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Dominique Veyrier pour Actu-tv.net

Publié le par christine brunet /aloys

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Christian Van Moer nous présente son nouveau roman "La folie de Corentin"

Publié le par christine brunet /aloys

Christian Van Moer nous présente son nouveau roman "La folie de Corentin"

LA FOLIE CORENTIN de CHRISTIAN VAN MOER

aux Editions Chloé des Lys

*

La Folie Corentin est la suite de La Seconde Chance de Corentin

Corentin, le jeune peintre tournaisien et Maud, le sosie d’Aude, sa fiancée disparue tragiquement sont tombés profondément amoureux l’un de l’autre. Le syndrome de Stockholm a jeté la captive dans les bras de son beau ravisseur.

Tout semble aller pour le mieux. Mais à l’issue d’un voyage en Australie, Maud a la mauvaise surprise de constater une terrible rechute de son bien-aimé qui la confond à nouveau avec la disparue.

Fermement décidée à sauver son couple, elle va tout faire pour guérir son amant. Avec l’appui de Willy et de Christine, les amis de Corentin et l’aide d’un vieux psychothérapeute.

Elle ne négligera aucune chance et ira même jusqu’à un sacrifice inimaginable pour lutter contre le fantôme d’Aude qui hante le jeune peintre et le sortir de sa folie.

Y parviendra-t-elle ?

*

Sous le casque du salon de coiffure, Maud feuilletait négligemment son magazine. Son attention fut accrochée par un article traitant des phénomènes paranormaux intitulé : Vos fantômes vous parlent. L’article n’était qu’un condensé des connaissances ou plutôt des croyances communément admises en parapsychologie et n’apportait rien de neuf en la matière, mais un paragraphe interpella la jeune femme.

Lorsqu’un fantôme familier vous hante, c’est qu’il exige quelque chose de vous. Pour apaiser ses mânes et vous libérer de son emprise à tout jamais, vous devez impérativement lui donner satisfaction. La difficulté est donc de savoir ce qu’il vous veut. Et pour y parvenir, la consultation d’un médium patenté est vivement recommandée, car seul celui-ci sera à même d’établir le contact adéquat et sans danger entre l’esprit tourmenté et vous.

« Le ramassis de sornettes habituel », jugea-t-elle tout d’abord. Mais sans qu’elle puisse les en empêcher, ces quelques lignes chassèrent ses autres pensées et s’imposèrent à sa réflexion.

« Et si Aude, pour reposer et nous laisser en paix, attendait réellement quelque chose de nous ? Est-ce si inconcevable ?

* * *

La Folie Corentin est la suite de La Seconde Chance de Corentin.

Publié dans présentations

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Jean-Claude Texier nous lit un nouvel extrait de "Loozie Anna"

Publié le par christine brunet /aloys

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Le coup de gueule de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

Le coup de gueule de Marie-Noëlle Fargier

La censure : OUI sous différentes formes !

*

Merci à Aloys de diffuser cette note. Je tiens à informer les auteur(es) et le public de ce blog de mes mésaventures qui tristement riment avec "CENSURE".

A la sortie de mon livre "La Bukinê d'Anna", je fus interpellée en dédicaces, d'une façon "pas très catholique" pour reprendre une expression bien utilisée chez moi. J'ai exprimé ces fâcheuses rencontres sur les réseaux sociaux et sur mon blog. Mais "l'histoire" que je croyais finie, ne s'est pas arrêtée là...

Afin que ce soit clair pour vous, voici le premier texte que j'ai diffusé, puis la suite qui date de ces derniers jours qui résument mon vécu, du moins le destin de "la Bukinê d'Anna" qui est, je le rappelle, un roman.

Je tiens à mettre les choses au clair :

En premier lieu : MERCI à tous mes lecteurs qui m'ont témoigné le plaisir qu'ils ont eu à lire "la Bukinê d'Anna" . Ma priorité est là : apporter à travers mes écrits, quelques ressentis, quelques émotions, quelques réflexions.

Ces derniers jours, lors de mes journées dédicace, j'ai essentiellement côtoyé des personnes intéressantes, dont le côté bienveillant m'a tellement émue. Cependant, j'ai eu également la surprise de quelques rencontres qui m'ont exprimé leur indignation voire leur "colère". En effet, comme l'indique la page dédiée aux remerciements dans mon livre, je rends hommage à Monsieur Albert BOUDON LASHERMES, car sa théorie qui révèle que les chibottes auraient été construites plus de mille ans avant Jésus-Christ par un peuple ligure, a été le point de départ de mon inspiration. Et, ces Messieurs ont donc été offusqués, car pour eux et selon leurs recherches : cette théorie est fausse.

