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Le blog "Les lectures de Maryline" a chroniqué "Courant Alternatif", le nouveau roman de Vincent Knock

Publié le par christine brunet /aloys

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/courant-alternatif-a130985982

http://leslecturesdemaryline.eklablog.com/courant-alternatif-a130985982

Résumé de l'éditeur :

Rater sa vie. Ne pas faire les choses à moitié. Être capable d'héroïsme. À défaut d'imagination. Il faudrait pouvoir raconter ces choses-là. 
- Un sourire peut-il pousser à commettre l’irrémédiable ?
- Oui, évidemment.

Un surveillant appâté, une mère névrosée, une rock star habitée et une adolescente décidée. Avec ces quatre vies qui se répondent, se correspondent et se mélangent en un singulier kaléidoscope, Courant alternatif évoque les malentendus amoureux qui transforment la vie en un fatal vaudeville, passant de l’enchantement au désenchantement le temps d’un clin d’œil. À la fois comédie noire sur les apparences et portrait satirique de gens aux prises avec leurs propres démons avec en filigrane la présence fantomatique et obsédante d’une jeune fille brune et écorchée, catalyseur de tous les maux.

 

 

Mon avis :

J'ai déjà lu "Mâle en patience" de l'auteur et à l’époque, je n'avais pas adhéré à cette histoire plate malgré un sujet intéressant. Et bien j'ai cru me retrouver dans la même situation ici. En effet, dès le début, les personnages m'ont agacés, je les ai trouvé trop ordinaires, sans intérêt. Mais je n'avais pas vu que le roman comportait plusieurs parties et là, l'intrigue prend tout son sens.

Dans la première partie, François, un homme ordinaire, sombre et mélancolique tombe amoureux d'une jeune fille mineure et perdue, de 7 ans sa cadette, et leur romance sera quelque peu chaotique. Ensuite, nous découvrons Florence, une mère un peu perdue qui révèlera le passé de sa naissance à sa fille et qui tentera de rattraper le temps perdu. Puis, nous rencontrons Gontran, un ancien taulard, ancien chanteur de Rock, qui tente de refaire sa vie. Enfin, dans la quatrième partie, Nancy, une jeune fille déterminée essaie de retrouver son père biologique.

Ces quatre personnes vont, chacune à leur tour, nous révéler une tranche de vie. Et grâce à chacun d'entre eux, le lecteur va découvrir une histoire bouleversante, une histoire les liant tous les quatre. En lisant ces quatre parties, nous avons l'impression de lire quatre nouvelles, liées par un fil rouge : Nancy.

J'ai aimé dès la deuxième partie, dès que j'ai compris ce qu'il se passait vraiment, car j'ai voulu connaitre l'histoire de cette jeune fille qui parait tellement triste et perturbée. Je me suis attachée à Florence, j'ai détesté François le trouvant trop mou, j'ai pris pitié de Gontran et Nancy m'a fait peur. Bref, j'ai passé un excellent moment jusqu'à cette fin tragique que je n'attendais pas du tout. Mais finalement, ce final est celui mérité.
 
Merci à l'auteur pour sa confiance, l'intrigue est vraiment bien menée, très originale et l'épilogue est parfait!

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Cécile Biehler nous propose un extrait de son roman "Esquisse d'un chef d'oeuvre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

3

Pianissimo

(très doucement)

 

 

Dans cette boutique, les horloges à répétition et les montres ne s’exprimaient jamais.

Ici, c’était à l’épaisseur de la couche de poussière sur les armoires, les lampes ou les vieux périodiques que l’on mesurait le temps qui passait.

Jacques, le propriétaire des lieux, chérissait ces objets. Tout petit déjà il s’était attaché à eux. Vers cinq ou six ans, il avait pris l’habitude de vivre perpétuellement avec certains d’entre eux : une superbe pierre aux reflets d’opaline, une pince à linge violette, sa première dent de lait tombée.

