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André Elleboudt nous présente son ouvrage "Le Rivage d'un Océan sans Terre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

L'auteur/Bio

 

André Elleboudt, né en 1953, aime parler, écrire, chanter, jardiner, partager connaissances et convictions. Depuis toujours, ou presque, la musique à écrire et chanter, les mots à entendre, dire ou écrire, la nature à regarder, travailler et cultiver, l'Europe à découvrir à travers ses gens et ses paysages, la pédagogie à appliquer, inventer et expérimenter, … forment, avec la famille, des raisons de vivre. Et puis un jour, l'édifice se déstructure quand la santé prend les rênes de sa vie et du reste.

Alors, écrire devient le lieu d'une nouvelle liberté dans l'adversité.

 

Le Rivage d'un Océan sans Terre/Résumé

 

Le titre, pour qui veut en pénétrer l'intime, exprime ce lieu qui devrait être "la terre en vue" d'un marin. Mais, à y bien penser, un océan sans terre ne peut avoir de rivage. Cet océan, d'ailleurs, existe-t-il ? C'est dans ce vide, ce non-lieu que je me retrouve quand la douleur permanente me casse. Les pages du livre parlent du quotidien de la souffrance, description doublée de manière plus poétique par l'expression, difficile, du ressenti.

Mais il n'est pas question de plainte. Il s'agit moins de "lutter contre" que de "pouvoir vivre avec".

 

Un extrait

 

J’ai subi une attaque et je suis occupé. Mon corps est occupé, comme un pays en guerre. Croyez-moi ou pas. J’ai été attaqué par des objets. Mon corps est devenu un territoire sous contrôle ennemi. L’occupant ? Des objets, des outils de toutes sortes.

 

C’est une histoire étonnante que je m'en vais vous narrer. C’était comme si le quotidien inerte avait pris possession de mon quotidien vivant. Jusque-là ma vie s’était pourtant déroulée normalement. Une vie normale, normale comme quand ce qui nous arrive n’appartient pas à l’extraordinaire, au hors norme.

 

Ma vie était normale et belle.

 

 

Un soir, au terme d'une journée de travail en plein air à entretenir le jardin familial, le bain salutaire vit s'approcher un couple de clés à molette qui sans crier gare et malgré ma nudité rose s'emparèrent de mes poignets et, fermant leur mâchoire, déclarèrent qu'elles prenaient à ce jour possession desdits poignets pour en faire un lieu de seconde résidence. Grande fut ma surprise et totale mon incapacité à me défendre. Depuis ce jour, les poignets occupés ne sont que sècheresse, dureté ; ils mènent une vie solitaire, séparés d'un corps duquel ils ne semblent plus se préoccuper. Ils portent ce qu'ils veulent quand ils le veulent, développent la force que leur bon vouloir estime suffisante dans toute tâche de manutention. Bref, ils se sont désolidarisés du reste du corps si ce n'est du cerveau à qui ils communiquent fidèlement maux et douleurs, faiblesses et impuissances. Et cela dure toujours.

 

Cela fait une dizaine d'années qu’un soir, affalé dans le canapé, quelque peu las à la fin d’une journée de travail, je sentis l'attaque insidieuse d’un chargeur de batteries. C’est utile, un chargeur dans la boîte à outils, cela permet de redonner puissance aux tournevis, aux foreuses. Je me reposais, couché dans le canapé et soudain, lentement, imperceptiblement mais incontestablement, une sorte de courant électrique se répandit dans mes jambes suscitant une forme de tremblements, de pincements et puis de tressautements totalement incontrôlables. Surprise, étonnement, inquiétude et difficulté d'expliquer ce qui était en train de se passer. Les jambes bourdonnaient-elles, brûlaient-elles, se refroidissaient-elles, c'était un peu tout cela à la fois, une sensation l'emportant parfois sur l'autre dans un concert qui semblait ne pas devoir se terminer. Et puis, ces jambes qui tressautent sans raison, qui pédalent vers nulle part, cela a de quoi interpeller. Et cela dure toujours.

 

A un point que les yeux

n'en finissent de dire

la souffrance de l'âme :

pleurer d'être si mal.

 

Etre mal de ce corps

dans sa grandeur idiote:

la souffrance.