Je ne me justifie pas car cela voudrait dire que j'ai un quelconque tort, mais je souhaite vous répondre, Messieurs, afin que les choses soient claires pour mes chers lecteurs :

Comme le montre ma biographie (disponible sur mes blogs), je ne suis pas historienne, je n'ai pas usé les bancs de l'université. Mon plus grand diplôme est celui de savoir écouter, de ne pas juger, de ne pas imposer d'étiquette. Les quelques années d'école m'ont appris à lire, et j'ai lu en toute liberté, avec pour toute influence : mon esprit curieux. Ceci pour vous dire deux choses, Messieurs :

- En premier lieu, mon respect envers l'écriture de Monsieur Albert BOUDON LASHERMES.

- Ensuite, la véracité de sa théorie n'est pas l'objet de mon manuscrit.

D'ailleurs à aucun moment, je ne le suggère, puisque mon livre est un ROMAN qui frôle le fantastique mais qui est aussi une réflexion sur la nature humaine.

C'est pourquoi, Messieurs, je vous invite, avant de venir m'interpeller, à lire "la Bukinê d'Anna" et à ce moment là, je vous entendrai. "

Naïvement, ultérieurement, j'ai pensé que ce mal entendu était réglé. "Quelques puces à l'oreille" ont eu raison de ma naïveté. En effet, lors de dédicaces, plusieurs lecteurs me demandent si mon livre est dans une librairie "à quatre lettres" pour qu'ils bénéficient de leur remise. Effectivement, j'ai déposé mon livre dans cette librairie à quatre lettres.

En retour, plusieurs de ces éventuels lecteurs me contactent en me disant que la librairie à quatre lettres n'a pas mon livre. Poliment, pensant innocemment qu'il s'agit d'une erreur, je contacte par téléphone la dite librairie, qui, plutôt confuse, me rassure en me disant qu'ils ont bien mon livre, qu'il s'agit sûrement d'une erreur de leur part etc.....Dernièrement, une autre personne m'informe de sa quête infructueuse pour se procurer mon livre dans cette même librairie. Je me décide, j'y vais. Je m'adresse à une vendeuse, charmante :

- C'est pour "la Bukinê d'Anna" M-Noëlle Fargier

- Ce nom ne me dit rien, me répond-elle (ce que je comprends vu le nombre de livres dans cette librairie à quatre lettres, et je ne m'appelle pas...) tout en pianotant sur son ordinateur. Puis elle rajoute :

- Nous ne l'avons pas, Madame.

- Bien voilà, ça confirme mes soupçons. Et là, je révèle mon identité et les témoignages des lecteurs qui n'ont pas pu se procurer mon livre.

Ensemble, nous allons voir si mon livre est bien en rayon. Il s'y trouve, pas facile à trouver du premier coup d'oeil. Il est bien dans la partie des auteurs locaux, calfeutré dans un coin de rayon. Là, la vendeuse devant ma perplexité, me précise que les auteurs locaux ne sont pas enregistrés sur la base de données (fait qui s'avèrera faux après "vérification").

Comme je suis d'un tempérament optimiste, je décide de me rendre dans une autre librairie, qui, j'en suis sûre, me remontera le moral. J'arrive, l'accueil est chaleureux. Le libraire me reconnaît immédiatement. Je vois un rayon, consacré aux auteurs locaux, avec "en prime" leurs noms inscrits au dessus de chacune de leurs oeuvres. Je repère enfin mon livre, mais l'étiquette avec mon nom a dû se perdre dans les oubliettes. Je m'interroge sur ces "méthodes de vente" des renommées librairies du Puy en Velay. Soit mon livre est invisible, soit mis au piquet comme un mauvais élève (quoique si on fait référence "au cancre"...). J'ai vu aussi une libraire me rendre mes bouquins avec un soulagement intense, une autre qui me promet une place, lors de la présentation de mon livre, en tête de gondole et en fait "La Bukinê d'Anna" se retrouve aussitôt en fond de rayon....Je fais part à ce libraire de mes questionnements.

Enfin, avec franchise, ce dont je le remercie, le libraire m'explique que mon livre a une ombre, un spectre qui empêchent de le présenter à la lumière. Cette ombre, ce spectre s'appellent "Albert Boudon Lashermes". Comme m'en avait "informée" ce Monsieur lors d'une dédicace : "votre livre sera invendable sur le Puy, à moins que vous n'adhériez à notre association". Je n'ai pas adhéré à leur association.

Ce jour, j'ai compris que mon livre ne serait pas dans les librairies sous l'oeil attentif de la vierge rouge. Comme me l'a dit ce libraire "les gens en lisant votre livre, peuvent adhérer à la théorie d'Albert Boudon Lashermes..." Je ne savais pas que les lecteurs ne faisaient pas la différence entre un roman et la réalité, ou bien je ne savais pas que j'avais un tel talent !

"La Bukinê d'Anna" va continuer à vivre, si ce n'est pas au Puy, ce sera ailleurs ! Jusqu'à présent, ce virus "censurien" ne l'a même pas enrhumée. Elle attend son petit frère "Le Camaret d'Achille" qui viendra la soutenir.

