Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gilgamesh & Co, le nouvel ouvrage de Véronique Grandpierre sort aujourd'hui !

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans l'invité d'Aloys

Partager cet article
Repost0

Début de la troisième partie du thriller de Bob Boutique 'Bluff'

Publié le par christine brunet /aloys

(L'héroïne arrive en Islande...)

Un lac d’opaline


La route qui mène de l’auberge de jeunesse vers Reykjavik est su-perbe, mais étrange, car elle traverse un immense champ de lave que recouvre une épaisse mousse grisâtre de plusieurs centimètres d’épaisseur, comme ces couches de polyuréthane qu’on emploie pour isoler un grenier par exemple. C’est tellement impressionnant, quasi lunaire, que Liddy s’arrête pour prendre des photos et gamba-der sur ces blocs de basalte matelassés dans lesquels elle se laisse tomber en riant de bonheur, les bras en croix comme dans de la neige. Côté océan, à cent mètres, la plage est noire. Elle s’agenouille sur le sol sans que cela ne salisse ses Jeans. C’est granuleux comme du sable, mais noir et les vagues, qui viennent mourir à ses pieds, ont quasi la même couleur.
De l’autre côté de la route quasi déserte (un rare véhicule toutes les cinq minutes) s’alignent de petites montagnes sombres qui, de loin, ressemblent à des terrils de charbon écrêtés. Ce sont en fait des vol-cans éteints d’à peine cent mètres de hauteur qu’elle rejoint en cou-rant et sautant sur les rochers moussus comme une gamine. Elle es-calade le flanc poussiéreux du premier à quatre pattes et atteint enfin, le souffle court, le haut du cratère derrière lequel apparaît un enton-noir au fond duquel dort un lac d’un vert phosphorescent. On dirait une énorme émeraude sertie dans un écrin de roche noire. Elle est subjuguée !
- Tu devrais voir ça, Rita ! crie-t-elle en tournant comme une gi-rouette sur elle-même au risque de glisser au fond du lac comme sur un toboggan. C’est le début du monde, c’est mer-veilleux, fantastique et je t’aime !
Elle finit par s’asseoir en équilibre sur l’arête du cône volcanique, les bras enroulés autour des genoux, et enlève ses grosses lunettes de myope afin de mieux contempler le paysage de science-fiction qui l’entoure. Elle n’a pas froid et pour cause. Ses joues sont rouges d’excitation ; elle est bien emmitouflée dans son polaire et il fait au moins quatorze degrés sans un souffle de vent.
- Tu devrais voir ça… chuchote-t-elle dans un murmure en tour-nant la tête autour d’elle dans un long travelling.
Dans la plaine apparaissent çà et là des plaques jaunes, ocres ou cui-vrées d’où s’échappent des volutes de fumées sulfureuses qui diffu-sent dans l’air des effluves douçâtres d’oeuf pourri. On se croirait dans un décor de jeu vidéo.
Alors qu’en bas sur la nationale l’attend sa petite Yaris rouge désor-mais aussi menue qu’un jouet.


Mais…

 

Bob Boutique

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Résultats du concours "Les petits papiers de Chloé" : Rencontre du troisième type"

Publié le par christine brunet /aloys

Qui a participé ? 

Antonia Iliescu : le texte 1

Séverine Baaziz : le texte 2

Edmée de Xhavée : le texte 3

Christian Eychloma : le texte 4

Micheline Boland : le texte 5

Serge Guérit : le texte 6

Isabelle Chevalier : le texte 7

 

Quel texte a été plébiscité ??? le texte 4 !!!! Bravo à Christian Eychloma !!! et merci à tous les participants !

 

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Un nouvel extrait de "Gwen, adieu", le nouveau thriller de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Aéroport Manas – Kirghizie – 02 novembre 15h55


Le Boeing 737 atterrit à l’heure sur le seul aéroport international de
ce petit pays d’Asie centrale. Le long bâtiment bas en béton sans intérêt
architectural défila devant le hublot tandis que l’appareil se garait entre
un Boeing d’Air Manas et un Pegasus Airlines.
Légère bousculade à la sortie puis la salle des bagages et la douane dans
un décorum très épuré, froid, un peu usé voire désuet : un reliquat de
l’ère soviétique probablement. Quelques guichets de change, mais aucun
touriste pour les squatter.
Gwen passa dans le hall d’arrivée et fouilla des yeux la foule disparate
des amis et des parents. Inutile de penser que le fameux Pavel serait là
pour l’attendre. Elle se dirigea donc, sac à l’épaule, vers la sortie et héla
un taxi orange qui s’empressa de dépasser la file des voitures particulières,
flairant la course juteuse.
Elle ouvrit la portière arrière, se pencha et s’apprêtait à monter pour
donner sa destination (un bon hôtel en centre-ville repéré, au cas où, lors
de la courte attente à Roissy) lorsqu’une main referma d’autorité le battant
tandis qu’un corps massif s’interposait, l’obligeant à retrouver le trottoir.
–– Je crois que nous avons rendez-vous ! jeta une voix masculine en
français avec un fort accent slave.

