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Aura 99 est sortie. Carine-Laure Desguin y propose un texte "Inscription"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Carine-Laure, Aura 99 vient de sortir. Avec un thème spécifique, comme d’habitude ?

Oui, on attend cette revue trimestrielle avec impatience. À chaque fois, il y a un thème différent. Cette fois il s’agissait d’écrire un thème en écho avec « La Porte ». Un thème à grande ouverture...

Ce sont des textes poétiques ?

Pas nécessairement. Le comité reste ouvert à tous les genres littéraires. Pour ma part et je le dis à chaque fois, c’est l’occasion de me frotter à des styles que je n’aborde pas habituellement, je m’essaie, je tâtonne. Cette revue est un petit laboratoire fabuleux. Il y a des textes théâtraux, de la poésie en prose ou en vers. Et c’est très beau, cette diversité.

Je lis le titre de ton texte : L’inscription. Je parcours cette « inscription ». Dis donc, tu fais pas dans la dentelle, Carine-Laure.

Ah, je ne suis pas née à Bruges, je suis née à Binche. Sans doute ai-je reçu une orange sur le crâne dès ma naissance.

Je ne peux m’empêcher de livrer aux internautes un extrait de ton texte, ok.

J’aurais pu bifurquer vers Moi y’avoir tabassé le mec qui m’a demandé sur un ton autoritaire de rentrer mes pieds dans mes baskets…

J’ai rien dit, j’ai acté, trop chaud pour m’exciter. J’ai même fermé mon smart, inutile d’éveiller des soupçons, tu vois ?

Il faut tout essayer n’est-ce pas ?

Ah, Carine-Laure, tu ne nous épargnes rien. Ce texte m’étonne quand même. Tu mutes, Carine-Laure, tu mutes.

Evolution.

Si tu le dis…Je vois que la revue comprend cinquante-huit textes, un fameux trousseau de clé.

Et pas mal de noms connus, comme toujours. Christian Nerdal, Thierry Thirionet (à qui l’on doit aussi les très belles couvertures de la revue), Gisèle Hanneuse, Annie Préaux, Laurence Amaury, Martine Rouhart, Serge Guérit, etc. J’ajoute que pour ceux qui seraient intéressés par la revue Aura, il suffit de contacter la présidente du Cercle Clair de Luth, Gisèle Hanneuse hangi91521@hotmail.com

Carine-Laure, tu es très occupée pour le moment ?

Deux livres qui sortent en même temps, oui, c’est du boulot !

Lien vers le livre A chaos, chaos et demi :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/a-chaos--chaos-et-demi--editions-la-p-tite-helene--2018/36963717.html

Lien vers le Salon du Livre de Charleroi, séance de dédicace des deux derniers livres :

http://carineldesguin.canalblog.com/archives/2018/12/10/36932817.html

Carine-Laure Desguin sera en dédicace à Mons en mars 2019, bientôt des infos.

 

 

Publié dans ANNONCES

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Maryline Marnas a lu et chroniqué pour le blog "les lectures de Maryline" Non Nobis Domine, le 3e thriller de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/non-nobis-domine-a155370080

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/non-nobis-domine-a155370080

 

 

Résumé de l'éditeur :

Un jeu en marge des règles, une fausse donne qui mènera les protagonistes à une fin programmée. Un jeu banal qui tourne au cauchemar, une course poursuite effrénée entre Auvergne et Cantal, les moyens scientifiques du XXIe siècle au service dune légende... Le trésor des Templiers est-il, enfin, à portée de main ? La piste est brûlante, les appétits se déchaînent. Un thriller qui pousse les héros dans leurs retranchements et dévoile les travers peu reluisants de l’âme humaine.

 

 

Mon avis :

Je retrouve ici avec grand plaisir Axelle, l'héroïne dans "Nid de vipères" et "Dégâts collatéraux", ainsi que son acolyte Sheridan. Celui-ci est remonté dans mon estime, je l'ai trouvé vraiment parfait dans cet opus. Quant à Axelle, elle est égale à elle-même, sûre d'elle, un peu arrogante, un peu trop parfaite pour moi... Il lui arrive toujours des choses incroyables alors qu'elle a un fils et qu'elle ne se pose pas de questions sur sa vie. Elle fonce tête baissée dès qu'il y a de l'action. Alors, c'est un avantage pour son boulot car elle réussit du coup à éclaircir des enquêtes et mener son équipe au bout pour un résultat positif, mais elle se met sans cesse en danger en oubliant parfois qu'elle a une famille. Bref, je ne l'aime pas beaucoup.
 