Samedi 24 septembre, "La Bukinê d'Anna" sera à Super U à Aiguilhe. Elle est toujours à Auchan à Brives Charensac. Elle continuera dans les grands hypermarchés où elle est bien accueillie ! Marrant quand on connaît sa descendance de petits commerçants :) Et que le but final de "La Bukinê d'Anna" est de prôner la tolérance !

PS : Tout ce que je sais de Monsieur Albert Boudon Lashermes, c'est son écriture belle et poétique. C'est cette quête de découvrir, de réveiller des sites endormis. Et pour cela, je lui rends hommage. Qu'il vous en déplaise, Messieurs, Mesdames ! Et je continue sur les pas de ma liberté !

M-Noëlle Fargier

Publié dans ANNONCES

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"Un compte de fée" signé Jean DESTREE

Publié le par christine brunet /aloys

"Un compte de fée" signé Jean DESTREE

Un compte de fées

Ah oui! Il était une fois. Pas deux fois, pas trois fois, pas beaucoup de fois, non, seulement une fois. Donc il était une fois. Qui? Quoi? Comment? Pourquoi? Il était une fois. Un prince. Charmant? Bancal? Borgne? Manchot? Cul de jatte? Pied bot? Oh! Comme vous y allez. Vous imaginez un prince charmant à la fois bancal, manchot, borgne et cul de jatte. Non mais, vous vous moquez du monde et surtout des enfants. Au diable ce modèle de prince charmant tout ça à la fois. Ça, c'est une pièce unique pour le musée des horreurs. Notons au passage qu'il est sans doute difficile d'être à la fois pied bot et cul de jatte. Mais on ne sait jamais. Tout arrive.

Donc il était une fois un prince charmant. Ça existe. Mais oui, très charmant. Des cheveux blonds, des yeux bleus, des joues roses, un corps svelte comme celui d'une hémione ou d'un chevreuil. Bref un prince vraiment charmant. Et, pour ne pas faillir à la légende, non seulement beau mais bon comme un pain frais qui sort du four à bois du vieux boulanger du coin. Et comme tous les princes charmants des contes de fée, ce beau et bon prince s'ennuyait. Seulement? Non il s'emmerdait vraiment. Comme son majordome, son groom, sa femme de chambre, son cuisinier, sa nourrice, son lad, son palefrenier. Tous s'emmerdaient comme des rats morts. Tiens! Parce que les rats morts s'emmerdent? Bien sûr, comme des princes charmants.

Et voilà ce joli prince disons très ennuyé pour rester poli et correct. Ne demandez pas pourquoi, vous le savez bien. Il est tout seul dans son grand château et on s'ennuie ferme quand on est tout seul dans un grand château, sans savoir que faire d'autre que de s'ennuyer dans un grand château. Un grand château plein de chambres joliment décorées et meublées de lits à baldaquin, de couloirs sans fin qui ne mènent nulle part d'autre que dans des chambres ou des salons. Un grand château plein de salons aux meubles dorés, de cuisines avec les cuisinières qui mitonnent amoureusement sur des cuisinières, au bois, celles-là, de bons petits plats qui deviennent fades avec le temps, des caves avec des vins venus des quatre coins du monde et qu'on ne goûtera jamais et surtout des souterrains aux plafonds bas couverts de toiles d'araignée. Sans oublier les fantômes qui hululent les nuits sans lune et s'amusent à faire peur aux enfants.

Donc ce gentil prince s'emmerdait ferme dans son grand château perdu au milieu d'un grand parc plein d'arbres, comme tous les parcs qui entourent les grands châteaux. Il fallait bien qu'il trouve de quoi passer agréablement son temps. Mais il avait beau se tourner les méninges dans tous les sens, il ne trouvait pas de solution aussi intéressante qu'intelligente. Notre gentil prince finit par se demander s'il arriverait un jour à ne plus s'emmerder. Se creuser la cervelle, se triturer les neurones à longueur de journées n'était pas une solution qui puisse le consoler de sa solitude. Il finit par perdre patience et appela vertement son majordome.

  • Hestor !

Ben oui, le majordome s'appelle Hestor. C'est drôle, une espèce de contraction de Nestor, celui du Capitaine Haddock et de Hector, celui du héros de l'Iliade de l'aède Homère, vous savez bien cette aventure guerrière entre les Grecs de Ménélas et les Troyens de Pâris, celui qui avait fait cocu le précédent en couchant avec la belle Hélène, celle d'Offenbach.

- Hestor ! Viiite ! Cria le gentil prince en tirant sur le long cordon de la sonnette qui reliait sa chambre au bureau de son directeur du cabinet.

Clopinant en s'appuyant sur sa grande canne de bambou cambodgien, Hestor apparut dans l'encadrement de la grande porte de la grande chambre avec le grand lit à baldaquin du gentil prince qui, pour une fois, avait pris son air pincé. Un gentil prince bien élevé ne pince pas son air, ce n'est pas poli. Pas plus que cracher par terre.

