être ou peut-être pas… Que lui est-il arrivé ?

Premier train, première vague des anonymes besogneux… J’ai dit « anonymes » ? Non… Le lecteur les connaît par leur nom, les découvre avec leurs petits travers, leurs ambitions, leurs courages, leurs timidités, leurs égoïsmes, leurs préoccupations journalières…

Chloé Derasse nous jette dans le siège du spectateur curieux que vous avez sans doute été un jour, celui qui, dans ce train du quotidien, pour tuer le temps, passe en revue les visages en se demandant qui sont ses inconnus silencieux et apathiques, quelle est leur histoire, quel pourrait être leur destin ? Non ? Vous n’avez jamais cédé à la tentation ?

Je sais bien que oui… et cette fois, plus de conjectures : les protagonistes de ce trajet sont bien plus que des affabulations…

Où en étais-je ? Ah oui, le blessé… qui monte dans ce premier train. On comprend qu’il n’est pas tout blanc… Peut-être un loufiat ? Il se cache, s’évanouit mais une fille le trouve… par hasard et… Bon, je n’en dirai pas plus…

Je vous invite à voyager aux côtés de Juliette, Kevin, Yvonne et Fifi (et d’autres), à partager une courte tranche de leur vie commencée dans le train-train quotidien et gris, dans la douleur pour Kevin (le blessé) et qui, au fil des pages, trouvera un élan inespéré ou étonnant.

Ouvrage très dialogué, très vivant, le lecteur écoute les protagonistes et lit à toute allure tandis que le temps s’écoule trop lentement pour les personnages. Jeu surprenant de rythme…

Alors, ai-je aimé « Place au hasard » ? Sans aucun doute ! Ce roman n’a rien d’un énième récit de train, de vie… Il est d’une originalité qui a su me séduire autant par son écriture simple et nerveuse que par son ambiance. Bravo !!

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

www.aloys.me

www.actutv2.com

Partager cet article
Repost0

Daniel Charneux chronique dans "les belles phrases" le recueil de Xénia Maszowez, Hyphes

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.facebook.com/groups/581665848925549/permalink/1360917547667038/

https://www.facebook.com/groups/581665848925549/permalink/1360917547667038/

Daniel Charneux

Xénia Maszowez, Hyphes, éd. Chloé des Lys, 2021.

 

Pour son premier recueil, Xénia Maszowez a réussi à se hisser parmi les finalistes du prix Charles Plisnier. Voilà qui est de bon augure !

Une belle surprise, en effet, que cette poésie sensuelle, à fleur de peau. Une poésie à mâcher, à humer. Rien de plat. Un recueil que l’on peut ouvrir à n’importe quelle page !

Deux exemples : Lécher l’hiver / Comme une glace / Sentir son goût / Geler mes dents

ou encore : Sous la surface / Des choses / Il est / Monts et merveilles / Gratte !

Les « hyphes », ce sont les filaments du mycélium qui courent sous la terre et, venus à la surface, nous offrent l’infinie variété des champignons. Xénia Maszowez explore ainsi les filaments – neurones, synapses – de son cerveau, les chemins de son être, les épanchements filandreux de sa pensée. Le mot, rare et beau, offre bien sûr un jeu de mots que l’auteure ne se prive pas d’exploiter, d’explorer : Hyphes I / Hyphes you / Hyphes we // So maybe // Hyphes. / Toutes ces choses cachées. / Sous-jacentes, sous-terraines, telluriques. / Ces liens secrets.

« Hyphes », aussi, la belle illustration de couverture, œuvre de l’écrivaine qui est également plasticienne : amanite tue-mouches en surface et, dessous, le vaporeux réseau du mycélium. Le champignon hallucinogène des sorcières (et Xénia Maszowez se dit « sorcière en poésie »), effleurement conscient d’un inconscient bouillonnement, ombre portée d’une caverne profonde et sombre.

Le généreux recueil (une centaine de textes !) est divisé en six sections (Monts et merveilles, Hyphes, Jus de cœur, Mange ta soupe, Louves et Même pas mal). Des sections thématiques centrées sur la perception de la nature, l’amour, l’inconscient, l’expérience de l’absurde, la sororité ou encore la maladie – une logique thématique mais pas systématique, le cheminement des « hyphes » mentaux étant bien entendu erratique.

