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Loozie Anna de Jean-Claude Texier, une chronique de Jean-Michel LEOST

Publié le par christine brunet /aloys

Loozie Anna de Jean-Claude Texier, une chronique de Jean-Michel LEOST

LOOZIE ANNA, roman de Jean-Claude TEXIER, présenté

par Jean-Michel Léost dans le

N° 478 de l’AGREGATION

(Décembre 2015-janvier 2016)

______________

Voici le second volume de L’Elitiste, Loozie Anna. Même cadre : le lycée Edith Cavell de Saint-Sauveur sur Marne ; même milieu : professeurs et administration ; mais le moment du récit est antérieur à l’arrivée de Roméo de Rivera, ce chef d’établissement qui, par sectarisme et par opportunisme, prendra plaisir à détruire l’œuvre de son prédécesseur. Tout cela sur fond d’actualité, d’un monde en mouvement, où se croisent les interrogations, les doutes des enseignants, et de multiples thèmes comme l’amitié, l’amour, l’homosexualité, l’adoption et la filiation.

Mais s’arrêter à ces aspects serait s’attarder sur les voies secondaires qui mènent à l’essentiel. Certes, on voit Charvache, ce proviseur d’apparence autoritaire et élitiste, s’employer, pour réparer les effets de Mai 1968, à rendre son lycée exemplaire, cherchant à y attirer les meilleurs élèves et à faire germer les talents cachés ; certes, on y retrouve les petites intrigues propres à tout établissement, les oppositions entre les tenants de la transmission des savoirs et les héritiers de l’idéologie soixante-huitarde, ainsi qu’une réflexion sur la vocation et l’engagement d’un professeur ou d’un chef d’établissement. Mais ce roman est d’abord un roman d’amour ou, plutôt, un roman sur la naissance de l’amour, ses illusions, ses incertitudes et, plus généralement, sur l’être et le sens de l’existence.

Qui est véritablement Adelaïde Romeuf, agrégée d’anglais, et pourquoi ce surnom étrange et ensorcelant de Loozie Anna, forgé sur le nom du pays où pour elle tout a commencé : Louisiana ? Quel est cet étranger rencontré par hasard en Amérique, ce don Juan, ce prétendu universitaire qui se révélera un escroc ? Après l’avoir séduite à La Nouvelle-Orléans, il la délaissera sans savoir qu’il est père, la retrouvera et la quittera comme si elle n’était pour lui qu’un objet de distraction et de plaisir. Sait-il seulement lui-même qui il est ? Adélaïde a beau faire, elle ne peut se séparer du personnage de Loozie Anna dont elle voudrait tantôt se détacher, avec lequel tantôt elle se confond. Car ce roman est aussi un roman d’apprentissage où l’héroïne se cherche et se transforme : un roman sur la quête de soi, le sens de la vie et le secret du bonheur. A la fois une recherche du temps perdu et une recherche d’identité.

« La vie n’est qu’un théâtre », écrivait Shakespeare. Dans ce roman, comédie et vérité s’entremêlent, avec pour apothéose un Mardi gras à La Nouvelle-Orléans. Les personnages jouent la comédie, ils se jouent la comédie, ils mentent aux autres comme ils se mentent à eux-mêmes : c’est ainsi qu’ils se révèlent. Jusqu’au professeur de musique, secrètement amoureux, qui veut dissimuler ses sentiments et garde jusqu’au bout l’espoir que son fol amour se réalisera.

Ce roman retrace le destin d’Adélaïde. Destin inachevé : les dernières lignes laissent entendre que rien n’est jamais fini. Adélaïde se perpétuera-t-elle dans la mélancolie de l’acteur qui, ayant quitté son masque, revient à la réalité ou se métamorphosera-t-elle en son double obsédant, Loozie Anna ?

Jean-Michel Léost

Retrouvez Loozie Anna joué par Jean-Claude Texier

Sur YouTube et Dailymotion.

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Marcelle Dumont se raconte...

Publié le par christine brunet /aloys

Marcelle Dumont se raconte...

Marcelle Dumont se raconte


En avant pour l’équivalent d’une d’interview, même si j’ai fait à la fois les questions et les réponses.

