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Valérie Dereppe nous présente son ouvrage "Etrange présence"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie :

J’ai limité ça en ces quelques lignes car je ne ressens pas plus le besoin d’afficher un quelconque diplôme qu’un chien n’a besoin d’afficher son pedigree. Quant à ma vie, j’en ai eu plusieurs, ce serait trop long à raconter et mon esprit de synthèse m’a amené à ceci :

L’auteure de ce livre, Valérie, est clairvoyante et pratique le tarot depuis de nombreuses années. Elle a participé à 117 émissions TV en direct et –en raison d’un parcours artistique voire atypique-, se définit désormais comme accordeuse d’âmes.

L’essentiel n’est pas d’être le premier, mais d’être heureux. Nous pouvons accéder à davantage d’épanouissement, de joie et de bonheur et un pas à la " foi ", faire tourner un cercle de plus en plus vertueux. 

Valérie part du principe que rien n’est le fruit du hasard, que l’extérieur est le miroir de l’intérieur et que le futur ne fait jamais que se calquer sur le passé... la perception du passé, plus exactement. D’où l’urgence de renouer avec son ami de Lumière au présent, sa puissance intérieure… avec la VIE et, autant que faire se peut, vibrer la joie.

 

Résumé :

     Cet opuscule, Étrange présence, narre la rencontre entre un être de Lumière et son habit de matière, entre le fond et la forme qui revêt ici le surnom de Lou. Lou traverse une crise existentielle et cet être de Lumière -son ange en somme-, va remettre un peu d’ordre dans ses idées, dans ses pensées et, ce faisant, la tirer vers le haut.

 

Extrait :

En m’écoutant, son visage s’assombrit comparable à un soleil noir ; on aurait dit qu’il savait exactement de quoi je parlais : il souffrait et je n’étais plus seule. Interactivement, j’étais galvanisée par sa présence et l’ombre de mes mots déteignait sur lui. Une vague de lumière dissipa sa ténébreuse empathie lorsqu’il déclara :

  • Ange déchu, spectre de lumière blanche, n’oublie jamais ceci : Tu es poussière d’étoile et tu retourneras en poussière d’étoile.

Non, pensai-je, ce ne sont pas des paillettes de LSD que le marchand de sable a placé dans mes yeux, mais bien de la poussière d’étoile !

Publié dans Présentations

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Pascale Gillet B. nous présente son nouvel ouvrage "Salon de coiffure"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Extraits  (pg 32-33 et pg 139)  « Le salon de coiffure »

 

« Charles interrompt sa rêverie et retourne vers les précieux cartons.

Outre cette facture de « Marie-Claire » de 1937, il retrouve une farde en contenant d’autres, toutes annotées et concernant exclusivement le salon de coiffure.

 

Les premiers feuillets qui racontent sa mère datent bien de cette époque. Il s’agit d’une série de feuilles lignées proprement découpées d’un cahier d’écolier. L’écriture y est concentrée et dense. Il se demande pourquoi sa mère n’a pas laissé ces notes en un carnet relié, le nombre impressionnant de pages noircies correspondant à quelques livrets complets. Ces mots constituent ainsi le début de ses confidences manuscrites.

Il avait fallu qu’il aille à l’école et soit moins présent à ses côtés pour qu’elle découvre le délassement de rédiger pour elle-même. Son écriture est élégante, elle a utilisé de l’encre bleue ou noire et une plume très fine de sorte qu’elle a pu couvrir les feuillets détachés de façon très serrée sans gaspiller d’espace ni nuire à la lisibilité de son texte. On sent dans la calligraphie, outre le plaisir de raconter, un réel bonheur pour l’acte en lui-même, la satisfaction de suivre les lignes fidèlement, de transcrire chaque lettre dans un soin réussi.

