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Séverine Baaziz nous propose un extrait de son second roman "Mamie Paulette"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

SITUATION AU MOMENT DE L’EXTRAIT :

 

Paulette s’est installée sous le toit de sa famille et, après avoir semé la zizanie, être devenue la complice de Jules, son petit-fils, elle se laisse tout doucement envahir par un sentiment d’inutilité. Jusqu’à cette nuit où, vraisemblablement, il est question d’un terrible secret…

 

EXTRAIT :

 

Chaque soir, Paulette s’endort, à peine la tête posée sur l’oreiller. Plus vite qu’une flamme sans oxygène. D’un sommeil profond, ininterrompu, sans souvenir de chimères.

Sauf cette nuit de nouveau millénaire passé de trois années, sept mois et trois jours.

Noire et calme, la chambre de Paulette est soudainement hantée par des pleurs étouffés, agonisant, hoquetant en spasmes contenus. Paulette allume sa lampe de chevet. Rien. Silence complet. Elle l’éteint. Les pleurs reprennent. Dans le noir de sa chambre, Paulette se redresse, s’assoit dans son lit, et écoute attentivement la complainte larmoyante. Puis, des chuchotements. Le filet de lumière sous la porte. De l’autre côté, selon toute vraisemblance, on ne dort pas.

A pas de velours, Paulette entrouvre la porte et aperçoit Marion passer de sa chambre à la salle de bain, les yeux rougis et gorgés d’eau, le visage tuméfié par les vagues de pleurs. Philibert la rejoint et semble essayer de la consoler, de la prendre dans ses bras. Elle le repousse. « Tu ne peux pas comprendre ! », s’énerve-t-elle. « Laisse-moi ! »

Et, d’un geste compulsif, empoigne ses longs cheveux comme pour se les arracher, les soulève, dévoilant aux yeux de Paulette un épiderme habituellement blotti sous les cols et les carrés de soie. Une large cicatrice cisaille sa peau comme un sourire d’épouvante riveté à la gorge. « Comment veux-tu que je dorme ? Comment ? Je crois que je ne dormirai plus jamais ! » Paulette a bien entendu. Sa gorge, ses pleurs, cette dernière phrase. Il faut qu’elle comprenne.

Cette nuit, Paulette n’a pas dormi. Une nuit sans sommeil, tourmentée de questions sans réponses. Il faut vraiment qu’elle comprenne.

Au comble de la curiosité, Paulette redevient fouineuse. La maison aux murs fleuris est repassée au peigne fin. Récalcitrants, le courrier, les messages téléphoniques, les écoutes aux portes ne donnent rien. Les tiroirs ne divulguent aucun secret, rien sous les matelas, nada dans les corbeilles. Cela devient épuisant. Et surtout vain !

Chaque nuit, inlassablement, les murs s’imbibent de gémissements lancinants, comparables à ceux d’une bête prisonnière d’un piège lui torturant la chair.

 

Publié dans Textes

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Jean-Jacques Manicourt nous présente son dernier roman "Les Oublis Parfumés"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie :

J'écris depuis mon premier chagrin d'amour, ce qui laisse à penser que l'écriture, pour le coup, était une sorte de travail de deuil. Ou, pour le dire autrement, parce que les femmes m'y conduisent. Il y a là un réel indicible, un roc incontournable.

Etre conduit en écriture par le désir, la beauté, la chair et le sang, c'est, je crois, ce qu'il y a de plus vivant dans l'existence. En somme, écrire c'est continuer à vivre, à désirer ; mais je pourrais très bien prétendre demain que les femmes n'y sont pour rien !

Résumé :

La fin du monde n’avait pas dit son dernier mot ; elle misait beaucoup sur un petit morveux de caporal allemand ; elle comptait aussi sur la bêtise qu’elle avait vue briller dans les états-majors des deux armées face à face, et sur la propension de l’homme à oublier l’horreur, le sordide, la pulsion de mort à l’œuvre. Restaient les oublis parfumés : les chairs calcinées, décomposées, suintantes, l’odeur de la pourriture, du sang versé pour rien, même la connerie des maréchaux puait. 

Extrait

 

La fin du monde avait raté son coup. La grande boucherie et la grippe espagnole n’avaient pu venir à bout de la race humaine, de peu certes, mais elle avait échoué. Les vivants étaient donc des survivants.

