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Christine Brunet a lu "Changements" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

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J'ai lu Changements de Laurent Dumortier...

 

La quatrième dimension, vous connaissez, bien sûr... avec Changements, inutile d'allumer votre téléviseur... Elle est là, entre chaque page, au fil des nouvelles qui égrainent les situations inquiétantes ou surprenantes.

 

Tout commence comme un jour normal... juste le temps de s'installer confortablement dans le récit comme on s'installe dans un bon fauteuil... Tout se passe bien... enfin jusqu'àL Dumortier Changements un certain point... 

 

On arrive alors au point final de la nouvelle avec étonnement en se demandant ce qu'on a raté et quand... Vous savez, c'est comme au début de la série... écran noir et parasites... La première fois, on se lève et on va voir ce qui ne cadre pas, on teste la prise...

 

Avec ces histoires, même réflexe la première fois puis on passe à la seconde nouvelle plus méfiant en se demandant à quel moment la situation va nous échapper. Inévitablement elle dérape à nouveau et nous reprend au piège...

 

Un livre que j'ai lu d'un trait, le sourire aux coins des lèvres et les sourcils froncés...

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

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Christian Van Moer a lu "un, deux, trois, soleil!" de Josy Malet Praud

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/chrismellone.jpg

 

J’ai lu Un, deux, trois, Soleil ! le recueil de Josy Malet-Praud édité chez Chloé des Lys.

 

par Christian VAN MOER

 

 

Un, deux, trois… Soleil !

Le starter vous lâche dans la course. Au trésor ? Au bonheur ?...

Comme l’écrit justement Marie-Claire George-Janssens, qui préface joliment l’œuvre de Josy Malet-Praud :

Il est certes des ciels plombés d’injustice, de misère, de menaces, d’hypocrisie, de colère, des ciels sans espoir, des ciels de mort et de vengeance. Viennent aussi les jours de soleil, de soleil d’après l’orage, de soleil espéré, les jours de rire, de cœur en balade. 

Il est bien réconfortant d’espérer avec l’auteur que le soleil finira bien par faire revenir le beau temps après la pluie.

Sous le titre Un, deux, trois, Soleil ! sont réunis 22 textes de facture variée, de longueur inégale, émouvants, surprenants, originaux qui, sans jamais l’enfermer dans l’édification ou la moralisation, déroutent le lecteur vers une réflexion ou une rêverie.

 

LES PRINCIPAUX THÈMES

 

- Le soleil après l’orage :

Honneur au titre du recueil donc… Le thème de l’orage – meurtrier ou salvateur, vaincu ou triomphant – est bien présent chez Josy. Du sommet de l’Olympe, par la foudre, Zeus se rappelle au bon souvenir des hommes et trace toujours les messages divins au tableau noir du ciel.

 

- L’ange gardien :

Il illumine l’univers de Josy, et j’ai trouvé les récits qui illustrent ce thème particulièrement émouvants.

Divin ou humain, homme ou femme, objet de respect ou de dérision, l’ange gardien est là quand il le faut, mais ses pouvoirs sont limités : il fait ce qu’il peut.

Ainsi le père Gautier éloigne la jeune prostituée de l’avilissant trottoir ; Denis le S.D.F. sauve son jeune compagnon d’infortune de l’hypothermie fatale ; Galeo Ligalei – lisez Galileo Galilei, bien sûr –123soleil dessille les yeux de la « sage » Gabrielle dont le vote doit déterminer l’avenir de l’Humanité ; et saint Joseph empêche le crash d’un A320.

Par contre, malgré ses efforts, la doctoresse n’est pas parvenue à sauver le petit Juan et la maman de Sofia pourra-t-elle éviter à sa fille de mourir de son cancer du sein ?

 

- L’émancipation de la femme :

Pour la femme dans l’ombre, effacée, soumise, trompée ou exploitée, la lumière peut un jour venir.

