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Janna Rehault se présente et nous parle de son prochain roman "La vie en jeux"

Publié le par christine brunet /aloys

Janna Rehault se présente et nous parle de son prochain roman "La vie en jeux"

Moi c’est Janna. J’habite en France mais je suis née en Union Soviétique. Lorsque j'entrais dans l'adolescence, le régime communiste s’est écroulé et mon pays (Kazakhstan) est devenu indépendant. La période qui s'ensuivit a été accompagnée de toute sorte de crises (économique, politique, sociale, …). Ce changement a éveillé mon intérêt pour la géopolitique ; c’est pourquoi j’ai fait des études en politique et économie internationales.

Après j’ai travaillé dans l’humanitaire en participant à plusieurs projets de développement en Afrique et en Amérique Latine. Cette expérience a été très enrichissante car elle m’a permis d’entrer en contact avec des cultures différentes de la mienne. En France j’ai travaillé surtout dans le milieu associatif (associations s’occupant de personnes SDF et des sans-papiers).

A part la lecture et l’écriture, j’ai une grande passion pour les voyages. J’ai beaucoup voyagé en mode routard en Amérique du sud et en Asie. Je m’intéresse également à l’histoire, l’art et la culture générale.

« La vie en jeux » :

J’aurais situé mon roman entre contre-utopie, fiction et roman philosophique. L’action se déroule dans le future, dans une société hyper-protégée et hyper-protectrice, où la frontière entre le réel et le virtuel s’efface progressivement et où le virtuel sert à pallier les manques affectifs et à combler le vide existentiel.

La principale héroïne Alexandra est une jeune « normale » qui vit comme les autres, sans trop se poser de questions, jusqu’au jour où elle s’éveille. Son frère Théo (avec qui elle était extrêmement proche) se fait cloner après sa mort survenue suite à un accident. Cela sert de déclencheur, l’entraînant dans une quête intellectuelle et un questionnement sur le monde qui l’entoure et sur l’essence de la vie en général.

Les thèmes abordés portent sur le clonage, le droit au suicide, les affections pour le non-vivant, la modification de la mémoire, l’existence virtuelle, etc.

Janna Rehault

Janna Rehault se présente et nous parle de son prochain roman "La vie en jeux"

Publié dans présentations

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Noëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian Eychloma

Publié le par christine brunet /aloys

Noëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian Eychloma

« Ainsi soit-il » de Christian Eychloma est un livre de science fiction, on ne peut pas en douter et pourtant porte t-il cette seule « étiquette » ?.

Dès le départ vous atterrissez dans un monde qu'on ne peut décrire tant il est inattendu, mais ce n'est qu'un début....

Vous voyagez ( et le mot est faible) dans des univers successifs dépeints avec tant d' exactitude, de détails tous plus surprenants les uns que les autres, tant dans leur beauté que dans leur hideur, réveillant tous vos sens. Cette perception est accentuée par les personnages (les descendants de la terre) empreints de leur force et de leur fragilité originelle (l'amour, la haine, la peur...).

Par eux, vous êtes amenés dans une intrigue et quelle intrigue ! qui vous oblige à tourner les pages tant elle est bien programmée. De plus, l'auteur dans ce monde qui se veut être imaginaire s'appuie sur des thèses bien scientifiques, bien réelles, qui renforcent encore la plausibilité de cette science fiction.

En refermant le livre, des questions s'imposent : et si « Ainsi soit-il » était le destin de notre humanité ? Et si « Ainsi soit-il » était une réponse à la source de notre humanité ? Et si....

Noëlle FARGIER

Noëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian EychlomaNoëlle Fargier a lu "Ainsi soit-il" de Christian Eychloma

Publié dans Fiche de lecture

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Quoi de neuf en novembre ?

Publié le par christine brunet /aloys

Actu-TV.net, l'émission

Actu-TV.net, l'émission

L'émission ACTU-TV a désormais son site! 

http://www.actu-tv.net

 

Les dernières émissions à visionner ou à revisionner, une page pour vous raconter les anecdotes de tournage, des articles rédigés par les membres de l'équipe ou par les interviewés !!!