Et que ce mot fait mal.

Publié dans présentations

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Jean Dallier présente succinctement son roman à paraître "La concession Banhine"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Phrase d’accroche :

« Inventé quoi ? Le maïs ? Le riz ? Des matières vivantes que les paysans cultivent depuis des millénaires (...) sans jamais exiger qu’on leur paye un dû ? Allons donc ! »

 

 

Résumé :

L’action se déroule dans un parc national concédé par les autorités mozambicaines à une multinationale de l’agro-alimentaire afin qu’elle y développe des cultures transgéniques destinées à l’exportation. Elle se double d’une intrigue parallèle : la tentative folle de faire renaître l’ancien empire africain du Monomotapa.

 

Bio :

Né à cheval sur trois frontières politiques, linguistiques et culturelles, Jean Dallier a passé la majeure partie de sa vie en Afrique, en Asie et parfois même en Europe, que ce soit comme enseignant, chercheur, gestionnaire de projets de développement ou voyageur. Il est l’auteur de trois romans, de nouvelles et d’études socio-économiques.

Publié dans présentations

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Thierry-Marie Delaunois a lu "Ici et ailleurs" de Jean-François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.thierry-mariedelaunois.com/

http://www.thierry-mariedelaunois.com/

 
 
"...Après tout, elle aussi était étrangère. Originaire du pays des collines, donc d'en bas, chaque voyage restait un merveilleux dépaysement. Pourtant, il n'y avait pas que la grandeur de la montagne qui la fascinait. Non, ce qui l'intéressait, c'était plutôt le fait de voyager sans arrêt. Oui, c'était cela, elle était comme une nomade, à la recherche de quelque chose qu'elle ne trouvait jamais..." Au volant de son bahut, qui lui sert de gagne-pain, Isabel, en route vers La Paz, roule sur un chemin escarpé tout en essayant de découvrir sa véritable identité entre chaleurs étouffantes et crêtes brumeuses, entre forêts et montagnes. Quel sens donner à ce va-et-vient perpétuel? A cette vie en fait? Charger des marchandises en bas pour les acheminer tout là-haut, cheminant souvent à quelques centimètres du vide, c'était se mettre constamment en danger. N'y avait-il pas une alternative à cette profession qu'elle exerçait? Chauffeur routier au féminin?
  Recueil de longues nouvelles emplies d'empathie, d'une écriture conviviale, d'un auteur né dans les Ardennes, licencié en philologie romane et passionné de lecture et d'écriture, "Ici et ailleurs" de Jean-François Foulon - "Obscurité" (roman, 2015), "Le temps de l'errance" (recueil, 2016) - se divise en trois volets bien distincts aux titres évocateurs - Afrique, Amérique et La vieille Europe -, chacun d'eux nous baladant au coeur de l'humain et de la complexité de l'être, même de l'âme, "Afrique" tourant autour de l'assassinat d'une jeune doctoresse, Fabienne, qui travaillait pou Médecins Sans Frontières, "Amérique" flirtant davantage avec le social et traitant de la lutte contre les profiteurs de tous bords, "La vieille Europe" nous contant la maladie, le chômage, la solitude, la perte des illusions, tout un programme et même un singulier menu que nous a concocté Jean-François Foulon avec un beau savoir-faire et la plume vagabondant ici et ailleurs, le soupir au rendez-vous côté lecteur et le coeur parfois serré lorsqu'il suit Fabienne et ses proches dans "Afrique", Isabel et bien d'autres dans "Amérique", Marie et quelques paumés de la vie dans "La vieille Europe".
  Réflexion profonde sur le pouvoir et les civilisations, "Ici et ailleurs" nous touche, nous entraînant au coeur d'un monde où le profit, les dérives et l'injustice sont monnaie courante mais où surgit malgré tout souvent quelqu'un ayant le courage de se dresser contre les abus. A tort ou à raison? Nous connaissons la réponse, ce recueil endossant le rôle de compagnon idéal pour ceux et celles qui souffrent ou ont souffert. Le style de Jean-François Foulon? Simple et accrocheur, sans détour, interpellant à l'occasion le lecteur et le prenant à témoin dans des situations variées parfois un brin théâtrales (Cfr "La vieille Europe: les paumés de la nuit"), très probablement l'une des particularités principales de notre écrivain qui semble bien aimer parler aux autres par le biais de l'écriture. Serait-il éventuellement un taiseux de nature se libérant au travers de ses écrits? Qui sait!
  Et si nous en revenions à présent à Isabel notre routière également mère d'une jeune fille? Parviendra-t-elle à trouver sa véritable voie? "Rouler sur ses pistes lui donnait l'illusion de progresser, d'aller vers un but, vers quelque chose qu'elle n'aurait pas pu définir mais qu'elle finirait bien par découvrir un jour. C'était sa mystique à elle. Elle n'était pas croyante, ou alors si peu. Pourtant il lui semblait que la vie ne devait pas se limiter à gagner son pain et qu'il devait exister quelque chose derrière, quelque chose qu'il lui fallait découvrir à tout prix, sous peine de voir son existence privée de sens." Isabel continuera-t-elle à voyager sans faillir ni défaillir entre "l'Equateur, la forêt vierge, la chaleur, les moustiques, la malaria" et "les montagnes, les deuxièmes du monde et La Paz" ou son destin l'attend-elle finalement au détour d'un virage risqué ou d'une rencontre fortuite? Voici une oeuvre littéraire portant bien son titre car le lecteur, tel un globe-trotter, y sillonne trois continents et pas des moindres, ce besoin de liberté commun à tous les êtres se retrouvant partout, ici comme ailleurs. Recommandé! Autant cette lecture que ce besoin!