Une poésie dont l’inspiration découle de l’expiration, de la respiration, de la transpiration. La voix personnelle, à la fois brute et sophistiquée, d’une personnalité qui se livre dans toute sa force fragile, comme dans cette Orange sanguine :

Une orange que l’on pèle

à vif

souffre moins

que mon âme

fragile

dans le froid

ce matin

Que personne ne me parle

encore moins ne me touche

Aucun son ce matin

ne jaillit de ma bouche

Une poésie à découvrir, une voix neuve (c’est rare), non dépourvue d’humour, ce qui ne gâte rien : Si l’idée de la mort s’impose : / faire de la soupe / À trucider des légumes, / l’esprit s’apaise

À lire Xénia Maszowez, l’esprit s’agite entre guerre et paix, entre nature et culture, entre trouble et sérénité. Et c’est bon.

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Philippe Desterbecq a lu "Silencieux tumultes" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

Description : silencieux tumultes par Xhavée

Voici un livre bien silencieux puisqu'il est resté quelques années dans ma bibliothèque sans se faire remarquer, perdu au milieu de ses congénères. Je dois avouer que je l'avais quelque peu oublié, mais mon regard s'est enfin porté sur lui et je l'ai sorti de son rayonnage. 

Bien sûr, j'ai eu là une bonne idée puisque j'ai passé, avec lui, de très bons moments de lecture. 

Je ne parlerai pas de l'écriture d'Edmée. Je l'ai déjà fait à plusieurs reprises puisque j'ai lu "Les Romanichels", son premier roman en 2009 et que j'en ai dégusté d'autres depuis. Il suffit de se rendre sur son blog pour se rendre compte de son style parfait. 

Pour ce roman, Edmée a bien choisi son titre, vous allez vous en apercevoir. 

La couverture, un peu désuète peut-être, vous indique que vous allez vous rendre dans une autre époque et partir à la rencontre de personnages qui semblent sortis tout droit de la vie d'Edmée. 

Fidèle à son habitude (son blog peut en témoigner), Edmée nous dépeint des personnages au passé parfois tumultueux, qui cachent des secrets plus ou moins bien gardés, des amours véritables ou arrangés, qui durent ou pas, des blessures parfois profondes, mais que l'on tait le plus souvent. 

La véritable héroïne de ce roman, c'est la maison, celle que l'aïeule a achetée et qu'elle a transmise à ses descendants. C'est donc une saga familiale qui se déroule ici de 1928 à 2009. 

Il y a d'abord Jean et Germaine dite Maine. Cette dernière est devenue mélancolique sans trop savoir pourquoi, neurasthénique diront certains. Jean, lui, peint à ses heures perdues. Mais pourquoi a-t-il fait le portrait de cette jolie servante au pied bot? 

Viennent ensuite leur fils, Marco, et Anne, sa femme, tellement distraite qu'elle se cogne très souvent sur les bords de portes. 

Suivent les jumelles, Christine et Mireille. La première aura un enfant de père inconnu (encore un secret bien caché). Quant à la deuxième, restée célibataire comme sa sœur, elle vit un amour caché, mais tout secret risque d'être dévoilé un jour. 

L'histoire se termine avec Daniel et Pavlina qui ressort le portrait de la trop jolie servante...

Quatre générations se sont déroulées sous la plume alerte d'Edmée. Toutes ont été traversées par des tumultes silencieux - je vous avais dit qu'Edmée avait bien choisi son titre - et aucune ne vous laissera indifférent. Et n'oublions pas le témoin muet de ces joies et de ces peines : la maison qui porte la trace des unions et désunions, des naissances et des décès, des arrivées et des départs...

Un livre à lire sans modération. Vous quitterez les personnages comme si vous les connaissiez de longue date et ils ne pourront que vous manquer. 

 

Philippe Desterbecq

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Edmée de Xhavée a lu "Le tilleuil du parc" de Jean Destrée

Publié le par christine brunet /aloys

Voici un livre « tranquille », qui a tous les parfums, les réalités sociales et la décence d’une époque. J’ai aimé cette impression, non pas de lire une autobiographie, mais de percevoir du vécu ici et là. Bien sûr, on comprend que les lieux existent, ou ont existé, même le vénérable tilleul bien sûr. Les préoccupations sociales aussi, et les réactions à ces dernières. Et puis la manière dont un amour se met en place, c’est également issu du code d’alors, avec la pudeur et une audacieuse indécence qui s’alternent patiemment.

Jean-Michel est un « homme sans histoire », bien qu’il ait été blessé par un amour autrefois. Il a trouvé la tranquillité dans le retour sans surprises des jours, l’un après l’autre, agréables et rassurants. Il enseigne, a ses amis, ses routines, ses itinéraires préférés, dont le parc où se déploie l’imposant tilleul du parc. 