 

 

Un mot de Bob...

Encore un fameux pas en avant !
Notre émission possède désormais son propre site dans lequel vous retrouverez au jour le jour en prime et
en exclusivité tout ce qui concerne notre activité: nos reportages, nos projets, l' arrière du décors, les
interviewes des membres de l' équipe etc... tout ce qui explique pourquoi et comment nous préparons mois
après mois "Nos amis et les amis de nos amis" dont l' audience grimpe lentement mais sûrement (103.126 vues
YouTube à ce jour). Une adresse pour ce site: http://www.actu-tv.net/
Notre émission d'octobre: http://www.bandbsa.be/ecran-tchatoctbon.htm

 

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Quoi de neuf en novembre ?

Le nouveau numéro de notre revue "Les petits papiers de Chloé" est disponible !!!

Le concours de nouvelles sur le thème du cauchemar débute mi-novembre. Les votes devront être postés sur le post de la dernière nouvelle. Vous aurez jusqu'au 2 décembre inclus pour voter !!!
ATTENTION : Pour que vos votes soient validés :

1. Mentionnez votre mail dans le formulaire

2. Ne votez qu'une seule fois

3. Auteurs, ne votez pas pour votre texte !

Quoi de neuf en novembre ?

Pour la revue "Les petits papiers de Chloé",

N°11

Résultats du concours n°1: Calligrammes

Thème : la nature, les animaux

Texte 1 : Papillon, Elisabeth Berthéol 3 voix

Texte 2 : Papillon, Micheline Boland 13 voix

Texte 3 : Le chat cosmique, Sebastien Quagebeur pas de voix

Texte 4 : L'anti-calligramme, Carine-Laure Desguin 3 voix

Texte 5 : L'escargot, Quentin Brunet, 12 ans 10 voix

Texte 6 : L'arc-en-ciel, Morgane Catania, 13 ans 3 voix

Le calligramme gagnant est donc le n°2 "Papillon" proposé par Micheline Boland avec 13 voix. Bravo !

Bravo également à tous les participants et merci à tous les lecteurs qui sont passés par aloys et ont donné leur avis !

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Quoi de neuf en novembre ?

Comme l’an dernier Marcelle Pâques sera responsable du stand de Chloé des Lys pour Mon’s Livre qui se tiendra au Lotto Mons Expo le 22 et 23 novembre.www.monslivre.be

Les auteurs inscrits sont :

Yvette Hulin – Marie Ortolan – Carine –Laure Desguin – Pascal Feyaert – Thierry Delvaux – Delphine Schmitz –Mickaël Zoïna –Flaw Houdart- Ombre Louve

Micheline Boland – Louis Delville – Rolande Michel – Nathalie Marcon –Jules Cybèle – Marcelle Pâques .

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Quoi de neuf en novembre ?
Quoi de neuf en novembre ?

TOURPES EN ACTIVITE

Le temps d’un week-end, l’église de Tourpes devient un lieu de rencontres culturelles.

Cette année, une première : les écrivains tourpiers exposeront et expliqueront leurs œuvres.

UN CONCOURS DE NOUVELLES EST ORGANISE

Vous êtes tous concernés

- Les moins de 18 ans (au 31 décembre 2014)

et

- Les plus de 18 ans (au 31 décembre 2014)

REGLEMENT

THEME

Une référence à Tourpes. Une rue, un endroit, un personnage, une histoire, peu importe. Réel ou de pure fiction.

COMMENT PARTICIPER AU CONCOURS DE NOUVELLES ?

- Ecrire une nouvelle en français (pas de patois ou autre langue).

- Enoncer clairement le titre souligné en haut de page.

- Texte dactylographié, sans dessin, sans illustration, sans photo.

- Respecter le thème imposé.

- Minimum 3000 signes (une page A4), maximum 10.000 signes (env. 3 pages A4)

- Envoyer votre texte en fichier joint à l’adresse tourpesenactivite@hotmail.com avant le 31 décembre 2014.