Read more at http://www.thierry-mariedelaunois.com/pages/accueil/lectures-de-l-auteur/categorie-de-lectures-ii/ici-et-ailleurs-de-j-f-foulon-par-thierry-marie-delaunois-chroniqueur.html#cD3Lz2SA5kkChak2.99

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Christine Brunet a lu "l'homme au grand chapeau n'avait rien à cacher ni rien de grand" d'Albert Niko

Publié le par christine brunet /aloys

Voilà longtemps que j'avais envie de découvrir ce livre, un intérêt attisé par les nombreux textes qu'il nous propose sur ce blog.

Et puis, avouez que ni le titre ni la couverture sont banals !

Alors ?

Et bien, comment dire... 

Albert Niko nous propose un recueil de textes courts, voire très courts, certains à la limite de la poésie tout au moins dans le format.

Mais rien n'est banal ! Tout est singulier, atypique ! Certains ressemblent à un match de boxe dans lequel les mots serviraient de coups de poing et le lecteur de punching ball, des uppercuts à mains nues que le lecteur encaisse, ébahi.

Certains autres sont des flashes, des coups de lumière sur des situations du quotidien : les objets sont à l'honneur mais décalés (comme sur la première et la 4e de couverture), peut-être parce que les objets n'on pas besoin de tricher, eux... des objets du quotidien qui auraient une âme et transportent le passant sur des chemins surprenants.

Jeux de mots, jeux d'images, images sans fard, souvent cash, style qui ne s'embarrasse pas des conventions : l'auteur ne prend pas de gants dans un univers qui oscille entre tendresse et violence... 

Parfois l'auteur dérape et le lecteur zappe avec lui, débordé.

D'ailleurs ce livre prend de court le lecteur imprudent qui, longtemps, gardera en lui l'image de ce foutu lampadaire ou de cette magnifique cabine téléphonique anachronique appelée à disparaître...  Lorsque le vivant s'invite dans l'objet ou la chose, cela donne de petites phrases qui arrêtent la lecture telle cette mise en exergue en début de partie : " les gouttelettes d'eau en formation contre les vitres ne peuvent au mieux que glisser"*... un méli-mélo entre vérité de Lapalisse, poésie, mots images... Le temps suspend son vol puis reprend son cours lorsque le lecteur se décide à tourner la page...

Voilà ! Pas envie d'en dire plus... Un livre pour tous les curieux et les amoureux des mots ! Un livre complexe et multiple comme vous pourrez le constater ci-après à la lecture d'une précision de l'auteur que je tiens à vous faire partager...