Je suis née en Hainaut, comme mon père qui était un vrai Wallon, blagueur et bon vivant. Tel aussi mon grand-père paternel, le seul aïeul que j’aie connu.

Maman a vécu son enfance et son adolescence à Ixelles dont sa mère était originaire. Son père était venu exercer son métier dans la capitale, mais il était né dans un petit patelin proche d’Ypres. C’était un pâtissier accompli que Maman a secondé la nuit, dès l’âge de douze ans. Elle trouvait le temps, entre deux régiments de petits pâtés, d’embrasser sa poupée cachée dans un placard. Quelques printemps plus tard, elle a rencontré un « joli petit brun à moustache », venu se perfectionner dans le métier. Ils se sont mariés et ont eu six filles, dont je suis le dernier numéro. Ils ont beaucoup travaillé tous les deux et j’espère, comme dans les contes de fées, qu’ils ont été heureux ensemble.

Entre la rigueur et le réalisme de ma mère, relevés d’une pointe d’humour bruxellois, la gouaille pleine d’esprit de mon wallon de père et son humanité profonde, je me sens très belge.

Je comprends pas mal de patois, du picard au borain, du wallon de Charleroi à celui de Namur, sans être capable de les parler couramment. Mais le français est vraiment ma langue. L’amour de la langue et de l’écriture ne m’a jamais quittée. Il s’est emparé de moi vers les treize ans et il me tient toujours. Donc, à cet âge, j’ai écrit des poèmes satiriques, à la métrique hasardeuse, dont mes proches faisaient les frais.

Un an plus tard, mon inspiration avait changé et je plongeai dans un romantisme naïf. Etape éphémère, là aussi. Servie par un grand sens de l’observation, je suis passée ensuite à la prose, avec des récits, des impressions, des nouvelles. En même temps, je travaillais sur un premier roman, tapé sur stencils. D’autre part, Jean, et moi avions débuté notre collaboration bilatérale. Il assemblait les textes que j’avais tapés sur mon Hermès Baby et j’ai écrit le commentaire de son premier film, sur une coopérative agricole en Hainaut.

De 1960 à 1980 j’ai eu une activité littéraire soutenue. Parution de nouvelles et récits dans Marginales, Le Thyrse et Audace. Sortie de mon roman La Veuve en 1969, chez Pierre De Méyère, adaptations et pièces originales pour le Théâtre de l’Equipe.

Mon activité de journaliste indépendante continuait à me requérir. J’écrivais aussi des textes pour enfants qui ont paru dans Libelle et Femmes d’Aujourd’hui.
Parallèlement, je fus l’assistante de Jean. J’écrivais les dialogues et commentaires de ses films. Je l’ai accompagné plusieurs fois, aux Iles Féroé et au Groenland. Lors de l’un des voyages au Groenland, le but était d’atteindre le plus puissant glacier de ce pays. Ce ne fut pas une sinécure, comme j’en ai témoigné à mon retour, dans Pour un fleuve de glace. Ce récit est inclus dans le coffret que le Ministère de la Culture a consacré à l’œuvre cinématographique de Jean, sous le titre : « Des Marolles au Groenland, Jean Harlez, un homme qui voulait filmer à tout prix ».

A présent, après la parution chez Chloé des Lys de Nuageux à couvert, certains lecteurs ou lectrices s’étonnent de mon long silence littéraire, entre 1980 et 2016.

Mon activité de journaliste indépendante, d’abord à Spécial de 1978 à 1980, puis de 1980 à 2002 au Soir, me laissait peu de temps libre. Mais ça ne veut pas dire que je ne m’épanchais plus dans une écriture plus intime. Et qu’il n’y avait pas d’inédits dans mes tiroirs. La difficulté de trouver un éditeur qui m’accepterait, sans être ruineux, m’a certainement freinée. Enfin Chloé des Lys m’a ouvert la porte et je l’en remercie! Mais il a fallu retrousser mes manches pour réaliser la maquette texte et la maquette couverture. Maintenant en avant pour le second challenge, celui de la promotion. Le vin est tiré. Il faut le boire et non s’y noyer !

******************************************************​*

Autour du comptoir (extrait de Nuageux à couvert-page 51)


Willy était de taille moyenne, quand il se déplaçait comme tout le monde sur le sol carrelé de son bistrot. Dès qu’il se retranchait derrière le comptoir, il gagnait vingt centimètres, grâce au plancher. Il n’en fallait pas plus pour qu’il regarde tout le monde de haut.