Le contenu de ces pages a ravi Charles. Sa mère y livre une série d’anecdotes cocasses, croustillantes, parfois déchirantes qu’elle avait vécues avec ses clientes. Il était satisfait de s’y retrouver en filigrane.

La plupart des dames qui fréquentaient le salon étaient attentives à ses désirs d’enfant, elles étaient pleinement comblées de son existence silencieuse et de sa réserve qui leur donnaient l’occasion de s’étendre sur leur progéniture à elles. »

 

 

« Cette fois, Richard avait invité sa mère chez lui. Il pressentait qu’ils arrivaient au dénouement de son récit et quoiqu’il puisse apprendre, il préférait son décor rassurant qui lui donnait l’illusion d’être davantage maître de la situation. Il avait préparé un navarin d’agneau comme lui seul savait l’accommoder.

Il excellait dans l’élaboration de plats mijotés qui ne lui réclamaient aucun affairement dans la cuisine au moment du repas et le laissaient libre de participer à l’ambiance générale avec ses invités.

Il avait recouvré son calme et vivait une manière de paix décomplexée bien qu’inachevée. Par-delà la terrible révélation à propos de son père, les mots de sa mère avaient exorcisé la honte coupable qu’il traînait en secret dans son sillage depuis la guerre.

Il avait résolu de la laisser reprendre son discours sans agacement impatient. »

 

 

Biographie : Pascale Gillet-B

Pascale Gillet-B est née à Liège en 1959.

Retraitée de l’enseignement, elle passe son temps à écrire, à s’occuper de ses enfants et petits-enfants et à faire des promenades avec son mari ; Elle aime les chiens, la mer et les fleurs.

 

 

Résumé  « Le salon de coiffure »

Dans ce roman, deux amis, Charles et Richard, vont remonter le fil du temps et ainsi retrouver leur adolescence bouleversée  à la fin du conflit meurtrier de 1940-45,  puis traverser les années de cette guerre désastreuse jusqu’à leur petite enfance et leur première rencontre.

Leur mère respective les guide l’un et l’autre sur le chemin de ces souvenirs, parfois compliqués, souvent douloureux.

Blessé par le décès récent de sa mère, Charles fera ce retour en arrière, à son rythme, à travers les mille et mille papiers entassés dans des cartons et noircis de la belle écriture maternelle qu’il lira avec émotion et passion.

Richard affrontera sa mère au cours de rencontres de plus en plus ardues mais également de plus en plus intimes  où elle se livrera sans pudeur et avec beaucoup d’amour.

Les deux amis arriveront transformés au plus profond d’eux-mêmes au terme de ce cheminement très particulier.

Publié dans Présentations

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Viktoria Laurent-Skrabalova publiée dans le recueil poésie du monde

Publié le par christine brunet /aloys

Viktoria Laurent-Skrabalova publiée dans le recueil poésie du monde
Viktoria Laurent-Skrabalova publiée dans le recueil poésie du monde

J'ai le plaisir de vous annoncer la publication de ma poésie dans l'anthologie Poésie du monde des Éditions du Cygne. Il s'agit d'extraits de mon recueil bilingue, franco-slovaque. Je fais partie des 50 poètes publiés venant des quatre coins du monde !

 

 

Publié dans ANNONCES, Poésie

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"L'avis de Lily", un texte publié dans le recueil "Révolutions"

Publié le par christine brunet /aloys

 

L'avis de Lily 

Publiée dans le recueil collectif "Révolutions" - Chloé des Lys, 2008. 

  

Lilianne a piqué du nez pendant quelques minutes, elle s’en rend compte aux sourires amusés des siens. « Welcome back Grandma ! » murmure Troy, son petit-fils, serrant sa main avec douceur. Elle lui fait un clin d’œil et redresse la tête, lasse et écoeurée à la vue du gâteau que Mary-Beth, sa belle-fille, est en train de découper. Un gâteau recouvert d’une sorte de crépi de maçonnerie blanc, au pourtour orné d’un hideux double feston orange et vert fluo. Un ridicule dindon de plastique roux et rouge, piqué au-dessus d’un Happy Thanksgiving écrit de guingois, tremble et puis s’effondre. 