Ainsi, la tapineuse retrouve la joie de vivre dans sa Pologne natale ; la jeune maîtresse d’un médiocre employé de banque est désabusée grâce à une facétie du Destin ; une femme au foyer modèle trouve la force de se libérer d’un tyran domestique ; une autre épouse parfaite, jusque-là uniquement préoccupée par le bien-être des siens, découvre enfin l’existence et l’importance de son « moi ».

 

- La condition humaine :

Pour décrire la condition humaine, l’auteur reprend, sous la forme d’une allégorie originale, le mythe du paradis perdu, du jardin d’Eden dont l’homme, créature divine, est violemment expulsé.

Dans le ventre de la mère – Nidville  – Moha est un fœtus  divin ; c’est « le Tout, la Conscience, la Connaissance, la Mémoire, le Mystère de l’Origine et de l’Avenir de l’Humanité. Mais avec le traumatisme de l’accouchement, tout bascule. En devenant homme, l’image de Dieu voit « sa conscience s’effilocher rapidement et sa mémoire égarer une à une toutes les clés du mystère ». 

 

Hommes ou femmes, avec leurs qualités et leurs défauts, les personnages de Josy sont attachants. Si quelques-uns viennent de l’ailleurs, vous reconnaîtrez aisément tous les autres pour les avoir déjà croisés ou côtoyés. Et ce qui vous sera peu à peu dévoilé, à travers leur histoire, c’est l’espérance derrière l’inquiétude, la sensibilité, l’humanisme de l’auteur.

 

L’ÉCRITURE

 

L’écriture de Josy Malet-Praud est impeccable. Sa langue est irréprochable et son style, travaillé sans outrance, élégant et attrayant. Josy a le don de dévoiler pudiquement le fond de sa pensée et maîtrise l’art de la métaphore pour typer un personnage ou décrire une situation.

Jugez plutôt.

 

- La pensée :

 

… il est des jours et des lunes, des saisons et des années où la poussière et la misère s’inclinent devant la dignité.

 

Elle laisse ses canaris voleter en liberté dans le logement. Madame Chapman porte un numéro à l’encre noire sur son poignet. Elle ne supporte pas les cages.

 

Les scientifiques donnent des clés pour ouvrir des portes. Mais… derrière se tiennent le bien de l’Humanité et le pire qui puisse lui arriver. Il suffit de si peu pour que les bonnes intentions débouchent sur l’enfer. L’Histoire sait de quoi je parle.

 

… l’Humanité crève de la vanité de croire en son éternité.

 

Et parce que cet Ancien aurait échappé à la peste de l’amertume et du renoncement, il sourirait.

Il dirait aux hommes de demain qu’ils ont encore le choix.

 

Alors, comme aux temps incertains de l’enfance, je convoque la lumière des jours plus heureux, l’antidote au poison lancinant des blessures tragiques.

 

Chassé de l’Olympe, tombé dans le Chaos, je suis né, m’acquittant du droit de passage dans l’Existence par la perte irrémédiable de la Conscience.

 

… dans les favelas d’Amérique Latine, des enfants qui n’ont rien, trouvent sous nos yeux déroutés par l’incompréhension, du bonheur à chanter en chœur et à danser au milieu de l’inconcevable.

 

… au milieu des sondes, des perfusions de la chimio, des petites têtes aux cheveux disparus, ce sont eux, enfants au destin peut-être éphémère, qui mènent la fête, nous rassurent et nous soutiennent dans – leur – épreuve.

 

-L’image :

 

Herbert, à moitié couché sur le tapis vert, maintint sa position précaire, grosse otarie en équilibre sur le rebord du billard noir.

 

Judith, une belle fille ronde à l’âge des moissons, cheveux longs ramassés en un faux négligé sur le haut de la tête. Echappées de l’ouvrage, des mèches rousses projettent des reflets mordorés sur un visage au teint de lait.

 

Un boulet de sarcasmes s’engage dans sa trachée : elle est prête à ouvrir les hostilités.

Les mots désobligeants et les reproches piétinent comme les sabots impatients des chevaux, juste avant qu’on soulève la barrière du champ de course.