Concernant l'histoire, encore un grand bravo à l'auteur! Ce thriller est vraiment génial et je l'ai terminé en une journée tellement j'étais plongée dans l'action! Ça bouge sans arrêt, il y a du suspense à chaque page, on ne se doute de rien, on comprend au fur et à mesure des lignes et des pages qui défilent à une allure folle! Les chapitres ne sont pas trop longs ce qui nous permet de souffler de temps en temps pour nous remettre de nos émotions.

Axelle et Sean forment un très bon duo d'enquêteurs, ils sont complémentaires et se comprennent parfaitement, même sans se parler. Alors bon, c'est le cas du côté professionnel mais côté vie privée, ces deux-là se cherchent et se retrouvent sans cesse, un vrai feuilleton hollywoodien! Mais on sent bien qu'ils sont faits l'un pour l'autre!

Le titre a été long à se faire comprendre mais j'ai adoré suivre cette chasse au trésor plutôt sanglante. L'auteur s'est bien documentée, on dirait qu'elle est de la région et qu'elle connait par cœur les faits et légendes de ce côté de la France : l'Auvergne. Un peu d'histoire ne fait pas de mal! Quand on dit qu'on voyage lors de nos lectures, alors là, c'est le cas pour moi, ne connaissant pas du tout ce coin.

Un thriller bourré de rebondissements, de course-poursuites, de morts, de blessés... Bref, tout ce que j'aime! Du suspense du début à la fin! Une auteur à absolument découvrir, tant pour son écriture que pour sa gentillesse et son sourire!

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Christine Brunet a lu "BLUFF", le dernier thriller de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Après "2401" et "Chaos", "Bluff" est le troisième volet de la trilogie qui met en scène Johan et Lieve dits "Le Bouledogue et la Petite". Nous avons appris à les aimer et je peux vous dire que pour ce thriller, aucun des deux ne va échapper à la furie de l'action ! On frémit (Lieve est une vraie casse-cou), on s'étonne de découvrir ces flics hollandais et cette société qui nous est si peu familière. Les descriptions (souvent poétiques) nous projettent dans de magnifiques paysages criant de vérité.

L'auteur signe là un thriller palpitant, très original qui allie voyage, aventure, enquête et documentation. Plus que jamais, le style est celui du conte avec anglicismes, belgicismes, flamand. Il s'amuse avec le lecteur, le prend à témoin... Inimitable !

Cette fois, il aborde un sujet des plus... sensibles et diablement actuel qui ne laisse pas indifférent et qui, d'ailleurs, m'a fait bondir !

Lequel ? Hum, faudra lire !

J'ai terminé le roman partagée entre enthousiasme et agacement.  Et puis je l'ai relu, ce malaise toujours accroché à moi comme une seconde peau. 

C'est alors que j'ai compris : d'accord, pas d'accord, mais quelle importance ! Il ne s'agit que... d'une histoire, une fiction ! Je me suis tant approprié les personnages, je me suis tant investie dans le déroulé de cette affaire que cet aspect essentiel s'est effacé au fil des lignes. Et c'est là tout le génie de Bob Boutique ! 

Malheureusement, la trilogie se termine avec cet opus et les trois mots définitifs "FIN DE FIN"... J'aurais tant aimé retrouver encore cette équipe de choc dans de nouvelles aventures ! 

Bob ??? Écouterais-tu la pauvre lectrice que je suis pour nous proposer, un de ses quatre, une nouvelle enquête du Bouledogue et de la Petite ? 

Coup de coeur ! 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

SI VOUS SOUHAITEZ COMMANDER CE THRILLER, UNE SEULE ADRESSE MAIL :

pascaline.boudaoud@gmail.com

 

Publié dans avis de blogs, video

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Didier Fond nous propose un extrait de son nouveau roman "Somnambules"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

A ces questions non plus, je ne peux pas répondre. Il a raison. Rien, avant son retour, ne me retenait ici. Et même aujourd’hui, absolument personne ne se soucie de ce que je fais. Que je décide sur l’heure de partir, qui donc se mettra en travers de ma route ? Eux ? Ils n’en ont pas les moyens. Lui ? Il n’est pas un obstacle. Il ne me demande rien et je ne lui dois rien. Mais sa présence est un si bon prétexte pour ne rien tenter, une si bonne excuse à ma faiblesse…

 