Apollinaire avait été épargné, gueule cassée au bois des buttes, puis trépanée ; mais Egon Schiele avait suivi dans la tombe celle qu’il aimait. Jules était revenu sans une égratignure, des tranchées, de la vermine, des éclats d’obus et de cette machine à mutiler les corps. Au village, personne ne pouvait croire qu’un poilu pût revenir de l’indicible avec tous ses membres, toute sa tête, indemne indûment. On suspectait le miraculé de 14/18 d’avoir été, dans son bel uniforme rouge garance, un soldat de derrière les lignes de front, un planqué.

Toutefois, la fin du monde n’avait pas dit son dernier mot ; elle misait beaucoup sur un petit morveux de caporal allemand ; elle comptait aussi sur la bêtise qu’elle avait vue briller dans les états-majors des deux armées face à face, et sur la propension de l’homme à oublier l’horreur, le sordide, la pulsion de mort à l’œuvre.

Restaient les oublis parfumés : les chairs calcinées, décomposées, suintantes, l’odeur de la pourriture, du sang versé pour rien, même la connerie des maréchaux puait.

Et pour ceux des générations à venir : les monuments à la mémoire des pères morts au combat. Les fils n’en auraient rien à foutre.

Publié dans présentations

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Cathie Louvet nous propose un extrait de son second tome "De Glace et de Feu : l'empire disloqué "

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Début du chapitre 2 :

 

   822. L'été touchait à sa fin. Louis était exténué et en mauvaise santé. Il maigrissait à vue d’œil, avait le teint jaune et souffrait de terribles migraines. A la lutte farouche dont il était le centre était venue se greffer l'échec de la mission d'Ebbon. Judith n'avait donc eu aucun mal à le convaincre de se retirer quelques jours dans leur château d'Ingelhgeim, plus modeste et plus tranquille que le palais d'Aix-la-Chapelle et de ses agitations, niché au cœur de magnifiques collines boisées où il pourrait oublier ses soucis en s'adonnant à son sport favori, la chasse. L'empereur avait très envie de cette petite escapade mais il hésitait à abandonner les affaires de l’État. Pourquoi ne pas déléguer ses responsabilités à Agobard et à Ebbon ? Ils étaient tout à fait à la hauteur de la tâche et leur dévouement n'était plus à prouver. Et puis, il ne s'agissait que de quelques jours, et, en cas d'urgence, Ingelnheim ne se trouvait qu'à trois jours de cheval tout au plus. Plongeant son regard dans les yeux noirs de son épouse, Louis se laissa fléchir.

          Afin de ne laisser à quiconque le temps d'empêcher leur départ, le couple impérial se mit en route le dimanche suivant, dès la fin de l'office, par un temps radieux. Chevauchant à côté de la litière de Judith, Louis se sentait déjà mieux et ne cessait de féliciter la jeune femme de la bonne idée qu'elle avait eue. Il en avait presque oublié la terrible scène de la veille : Agobard avait crié, tempêté, appelé la malédiction sur sa famille, mais rien n'y avait fait. Louis, comme tous les grands timides, était parfois capable de s'entêter au point que rien ni personne ne pouvait le faire changer d'avis. Agobard s'était alors tourné vers l'impératrice et, tout en proférant les pires menaces, la bouche écumante, les yeux exorbités,  avait pointé vers elle un doigt accusateur mais la jeune femme l'avait dévisagé de ses grands yeux faussement candides en disant que seuls lui importaient la santé et le bien-être de son époux.

          L'automne fut splendide et le séjour à Ingelnheim tint toutes ses promesses. Quelques semaines avant les fêtes de la Nativité, Judith, radieuse, annonça à Louis et à toute la cour sa nouvelle grossesse. Et cette fois, elle en était certaine, elle portait un fils. De fait, le 13 juin 823, elle donna le jour à un garçon d'apparence délicate mais en bonne santé. Les deux époux se réjouissaient sincèrement de cette naissance, mais pas pour les mêmes raisons : Judith, après quatre années de lutte, possédait enfin l'atout grâce auquel elle était certaine de remporter la partie. Quant à Louis, il considérait le petit Charles, enfant de son épouse bien-aimée, avec des yeux neufs, comme s'il devenait père pour la première fois. Il espérait aussi, en son for intérieur, que sa femme se montrerait moins exigeante et plus encline à composer avec les clercs de son entourage. Mais il ignorait que l'ambition d'une femme telle que Judith, dès qu'elle devenait mère, ne connaît jamais de repos.

