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« Léonard ou les odonymes du cancer »de Philippe Couillaud lu par Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

« Léonard ou les odonymes du cancer »de Philippe Couillaud

lu par Marie-Noëlle Fargier


 

D’emblée je dirais que je ne conseille pas ce livre aux dévoreurs, pressés d’atteindre la fin pour aboutir au dénouement de l’intrigue.

« Léonard ou les odonymes du cancer » se lit lentement, se savoure. Ce roman épistolaire est truffé de figures de style dans une écriture paradoxalement sans fioriture et d’une poésie viscérale. Chaque phrase, monologue, lettre est un foisonnement de réflexions, de sensations, d’émotions avec seulement trois personnages Léonard, Astrid et celui que je nommerais « le messager ». Oui, il est l’interlude entre Léonard et Astrid. Au départ je le soupçonne être l’auteur lui-même, un rêveur où chaque foulée le long de la Garonne (personnage à elle seule) le relie à Léonard et Astrid.


 

- Te souviens-tu, fleuve de grand charroi, de nos jours de grande parlotte ? J’étais ce personnage-là, jetant sur le monde extérieur un regard absent, loin, très loin de ce qui semblait préoccuper les autres. Or les autres se démenaient dans des combats terribles…


 

Mais qui est-il ? La Garonne et son complice miment et préparent le lecteur aux états d’âme et charnels de Léonard et Astrid, ces deux amants séparés par la guerre d’Algérie. Astrid est enceinte. Philippe Couillaud sans pudeur et sans vulgarité évoque par chaque lettre du couple le manque de l’un et de l’autre autant sur le plan psychologique qu’intime. Comme si leurs appétits charnels suivaient l’évolution de cet autre personnage « la guerre » !

Léonard et Astrid ne sont pas un couple quelconque, l’un et l’autre s’interrogent, paraissent rebelles. Leurs lettres sont une remise en question permanente. Ils se confrontent, se réconfortent, se souviennent, se révoltent mais jamais ne se soumettent. Vont-ils être contaminés et se fondre dans la masse sous le poids des conditionnements ? Au début de la guerre, Léonard semble se complaire dans son rôle de « guerrier » mais…


 


 

  • Vois-tu, mon Léonard aimé, désiré jusqu’aux tréfonds des exigences du plaisir, je ne peux pactiser avec l’innommable. Je souffre de ton éloignement, bien sûr. Mais cela n’est rien à côté de ce que j’endure à travers ton adhésion à cette infamie.


 

Astrid quant à elle cherche à s’éloigner de ce conflit… Va-t-elle garder cet enfant ? Philippe Couillaud démontre l’impact de l’Histoire sur ce qui devrait être intouchable : la conviction, l’individualité, la dignité…

« Léonard ou les odonymes du cancer » ne se contente pas de dévoiler l’inavouable d’un couple séparé, il décrit avec force les horreurs de cette guerre pour laquelle les mots se taisent encore.


 

-La belle guerre que voilà, ma chère Astrid ! Oh, la jolie guerre ! Une sacrée garce avec laquelle les hommes convolent en justes noces de viande et de sang. La chair contenue dans les retenues du sexe revient en force, sort de ses gonds, étale au grand jour les miasmes de ses atomes dispersés. Une fois tenu en laisse par la mort, le corps croit en sa possible rédemption. Il espère se rédimer par le don du sang. Il ne peut que pourrir. La guerre pue. Je sens mauvais. J’empeste. Je sue. La peur me colle à la peau dont tous les pores expulsent à cadence forcée les relents de la chiasse.


 


 

J’imagine ce livre entre les mains d’un professeur de lettres, un professeur d’histoire tel un explorateur, avant de le transmettre aux jeunes générations afin que « Léonard ou les odonymes du cancer » soit une lettre pour préserver la paix ou tendre vers la Liberté.

 

Marie-Noëlle FARGIER

 

Publié dans Fiche de lecture

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Un repas d'anniversaire vu par François Beukels

Publié le par christine brunet /aloys

Un repas d'anniversaire vu par François Beukels
Un repas d'anniversaire vu par François Beukels

Publié dans l'invité d'Aloys

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Après l'interview donné à "Secrets de Polichinelle", voilà un extrait du Camaret d'ACHILLE, le nouveau roman de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Après l'interview donné à "Secrets de Polichinelle", voilà un extrait du Camaret d'ACHILLE, le nouveau roman de Marie-Noëlle Fargier
Après l'interview donné à "Secrets de Polichinelle", voilà un extrait du Camaret d'ACHILLE, le nouveau roman de Marie-Noëlle Fargier

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Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

Publié le par christine brunet /aloys

Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »
Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

 

Interview par « Secrets de Polichinelle »


 

Les titres de ses romans attisent la curiosité, il était donc temps de rencontrer Marie-Noëlle Fargier...


 

1) Peux-tu nous expliquer ce qu'est une "bukinê" et un "camaret" (Je connais "Les filles de Camaret", mais bon...) ?...

