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"Le cycliste urbain", un nouvel article du dictionnaire post-philosophique de Didier FOND

Publié le par christine brunet /aloys

 

DICTIONNNAIRE POST-PHILOSOPHIQUE

 

LE CYCLISTE URBAIN

 

 

« Si on disait du mal ?... » (1)

 

Le déplacement à bicyclette ne date pas d’aujourd’hui et est, à l’origine, quelque chose de tout à fait valable et respectable. Malheureusement, depuis quelques années, ce qui était autrefois réservé à des gens sachant utiliser un vélo et rouler correctement en ville est devenu, par la grâce de certaines municipalités, une facilité offerte au premier abruti venu qui ignore les rudiments de la circulation.

 

Le cycliste urbain en général se divise en deux catégories :

 

- La première, sur laquelle il n’y a rien à dire, intègre les gens qui ont compris qu’on ne peut pas faire n’importe quoi sur un deux roues, qu’il y a des règles à observer et que le code de la route s’applique à tout le monde, y compris à eux. Ce sont ce que nous nommerons les « cyclistes urbains pourvu d’une intelligence normale, voire supérieure. »

 

- La seconde, sur laquelle nous allons nous étendre, a un nombre d’adhérents formidablement plus élevés que la première. Constatation déprimante, parce qu’elle sous-entend de graves problèmes quant à l’intellect d’une grande partie de notre population, notamment entre 20 et 35 ans, âges les plus touchés par la stupidité rédhibitoire.

 

Un bon exemple valant mieux qu’un long discours, nous allons évoquer le cas de la bonne ville de Lyon qui a eu l’idée (vite piquée par Paris) de mettre des deux roues à disposition de tout un chacun. Excellente idée sur le papier, et remplie d’implicites écologiques. L’huile de genou pollue moins que le diesel et son odeur est moins forte et moins désagréable (à voir) que celle des gaz d’échappement.

 

Néanmoins, néanmoins, dirons-nous, le « velov » n’est pas, à y regarder de plus près, une SI bonne affaire. Pourquoi ? Mais parce que n’importe qui -et surtout ceux dont le QI ne dépasse pas le 50- peut emprunter un vélo ou décider d’acheter un vélo, ou se rappeler qu’il/elle a un vélo pourri dans sa cave qui ne demande qu’à resservir. Finalement, on se retrouve devant le même problème que celui qui hante les grands cerveaux de l’Education Nationale : la massification. Et forcément, la chute de la qualité.

 

Le cycliste urbain catégorie 2 possédant l’intellect d’un chou-fleur ignore :

 

Les feux rouges : Il n’en a jamais vu de sa vie et pense que c’est encore une invention du PC pour se faire remarquer ; donc il est hors de question qu’il jette un soupçon de regard à cette chose malsaine.

 

Les sens interdits : Il se dit que c’est une jolie décoration. Mais pourquoi n’en avoir mis que dans certaines rues ?

 

les priorités à droite : L’abstraction est trop difficile. Et après le PC, la droite ! Et puis quoi, encore ?

 

Les « cédez le passage » : Mais pourquoi avoir tracé ces bandes sur la chaussée ? Ça, c’est salir la ville pour rien. Son ego écolo se révolte.

 

Les divers panneaux routiers jalonnant son chemin : Il trouve que les images sont jolies mais ne comprend rien au texte quand il y en a un : forcément, il sait à peine lire. [Oh, que c’est méchant, ça !]

 

Pour celui qui utilise son propre vélo, qu’il vaut mieux avoir une lumière au cul pour circuler la nuit : Etant lui-même une lumière, sa personne devrait suffire.

 

Le cycliste urbain cat. 2 roule de préférence au milieu de la chaussée, en zigzaguant de son mieux, le nez en l’air, et traverse les carrefours sans faire attention à ce qui se passe autour de lui. Quand il estime que la rue ne lui suffit pas, il envahit les trottoirs et fonce au risque de renverser le premier obstacle venu, que ce soit Vénus en personne ou Miss Tick.