Publié dans l'invité d'Aloys

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Bob Boutique nous propose un extrait de "BLUFF", son dernier thriller

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

  • Ah quand même ! Voilà une heure que j’essaie de te joindre… Impossible d’obtenir une connexion. Tu es où ?

Lieve est accoudée en nuisette à la table de la cuisine et observe l’écran de son Mac, tout heureuse de retrouver son homme étendu sur un lit d’une personne, le visage encore chiffonné de sommeil.

  • Dans ma cabine, mon amour. Oh je vois que tu as fait du café, tu peux me servir une tasse s’il te plaît ?

Elle rit

  • Quelle heure est-il (en bâillant) ?

  • Deux heures du matin. Je t’ai réveillé ?

  • Bof, je suis sorti cette nuit sur le deck pour prendre l’air et crois-moi, ça soufflait grave ! De longues bourrasques chargées d’écume et une odeur iodée pas désagréable. J’ai contemplé tout un temps le sillage lumineux qui courrait le long de la coque puis suis retourné au pieu, pas le moment de prendre froid.

  • C’est comment, le Norröna ?

  • Immense, cinq ponts superposés, mille cinq cents passagers et, en bas, un parking de huit cents places. Des mobil homes, des voitures, des motos, des vélos… Une vraie petite ville qui fend l’Océan en sautant sur les vagues.

  • T’as pas le mal de mer ?

  • Connais pas.

  • Tu es où ?

  • On devrait approcher des îles Féroé. On a quitté le Jutland1hier matin, vers huit heures trente, et depuis je glande. Je marche dans les couloirs en me tenant aux parois, car ça tangue pas mal ; quand tu prends un café au bar, tu dois le tenir d’une main pour qu’il ne traverse pas le comptoir… Je lis, l’histoire et la géographie de l’Islande. Je connais tout, les Vikings, les geysers…

Lieve se marre en se mirant dans le reflet de la fenêtre de la cuisine (dehors il fait nuit noire) et harcèle son mec de mille questions.

  • C’est comment ta cabine, montre-moi ! Tu es seul au moins ?

Le Bouledogue dirige la cam de son portable autour de lui.

… Waouh ! Tu as deux hublots qui donnent sur l’eau.

  • Et la télé. J’ai regardé un film avant de dormir, « Valerian et la cité des mille planètes ».

  • Le film de Besson. C’est comment ?

  • Trop, trop d’images de synthèses, trop de boum boum, trop de poursuites de modules supersoniques, trop long… J’ai coupé en cours de route…

 

 

1 Hirtshals, petit port du Jutland, dans le nord du Danemark, d’où part trois fois par semaines un ferry qui rejoint l’est de l’Islande à Seyoisfjordur, en passant par les iles Féroé.

Publié dans Textes

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Le transfert de Carine-Laure Desguin (lu par Edmée De Xhavée)

Publié le par christine brunet /aloys

 

Je l’ai lu, je l’ai lu, presque d’une traite, et je peux vous dire que… ô lecteur qui entre dans ces pages, abandonne toutes tes certitudes, tu es parti pour un voyage dont tu pourrais ne pas revenir autrement que dans une clé USB…

On rit, mais un peu jaune quand même. Il est interdit pourtant de ne pas rire du clown, car ce rire-là est un passeport pour le maintien de l’existence des malades. On ne rit pas ? Oups, inexistence programmée. L’infirmière, drillée comme une femme-robot sortie d’un film de science-fiction, elle connait tout le savoir-vivre de ce nouveau monde, mais le médecin, lui… il patauge encore et emploie, le vilain malappris, des mots censurés par le politically correct en vogue dans un nouvel univers aux codes incontournables. C’est pour le bien de tous.

On assiste à un instant entre deux réalités, le pont étant le transfert.

La programmation. Inexorable, sans pitié, sans états d’âme, c’est la règle hein, qu’y faire ? Car il n’est pire maladie que la non-conformité, et il faut éradiquer, empêcher la contagion, la résistance, les ruses d’un malade qui soudain dit avoir une folle envie de rire… Que nenni, l’infirmière que rien ne détourne de son devoir sacré ne laissera pas le médecin lui parler de ces choses dérisoires, humaines, compatissantes.