Il avait commencé par travailler en usine et par contribuer, chaque samedi et chaque dimanche, à la prospérité d’autres cabaretiers. Cela sans compter les lundis de kermesse. Les jeunes filles pouvaient se désoler de voir ce garçon bien fait, aux beaux yeux gris bleu, délaisser la danse ; lui tenait à vivre sa jeunesse.

Un jour, las de s’imbiber comme une éponge et de ne conserver d’appétit que pour les frites et les pickles, il s’était laissé annexer par une future mémère. Il s’était marié, n’avait plus bu que du café fort et, grâce aux largesses de ses beaux-parents, il s’était payé un comptoir dont il allait enfin connaître la bonne face, celle qui aligne les pompes à bière et le tiroir-caisse.

Publié dans présentations

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Dans les rues de Tervuren, une poésie de Philippe de Riemaecker

Publié le par christine brunet /aloys

Dans les rues de Tervuren, une poésie de Philippe de Riemaecker

Dans les rues de Tervuren
Tombent des larmes d'eau
Sur les pavés si beaux
De tendresse qui fument
Sous mes souliers mouillés
Dans l'ombre de son ombre
Qui chante de passé
D'histoire et de pénombre
Qu'on y voit son clocher
Vous regarder souvent
Comme s'il était le vent.

Il pleut... Dans les rues de Tervuren
D'un soleil détrempé
Par la pluie qui s'étend
Jusqu'aux anciens géants
Les géants de Tervuren
Et dans les rues désertes
Sous les allées si vertes
Les marronniers si vieux
Qu'ils étaient déjà vieux
Depuis la nuit des temps
Depuis qu'il y a longtemps
Qu'on ne sait plus le temps...

C'est la nuit sur Tervuren
Sur la ville, sous la pluie
Aux fenêtres endormies
Sur la beauté du monde
Qu'on oublie que l'ennui
C'est un silence qui crie
Qui m'attire dans son lit
Puis, m'appelle, me séduit,
Me déchire et m'entraîne
Sous la foret du père
Du père de son grand père..

Il pleut... Dans les rues de Tervuren
Qu'on dirait le printemps
Qui taquine les murs
A les mouiller souvent
Que les maisons anciennes
Revivent le temps d'avant
Et que le ciel descend
A pleurer tant et tant
Qu'on dit qu'il vient de loin
Quand au petit matin
Tervuren se lève enfin

Philippe de Riemaecker
_________________
http://philippederiemaecker.wix.com/auteur#!books/cnec

Publié dans Poésie

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Joël Godart présente son nouveau livre : « A la fin de ces longues années »

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godart présente son nouveau livre : « A la fin de ces longues années »

Joël Godart présente son nouveau livre :

« A la fin de ces longues années »

(en préparation chez Chloé des Lys ) pour faire suite à son premier recueil : « Ailleurs est un pays aux rivières lentes ».

Deux extraits :

Oiseaux

Peuples de mes rêves, guerriers qui combattez

au fond de mes forêts, vos lances rythment mes

audaces. J'ai le feu dans mes paysages, mes arbres

crient dans la chevelure du ciel. Mains levées je

rêve sous un soleil nouveau, j'étreins des paradis

emplis d'ailes d'oiseaux.


Poisson d'or

Le poisson d'or qui était dans ta bouche

J'ai voulu le saisir mais il m'a échappé

Glissé tout le long des lignes de tes hanches

Lancé à sa poursuite je n'ai su le rattraper

Et suis resté sans vie le cœur empli de peine


Il a fallu que mon amante m'ouvre grand ses portes

Pour que le poisson d'or vienne enfin à mes pieds

Publié dans présentations

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Le blog "Les lectures d'une orange" a lu "Sables" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

L'avis de Candice, 13 ans, webmaster de ce blog littéraire de qualité !

L'avis de Candice, 13 ans, webmaster de ce blog littéraire de qualité !