 

Le cycliste urbain cat. 2 se prend pour un grand sportif : c’est pour cela qu’il ignore les règles élémentaires du code de la route. D’ailleurs, il ne fait que suivre les préceptes du Président d’une association d’usagers de bicyclettes, interviewé sur une radio quelconque et qui, en deux phrases, n’a pas peur de se contredire complètement. 9 h 10 : première phrase, mémorable : « faire du vélo est un véritable sport qui développe les muscles et l’endurance et c’est ça qui est bien dans ce moyen de transport. » 9 H 13 : deuxième phrase : « Les cyclistes ne peuvent pas s’arrêter aux feux rouges parce que redémarrer demande un trop grand effort physique. » (Véridique et sans commentaire.)

 

- Le cycliste urbain cat. 2 a sa fierté : on ne lui barre pas le passage impunément. Il vous insulte si votre voiture le frôle de trop près et vous insulte si vous avez l’outrecuidance de prétendre passer quand vous avez le feu vert et qu’il arrive à toute allure sur vous alors qu’il a le feu rouge et que freiner et surtout s’arrêter, c’est beaucoup trop lui demander.

 

- Le cycliste urbain cat. 2 hait les voitures qui puent, polluent, font du bruit, l’empêchent de respirer correctement (ce en quoi il rejoint le jogger), de circuler librement, bref, lui pourrissent la vie ; mais heureusement qu’il a la sienne pour partir en vacances.

 

BREF :

 

- Le cycliste urbain cat. 2, sans doute las de la vie, fait tout pour se faire expédier au cimetière avant son heure. Et gageons qu’il saura encore protester auprès de Saint-Pierre ou de Messire Satan, arguant que « c’est la faute de l’autre » s’il se trouve à cet endroit. Seul problème dans ce séduisant programme suicidaire : quiddu malheureux qui, sans le faire exprès, l’aura envoyé dans l’autre monde ? (Ou moins démoralisant : à l’hôpital ?) Ne parlons pas des assurances, là, le casse-tête devient trop abominable, mais du remords qui pourrait l’envahir alors qu’il n’est nullement responsable de la connerie du mort ?...

 

Conclusion : Engeance à éviter à tout prix.

 

(1) Merci Giselle et Lucienne.

Publié dans Nouvelle

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Eté meurtrier, une poésie de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

Eté meurtrier

Enfant souvent morose elle grandit sans vertu

La rêveuse trop fière pour accepter le monde

Ne vit rien de la vie sauf son destin perdu


 

Une splendeur de jardin que le soleil inonde

Quelques milliers d’amis pour conjurer la peur

Une vie sans surprise ni pensées vagabondes


 

Goguenard fut mai, doux et bonimenteur

Vêtues de robes blanches d’éphémère jeunesse

Nous rosissions nos âmes et se gorgeaient nos cœurs


 

Cynique, la railleuse grinçait sur nos faiblesses

De ne savoir que vivre dans l’attente des vers

De bouffir chaque jour enchaîné à nos laisses

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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"Meurs, mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

"Meurs, mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis dans le Bibliothécaire
"Meurs, mon fils, je t'aime" de Sandrine Dupuis dans le Bibliothécaire

Publié dans articles

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La longueur du Nil, une poésie extraite de "L'ombre du reflet" de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

La longueur du Nil

(Pour mémoire, 6 500 km)

 

 

Mécaniques matins ; vos tartines croisant

Sous l’effluve robuste et l’huileuse spirale

Ont dilué mon rêve dans l’œil nécromant…


 

Mon livre j’abandonne à la touffeur australe ;

Sous la feuille d’ombú, le mascaret poisseux,

L’orange Nautilus, mène à la communale…


 

Sur l’abscisse en béton qu’ordonne la banlieue,

Soliloque une ligne sur le bonheur placide

Et condamne à mûrir les songes aventureux…


 

Sous ce ciel de craie ma jeunesse se ride

Sur la longueur d’un Nil qu’elle ne descendra pas,

Ce trait sur une carte est un néant sans vide…

 

Un fleuve de papier arpenté sans bardas,

Sans felouques glissant sur les traces d’Henry ;

Votre cours sans écaille n’est qu’un ru sans son Râ…


 

O combien est cruelle la triste maladie,

De croire toujours un peu, de n'être qu'un peu triste,

D'aimer l’œuvre anémiée de nos pages sans cris...