 

 

Ils constituaient des points d’adhérence au monde qui se modifièrent subtilement à mesure que son âge avançait : il vivait actuellement en concubinage avec une salière, une punaise, une télécommande, un cendrier et un réveil arrêté.

Ici, les vieux meubles craquaient, une pile de journaux pouvait s’effondrer, certaines bagues lui narraient des amours périmés. Seuls y étaient interdits de séjour les objets marquant les heures de la journée.

Jacques détestait qu’on lui dictât le temps.

Avec l’expérience, il avait appris que lorsque l’on n’avait pas un instant défini pour chaque acte, celui-ci se réalisait de lui-même au bon moment.

Il ne pouvait souffrir, surtout, la fréquentation des montres-bracelets : menottes d’un temps autoritaire, de son ego démesuré.

 

L’une seule d’elles en état de marche aurait faussé toutes les perspectives de sa journée.

Funambule en perpétuel déséquilibre entre les heures imposées, inéprouvées et celles libertaires plus ajustées, il craignait perpétuellement de basculer.

Dans le vocabulaire de l’horlogerie, ne parlait-on pas d’ailleurs de montres à compensation, de frottements et autres expressions barbares ?

Seul le terme « échappements libres » lui convenait.

Il aimait cela plus que tout : la liberté. Celle de converser à tous moments avec les tableaux, les commodes, les fauteuils Voltaire. Chaque journée amenait de nouvelles confessions : un bois joyeux, un velours triste.

Il naviguait des uns aux autres avec douceur, arrangeur de leurs états d’âme afin que l’ensemble forme une composition harmonieuse.

 

Souvent, les meubles frémissaient d’impatience à son approche.

Il se nourrissait de leurs expériences, de la charge affective déposée en eux.

Certaines fois, il en tombait presque amoureux.

Dernier béguin en date : une théière en faïence écrue incrustée de fleurs mauves et son col ébréché. De celles que l’on rencontre parfois dans les maisons de campagne surmontées d’un porte-filtre d’où s’exhale l’odeur familière du café du matin.

L’amertume de s’en être séparé la semaine passée…

D’autres objets plutôt rusés ne lui faisaient pourtant guère illusion comme cette roublarde de table faussement marbrée.

 

La patine meurtrie, dépressive, l’armoire qui manque d’étouffer : peu de ses clients savaient écouter, peu estimaient à leur juste valeur les marques du passé.

D’emblée, lorsque l’un d’eux passait la porte, commençait à feuilleter un incunable ou posait ses mains sur la rayonne d’une liseuse, il pouvait arrêter son jugement ; leurs doigts étaient bien souvent trop brutaux et vulgaires pour faire d’eux une famille d’adoption convenable.

Lorsqu’il avait ouvert son commerce, selon les prix qu’on lui en proposait, il avait bien souvent bradé certains objets.

S'en sont suivies, ensuite, des nuits d’une blancheur coupable.

Ecœuré de lui-même : sa puanteur surtout, celle d’un maquereau en décomposition ayant passé sa vie à vendre des corps au plus offrant. Jusqu’à saturation, jusqu’à la pose de l’écriteau dans la vitrine : « Bail à céder ».

Bientôt il lui faudra choisir les objets qui l’accompagneront au-delà de la fermeture.

Quatre ou cinq pas plus, qu’il gardera près de lui contre l’isolement des vieux jours.

Publié dans Textes, présentations

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Albert Niko nous propose "8 apparitions"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

8 apparitions

 

 

Seuls trois chevaux qu’ils me semblent les derniers

 

***

 

Seuls trois chevaux et moi composons ce tableau

 

***

 

C’est à peine si les ombres peuvent respirer, les jours de marché

 

***

 

Les yeux jaunis des voitures découvrant le même paysage

 

***

 

        Le papillon : sa courte vie à batifoler

 

***

 

   Personne en vue, ce jour, sur le chemin.

 

***

 

Une ville est-elle à même, en l’entourant, de protéger une vie ?