Le blog "Les lectures d'une orange" a lu "Sables" de Laurent Dumortier

-Sables-

Titre: Sables
Auteur: Laurent Dumortier
Maison d'édition: Chloé des lys
Nbre de pp: 80pp
Prix: 6,40 euros

Résumé
Pour un recueil de nouvelles, compliqué de vous faire un résumé, mais sachez que comme l'indique le titre du livre, le sable sera au rendez-vous. Faites cependant attention, la mer et la plage ne sont pas les seules à être composées de ces petits grains agréables aux pieds en été...

Avis
J'apprécie de plus en plus la plume de Laurent Dumortier, mais j'ai eu une impression de trop peu. Je sais que l'auteur a stipulé dans sa note qu'il s'agissait bien de nouvelles et non d'un roman, mais j'ai tellement apprécié la plupart des nouvelles que j'aurais aimé qu'elles durent à l'infini. Soyons bien d'accord, certaines avaient une fin que personne n'aurait pu continuer.
Je suis très vite arrivée à la dernière page, malheureusement. Enfin, on ne peut pas dire que ce soit une mauvaise chose en sois mais j'aurais aimé que ma lecture dure un peu plus longtemps.
Laurent Dumortier arrive à tenir ses lecteurs en haleine sur seulement quelques pages, c'est extraordinaire . Le suspense est placé des les premières lignes.
Un petit hic, selon moi: les personnages. Bon, on a pas le temps de présenter quelqu'un dans une nouvelle d'une page recto-verso mais ça me gêne un peu.
Sinon mon avis sur ce bouquin reste globalement bon. Si vous aimez le style particulier de Laurent Dumortier, foncez car sa plume y est très bien représentée (on commence à la connaître).

L'orange qui vous envoie plein de bisous et qui vous aiiiimeuuuuh!

PS: Désolée pour la petite taille de la chronique, je me rattraperai avec la prochaine!

Publié dans avis de blogs

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Un extrait de "Sale temps pour les héros" de Jaques Degeye

Publié le par christine brunet /aloys

Un extrait de "Sale temps pour les héros" de Jaques Degeye

EXTRAIT de « SALE TEMPS POUR LES HÉROS. Le prix de la liberté sous le règne de M. Poutine », Chloé des Lys Collection, 2016, 571 p.

À part elle, personne n'osait plus relever la tête depuis 2004. Très peu se montraient encore en sa compagnie. Elle était devenue la pestiférée. Ceux qui se confiaient à elle le faisaient en catimini. Elle les défendait à découvert. Anna : une parole et des actes libres. Son mari Alexandre Politkovski et son amie d'enfance Elena Morozova rapportèrent sa parole fameuse : « Je suis une personne créative et libre ». Alors que des millions de personnes avaient marqué publiquement leur solidarité avec Andreï Sakharov après sa mort, le 14 décembre 1989 – un effet de la perestroïka et de la glasnost ? –, trois mille personnes accompagnèrent la dépouille mortelle d'Anna au cimetière moscovite de Troyekourovski. L'Église orthodoxe fut muette. Seul le pope, qui célébra la messe des obsèques, sauva son honneur. La vérité que proclamait Anna était à ce point incongrue dans un pays muselé et somnolent.

« Cette courageuse opposante politique à Poutine » était une journaliste exigeante. Elle transcendait son métier. Comme Ernest Hemingway, Anna avait haussé le reportage au niveau d'un art. Une écriture simple en apparence. En réalité, dépouillée jusqu'à atteindre son but : relier son lecteur à l'humanité douloureuse, susciter son horreur du mensonge, de l'injustice et de la corruption, réveiller sa conscience, lui redonner le goût de la liberté sans se laisser gagner par le mépris, être utile à ses semblables par des gestes fraternels. Anna Politkovskaïa se reconnaissait dans les poètes Marina Tsvetaeva et Ossip Mandelstam. Marina s'était suicidée pendant l'invasion hitlérienne, le 31 août 1941, à Elabouga, dans le dénuement et la solitude. Ossip succomba au typhus et à une crise cardiaque, le 27 décembre 1938, au camp de transit 3/10 de Vtoraïa Retchka près de Vladivostok.

Jacques Degeye

Publié dans Textes

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Carine-Laure Desguin à Dunkerque pour Rue Baraka

Publié le par christine brunet /aloys

Carine-Laure Desguin à Dunkerque pour Rue Baraka

— Alors Carine-Laure, te voilà chez nous, en France ? Quid de cette aventure ?