- Mentionner clairement vos coordonnées complètes en fin de texte (nom, prénom, adresse complète, numéro de téléphone, adresse mail et date de naissance, catégorie) :

- plus de18 ans au 31 décembre 2014 : indiquer +18

- moins de 18 ans au 31 décembre 2014 : indiquer -18

Exemple :

IL ÉTAIT UNE FOIS

Texte

Victor Hugo

Rue du Corbeau 1

7900 Leuze-en-hainaut

Tel : 0444 444 444

Mail : victorhugo@litterature.com

Date de naissance : 28 février 1802 (+18)

CONFIDENTIALITE ET EXCLUSIONS

La personne qui recevra votre texte et votre attestation ne fait pas partie du Comité de lecture.

Elle transmettra votre texte SANS coordonnées aux membres du comité de lecture, seulement avec une référence anonyme et la catégorie de l’écrivain (+18 ou -18).

Les membres du comité de lecture n’ont pas accès au concours. Ils s’engagent à rester étrangers à toute communication pouvant favoriser l’un ou l’autre participant.

QUI SERA L’AUTEUR DU RECUEIL COLLECTIF?

La maison d’édition CHLOE DES LYS sera l’auteur administratif du recueil.

Chaque auteur d’une nouvelle issue du recueil devra donc signer une cession de droits d’auteur stipulant qu’il autorise CHLOE DES LYS à utiliser librement sa nouvelle dans le cadre de ce projet.

Le document concernant la cession de droits d’auteur vous sera envoyé lors de la réception de votre texte à l’adresse tourpesenactivité@hotmail.com et devra être retourné, daté et signé dans les délais mentionnés sur l’attestation.

EDITION

Un recueil de nouvelles sera édité par CHLOE DES LYS pour l’évènement Tourpes en Activité 2015. Chaque lauréat des deux catégories recevra un exemplaire gratuit ainsi qu’un super prix.

POUR TOUTE INFORMATION COMPLEMENTAIRE, CONTACTEZ LA PERSONNE QUI RECEVRA VOS TRAVAUX

Adresse : tourpesenactivite@hotmail.com

Nom : Wivine Van Renterghem

NOUS VOUS ATTENDONS TRES NOMBREUX.

UN ECRIVAIN SE CACHE EN VOUS !

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Quoi de neuf en novembre ?

Auteur à l'honneur dans notre blog en novembre !

  • Noëlle Fargier
  • Christian Eychloma
  • Janna Rehault
  • Louis Delville
  • Philippe Wolfenberg
  • Beaudour Allala
  • Gauthier Hiernaux
  • J.P. Volpi
  • Lydia Litaert
  • Edmée de Xhavée
  • Concours de nouvelles
  • Micheline Boland
  • Patrick Beaucamps
  • J.C. Texier
  • Rolande Texier
  • Rolande Michel
  • Christian Van Moer
  • Brigitte Piret

Publié dans ANNONCES

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Brasero, Parick Beaucamps : sa fiche auteur...

Publié le par christine brunet /aloys

Brasero, Parick Beaucamps : sa fiche auteur...

Publié dans fiche auteur

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Albert NiKo, l'auteur de "L'homme au grand chapeau n'avait rien à cacher ni rien de grand" se présente...

Publié le par christine brunet /aloys

Albert NiKo, l'auteur de "L'homme au grand chapeau n'avait rien à cacher ni rien de grand" se présente...

Qui suis-je ?

Né le 10 avril 1969 à Pantin (Seine Saint Denis), après avoir été instituteur, journaliste et agent administratif, Une fois dépassé ses influences, Albert Niko se consacre à l'écriture.

Doué d'un imaginaire des plus débridés qu'il oppose à une réalité jugée trop aliénante, à travers des textes entre rouge et bleu qui tiennent autant de la poésie que de la prose, cet auteur porte un regard aussi tendre que critique envers ceux qui l'entourent.

Cette époque, confondante de mimétisme, où la réussite, par temps de crise, se mesure au niveau de consommation, sont autant de clefs de ce ton qui lui est propre, chargé d'images pleines de dérision et de grotesque.

Un extrait ?