 

Dans les yeux de Maria Rosa, j’ai vu passer la flèche incendiaire qui vise le cœur et le marque à jamais au fer rouge. Dans ses iris d’ébène, les cratères du désespoir se former.

 

Aux aguets derrière les meurtrières de ses rideaux faits main et jaunâtres comme la peau asséchée de son visage batracien, elle faisait le plein des petits riens de la rue qu’elle passait au tamis de son acidité, et rejetait aussitôt en paquets de scandales sous les portes des maisons du quartier.

 

J’ai su que c’était Lui et l’amour contenu sous la trappe de l’absence a jailli du fond des temps comme les laves incandescentes d’un volcan.

 

- Le mot de la fin :

 

Derrière la fenêtre,

Le soleil, la pluie, la neige, les saisons me sourient,

Derrière la fenêtre, le bonheur d’être toujours moi.

Toutes fenêtres ouvertes,

Je ris aux étoiles, aux comètes, aux oiseaux,

Je respire, je sens, je vois, j’écoute, je frémis.

J’aime le monde et je bois ses lumières,

Je laisse ma trace sur les lignes de la vie.

 

 

Bravo, Josy : Un, deux, trois, Soleil ! offre un bon moment de lecture.

 

 

Christian Van Moer  

christianvanmoer.skynetblogs.be

                                                                       

 

Publié dans Fiche de lecture

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Jean-Philippe Querton nous parle de son nouveau livre "La méthadone m'a tué"

Publié le par aloys

 http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:c7Xy0siilgPexM:http://www.meurs.be/images/publiques/Jean-Philippe_Querton.jpg
Chers Ami(e)s,

 

Je crois que certains d’entre vous ont entendu parler d’un livre sur lequel je travaille depuis un certain temps, un livre intitulé « La méthadone m’a tué ».


Je plante le décor.


En 2007, je suis contacté par Giovanna, une personne du Forem qui me raconte l’histoire dramatique de son fils de 21 ans, décédé d’une overdose de méthadone alors qu’il n’est pas toxicomane.


Cette dame, en totale souffrance cherche à assumer son deuil en réhabilitant son fils dans sa dignité. En effet, à l’époque, les médias font leur une de ce fait-divers dramatique en titrant « Mort d’un toxicomane ».


Malheureusement, dans son combat, elle se heurte à un médecin bien connu et, manifestement bien protégé qui ne sera jamais condamné pour l’erreur qu’il commet en prescrivant ce produit qui s’avère mortel pour une personne non-héroïnomane !


À l’époque, elle souhaite me rencontrer parce qu’elle est persuadée qu’un livre pourrait contribuer à la faire avancer sur le chemin d’une certaine forme de guérison.


C’est ainsi qu’un lien s’est tissé entre elle et moi.


Nous avons mis des mots sur sa douleur et écrit ce livre qui fut refusé par la plupart des éditeurs parce qu’il mettait en cause une personne bien connue.


Nous n’avons pas voulu faire le procès de ce toubib, mais réfléchir à la souffrance d’une mère…

 

Il s’agit d’une belle aventure qui se concrétise enfin, puisque début mars, le livre sortira de presse…

 

Parce que c’est aussi un livre sur l’écoute, j’avais envie de vous en parler.

Parce que la raison d’être de ce témoignage, c’est d’être lu…

 

Amitiés et à bientôt.


 

Jean-Philippe

  

Plus d'infos sur http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/


 
   

Publié dans Textes

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Bertrand Saint-Songe : aux envolés de SENDAI

Publié le par christine brunet /aloys

Bon Jour , Christ In,
 
L'empathie envers cette population nippone touchée en plein coeur ne m'a laissé insensible, fort au contraire, m'interroge en profondeur et m'a bouleversé même tant les images médiatisées ont été impressionnantes...
 