 

* Remarque de l'auteur après lecture de la chronique  "les gouttelettes d'eau en formation contre les vitres ne peuvent au mieux que glisser" ne sont pas tant une évidence que symbolique : le recueil "Négatif d'un amour" (ou le carbone d'une journée à écrire) évoque principalement toutes ces choses écrites d'avance, comme un aveu d'échec, ce que l'on souhaite transformer d'une réalité arbitraire, comme un décor tombé d'un coup du ciel. Une réalité que l'on ne traverse que géographiquement, sans en retenir de sens, de signification (si jamais cela fait sens...). Ces goutelettes ne passeront pas "au travers".

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Un poème de Laurent Dumortier "Explicite" dans la revue 2000 Regards

Publié le par christine brunet /aloys

Un poème de Laurent Dumortier "Explicite" dans la revue 2000 Regards
Un poème de Laurent Dumortier "Explicite" dans la revue 2000 Regards

Publié dans articles, Poésie

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Le blog "les livres d'Aglaé" a lu GALINDA, la forêt des ombres de Laurent Femenias

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslivresdaglae.fr/index.php/2018/01/16/les-lettres-volees-2-2-2-2-2-2/

http://leslivresdaglae.fr/index.php/2018/01/16/les-lettres-volees-2-2-2-2-2-2/

Galinda, la forêt des ombres

Auteur : Laurent Femenias
Site officiel : http://laurent.femenias.free.fr/index.php
Editeur: Chloé des Lys (Belgique)
2012 / 293 pages
27.60
 € en librairie / 19.30 € directement chez l’éditeur

C’était la nuit, froide et humide. Dans l’été finissant, le souffle glacial du vent semblait engourdir toute vie. Le ciel, souvent d’un beau bleu profond en cette saison, était ce soir gris, bas et ténébreux. Le brouillard s’étendait à perte de vue et enveloppait le paysage de sa tristesse. Un silence pesant, angoissant, régnait sur la Forêt des Ombres.

De mémoire d’homme, Galinda, la vaste et ancienne forêt, a toujours suscité crainte et méfiance, si bien que personne depuis bien longtemps n’a osé s’y aventurer. C’est pourtant ce que va tenter le jeune Sam Harper, en dépit des avertis­sements de son entourage. Mais il ignore encore l’étendue réelle des mystères qu’abritent les arbres sombres et centenaires…

Mon avis :

J’ai adoré ce livre : la sombre et mystérieuse Galinda m’a attirée dès que j’ai lu le résumé ! Il y a beaucoup de suspense dans ce roman, on n’a plus envie de s’arrêter de lire !  Contrairement à d’autres livres, l’aventure commence presque tout de suite et ne s’arrête pas avant la fin. L’auteur écrit très bien et sait nous tenir en haleine. J’ai aussi aimé la façon dont Sam, le héros, réagit aux situations auxquelles il est confronté. En plus la couverture est très belle ! J’espère que l’auteur en écrira d’autres dans ce style même si ce n’est pas son métier.

Publié dans avis de blogs

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"Un bus", une nouvelle signée Albert Niko

Publié le par christine brunet /aloys

 

un bus

 

La première fois que j’ai pris le bus traversant les collines, ils venaient de revoir les horaires et je suis arrivé avec vingt minutes d’avance. C’était une chaude journée et je suis allé rencontrer le banc qu’incidemment l’ombre d’un arbre rencontrait pareillement au même moment. J’étais bien. J’ai attendu que le chauffeur se redresse dans son siège et démarre pour rappliquer. C’était un bus subventionné par le Conseil Général pour inciter les quelques habitants des collines à laisser leur voiture au garage et se regrouper dans un même véhicule, d’autant que le prix était très attractif. Seulement, ces gens-là avaient appris à se débrouiller sans jamais demander l’aide de personne, et j’avais entendu quelqu’un prétendre en rigolant qu’ils auraient cent fois préféré faire la route à pied plutôt que de monter dans un bus financé par la collectivité. Ils continueraient donc à prendre chacun leur voiture, et nous resterions les mêmes deux trois pelés à profiter de ce qui prenait l’allure d’une location d’une heure de silence. C’était pour le moins surréaliste de voyager seul dans un bus conduit par un chauffeur qui ne l’ouvrait quasiment pas. Et j’ai dans l’idée que lui aussi devait trouver que quelque chose ne collait pas et sûrement en concevoir quelque inquiétude.