 

***

 

Dans les yeux du chien, couché au milieu de la route, passe le temps en continu.

 

Publié dans Poésie

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Dans le bibliothécaire, "Procréation assistée"

Publié le par christine brunet /aloys

Dans le bibliothécaire, "Procréation assistée"
Dans le bibliothécaire, "Procréation assistée"

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Dans le blog de Philippe Desterbecq, une chronique de "Le premier choix" de Séverine Baaziz

Publié le par christine brunet /aloys

http://phildes.canalblog.com/archives/2017/07/15/35471276.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=phildes

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Une nouvelle fois, je me suis lancé sur un bouquin édité par Choé des Lys, un roman qui me tente depuis un certain temps par son sujet hors du commun.

Que se passe-t-il après la mort? Nul ne le sait. Certains pensent que... D'autres affirment que... La vie s'arrête-t-elle vraiment ou est-elle un éternel recommencement? Est-ce le néant ou a-t-on une nouvelle chance sur Terre? 

Peut-être le corps disparait-il pour laisser l'âme revivre dans une autre enveloppe??? Et si on avait le choix? Et si l'âme se réincarnait dans le corps d'un enfant issu d'une famille de son propre choix?

C'est ce que Séverine Baaziz propose à ses lecteurs dans "Le premier choix". 

Un homme meurt et se retrouve dans un endroit inconnu : l'enfer? le paradis? le néant? Chacun peut l'imaginer.

Soudain, une voix se fait entendre et lui propose un choix bien particulier. Martin va renaitre dans le corps d'un autre, dans une famille qu'il pourra choisir. 

Attention, le choix n'est pas vaste : deux familles seulement sont susceptibles de l'accueillir chez elles. Et pour qu'il puisse faire le bon choix, il va pouvoir vivre quelque temps, incognito, chez chacune. Ces deux familles sont très différentes : l'une vit dans le luxe, le futur père gagne très bien sa vie, mais est souvent absent, la future mère vit la vie dont rêvent certaines femmes : elle ne fait rien, a une bonne et dépense sans compter. L'habitude a depuis longtemps remplacé l'amour. L'autre couple vit dans une situation plus précaire : les parents travaillent tous les deux, ils ont parfois du mal à joindre les deux bouts, mais ils s'aiment et l'amour arrange tout.

Vous avez fait votre choix? Martin n'a sans doute pas fait le même que vous. Dans son ancienne vie, le manque d'argent l'a empêché de s'élever dans la société et, dès la première visite dans les deux familles, il n'hésite plus. Mais il n'a pas tout vu, n'a pas toutes les pièces du jeu en mains, il faudra qu'il passe plus de temps chez ces personnes qui pourraient devenir ses parents.

Et si aucune des deux solutions ne convenaient... Que se passerait-il dans ce cas? Réponse dans "Le premier choix", un livre qui se lit avec plaisir et qui pose quelques questions aux lecteurs...

 

Publié dans avis de blogs, articles

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Joseph Bodson a chroniqué "D'hivers et d'ivresse" le recueil poétique de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

http://areaw.org/laurent-dumortier-dhivers-et-divresse-poemes-chloe-des-lis/

http://areaw.org/laurent-dumortier-dhivers-et-divresse-poemes-chloe-des-lis/

 

Des notations brèves, incisives, percutantes…Des mots lancés comme des cailloux, parfois pour faire simplement des ronds sur l’eau, parfois, sait-on jamais, pour se venger, de qui, de quoi? C’est la vie…

Mais les Petits Poucets rêveurs trouveront toujours des cailloux sur leur chemin, des cailloux à prendre dans ses mains, lisses comme des galets ou plein d’éclats. Pour jouer. Des cailloux qui font mouche à tous les coups:

Le reflet

Demain n’est pas encore arrivé/Qu’il est hypothétiquement passé,/Tu vois…

Mes yeux ne voient plus d’hier/Qu’un nombre sans couleur/Même la lumière/A perdu sa splendeur…