- Une "bukinê" est un mot d'origine grecque qui signifie une coquille de poisson, utilisée comme moyen de communication par les bergers (comme un sifflet). J'ai gardé ce moyen de communication dans mon roman. Dans mon histoire, la bukinê est le seul échange que peuvent avoir trois soeurs que la loi a séparées. Je voulais également traduire le son dans mon titre. Le son qui a une grande importance, d'une part pour la traversée du temps, "La bukinê d'Anna" se situe plus de mille ans avant Jésus-Christ, d'autre part, un de mes personnages principaux est musicienne. On retrouve la bukinê dans "Le Camaret d'Achille" (suite de "La bukinê d'Anna"). Cet objet est toujours là, retrouvé au pied d'une chibotte au 19ème siecle par une famille de Vals composée, elle aussi, de trois soeurs. Une rencontre va conduire l'une d'entre elles à vivre à Arlempdes, plus précisément dans un lieu-dit très proche de ce village "Le Camaret". Voilà pour répondre à ta question (eh oui, il y a plusieurs "Camaret" !)

2) "La bukinê d'Anna" est ton premier roman... tu viens de sortir un second, "Le Camaret d'Achille",... ils ont donc un lien...

- Comme je viens de le dire, un des liens est la bukinê, cet objet étrange qui a défié le temps (on voit bien que c'est une fiction !). D'autre part, on retrouve ces trois soeurs avec des noms différents mais des traits psychologiques identiques. D'une certaine façon, l'environnement, l'évolution, etc. auront-ils la mainmise sur leur comportement ou vont-elles garder ce qui fait leur différence, leur originalité, leur individualité ? Un autre lien capital est l'intrigue qui se déroule tout au long du roman. Des destins se croisent mais est-ce vraiment un hasard ? Des lieux se ressemblent (le Crouzas appelé la Cité d'Hélios dans "La bukinê d'Anna" et le Camp d'Antoune qui surplombe Arlempdes), des rêves étranges ou des visions, mais est-ce vraiment le hasard ? Sans quoi "Le Camaret d'Achille" peut être lu sans sa grande soeur "La bukinê d'Anna". Le changement d'époque, etc. m'a donné cette liberté.

3) "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine... un roman qui frôle le fantastique, donc il est légitime de prendre une certaine liberté avec la réalité...

- Oui, "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine. Je trouve intéressant de l'observer dans ce qu'on appelle "son évolution" et avec toujours les mêmes questionnements, quelle que soit l'époque. Cette nature humaine fidèle à la pyramide de Maslow où parfois les besoins sont perturbés et renversent la pyramide. C'est peut-être là le côté "fantastique" de mes romans. J'utilise le rêve, l'illusion pour les cartésiens et le reste au bon vouloir du lecteur. Mon roman "La bukinê d'Anna" a été dénoncé parce que, à l'instar d'Albert Boudon Lashermes, j'ai fait des chibottes un lieu d'habitation. Quelle impertinence ! Je ris, car oui, je suis romancière...

4) Déjà de nouveaux projets ?...

- Si les Dieux le veulent... oui, la suite va voir le jour avec encore plus de liberté puisque le côté fantastique va prédominer. Un conte pour enfants est en cours...

5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que tu emporterais ?...

- Si j'étais sur une île déserte, j'amènerais Troyat (j'adore son univers), Baudelaire, Verlaine pour la musique de leurs mots. Zola pour me rappeler que la vie en société n'est pas si rose et une île déserte n'est pas si mal, un livre de photos avec des paysages, la faune, la flore et les grandes oeuvres humaines d'architectes, de peintres, etc. pour ne pas oublier que l'homme peut être extraordinaire. Et puis un livre de chansons pour continuer à chanter et enfin un livre aux pages blanches pour écrire. Pour le chiffre 7, j'aime la magie 

 

Publié dans interview

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"Prends un gâteau", un texte qui fait suite à "Bouddha"... signé ALBERT NIKO

Publié le par christine brunet /aloys

 

prends un gâteau !

 

J’ai longtemps pratiqué l’ennui pour ce que je ne faisais pas m’était plus supportable que ce qu’ils faisaient : avec une voiture, avec un aspirateur ou une tondeuse à gazon. Ce qu’ils faisaient d’un dimanche après-midi, d’une caravane ou d’une nappe de table ; avec la photo d’un nouveau-né ou d’un oncle mort une semaine auparavant.

Pour ce qu’ils faisaient de leurs vacances était ce qu’ils faisaient d’un melon.

Et ce qu’ils faisaient du soleil était ce qu’ils faisaient avec un parasol.

Et alors qu’ils mordaient dans leur été, j’allais m’asseoir sur une grosse pierre jouxtant la maison d’où je voyais ce chien se gratter continuellement l’arrière-train contre un bosquet. Et je marchais autour de ce roc comme une poule dans son enclos.

Parfois, je prenais ma bicyclette pour aller un kilomètre plus loin, voir une tante qui gardait des biscuits dans une boîte en fer, et j’avais à peine terminé d’en manger un qu’ils m’invitaient, jusqu’à se répéter, à en prendre un nouveau.