Existait-il encore tout à fait à mener ce bus transparent à travers la campagne ?

Les collines, pour leur part, étaient assez collines pour se dresser au passage de l’énigme ambulante.

 

***

 

Pour gagner la préfecture, il me fallait prendre le bus traversant les collines, le train ne desservant, pour sa part, que des communes du département limitrophe. Généralement je partais pour la journée et j’emportais mon déjeuner. Un jour qu’il pleuvait, autour de midi, j’ai commencé à chercher un coin abrité où me poser pour manger. Deux fois, qu’il m’a fallu faire le tour de la place avant de la cerner dans un renfoncement : une porte avec un seuil surélevé. Je me suis posé et j’ai sorti les trucs de mon sac. Il y avait des gens qui entraient ou qui sortaient et qui me souriaient. C’est vrai que la situation avait quelque chose d’un peu comique, et ça me dérangeait pas plus que ça de passer pour un clodo. Je leur souriais à mon tour. Jusqu’à ce que s’amènent ces deux mecs avec ce masque un peu froid à la place du visage, et qu’ils me sortent cette phrase aussi sûrement que si c’était la trois cent-unième fois :

« Faut pas rester là, Monsieur. 

- Écoutez, c’est juste le temps de manger… Mais en quoi je gêne ?

- Vous êtes sur l’entrée de service du commissariat. »

 

ALBERT NIKO

 

Publié dans Textes, Nouvelle

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"Le pactole", un texte poétique de Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Oh misère! Là retenez-moi! Sinon je décolle

car mon imagination ne peut que me rendre folle!

Si, si, croyez-moi: si je devais gagner le pactole,

il vous faudra sans doute me passer la camisole!

Pourquoi? Mais je me mettrais à danser la farandole,

espérant que l’on ne me prenne pas pour une frivole

mais prête à détaler pour aller pêcher des soles

surtout si devait brutalement surgir Anatole!

 

Allons donc, que ferais-je avec la somme gagnée?

Je foncerais d’abord chez ma coiffeuse, exaltée;

Puis du supermarché je reviendrais les mains chargées;

Ensuite, sans Anatole, ce serait la virée

avec mes copines Christine, Martine et Edmée;

Enfin nous rentrerions chez nous complètement givrées,

mais contentes, ravies, heureuses, surexcitées

d’avoir pu nous défouler autant! La folle échappée!

 

Anatole, mon mari, est un homme fort surprenant:

très bon, aimable, gentil, attentionné mais détonnant!

Si nous touchions le pactole: “à la banque, tout l’argent

car nul ne peut prédire notre avenir à cent pour cent!”,

tandis que moi, j’aimerais pouvoir profiter du présent,

de l’instant, du monde qui m’entoure, un monde étonnant

mais Anatole s’y opposerait vigoureusement!

Réfléchissons: quels pourraient alors être mes arguments?

 

Ecoute-moi, laisse voyager ton imagination!

S’il te plaît, chéri, ne résistons pas à la tentation!

Cette villa en bord de mer serait la consécration:

les volets et portes bleues attireraient l’attention;

le toit rouge et les murs blancs ne seraient pas en option

mais le signe, même le reflet de notre ambition:

vivre en harmonie, en complète intégration

avec la terre, le ciel, la mer et la population.”

 

Mais je suis en cet instant complètement étourdie,

imaginant le montant de notre économie

si Anatole devait l’emporter sur mes envies!

Pourquoi n’y a-t-il plus entre nous cette alchimie?

D’accord, l’argent ne fait pas le bonheur mais infinie

serait notre joie car cette côte d’Italie,

mon mari, lui aussi, l’aime d’une douce folie

mais, quant à l’avouer, ce ne serait là qu’utopie!

 

Si je devais gagner le pactole, je le ramasse

comme s’il s’agissait de feuilles d’automne qui s’amassent,

qu’il me faudrait évacuer; ensuite je me casse

pour sans doute laisser Anatole dans la mélasse!

Peut-être s’aviserait-il de me prendre en chasse?