Il connait le bruit du tram, le salut de l’encadreur sur la place, les mineurs du coin, il a sa bière préférée.

Mais si aucune de ces choses n’est destinée à disparaitre, sa vie sera bouleversée.

Un enfant, et Fabienne, la femme qui le recherche, car c’est le sien. Elle, elle a « une histoire », et Jean-Michel, sans y avoir pensé, sera celui qui lui en donnera une autre et l’aidera à retrouver cet enfant dont la trace ne cesse de resurgir pour disparaître à nouveau. Leur rencontre sera pour chacun un des cours de l’école de la vie : plongé dans les bousculades toxiques d’un monde qu’il ignorait, la compassion naturelle  de Jean-Marie s’étend vers ceux qui vivent des drames, et s’il sera un loyal défenseur pour Fabienne il le deviendra bien vite pour les causes syndicalistes. 

Quant à Fabienne, elle fleurit comme un printemps au contact de la gentillesse innée de Jean-Michel et de ses amis, une attitude entièrement neuve pour elle. Elle se fond dans sa nouvelle vie avec la fraicheur d’une écolière qui découvre qu’elle a du talent. 

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Carine-Laure Desguin chronique pour ActuTV le nouveau recueil de nouvelles signé Bob Boutique "Contes Bizarres III"

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans vidéo, avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Edmée de Xhavée chronique le nouveau recueil de nouvelles signé Bob Boutique "Contes bizarres III"

Publié le par christine brunet /aloys

Bob Boutique, le retour

 

Il nous revient, et de loin, mais il l’avait dit : I’ll be back.

 

Et back, il l’est. 

 

Avec trois contes bizarres. Des contes bizarres, il en avait déjà sorti deux recueils, et on avait pris plaisir à savoir que tôt ou tard, dans chacun d’entre eux, la petite phrase magique s’étalait devant nos yeux impatients :

 

Et arriva ce qui devait arriver.

 

Et on n’était jamais déçu, jamais on ne soupirait « ah bon, et c’est tout ? ». Car c’était l’inattendu qui vous tombait dessus, même si ça devait arriver, on ne l’avait pas vu venir…

 

Nous y revoici donc, trois contes étranges. 

 

M’man… Un monsieur qui serait insignifiant s’il n’était déjà une image très inhabituelle en soi : petit, indécis, vêtu d’un vieil imperméable sans doute pas des plus frais, tout le langage corporel qui bégaye. Face à lui, une psychiatre analyste imposante aux mains boudinées qui taillent des crayons. 

 

Entre eux… le problème, maman. La maman du premier. Une maman omniprésente, et cependant… décédée depuis belle lurette. Enfin, c’est ce qu’il dit, lui. La maman, elle… ne l’entend pas de cette oreille. D’ailleurs, elle se lève d’un bloc et file dignement vers la chambre à coucher ; elle le transperce d’un regard inexpressif et crache enfin, après un pfffff… méprisant ; elle est déchaînée et lève ses petits poings misérables vers le plafond en hurlant et postillonnant à travers ses longues dents jaunes….

 

Bref, M’man a un rôle de premier plan. 

 

Il se sent si seul, pourtant. Alors qu’elle est là, tout le temps et partout, bien que morte. L’enterrement, il y était. 

 

Certes, arrive finalement ce qui devait arriver, et il vous faudra le lire pour, peut-être, comprendre l’étrange et spectaculaire relation mère-fils qui vous a entraînés dans cette bizarrerie….

 

Amen … Monseigneur s’en est allé, un peu trop tôt au goût des pieuses personnes présidant à l’ouverture de son coffre. On le fore, le dit coffre, car la bonne Sœur Dominique avait bien trouvé le numéro, mais pas la clé. 

 

Trois bocaux de concombres, voilà ce qu’il contenait, le coffre du Monseigneur. Des concombres qui, horreur, sont bien autre chose une fois observés avec le respect que l’on doit aux trésors de défunts. 

 

Monseigneur était très drôle, affirme un jeune séminariste ému. Une bouille de bon vivant avec un béret basque, des cheveux gris coupés courts et un œil qui pétille derrière de grosses lunettes d’écaille. 

 

L’enquête s’impose. Le Monseigneur était royalement payé pour ses Monseigneureries, et dépensait tout. Bizarre comme un conte, non ? Il n’avait plus de famille, ne jouait pas, n’avait ni passions ou fantaisie autre qu’un restaurant de qualité ici et là. 