 

ALBERT NIKO

 

 

Publié dans Textes

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Quand ACTU-tv parle des grands auteurs belges... Emile Verhaeren Une chronique de Marc Quaghebeur. Un texte de Jean François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

 

Emile Verhaeren, poète flamand d’expression française est né à Saint-Amand(province d'Anvers) en 1855 et mort (accidentellement) à Rouen le 27 novembre 1916. Il a vécu dans une famille aisée, où on s’exprimait en français, tandis qu’à l’école ou dans son village, on parlait le flamand (voir mon article sur Marie Gevers, chez qui on retrouvait les mêmes caractéristiques, Marie qui avait d’ailleurs reçu les encouragements de Verhaeren à ses débuts). Il a fréquenté l'internat francophone Sainte-Barbe à Gand, puis a étudié le droit à l'université catholique de Louvain. Dans cette ville, il côtoie quelques-uns des écrivains qui animaient La Jeune Belgique, tandis qu’à Bruxelles il fréquente le salon de l’écrivain socialiste Edmond Picard, ce qui le familiarise avec l’avant-garde littéraire.

Il décide alors de renoncer à une carrière juridique et se consacre intégralement à l’écriture. Il publie des poèmes dans différentes revues (L'Art moderne, La Jeune Belgique). Son premier recueil, Les Flamandes sort en 1883 (ce sont des poèmes plutôt réalistes et même naturalistes). Comme on pouvait s’y attendre, l’ouvrage fut bien accueilli par l'avant-garde, mais fit carrément scandale dans sa région. On dit même que ses parents essayèrent d'acheter la totalité du tirage afin de le détruire et que le curé du village leur donna son appui. L’avantage de tout ce désordre, c’est que le jeune Verhaeren fut rapidement connu et reconnu. 

Il publie ensuite des poèmes plutôt symbolistes :Les Moines, Les Soirs, Les Débâcles et Les Flambeaux noirs. Il épouse Marthe Massin et exprime son amour dans trois recueils (Les Heures claires, Les Heures d'après-midi et Les Heures du soir.)

Il s’intéresse ensuite aux questions sociales (articles et poèmes dans la presse libertaire). Les recueils suivants sont essentiellement dominés par deux thèmes : l'atmosphère des grandes villes et la vie à la campagne : Les Villes tentaculaires (sans doute son ouvrage le plus connu), Les Campagnes hallucinées, Les Villages illusoires. 

Il devient célèbre et est traduit dans plusieurs langues. C’est l’époque où il se met à voyager et fait des conférences dans toute l’Europe, tout en étant admiré par des peintres et des écrivains de premier plan (Seurat, Signac, Rodin, Degas, Maeterlinck, Mallarmé, Gide, Rilke,Zweig). Le roi Albert Ier le proclame poète national et en 1911, il rate de peu le prix Nobel de Littérature.

Pendant la grande Guerre, Verhaeren se réfugia en Angleterre où il écrivit des poèmes pacifistes. Dans ses conférences, il insista beaucoup sur la nécessité de renforcer l'amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni. Fin 1916, après avoir donné une dernière conférence à Rouen, il meurt dans la gare de cette ville, poussé accidentellement par la foule sous les roues d'un train. Il n’avait que soixante et un ans. Il fut question de l’enterrer au Panthéon, mais la famille refusa. Son corps repose finalement près d’une boucle de l’Escaut dans son village natal de Saint-Amand.

Il convient également de souligne qu’entre 1899 et 1914, Verhaeren a séjourné à Roisin (dans le Haut-Pays), à une trentaine de kilomètres de Mons, près de Quiévrain. Il résidait dans une ferme-auberge au « Caillou-qui-Bique » et retrouvait là le calme nécessaire à son inspiration. C’est la veuve de George Rodenbach, Anna, originaire du Borinage, qui avait fait découvrir la région à Emile Verhaeren et à son épouse Marthe. Le grand Stefan Zweig (écrivain renommé, ami et traducteur de Verhaeren en langue allemande) a fait lui-même cinq séjours à Roisin. Et ce n’est pas le seul hôte de marque à venir rencontrer notre poète dans son refuge champêtre. Des écrivains, des peintres, des intellectuels, ont défilé chez les Verhaeren , notamment Constantin Meunier et Jules Destrée.

Pendant la guerre, la maison de Roisin est touchée par une bombe et brûle en partie. Reconstruite par après, c’est la veuve de Verhaeren qui reconstitue le bureau du poète avec des objets qu’il aimait. Aujourd’hui, sur le site provincial du « Caillou-qui-Bique », se trouve l’Espace muséal Emile Verhaeren.

***

Penchons-nous maintenant sur son œuvre littéraire. Influencé par le symbolisme, Verhaeren pratique le vers libre. Son penchant pour les problèmes sociaux (il est proche de l'anarchisme) lui fait évoquer les grandes villes. Il en parle avec lyrisme, dans des poèmes d'une grande musicalité qui savent mettre l’accent sur la beauté de l'effort humain. Mais notre poète a d’abord été sensible à la beauté de la nature et de la campagne profonde.

Voici le poème « La vachère » (extrait du recueil « Les Flamandes ») dont je propose une lecture :

Le mouchoir sur la nuque et la jupe lâchée,
Dès l’aube, elle est venue au pacage, de loin ;
Mais sommeillante encore, elle s’est recouchée,
Là sous les arbres, dans un coin.