Tu me demandes de rester,/De ne pas basculer/Mais je crois que le monde s’en fout/S’il ne reste qu’un reflet après tout…

Je suis si près du bord/Le vent souffle si fort/Je suis si bien…

Encore un pas de plus/Et je ne sentirai plus/Que le froid du bitume/Accueillant mon amertume…

Tu me demandes de rester,/De ne pas basculer/Mais je crois que le monde s’en fout/S’il ne reste qu’un reflet après tout…/

S’il ne reste qu’un reflet après tout…

S’il ne reste qu’un reflet, après tout/C’est peu et c’est déjà beaucoup

Tu me demandes de rester/De ne pas basculer/Mais je crois que le monde s’en fout/S’il ne reste qu’un reflet après tout…

Car c’est notre chemin à tous, après tout…

Joseph Bodson

Publié dans articles, avis de blogs

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Les unboxing de Sarah... Quelques titres CDL à découvrir...

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=tO1Hfhj1qmY&feature=youtu.be

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Vincent Vallée a chroniqué le roman de Thierry-Marie Delaunois "Auprès de ma blonde"

Publié le par christine brunet /aloys

https://lesmotsricochent.blogspot.fr/2017/05/aupres-de-ma-blonde-de-thierry-marie.html

https://lesmotsricochent.blogspot.fr/2017/05/aupres-de-ma-blonde-de-thierry-marie.html

Il est de convenance de se lire entre auteur(e)s et lors de mes différents salons littéraires, j’ai fait la connaissance de Thierry-Marie Delaunois, une rencontre sympathique, enrichissante.

Thierry-Marie Delaunois est l’auteur de plusieurs romans déjà, il est un romancier mais tout comme moi, il rédige des critiques, des chroniques. La littérature est un moteur à sa vie, c’est indéniable.

Je ne l’avais pas encore lu, et récemment j’ai appris que Thierry-Marie Delaunois était publié chez Chloé des Lys, une maison d’édition belge, avec “Auprès de ma blonde”.

Dès le début du livre, nous entrons dans un presque huis clos avec ce parc que l’auteur décrit, un parc où André, écrivain en passe d’être connu, aime à se promener, chercher l’inspiration. Il y rencontrera une grande et jolie blonde, magistrale presque, selon la description de l’auteur.

Dans ce presque huis clos nous ferons connaissance avec André bien entendu, Serena, Hélène, Danton, une gitane diseuse de bonne aventure, et bien d’autres encore dont le rôle ne sera pas très important pour le récit, sauf les coccinelles.

Dans ce parc, un lac, avec en son centre un îlot. Réputé dangereux, le lec sera central tout au long du roman, il sera un tournant narratif non négligeable. Une histoire d’amour va naître entre André et la majestueuse blonde du parc, mais très compliquée, une relation semée d’embûches, de doutes, de remises en question.

Ce que je peux dire d’ores et déjà, c’est que ce roman de 226 pages ne manque pas de rebondissements, de surprises, les cinquante dernières pages en sont d’ailleurs riches. Ce dont il est traité dans ce roman, c’est de passion, d’amour, de folie, d’éducation, mais aussi de suicide. Un sujet délicat qu’il faut maîtriser.

Ce que je peux dire également, c’est que je ne me suis pas ennuyé à lire le dernier roman de Thierry-Marie Delaunois, je l’ai bien entendu un peu reconnu dans quelques narrations, descriptions, d’ailleurs l’auteur ne s’en cache pas, il a fortement raison, on écrit toujours un peu sur soi.

Je me suis fait une remarque au sujet de ce livre, durant sa lecture, ça me fait penser à Tintin de Hergé, et je ne le dis pas avec péjoration que du contraire, ce récit est une véritable enquête, de soi, de l’autre, de sursaut en surprise, le lecteur trouve matière à poursuivre son récit, à savoir la suite.

Ce que j’ai un peu déploré, c’est peut-être que le récit se déroule beaucoup en un seul lieu, le parc, je ne sais d’ailleurs pas le nom de la ville ni le pays où se déroule l’action, mais c’est intéressant pour l’imagination du lecteur.