Livre de la Vie (aux envolés de SENDAI)
 
Au livre bien né

LES PERSONNAGES sont invités à danser

Le  Jour de chaque matin nouveau

malgré les peurs

 

Leurs bras semblent des fleurs

Leurs forces un bruit de douceur

Un flux de feuilles dans le vent

                                                                      La liberté est un pont sur nos gouffres

Sur les sources de nos sommeils

La neige des mots

                                  L 'âcre rosée

                                                                      Et la Vie - elle s'obstine à l'infini...

 

                                                                      Les paroles sont des ailes

                                                                      Un soudain

                                                                      d'envol

                                                                      que nous regardons filer vers les sources

 

Une brebis de toutes les cascades qui bêle(nt)

                                                                                      Halte au Livre

                                                                                      Le monde s'écoute autrement

                                                                                      Il est adossé au Néant

Murmure mon souffle, ô corps de l' Absence des vivants

en la demeure des Trésors, murmure, je passe de biais les ténèbres,

aux mots-coulis de la Poésie dont les pages sont couvertes de silence....

 

Pour qui est ce ciel soudainement dessus SENDAI ?

Pour qui sont ces flots qui se sont déchaînés ?

Pour qui cette terre meurtrie sous de multiples failles,

les enciellés, les envolés, ont-ils leurs pages dans les nuages parsemés ?

 

Bertrand   Saint-Songe

bertrandelporte-yahoo.fr.over-blog.com

Publié dans Poésie

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Clef de sol : une nouvelle de Nadine Groenecke

Publié le par christine brunet /aloys

 

nadine groenecke

 

Clef de sol

 

 

 

J’m’appelle Raoul… J’suis en taule. J’en ai pris pour perpète. Alors croyez-moi, c’est pas facile tous les jours ! Les mauvaises langues diraient que j’ai pas à m’plaindre, que j’suis nourri, logé. De ce côté-là, elles ont pas tort, plus besoin de galérer pour pouvoir casser la graine ou trouver un endroit pour crécher en nocturne. Mais la liberté dans tout ça, elles en font quoi ? Si elles pouvaient « tâter de l’incarcération » comme on dit, elles comprendraient vite que la liberté, c’est bath !

 

A travers mes putains d’barreaux, j’fixe les deux seuls trucs que j’peux encore mater : la cime des arbres et un bout d’ciel. Pas d’quoi avoir la banane ! Moi qui kiffe la nature, j’suis grave en manque. J’rêve de  r’voir les p’tites fleurs dans les prés avec les vaches bien grasses qui s’remplissent tranquillement la panse et aussi les jolis ruisseaux qui s’baladent dans les sous-bois avec leur eau si fraîche qu’on croirait qu’elle sort d’un frigo. J’voudrais encore entendre le vent siffler dans mes esgourdes ou sentir les rayons du soleil m’taper sur l’bocal. Et m’remplir la cage à soufflets des bonnes odeurs qui s’trimballent dans les champs dès potron-minet. Ouais, j’peux dire qu’j’étais à mon article dans la cambrousse. Maint’nant, tout ça, c’est plus pour bibi. Faut qu’j’me contente d’mon carreau de ciel. C’est pas une vie !

 

Quand j’étais pas en cabane, m’arrivait d’faire un saut en ville, surtout en hiver à cause qu’à cette saison la becquetance court pas les rues dans la parpagne. Et moi, suis pas du genre à faire régime ! J’trouvais de quoi boulotter dans les poubelles des citadins. Qu’est-ce que j’ai pu m’mettre dans l’buffet les lendemains de fête ! J’me bâfrais à m’en rendre malade. Et, pour c’qui est de la meuf, en ville, y avait d’quoi r’luquer. J’pouvais même m’en taper une à l’occasion. Sont un peu moins farouches là-bas les greluches. Mais l’ramdam à tire-larigot, la pollution et l’manque d’arbres m’filaient vite le bourdon. Aujourd’hui pourtant, j’en f’rais bien mon affaire de la cité. Mais vlà, j’suis au gnouf et j’broie du noir. Y a même des jours où j’pense à avaler mon bulletin de naissance. J’ai bien songé à m’faire la belle, mais j’vois vraiment pas comment. J’suis pas très futé. « Cervelle de moineau » m’serinait ma daronne. Si elle était encore de c’monde, elle supporterait pas d’me savoir embastillé. Faut dire qu’elle a tout fait pour bien nous élever moi et les frangins, frangines. Six qu’on était. Comme l’paternel s’était tiré, c’était pas rose tous les jours. Alors, dès qu’j’ai été en âge de m’démerder tout seul, j’ai mis les bouts. J’ai su m’ner ma barque un bon  moment et puis j’me suis fait choper. La faute à pas d’chance !