  • Mon altesse, que puis-je pour votre service ?

  • Hestor, je m'emmerde.

  • Quoi ?

  • Oui, Hestor, je m'emmerde fort. Et à cent piastres l'heure. Cela t'étonne.

  • Un peu, mon Altesse. Vous avez l'air si joyeux qu'on a envie de chanter une chanson à boire.

  • Oui, Hestor, je m'emmerde. Appelle tous mes gens. Je veux savoir si tous s'emmerdent comme moi dans ce grand château plein de chambres, de couloirs, de fantômes, de spectres en tout genre.

  • Je les réunis où?

  • Dans la salle d'armes.

Mais elle est pleine de caisses de jouets, de vieilles hardes, de vieux tapis mités, ceux que vous avez fait dépendre parce que vous ne vouliez plus voir toutes ces dames qui avaient perdu leurs atours pour plonger dans les baignoires vides.

  • Ha !

  • Oui, mon Altesse. Même que vous avez fait mander un roulier pour évacuer tout ce fourbi.

  • Convoque-les quand même. Dans la salle d'armes. On les assoira sur les caisses et les tapis.

  • Pleins de poussières ? Ils saliront leur culotte.

  • Ils n'auront qu'à la retirer.

  • Mais, mon Altesse...

  • Quoi, mais?

  • Rien. Je pensais que par ce temps, ils pourraient avoir froid aux fesses. Il n'y a plus de chauffage.

  • Eh bien, ils saliront leur culotte et ils secoueront la poussière après.

Tout le personnel, étonné, se retrouva dans la salle et attendit patiemment que le joli prince daignât se faire voir de tous.

Jean Destree

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Micheline Boland nous propose un nouvel extrait de son nouvel ouvrage "Voyages en perdition

Publié le par christine brunet /aloys

Micheline Boland nous propose un nouvel extrait de son nouvel ouvrage "Voyages en perdition

"Ce dimanche-là, le hasard m'a amenée sur le marché pour acheter quelques fruits et légumes. Devant moi, Rose-Marie au bras d'un homme en costume sombre ! Ils sont à quelques pas de la basilique, ils y entrent.

Adieu maraîchers, tomates, laitues, prunes et cerises ! L'opportunité est trop belle ! Moi qui mets rarement les pieds dans une église, j'entre à pas feutrés… Je prends un livret de chants comme je l'ai vu faire par d'autres fidèles et je m'avance vers l'autel de la Vierge pour y faire brûler un cierge. Au passage, je salue Rose-Marie d'un signe de tête !

À la sortie de l'office, j'attends Rose-Marie et l'aborde : "Je me suis aperçue que nous étions voisines et que nous fréquentions les mêmes endroits. Puis-je vous proposer de venir prendre l'apéritif à la maison ?

- Qu'en penses-tu, Maurice ?"

Sans attendre la réponse, elle accepte… Je voudrais battre des mains ou sauter de joie comme je le faisais dans mon enfance. Nous regagnons mon appartement. En chemin, Maurice retrace l'histoire de la basilique et des œuvres qu'elle abrite. Rose-Marie raconte des anecdotes amusantes sur les remparts qui jadis entouraient la ville. Quant à moi, je les écoute en approuvant et en établissant le parallèle avec d'autres villes que je connais.

Nous arrivons chez moi, Rose-Marie et Maurice prennent place sur le canapé. Je sers le champagne acheté pour une grande occasion et je prépare quelques toasts au foie gras du Sud-Ouest. Que d'agréables, de si agréables moments ! Je n'en ai plus vécu de pareils depuis longtemps.

Maurice est un homme svelte à l'élégante barbiche assortie d'une fine moustache. Un homme charmant qui se montre fort amoureux de Rose-Marie. Il la couve du regard, sourit à toutes ses interventions. "J'habite à la Résidence Beaumarchais, juste à côté de chez Rose-Marie. Ce sont les travaux de peinture extérieurs des deux immeubles qui nous ont fait nous rencontrer. Nous comptons nous marier à la Pentecôte. N'est-ce pas, ma chérie ?"

C'est ainsi que j'entre dans la vie de Rose-Marie.

Désormais, par temps sec, l'après-midi, je vais m'asseoir au parc, à gauche de Rose-Marie tandis que Jocelyne est à sa droite. Parfois, Rose-Marie et moi allons faire des courses dans le quartier. Tout serait pour le mieux s'il n'y avait cette réticence que je sens chez Jocelyne. Rose-Marie m'en a parlé d'ailleurs ouvertement : "Jocelyne me dit de me méfier de toi. Je crois qu'elle ne t'aime pas beaucoup parce que tu ressembles à la maîtresse de son mari. Vous êtes toutes les deux petites et minces. Vous avez toutes les deux le visage rond et les cheveux permanentés. Elle trouve que je te fais trop facilement confiance. Elle est comme ça, Jocelyne, elle juge facilement sur les apparences. Depuis son divorce, elle suspecte souvent les gens de manœuvres pas très droites. Tiens, Maurice par exemple, elle trouve que mon fils n'a pas tort de le juger plus attaché à mon argent qu'à moi. Elle m'a même conseillé de le tester en disant que je ferai une donation à mes enfants avant notre mariage. C'est incroyable de penser ça !"