Aussitôt elle dort, bouche ouverte et ronflante ;
Le gazon monte, autour du front et des pieds nus ;
Les bras sont repliés de façon nonchalante,
Et les mouches rôdent dessus.

Les insectes de l’herbe, amis de chaleur douce
Et de sol attiédi, s’en viennent, à vol lent,
Se blottir, par essaims, sous la couche de mousse,
Qu’elle réchauffe en s’étalant.

Quelquefois, elle fait un geste gauche, à vide,
Effarouche autour d’elle un murmure ameuté
D’abeilles ; mais bientôt, de somme encore avide,
Se tourne de l’autre côté.

Le pacage, de sa flore lourde et charnelle,
Encadre la dormeuse à souhait : comme en lui,
La pesante lenteur des boeufs s’incarne en elle
Et leur paix lourde en son oeil luit.

La force, bossuant de noeuds le tronc des chênes,
Avec le sang éclate en son corps tout entier :
Ses cheveux sont plus blonds que l’orge dans les plaines
Et les sables dans le sentier.

Ses mains sont de rougeur crue et rèche ; la sève
Qui roule, à flots de feu, dans ses membres hâlés,
Bat sa gorge, la gonfle, et, lente, la soulève
Comme les vents lèvent les blés.

Cette jeune fille libre (la jupe lâchée) qui dort, bouche ouverte, offerte au regard du lecteur, a quelque chose de sensuel. Elle est littéralement immergée dans la nature qui l‘entoure (Le gazon monte, autour du front et des pieds). Les termes « Les pieds nus » doivent être vus comme une litote, comme dans le conte de Cendrillon, où la nudité partielle suggère subtilement une autre nudité, plus intégrale. 
Le poème n’est pas érotique, non, mais devient tout doucement voluptueux. Les bras repliés de façon nonchalante suggèrent l’abandon. Le lecteur est donc troublé devant cette fille endormie qui laisse parler son corps avec naturel.
Des mouches rodent tout autour (on est à la campagne, on le dit clairement et même crûment). La jeune fille réchauffe avec son corps la mousse sur laquelle elle est couchée, ce qui attire d’autres insectes. Les termes « chaleur douce » et « sol attiédi » renvoient eux aussi à une sensualité charnelle subtilement exprimée. La jeune paysanne écarte parfois les insectes importuns qui la frôlent (importuns comme le regard lascif des hommes sur son corps abandonné au sommeil), mais c’est pour se rendormir aussitôt (et s’offrir à nouveau sans retenue). 
La nature autour d’elle est également teintée du même érotisme (« sa flore lourde et charnelle ») tandis qu’inversement le corps de la jeune fille peut être comparé à « La pesante lenteur des bœufs ». Il y a donc quelque chose d’animal en elle, de primitif, de peu policé, quelque chose qui renvoie à une nature fondamentale, charnelle, et éloignée des conventions bienséantes de la société.
Cette comparaison avec la nature se poursuit à la strophe suivante. La sève, cette force « bossuant de noeuds le tronc des chênes » est comparable au sang qui anime le corps de la vachère. Le terme « bossuant » renvoie par ailleurs sans le dire à la poitrine proéminente de la jeune fille. Pour le reste, l’assimilation est totale : se cheveux sont « plus blonds que l’orge dans les plaines et les sables dans le sentier ».
Du champ où repose la dormeuse, le regard s’étend donc maintenant à la grande plaine flamande tout entière. Ensuite, le poète emploie le terme « sève » pour désigner le sang de la belle endormie (on ne l’imagine pas autrement que belle et terriblement désirable). Cette sève « roule, à flots de feu », ce qui souligne la jeunesse impétueuse de la jeune fille et le feu du désir qui doit l’animer dans son sommeil. 
Ses membres sont « hâlés », comme il se doit chez une personne qui vit en permanence au grand air et en contact avec la nature (le titre « la vachère » avait déjà indiqué la proximité qui existe entre cette fille et les animaux qu’elle est supposée garder). Enfin, le poème se termine de manière plus explicite encore en décrivant ce sang qui gonfle les seins et les soulève au rythme lent de la respiration. Une dernière comparaison « Comme les vents lèvent les blés » inscrit définitivement la dormeuse au corps si désirable dans le cadre plus vaste de l’immense nature.
Bref, on pourrait dire que les paysages ressemblent aux êtres vivants et inversement. On a donc bien ici un poème naturaliste, très concret, très réaliste, mais où tout est dit subtilement, sans la moindre vulgarité et sans aucune obscénité. Cette jeune fille abandonnée dans son sommeil est désirable et elle est comme l’âme de la plaine qui l’entoure, plaine féconde par ailleurs. Endormie, elle frémit d’une sorte de désir universel.
 

 

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Une interview de Christine Brunet pour "Les secrets de Polichinelle"

Publié le par christine brunet /aloys

Si l'année 2017 a été fort chargée pour Christine Brunet, l'année 2018 ne s'annonce pas moins riche en activités diverses pour l'auteure/présentatrice...