 

L’analyse de son ordinateur révèle un album avec trois photos d’adolescents dans un camp scout. Qu’on se rassure : des photos très normales :  ils cuisinent, montent une tente… Le camp scout semble se trouver dans nos régions, par contre les trois garçons sont de type latino-américain. Ce qui mène les recherches vers une association, Enfance inter-mondes, qui intéressait feu Monseigneur facétieux.

 

Les choses s’éclaircissent alors quelque peu, mais à vous de lire pour les découvrir. 

 

On se trouve d’ailleurs face à face avec un personnage peu amène. Grand, lourd, des paluches de fermier, des cheveu d’un blond presque blanc et des yeux étranges, quasi transparents. On dirait un albinos. Il porte une salopette verte et des bottes en caoutchouc de la même couleur. Une fourche dans les mains, il ferait plus vrai que nature. Et il a une sœur jumelle, comme si un comme ça ne suffisait pas. 

 

L’inspecteur téméraire et fatigué chargé de résoudre cet embrouillamini entreprend une promenade qui n’a rien de champêtre, et le mène à une vieille chapelle abandonnée, où arrive ce qui doit arriver…

 

Mille brasses… Alors ici, on est en plein roman d’amour. Mais comme il arrive ce qui doit y arriver, ça ne finit pas bien, tout en finissant bien malgré tout. Elle est belle, jeune, pétulante. Parfaite. Il se trouve petit, vieillot, chauve, pas intéressant, insignifiant comme un vieux porte-clés trouvé dans une boîte de savon.

 

Ça, c’est lui qui se voit comme ça, hein. Elle a pourtant le même regard qu’au moment de l’éblouissement de l’amour, est empressée comme une mère poule, l’aime et n’a pas changé. Ce qui a changé, ce sont les voisins, ceux qui n’ont pas de sel et viennent casser les pieds. Enfin c’est l’ami du voisin – le beau, bellâtre, horriblement sûr de lui et satisfait de sa denture et de ses pectoraux ridicules, et qui sent bon, en prime. Un abominable nouveau venu dans leur vie. Avec une femme qui ne va pas avec lui. Il sait tout, cet olibrius. 

 

Ce qui doit arriver en premier arrive effectivement. Le soupçon, la remise en question en partant du principe qu’on ne fait pas le poids (vrai que notre héros est un petit format, un petit homme de poche dont l’épouse est éprise, tandis que l’autre est scandaleusement conforme à tous les canons de séduction en vogue). Le soupçon grandit, s’accroche à tout ce qui peut le nourrir, et grandit sous forme d’une impérieuse évidence.

 

Arrive ce qui doit arriver, qui, comme les vagues de la mer du nord où tombe le rideau, apporte un flot d’émotions…

 

Sacré Bob Boutique, va !

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Jean-François Foulon a lu "L'envers du miroir", de Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

 

Je termine à l’instant le dernier roman de Rolande Michel, qui nous décrit la vie quotidienne d’un couple, description qui, au fil des pages, se transforme en une véritable descente aux enfers. Quoi de plus banal et de plus normal, quand on est une jeune fille un peu naïve, de rêver au prince charmant ? Quand en plus on est issue d’un milieu pauvre, ce fameux prince prend souvent les traits d’un garçon appartenant à un autre milieu, plus aisé, plus cultivé, plus civilisé, moins rustre.

D’un autre côté, quand on est un jeune ingénieur à l’avenir prometteur, rien de plus normal non plus que de trouver séduisante la jolie jeune fille qui travaille dans la librairie où il vient commander une revue littéraire. C’est une petite librairie et la revue ne s’y trouve pas. La vendeuse, visiblement, n’en connaissait même pas l’existence. Mais elle est si jolie ! Alors, il revient, une fois, deux fois. Et puis l’histoire commence, comme un conte de fées.

Il y a d’abord un premier rendez-vous, intimidant pour tous les deux (il faut plaire, ne pas décevoir). Puis une relation commence, un « nous » magique surgit chez ces deux solitaires. Pour elle, perdue dans un quartier populaire et qui aurait bien voulu en sortir car elle se sentait différente, c’est une occasion inespérée. Quant à lui, surchargé de travail à l’usine où il travaille comme chef de projets, il n’avait pas encore remarqué jusque-là que passer du temps auprès d’une jeune fille donnait à la vie un tout autre sens. Les voilà donc heureux tous les deux et très contents d’être ensemble.