  

Quelle horreur, pense-t-elle. Ca fait des années qu’elle « n’a plus faim pour le dessert », ce qui lui permet enfin d’éviter cette succession de gâteaux aux couleurs et goûts répulsifs. Des années d’un petit plaisir silencieux sous prétexte du grand âge de son estomac. Car Lilianne n’a jamais été, il faut le dire, quelqu’un qui donnait son avis s’il allait contre celui de la majorité. 

  

Mariée de guerre, enceinte et amoureuse, elle avait débarqué en 1946 à New York, chargée de son argenterie et de son trousseau brodé-main, avec des centaines d’autres mariées de guerre. Sous les fenêtres des bus qui les emmèneraient vers leur destination finale, des Américaines ulcérées agitaient des panneaux : Go home, Frenchies ! Elle avait rejoint Allamuchy, dans le New Jersey, au bord de la Musconetcong, pour y trouver une belle-famille en larmes : Don, son amour, son dieu en uniforme… Don était mort trois jours plus tôt d’un accident de la route. 

  

Elle était restée, cherchant son rire dans ces champs cultivés, et son souvenir dans sa vieille chambre qu’elle occupa désormais. Elle avait permis à la Musconetcong d’emporter ses larmes et son avenir, sans un bruit. 

  

Elle laissa son nom devenir Lily. Accepta que Don Junior, son fils, lui soit escamoté par ses beaux-parents qui, disaient-ils, le comprenaient mieux. Toléra que l’on rie de son argenterie et de ses draps brodés qui finirent par jaunir dans une armoire. Survécut à la consternante découverte, quand elle maîtrisa bien la langue, qu’ils étaient tous ignares et bigots. Pria Josette, sa sœur venue rendre visite en 1965, de ne rien dire alors qu’on lui expliquait, comme à une sauvage qu’il faut instruire, les bienfaits du frigidaire et de l’aspirateur. Détourna le regard lors du mariage de Don Junior et Mary-Beth quand on accueillit Josette et son mari en leur clouant des casquettes de baseball rouges sur la tête. Endura les coups d’œil amusés parce qu’elle portait toujours des tailleurs ou jolies robes, des bas et ses perles. 

  

La naissance de Troy la sauva. Elle l’aima et puisa en elle ce qui restait de primesautier, de charmant, d’enthousiaste pour ce garçonnet, réplique de ce beau lieutenant tant aimé dans ce qui semblait une autre vie. Et lui, il s’était lové dans cette niche d’amour comme un petit opossum et y avait grandi à l’abri de la médiocrité. Il parlait parfaitement le français, aimait la bonne cuisine, et enseignait l’histoire de la Chine à l’Université de New York. Troy, Troy… le pourquoi et pour qui de toute cette vie en exil de soi… 

  

« … et il va autoriser que l’on fore dans les réserves d’Alaska ! Il était temps, il faut un homme comme lui pour protéger l’autonomie de la nation ! » John, le frère de Mary-Beth, postillonne son avis comme toujours, le dentier bringuebalant dans sa bouche. Lilianne et Troy échangent un regard sans paroles, et elle pince les lèvres avec irritation. Mary-Beth le remarque avec surprise. Jamais sa belle-mère n’a eu la moindre velléité d’opinion querelleuse. Amusé, Troy se penche vers son élégante grand-mère et demande : « Tu voulais dire quelque chose, Grandma ? » 

  

Elle se tourne vers lui, hésite, et puis, le regard ferme, ses deux mains gracieusement repliées sur la table, elle ouvre la porte à sa pensée : « Ce président que vous aimez tant, c’est un imbécile ! » La stupeur écarquille tous les regards en face d’elle tandis qu’un rire plein de triomphante gaieté fuse à son côté. Leurs deux joies s’unissent en une cascade rafraîchissante.