Les personnages manquent aussi de description, c’est un peu loin dans le récit quand j’apprends que André est assez bien fichu, beau garçon,rien de bien grave vous me direz, vous aurez raison.

Pour terminer, je dirais que si étant petit, on vous a dit que les coccinelles étaient les petites bêtes à bon Dieu, vous verrez que l’auteur les apprécie beaucoup aussi, et qu’elles ont un très grand rôle dans le casting de ce roman qui donne envie de découvrir ce que nous proposera encore Thierry-Marie Delaunois à qui je dis merci pour ce moment de lecture et bonne chance pour la suite de son aventure littéraire.

(Source: le site de Vincent Vallée auteur “Les mots ricochent”; auteur de l’article: Vincent Vallée)

 

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Dans le bibliothécaire, Le problaime...

Publié le par christine brunet /aloys

Dans le bibliothécaire, Le problaime...
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Cecile Biehler nous présente son ouvrage "Esquisse d'un chef d'oeuvre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

L’auteur

 

CECILE BIEHLER, monteuse audiovisuelle et auteure de onze ouvrages (nouvelles, poésie, poésie illustrée, recueil épistolaire…) dans lesquels dialoguent souvent son travail de plasticienne et d’écrivain ; écrits teintés de mélancolie et d’humour, en quête d’une vulnérabilité salvatrice.

Tous ses ouvrages sont consultables à l’adresse internet suivante :

http://biehlercecile.wix.com/cantique-des-etoiles

Parallèlement, elle anime des ateliers d’écriture pour adultes et dans les collèges et lycées de sa région où ses ouvrages sont étudiés.

 

Le livre

 

« Esquisse d’un chef d’œuvre » est un roman sous la forme d’une longue suite mélodique.

 

Jacques, un antiquaire en recherche d’une seconde vie professionnelle se fera vendeur de souvenirs pour Nathan à qui il manque tous ceux d’un père.

Jean-Yves, comptable coincé et obsessionnel se reconnaîtra en l’enfant et se découvrira une raison d’être en prenant soin de lui.

Les failles, les manques, les peurs de François et Jean-Yves vont se rencontrer à la croisée de deux tables de café. Ils vont se repousser l’un, l’autre. Ils ne savent pas encore qu’ils ont un dénominateur commun : Nathan. L’un est son père biologique, l’autre deviendra son père adoptif.

L’antiquaire constituera une aide précieuse pour retrouver leurs souvenirs, la petite amorce d’un changement qui trouvera son accomplissement grâce à Louis, gardien de phare, poète et rêveur. Le seul à avoir suffisamment de détachement pour les amener au pardon et à la rédemption.

Les plaies cicatrisées, le passé accepté, le père retrouvé, toutes ces mémoires enfin assumées : françois pourra alors vivre pleinement et sereinement sa mort.

Il aura compris cette leçon fondamentale : la vie n’est rien d’autre qu’une immense symphonie avec ses silences, ses mouvements, ses temps et contretemps (d’où le rythme singulier adopté pour les chapitres de l’ouvrage).

Il aura compris que c’est uniquement en incarnant sa misérable condition humaine qu’on peut espérer transcender son existence et tenter d’en faire un chef-d’œuvre.

 

EXTRAIT

 

Les bruits, les sons et quelques clichés photographiques pris depuis le sommet du phare : sa définition à lui de la vie, de ses joies, de ses peines. Il avait su apprivoiser cela. Les mots, il y en avait trop ou pas assez, il n’arrivait jamais à mettre la main sur le bon et n’aimait pas les choses trop compliquées.

De là-haut, il observait le monde sans définition ni date.

Il avait ce temps-là, cette liberté-là outre quelques menues tâches quotidiennes : allumer et éteindre la lampe, nettoyer les réflecteurs paraboliques ainsi que la chambre de veille, réparer les vitres brisées.