Elle se redressa et détailla le personnage qui dépassait son petit gabarit
de vingt bons centimètres : 1m75 environ, glabre, cheveux bruns très
courts, la cinquantaine bien portée, muscles saillants sous un T-shirt blanc
moulant et des yeux d’un marron noisette surprenant.
–– Tiens ! Je me demandais justement si vous aviez reçu mon message…
répliqua-t-elle du tac au tac avec ironie en se demandant comment il
pouvait supporter la température sibérienne à cette altitude. Un véritable
dur à cuire…
Elle lança au chauffeur de taxi dépité un « sorry » rapide avant de
donner toute son attention au personnage.
–– Ma voiture est par là, grinça d’une voix autoritaire celui qui ne
pouvait qu’être le dénommé Pavel.
Pas question de refuser son « offre », et puis elle était là pour ça…
Son regard accrocha le biceps et un bout de tatouage qui l’interpella :
une main fermée autour du canon de ce qu’elle soupçonnait être une
Kalachnikov sur fond rouge, sûrement une étoile… Un Spetsnaz ! Ou un
ancien des forces spéciales russes. Les choses se compliquaient un peu plus
d’autant que l’un des gestes dévoila un bout de dessin lui faisant penser à une
chauve-souris stylisée, symbole du GRU et de l’OMON : que faisait ce
genre de type dans le paysage ? Pourquoi un agent spécial russe trempait-il
dans l’histoire ? Était-il encore en activité ou était-il devenu un mercenaire
comme Kolenko, le tueur de Malte ? Probable… Elle se dit soudain qu’elle
n’aurait jamais dû venir et que cette erreur allait lui être fatale.

Un 4x4 haut sur roues, très carré, noir : une UAZ48 sinistre aux vitres
omniprésentes, mais très teintées. Le Slave ouvrit la portière arrière et la
poussa sans ménagement sur la banquette en lui bloquant toute possibilité
de fuite ou d’esquive, sac sur les genoux. L’intérieur, en tissu noir,
était spartiate. À ses côtés, un autre balèze, cheveux blonds ondulés tirés
en arrière pour un visage buriné au regard sévère. Au volant, à côté d’un
Pavel fermé et froid, limite hostile, un homme plutôt fluet aux origines
asiatiques de ce qu’elle pouvait en voir dans le rétroviseur central.
Le moteur vrombit. Le tout-terrain roula vers la sortie. Un bref arrêt le
long d’une guérite en bois pour le paiement du parking, quelques pièces à
un gardien en uniforme marron engalonné en échange d’un reçu, puis une
route goudronnée, jalonnée de nids de poule avec un terre-plein central.
Tout autour, une campagne détrempée passablement lugubre. De chaque
côté de la chaussée, une haie d’arbres déplumés par l’hiver naissant.

Silence profond entre les quatre passagers. Afin de tester sa situation,
avec le plus de naturel possible, elle tira son portable de la poche… immédiatement confisqué par son voisin au profit du chef de groupe. Elle
regarda l’appareil passer de main en main, un sourcil levé : gestes et regards
étaient remplis d’animosité.
Elle soupira puis se concentra sur le paysage tandis que le tatoué sortait
une tablette tactile d’une valisette à ses pieds, se retournait complètement,
genoux sur le siège, et prenait quelques clichés de leur passagère avant de
reprendre sa place, satisfait.
La campagne avait laissé la place à une avenue large coincée entre des
barres d’immeubles à l’architecture très soviétique : le reliquat d’un passé
pas si lointain. Peu de véhicules et aucun passant sur les trottoirs luisants
de pluie. Morne, déprimant… Du coup, son esprit zappa vers Ceyreste,
les cigales en été, le soleil, les odeurs de garrigue… Reposant.

Une zone industrielle et un hangar désaffecté devant lequel le conducteur
freina brutalement. La suite n’allait sûrement pas être très drôle. Les
trois hommes descendirent. Elle poussa la porte avec une décontraction
qu’elle ne ressentait pas, et les suivit sans contrainte physique, mais sous
étroite surveillance. Impossible de faire un pas de côté sans être reprise
par le collet.
À l’intérieur, le sol était en terre battue, tassée, noire d’huiles moteur
dont le fumet rance fuitait désagréablement jusqu’aux narines. Des caisses
entassées le long du mur, des planches, des morceaux de machines, des
papiers, des cartons crevés et une pièce en forme de cube vitré, éclairée,
meublée d’un bureau en fer. Cet espace clos était occupé par une silhouette
de dos à la carrure massive, tête chevelue rousse, longue et frisée,
penchée sur l’écran d’un portable ; face au militaire, quelques chaises, et
une rangée de classeurs métalliques verts chargés de liasses de dossiers et de
papiers jaunis. Et puis, au milieu de l’espace de stockage, à une vingtaine de mètres, ...