Mais il y a les autres, la famille, les voisins. Sarah a peur de présenter à ses parents un peu frustres ce jeune homme si bien sous tous rapports. Que va-t-il penser d’eux (et donc d’elle) ? Heureusement tout se passe bien et amoureux comme il est, il ne trouve rien à redire. Il faut alors aller rencontrer sa famille à lui. C’est un autre milieu, cultivé. Assez mal à l’aise quand on lui pose des questions sur la littérature ou le cinéma, Sarah parvient à s’en sortir en donnant des réponses fort vagues. Ouf ! elle a réussi son examen d’entrée.

Voilà le décor planté. La suite est bien différente et on ne va pas la raconter ici. Le bel ingénieur, qui voyage beaucoup pour son travail, rencontre une autre femme, autrement plus intéressante et cultivée que Sarah. Il se rend compte alors qu’il n’a rien à dire à cette dernière. Certes elle est très belle, mais cela s’arrête là. Il décide de rompre quand elle lui annonce qu’elle est enceinte. Il n’a plus le choix. Dans son milieu à lui, on assume ses responsabilités. Les voilà donc mariés pour le meilleur et pour le pire. Surtout pour le pire car ils n’ont rien à se dire. L’enfant est mort à la naissance, laissant le couple face à lui-même. Lui se noie dans le travail, tandis qu’elle, désœuvrée à la maison, sombre petit à petit dans l’alcoolisme. Les années passent, toutes identiques et désespérantes. C’est à peine si Sarah croise encore son mari à la maison. Ou bien il est en mission à l’étranger, ou bien il rentre très tard.

Cette descente vertigineuse dans l’enfer d’un quotidien morbide et désespérant, l’auteur nous la dépeint admirablement. D’une plume allègre, qui ne s’arrête jamais, elle nous entraîne dans les différents cercles de cet univers dantesque. Quand il referme livre, le lecteur se dit qu’il a bien de la chance de ne pas mener la même vie que Sarah. Mais il se dit aussi que sa vie quotidienne à lui est tout de même parfois un peu morne et qu’elle ne correspond pas toujours à ce qu’il aurait pu imaginer autrefois.  Alors ? Ne serait-il pas temps pour lui de se ressaisir ? Oui bien sûr. Mais qu’il fasse attention aux princes charmants ou aux femmes trop belles.

 

Jean-François FOULON

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Edmée de Xhavée a lu "Légende indienne" de Rubenia Timmerman

Publié le par christine brunet /aloys

Très difficile de mettre l’eau à la bouche sans en dire trop, puisque sur ce livre de 266 pages, c’est à la page 70 qu’on sait dans quoi on a mis les pieds. Donc très vite…

On a Elisa, qui se retrouve au bout d’une liaison. Une fille moderne, libre, avec les copines, un boulot qui lui plaît, une famille peu présente, un collègue qui soupire avec patience et un zeste d’agacement parfois. Et puis les choses deviennent soudain très compliquées et mouvantes dans sa vie, après la rencontre du beau Joachim. 

Pas banal, Joachim. Pas banal du tout. Du mystère, de la beauté, du savoir-faire entre les draps, et une aisance dans la vie qui rassure et épate. Il voyage beaucoup, et ma foi… le voir revenir est un tel bonheur que notre Elisa s’abandonne à la frénésie de cette relation. Jusqu’à l’arrivée, en tant que nouvelle collègue, de la belle et sulfureuse Amarante. Une femme grande qui n’hésite pas à porter des talons. Sûre d’elle comme ce n’est pas permis. 

Et belle, et séduisante, et envahissante aussi. Et terrifiante, au final. Mais là… attention, arrive un autre séducteur, Theron. Blond, musclé et riche, très riche. Un connaisseur de la grande vie. Très fort et … à la poursuite de Joachim depuis longtemps, le lecteur découvrira enfin pourquoi l’un traque l’autre. 

Ca rend les choses très intenses mais aussi impose la fuite, la vie au secret… 

Et l’amour, il faudra bien le choisir, entre le chasseur, le collègue qui a enfin droit à sa récompense, et le chassé. Et Amarante ne se laisse pas jeter hors de l’histoire sans combattre, car la frémissante créature ne veut qu’un seul homme : Joachim. 