Les mois passent. Je continue à côtoyer Rose-Marie, Maurice et Jocelyne. Un goûter, une visite de musée ou une conférence sont souvent à l'origine de nos rencontres. Nous évoquons des sujets personnels. Nous abordons même la question du patrimoine que nous léguerons à nos proches. Rose-Marie évoque ses enfants et son intention de leur donner une grosse somme : "C'est quand on est jeune qu'on a besoin d'argent ! Et puis, c'est une belle façon d'éviter les droits de succession", ajoute-t-elle. Pour ma part, j'explique qu'en plus de mon appartement, je possède quatre studios dans un immeuble à la Côte d'Opale. C'est le dernier investissement fait par mon pauvre Camille ! C'est ma fille unique qui héritera de tout. Une confidence que je fais sans arrière-pensée.

Le temps s'écoule et je remarque que Maurice se fait moins présent. Il se montre aussi moins empressé à l'égard de Rose-Marie. C'est évident, il est moins prompt pour l'aider à enfiler son manteau ou pour avancer sa chaise. Il est vrai que, suivant les conseils de son fils et de Jocelyne, Rose-Marie s'est décidée à faire les fameuses donations.

Le vingt-quatre décembre au matin, Maurice me téléphone : "Danielle, je suis si malheureux de vous savoir seule en ce jour de réveillon. Voulez-vous me tenir compagnie ? Je serai seul également. Comme vous le savez, Rose-Marie est partie chez son fils. Je vais à la veillée à la basilique à dix-huit heures trente. En rentrant, je mangerai ce que j'ai commandé chez le traiteur. Quand il y en a pour un, il y en a pour deux ! Demain, je serai dans ma famille. Ce sera vraiment à la bonne franquette. Je viendrai vous chercher vers dix-huit heures, si vous le voulez bien."

J'accepte de bon cœur. Toute l'après-midi, j'essaie mes tenues de soirée avant de fixer mon choix sur une robe légèrement moulante en soie bleue. Je prends un bon bain. Je me fais un brushing. Je me maquille légèrement et je me parfume. Assise sur mon canapé, j'attends Maurice en me levant toutes les minutes pour vérifier dans le miroir du hall que rien ne cloche dans mon apparence. Jamais, je n'aurais imaginé ce réveillon de Noël en compagnie d'un homme !

On sonne. C'est lui ! Toute fébrile, je descends. Malgré le froid piquant, Maurice a laissé son pardessus ouvert. Pour l'occasion, il porte un costume noir, une chemise blanche et un nœud rouge fort élégant, ma foi !"

(Tiré de "Trois femmes sur un banc")

Micheline Boland

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Double identité, une nouvelle de Silvana Minchella

Publié le par christine brunet /aloys

Double identité, une nouvelle de Silvana Minchella

DOUBLE IDENTITE

Après de multiples vies à nous déchirer, dans des enveloppes physiques différentes, un coup elle était ma mère, un coup j’étais son mari, nous avions renoncé à penser qu’une vie paisible était possible ensemble sur cette Planète. Nous étions condamnés à nous réincarner éternellement dans la Roue Karmique.

Un jour, alors que nous nous reposions dans l’immatériel, libérés de nos véhicules de manifestation, après une incarnation particulièrement explosive, nos guides ont décrété :

« Vous allez y retourner et cette fois nous mettrons tout en

œuvre pour que vous soyez obligés de faire la paix. Nous avons imaginé de vous faire naître en même temps, dans le même utérus… Des jumeaux quoi ! Toi tu seras dans un corps d’homme et toi dans un corps de femme».

Devant notre air catastrophé et nos protestations véhémentes, ils ont ajouté sur un ton sans réplique :

« C’est une décision du grand boss. Sans appel. Faites vos

bagages».

L’utérus nous attendait, nous aimantait. On a plongé.

Après quelques mois d’une cohabitation étouffante, Marie (c’est le prénom qui lui était destiné) m’a lancé, excédée :

« Je ne pourrai pas le faire. Désolée. Si déjà maintenant

ta présence m’est insupportable, imagine toute une vie terrestre… Cette fois l’un de nous tuera l’autre ! »

Et sans attendre ma réponse, elle s’est évadée.

Alertés, les accueillants ont fait le nécessaire pour sauver ce qui pouvait l’être, c’est-à-dire moi.

Et me voilà habillé en humain mâle, livré à leurs babillages.

Naïf, je pensais me la couler douce, enfin seul, enfin sans elle ! Naïf étais-je.