Oui, je suis resté. Pas un seul instant, je n’ai songé à déserter une seconde fois la ville. Mon premier départ ne m’avait pas mené bien loin. Je pensais alors que je n’avais pas le choix, que ma survie dépendait de mes facultés d’adaptation à l’univers chaotique de l’extérieur. Je ne voulais plus rester dans la ville, assister à son agonie ; le spectacle de ses derniers soubresauts m’était insupportable. Un matin, à mon tour, je m’étais jeté sur les routes. Il était temps. Au fracas des cris avait succédé une rumeur de plus en plus ténue, et la vague de silence, descendue des collines, s’était lentement infiltrée dans les artères, étouffant les uns après les autres les centres vitaux, ensevelissant sous une chape éternelle l’ultime étincelle de vie. Je savais ce que j’attendais de ce départ : la vie avait déserté la ville, je devais la chercher ailleurs, n’importe où, sous d’autres cieux, proches, éloignés, je n’en savais rien. J’ai marché, marché, sans but précis, sous un soleil de plomb, J’ai contemplé, incrédule d’abord, puis envahi par un effroi monstrueux, ce que m’offrait l’extérieur : le désert, le vide absolu. J’ai compris alors que tout était inutile. Le silence avait été plus rapide que moi, il m’avait devancé, étendant son empire jusqu’aux lointaines montagnes qui barraient l’horizon. Il ne m’avait épargné que pour me permettre de contempler ma défaite, et il ricanait près de moi, me glissait à l’oreille que tous mes efforts étaient vains. Je pouvais bien me tourner de tous côtés, revenir, continuer, aller à droite, à gauche, je le trouverais toujours sur ma route, impitoyable, monstrueux. J’étais son jouet ; ce que j’avais cru être mon ultime sursaut de volonté n’était en fait que mon premier geste de soumission. Il ne me restait rien, sinon la certitude, aveuglante, qu’il n’y avait plus rien à chercher.

 

Un vent violent a tout à coup balayé la plaine, me jetant au visage la poussière de la route, m’obligeant à fermer un instant les yeux et à me détourner. Devant moi, plat, monotone, mais paré de toutes les séductions de la résignation, s’étalait le chemin du retour. Le silence et le vent m’ont enveloppé, m’ont chuchoté des mots que mon esprit se refusait à comprendre, et à la douceur insidieuse de l’un s’ajoutait la force pressante de l’autre. Je me suis senti poussé sur la route, en direction de la ville. Ma seule chance de salut, c’était d’obéir à l’instinct, de revenir chez moi, là où tout avait commencé et où, un jour, tout s’achèverait.

 

Et puis, cette ville était mienne. J’y étais né, j’y avais grandi. Mes racines étaient là, enfouies sous les pavés disjoints et brûlés par ce soleil de fin du monde. Nulle part ailleurs je n’aurais pu trouver meilleur refuge. Il le sait bien pourquoi nous nous sommes retrouvés tous deux au même endroit. Il m’arrive parfois de me sentir étranger dans ma propre ville ; je ne reconnais plus son visage. Ses rues vides, ses collines immobiles, ses quais silencieux appartiennent à un autre monde, presque à une autre dimension. Mais je me sentirais bien plus perdu s’il me fallait la quitter une seconde fois et essayer de vivre ailleurs, sous un ciel inconnu, entre des murs plus hostiles que ceux qui nous entourent et qui, eux, ne sont qu’indifférents à notre malheur. Ce décor tant contemplé, aimé et regretté est tout ce qui nous reste de notre passé. Il est tellement plus facile de se taire, de ne rien faire, d’attendre, tout simplement, avec nos souvenirs et notre angoisse pour nous faire prendre patience. Nous voulons à tout prix survivre, mais c’est pour mieux pouvoir effacer derrière nous toute trace de notre existence. Un jour, cette absurdité prendra fin. Il nous faudra bien mourir ; que ce soit chez nous, parmi les reliques de ce qui fut notre passé.

Publié dans extraits

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Gaëtan Faucer et Serge Guérit... Deux commentaires pour le recueil de Carine-Laure Desguin, Album number one cinéma magique

Publié le par christine brunet /aloys


 

Carine-Laure Desguin, Album number one cinéma magique, poèmes, éd. Chloé des Lys.


 


 

Titre qui résonne comme un album de chansons, tel un collector ou une compilation du genre


…et pourtant, on pourrait presque dire que c’est le cas.

Les poèmes se suivent et ne se ressemblent pas ou pas trop.


 

C’est justement là le point fort de ce recueil, on croirait des textes composés pour un chanteur/ une chanteuse ou un groupe.
On y retrouve des balades, des textes qui riment, d’autres pas. C’est agréable à lire, on imagine facilement
la musicalité qui accompagne, qui n’est jamais loin.

Cinéma magique ? Les mots sont des images, les images des films, les films passent dans notre
tête lors de la lecture des textes. Un florilège de petits clips, un régal.

Bref, un recueil de poèmes qui date de 2016…mais il n’est sûrement pas trop tard pour y revenir.