Publié dans l'invité d'Aloys

Partager cet article
Repost0

Opération Taranis de Didier Veziano... Extrait

Publié le par christine brunet /aloys

 

Paris - Bureau du Premier Ministre.

— Monsieur Le Premier ministre, désolée de vous déranger, mais j’ai le général Le Garrec en ligne qui demande à vous parler en urgence.

— Passez-le-moi ! ordonna-t-il à son assistante.

Le Premier ministre mit la main sur le combiné et pria les deux personnes en face de lui de bien vouloir le laisser seul un instant. Il attendit qu’elles soient sorties avant d’entamer la discussion avec le directeur de la DGSE, impatient de prendre connaissance des dernières avancées de l’enquête.

— Général, j’espère que vous avez des informations rassurantes ?

— Affirmatif, Monsieur le Premier ministre. On a certainement retrouvé la trace de Yousef Zayad. Et il se pourrait que l’on ait également retrouvé celle du responsable opérationnel en France.

— Pourquoi ai-je l’impression de ne ressentir aucune certitude dans vos propos ?

— Peut-on se voir très rapidement, Monsieur le Premier ministre ? J’ai des choses importantes à vous annoncer et surtout des solutions à vous proposer. Je pense qu’il serait utile que le ministre de la Défense soit présent également. En revanche, étant donné le caractère particulièrement… confidentiel que je souhaite donner à cet entretien, il ne me paraît pas opportun que votre conseiller soit présent dans un premier temps.

Le Premier ministre hésita quelques instants avant d’accepter. Il fixa un rendez-vous dans l’heure, une nouvelle fois au grand dam de son assistante qui soupira à l’idée de devoir encore bouleverser son agenda. Quant au ministre de la Défense, il fallut mettre en avant le caractère extraordinaire de la situation pour qu’il accepte de se rendre disponible immédiatement.

Le Garrec arriva dix minutes en avance au rendez-vous. En fait, le temps de prendre son dossier, de fumer le quart d’une cigarette, il avait quitté son bureau du boulevard Mortier pour se rendre sans tarder à l’Hôtel Matignon, gyrophare sur le toit.

Les trois hommes s’installèrent dans le salon privé du bureau du Premier ministre qui, dans une brève introduction, expliqua au ministre de la Défense qu’il ne faisait plus aucun doute qu’une action terroriste de grande envergure était en préparation sur le sol français. Il lui fit part également du pessimisme qui avait plombé la dernière réunion entre lui et le Général. Le ministre de la Défense ne semblait pas particulièrement ravi d’avoir été tenu à l’écart. Ne pouvant extérioriser sa colère vis-à-vis du Général, il se contenta de lui lancer un regard noir, lui signifiant ainsi que les choses n’en resteraient pas là.

— Voilà où nous en étions, mon cher ami, lorsque nous nous sommes quittés avec le Général, conclut le Premier ministre.

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Texte 7 du concours "Les petits papiers de Chloé" : Rencontre du troisième type

Publié le par christine brunet /aloys

L’enlèvement.

 

Je me retrouvais là, nu sur ma pelouse humide. La lumière blafarde du réverbère m’indiquait que c’était la nuit. J’avais froid. J’étais fatigué. Tandis que les étoiles commençaient à tourner, j’ai entendu le crissement des pneus sur les gravillons des voisins puis une voix familière :

— Ho ! Chéri ! Regarde ! C’est Claude. Il faut appeler les ...

 

— Il reprend connaissance.

— Monsieur Charpentier ! Je suis le docteur Besson. Comment vous sentez-vous ?

— Bien, je crois.

Autour de moi, les murs sont blancs. Un flacon suspendu m’indique qu’une perfusion est reliée à mon bras droit. Je suis à l’hôpital.

— Que vous est-il arrivé Monsieur Charpentier ? Vous en rappelez-vous ?

 

Que m’est-il arrivé ? Que m’est-il arrivé ?

Les souvenirs me glacent, me perturbent. Une douleur insiste. Des regards attendent des réponses.

Je commence mon récit mais je bafouille, tant je suis bouleversé. Des blouses blanches, attentives, m’écoutent. Par moment, elles se regardent en hochant la tête comme si... comme si je n’avais pas toute la mienne. Et pourtant...

Je n’aime pas cela. J’ai besoin de réfléchir et de me remémorer seul les événements.

Après leur avoir expliqué ma promenade nocturne pour cause d’insomnie, le bruit strident consécutif à un flash qui m’a laissé aveuglé quelques minutes, la sensation qu’on me saisissait et qu’on m’emportait dans les airs à une vitesse qui m’en a retourné les tripes, le retour de ma vision accompagné d’une frayeur en me retrouvant face à des créatures monstrueuses, j’ai ajouté :

— Je suis fatigué.