 

Toutes ces choses apprises ces heures où rien n’existe

Seul, le ciel bleu s’amuse au-dessus de nos brumes ;

- Croire que la vie se gagne en étant réaliste ! -


 

Rafraichis-moi soleil, la glace me consume,

Rassasie-toi ma faim aux becs des cormorans,

Ibis écarlates couronnez-moi d’écume…


 

Surviendra le déclin des matins sans talent

Salut radieuse aurore, adieu rêves dociles

Sur ma blanche torpeur j’écrirai mon néant…


 

Noire sera ma page, insondable mon Nil…

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Jacques Degeye nous parle de son nouvel ouvrage "Sale temps pour les héros"...

Publié le par christine brunet /aloys

 

SALE TEMPS POUR LES HÉROS. Le prix de la liberté sous le règne de M. Poutinede JACQUES DEGEYE, Éditions CHLOÉ DES LYS « Collection », 2016, 571 p., 22 EUR.

__________________________________________________________________________

 

 

Jacques, ta conférence du 11 janvier 2017 a-t-elle été un succès ?

Un succès inespéré. La salle du Centre Culturel de Rochefort était pleine.

 

Un public intéressé ?

Oui, très concentré et réactif.

 

Pourquoi, à ton avis, les gens s'intéressent-ils à ton livre sur la Russie ?

Le sujet est actuel. Tous les jours, tous les soirs, on parle de Poutine : « Poutine par-ci, Poutine par-là ! Un grand homme ! Un homme à poigne ! Voilà ce qu'il nous faudrait : un homme qui n'a pas froid aux yeux ! »...

 

Pourtant, tu n'es pas tendre avec lui : c'est le moins que l'on puisse dire !

Oui, et c'est la raison pour laquelle j'ai été l'objet de quelques critiques, parfois

virulentes, à la limite de la correction, voire pire... C'est le risque à courir.

 

Les Russes aiment leur président actuel. Pourquoi t'acharnes-tu contre lui ?

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 82 % d'opinions favorables au 16 avril 2016.

Source : Le Centre Levada, un institut indépendant. Alors, quel est le problème ?

Ne suis-je pas « à côté de la plaque » ? Si la réponse mérite d'être posée, elle appelle

toutefois une réponse claire : un an avant ce sondage, après avoir été réélu président,

après avoir promis beaucoup (à la suite des manifestations de l'hiver 2011/2012)

et après avoir mis en œuvre quelques réformes, M. Poutine ne récoltait qu'entre 40

45 % d'opinions favorables.

Quelle est l'explication ? La guerre en Ukraine et l'annexion de la Crimée (mars 2014)

ont changé la donne : elles ont dopé le sentiment nationaliste, la fierté d'être Russe, le

sentiment de prendre leur revanche et de compter à nouveau sur la scène internationale.

 

Pourquoi cette charge anti-Poutine ? Que lui reproches-tu au juste ?

À titre personnel, rien ! MAIS comment est-il parvenu au premier rang ? Comment

s'y maintient-il ? Quelles forces le soutiennent-elles, et pourquoi ?

Et puis : quelle politique mène-t-il à l'intérieur de la Russie ? Et à l'extérieur ?

Ce sont des questions importantes, et il ne s'agit pas de dire : c'est très bien, la Russie

fait ce qu'elle veut, elle nous en remontre, elle est redevenue une grande puissance, etc...

À toutes ces questions, mon livre répond honnêtement.

 

Et tes sources : ne sont-elles pas toutes traduites ?

Et alors, quel est le problème ? Les ouvrages en russe sont rapidement traduits en

français ou en anglais. Ce sont des livres très au courant des questions russes :

sociologues, historiens, politologues, géographes, philosophes, journalistes, écrivains.

Par contre, si vous ne lisez, en tant que slaviste, que des ouvrages ou des articles en russe,

si vous ne regardez que la TV russe ou si vous n'écoutez que la radio russe, vous n'aurez pas de regard critique, car toute la presse écrite et audiovisuelle est contrôlée

par les hommes du Kremlin. Même les exceptions sont sujettes à caution, car les capitaux

de ces médias « indépendants » appartiennent (au moins en partie) à des oligarques proches

du pouvoir actuel.

 

Conclusion ?