Nature morte au petit chien

La composition est la suivante : un vieux, assis sur un banc, tient de ses deux mains son petit chien debout sur ses genoux.

Les yeux du chien sont un peu les siens.

Et dominent le monde des mouvants.

Nature morte posée là comme vérité au soleil

J'ai ramassé ton ombre en travers de la route, et voici ce qu'elle m'a confié de sa bouche néant – que n'éprouvant pas le besoin de connaître la suite du programme, elle avait préféré en rester là.

Puis je l'ai reposée à sa place, avant de continuer vers ce qui m'attendait.

De la cafétéria où je prend mon repas je remarque cet écran encastré dans une petite maison d'enfant, et ils passent un vieux Walt Disney. Je note que ce que je remarque je suis le seul à le remarquer, car le public concerné, les enfants, au nombre de trois, ont tous le dos tourné.

Et ce roublard d'O Malley paraît bien diminué à parler comme il le fait à travers une paroi vitrée.

Ils m'ont fait penser à des statues – ils évoluaient à la vitesse de statues –, eux et leur bébé dans son landau, comme je me faisais l'effet d'un chien qui se serait soulagé à leurs pieds, juste pour n'avoir pas dit pardon assez fort quand je leur suis passé devant.

Ils m'ont décoché ce regard sévère qu'ont parfois les statues, en marmonnant quelques mots comme autant de pierres à mon intention (mais à quoi s'attendre d'autre, venant de statues ?)

La respectabilité est de la lave refroidie, donnant à notre vie le paysage qu'on lui connaît – ...formes abruptes et fantomatiques

C'était un blagueur, et sa blague favorite, à mon avis, c'était quand il t'avouait qu'il était né dans le sud, et tout de suite après il ajoutait : à Montrouge. Dans le sud... de Paris.

Ça se voyait à la décharge que ça lui envoyait, subitement, comme un départ de feu, ou l'instant où toutes les ampoules du sapin s'allument, et de le voir partir d'un rire spasmodique, avec sa barbe grisonnante et la tignasse qu'il se payait, n'était pas sans rappeler un père Noël au meilleur de sa forme.

Qu'elle fût sa favorite de toutes ses blagues ne faisait pas l'ombre d'un doute.

Qu'il faille, à ce stade, mentionner le culte qu'il vouait à sa moto, et à la moto d'une manière générale, au point d'être de tous les rassemblements de motards de la région, me paraît capital pour comprendre que le voir débarquer là-bas sans la mythique blague de Montrouge aurait été comme de détrousser le Père Noël de sa fameuse cloche, qu'il fait tinter pour qu'on l'entende de loin.

(faut vous imaginer une tempête de neige)

...Sans laquelle il serait méconnaissable.

Ne serait rien.

Sa cloche à lui c'était sa blague de Montrouge, qu'il se réservait pour ses frères motards, cette grande famille que forment les motards, où il s'en trouvait toujours un qui ne la connaissait pas, la blague de Montrouge.

Et quand il revenait travailler, il nous racontait comment il avait rencontré un nouveau pigeon à qui la refourguer, sa blague de Montrouge, ce qui était une manière de nous la refourguer.

Juste parce qu'elle s'était changée en blague du type qui ne connaissait pas la blague de Montrouge

J'imagine toutefois assez mal une vie tourner autour d'une blague un peu facile, et force m'est de penser que sa moto finissait bien par le ramener en un lieu où toutes les blagues du monde seraient les bienvenues, pourvu qu'aucune ne vienne de Montrouge.

Dans le sud

de Paris.

J'aurais été bien inspiré de ne pas descendre de mon arbre, ce jour-là, quand mon père a baissé sa glace pour me prévenir que ça allait barder pour moi si je ne rentrais pas tout de suite à la maison.

J'aurais attendu qu'ils viennent d'eux-mêmes essayer de m'en faire descendre par tous les moyens, en me menaçant, puis en secouant l'arbre ou en me jetant tout ce qui leur tombait sous la main, et, pourquoi pas, en essayant de m'attraper au lasso avec une corde (car jamais ils n'auraient grimpé dans l'arbre pour venir me chercher. Jamais ils n'auraient fait ça.)