Puis j’ai fermé les yeux, comme si je tombais dans un profond sommeil.

 

Maintenant que le silence et la solitude habitent ma chambre, je peux passer en revue ce lieu incroyable, là-haut, quelque part. Celui que ma personne, choquée, a gravé dans ma mémoire.

Une lumière rouge et chaude éclaire une pièce ronde aux cloisons qui semblent onduler en vagues régulières. C’est très étrange et même dérangeant. Cela me donne la nausée mais moins que les créatures qui me maintiennent debout avant de commencer à me déshabiller avec brusquerie. Elles sont à la fois légèrement collantes et rêches.

— LÂCHEZ-MOI !

Tandis que je me débats, on me tâte, on me pince avant de m’attacher sur un support mou et spongieux.

 

Malgré ma vision encore perturbée de points lumineux, j’essaye de détailler de grandes, fines et poilues créatures qui m’observent d’un œil noir, central et irisé de vert. Au dessus, perchés sur des antennes mobiles, deux sortes d’yeux globuleux font des mouvements saccadés de concert avec leurs cils épais qui bougent sans cesse.

Ces globes semblent être des organes pour communiquer.

 

Je crie. Je supplie. Ces monstrueux bipèdes ne réagissent pas. Sont-ils sourds ?

Ils observent ma bouche. Une patte velue vient la toucher.

Eux, ils ont une trompe, fine et enroulée comme celle de certains insectes. Mon orifice buccal semble être une découverte. Un ongle crochu insiste et inspecte ma langue. Un goût âcre m’écœure. Je mords. Le membre supérieur, semblable à la patte d’une mouche, se retire.

Cette comparaison me glace. La panique monte. Je voudrais m’échapper mais maintenant je suis comme englué par des liens verdâtres.

Les créatures parcourent tout mon corps sans tenir compte de ma pudeur. Elles me tournent sur le côté. Elles tâtent mes fesses. Leurs globes s’agitent.

Elles s’intéressent à cette partie charnue de mon corps. Je crie mais elles ne m’entendent pas. C’est sûr. Elles sont sourdes.

— A A Ah !

On me pique !

— Aïe !

On m’injecte quelque chose qui me brûle.

C’est horrible. J’ai mal.

J’ai l’impression qu’on m’arrache mes chairs, je m’évanouis.

 

Quand je me réveille, je grelotte. On dirait que je suis fiévreux. Je suis dans la pénombre. Mes membres sont libres. Ma fesse droite me lance. Ma main y découvre un trou sanguinolent.

Ces bestioles m’ont-elles goûté ? M’ont-elles bouffé ?

La panique monte.

Certains de leurs organes : leurs yeux, leurs pattes m’ont fait penser à des mouches. Mais ont-elles des ailes ? Je ne me souviens pas en avoir vu.

Elles arrivent. Non, elles en sont dépourvues.

Si ce sont des sortes de mouches, mangent-elles de la même façon, en injectant des enzymes pour dissoudre les chairs ?

Je pense à ma fesse. Je tremble d’effroi. Les créatures m’observent. De leurs globes mobiles, elles semblent échanger sur ma personne. Que me veulent-elles enfin ?

JE VEUX rentrer chez moi.

Tandis que des sueurs froides envahissent mon dos et mon front, je tente le tout pour le tout. Je me mets à cligner des yeux tout en bougeant mes globes oculaires de haut en bas et de gauche à droite.

Ça y est ! J’ai capté leur attention. Je continue de plus belle.

Les créatures partent soudain. Ont-elles compris que je suis doté de raison ?

 

Après un temps qui me semble une éternité, elles reviennent.

De nouveau, on m’emporte. Je me retrouve sur un sol transparent au dessus des nuages.

Tout à coup ! La surface élastique se dérobe

— AU SECOURS ! JE TOMBE !

NON ! Je ne veux pas m’écraser sur notre belle terre !

C’est à ce moment là que tout est devenu noir puis je me suis réveillé dans mon jardin.

 

Je touche ma fesse pansée dont la douleur persiste. Dans le couloir j’entends :

— Il a du se faire mordre par un chien. La fièvre l’a fait délirer.

— Oui, mais que faisait-il nu dehors ?

Si je leur dis la vérité, je risque d’être interné pour folie.

Somnambule ! Mais bien sûr.

Je leur dirai qu’il m’arrive de souffrir de crise de somnambulisme.

 

Je garderai pour moi mon incroyable enlèvement.

 

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Texte 6 du concours "Les petits papiers de Chloé" : Rencontre du troisième type - Votes jusqu'au 15/09 minuit

Publié le par christine brunet /aloys

Rencontre du troisième type


 

Les paupières mi-closes, je voyais à peine tant le soleil me brûlait les yeux.