Ce serait un témoignage d’amour, grand bien nous fasse

à moins qu’il veuille me faire la peau avec sa masse?

Le pactole? Pour les oeuvres du père Boniface!

Ah l’argent! Ah l’amour! Ah les hommes!

Publié dans Poésie, Textes

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"Un bus", une nouvelle d'Albert NIKO

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

un bus

 

La première fois que j’ai pris le bus traversant les collines, ils venaient de revoir les horaires et je suis arrivé avec vingt minutes d’avance. C’était une chaude journée et je suis allé rencontrer le banc qu’incidemment l’ombre d’un arbre rencontrait pareillement au même moment. J’étais bien. J’ai attendu que le chauffeur se redresse dans son siège et démarre pour rappliquer. C’était un bus subventionné par le Conseil Général pour inciter les quelques habitants des collines à laisser leur voiture au garage et se regrouper dans un même véhicule, d’autant que le prix était très attractif. Seulement, ces gens-là avaient appris à se débrouiller sans jamais demander l’aide de personne, et j’avais entendu quelqu’un prétendre en rigolant qu’ils auraient cent fois préféré faire la route à pied plutôt que de monter dans un bus financé par la collectivité. Ils continueraient donc à prendre chacun leur voiture, et nous resterions les mêmes deux trois pelés à profiter de ce qui prenait l’allure d’une location d’une heure de silence. C’était pour le moins surréaliste de voyager seul dans un bus conduit par un chauffeur qui ne l’ouvrait quasiment pas. Et j’ai dans l’idée que lui aussi devait trouver que quelque chose ne collait pas et sûrement en concevoir quelque inquiétude.

Existait-il encore tout à fait à mener ce bus transparent à travers la campagne ?

Les collines, pour leur part, étaient assez collines pour se dresser au passage de l’énigme ambulante.

 

***

 

Pour gagner la préfecture, il me fallait prendre le bus traversant les collines, le train ne desservant, pour sa part, que des communes du département limitrophe. Généralement je partais pour la journée et j’emportais mon déjeuner. Un jour qu’il pleuvait, autour de midi, j’ai commencé à chercher un coin abrité où me poser pour manger. Deux fois, qu’il m’a fallu faire le tour de la place avant de la cerner dans un renfoncement : une porte avec un seuil surélevé. Je me suis posé et j’ai sorti les trucs de mon sac. Il y avait des gens qui entraient ou qui sortaient et qui me souriaient. C’est vrai que la situation avait quelque chose d’un peu comique, et ça me dérangeait pas plus que ça de passer pour un clodo. Je leur souriais à mon tour. Jusqu’à ce que s’amènent ces deux mecs avec ce masque un peu froid à la place du visage, et qu’ils me sortent cette phrase aussi sûrement que si c’était la trois cent-unième fois :

« Faut pas rester là, Monsieur. 

- Écoutez, c’est juste le temps de manger… Mais en quoi je gêne ?

- Vous êtes sur l’entrée de service du commissariat. »

 

ALBERT NIKO

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"Chaos" de Bob Boutique une lecture de Barbara Flamand

Publié le par christine brunet /aloys



C H A O S

de Bob Boutique

Une affaire de clous, mais….quels clous !

Roman policier ? Oui ! Roman d’aventures ? Oui ! Roman populaire ? Oui ! Annoncé comme thriller. En français un suspense.

Les lecteurs qui ont lu 2401 (également un pavé de 500 pages) se souviennent sûrement des deux protagonistes Lieve, la Petite, et Johan Verdriet, le Bouldogue qui, dans ce nouveau suspense à l’intrigue foisonnante, pleine de péripéties, confirment brillamment leurs dons de fins limiers. Les deux appartiennent à la section anti-terroriste de la maréchaussée des Pays-Bas.

De quoi s’agit-il ? D’un vol. Le vol d’un tableau de Cranach d’une valeur très relative, commis dans le Rijksmuseum d’Amsterdam. Etrange. Le voleur aussi est étrange. Il a parlé au veilleur et le Bouldogue reconnait la voix. Il a connu ce personnage dans les bureaux de la Shell. C’est la voix de Yahia Al Shaif qui se trouve dans les bases de données de la police depuis quatre ans comme terroriste musulman, mais pas islamiste, un chiite originaire du Yémen qui veut créer un état houthis (chef : Mahommed Al-Houthi) . C’est un personnage dangereux qui fait assassiner tous ceux qui enquêtent sur ses activités. Sa méthode : faire parvenir à l’enquêteur un petit poignard signifiant qu’il va bientôt passer de vie à trépas.