Lisez « SALE TEMPS POUR LES HÉROS », et vous exercerez votre esprit critique,

sans être pour autant antirusse. C'est là plus qu'une nuance : je ne suis nullement

antirusse. Au contraire, c'est une grande joie pour moi de parler de la Russie, de son peuple

merveilleux, de ses espaces immenses, de ses cathédrales et de ses monastères, de ses musées, de ses artistes géniaux, de ses scientifiques de premier plan, de ses entrepreneurs.

 

Qu'est-ce qu'un héros ou une héroïne selon toi ?

C'est une femme ou un homme que nous pouvons imiter parce qu'il (elle) est un modèle

de courage et de probité. Il (elle) a fait ses preuves dans des cas bien concrets.

Il en est ainsi d'Anna Politkovskaïa, d'Alexandre Litvinenko ou de Boris Nemtsov,

qui ont payé de leur vie leur recherche de la vérité, les deux premiers en 2006 et le dernier en 2015.

 

Ton livre n'est-il pas le reflet de l'ère Obama (2009-2017) ? N'est-il pas dépassé

par l'arrivée de M. Trump à la Maison-Blanche ?

Sincèrement, je ne le pense pas. Ce n'est pas parce que la politique étrangère qu'annonce

M. Trump sera toute différente de celle de son prédécesseur, notamment vis-à-vis de la Russie, que le blason de M. Poutine en sera redoré. Tous les FAITS que j'allègue dans mon

ouvrage sont vérifiés et recoupés. Et les faits sont têtus. Est-ce que les Russes profitent de la politique économique et sociale de leur président ? Prenons un seul exemple : le PIB par habitant de la Russie est d'environ 9 000 dollars US, tandis que celui de la Belgique est de + ou - 40 000 USD et celui de l'Allemagne, de + ou - 41 000 USD (chiffres de 2015). L'évolution du PIB de la Russie était meilleure lorsque les prix du pétrole et du gaz étaient élevés. Depuis la crise de 2008 et les sanctions réciproques de 2012-2014, cette évolution est négative. Ce n'est pas brillant.

 

Pourquoi faut-il lire « SALE TEMPS POUR LES HÉROS » ?

Pour garder nos yeux grands ouverts sur les réalités de notre monde : ni catastrophisme ni angélisme. Nous savons quand les pouvoirs forts commencent, mais jamais quand ni comment ils se terminent. Méfions nous des démagogues et des semeurs d'illusions, car nous pourrions le payer cher. Méfions nous également des cyniques : regardons-les bien en face. Défendons les hommes et les femmes sans voix, sans poids, les victimes, les êtres souffrants. Faisons preuve de tolérance. SUIVONS EN CELA LES FEMMES ET LES HOMMES INTRÉPIDES, ceux dont les récits foisonnent dans « SALE TEMPS POUR LES HÉROS. Le prix de la liberté sous le règne de M. Poutine », aux Éditions Chloé des Lys « Collection », 2016.

 

Jacques Degeye

Publié dans présentations, interview

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Rêve éveillé, un poème extrait de "L'ombre du reflet" de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

 

Rêve éveillé

Je me suis endormi dans la chaleur tropique

L’Alysée paressait son congé du mois doux

Fredonnait, la voix lasse l’opiniâtre moustique

Les paupières de la nuit clignèrent, et ce fut tout…


 

Je me suis réveillé dans une aube aquatique

Derrière le rideau coulait l’été dissous

Mon cauchemar haussa les épaules, sceptique,

Ses yeux noyés de gris cillèrent, et ce fut tout…


 

Le bonheur j’ai plié et rangé dans l’étui

Ma jaune parenthèse a poussé le verrou

En attendant le jour où vous serez ici…


 

Mes rimes sur le mur de ce ciel d’ennui

Ecrivent le poème d’une éphémère nuit

Où je ne dormais pas, heureux et puis c’est tout…

 

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Armelle Welles présente son roman "Procréation assistée"

Publié le par christine brunet /aloys

Armelle Welles est née en 1963 à Paris. Elle fait ses études de médecine en région parisienne puis est nommée interne à Montpellier. Elle s’installe alors dans le sud de la France et exercera pendant plus de vingt ans dans un établissement hospitalier privé à Nîmes. En 2009, elle se met à écrire, dans le registre qui l’a toujours passionnée, le roman policier. « Procréation assistée » est son premier roman.