Tout ce sable devant moi semblait se perdre jusqu’au-delà de l’horizon. Un navire à moitié enseveli, la coque couleur rouille, des ailes et des carlingues d’avions posaient sur le flanc, les hélices tordues et des dizaines d’objets plus hétéroclites les uns que les autres empilés au pied d’un tas montagneux ressemblant à une pyramide… feuillue.

Mon corps allongé me semblait être en apesanteur, mon esprit vacillait dans un trouble complet et incompréhensible, ne me permettant plus de mettre les choses dans un ordre logique.

J’étais mal dans ma peau, mon estomac me remontait jusque dans la gorge, mes muscles manquaient totalement de force, mon sang chauffait mon corps plus fort que le soleil. Des idées farfelues me traversaient la tête, j’avais l’impression de vivre un cauchemar de haut vol, rien de rationnel, étais-je sur une autre planète, chez les petits hommes verts ? Ce décor n’était certainement pas celui d’un conte de fées, était-ce un châtiment divin ou une renaissance impie. Je ne comprenais rien à cette situation extraterrestre.

Soudain sans les avoir vues arriver, trois ombres de statures différentes, une petite nerveuse, une grande mince et une moyenne plus… dodue apparurent dans les reflets du soleil.

Ces trois ombres parlaient ma langue et c’est à ce moment précis que tout était devenu beaucoup plus clair.

Le premier petit type bizarre me dit

« Tu viens jouer avec moi dans le bac à sable, j’ai sorti tous mes jouets ?»

Puis le second type me dit

« Ta bouteille de vodka est vide, je te la remplace ? »

Et la rencontre avec le troisième type me fut fatale

« Ah non alors ! Votre père doit encore tondre la pelouse, ramasser ce tas de feuilles et il est déjà complètement bourré ! »

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Texte 5 du concours "Les petits papiers de Chloé" : Rencontre du troisième type

Publié le par christine brunet /aloys

LA RENAISSANCE D'ONCLE XAVIER


 

Depuis ma plus tendre enfance, un immense surgélateur occupait toute une cave chez ma grand-mère. J'ai quinze ans et je ne l'ai jamais vu ouvert alors que deux autres recèlent des trésors de crèmes glacées et gâteaux. Je ne sais pas ce qu'il contient. Il faut dire que Mamy m'a toujours interdit de l'ouvrir. D'ailleurs, comment aurais-je pu y parvenir puisque seul un code en permettait l'accès ?

Ce jour-là, il y a une réunion familiale chez Papy et Mamy. Par la fenêtre du living, j'aperçois un jeune homme barbu qui se balade dans le jardin. Il ressemble étrangement à mon oncle Xavier : le regard pétillant, les cheveux noirs abondants, la mèche sur le front ne peuvent me tromper. Ce jeune homme, je ne le connais que pour l'avoir vu en photos. Toujours en troisième position en partant de la gauche, ce qui me faisait rire quand j'étais petit. Je me souviens de la réaction de Mamy face à mon étonnement : "Tu sais, c'était mon troisième enfant et à l'époque la tradition voulait que les enfants soient rangés par ordre d'âge. C'était très facile ! Ça évitait les disputes inutiles !"

J'avais déjà tenté d'en savoir plus au sujet d'oncle Xavier. Mamy m'avait alors répondu : " Xavier, c'est le frère de ton père. Il a disparu, il y a bien longtemps." J'avais repris : "Disparu ? Comment ça ? " Mamy avait juste dit :"C'est tellement vieux. On n'aime pas d'en parler. Quand tu seras plus grand, tu sauras…"

Je brûle d'envie de sortir pour bavarder avec le jeune barbu et en savoir plus à son sujet. Petit problème : pour quitter la maison, je dois passer par la cuisine et cela Mamy ne l'apprécierait pas du tout. Je m'approche de la fenêtre, je fais un signe en essayant d'attirer son attention, mais il ne me remarque pas.

Dans la maison, l'ambiance est festive. Tout le monde boit du champagne et mange de délicieux petits gâteaux. Les conversations vont bon train. La bonne humeur règne. Mes grands-parents, mes parents, mes oncles, mes tantes, mes cousins, tous semblent joyeux en attendant la surprise et le speech de seize heures précises promis par Papy. Un moment d'inattention et je suis dans le jardin. Personne n'a rien vu ! Je vais à la rencontre du jeune barbu.

"Bonjour. Je m'appelle Axel. J'ai vu votre photo dans un album. Vous êtes mon oncle Xavier ?

- Bien sûr que je suis oncle Xavier. Et toi, tu es qui ?"