 

Faut pas trop que j’pense à tout ça, ça m’fout les boules et en taule, la gamberge, ça vaut rien. Tiens, la porte s’ouvre… c’est l’heure d’la gamelle déjà ? Tant mieux, j’ai les crocs. Eh ben non, pas d’bouffe. Au lieu d’ça, un zig qui, à peine entré, m’fusille du regard. J’en reste scotché. Qu’est-ce qu’il vient foutre là çui-là ? Merde, me dites pas que j’vais devoir partager ma piaule ! Bordel, ça m’en a tout l’air ! Non vraiment y  manquait plus qu’ça ! J’déteste la compagnie et j’aime pas partager, suis comme qui dirait un bourru. Et la promiscuité, c’est pas mon trip non plus ! Ai bien eu deux ou trois potes, comme ce fermier, gros proprio dans un bled au fin-fond de la Lorraine qui m’laissait dormir dans sa grange et qui m’apportait un peu de boustifaille. Le brave gars qui s’la jouait pas, mais l’envie d’rouler ma bosse a pris l’dessus sur les attaches. Pas d’sentiments, pas d’emmerdes ! Pourtant, faut qu’j’vous dise qu’j’ai quand même réussi à fonder une famille. Papa, maman, les mômes. Un chouette beau foyer, quoi. Mais les concessions, l’amour toujours, c’est des conneries tout ça ! L’indépendance, y a qu’ça de vrai. J’y peux rien, c’est l’Bon Dieu l’fautif si j’suis fait comme ça !

 

Pas question d’dérouler le tapis rouge au nouveau v’nu… c’est pas l’Palais des Festivals ma piaule ! Va vite comprendre de quel bois je m’chauffe ! J’me r’dresse d’un coup, l’air mauvais, comme j’sais faire pour terroriser l’pauv’monde. Mais l’autre, au lieu de s’la jouer modeste, se rengorge et, vous allez pas l’croire… s’met à pousser la chansonnette ! Une rossignolade à vous vriller les tympans, de quoi vous faire regretter de pas être sourdingue ! Non mais y s’fout d’ma gueule ! D’la pure provoc ! Comment qui pourrait en être autrement ? Chanter les deux pieds dans la merde ! Un comble ! Avant, moi, j’adorais chanter. Sans m’vanter, j’peux même dire qu’j’étais doué. Pas comme cet hurluberlu qui se prend pour Pavarotti alors qu’y maîtrise même pas l’contre-ut. En tout cas, si y pense m’impressionner, c’est râpé.

 

J’suis à cran, j’vais péter un câble si ça continue. Deux jours que l’chanteur de mes deux braille. S’arrête juste pour becqueter ou pioncer. Soit il a un grain, soit il a décidé d’me pourrir la vie ! Ah, j’en ai connu des barjots et des emmerdeurs mais là j’vous garantis qu’c’est du lourd, il remporte la palme ! J’me r’tiens de lui rentrer dans l’lard pour lui clouer le bec. Il va bien finir par la fermer quand même !

 

Le lendemain, toujours l’même cirque.

 

J’ai l’carafon qu’explose comme un melon en plein soleil. J’vais passer l’arme à gauche si j’trouve pas une solution pour lui couper le sifflet.