Futuriste ? Heuuuu… c’est au tournant, c’est pour ça qu’on rit, oui, mais de plus en plus jaune…

 

Chloé des lys, 15,70 euros et 74 pages de bonheur aigre-doux, y-comprise une préface d’Eric Allard

 

Edmée de Xhavée

 

Publié dans Fiche de lecture

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Didier Fond nous propose un extrait de son nouvel ouvrage "Les somnambules"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le regard d’Eralda s’est attaché à celui de Louis et le suit dans ses déplacements autour de la pièce. Elle ressemble à son appartement : elle est très belle mais quelque chose d’indéfinissable altère, pervertit cette beauté. Grande, mince, élancée, elle est vêtue d’un corsage blanc au col de dentelle, d’une longue jupe noire, taillée dans un tissu léger, si léger et si souple qu’on la dirait froissée et chiffonnée alors que cette multitude de plis est justement la touche qui donne au vêtement son originalité, son style, sa personnalité. A son cou brille un collier de perles et elle porte des chaussures à hauts talons, visiblement d’excellente qualité, assez classiques. Ses longs cheveux noirs bouclés tombent en cascade sur ses épaules. Ils sont tellement indisciplinés, il y a tant de mèches rebelles qu’elle semble perpétuellement mal coiffée alors qu’elle m’a avoué passer une demi-heure chaque matin à se peigner devant son miroir. Mais ce qui la rend inoubliable, c’est son regard. Son visage ovale, à la peau blanche, au petit nez court, aux lèvres rouges et charnues, très sensuelles, est illuminé par deux yeux d’une extraordinaire couleur miel. Jaune d’or lorsque la lumière les caresse, ils peuvent s’assombrir jusqu’au marron lorsqu’elle est la proie de sensations ou de sentiments trop violents. Aujourd’hui, ils sont dorés et scintillent de mille feux, comme un lingot sortant du creuset.

 

« Vous avez vu Axel ? demande-t-elle. Il est d’une humeur de chien, hein ? »

 

Elle passe rapidement la main dans ses cheveux, relève avec l’index droit la mèche qui lui tombe sur le front. C’est un geste que je l’ai vue faire si souvent qu’immédiatement, je l’associe à elle.

 

« De chien ? répété-je. Oh non, il a été charmant. »

 

« Alors, c’est qu’il s’est calmé. »Sa main, cette fois, dégage l’épaule, repousse les cheveux en arrière, d’un geste à la fois élégant et machinal. « Il est parti en m’insultant et en claquant la porte. Quel idiot ! Déjà qu’elle est à moitié cassée !… »

 

J’échange avec Louis un regard stupéfait. Axel en colère ? Pas une seconde il ne m’a donné l’impression d’être hors de lui. Je l’ai même trouvé très agréable. A moins que ce frémissement aux coins des lèvres…

 

« Pourquoi était-il en colère ? » demandé-je.

 

« Cela ne te regarde pas, rétorque-t-elle. Oh, et puis après tout, tu finiras bien par le savoir. Il me reproche de trop boire. Il paraît que je donne le mauvais exemple et que je mets… Comment a-t-il dit, déjà ? Ah oui !… Que je mets en péril l’équilibre du groupe. Comme s’ils avaient besoin de moi pour être déséquilibrés ! Quel salaud ! Mais quel salaud ! » s’écrie-t-elle, commençant à arpenter rageusement la pièce. Sa démarche n’est pas des plus assurées et je comprends tout à coup que sa volubilité n’est rien d’autre qu’une réaction à l’alcool dont elle a dû généreusement s’imbiber avant notre arrivée. « Il les oblige quasiment à boire, et c’est moi qui me fais insulter ! Va te faire voir ! » crie-t-elle à la rangée de bouteilles qui accueille cette insulte avec une admirable impassibilité. Elle s’est arrêtée devant le miroir, posé contre un mur, à droite de la porte, et, soudain calmée, se contemple un instant, sourit à son reflet. « Miroir, gentil miroir, dis-moi qui est la plus belle. Si tu es un garçon bien élevé, tu me répondras : « c’est toi, Princesse Eralda… » J’aime me regarder dans les miroirs. J’ai l’impression de me plonger dans une eau glacée, si rafraîchissante… Savez-vous ce qu’il y a derrière ? Le royaume du néant ; c’est par là que ma grande amie vient me rendre visite. J’aimerais lui ressembler, être comme elle, passer à travers les miroirs, pénétrer dans le monde interdit… Je ne peux pas. Ce n’est pas mon rôle. Je dois rester ici, à prononcer des phrases creuses, à faire des grimaces devant la glace, à donner l’apparence de la maîtrise de soi alors que tout en moi n’est que chaos, rêve et confusion… » Elle approche son visage du miroir, relève ses cheveux, se regarde dans les yeux, puis un étrange sourire retrousse ses lèvres, découvrant une rangée de dents impeccablement blanches. « Miroir, miroir, image glacée de ma folie, murmure-t-elle, permets-moi, ne serait-ce qu’une minute, de m’oublier, laisse-moi me retirer en moi-même et ne plus contempler que le vaste paysage désolé de mes désirs… »