Je n'ai pas le temps de répondre. Déjà quatre heures sonnent au clocher voisin. Xavier m'entraîne et nous entrons. Tous sont tournés vers mon grand-père qui vient de commencer son discours. Apparemment, personne n'a remarqué notre présence. Papy annonce : "Retournez-vous ! Je vous avais promis une heureuse surprise et je tiens ma promesse. Xavier, notre fils; Xavier, votre frère; Xavier, votre oncle; Xavier, votre cousin; Xavier que chacun croyait disparu est là et bien là. Approche-toi, Xavier… Je suis heureux de constater que tu as déjà fait connaissance avec Axel, le plus jeune de mes petits-enfants. Vois-tu Axel, Mamy et moi vous avions fait croire qu'il avait disparu. En fait, Xavier avait eu un accident de moto et était très mal en point. Les médecins nous ont conseillé de garder Xavier dans une armoire de cryogénisation. En attendant, prétendaient-ils, que la médecine ait fait suffisamment de progrès pour qu'on puisse le ramener à la vie. Il y a quelques semaines, nous avons reçu l'excellente nouvelle : Xavier allait être sauvé. Aujourd'hui, nous l'accueillons donc ! Faites connaissance avec lui et amusez-vous bien ! N'oubliez pas que Xavier est bien plus vieux qu'il ne le paraît !"

Les retrouvailles ont été inoubliables… Tous nous avons entouré Xavier, l'avons tour à tour serré dans nos bras et embrassé très fort. Puis il est passé de petit groupe en petit groupe. Nous avons terminé la soirée assis l'un à côté de l'autre dans le canapé et Xavier m'a confié : "Je n'ai gardé aucune séquelle de mon accident. Je reprends ma vie là où je l'avais laissée, mais j'ai l'impression que beaucoup de choses ont évolué en vingt-deux ans. Ce ne sera pas facile. Mais tu pourras peut-être m'aider à me mettre au courant, n'est-ce pas ?"

Xavier et moi sommes restés très liés ! C'est chouette d'avoir un oncle à peine plus âgé que soi et de pouvoir lui apprendre plein de choses !

Le grand congélateur a disparu.

Mon grand-père m'a expliqué : Mamy et lui s'étaient mis sur la paille pour sauver leur fils. Pendant vingt-deux ans, ils n'en avaient parlé à personne.

À présent, je regarde les photos de famille avec beaucoup plus d'attention. Mes yeux sont inévitablement attirés par le troisième personnage en partant de la gauche.

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Texte 4 du concours "Les petits papiers de Chloé" : Rencontre du troisième type

Publié le par christine brunet /aloys

La vieille dame tranquille


 

Cette adorable vieille dame, un peu rigolote, me faisait invariablement penser à la maîtresse de Titi et de Gros Minet, avec ses cheveux blancs impeccablement tirés en arrière et retenus par un chignon en boule, ses petites lunettes sur le bout du nez et le gros camée épinglé sur le haut de son corsage immaculé. C’était madame Vialet.

Une voisine sans histoire, incroyablement discrète, que je voyais régulièrement aller et venir à pas menus, les jours de marché, tirant un caddie en tissu écossais dont les roulettes tressautaient sur les aspérités de l’allée mal entretenue.

Elle vivait seule avec son chat, un matou ébouriffé aussi noir que les chemisiers de sa patronne étaient blancs, et j’avais beau fouiller dans mes souvenirs, je ne me rappelais pas avoir jamais vu quiconque lui rendre visite. Et plus j’y pensais, plus je sentais comme une espèce de tristesse m’envahir. Aussi, le jour de la fête des voisins, je n’y tins plus. Plein de compassion, un carton de pâtisseries à la main, je grimpai avec détermination les trois marches me séparant de la terrasse pour aller appuyer sur la sonnette.

Elle vint m’ouvrir au bout d’une petite minute, entrebâillant prudemment la porte, le regard étonné mais aussi souriante qu’à l’accoutumée. Puis son sourire s’élargit en apercevant le paquet que je tenais délicatement par le ruban doré qui le fermait. « Oh ! » s’exclama-t-elle, visiblement ravie.

Elle s’effaça pour me laisser entrer. « Comme c’est gentil, monsieur ! » ajouta-t-elle en m’invitant d’un geste à la précéder dans un couloir assez sombre. Jetant un coup d’œil amusé sur la tapisserie à fleurs passablement défraîchie, un peu gêné malgré tout, je pénétrai bientôt dans une salle à manger qui sentait le renfermé et l’encaustique. Et là, là…

Je lâchai mon paquet qui heurta le carrelage avec un bruit mat. Saisi de stupeur, en proie à toutes sortes de sentiments contradictoires dont la très désagréable impression d’être victime d’un sinistre canular, je contemplai bouche bée, la gorge sèche, les deux grosses créatures insectoïdes commodément installées sur le canapé de cuir synthétique, à côté du chat en train de se lécher consciencieusement le bout des pattes.