Marie n’a pas tardé à se manifester. Elle s’insinuait dans ma personnalité pesant de tout son féminin, perturbant mes pensées, mes hormones, mes désirs. Sadique, elle profitait de son statut d’esprit pour me manipuler à sa guise. Elle la tenait sa vengeance pour tout ce que je lui avais fait subir lors de notre dernière relation.

Je ne savais plus qui j’étais. La folie me guettait.

Sur les documents, il était indiqué : sexe masculin.

Mais j’en étais de moins en moins sûr.

Jamais ELLE n’avait été plus proche de moi. Elle était en moi ! Elle était moi !

Les médecins consultés par la famille d’accueil inquiète et perplexe, étaient partagés sur le diagnostique :

  • Cet enfant présente des tendances homosexuelles.

  • Cet adolescent se cherche.

  • Et si nous nous trouvions face à un cas de transgenre ?

  • Y-a-t-il des cas de troubles de l’identité dans vos familles ?

Bravo les guides ! Vous avez été supers sur ce scénario !

°°°°°°°°°°°°°°°°°°

© Silvana Minchella

Publié dans Nouvelle

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Christine Previ nous propose L’Effet Prince Charmant

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Previ nous propose L’Effet Prince Charmant

L’Effet Prince Charmant

J’ai vu un globe en verre

Étrange et insolite,

Il s’avançait vers moi

Et sondait les tréfonds.

J’étais tétanisée,

Immobile et sans voix,

L’œil roulait son regard

Et balayait l’espace,

Les chants d’oiseaux se turent

Et le vent se calma

*

*

L’œil alors me fixa

d’une étrange manière

Mon âme traversée

d’un rayon pénétrant

Frissonnait de clarté,

Vivait la nudité.

Un sursaut de colère

Propice et bienvenu

Établit un rempart,

Rompit le maléfice

*

*

Et l’intrus repartit

Roulant vers l’inconnu

Me laissant là, sans but

La mémoire effacée.

Après cet intermède,

La vie reprit son cours

Des plumes s’envolèrent

Et les feuilles frémirent

Puis le vent m’embrassa

Et je revins à moi.

Christina PREVI

Publié dans Poésie

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Concours "les petits papiers de Chloé" texte n°8

Publié le par christine brunet /aloys

Souvent femme varie…

C'est un vendredi d'hiver qu'a eu lieu l'enterrement de Nelly. Il n'y avait guère grand monde pour consoler François, son fils unique. Seule Simone, sa voisine de toujours, trois collègues et quelques vieilles grenouilles de bénitier avait bravé la pluie glaciale pour assister à l'office. Au cimetière, on avait rapidement descendu le cercueil de Nelly et on l'avait placé sur celui d'Auguste. Le couple était enfin réuni pour toujours…

Fin janvier, François a pris quelques jours de congé. C'est que la brave Nelly est morte inopinément et qu'il y a des choses à faire d'urgence, récupérer les choses comestibles, jeter les produits entamés. François débute la besogne avec courage.

Après la cuisine et la salle de bains, François s'attelle à ce qu'il croit être la partie la plus dure, le salon et son grand buffet. Deux heures, il ne lui faut pas plus de deux heures pour vider le meuble et décider de ce qu'il garde et ce qui sera donné à une bonne œuvre. Il remplit une grande caisse de carton avec quelques pièces d'argenterie qui faisaient la fierté de sa mère et de son père, un beau vase de cristal et des assiettes chinoises qu'on a toujours prétendu valoir une fortune et qu'on ne sortait qu'aux grandes occasions…

Françoise ouvre les tiroirs à la recherche de souvenirs mais aussi des papiers importants. Oh, elle n'était pas bien riche, Nelly, mais vous savez l'administration a de ces lubies ! Il entend encore son père lui dire : "Les choses importantes sont dans l'armoire du bureau. Lorsque nous seront morts, ta mère et moi, tu n'auras pas à chercher bien loin !" Ah, cette fameuse armoire à laquelle il n'avait jamais eu accès… Il trouve tout méthodiquement rangé. Merci Papa et merci Maman !

Le lendemain, il ne reste à trier que la chambre à coucher. C'est dans la table de nuit qu'il découvre une bague inconnue ornée d'un joli diamant. Qui a bien pu offrir cette bague ? Quand et à quelle occasion ? À l'intérieur, une année gravée, juste un an après le décès d'Auguste, son père. À cette époque, François était au pensionnat et sa mère avait probablement fait la connaissance d'un homme riche… Ami, amant ? Qu'importe. À moins de cinquante ans, Nelly avait bien le droit d'encore un peu profiter de sa vie.

François a vite fait d'oublier la bague car le poste de directeur commercial va être vacant dans son entreprise et il espère bien être nommé. Hélas, c'est Pierre, son collègue, celui qui travaillait juste en face de lui qui est désigné. Pierre, un orgueilleux, Pierre un arriviste, qui a bien manœuvré.