 

Gaëtan Faucer


 

Lien vers le site : https://www.areaw.be/carine-laure-desguin-album-number-one-cinema-magique-poemes-ed-chloe-des-lys /

Un peu plus au sujet de Gaëtan Faucer ?

https://www.youtube.com/watch?v=yM3ArxTMJm4


***

 

Et dans la foulée, voici le commentaire de Serge Guérit

 

Salut Carine, je viens de lire Album number one Cinéma magique, ouf ... j'avais les mots qui dansaient devant les yeux sur le rythme de la musique de Soprano, de Maître Gims, qui dansaient à ne plus finir, à vouloir qu'ils ne finissent plus. J'ai aimé tous ces mots écrasés, ces phrases écorchées, cette vie telle que tu l'écris et que j'aime lire comme tu l'écris. Merci. Si depuis sa sortie en 2016 ça n'a pas été fait alors il faudra que quelqu'un mette des notes sur ces textes. C'est trop bien. Bonne nuit Carine.

Lien vers la page Album number one :

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/album-number-one--cinema-magique--editions-chloe-des-lys--2016/34066595.html

Lien vers le site Chloé des Lys :

https://www.editionschloedeslys.be/catalogue/997-album-number-one.html

Publié dans Fiche de lecture, Poésie

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Le blog "d'un livre à l'autre" de Philippe Desterbecq a chroniqué "Mamie Paulette", le dernier roman de Séverine Baaziz

Publié le par christine brunet /aloys

http://phildes.canalblog.com/archives/2019/01/03/36946814.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

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Mamie Paulette de Séverine Baaziz

Résultat de recherche d'images pour "mamie paulette severine baaziz"Devinez qui j'ai rencontré cette semaine ! Mamie Paulette ! 

De temps en temps, je lis un bouquin des éditions Chloé des Lys que je suis d'après près. L'année dernière, j'avais été charmé par l'écriture de Séverine Baaziz et son "Premier choix". 

Cette année, l'auteure a sorti un deuxième roman : "Mamie Paulette" que j'ai eu envie de lire pour plusieurs raisons : d'abord parce que j'ai lu son premier roman, ensuite parce que la couverture est attirante et puis parce que ma belle-mère s'appelle Paulette et que mon fisl l'appelle évidemment "Mamie Paulette". 

Après la mort de son mari, Paulette va vivre chez son fils qu'elle ne fréquente plus depuis longtemps. Philibert est marié à Marion que Paulette n'aime pas beaucoup et a un fils, Jules, que la vieille dame ne connait pas. 

Paulette vient donc s'installer avec son poisson rouge dans la maison de son fils. La cohabitation n'est pas simple. Il faut dire que Paulette n'a pas un caractère très facile.

Alors qu'elle ne fait aucun effort pour plaire à sa bru, Paulette se rapproche de plus en plus de Jules. 

Un jour, elle découvre et lit (oh horreur ! ) le carnet intime du gamin. Cet acte qu'on peut réprouver lui permet de se rendre compte que son petit-fils est malheureux et a des problèmes dont il ne parle pas à ses parents. Il faut dire que sa mère, Marion, n'est pas très proche de lui et que son père semble être le toutou à sa femme ! 

Marion pense plus à ses deux chats qu'elle présente à des concours de beauté qu'à son fils. Elle est également très maniaque : tout doit être propre et rester en place. 

Mais un jour, Marion change. Elle semble avoir un gros problème, elle pleure, fait des messes basses avec son mari. Paulette est intriguée et finit par trouver la raison de ce changement. Il ne faut pas juger les gens trop vite. Marion n'est ni une mère ni une bru parfaite, mais elle a des circonstances atténuantes. 

Paulette et Jules s'uniront pour rendre le sourire à sa mère. 

Des personnages intéressants, attachants, une intrigue qui se dénoue de manière inattendue, une tendre complicité entre une vieille dame et un gamin, des secrets mis à jour, tout fait de son roman un livre qu'on lit très vite tant le lecteur veut connaitre la fin de l'histoire. 

 

Philippe Desterbecq

Publié dans avis de blogs

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Marcelle Pâques et Thierry-Marie Delaunois interviewés par Philippe de Riemaecker pour "Les fruits de ma passion"

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=e6B1SbLePw8&feature=youtu.be

Publié dans interview

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Un extrait d'Aspasie comme promis !!!

Publié le par christine brunet /aloys

EDGAR S. ATLANDES

 

 

 

 

Aspasie

 

Les aventures désastreuses

de Jérôme Toutalœil


 

 

Les aventures désastreuses de Jérôme T

 

 

 

Chapitre 1 : Tante Agathe ! ?

 

–  Passez-moi le sel, voulez-vous ? dit tante Agathe.