— Bonjour Christine (http://www.christine-brunet.com/)! Oh, tu sais, c’est tout simple. Je suis membre de l’ADAN (http://adan5962.e-monsite.com/pages/qui-sommes-nous.html), Charleroi est à un jet de pierres de Maubeuge. Ma maman étant originaire d’Erquelinnes (à quelques centimètres de Maubeuge), je me rends très souvent dans de ce côté-là de la frontière. Voilà, tu sais tout !

— Si je comprends bien, tu rencontres un groupe de lecteurs ?

— Oui, tout est bien préparé. Ces lecteurs ont lu Rue Baraka et…

— Rue Baraka ! On en parlera toujours de ce roman ! http://carineldesguin.canalblog.com/pages/rue-baraka--roman--editions-chloe-des-lys--2010/32062283.html

— Mais Christine, ce livre est quand même la recette de la potion magique qui permet, une fois ingurgitée, de réaliser nos rêves ! Tout le monde veut réaliser ses rêves !

— Allons, allons, tu exagères encore, Carine-Laure !

— Peut-être, mais c’est toi qui es marseillaise, un comble…Je te signale que je suis la preuve vivante que ce livre ne ment pas…

— Comment ça, Carine-Laure ?

— Depuis que j’ai écrit Rue Baraka, je réalise mes rêves…

— Ah ? Tu m’expliques tout ça, je suis assez cartésienne ! Je sais que ce livre connaît un beau succès et que tu as même écrit une version théâtrale mais quand même …

— Christine, depuis la sortie de ce livre, je n’arrête pas d’écrire, de publier, de rencontrer des lecteurs. Tout cela, c’était mon rêve.

— Ouais, n’insistons pas. Et donc tu rencontres tes lecteurs à Dunkerque, tu nous dis où, à quelle heure etc…

— Oui, voici l’adresse de cette brasserie, en plein cœur de Dunkerque :

L’escadre

Place du Casino, 25,

59240 Dunkerque

— A quelle heure, Carine-Laure ?

— Rendez-vous à 18 heures ! Le mercredi 20 avril !

— C’est parfait, Carine-Laure ! Les éditions Chloé des Lys te souhaitent une belle soirée…Tu parleras de tes autres livres ?

— Je répondrai à toutes les questions des lecteurs. La responsable du groupe a pris connaissance depuis plusieurs mois de mon press book et de toutes mes activités. J’espère que les questions jailliront.

— Alors, ce sera une suuuuper soirée, Carine-Laure !

— Merci, Christine !

— Pour ceux qui ne connaissent pas encore Carine-Laure Desguin, voici son press book et n’hésitez pas à circuler sur son blog..

http://carineldesguin.canalblog.com/pages/press-book/32061526.html

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Jean-François Foulon a lu "Sables" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-François Foulon a lu "Sables" de Laurent Dumortier

Sables, de Laurent Dumortier.

Dès la première phrase qui est une sorte d’exergue, le ton est donné : « Chaque grain du sablier qui s’écoule est un morceau de vie qui tombe, une chute dans le néant du passé. Le futur est là, sous nos yeux, mais il est irrémédiablement condamné… »

On l’aura compris, les textes que l’on va lire ne brilleront pas par leur optimisme. L’auteur nous dit que la vie (notre vie) nous file irrémédiablement entre les doigts. A peine vécu, le moment présent est déjà du passé et ne nous appartient plus. Quant au futur, inutile de se réjouir, il sera bientôt, lui aussi, du passé. La vie (notre vie) nous apparaît donc comme illusoire. Privés de futur, nous ne sommes déjà plus que du passé avant même d’avoir été.

J’adore ce genre d’approche, qui fait réfléchir tout en nous donnant une gifle pour nous réveiller. Car la littérature, cela me semble aller de soi, n’est pas là pour nous raconter des histoires (dans les deux sens du terme) mais pour nous amener à la conscience. On peut dire que Laurent Dumortier y arrive pleinement car on ne sort pas tout à fait indemne de ses textes.