 

Elle ferme les yeux, rejette la tête en arrière. Silencieux, Louis la regarde et je vois défiler sur son visage les mêmes sentiments qui m’agitent : étonnement, admiration, crainte. Elle est effrayante, cette femme à moitié folle qui s’adresse au miroir comme à un être humain. Elle se retourne tout à coup, son sourire disparaît. Elle nous regarde, l’air un peu étonné, embarrassé, comme elle s’éveillait d’un songe et reprenait pied dans la réalité.

 

Publié dans extraits

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Magali Kaczmarczyk nous présente son ouvrage "Apprentis Sages"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Extrait du livre

« Nous vivons comme nous pouvons et l’esprit du marché de l’emploi ne s’accorde pas avec l’idée de travailler pour rendre meilleures les conditions de vie de tous les êtres ainsi que de la planète. Mais nous ne sommes pas dans l’obligation de perpétuer ce système. Pour nos enfants, nous pouvons le modifier.

L’objectif de l’apprentissage est plus vaste que celui proposé actuellement à l’école, il permet à l’individu de se (re)découvrir pour être « heureux » et d’utiliser ses compréhensions pour exhausser la société. »

Biographie

Kaczmarczyk Magali enseigne la mathématique aux jeunes adolescents depuis une dizaine d’années. Également titulaire d’un Master en Sciences de l’éducation et diplômée en Mindfulness, les sujets attenants à l’apprentissage ainsi qu’aux modes d’enseignements suscitent inlassablement son attention et son émerveillement pour les fonctionnements humains dans divers domaines.

Résumé

Sous forme de poèmes, l’auteur témoigne de ses ressentis en tant qu’enseignante face au  système éducatif actuel. Elle propose une base de réflexion visant à faire entrer l’harmonie dans l’enseignement. « Apprentis Sages » souhaite apporter un vent nouveau dans les écoles, l’œuvre met en avant des idées de changements, personnels et collectifs, qui pourraient  réveiller la joie d’apprendre en simplicité. Partant du fait que les élèves d’aujourd’hui constituent la société de demain, l’auteur pense qu’un apprenant heureux modifiera de façon positive le monde à venir.

« Chaque instant peut devenir un moment d’observation et d’apprentissage ».

Ce livre partage une vision du monde et tente d’insuffler un mieux-être à la société. « L’équilibre est à portée de main si l’esprit et le cœur s’ouvrent en chœur, encore et encore ».

Publié dans présentations

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Cathie Louvet nous propose un extrait de son dernier ouvrage !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Extrait du chapitre 4 "De Glace et de Feu : l'empire disloqué " :

 

 L'intendant du roi avait soigneusement préparé le voyage, planifiant les étapes, le ravitaillement des chevaux et les escales. Il avait estimé préférable de rejoindre le Rhin à Cologne par la route plutôt qu'en empruntant le Wurm, petite rivière jugée trop étroite et peu profonde. Bien sûr, cela supposait de parcourir les dix-huit lieues à travers la vaste forêt qui entourait la cité impériale sur des chemins pas toujours très bien entretenus, mais il espérait qu'en cette saison chaude, ils seraient suffisamment praticables pour le lourd convoi.