Un livre plein de rebondissements, de voyages dans le temps et l’espace, dans l’incroyable aussi. Un livre qui a du mordant…

EDMEE DE XHAVEE

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Carine-Laure Desguin a lu pour actutv "Le tilleul du parc" de Jean Destrée

Publié le par christine brunet /aloys

Le Tilleul du Parc, Jean Destrée, Editions Chloé des Lys, 2013

 

Jean-Michel est prof de français dans un établissement d’une petite ville proche de Charleroi. L’auteur ne cite pas le nom de ce lieu mais par recoupement, grâce aux noms des rues (rue des Houillères par exemple) et surtout par le fait que se trouve dans cette cité minière une clouterie, je pense situer cette histoire. Quant à l’époque, Jean Destrée ne cite qu’une seule date, mars 1968. L’histoire se déroule donc vers les années 67-68. Jean-Michel est un prof de français qui vit seul, il est séparé de son épouse et tout son univers tourne désormais autour de ses cours, de ses élèves qu’il adore et de ses amis. Un soir pourtant il rencontre Fabienne et son univers bascule. Par un triste concours de circonstance Fabienne n’a pas la garde de son fils Pierre qui est placé en maison d’accueil. Jean-Michel et Fabienne unissent leurs deux solitudes et une belle histoire d’amour se profile. Grâce à Fabienne, le caractère de Jean-Michel s’affirme et de son côté Fabienne, jeune femme humiliée par son époux puisqu’il l’avait obligée à se prostituer, reprend confiance en elle. Ensemble ils se battront pour récupérer la garde du petit Pierre.

Mais Le Tilleul du Parc, c’est bien autre chose que cette histoire d’amour et c’est cela que j’ai aimé. C’est un livre que tout carolo devrait lire. Et pourquoi me demanderez-vous ? L’histoire se passe d’après moi à Fontaine-L’évêque, petite cité minière à deux pas de Charleroi. L’auteur relate un coup de grisou et le désarroi des femmes et des enfants face à ces jeunes pères décédés. Dans la classe de Jean-Michel, deux orphelins et une solidarité voit le jour envers ces familles d’émigrés. Dans ce roman, il est question d’amour mais aussi d’amitié sincère, de profonde fraternité et surtout d’implication syndicale. Jean-Michel sera enrôlé par ses amis professeurs dans le nécessaire combat syndical de ces années-là. L’auteur met en évidence les véritables raisons de ces luttes, de ces grèves qui furent essentielles puisqu’il s’agissait de défendre les droits basiques des travailleurs face à la voracité du patronat dévastateur.

Et le Tilleul du Parc dans tout ça, me demanderez-vous ? 

Ça, je ne peux le dévoiler, j’en ai déjà bien trop dit. 

 

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com 

 

Publié dans avis de lecteurs

Partager cet article
Repost0

Carine-Laure Desguin est l'invitée d'Aloys avec une chronique d'Edmée de Xhavée pour "Misha, le poisson rouge et l'harmonica"

Publié le par christine brunet /aloys

Misha, le poisson rouge et l’harmonica

 

Oui, cet Adopuscule est, au départ, habillé comme un livre pour ados. Jeunes ados, même. Après tout, Misha a un ciré rouge, un carnet rose toujours ouvert à la page « Aujourd’hui », et son aventure commence alors qu’elle parle à tu et à toi avec un poisson rouge qui ne va pas trop bien. 

 

Ici, les jeunes ados peuvent certes continuer la lecture, mais aussi inviter les grands au régal des mots.

 

La conversation prend fin, et c’est un somptueux défilé d’images en cinémascope qui prend la relève, accompagnant la petite Misha le long de fleuves, rus, canaux et rivières aux noms pleins de couleurs et d’odeurs – il y a même, tenez-vous bien, celles de ces laines vagabondes trempées par des mains gercées et rougies dans la Vesdre verviétoise – et aussi des wagons au bruit si triste, remplis de visages aux regards morts et de souvenirs de vies d’avant l’étoile. L’affreuse étoile. 

 

Un envol d’oiseaux déposés sur leurs fils en une mélodie écrite sur le ciel pépie et bruisse, Misha semble enlever le gris des choses et les rendre plus belles, parfois plus légères, les souffrances éphémères, les surprises dignes de figurer à la page « Aujourd’hui ». Comme le noble Thibault de Géramont qui, ma foi, se déplace avec une étrange escorte et une requête administrative bien précise. 

 

Tout ça – et plus encore ! – au son de l’harmonica. Jusqu’au canal des suicidés où Yvan joue de l’harmonica. Olga l’écoute. Elle entend, dans le souffle joyeux d’Yvan, arriver l’enfant au ciré rouge…

 

Edmée de Xhavée

 

Partager cet article
Repost0

1 2 3 4 > >>