La question qui se pose de bas en haut jusqu’ à la Ministre populiste de l’Intérieur, Madame Van Hemelrijk, est : Que fait Yahia à Amsterdam ? Et pourquoi voler un tableau sans grande valeur ? 

Dans le cadre du tableau qui, jadis, avait été emmuré dans une abbaye en Allemagne se trouve une boîte contenant les clous de la croix du Christ. Lieve, s’occupera du Rijksmuseum et de la toile volée .

Pendant ce temps, Yahia entreprend sur un massif rocheux du Yémen la construction de son entreprise Solar Future dont le but – officiel - est l’exploitation du gaz et du pétrole. Entreprise qui demande des fonds d’une énorme importance. D’où vient l’argent ? Il a volé le tableau pour les clous que son homme d’affaire a vendus au Vatican. Que faire professionnellement ? Une seule voie : aller au Yémen, ce que fait le Bouldogue. Quant à Lieve, elle poursuit ses recherches. Mais …Yahia la tient à l’œil et la prévient selon sa méthode. Pas du tout impressionnée, elle va son bonhomme de chemin ce qui lui vaudra trois balles dans la poitrine. Officiellement quasiment morte. 

Officieusement, elle sort du coma avec une nouvelle identité : Mia Vlerick , une brune (elle était blonde) maquillée, portant des lunettes foncées. Bouldogue est à Sanaa, une grande ville animée du Yémen. Sérieusement amoureuse de lui, Lieve ira le rejoindre. Elle pressent qu’il est en danger. Et c’est vrai C’est vrai , bien qu’il eût la bonne idée de laisser pousser une barbe, de porter un turban au-dessus de lunettes solaires, qu’il soit habillé comme un musulman s’appelant Mohammed et qui se plie aux rites. Mais…un djihadiste a percé son secret, et son compte est bon au Bouldogue. C’est justement à ce moment-là, à la seconde même où il va être abattu, qu’elle le trouve, dégaine et Pan ! C’est l’ennemi qui tombe.

Quel bonheur ! Et quel couple ! Lui en djellaba et elle en petite sœur dans une robe grise, couverte d’un tablier de servante de Dieu, avec au cou une petite croix d’argent. Ainsi était-elle habillée pour aller rechercher, théoriquement, une religieuse kidnappée.

Le but maintenant est d’arriver au terrain de Yahia creusé dans la montagne, à son hangar dans lequel se trouve l’Airbus qu’on avait cru disparu trois semaines plus tôt et que Yahia compte utiliser pour une mission…démente. Oui, démente. Ils y arriveront. Et ils vont se trouver …dans de sales draps ! C’est alors que commence l’aventure ou plutôt la mésaventure. Mais les héros s’en sortent toujours.

Tout en étant imaginatif sur le déroulement de l’intrigue, l’auteur reste attentif à une réalité historique, politique, géographique A croire qu’il a vécu dans ces lieux. Le style d’un roman d’aventures n’est pas, généralement, le premier souci de l’écrivain. Bob Boutique s’est affirmé, dès ses premiers livres, un écrivain de talent, associant son style au thème.

L’écriture est importante. Aussi, nous trouvons dans « Chaos » pas mal d’exemples dans lesquels elle l’emporte sur le sujet et cela, sur un mode poétique : « Le ciel d’août d’un azur délavé, est traversé par une armada de caravelles blanches » « ….les eaux grises et écumantes de la mer s’écrasent en bouillonnant contre les parois des écluses. » « Avec cette lune rousse plantée dans la nuit comme le globe d’une lampe de chevet, » « Le ciel au-dessus d’eux est immense et scintille de myriades d’étoiles avec la voie lactée comme un voile qui ondule devant la fenêtre de l’espace. »

Restons-en sur cette vision qui invite au rêve.

Barbara Y. Flamand

 

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