Sa seule responsabilité : veiller à éclairer les navires en conjurant le mauvais temps ; prendre garde qu’ils ne s’égarent au loin, actionner la corne de brume au besoin.

Sa seule raison d’être ? Encore une fois, aucune définition ne lui venait.

Aux yeux du monde, il incarnait la solitude du phare (hormis ses quelques promenades buissonnières au café du port qui lui valaient de descendre puis de remonter la centaine de marches de l’escalier en colimaçon jusqu’à son poste de travail).

Aux yeux du monde, il semblait, comme son caban, n’avoir ni envers ni endroit.

Les gens, contrairement à lui, paraissaient tenir beaucoup aux catégories.

 

Louis, c’était bizarrement d'en-haut qu’il se sentait le plus concerné par les gens et le paysage.

A force d’observer à distance, il pouvait deviner l’humeur des gens rien qu’à leur manière de se tenir sur la digue : courbés, bien droits, ramassés sur eux-mêmes, contemplatifs face à la mer…

Il trouvait que les hommes ressemblaient beaucoup aux dunes : des embonpoints, des boursouflures mais à des endroits différents.

Souvent, après, il oubliait, c’est à cela que lui servaient son carnet et son vieux Leica.

Le même depuis vingt ans. Il n’en aurait changé pour rien au monde !

Les nouveaux appareils possédaient tous des zooms qui faisaient un tel raffut que leur présence aurait dérangé l’ordre des choses.

 

S’il préférait l’humanité vue de là-haut, c’est que Louis savait très bien que les chimères ne quittaient guère la terre de plus de quelques centimètres alors que les idéaux s’envolaient bien plus haut. Il en allait de même pour les rires.

Cette vue panoramique sur le monde : sur les humains et sur l’océan avec leurs colères inexplicables, les mouvements de foule sur la plage, les éclaircies d’un soleil en sursis…

Le flux et le reflux des vagues contre le pied du phare, sa rage d’être éclairé par l’érectile édifice…

Le vent aussi, toujours, celui qui rendait fous les nuages en les obligeant à se courir après toujours plus vite ; celui qui emmêlait les cheveux et les esprits, celui qui peut-être le rendrait dingue lui aussi un jour ou l’autre.

 

 

Ce petit goût de sel sur la langue lorsqu’il penchait la tête au-dehors…

Parfois une mèche blanche de sa chevelure mal peignée venait se glisser subrepticement sur l’une ou l’autre photographie, parfois aussi une ou deux volutes de ses Gitanes. Il aurait préféré que sa présence fut une absence discrète. Il préférait que les hommes, les choses ne fassent que passer comme les oiseaux.

Aujourd’hui, il n’avait rien photographié encore. Il observait l’enfant en contrebas.

Souvent sur la plage, les gens s’agitaient, criaient, couraient en tous sens et Louis ne pouvait s’empêcher de penser à tout ce vide qui devait les habiter.

Mais pas l’enfant, l’enfant c’était autre chose qu’il ne pouvait clairement définir encore…

 

 

La teinte de son regard peut-être : un gris de ciel trop chargé.

De ces couleurs qui ne devraient pas avoir droit à l’existence ! Criminel pour un enfant d’avoir à porter celle-ci.

Louis pensa qu’il fallait parfois beaucoup de mélancolie amusée pour supporter le monde, pour accepter toutes ses finitudes : celle de la plage, celle de l’horizon, celle de sa place, là, tout simplement.

Là pour saisir la douceur extrême avec laquelle l’eau avait pris soin de déposer quelques navires de papier aux pieds de l’enfant. Louis savait qu’ils préserveraient une part d’imaginaire sortie tout droit de la matrice de l’océan.

Louis savait qu’il devait éclairer les pas du petit vers ceux de son père.

 

 

Louis, en attendant, le veillait de son regard bienveillant tandis qu’en cette nuit le paysage se recouvrait d’un doux lavis d’encre de Chine.

 

Publié dans présentations

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