Ceux-ci sont courts, très courts même, et l’auteur s’en explique au début de son petit recueil. Il ne veut pas, ici, s’embarrasser de la psychologie de ses personnages (sans quoi il aurait écrit un roman) mais nous présenter « un instantané, une photographie d’un événement ». Dès lors, le genre littéraire adopté doit correspondre à ce qu’il veut exprimer. Ses récits voulant aller à l’essentiel, une ou deux pages suffisent amplement pour nous montrer que la mort n’est jamais loin et qu’elle nous guette au tournant.

Le thème du sable (celui du sablier, qui symbolise le temps qui fuit) est le leitmotiv qui traverse toutes ces petites nouvelles, aussi sombres que percutantes. Sable du désert, rose des sables un peu magique, sable avec lequel on fabrique le verre, sables mouvants dans lesquels on s’enfonce désespérément sans espoir d’en ressortir, sable qui envahit l’espace et qui risque de nous étouffer, sable des plaines de jeux où les enfants disparaissent… Tous ces sables sont inquiétants et nous rappellent que notre vie actuelle, que l’on croit bien stable, peut très vite basculer dans l’horreur.

Car certaines des nouvelles de ce recueil sont à la limite du fantastique, ce qui leur donne un petit côté original que personnellement j’ai adoré. Bon, je ne vais pas ici vous donner trop de détails, mais retenez que ce côté fantastique sert surtout à nous montrer que notre vie confortable peut basculer à tout moment. Comme je le disais au début : nous n’avons pas de futur, le temps de nous apercevoir que nous sommes éphémères et déjà nous avons passé.

L’illustration de couverture (merci à France Delhaye !) est en elle-même un résumé du livre, puisqu’elle nous montre un squelette dont les os sont déjà partiellement éparpillés sur un lit de sable. Beau raccourci pour dire que chaque grain de sable qui s’écoule du sablier nous rapproche de l’instant fatal. « Vulnerant omnes, ultima necat » (Toutes blessent, la dernière tue), disaient les anciens Romains en parlant des heures. Voilà une formule que Laurent Dumortier aurait pu faire sienne, assurément.

Bonne lecture, ne traînez plus pour vous procurer ce livre, car le temps presse, je vous assure !

Jean-François Foulon a lu "Sables" de Laurent Dumortier

Jean-François FOULON

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Jean-François Foulon a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-François Foulon a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Joli recueil de nouvelles que nous offre là Marcelle Dumont. C’est le premier livre que je lis d’elle mais je n’ai vraiment pas été déçu (pour ceux et celles qui n’auraient pas compris, cette tournure est une litote pour dire que j’ai adoré).

Souvent les lecteurs sont un peu réticents à lire des nouvelles. Ils ont tort, car chaque texte pris isolément est souvent très fort. Sans doute préfèrent-ils les textes plus longs, qui leur permettent de rester avec les mêmes personnages pendant 250 pages. Sur ce point-là, évidemment, on ne peut que leur donner raison et j’avoue que moi-même j’étais tellement pris dans les différentes histoires racontées ici que j’aurais voulu qu’elles se poursuivent. Loin d’être là un défaut, c’est plutôt la preuve d’une grande qualité littéraire.

Ceci dit, à y bien réfléchir, les textes de Marcelle ne sont pas des nouvelles au sens strict. En effet, une nouvelle est généralement courte et sa fin doit être surprenante. Ici, certains textes sont tout de même assez longs et la situation qu’ils décrivent se poursuit jusqu’au bout. Plutôt qu’une fin étonnante, on a plutôt une fin inéluctable, qu’on sentait venir, mais qui du coup plonge le lecteur dans une réflexion existentielle. En effet, les histoires racontées, qui tournent pourtant autour de l’amour et du désir, finissent quasi toutes de manière dramatique. Non pas qu’il y ait des crimes (à vrai dire, il y en a un, mais chut, je ne veux rien révéler) mais plutôt une sorte de destin auquel les personnages n’échappent pas. Pourtant, on n’est pas ici dans la tragédie grecque, avec des dieux qui se jouent des hommes et de leur « ubris », de leur orgueil. Non, on a plutôt des personnages qui recherchent l’amour à tout prix, pour différentes raisons, et qui du coup se retrouvent dans une relation de couple peu satisfaisante. Quelque part, ils sont donc responsables de la situation dans laquelle ils se sont mis. Pourtant, Marcelle Dumont ne les condamne pas. On dirait plutôt qu’elle voudrait les voir réagir, prendre enfin leur vie en main et retrouver leur liberté. Mais les pauvres n’y arrivent pas, car les hommes (ou plutôt les femmes, car ce sont surtout elles les héroïnes) sont faibles.