1) L'année 2017 s'est terminée avec une "grande dis" pour toi... Le blog "Legere/Imaginare/Peregrinare" (Cathie Louvet) place ton roman "Convergences" en deuxième position dans le classement des thrillers d l'année... et Bob Boutique obtient la troisième place avec "2401"...
- Petite erreur de classement : Bob deuxième avec "2401" et moi, troisième avec "Convergences"... Super cool. Cathie Louvet, c'est une super blogueuse très impliquée auprès des auteurs, une passionnée qui chronique également pour "Zonelivres", etc. etc. et... qui est également auteure !


2) Ainsi Actu-Tv change sa programmation... 3 émissions tous les deux mois ! En qualité de présentatrice, c'est un surcroît de travail, non ?...
- ... Oui et non... Moins de raccords mais je dois être plus dispo. Pas grave, c'est toujours du plaisir et de la découverte ! Et puis l'émission va être plus dynamique et ça, c'est bien !


3) Tu sors des romans à une cadence infernale, comment fais-tu ?...
- ... Infernale ? Non... Un par an... Certains auteurs de thrillers en sortent deux comme Chattam par exemple. J'en sors un lorsqu'il est prêt, lorsque j'en suis "contente". Je suis chanceuse, mes lecteurs sont toujours à l'affût. Pour le prochain, ce pourra être début 2019... ou fin 2018 pour Noël si j'y arrive. Mais je ne veux pas me mettre la pression : pas question de bâcler mon bouquin !


4) Que prépares-tu en ce moment ?...
- Deux thrillers... Voilà pourquoi ça prend plus de temps... L'un avec mon héroïne légiste et l'autre avec Axelle. Et puis, j'ai une autre idée... Mais là...


5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que btu emporterais ?...
- "Le Comte de Monte-Cristo" et "Les Trois Mousquetaires" d'A. Dumas, "Le bouchon de cristal" de M. Leblanc, "L'eau des collines" de M. Pagnol, "Le Seigneur des Anneaux" de Tolkien, "Chaos" de B. Boutique, "Dracula" de B. Stoker. Mais je demanderais une petite rallonge... 7 livres, c'est peu !

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Dix poèmes de Salvatore Gucciardo publiés dans L’ANTOLOGIA “LE MAREE DELLA VITA”

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

L'Anthologie poétique "LE MAREE DELLA VITA" du Groupe Culturel et Artistique "Valchiria" de Milan vient de sortir de presse. Le livre est édité aux Editions CTL Nino Bozzi, Italie. Il est vendu au profit de l'Association CasaAmica. La couverture est illustrée par le tableau de Salvatore Gucciardo intitulé "Le vaisseau habité".
 
La revue numérique "Magie poétique" vient de publier 10 nouveaux poèmes de notre ami Salvatore... 
 
Un petit aperçu...
 

Émotions tentaculaires

La terre était devenue

Fragile

Et turbulente

L’astre solaire donnait

Un dernier regard

Au baobab

 

L’écorce devenait friable

De même les  racines enfouies

Dans la profondeur

De la terre

Elles communiquaient

Avec le souffle de l’univers

 

Dans le gouffre

De la solitude

Faces aux vents

Des turbides

La spirale du néant

Enroulait  le corps frêle

Du poète

 

Seul

Face

Aux  ouragans

Il s’exposait

Aux tentacules

Du monde

 

Ondes magnétiques

Vibrations  planétaires

Energie primitive

Tout le mystère

Du cosmos

Dans l’infinitude

De l’âme

 

SALVATORE GUCCIARDO


 

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Bouddha, une nouvelle d'ALBERT NIKO

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Bouddha

 

Sentant la baudruche grandir dans sa tête, il s’agrippe à son stylo, attrape son chéquier et commence par régler son loyer. Puis il y a la pension alimentaire. La facture de gaz. Le tiers provisionnel. Heureusement qu’il vient de toucher sa paie. Et heureusement qu’il dispose encore de quelques timbres. Il met tout sous enveloppe, quand il se rappelle qu’il doit donner son congé pour l’appartement. Il prend une feuille, mais ne peut aller plus loin car déjà le stylo lui tombe des mains.

Un néon le cueille au plafond, dans la béatitude du Bouddha.

 

 

décrocher Bouddha

 

Depuis un mois, ça bichait. On était toujours arrivés à temps. Jusqu’à cette fois où le chef s’est retourné devant la porte.

- Jamais vous vous demandez ce que vous faites ?

Bob et moi on s’est regardés. On commençait à le connaître.

- On laisse ça à d’autres, lui a répliqué Bob en souriant.

- Merde, les mecs ! Ouvrez les yeux ! Les mots, les panneaux, les avenues, les routes, les tire-bouchons, les essuie-glaces… Ça vous dit rien ?

On a attendu la suite. Y avait que ça à faire. Il nous barrait l’accès de l’appartement. Derrière nous, le nouveau écoutait ce qu’il croyait être des consignes de travail.

- C’est tout ce qui se présente chaque jour devant vous et qui vous empêche de regarder au-delà. Vous me suivez ?

On a acquiescé.

- Vous vous êtes jamais demandés pourquoi on se traîne tous cette ombre ?