Mais rien n'y aurait fait et je serais resté là jusqu'à la tombée de la nuit, j'y aurais dormi, et peut-être même subsisté quelques temps en me nourrissant de ses feuilles.

Au lieu de quoi je suis descendu avertir le martinet de ne pas m'attendre plus longtemps

J'ai composé ton numéro

avant de réaliser que je ne le connaissais pas

et bêtement, me suis replié sur une pizza.

Quelque part aussi

quelqu'un cherche à me joindre

alors qu'il ne connaît pas mon numéro.

Lui commandera chinois.

Ils sont là, par milliers, dans les gares, les aéroports, les parkings et les magasins, chacun dans sa vie, chacun dans ses chaussons, en partance vers quelque chose qu'il leur appartient de faire, et d'eux il ne reste quasiment rien à trois heures du matin. Quelqu'un doit passer le balai et le fait rudement bien.

J'aime à penser toutefois que leurs chaussons les attendent sagement jusqu'au matin où ils les retrouveront à leur place.

...Dans les gares, les aéroports...

Albert Niko

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Le cirque, un texte signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

Le cirque, un texte signé Micheline Boland

LE CIRQUE

Medhi ne bouge pas. Il observe ce paysage tellement familier. Il se dit une fois encore ce qu’il se répète chaque jour depuis le début des vacances scolaires. Sa petite voix intérieure est une voix plaintive, plus velléitaire que déterminée.

« Envie de partir. Partir sur un bateau. Monter à bord d’un car de touristes. Partir pour toujours. Partir pour un ailleurs brillant comme une lune pleine et douce. Partir et ne plus revenir, ne plus revoir la forteresse. Partir pour vivre et non plus survivre. »

Il regarde le chapiteau bleu du cirque à droite de la forteresse grisâtre. Il flaire le voyage. Ça fleure bon l’aventure, les tours de magie. À ses pieds, la mer s’agite à peine.

Medhi voudrait gommer à jamais la silhouette massive de la forteresse, architecture de pierre dressée pour témoigner de la grandeur des conquérants, pour impressionner l’ennemi. Il voudrait oublier son enfance, ce père trop vieux, trop sévère, qui l’a laissé tomber pour rejoindre les nuages, auquel se substitue à présent un frère aîné tout aussi intransigeant. Il voudrait ne pas avoir à choisir entre des études de droit et des études d’économie. Il réajuste ses lunettes solaires. Il renifle cet air marin. Il n’a que dix-huit ans, la vie semble lui offrir un chemin presque sans fin et pourtant, déjà, il est las de lutter pour faire accepter ses points de vue. Le fort, ce n’est que la partie visible de ses rejets… Il est harassé, pareil à un vieux guerrier.

Il va prendre le taureau par les cornes. Il se promet qu’il va partir… Là, sur l’embarcadère, tout paraît si facile. Les mouettes, les petites vagues, les barques colorées, les touristes qui photographient la ville.

Les promesses qu’il se fait en secret, ce sont les bijoux de ses pensées. Il choisit ses mots comme un bon joaillier fabrique des parures, avec de la poésie, du rêve, du merveilleux. Il partira et, au hasard des rencontres, il tissera son réseau, trouvera ses mentors, dénichera ses trésors. Au détour d’un chemin, il trouvera l’amour. Adieu les faux-semblants, les amourettes esquissées en trompe-l’œil.

Il reste immobile un bon moment. Il regarde le bras de mer garni de frêles embarcations qui pourraient dériver à la moindre bourrasque. Il imagine des fissures dans les murs du fort, les failles des ans. Un souffle de vent, des effluves d’air marin, le ramènent à lui-même.

Il rentre chez lui par le chemin des écoliers. Il pousse la porte de la maison familiale. Sa mère est assise dans le vestibule, les yeux embués face à la photo de son père. Il lui prend la main. Il l’entraîne en disant : « J’ai envie d’un thé. Je t’en prépare un ? »

Ils boivent à petites gorgées. Il observe les rides sur le front de sa mère. Autant de plis, autant de souffrances dissimulées. Depuis la mort de son mari, elle paraît avoir vieilli de vingt ans.