François est désespéré et l'arrivée de Valérie en face lui rend peu à peu le moral. Valérie est enthousiaste, extravertie et a le même âge que François. Au fur et à mesure des semaines, Valérie s'intéresse à François et, fait extraordinaire, François s'intéresse à Valérie !

Les pauses-café se multiplient et François parle de la maison familiale, de son désir d'y habiter. Un soir, il propose à Valérie de venir la visiter. Il s'entend lui dire : "Si cela te plaît je te raconterai un conte du pays qui se passe dans un cimetière." Valérie rit de bon cœur à l'idée. Valérie est emballée par la maison. Elle la trouve jolie, bien située, pas vieillotte pour un sou contrairement à la description de François. Il y a un beau grand jardin. Certes, la cuisine est sombre mais Valérie a tôt fait de décréter qu'en agrandissant la fenêtre existante ce serait vraiment top ! En deux temps, trois mouvements, Valérie a tout décidé, elle a tout prévu…

La seule chose qu'elle n'a pas prévu c'est que dix minutes plus tard, ils seraient assis dans le vieux canapé, un verre à la main et qu'après un tendre baiser, François se lèvera et lui demandera de fermer les yeux.

"Une surprise pour toi, dit-il en lui passant la jolie bague au doigt… À présent, tu peux regarder…

- Elle est superbe, mais…

- Il n'y a pas de mais ! Considère ceci comme une demande en mariage !"

Valérie, pour la première fois, reste muette. Mais quelques jours plus tard, elle fait expertiser le bijou. Heureuse surprise. Il vaut très cher, très cher...

La vie bien rangée du couple se déroule sans anicroche. Personne ne soupçonne rien parmi leurs collègues. En quelques semaines, la maison a repris vie. Nouveau mobilier, travaux divers, coups de peintures un peu partout. Valérie a orchestré jusqu'aux moindres détails et François s'est découvert des talents de menuisier, de plombier et de décorateur. Le jardin d'Auguste a retrouvé un peu de sa splendeur d'antan et les nouvelles plantations laissent présager un lieu calme, arboré et fleuri.

Au bureau, c'est Valérie qui prendra en charge l'organisation du traditionnel week-end de détente de la société. Il y a deux ans, tout le monde avait loué son idée d'aller au Mont-Saint-Michel. Cette année, ce seront les châteaux de la Loire qui accueilleront le groupe.

Voyage en car, logement à Blois, nombreuses visites, repas typiques, quelques bonnes bouteilles et son et lumière à Chenonceau, le dimanche soir. Retour prévu le lundi midi, un cadeau du patron, une demi-journée de congé pour le personnel ! Valérie est diablement efficace !

Samedi midi, après un voyage agréable, le groupe arrive. La magnificence de Chambord, le calme d'Azay-le-Rideau, l'architecture d'Amboise, l'histoire avec un grand 'H' dans chaque couloir de Blois. Le groupe suit les guides avec enthousiasme et bonne humeur.

"Demain, à Chenonceau, nous regarderons les étoiles avant la représentation" a déclaré Valérie. Il est 20h30 et le groupe est bien installé sur des chaises alignées dans le jardin. Il fait un peu frisquet et les visiteurs ont pris soin de s'habiller chaudement. Dans le noir, François et Valérie se tiennent par la main.

À la fin, la musique se fait de plus en plus légère, l'éclairage se rallume autour d'eux et on constate l'absence de Pierre. On le cherche, en vain. On informe le responsable de l'accueil, on lance un appel, rien.

Après plus d'une heure, le chauffeur du car propose de rentrer. Pierre se serait-il senti mal et aurait-il rejoint l'hôtel ? Il n'y est pas. On décide donc de prévenir la police. Comme il est près de minuit, les recherches commenceront le lendemain à l'aube.

Le lundi matin, Valérie et François propose de rester sur place en attendant les résultats des recherches.

Vers midi, on leur annonce que l'on a retrouvé le corps de Pierre dans le Cher, juste sous le pont du château. Il a probablement glissé et, engoncé dans son gros manteau, n'aura pas pu rejoindre la rive. Pierre, qui savait à peine nager, s'est noyé dans moins d'un mètre d'eau. Ses appels ont été couverts par la musique du son et lumière. C'est un accident stupide. Les journaux en parleront à peine à la rubrique des faits divers.

Valérie et François ont prévenu le bureau et sont rentrés en train.

François assure l'intérim de Pierre dont le personnel ne semble guère regretter le décès. François se sent parfaitement bien dans ses nouvelles fonctions. Quelques semaines plus tard, il est convoqué chez le directeur général qui lui annonce la bonne nouvelle : le provisoire devient définitif !

Valérie organise évidemment une petite fête pour l'entrée en service de François. C'est à cette occasion qu'ils annoncent leurs fiançailles. On applaudit et on boit à leur santé.

De retour chez eux, à peine dégrisé, François entend Valérie lui avouer que Pierre n'est pas tombé seul. Qu'elle l'a poussé tant elle sentait François malheureux et stressé.