–  Le sel ? répondit Fernand par pure distraction.

–  Ben oui, le sel : le truc blanc, là !

 

 

Paris, dimanche 6 juillet 1924

 

–  Tante Agathe ! ?

–  Évidemment que c’est moi ! Est-ce que j’ai l’air de ressembler au portier du boulevard des Batignolles ? Enfin, au moins, tu me reconnais : c’est déjà ça !

–  Oui, enfin, non bien sûr... Je veux dire : quelle surprise ! Je ne savais pas que tu étais à Paris...

–  Ne sois pas stupide mon petit Jérôme : si je n’étais pas à Paris, je ne serais pas en ce moment en train de poireauter en plein courant d’air sur le palier de ton appartement...

–  …

Jérôme fit rentrer tante Agathe qui, au passage, faillit buter sur une paire de chaussures flambant neuves qui traînaient dans le vestibule.

–  Mon Dieu ! Qu’est-ce que c’est que ces horreurs ?

–  Ah ça, Tantie, ce sont des Dassler, les premières chaussures conçues spécialement pour le sport ! Je les ai commandées directement en Allemagne. Le seul petit problème, c’est qu’ils se sont trompés de pointure : ça, c’est du 44, alors que moi je fais du 42..

–  Le sport ? Faut vraiment avoir envie d’attraper une pneumonie ou la tuberculose !

Dans le salon, Véra et Fernand, un sourire aux lèvres, avaient assisté à distance aux premières réparties de la virago.

–  Tu pourrais me présenter à tes amis, Jérôme, dit tante Agathe tout en détaillant d’un œil réprobateur l’allure délabrée de Fernand Marchepoil et les cheveux courts de la jeune femme vêtue d’une paire de pantalons.

–  Tante Agathe, je te présente Véra, ma photographe préférée. Nous travaillons ensemble au Petit Parisien. C’est avec elle que je...

–  Je sais, je sais... Pas la peine d’entrer dans les détails ! Ta vie privée ne regarde que toi après tout.

Véra prit la parole avec un petit sourire amusé :

–  Ce que Jérôme voulait dire, c’est que nous réalisons nos reportages en équipe : Jérôme écrit les articles et moi je prends les photos.

–  J’avais compris, je ne suis pas stupide ! rétorqua la quinquagénaire.

–  Jérôme nous a souvent parlé de vous, ajouta Véra encore polie.

–  Oui, oh j’aime mieux ne pas savoir ce que ce freluquet peut bien raconter sur moi quand j’ai le dos tourné...

Jérôme reprit la parole :

–  Et voici Fernand Marchepoil. Fernand est détective privé... Fernand, je te présente tante Agathe !

–  Inutile de répéter mon nom à tout bout de champ, Jérôme. Tu l’as crié suffisamment fort dans l’escalier tout à l’heure, tes amis sont déjà au courant ! D’ailleurs tout l’immeuble doit être au courant...

–  Nous étions en train de prendre l’apéritif, intervint Fernand. Je vous sers une petite Suze, tante Agathe ?

–  Non merci, jeune homme. Le Docteur Duchemin me le disait encore la semaine dernière : l’alcool, ça ronge le cerveau !

–  Et vous êtes venue comment ? s’enquit Véra en allumant une cigarette.

–  En Torpédo évidemment ! Comment voudriez-vous que je vienne à Paris du fin fond de la Normandie, ma pauvre fille ! A pied ou à bicyclette peut-être ?

Jérôme crut bon de suggérer :

–  Tu aurais pu venir de Domfront en chemin de fer, Tantie.

–  En tortillard ? Et pourquoi pas en ballon ou en Zeppelin tant que tu y es !

–  Le Zeppelin, c’est bien, ne put s’empêcher de remarquer Fernand.

Après avoir lancé un regard désolé à Fernand, Tante Agathe marmonna :

–  L’alcool est vraiment le pire ennemi de l’intelligence...

~ .*. ~

Pour une fois, Fernand était parvenu à ouvrir la bouteille de vin sans réduire en miettes le bouchon de liège.

–  Je ne vous propose pas de Château-Margaux, Tantie, dit Fernand.

–  Du Château-Margaux ? Ma foi, si vous insistez...

Fernand versa le précieux breuvage pendant que tante Agathe inspectait sa fourchette d’un air circonspect.

–  Vous me direz stop, tante Agathe.

–  …

–  Tante Agathe ?

–  Mon Dieu, mais vous m’avez servi une dose de cheval ! Moi qui ne bois jamais une goutte d’alcool !

–  C’est du Château-Margaux, Tantie, ça ne peut pas vous faire de mal.