Le soir, il prend la route du cirque. Il s’assied dans les gradins au milieu de la foule. L’éclat doré des lampes qui éclairent la piste remplit son cœur d’une chaleur nouvelle. Il lui semble que tous ces gens et lui vont fusionner d’un instant à l’autre, qu’ils vont rester enchâsser dans la gangue de lumière. Les acrobates, les funambules, les clowns, les dompteurs se succèdent. Lui, il n’a vu que la jeune écuyère. Elle a peut-être son âge. Elle sourit. On dirait qu’elle est heureuse. Il l’envie pour ce sourire-là, pour ce bonheur deviné. Chaque fois qu’il applaudit, c’est à elle qu’il s’adresse. Elle a les cheveux blonds coiffés en queue de cheval et un grain de beauté à la naissance du décolleté.

Le lendemain, durant le petit déjeuner, sa mère pleure. Lui, il reste silencieux. Il lui semble tout à coup qu’à cause de ces larmes-là, tous ses projets de départ n’ont plus aucune chance d’aboutir.

Quand sa mère, un peu apaisée, se met à repasser des chemises, Medhi sort de chez lui.

Il flâne en ville. Il siffle pour se donner l’illusion du bien-être. Il espère rencontrer un ancien copain de classe ou un vieux professeur. Il est comme un étranger dans sa ville, un touriste que ses pas ramènent sans cesse vers l'embarcadère en face du fort. Il y aperçoit l’écuyère. Elle échange des baisers avec un grand jeune homme basané. Leurs regards se croisent. Elle lui sourit. Elle en embrasse un autre mais c’est à lui qu’elle adresse un sourire !

Il traîne dans la ville, débouche sur une petite place ombragée, s’achète une limonade et s’assied sur un banc. Le silence est fouetté par des petits cris d’enfants qui jouent au pied d’un immeuble. C’est comme si à cet endroit-là, la ville était préservée des touristes. Au bout d’un moment, il devine une présence. Il se retourne. Il voit la jeune fille blonde, l’écuyère. Elle est courbée, occupée à relacer ses baskets. Elle se relève. Elle tourne la tête vers lui. Leurs regards se rencontrent. Elle sourit. Le grand jeune homme basané débouche de la ruelle, s’approche de la fille et lui parle dans une langue inconnue. Tout va vite. Quelques mots marmonnés d’un air distrait par la fille blonde et le jeune homme basané qui la gifle en retour…

Lui, le jeune étudiant, il ne comprend rien à cette violence soudaine. Il se lève d’un bond et repousse le garçon. Il y met toutes ses forces. Ensuite, il lui donne un insignifiant coup de pied pareil à une chiquenaude. C’est le point final de l’incident. L’autre s’en va sans avoir riposté, il ricane juste un peu et la fille le suit comme un toutou.

Il va se rasseoir sur le banc. Il est comme fatigué par un trop gros effort.

L’après-midi, Medhi reste chez lui. Il rêve de l’écuyère. Il n’arrive pas à effacer le souvenir de son visage.

Le soir, il retourne au cirque. Il repère l’auguste. Il se demande si ce n’est pas lui, le grand jeune homme basané. Il a un doute. C’est que le maquillage, les lèvres et le nez rouges, les grandes chaussures, le nœud papillon, ça vous change un homme !

Le soir, dans son lit, il réfléchit sans cesse à la scène du matin. Il s’est introduit dans un univers qui n’était pas le sien, il a osé s’y aventurer au mépris du danger.

Le lendemain, il se lève très tard. Quand il va se promener le long de la forteresse, midi approche. Tous ces relents, ces odeurs de friture et de cuisine trop bâclée pour touristes trop pressés, lui donnent la nausée.

Il n’y a plus aucune trace du cirque. Il repense à son intervention de la vieille. Pour la première fois depuis sa victoire au semi-marathon de l’école, il se sent fort, prêt à affronter tous les augustes de la terre. C’est sûr, il ne partira pas bien loin mais son frère n’y pourra rien, il ne fera ni études de droit ni études d’économie ! Il choisira des études d’éducation physique qui correspondent bien mieux à ses intérêts et à ses aptitudes.