« Ah oui… » intervint gaiement la vieille dame. « Suis-je étourdie… J’ai omis de vous avertir que j’avais des invités ! »

Des invités… Ces longues antennes et ces yeux globuleux qui me fixaient comme s’ils me transperçaient, cette carapace chitineuse, ces larges membres antérieurs qui leur donnaient l’allure de mantes religieuses… Non, c’était trop énorme, ça ne pouvait pas être vrai ! J’avalais difficilement ma salive.

« C’est… c’est quoi, ça ? » parvins-je à articuler, paralysé d’effroi.

« C’est qui, voulez-vous dire ? » répondit-elle en riant. Puis, facétieuse : « Je les ai appelés Dupont et Dupond car ils sont inséparables ! »

Surréaliste… C’était à devenir fou !

« Mais… mais enfin, bonté divine, d’où sortent ces… ces horribles choses ?

- Heureusement qu’ils ne comprennent pas vos paroles, ils pourraient bien se vexer, vous savez ! » fit-elle remarquer sur le ton de la plaisanterie. « Je crois qu’ils viennent de Sirius, monsieur…

- Comment ça, de Sirius ? Que me racontez-vous là ? Vous vous moquez de moi…

- Pas du tout ! Je crois qu’ils viennent de Sirius, parce que…

- Bon, ça suffit ! De Sirius ou d’Alpha du Centaure, peu importe ! Que foutent-ils là et quand sont-ils arrivés ? Pourquoi n’avez-vous pas immédiatement averti les autorités ?

- Mais pourquoi faire ?

- Pourquoi faire ? » m’étranglais-je. « Pourquoi faire ? Deux extra-terrestres débarquent chez vous et vous trouvez normal de ne rien dire à personne ? Vous êtes complètement inconsciente, ou quoi ? Quand je pense à toutes ces polémiques à propos de leur possible existence… »

Elle prit un air attristé.

« Ils m’ont fait comprendre à chaque fois qu’ils ne reviendraient plus me voir si je faisais ce que vous dites.

- Parce qu’ils étaient déjà venus ? » m’exclamai-je, au comble de l’ébahissement.

« Oh oui, souvent ! Ils dissimulent leur petit vaisseau dans le jardin, derrière la maison, et nous passons un bon moment ensemble ! Des gens charmants… Si vous saviez tout ce qu’ils m’ont appris !

- Mais… » soufflai-je, incrédule. « Vous avez dit vous-même qu’ils ne pouvaient pas comprendre ! Ce qui n’a rien d’étonnant…

- C’est parce que ça ne se passe pas du tout comme ça. Il faut toucher leurs antennes pour qu’ils puissent transmettre des images directement dans notre cerveau ! Eux lisent facilement nos pensées… Allez-y, faites-le, vous verrez ! »

Je reculai instinctivement.

« Quoi ? Venir plus près de ces affreuses bestioles ? Les toucher ? Vous êtes sérieuse ?

- Je vais vous montrer… » déclara-t-elle en se dirigeant tranquillement vers le canapé.

Puis elle tâta à plusieurs reprises l’antenne de l’un des arthropodes qui ne broncha pas.

« À vous, maintenant ! Vous voyez, ils ne m’ont pas mangée… Ils sont si gentils ! Alors, pourquoi devriez-vous craindre quoi que ce soit ? »

Effectivement… Malgré l’incoercible répulsion que j’éprouvais, je sentis qu’il allait devenir difficile de me dégonfler. La boule au ventre, je m’approchai et m’exécutai avec une infinie délicatesse, prêt à bondir en arrière au moindre frémissement de l’un des deux aliens.

Alors, dans un éblouissement, je vis. Je vis une multitude de mondes très différents, plus merveilleux les uns que les autres, avec de vastes forêts d’étranges végétaux, des fleurs d’une stupéfiante beauté, des lacs scintillants sous des soleils pourpres, oranges, ou bleus, des rivières et des cascades. Je vis des villes splendides dont les tours gracieuses s’élançaient très haut dans un ciel bariolé, et d’immenses spatioports envahis d’essaims d’objets volants se déplaçant à la verticale avec d’incroyables accélérations.

Et puis, je vis soudain tout autre chose. J’eus d’un coup l’impression de pouvoir lire à livre ouvert dans l’âme de la vieille dame, de m’imprégner de sa candeur, de la pureté de ses sentiments, de son inébranlable probité, de son total désintéressement. En un mot, de sa sainteté, qualificatif qui ne me serait jamais venu à l’esprit avant d’éprouver ce que je venais d’éprouver.

Le temps de commencer à m’en remettre, ce fut mon tour… Mes mesquineries, mes lâchetés, mes mensonges, mes trahisons, mon égoïsme, mes pensées délétères… Tout ça et bien plus encore me sauta violemment à la figure, me laissant complètement sonné, comme sous l’effet d’une terrible gifle. Grand Dieu… étais-je un tel monstre ?