Le patron et ses théories à la con. J’aurais pu lui rétorquer que les panneaux et les tire-bouchons connaissaient le même phéno-mène, mais ça n’aurait fait que nous retarder davantage et qui ne nous disait qu’il ne savait pas exactement ce qu’il était en train de faire ? Il savait que nous savions, et c’était comme ça qu’il nous tenait, en nous condamnant à entendre ses théories fumeuses. Quand une nouvelle recrue se présentait, il lui bourrait tant et si bien le mou qu’on se retrouvait de nouveau entre nous, Bob et moi, et c’était sa manière à lui de nous chier dessus, avec notre pavillon sur vingt ans, et une bonne femme qui vous pondait la marche à suivre en même temps que ses marmots. Lui et sa belle petite gueule d’oiseau miraculé…

- Bordel, il y a une autre vie – il peut y en avoir une autre – mais trop de merdes vous bouchent la vue. C’était Saroyan, je crois, qui disait que l’esprit devrait être occupé en permanence à rechercher la vérité la plus complexe sur lui-même. Le réel en-ferme, là où l’imaginaire libère. Vu ?

- Et, a cru bon d’intervenir Bob, qu’est-ce que vous allez en faire, de votre esprit ?

- Merde, il est con ou quoi !? L’esprit n’est pas un outil. Faire… Pourquoi toujours forcément FAIRE ? Si en ne faisant rien, tu t’abstiens d’apporter ta contribution à cette folie géné-rale, C’est toujours ça de gagné pour les autres. Comme quoi, on peut faire quelque chose en ne faisant rien. Vu, tête d’épingle ? Bon, allons voir ce qu’il y a derrière…

Il a ouvert, jeté un rapide coup d’œil à gauche avant de s’engager vers la droite.

- Le morceau se trouve dans la cuisine. Moi, j’ai assez vu de ces cadavres volants à tête de Mickey. Cinq secondes…

Pendant que Bob prenait à gauche dans la cuisine, j’ai entraîné le nouveau dans la pièce à vivre, avec le chef.

- Bon, j’ai dit au nouveau. Pour reprendre vite fait, tu l’entraîne un peu vers toi par les pieds. Tu dégages bien la tête du moindre petit obstacle, c’est capital. Tu te libères une main pour ouvrir la fenêtre et tu me le fais passer délicatement à travers avant de le lâcher dans le ciel, OK ? Tout est clair pour toi ? Bon, au début ça fait toujours un petit choc de voir ça, mais n’oublie pas que le temps t’est compté !

Bob a croisé le nouveau en nous rejoignant.

- Il est mûr, qu’il lui a fait. Alors traîne pas trop.

Le chef était affalé sur le divan, face à une large baie vitrée.

- Je serais bien ici, avec cette vue magnifique sur la montagne. Si je pouvais, j’en décollerais pas.

- Et qu’est-ce qui vous en empêcherait ? a demandé Bob

- Pas le boulot, en tout cas, si c’est à ça que tu penses. Moi, je me suis pas laissé couillonner avec une bonne femme et des moutards. Je plaque quand je veux. Seulement, si je voulais pouvoir continuer à jouir du spectacle, il faudrait qu’à un moment ou un autre je sorte acheter de quoi manger, sans ou-blier le pcul, histoire que la machine continue. Vu, tête d’é-pingle ?

- EEH, a lancé le nouveau de la cuisine, ÇA SENT LE CRAMÉ !

- Putain ! a lâché le chef, je me demande où ils ont été le pé-cher, celui-là…

Juste avant que nous parvienne la détonation familière, le pet de foire de la fin.

- D’un côté le ravissement, et de l’autre, l’horreur, a souri le chef à la montagne. Comme les deux faces d’une même pièce.

Bob et moi, on s’est précipités. Le mec par terre, la tête en moins, la cervelle en petits morceaux, et le sang sur les murs, sur les éléments de la cuisine, jusqu’au visage du nouveau qu’en était méconnaissable, baptisé par Mickey.

- Bon sang ! a fait Bob. Et le néon ALLUMÉ ! Je t’avais dit de pas traîner !!

Bob est redescendu en râlant pour aller chercher le matériel, et j’ai envoyé le nouveau se débarbouiller. Essaie de pas rencontrer le miroir, petit.

Le téléphone du chef sonnait juste quand il s’est pointé.

- Ouais ? Non, Impossible. Ici ça a merdé. Envoyez une autre équipe. Écoutez, la gestion des effectifs, c’est votre problème. Tout ce que je peux vous dire, c’est que si on y va maintenant, on vous laisse un atelier de peintre, et le proprio vous demandera des comptes. C’est ça, on y œuvre…

Après avoir raccroché, le chef a fait une remarque sur la cou-leur du sang que j’ai pas relevée. Par contre, j’ai rien loupé de sa petite excursion par le frigo.

- Soyez sympa, chef, laissez-nous une bière. On va en avoir besoin.

- Désolé, c’était la dernière.

- Vous en avez une dans la poche de votre blouson.

- Celle-ci est pour la part cachée de mon âme.