Différents cas de couples mal assortis sont envisagés (ce qui donne au recueil une unité certaine et il suffit de suivre ce fil rouge pour passer d’un texte à l’autre). Il y a la petite bourgeoise hautaine, fière de sa beauté, dont la mère repousse tous les prétendants car ils ne sont jamais assez bien pour elle et qui finira vielle fille. Il y a celle qui veut fuir sa mère à tout prix et qui pour cela épouse le premier venu. Il y a celle qui rêve de voit enfin mourir ce mari mal aimé qui végète maintenant dans un lit, quasi inconscient. Il y a la petite employée qui passe son temps de midi avec un collègue bien sympathique, mais qui se rend compte un jour qu’elle est sur une pente dangereuse. Il y a les amoureux de la Grande Guerre, qui ne peuvent que s’écrire des lettres de plus en plus tendres. Pourtant le beau Poilu restera dans sa tranchée et en reviendra pas. Il y a deux marchands de glace italiens qui se battent pour les beaux yeux d’une demoiselle un peu provocante. Il y a celle qui a épousé un artiste un peu fou, avec qui la vie est tout simplement impossible, mais qu’elle aime et qu’elle aimera toujours, même quand le couple se sera défait. Il y a Christine, qui sombre peu à peu dans la folie (un cas d’Alzheimer ?) au décès de son mari. Ce texte est beau et poignant, car la décrépitude de l’héroïne est décrite par petites touches, ce qui prouve que Marcelle Dumont sait raconter une histoire. Tout est vu en fait par les yeux naïfs et incrédules de Christine, qui ne comprend plus rien au monde qui l’entoure et qui perd peu à peu la mémoire. Il y a enfin la petite tenancière d’une pompe à essence qui finit par prendre un amant pour échapper à sa vie morne.

Dans tous les cas, donc, les femmes de ces histoires avaient misé sur l’amour et elles se retrouvent malheureuses et prises au piège. Marcelle Dumont semble donc vouloir nous donner une leçon de lucidité. Ne rêvez pas, ne comptez pas sur les autres et encore moins sur le prince charmant. Trouvez plutôt assez de force en vous pour vous assumer.

Le style est très classique, très beau et se lit sans difficulté aucune. Les mots et les phrases coulent comme une rivière et le lecteur se laisse emporter par ce flot continu. C’est vraiment là un beau recueil.

Jean-François Foulon a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Jean-François Foulon

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Christine Brunet a lu "Vulgarisons ! L'art de vivre sans âme" de Christophe Steynen

Publié le par christine brunet /aloys

Christine Brunet a lu "Vulgarisons ! L'art de vivre sans âme" de Christophe Steynen

Franchement, je ne savais pas à quoi m'attendre en ouvrant le livre. La 4e de couverture est suffisamment énigmatique pour éveiller ma curiosité.

Ce roman... ou plutôt cette réflexion, est émaillée de poésies, comme autant de monologues ou de dialogues intérieurs. Quelques croquis ponctuent également le fil de l'écriture (instants privilégiés pour interpeller le lecteur), un peu comme si l'auteur ne pouvait dissocier prose, poésie et dessin (En passant, Christophe, si ton autoportrait est ressemblant... Euh, comment dire...)

Je parlais de réflexion. Oui, une réflexion sur l'amour, la vie de couple, la fuite du temps et le sens de l'existence.

A la suite d'un terrible événement, le personnage principal, très (trop) investi dans sa vie professionnelle, remet sa vie en question. Il repense son positionnement vis à vis des autres, de ses amis, de sa famille, vis à vis de sa femme aussi. Peu à peu une nouvelle idée prend forme... Plus qu'une idée, il "rencontre" la foi en tentant de répondre aux questions qui le minent.

Christophe Steynen nous invite à le suivre dans un cheminement presque spirituel aux côtés d'un héros qui s'était perdu au fil du temps et retrouve le chemin du bonheur.

Christine Brunet a lu "Vulgarisons ! L'art de vivre sans âme" de Christophe Steynen

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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