Sérieusement ébranlé, je sortis à reculons du salon et quittai précipitamment le domicile de la vieille dame, sans plus écouter cette dernière qui tentait gentiment de me retenir. L’humble, l’obscure madame Vialet qui avait eu l’honneur de recevoir les premiers visiteurs de l’espace. Elle et non pas le président de la République, les membres du gouvernement ou les représentants du parlement. Ou moi-même, habitant juste à côté et n’en ayant jamais rien su…

Je passai le reste de l’après-midi à guetter, derrière les vitres, le départ du vaisseau spatial. Je ne vis absolument rien, finis par aller me coucher sans rien pouvoir avaler et ne réussis pas à fermer l’œil.

Le lendemain matin, épuisé, je constatai avec dépit l’absence de la vieille dame. Bien décidé à contacter le journal local pour la forcer à raconter son invraisemblable histoire, et tout en prenant grand soin de son matou, j’attendis impatiemment son retour pendant des jours, des semaines, des mois. Mais nul ne la revit jamais ni ne fut capable d’émettre la moindre hypothèse sur ce qu’elle avait bien pu devenir.

Mais son chat et moi avons notre petite idée et, à la nuit tombée, nous observons ensemble, pendant de longues heures, dans la constellation du Grand Chien, l’étoile la plus brillante du ciel.

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Texte 3 du concours "Les petits papiers de Chloé" : Rencontre du troisième type

Publié le par christine brunet /aloys

La Luciole

 

La Luciole était une de ces petites extra-normes aux origines bousculées, dont le présent aussi la secouait comme une centrifugeuse. Certainement, sa vie ne comportait pas d’il était une merveilleus fois, par un beau matin d’été, elle s’éveilla souriante, sa mère la prit dans ses bras pour la couvrir de baisers, son père était une présence grande et forte, ses frères et elle passaient d’interminables après-midi à jouer dans les prés avoisinants

Elle voulait bien faire, voulait bien croire. Était forcée de faire confiance, et puis forcée de constater qu’elle s’était plantée cette fois aussi. Mais bon, de cette manière, elle avait avancé, en âge en tout cas.

Quand je l’ai connue (le temps d’un repas sidérant), elle venait de se faire prendre en main par un sinistre voyou de la haute (très haute) société française, un comte (oui) hurluberlu et amoral qui se vantait d’un ancêtre auteur d’un livre sur la démonologie, d’une ancêtre devenue Sainte en Italie, de fantômes et esprits malfaisants dans le château, et plus tard de sbires à sa solde qui s’en allaient casser les jambes de ceux que monsieur le comte n’aimait pas ou plus. À l’époque, je ne connaissais pas encore tout son pedigree, je savais juste qu’il était drôle, infidèle (à une épouse qui, actricette de télévision, l’était tout autant), et toujours prêt à une sortie qui ne ressemblerait à aucune autre. Il avait aussi l’avantage d’être plus âgé que notre petit groupe, et surtout celui que nous soyons encore, nous aussi, assez crédules.

Bref, un jour il se présente chez moi avec la Luciole. Une fille au look de titi des rues, toute jeunette, et toute soumise à son destin. Ce type si gentil qui lui avait sans doute dit être fou amoureux d’elle, et qui cherchait à la loger chez ses amis, quelle aubaine, quel seuil menant à la porte du château et la respectabilité. Sa femme comprendrait bien vite, il le lui avait affirmé, et elle habiterait avec lui dans les quartiers Est du château, ceux avec la tour et l’escalier en colimaçon. Il ne voulait plus qu’elle mène cette vie sans amour, lui en était plein, d’amour, elle était sauve ! Oui, sauve, car il l’amène chez moi en me demandant si elle peut loger chez moi le temps qu’il trouve une solution, car tu sais, ma femme, il faut d’abord que je lui en parle. Gloups ! Jamais vu la fille, la fille toute jeune mais délurée à sa façon, et je refuse, offrant toutefois qu’ils restent pour le repas, avec un couple d’amis et mon mari.

La pauvre Luciole se croit dans son futur environnement, avec ses nouvelles relations, et s’efforce d’avoir les manières les plus stylées possible. Elle tient son verre avec le petit doigt tendu comme une pince de crabe, elle se tamponne les lèvres en bouton de rose avec un millimètre carré de serviette, elle écoute poliment nos conversations peu édifiantes sans doute… Le comte la présente, résume à sa façon son existence tirée de Sans famille et Je suis née dans les favellas, et finalement en confiance, la Luciole prend un air très sophistiqué, appuie ses coudes sur la table pour y poser gracieusement son menton, et dans un clignement de paupières détendu me demande : « Et vous, madame, vous avez déjà été en maison de correction ? »

 

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0