"C'est notre bonheur que je voulais ! Tu comprends ? Je l'ai fait pour toi ! Je l'ai fait pour nous !"

Ainsi Valérie, la douce et gentille Valérie, a tué par amour…

Les mois passent et François garde difficilement le secret. Valérie est souriante, active et prépare les noces. Elle s'occupe de tout, liste des invités, menu du repas, costume de François, robe blanche pour elle. Elle rayonne de bonheur. Il devient de plus en plus ombrageux. Dès qu'ils se retrouvent seuls, il lui reproche son geste.

"Tu te rends compte que j'ai ça sur la conscience. C'est vrai que Pierre était un tyran, c'est vrai que sans ton geste fou, nous serions toujours ses esclaves… Mais il y a des jours où je me demande si…"

Valérie feint d'ignorer les paroles de François. Comme toujours, elle s'affaire, elle n'arrête pas.

"Et si on allait raconter que tu l'as vu glisser et que tu as eu peur ? Et si, et si…"

Valérie se tait…

La veille du mariage, Valérie et François ont décidé de se faire un simple repas en amoureux avant de se coucher pas trop tard.

"Tiens, mon chéri, j'ai préparé deux pastis légers. Il faudra tenir le coup demain."

Ils trinquent à leur futur bonheur. François est calme tandis que Valérie s'affaire dans la cuisine.

Le lendemain, il est 10 heures et le docteur Gardier prend sa garde aux urgences.

"Quoi de neuf, Isabelle ?"

"Deux personnes arrivées ce matin, empoisonnement à l'arsenic. Tu te rends compte, ils devaient se marier aujourd'hui, paraît-il !"

"Et alors ?"

"Un sur deux ! L'autre va s'en tirer…"

Sur son lit, comme dans un rêve et dans le ronronnement des appareils, un sourire apparaît sur ses lèvres. Il lui revient en mémoire la phrase de François 1er auquel le guide a fait allusion à Chambord : 'Souvent femme varie et bien fol est qui s'y fie'.

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Concours "Les petits papiers de Chloé" texte n°7

Publié le par christine brunet /aloys

Oh misère! Là retenez-moi! Sinon je décolle

car mon imagination ne peut que me rendre folle!

Si, si, croyez-moi: si je devais gagner le pactole,

il vous faudra sans doute me passer la camisole!

Pourquoi? Mais je me mettrais à danser la farandole,

espérant que l’on ne me prenne pas pour une frivole

mais prête à détaler pour aller pêcher des soles

surtout si devait brutalement surgir Anatole!

*

Allons donc, que ferais-je avec la somme gagnée?

Je foncerais d’abord chez ma coiffeuse, exaltée;

Puis du supermarché je reviendrais les mains chargées;

Ensuite, sans Anatole, ce serait la virée

avec mes copines Christine, Martine et Edmée;

Enfin nous rentrerions chez nous complètement givrées,

mais contentes, ravies, heureuses, surexcitées

d’avoir pu nous défouler autant! La folle échappée!

*

Anatole, mon mari, est un homme fort surprenant:

très bon, aimable, gentil, attentionné mais détonnant!

Si nous touchions le pactole: “à la banque, tout l’argent

car nul ne peut prédire notre avenir à cent pour cent!”,

tandis que moi, j’aimerais pouvoir profiter du présent,

de l’instant, du monde qui m’entoure, un monde étonnant

mais Anatole s’y opposerait vigoureusement!

Réfléchissons: quels pourraient alors être mes arguments?

*

“Ecoute-moi, laisse voyager ton imagination!

S’il te plaît, chéri, ne résistons pas à la tentation!

Cette villa en bord de mer serait la consécration:

les volets et portes bleues attireraient l’attention;

le toit rouge et les murs blancs ne seraient pas en option

mais le signe, même le reflet de notre ambition:

vivre en harmonie, en complète intégration

avec la terre, le ciel, la mer et la population.”

*

Mais je suis en cet instant complètement étourdie,

imaginant le montant de notre économie

si Anatole devait l’emporter sur mes envies!

Pourquoi n’y a-t-il plus entre nous cette alchimie?

D’accord, l’argent ne fait pas le bonheur mais infinie

serait notre joie car cette côte d’Italie,

mon mari, lui aussi, l’aime d’une douce folie

mais, quant à l’avouer, ce ne serait là qu’utopie!

*

Si je devais gagner le pactole, je le ramasse

comme s’il s’agissait de feuilles d’automne qui s’amassent,

qu’il me faudrait évacuer; ensuite je me casse

pour sans doute laisser Anatole dans la mélasse!

Peut-être s’aviserait-il de me prendre en chasse?

Ce serait un témoignage d’amour, grand bien nous fasse

à moins qu’il veuille me faire la peau avec sa masse?

Le pactole? Pour les oeuvres du père Boniface!

Ah l’argent! Ah l’amour! Ah les hommes!

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