Micheline Boland

(Extrait du livre "Des bleus au cœur")

micheline-ecrit.blogspot.com

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"Gens d’argent , cœur d’or , étain d’une vie noble", un texte de Jean-Louis Gillessen

Publié le par christine brunet /aloys

"Gens d’argent , cœur d’or , étain d’une vie noble", un texte de Jean-Louis Gillessen

Gens d’argent , cœur d’or , étain d’une vie noble.

Trois décembre 2013. Recommandé. A personne âgée. L’Etat lui réclame 1.700 euros qu’elle n’aurait pas payés en 2009.

Endéans le temps de la loi, l’huissier passera si la somme n’est pas là, chez eux, dans les tas de L’Etat tapis plat, qui peut réclamer son dû pendant cinq ans pour laisser à ses fonctionnaires surchargés les années nécessaires à farfouiller, à soutirer les milles et les cents qui leur auraient échappés par mégarde, erreur, fatigue, excès de labeur, dysfonctionnement … ou connerie tout simplement.

Lucie, elle, 83 ans, n’aurait pu réclamer que dans les 3 ans ! Le délai est dépassé. De toutes façons, comment et pourquoi réclamer, chercher à comprendre, demander justice « avant » pour une erreur que l’on ignore puisqu’on vous la communique « après » ?

Que veut cette logique du tout-puissant ? Lucie ne met plus de vieux pain sur son balcon puisqu’elle s’organise à ne pas gaspiller. Les moineaux et les pigeons pourtant l’apprécient, elle ne doit pas les nourrir pour les attirer. Goldman ne chante pas qu’elle fait rire aux éclats ses petits enfants qui dévorent son pain non perdu, sucré du goût de la vie pleine d’un amour inébranlable, sans sou mais riche de l’insouciance apaisante d’une grand-mère sereine, sécurisante.

Partis heureux en fin d’après-midi, le cœur empli des instants de bonheur intègre, impatients déjà de revenir bientôt, ils ont bisouté grand-maman, remercié, plongé leurs yeux lumineux dans ceux de Lucie, qui reste seule. Sans larmes. Jamais amère.

Elle range le 42 m2 loué 400 euros, écoute les hits sur radio-nostalgie, chante et danse, s’assied dans son fauteuil coincé entre table unique et armoires vieillottes, caisses et cartons usés, pour s’endormir malgré elle l’espace trop restreint de 43 minutes.

Puis se réveille soudain : il fait froid. Pas de thermostat, 2.000 euros de chauffe par an, radiateurs coupés l’après-midi pour ne pas surchauffer, économiser, pourriture de l’humidité sur les stores et rideaux délavés, mauvaise isolation.

Mais la propriétaire dit qu’elle viendra placer du double vitrage l’année prochaine. Il est vrai que Lucie est régulière dans ses paiements, qu’elle touche une grosse pension de 1.100 euros … puisque Lucie travaille depuis l’âge de 12 ans. Et travaille encore environ 10 heures par semaine en herboristerie, … au noir, car il y a les taxes, et puis tous ces papiers qui lui rappellent de payer.

C’est honteux, cela fait au moins 1.200 euros de rentrée nette par mois disent d'aucuns alentour ! C’est pour cela qu’elle peut se payer le luxe d’une voiture brinquebalante, payer les charges du logis, avoir le téléphone, rembourser avec intérêts les arriérés des contributions, gâter de temps à autres ses nombreux petits enfants, leur donner une « petite image » , faire face aux prêts contractés pour payer certaines dettes résultantes d’une mauvaise gestion ! Elle a quand même la sagesse de n’être pas raccordée à la télédistribution.

Madame la propriétaire dira : incroyable de laisser les vieux gérer seuls dans le gaspi leurs avoirs ! Et quels avoirs de l’être qui a … qui a … si bon dans la vie ?! Serfs et vassaux, dîmes, progrès, justice sociale, pénalisation, féodal, deniers de l’Etat, assistanat, contrôle, sanction ….