Publié dans Textes

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Le flou du miroir, Brigitte Hanappe... Une chronique signée Carine-Laure Desguin en partenariat avec ACTUTV !

Publié le par christine brunet /aloys

https://youtu.be/oYES4zWyrnk

Publié dans Fiche de lecture

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Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"
Joël Godart nous propose un extrait de son recueil "Entre deux rives"

Publié dans Poésie

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"De soufre et de miel", le dernier ouvrage de Silvana Minchela dans Bruxelles Culture de janvier 2020

Publié le par christine brunet /aloys

 "De soufre et de miel", le dernier ouvrage de Silvana Minchela dans Bruxelles Culture de janvier 2020
 "De soufre et de miel", le dernier ouvrage de Silvana Minchela dans Bruxelles Culture de janvier 2020
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Carine-Laure signe un article dans la revue AURA 100 : "La porte"

Publié le par christine brunet /aloys

 

THEME AURA 100 : LA PORTE

 

Je prendrai la porte, comme on dit

 

De la fenêtre de ma chambre, j'ai vu un type qui ressemblait comme deux gouttes d’H2O au prof de bio, même démarche bancale et trois livres sous le bras gauche tout comme lui, une façon comme une autre de jouer à l’intéressant. D’un pas décidé, il traversait la rue en diagonale. Il ne regardait pas les nuages qui assombrissaient le ciel ni même les jolis visages que ces cumulus formaient et déformaient au gré des souffles et des éternuements d’Eole. La destination du type se précisait. Droit au but. Hélas. Et putain, oui, c'est bien chez moi qu'il se pointait. Et putain, oui, c’était bien le prof de bio. Le temps de penser ça, j'ai entendu les deux coups de sonnette. Ding dong. Dans quelques minutes, ma mère saurait tout, mes absences aux cours, mes derniers résultats scolaires (minables), et puis toutes les conneries qui collent à tout ça, des dégâts collatéraux qu’on appelle ça. Un désastre. Pire, un tsunami. Trop tard pour inventer une stratégie quelconque style lancer une pile de livres sur la tête de l’intrus, ou mieux encore, une télévision ou quelque chose comme ça, un truc très lourd et très volumineux qui aplatirait sa cervelle et l’empêcherait à jamais de me nuire. Après sa visite, faudra assumer et recoller les morceaux. Rien que d’y songer, j’ai senti mes entrailles qui se contorsionnaient. J'ai descendu les marches de l’escalier sur la pointe des pieds (c'était pas si facile, n’ai rien d’une danseuse, moi) et je me suis plantée derrière la porte du living. J'ai entendu du blabla et du blablabla. C'était pas bon du tout. Surtout pour moi. Monsieur Machinchose a quand même dit, Il me semble que du côté artistique, Mado et blablabla et reblablabla. Ma mère a répondu un truc du genre, C'est pas faux ce que vous dites là, elle aime dessiner. Quand Dingo s'est fait écraser par ce chauffard, Mado n'a fait ni une ni deux, elle s'est agenouillée sur le trottoir et a commencé à dessiner avec ses doigts des figures géométriques dans la flaque de sang, le sang de Dingo, vous voyez? Et je vous le répète, avec ses doigts ! Sûr qu'avec une telle description de mes performances artistiques, le prof, il a compris un tas de choses. Et d'ailleurs, il n'a pas fait long feu dans la baraque, il a déguerpi trente secondes après avoir entendu l’histoire du trottoir, du sang de Dingo, et puis de moi et de mes délires psycho-géométriques.  Monsieur Machinchose a même ajouté, Ah bon vous ne l’aviez pas énervée dix minutes avant cela, même pas ? Ma mère a pensé que tout cela était bon pour moi et elle a dit, Non non Mado a dessiné tout ça de sa propre initiative, sans aucune influence. Mado était dans son état normal, je vous assure.