–  Vous croyez ? minauda-t-elle.

~ * ~

–  Passez-moi le sel, voulez-vous ? dit tante Agathe.

–  Le sel ? répondit Fernand par pure distraction.

–  Ben oui, le sel : le truc blanc, là !

~ … ~

–  C’est joli, la Normandie, c’est vert, reprit Véra en s’imaginant que, sur ce sujet-là au moins, elle ne risquait rien.

–  Si vous voulez mon avis, c’est surtout humide, terriblement loin de tout et mortellement provincial. A part ces abrutis d’autochtones et les militaires, faut vraiment être une vache pour trouver ça folichon ! Vous avez de la famille en Normandie, mademoiselle ?

–  Moi ? Non, pas du tout.

–  Et votre papa n’était pas militaire, ajouta la tantine.

–  Euh non, pourquoi ?

–  C’est bien ce que je pensais...

~ * … * ~

–  Ces coupures de courant sont quand même un véritable fléau !

–  Pardon ? répondit Véra qui s’attendait désormais au pire.

Tante Agathe se tourna vers sa voisine de table et reprit d’une voix à réveiller les morts :

–  Je disais : vous vous êtes habillée dans le noir ce matin ?

–  Ah celle là, je l’attendais ! Vous faites allusion à mon pantalon ? répliqua la jeune femme en allumant à nouveau son fume-cigarette.

–  Puisque vous abordez le sujet, murmura Tantie.

–  Eh bien, figurez-vous que c’est la grande mode à Paris en ce moment, ma pauvre dame, rétorqua Véra en projetant un énorme nuage de fumée au visage de la tante acariâtre. Mais évidemment, quand on habite comme vous, Trifouillis Les Andouillettes, c’est à dire au fin fond du Pays des Ruminants...

–  Je vous ferai quand même remarquer que c’est interdit par la loi ! –  Le pantalon interdit par la loi ? Ça me fait une belle jambe...

~ .*. ~

–  Fernand ! Vous n’avez plus les yeux en face des trous, mon garçon ?

–  Hein, oui, non ? bafouilla Marchepoil.

–  Vous ne voyez pas que mon verre est vide depuis une heure ?

~*~*~

–  Excellents, tes Paris-Brest, mon petit Jérôme, comme toujours...

Les trois jeunes gens se regardèrent interloqués : pour la première fois de la soirée, tante Agathe venait de faire un compliment.

–  Voilà au moins une chose que tu auras héritée de moi. Parce que ce ne sont pas les talents culinaires qui ont tué ta pauvre mère !

Fernand, qui était en train de reposer son verre, faillit s’étouffer.

Véra, afin d’éviter un incident diplomatique, avait déjà préféré s’engouffrer dans la cuisine tandis que Jérôme, blasé, levait les yeux au ciel.

~*…*~

En fin de repas, tante Agathe avait finalement déclaré :

–  Mon pauvre chéri, tu habites vraiment dans une ville de fous !

–  Paris ? répondit Jérôme.

–  Je te rappelle que tu n’habites pas à Pétaouchnok, Jérôme ! Encore que…

–  …

–  Il se trouve simplement qu’en venant tout à l’heure, je me suis arrêtée à la Cathédrale pour allumer un cierge. Et vous ne devinerez jamais ce que j’ai vu !

Tante Agathe marqua une brève pause et après s’être assurée que tous autour de la table l’écoutaient religieusement, reprit :

–  Une espèce de dévergondé avec une chemise couleur grenouille et un nœud papillon d’un goût extrêmement douteux.

–  Un anglais peut-être ? suggéra Véra poliment.

–  En effet, mais ça n’est pas une raison pour m’interrompre sans cesse, mademoiselle ! Toujours est-il que cet énergumène déambulait dans la Cathédrale en promenant devant lui une canne blanche terminée par une sorte de poêle à frire elle-même reliée à un cadran portatif. Chez nous, on enferme ce genre d’individus dans des cellules capitonnées !

–  Et il mesurait quoi ? demanda Jérôme intrigué.

–  Ça, je ne sais pas. Mais je lui ai quand même fait remarquer que les églises étaient des lieux de prière, pas des terrains de jeu pour les détraqués !

–  Ah, fit Marchepoil en signe d’assentiment.

–  Oui, eh bien, vous me croirez si vous voulez mon pauvre Fernand, mais le dégénéré a sorti de son portefeuille une lettre signée par l’archevêque de Paris l’autorisant à effectuer ses expériences en plein milieu de Notre Dame ! Quelle idée ! Je sais bien que les évêques sont rarement de première jeunesse, mais celui-là doit carrément sucrer les fraises !

–  L’archevêque de Paris ? murmura Jérôme.