   Une brise légère secouait doucement les ramures des chênes centenaires et des châtaigniers qui ombrageaient la porte principale du palais et la route menant à Cologne. Tout était prêt. L'empereur et ses proches prirent place dans les chariots. Le signal du départ fut enfin donné. La longue caravane s'ébranla, les sabots des chevaux soulevant un nuage de poussière grise. Judith et ses femmes, allongées sur de soyeuses fourrures, se laissaient bercer par le léger tangage, tandis que le petit Charles, curieux de tout, regardait le paysage par un interstice ménagé dans la tenture qui les protégeait à la fois de la poussière et du soleil.

   Les éclaireurs de la garde royale caracolaient en tête afin de s'assurer qu'aucune embuscade n'avait été dressée sur leur route par une des bandes de brigands qui infestaient les bois depuis une quinzaine d'années, à vrai dire depuis la mort de Charlemagne. Louis, son fils et successeur, était loin de posséder son charisme et son autorité. Peu à peu, les comtes, plus occupés à accroître leurs domaines et possessions, avaient relâché leur vigilance, ce dont avait su profiter tous les coupe-jarrets et les traîne-misère de la région, rendant les routes très peu sûres. Un groupe d'une vingtaine de soldats solidement armés fermait la marche. Chacun devisait avec son voisin dans une ambiance faussement détendue, l’œil aux aguets.

   Une semaine plus tard, le 19 juillet, le convoi impérial faisait son entrée dans Cologne pavoisée aux couleurs des Carolingiens. Le long de la rue menant à la résidence de l'archevêque où Louis et sa suite étaient attendus, les gens agitaient les mains, lançaient des pétales de fleurs et des pignons de pin en signe de bienvenue. Le couple impérial, ravi de cet accueil chaleureux, répondait en jetant des poignées de menus sous. Une halte d'une semaine avait été prévue dans la cité épiscopale afin de permettre à l'empereur et sa cour de se reposer,  mais surtout le temps de réunir les barques à fond plat sur lesquelles ils allaient voyager jusqu'à Mayence, puis Worms.

Publié dans l'invité d'Aloys

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Balade, un texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

BALADE


 


 

Notes jaunes, rouges, roses, bleues, violettes. Les oiseaux chantent, se répondent. Les notes rebondissent en moi. Une feuille morte posée comme un papillon dans un buisson. Un bouquet de marguerite poussant dans des pierrailles. Vie, je t'aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.

 

Je suis tour à tour cerf-volant, pendule, coquelicot, café serré, boîte à secrets.


 

Temps de chien sur mon existence. Le vent chasse les meringues du ciel et je retrouve le soleil avant que la neige recouvre le sol. Déjà, je fais mes valises, elles sont chargées d'insomnies, d'illusions, de doutes, de gris-gris, de chagrins, de colères, de malentendus, d'amour, de regrets, de projets avortés, de ressassements. Comment s'avouer qu'une pierre et ses irrégularités, qu'un bout de bois et ses nœuds peuvent émouvoir aux larmes ?


 

Notes jaunes, rouges, roses, bleues, violettes. Bourdonnements d'abeilles, sifflements de merles. La musique ricoche en moi. Un insecte danse, une fourmi va et vient. L'instant suivant, ils sont partis sans laisser d'adresse. Vie, je t'aime, un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout. C'est selon l'écoulement du fleuve, la voix qui m'appelle, l'habileté des nuages qui se défont. J'ai tant rêvé du flamboiement que la grisaille m'enchante.


 

La fragilité de l'instant est tout ce que je parviens à saisir.


 


 

Micheline Boland

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

 

Publié dans Textes

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Le poème de Salvatore Gucciardo, "Apocalypse - Apocalisse", vient de paraître dans la revue italienne PARTHENOPE - POESIA n°1

Publié le par christine brunet /aloys

Le poème de Salvatore Gucciardo, "Apocalypse - Apocalisse", vient de paraître dans la revue italienne PARTHENOPE - POESIA n°1
Le poème de Salvatore Gucciardo, "Apocalypse - Apocalisse", vient de paraître dans la revue italienne PARTHENOPE - POESIA n°1
Le poème de Salvatore Gucciardo, "Apocalypse - Apocalisse", vient de paraître dans la revue italienne PARTHENOPE - POESIA n°1

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