Ce soir-là, ma mère n'a pas gueulé. Elle était soucieuse quand elle a fristouillé dans le congélateur et elle a juré quand elle a tourné dans tous les sens les boutons du four à micro-ondes pour réchauffer les lasagnes, comme tous les jeudis soir. Elle m'a dit, Tu dînes ici ? tout en manipulant les lasagnes, les verres et les assiettes. Et puis elle a ajouté comme si elle était obligée de parler, Qu'est-ce que je vais faire de toi à présent? Je savais pas si elle attendait une réponse. Je savais pas si elle me posait la question à moi ou au type qui agitait ses longs bras sur l'écran de la TV (impayée encore à ce jour). Son smarphone a vibré et elle a décroché. J'en ai su un peu plus. Mon prof de bio qui était aussi mon titulaire (ça je le savais), s'était pointé car le courrier envoyé par le bahut était resté sans réponse de sa part. Mado avait des dispositions pour les arts (...) et donc il serait préférable d'envisager une inscription de ce côté-là. Sa copine à l'autre bout du téléphone a sans doute questionné car ma mère a répliqué, Mais si, souviens-toi, je te l'avais dit, quand Dingo a  été assassiné par ce chauffard de merde, Mado n'a pas manqué de dessiner des trucs bizarres dans la flaque de sang et c'était d'ailleurs très joli, tellement joli que j’ai tout photographié. Elle a dit aussi, Non rassure-toi je n’ai pas oublié de sauvegarder les photos des dessins ensanglantés sur le trottoir car comme tu dis, on n’sait jamais, de l’art c’est de l’art avec du sang de chien ou sans sang de chien. Le prof a aussi proposé un changement d'air. Comme elle s'entend bien avec m'mam, elle ira quelques mois là-bas. Et m'man, ça lui fera une compagnie. À son âge, c'est très bien, elle se sentira moins seule. Et puis, elle aura quelqu’un pour remonter ses bouteilles de lait de la cave, promener Bart, éteindre la TV puisqu’elle oublie un tas de choses, répondre au courrier, et puis que sais-je moi ? Mado sera là et m’ma aura l’esprit tranquille, c’est qu’elle vieillit à mort de ces temps-ci, à mort je te dis. L'intergénérationnel, c'est tendance, non? La copine a trouvé l'idée super géniale car ma mère a répété, N’est-ce pas que c’est une bonne idée ? Elle a ensuite raccroché et m'a dit, T'as entendu? T’es contente? Te voilà presque libre, un grand pas en avant pour toi ! J'ai pas répondu, je finissais la lasagne et j’avais pas envie de parler la bouche pleine, ça se faisait pas à c’qu’on m’avait dit. Quoique. Après la dernière bouchée mâchonnée pendant une éternité, j'ai dit, C'est très bien comme ça, j'irai chez m'ma demain matin. Puisque de toute façon je suis virée des cours, autant me virer d’ici aussi. Je prendrai la porte, comme on dit. J’ai fixé mon assiette salie par la sauce tomate et puis j’ai demandé, M’ma a toujours son p’tit chien ? Bart, c’est ça ? Question à laquelle ma mère a rétorqué, Fous-moi la paix, tu vois pas que je cherche des trucs sur mon smart, les photos de tes dessins. Avec le sang de Dingo. 

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« La Fille aux Yeux Bandés » Nicole Graziosi nous en annonce l’arrivée toute proche

Publié le par christine brunet /aloys

 

« Si c’est du vécu, quel cauchemar ! Si ça ne l’est pas, quelle précision dans la psychologie et la connaissance de l’âme humaine et de sa méchanceté ! »

Telle était la note du Comité de Lecture de Chloé des Lys.