~ … ~

Après le départ de tante Agathe, les conversations reprirent leur cours :

–  Quel ouragan ! s’esclaffa Fernand.

–  Une vieille peau, oui ! maugréa Véra.

–  Tante Agathe, tout simplement, soupira Jérôme.

–  …

–  C’est quand même dommage que Max nous ait posé un lapin ce soir, reprit la jeune femme, il se serait sûrement bien entendu avec ta tante.

~~~ DRING ~~~ DRING ~~~ DRING ~~~

–  Quand on parle du loup, dit Toutalœil en adressant un petit clin d’œil à Véra. C’est sûrement Max...

Une voix d’homme résonna en effet dans le combiné. Jérôme se mit aussitôt à crier :

–  Ben alors, qu’est-ce que tu fabriques, vieux sac ?

–  Toutalœil  ! ? ! Nom de Dieu ! Vous avez bu ou quoi ?

–  Hein ? Ah c’est vous, monsieur Delaiste ! Ivre, moi ? Ah ! Non, vous me connaissez, Patron, moi je suis sobre comme un chameau du Kalahari ! C’est juste que...

–  C’est précisément parce que je vous connais Toutalœil ! Alors, écoutez-moi bien : vous faites ce que vous voulez de votre existence pitoyable, mais je vous conseille de garder vos excuses à la noix pour les écureuils !

–  Les écureuils, Patron ?

–  Bouclez-la, bougre d’andouille  ! Dans mon bureau demain à huit heures et que ça saute ! Vous pensez peut-être que je vous paie à ne rien faire ?

–  Oui monsieur Delaiste. Enfin je veux dire : non bien sûr, monsieur Delaiste. Vous pouvez compter sur moi debain Patron, sauf que je suis terriblebent enrhubé, fit Toutalœil d’une voix soudain à l’agonie.

–  Un rhume au mois de juillet ? Mais vous le faites exprès, ma parole ! Votre problème, Toutalœil, c’est qu’au fond, vous êtes un nuisible, un cousin du doryphore ! Et puis d’abord, qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse votre rhume ? Moi, quand je suis enrhumé, ça ne m’empêche pas de réfléchir !

–  Ah ça, c’est bien... Et quand vous n’êtes pas enrhubé, Patron ?

–  Hein ? ! Faites gaffe Toutalœil, c’est tendu en ce moment à la rédaction, alors épargnez-moi vos plaisanteries douteuses ! Je vous ai dans le collimateur mon gars ! A propos : vous rappellerez à la greluche qui vous sert de photographe que ses idées de reportage sur les femmes, je m’assois dessus !

–  Mais si tout le bonde tombe balade à cause de boi à la rédact...

~~~ SCHLÖNGK ! ~~~

Jérôme raccrocha en soupirant. C’était le coup de fil habituel de Léon Delaiste, rédacteur en chef du Petit Parisien, lorsque notre héros désertait les bureaux plus de vingt-quatre heures sans donner signe de vie. Après avoir allumé une nouvelle cigarette, il retourna auprès de ses deux invités.

–  Des ennuis ? s’enquit Véra.

–  Non, c’était Edgar. Il m’a demandé de te rappeler qu’il s’asseyait sur je ne sais plus quoi... De toute façon, je ne suis plus dans ses petits papiers depuis des lustres : il a quand même refusé que j’écrive le moindre article sur les Jeux Olympiques qui se terminent à la fin du mois ! Alors forcément, je tourne un peu en rond, j’ai l’impression que ça fait une éternité qu’il ne se passe rien...

~*.!.*~

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Carine-Laure Desguin lauréate d'un concours organisé par le Cénacle de Douaiyeul ; jury présidé par Colette Nys-Mazure

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure Desguin lauréate d'un concours organisé par le Cénacle de Douaiyeul ; jury présidé par Colette Nys-Mazure
Carine-Laure Desguin lauréate d'un concours organisé par le Cénacle de Douaiyeul ; jury présidé par Colette Nys-Mazure

Carine-Laure, tu ne t’accordes aucun répit. Deux livres qui sortent en même temps et aujourd’hui ce recueil collectif. La couverture m’intrigue : Textimage Musée. La Chartreuse de Douai 2018. Tu rentres au couvent et tu nous l’annonces dans ce recueil. Voilà, c’est certainement ça.

Ah non, hélas. J’ai envie de me ressourcer, oui, de temps en temps faire une mise au point. Mais pourquoi pas me faire enfermer dans ce musée, c’était à l’origine un couvent après tout. Oui oui ! Revenons plus sérieusement vers ce recueil. Il s’agissait d’un concours et bien que ne participant plus que très peu aux concours littéraires, celui-ci m’a séduite.