Petit, petit, petit. Mais grande est et reste Lucie. Elle vit. Combien de temps encore?

Jean-Louis Gillessen

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Dans l'INEDIT nouveau n°269...

Publié le par christine brunet /aloys

Dans l'INEDIT nouveau n°269...
Dans l'INEDIT nouveau n°269...
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Le roman d'Alexandra Coenraets "Naissance" sur le site de womenlobby.org

Publié le par christine brunet /aloys

Le roman d'Alexandra Coenraets "Naissance" sur le site de womenlobby.org

http://www.womenlobby.org/news/new-resources/article/roman-naissance-par-alexandra

Roman ’Naissance’, par Alexandra Coenraets

Posté le 6 mai 2013

Alexandra Coenraets, c’est d’abord une couverture qui accroche le regard et attise la curiosité. Ce sont ensuite quelques mots lâchés lors d’un interview donné à Bob Boutique pour l’Actu Mag (cf www.bandbsa.be). Jugez plutôt...

A la question "Quel ouvrage vas-tu publier ?" elle répond ainsi :

"C’est particulier. C’est un roman dans lequel des éléments autobiographiques et fictionnels se mêlent.

« Naissance », c’est son titre. C’est l’histoire d’une femme, trentenaire, qui apprend à vivre après un inceste subi enfant. On suit les différentes étapes de sa reconstruction. Cette femme me ressemble, mais ce n’est pas moi, elle a une existence propre, des expériences à elle.

J’aimerais que ce livre parle aux survivants de ces agressions insupportables, mais aussi aux autres, à l’entourage, à la société, qu’ils en saisissent l’ampleur des conséquences sur l’être humain, et puissent, dès lors, agir de manière appropriée."

Pour en savoir plus :

· Son blog. http://quandilnaitdusens.wordpress.com/

Si ce livre qui traite d’un sujet sensible, les crimes d’inceste, vous intéresse, vous pouvez le commander sur www.editionschloedeslys.be ou en librairie.

Le roman d'Alexandra Coenraets "Naissance" sur le site de womenlobby.org

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L'avis du blog "au fil des pages" pour "Le tilleul du parc" de Jean Destree

Publié le par christine brunet /aloys

L'avis du blog "au fil des pages" pour "Le tilleul du parc" de Jean Destree

http://au-fil-des-pages477.blogspot.be/2014/07/le-tilleul-du-parc-de-jean-destree.html

Résumé: Un professeur de lycée solitaire et taciturne voit sa vie bouleversée par la rencontre avec une jeune femme à la recherche de son fils de 5 ans. Peu à peu, Jean-Michel Vallier va prendre conscience de sa valeur et, l'amour aidant, se lance dans l'aventure du combat syndical après une catastrophe minière qui fera des orphelins parmi ses étudiants.

mon avis: Une histoire tout simple, qui débute au hasard: voilà ce que j'ai découvert dans ces pages.

Jean-Michel et Fabienne ne se connaissaient pas, ne s'étaient jamais vu. Et pourtant... le destin fait que leurs chemins se croisent, et l'un prend l'autre sous son aile. C'est simpliste, mais doux.

J'ai trouvé l'histoire lente, bien que mignonne. Les deux protagonistes principaux ont bien sur des connaissances, qui viennent s'inclure dans le récit.

Leur amitié si vraie et si forte est géniale, force l'admiration. Mais en 1968, les amitiés étaient souvent plus sérieuses qu'aujourd'hui, pas vrai?

Ce livre ne m'a pas transporté, et je l'ai même parfois trouvé lourd. Mais le fond de l'histoire m'a beaucoup plu.

Je ne le relirai pas, mais j'ai redécouvert la simplicité de vivre au jour le jour, et la joie d'avoir des amis proches

Points attribués: 6/10

Je remercie Chloé des Lys pour cette aventure toute simple.

L'avis du blog "au fil des pages" pour "Le tilleul du parc" de Jean Destree

Publié dans avis de blogs

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