Après en avoir proposé quelques extraits au cours des derniers mois, en voici la conclusion : Lettre à mes géniteurs Jusqu’à la fin des temps, jusqu’à ma fin, je croyais vous haïr pour ce que vous avez fait de moi. Allais-je, maintenant que tous espoirs sont vains, alors que toutes attentes se sont révélées caduques, traîner cet énorme boulet que fut ce pain noir si souvent souhaité par vous. Que nenni !

Si je n’oublie pas vos malversations, vos calomnies, vos diffamations qui ont transformé ma vie en un champ de mines, si je n’oublie pas vos injustices, je n’en suis plus détruite. Si je n’oublie pas le lavage de cerveau que d’un accord commun et avec constance vous pratiquèrent à mon égard, je n’en suis plus victime.

Mais sachez que vous m’avez rendue très forte face à l’adversité. Même ma crainte de vous retrouver dans l’au-delà n’est plus. Certes, je ne serai pas enterrée auprès de ma Grand-Mère dans ce joli cimetière que j’aimais tant, pour ne pas vous y côtoyer dans la mort puisque cela ne fut pas possible durant la vie. Tel est mon unique regret.

Votre départ me soulage, m’allège. Votre départ m’offre la vie. Ce départ m’offre ma vie et ma liberté. Il m’est arrivé de penser que l’un et l’autre avez été très malheureux pour vous comporter de la sorte. J’ai été très malheureuse puisque c’était votre souhait.

Mais je n’en ai que plus aimé. Aimé les miens. Et j’ai découvert quelles sont mes valeurs à leur égard. Ce sont respect, honnêteté, justice et tolérance. C’est également et surtout encouragement à être. Vous connaissez ? Ne dit-on pas que ce qui importe ce n’est pas ce qu’on a fait de nous mais bien ce que nous avons fait de cette oeuvre.

C’est à vous que je dédie le présent récit. Pourtant, moi, je vous aimais ... ! ! ! ! ! ! ! ! !

Dorine

Publié dans ANNONCES, Textes

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Un texte de Carine-Laure Desguin dans la revue Aura 101

Publié le par christine brunet /aloys

 

THEME AURA 101 : MAISON


 

Avenue Léon Blum, 137b, 1040 Bruxelles 

 