Ah et pourquoi ça.

J’explicationne. Treize œuvres choisies ( tableaux du musée de la Chartreuse de Douai) par le Cénacle de Douayeul ( avec le regard éclairé de Pamela Boittiaux, adjointe d’Anne Labourdette, conservatrice du musée de la Chartreuse de Douai) qui servent de déclencheurs d’écriture et puis voilà. Une œuvre m’a de suite inspirée et les mots se sont très vite enfilés les uns derrière les autres. Ou les uns par-dessus les autres, au choix.

Tu as choisi une œuvre de Félix Labisse, Le voyage d’Apollonius. Tu connaissais ce peintre.

Pas du tout et ce fut pour moi une très belle découverte. Je ne connaissais pas non plus ce musée et dès que j’en aurai la possibilité, j’irai le visiter. Afin de voir autrement qu’en photo cette œuvre de Félix Labisse mais aussi les autres tableaux choisis pour ce concours. Par exemple et pour ne citer que celui-là, Vue d’un port italien par Minderhout van Hendrick.

Labisse est un peintre surréaliste et l’on connaît ton penchant pour ce genre-là, le Surréalisme.

Oui, j’ai de suite flashé pour cette œuvre. Et j’ai découvert ce peintre qui fut proche des surréalistes de son époque, d’ailleurs. Son œuvre fut reconnue par entre autres Robert Desnos, Philippe Soupault, Paul Eluard. Cela m’intéresserait de creuser un peu plus la vie et l’œuvre de cet artiste.

Creuse, Carine-Laure, creuse. Revenons vers ce concours si tu veux bien. Beaucoup d’appelés et peu d’élus.

J’ai lu quelque part, quatre-vingt huit textes reçus et huit retenus. Le recueil comprend bien sûr ces huit textes mais aussi des textes d’auteurs proches du Cénacle de Douayeul. Colette Nys-Mazure était la Présidente de ce Jury et quand je pense que cette immense poétesse belge a lu mon texte…

Ah ah Carine-Laure, elle n’a peut-être pas voté pour ton texte surréaliste.

Qu’importe. Pourquoi donc cette négativité soudaine.

C’est de l’humour, rassure-toi.

C’est Colette Nys-Mazure qui a préfacé ce recueil et c’est une fierté pour moi qu’un de mes textes soit accueilli dans ce livre. En vente d’ailleurs au prix de 12 euros (me contacter pour infos). Un merci tout particulier à Denise Jardy-Ledoux qui orchestre ce Cénacle de Douayeul.

D’autres textes ont retenu ton attention dans ce recueil ?

Je ne les ai pas encore tous lus. Mais des noms sont loin d’être inconnus. Françoise Lison-Leroy, par exemple.

Ton texte est en bonne compagnie. Tu le publies bientôt sur ton blog ?

Oui, à la suite de cet article.

Merci Carine-Laure. Tu nous parles bientôt de tes deux dernières publications.

Oui, bientôt bientôt. Il s’agit d’un recueil de poésies édité par La p’tite Hélène, voici le lien :

https://www.laptiteheleneeditions.com/boutique/a-chaos-chaos-et-demi.html

Et une pièce de théâtre, Le Transfert, édité aux Editions Chloé des Lys. Pas encore inclus dans le catalogue de la maison d’édition mais une chose à la fois.

Carine-Laure, des projets pour le moment.

Oui, il y en a.

On peut connaître la suite de ta phrase.

Non, il y a un point après le a.

 

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Aspasie, un roman à quatre mains...

Publié le par christine brunet /aloys

 

BIOGRAPHIE

 

Deux auteurs pour un livre.

Résidant à Poitiers – France

La cinquantaine joyeuse...

Romain GARAT : formation scientifique. Un lourd passé d'enseignant. Marié. 1 enfant. Actuellement en free–lance.

Lucien DESLANDES : formation littéraire. Enseignant. Séparé. Trois enfants. Actuellement professeur des écoles.

 

Le livre a réellement été écrit à quatre mains.

Les illustrations sont extraites de l'encyclopédie Larousse du XXe siècle, édition 1923.

La plupart des faits historiques sont tirés de faits réels.

 

 

Résumé

 

 

Alors que les Jeux Olympiques battent leur plein, Jérôme Toutalœil, journaliste au Petit Parisien, est confronté aux agissements d'une bade d'hurluberlus déguisés en chevaliers du Moyen–Age. Son enquête hallucinante l'amènera à rencontrer, outre le fameux Commissaire Leborgne, de nombreux personnages aussi étranges que lui–même...

 

Un résumé ? Il vous faudra attendre deux jours...

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