 

 

D’aucuns vous diraient que le sang est fait pour RESTER, mais ils n’avaient pas les produits adéquats et le nouveau s’en était bien sorti. C’était un gars solide, juste un peu con. Le profil idéal.

Quand on a regagné la voiture, je me suis retrouvé à côté de lui, sur la banquette arrière.

- T’as pas l’air du coin, j’ai dit. T’es de passage ?

- Non, je compte bien rester. J’arrive avec une femme et un bébé, et on aimerait bien faire construire. Dites, ce boulot, c’est du sûr ?

- Pas plus sûr. On a toujours besoin de bras.

Puis, en s’adressant à tout le monde, il a demandé ce qui était le plus intéressant, comme magasin. J’ai croisé les sourcils froncés du chef dans le rétro.

- Le moins cher, j’ai dit, c’est Cardesourds. Sauf pour les fruits et les conserves de légumes. Dans ce cas-là, je te conseille Insèrecharmé.

Le jeune a hoché la tête comme si je lui avais refilé le tuyau du siècle. C’était bien engagé.

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ACTU-tv entame sa huitième année ! Bob Boutique fait le point. Une interview de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

ACTU-tv entame sa huitième année !  Bob Boutique fait le point.    Une interview de Christine Brunet

 

ACTU-tv entame sa huitième année ! le site

Bob Boutique fait le point.

 

Une interview de Christine Brunet

 

C- Huit ans déjà ! A dix on organise une grande fête ?

 

B- Ce n’est pas exclu, surtout que d’ici là, sur le plan privé, pas mal de choses auront évolué et changé en bien en ce qui me concerne. J’y songe.

 

C- Au fond tu es un indécrottable optimiste ?

 

B- Vrai, j’ajouterais même à la limite de la naïveté. Je ne me demande jamais si ce qu’on entreprend va réussir. Dans mon esprit c’est garanti, à condition de bosser bien sûr. Il faut prendre « réussir » entre guillemets of course, mais monter quelques gradins de l’échelle me suffit. En fait je commence à me poser des questions que lorsque j’ai l’impression qu’on fait du sur place, qu’on pédale dans la choucroute.

 

C- Ben 2017 s’est bien passé dans l’ensemble ?

 

B- Oui sans conteste. On est passé sur YouTube, on a trouvé de nouveaux chroniqueurs de marque comme Marc Quaghebeur, Richard Miller ou Sylvie Godefroid… On a récupéré la petite Anne-Sophie Malice et surtout, surtout, on a confirmé les piliers de l’émission comme Edmée De Xhavée et Carine-Laure Desguin qui commencent même à devenir de vraies pros ! Sans t’oublier toi Christine… mon avis : tu as réussi à trouver et imposer ton style, tu es devenue l’image indispensable de l’émission et… bon je ne vais pas en rajouter. Je te connais tu vas supprimer des phrases !

 

C- Hummm... Et puis on a fait des essais, des tentatives…

 

B- On n’arrête pas ! Parfois ça ne convainc pas vraiment comme « ça passe ou ça casse », « Le Concombre Masqué » ou nos séquences sur la littérature flamande qui ont connu peu d’écho… je le regrette. On y reviendra… et parfois ça marche là où on ne s’y attendait pas. Je songe à nos clips musicaux par exemple.

 

C- Tu parles des compositions originales d’Aurélien Belle, Michel Azaïs, Fabienne Coppens etc…

 

B- Oui, même si ces vidéos ne sont pas encore tout à fait au point. Le clip est une formule qu’on ne domine pas encore, notamment au niveau du lipping (la synchronisation parfaite entre le mouvement des lèvres du chanteur et les images). Mais je parie qu’on va y arriver cette année, tout s’ apprend et on est très têtus.

 

C- Surtout toi ! Pourquoi cette idée de créer des clips ?

 

B- Parce qu’on a toujours cherché à renvoyer l’ascenseur. Beaucoup d’artistes acceptent qu’on diffuse leurs musiques gratuitement et méritent donc qu’on les aide en retour. Un clip, ça coûte une fortune à la réalisation, plusieurs milliers d’euros ! Je ne parle pas d’une vidéo filmée à la sauvette sur une scène. Ca, n’importe qui peut le faire avec un téléphone. C’est très souvent mauvais et perso je trouve que ça nuit plus à l’interprète qu’autre chose… non je parle ici d’une vraie réalisation de film, avec un scénario, une ambiance etc… c’est super amusant à créer mais ça prend un temps fou… à tourner et encore plus à monter.

 

C- Et les exposés quasi pédagogiques de Marc Quaghebeur sur la littérature belge ?

 

B- Nous en sommes très fiers ! Non seulement ces conférences de niveau universitaire sont remarquables mais utiles et cadrent parfaitement avec la niche de téléspectateurs dans laquelle nous nous sommes installés. Celles et ceux qui s’intéressent à la littérature et ce que nous appelons les arts associés… peinture, bédé, médias… la culture quoi. Avec un petit « c », on se méfie de l’autre.

 

C- Et le Polichinelle ?

 

B- C’est un personnage que nous avons créé pour 2018 et qui prend rapidement de l’ampleur. Il sait tout sur tout et on ne sait pas comment ? On verra comment il évolue mais je suis assez confiant. C’était une bonne idée.