C’est lors d’une séance de dédicace dans une librairie du centre-ville de Bruxelles que j’ai rencontré Herman Stoels. Herman Stoels, le genre de lecteur qu’on n’oublie pas. Et d’ailleurs ce nom, Herman Stoels, ne m’était pas inconnu, me semblait-il. Mais j’ai croisé tellement de gens au cours de ces dix dernières années que les méprises et les quiproquos, je ne les compte plus. Ce Stoels tenait sous le bras droit cinq exemplaires de La maison tentaculaire, un livre publié voici huit ou neuf ans déjà et dont j’étais l’auteur. Pour moi, ce livre, un best-seller à l’époque, était déjà vintage. Herman Stoels m’a déposé la pile de livres sous le nez tout en me tendant de la main gauche un stylo. Je n’ai pas posé de question. Il me semblait que je devais obtempérer et que dès lors, le type s’en irait au plus vite. C’est ce que je souhaitais, son départ, car sa tronche me mettait mal à l’aise. La libraire qui supervisait cette séance de dédicace m’a demandé : Tout va bien pour vous monsieur Hervé ? Sans doute elle aussi avait remarqué que cet Herman Stoels n’était pas un lecteur comme un autre. Non pas qu’il était vêtu d’une façon excentrique, que du contraire. Herman Stoels était engoncé dans un costume gris, vieillot, et d’une grande banalité, sans aucune fantaisie. Son visage était cireux, c’était ça qu’on remarquait de suite, ce visage cireux aux traits tendus. Et puis cet air déterminé et robotisé qu’il arborait avait quelque chose d’effrayant. D’où cette question de la libraire. Je lui ai répondu : tout est toujours parfait chez vous, Alexia, si vous pouviez me remplir d’eau pétillante ce grand verre vide devant moi, ce serait plus que parfait. Les quelques lecteurs qui entouraient Herman Stoels ont souri. Pas lui. Il a lâché sur un ton péremptoire : Pour la dédicace inscrivez, Pour Herman Stoels, avenue Léon Blum, 137b, 1040 Bruxelles. Oui, bien volontiers monsieur Stoels et pour la dédicace des quatre autres livres, je…Vous inscrivez la même chose, me coupa-t-il. Il continua : Chaque jour j’analyse deux ou trois pages de votre livre et chaque jour j’apprends des choses au sujet de cette maison. Et puis, ces choses-là, je les vis. Vous me comprenez, j’en suis certain. Car ce livre est loin d’être une fiction. N’est-ce pas, monsieur Claude Hervé ? D’ailleurs, cette adresse, avenue Léon Blum, 137b, à 1040 Bruxelles, c’est une adresse que vous connaissez, n’est-ce pas ? N’est-ce pas, monsieur Claude Hervé ? J’étais concentré sur les dédicaces et plus les secondes s’écoulaient, plus la moiteur de mes mains gênaient le maintien du stylo. Une angoisse m’étreignait, je n’osais plus relever la tête et faire face à cet Herman Stoels. L’histoire de ce livre, La maison tentaculaire …Non, je me trompais, cela était impossible. Tout en dédicaçant le dernier exemplaire destiné à cet Herman Stoels, des images se superposaient, des flashs m’assaillaient. Bien sûr, c’est à ce type que j’avais vendu la maison. Sans doute que ce Stoels percevait mon mal-être, il ricanait d’une façon tellement cynique. D’autres lecteurs attendaient pour une dédicace et certains ne connaissaient pas ce livre plus ancien, La maison tentaculaire. Vous avez encore des exemplaires de La maison tentaculaire ? demanda un gars et ajouta avec humour parce que si cette maison est tellement mystérieuse… Alexia répondit sans hésiter, Non, ce livre est épuisé depuis longtemps ! Alors, monsieur Claude Hervé, la mémoire vous revient-elle à présent ? demanda Stoels. Ce livre n’était pas une fiction, n’est-ce pas ? insista-t-il. Rassurez-vous, je tairai ce que j’ai découvert. Il n’y a que vous et moi qui pouvons comprendre tout cela, n’est-ce pas ? N’est-ce pas monsieur-l’écrivain-aux-multiples-prix-grâce-à-cette-maison-tentaculaire ? Les lecteurs en attente d’une dédicace commençaient à s’impatienter, je percevais comme un mouvement de foule, le ton montait…C’est une mise en scène, cela nous annonce la couleur de votre prochain livre ! s’écria une lectrice très imaginative. Et j’ai entendu des éclats de rire, de larges vagues d’éclats de rire. Alexia rassembla les exemplaires dédicacés de La maison tentaculaire, les mis entre les mains de cet étrange bonhomme et invita discrètement cet Herman Stoels à s’éloigner des autres lecteurs qui applaudissaient de plus en plus fort. Tous avaient crû à cette histoire de mise en scène. Alors j’ai continué tant bien que mal, j’ai surfé sur cette histoire de mise en scène et j’ai lâché, Oui, bingo, il y aura une suite à La maison tentaculaire ! L’écho de ces applaudissements retentissent encore en moi aujourd’hui… J’ai regardé s’éloigner Herman Stoels. Juste avant de quitter la librairie il se retourna et hurla : Les murs n’oublieront jamais et un jour ils crieront la vérité ! Les lecteurs applaudirent de nouveau et Alexia me chuchota :  Cette mise en scène était formidable mais la prochaine fois, prévenez-moi. Et sur le ton qu’avait prit Herman Stoels, elle ajouta : N’est-ce pas monsieur Claude Hervé ? N’est-ce pas monsieur Claude Hervé ?

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