 

Résumé

 

Paul Boisset, le directeur d’une clinique nîmoise est retrouvé mort, assassiné dans son bureau. Doté d’un épouse dépressive, alcoolique et suicidaire, il aimait travailler tard, tant pour échapper à l’atmosphère lugubre de son domicile que pour mener à bien ses nombreuses aventures amoureuses. Néanmoins, et de l’avis de tous, c’était un homme honnête, compétent, attentif et respecté. Le commissaire Raphaël Blum, flic bourru mais sensible, en proie à des sentiments contradictoires, enquête dans cet établissement de soins où travaille son ex-femme, la mère de son fils de douze ans, qui est désormais la compagne d’un gynéco-obstétricien renommé. Le seul indice dont dispose la police est la mystérieuse photographie d’un jeune enfant retrouvée sur les lieux du crime. S’agit-il de l’enfant naturel de Boisset ? Les enquêteurs remontent la piste mais un nouveau meurtre est commis, bouleversant l’enquête. A l’aide Claire Pérez, l’ancienne secrétaire, amie et confidente de Boisset qui ne laisse pas la commissaire insensible, Blum et ses adjoints mettront au jour un trafic d’embryons génétiquement modifiés, orchestré par un grand laboratoire pharmaceutique.

 

 

Extrait :

Samedi matin

9h30

 

Catherine Ansfeld était nerveuse, elle ne parvenait pas à se concentrer sur la lecture du magazine qu’elle feuilletait. La salle d’attente était pourtant accueillante, vitrée, meublée de sièges à la fois design et confortables, bien pourvue en magazines récents, séparée du secrétariat par une cloison en verre dépoli. Plusieurs bouquets de fleurs séchées et des photographies d’art au mur complétaient l’ensemble. Le tout dégageait une atmosphère de tranquillité et de professionnalisme. La secrétaire était impersonnelle mais souriante. Catherine n’avait pas encore aperçu le médecin mais elle avait entendu sa voix à travers la cloison de verre, une voix aimable et rassurante, peut-être un peu condescendante. On disait tant de bien de ce Docteur Monteil, qui, semble-t-il, faisait des miracles dans son domaine, la stérilité féminine. Une collègue de Catherine avait d’ailleurs eu un bébé récemment, elle qui n’y croyait plus après avoir tenté d’avoir un enfant pendant près de 10 ans. Elle vouait une reconnaissance sans bornes au Dr Monteil, et nageait dans le bonheur depuis la naissance de son petit Anthony, après une grossesse, il est vrai, un peu tumultueuse. Catherine et Marc, son mari, voulaient un enfant depuis 3 ans et les examens réalisés jusqu’alors n’avaient montré aucune anomalie, autant chez elle que chez lui. En son for intérieur, Catherine était impressionnée et avait peur que le médecin lui rie au nez. Sa collègue avait parlé, en effet, de son abord froid et distant. Après une demi-heure d’attente, elle fut appelée et introduite dans le bureau de consultation.

 

Le Docteur Monteil était un assez bel homme d’une petite cinquantaine d’années. Il était de taille moyenne, mince, bien habillé, blond avec les tempes argentées, un visage pâle mais avenant et seuls ses lèvres minces et son froid regard bleu gris traduisaient une certaine dureté. Il pria aimablement Catherine de s’asseoir dans un des confortables fauteuils en cuir qui faisaient face au bureau et l’interrogea sur les motifs de sa consultation, puis il lut avec attention le rapport des divers examens qu’elle et son mari avaient déjà passés. Il leva les yeux, posa son regard sur Catherine et commença doucement :

  • Au vu de ces examens, il n’y a pas de raison médicale pour que vous ne puissiez pas avoir d’enfant avec votre mari, cependant ces choses-là peuvent être longues à venir et la science peut actuellement aider les couples rencontrant ce genre de difficultés.

Catherine était soulagée, il semblait la prendre au sérieux.