 

C- Je le crois aussi ! Parlons un peu de ces « visionneurs », comment se caractérisent-ils ?

 

B- En chiffres, on approche des 300.000 vues sur YouTube auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs de notre site et de tous les autres blogs de plus en plus nombreux qui acceptent de nous relayer, comme Aloys en première loge. C’est beaucoup et en même temps peu si on songe qu’un buzz même insignifiant peu totaliser un million de vues sur internet. Mais on parle d’autres contenus et puis notre chiffre progresse tout le temps, lentement, sûrement. Nous, on croit à la durée et puis par défaut… qu'est-ce qu'il y aurait sur ce plan si on n’était pas là ? Rien ou presque.

 

C- Vous savez qui sont ces téléspectateurs ?

 

B- En gros, selon nos dernières statistiques, 42% de belges, 38% de français (en hausse constante) et le reste divers ou indéterminés. 72% d’hommes ??? Je trouve ça étrange mais c’est comme ça ?

 

C- Bizarre, en effet ! En gros, qu’est-ce qui a changé depuis les débuts et qu’est-ce qui va changer en 2018 ?

 

B- Le point le plus marquant : la facilité que nous avons aujourd’hui de contacter les acteurs culturels. Il y a cinq ans, il nous fallait des mois pour obtenir l’accord d’un écrivain connu ou d’un responsable audiovisuel. Aujourd’hui, on commence à avoir un carnet d’adresses intéressant et puis on connaît de plus en plus de monde ce qui facilite grandement les contacts.

 

C- On vous prend au sérieux ?

 

B- On peut le dire comme ça. Je crois surtout que le petit monde littéraire belge (en France on ne représente pas encore grand-chose) a compris qu’on faisait de notre mieux pour être professionnel et aussi que nous sommes impertinents (parfois) mais justes. On n’a qu’une parole, on peut nous faire confiance, on tient nos engagements et tous les membres de l’équipe ne parlent que d’une seule voix.

 

C- Jamais eu de disputes ?

 

B- Non jamais. Une seule défection en huit ans avec un ami qui reste un ami mais n’a pas réussi à s’intégrer. Le principe est simple, chacun (bénévole rappelons-le au passage) entre et sort librement comme il veut et quand il veut. On se critique parfois (tu en sais quelque chose) mais toujours dans un sens positif, pour mieux faire et à la longue ça nous améliore.

Sur 1020 reportages, trois seulement ont posé problème car l’interviewé voulait modifier des choses ce que nous avons toujours refusé… et quand on entre tête baissée dans un problème qui agite le petit monde culturel, on veille toujours à présenter les versions des diverses parties.

 

C- Pas de politique ?

 

B- Sûrement pas, ni politique ni religion. Je t’avoue même que j’ignore les opinions politiques des membres de l’équipe et c’est très bien comme ça.

 

C- Des améliorations techiques ?

 

B- Oui, on travaille depuis 2017 avec des fonds d’écran, on multiplie les jingles et surtout (mais ça c’est vrai depuis cinq ans) on est passé à la haute définition. J’aimerais bien passer à un logiciel de montage plus pro mais il faudrait le temps de s’y consacrer et d’apprendre… je croise les doigts.

 

C- Il y a enfin un changement de programmation ?

 

B- Oui, on a décidé de passer d’une émission d’une heure et demie par mois, à trois émissions d’une heure tous les deux mois. Ca fait longtemps qu’on y pensait sans arriver à se décider, car ça remettait l’organisation en cause… mais réflexion faite, ce sera une bonne chose. On collera mieux à l’actualité et l’ensemble sera plus dynamique, du moins on l’espère. On va écourter également tes interventions entre chaque séquence, ça fait des années que tu le demandes. Tu vois, à force de taper sur le clou…

 

C- Une dernière chose : beaucoup d’auteurs nous demandent ce qu’ils ou elles doivent faire pour passer dans l’émission ?

 

B- Là notre réponse est claire et précise : RIEN. C’est nous, en fait un comité de programmation, qui prenons contact avec les acteurs qui nous intéressent ou ont réussi à attirer notre attention. Que chacun continue évidemment à essayer d’exister comme à se mettre dans la lumière, c’est non seulement de bonne guerre mais nécessaire, on appelle ça une ambition positive, mais il est inutile de nous envoyer 36 mails ou de nous engueuler… le comité analyse, s’informe et prend ensuite l’initiative.

 

C- Avec un avantage pour les auteurs de Chloe des Lys ?

 

B- Non, même si Laurent Dumortier nous aide et nous suit depuis la première heure. On reconnaîtra plus souvent des écrivains de cet éditeur parce qu’ils composent une partie importante de nos amis et amis de nos amis mais sans autre raison. D’ailleurs nous ne cessons de parler des autres maisons d’édition, petites, moyennes ou grandes…

 

C- Bien compris. On se revoit en 2019 ?

 

B- Je ne te répondrai pas « si dieu le veut » car je ne suis pas croyant, mais oui, si « le ciel ne nous tombe pas sur la tête. »

MERCI Bob !!!

Publié dans interview

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