  • Vous avez sans doute entendu parler de ma méthode personnelle de procréation assistée, reprit-il, sans traitement hormonal lourd et contraignant. Les ovules et les spermatozoïdes sont prélevés, la fécondation se fait in vitro, c'est-à-dire en laboratoire, dans un milieu spécial qui garantit pratiquement le succès de la réimplantation. On n’implante qu’un seul embryon, ce qui vous met à l’abri des grossesses multiples non désirées, courantes avec la technique classique. Il faudra naturellement que je rencontre votre mari.
  • On m’a dit, reprit Catherine, qu’il était possible de choisir le sexe de l’enfant.
  • Cela rentre effectivement dans les possibilités actuelles, répondit le médecin d’un air un peu réticent, pourquoi cette question ?
  • Mon mari et moi souhaitons plutôt un fils, mentit Catherine.

En réalité le mari de Catherine vivait dans la terreur que sa femme mette au monde un fille rousse comme sa propre mère, une femme qui n’aimait pas son fils, le méprisant et le rabaissant sans cesse, lui préférant son frère aîné qu’elle jugeait plus beau et plus brillant.

  • Il est en effet possible de trier les embryons, continua le Dr Monteil, et de n’implanter qu’un embryon mâle en particulier en cas de maladie familiale.
  • Je croyais, dit Catherine, qui avait fait des études d’infirmière avant de devenir déléguée médicale pour un laboratoire pharmaceutique, que les maladies liées au chromosome X ne touchaient que les garçons.
  • En effet, répondit le médecin en souriant, mais il existe d’autres raisons de vouloir un garçon, n’est-ce pas ?

Etait-ce son air rassurant, son regard complice à cet instant, mais elle lui raconta la terreur de son mari et son aversion pour les rousses.

  • Nous pouvons aussi faire en sorte que l’enfant ne soit pas roux, dit-il doucement. Mais nous en reparlerons bientôt avec votre mari, conclut-il d’un air enjoué en la raccompagnant à la porte.

 

Catherine reprit donc un rendez-vous pour le mercredi suivant afin que Marc puisse l’accompagner. Elle régla machinalement la consultation et se retrouva sur le palier un peu interloquée. De retour chez elle, Catherine alluma son ordinateur et chercha à se renseigner sur les méthodes de procréation assistée. Elle lut des articles de vulgarisation scientifique, visita des forums, discuta avec des hommes et des femmes ayant utilisé la technique avec plus ou moins de succès. Aucune mention du Dr Monteil ou de sa méthode « personnelle ».

 

Marc revint à midi et demie de son travail. Il était professeur d’histoire au lycée et les questions scientifiques le dépassaient de son propre aveu. Il faisait une confiance aveugle à la science en général et à la médecine en particulier. Il rassura sa femme et lui proposa une balade dans la campagne par ce beau samedi après-midi ce qu’elle accepta avec reconnaissance.

Publié dans présentations

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Tristesse, une poésie de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

 
Tristesse

 

Tapie au fond de l'antre, le cachot de mon crâne

La bête est assoupie ; j'entends le souffle court

Son haleine empoisonne l'espérance et la fane


 

Je construis la folie pour faire entrer le jour

Dans la prison où tourne ce fauve qui soupire

Et apaiser un peu son déprimant discours


 

Nourri de poésie, ronronne le martyre

De cette âme si grande mise aux fers de la vie

- Ah renaître innocent, ne savoir que sourire -


 

Assis dans un couloir, peint d'agréable ennui

Je griffonne de vers les derniers jours du monde

Du triste geôlier captif de sa folie

 

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Chronique d'une nouvelle jeunesse d'Yvette H. dans Le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

Chronique d'une nouvelle jeunesse d'Yvette H. dans Le Bibliothécaire
Chronique d'une nouvelle jeunesse d'Yvette H. dans Le Bibliothécaire

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Salvatore Gucciardo nous propose un poème "Feu de broussailles"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Feu de broussailles

 

 

L’ombre

De tes lèvres

Sur le contour

Du monde

Embrasse

Le vide

 

Encercle

Le labyrinthe

Paraphrase

La ferveur

Interroge

La continence

Du rêve

 

Matérialise

La pensée

Cristallise

Les aiguilles

Du temps

 

Emprisonne

La poussière

De la nébuleuse

Fixe

Le regard

Du cyclope

 

Visionne

Le feu

De broussailles

 

Salvatore Gucciardo
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