 

J’prends mon r’gard de killer.  Faut qu’y comprenne qu’y doit me foutre la paix. Peine perdue ! S’égosille encore plus. S’fout de moi l’animal ! J’vais lui voler dans les plumes à c’gros con !

 

C’est parti pour la baston.

 

J’suis plus moi-même. J’vais l’buter, j’sens plus ma force ! J’cogne encore et encore. Le chanteur de pacotille fait pas le poids. Y s’effondre. Y l’a bien cherché ! Vainqueur par KO…

 

L’silence… enfin. Quel panard ! Ça fait un bien fou l’silence !

 

Ça s’voit qu’j’ai pu l’habitude de la castagne, j’suis vraiment vanné, lessivé de chez lessivé. J’vais m’pieuter une heure ou deux, histoire de m’remettre.

 

Pas moyen d’être tranquille dans l’secteur, v’là encore la porte qui s’ouvre. Des mains m’débarrassent d’la viande froide. C’est sûr ça f’sait pas propre.

 

Ouah, la solitude, quel pied ! Et si j’en profitais pour zieuter mon bout d’ciel bleu entre les barreaux ?

 

Ben…

 

…la porte est restée ouverte !? Ça c’est d’la balle !!! J’vais pouvoir m’faire la malle… Tiens, j’me mets à faire des rimes maint’nant ! La liberté, ça rend poète !

 

Allons-y ! Pas question de moisir plus longtemps dans c’trou à rats ! Il faut mettre les voiles et vite. Un coup d’œil à droite, à gauche et me v’là sorti. J’ai la tocante qui s’emballe et la tête qui tourne. Cool Raoul, pas l’moment d’tomber dans les vapes ! Longer le couloir sans s’faire repérer. Putain, il est long… Fenêtre entrouverte. J’y crois pas… Trop de bol ! J’mets la gomme. Encore quelques mètres…

 

J’me shoote à l’air libre. Allez, j’prends une bonne inspiration avant de m’tirer.

 

Foutu gosse qui beugle : « Maman, viens vite !  La cage est vide, Raoul s’est envolé ! »

 

 

Nadine Groenecke

nadinegroenecke-auteur.over-blog.com

Publié dans Nouvelle

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Qui a écrit cette nouvelle selon vous ???

Publié le par christine brunet /aloys

 

point d'interrogation

 

 

Clef de sol

 

 

 

J’m’appelle Raoul… J’suis en taule. J’en ai pris pour perpète. Alors croyez-moi, c’est pas facile tous les jours ! Les mauvaises langues diraient que j’ai pas à m’plaindre, que j’suis nourri, logé. De ce côté-là, elles ont pas tort, plus besoin de galérer pour pouvoir casser la graine ou trouver un endroit pour crécher en nocturne. Mais la liberté dans tout ça, elles en font quoi ? Si elles pouvaient « tâter de l’incarcération » comme on dit, elles comprendraient vite que la liberté, c’est bath !

 

A travers mes putains d’barreaux, j’fixe les deux seuls trucs que j’peux encore mater : la cime des arbres et un bout d’ciel. Pas d’quoi avoir la banane ! Moi qui kiffe la nature, j’suis grave en manque. J’rêve de  r’voir les p’tites fleurs dans les prés avec les vaches bien grasses qui s’remplissent tranquillement la panse et aussi les jolis ruisseaux qui s’baladent dans les sous-bois avec leur eau si fraîche qu’on croirait qu’elle sort d’un frigo. J’voudrais encore entendre le vent siffler dans mes esgourdes ou sentir les rayons du soleil m’taper sur l’bocal. Et m’remplir la cage à soufflets des bonnes odeurs qui s’trimballent dans les champs dès potron-minet. Ouais, j’peux dire qu’j’étais à mon article dans la cambrousse. Maint’nant, tout ça, c’est plus pour bibi. Faut qu’j’me contente d’mon carreau de ciel. C’est pas une vie !

 

Quand j’étais pas en cabane, m’arrivait d’faire un saut en ville, surtout en hiver à cause qu’à cette saison la becquetance court pas les rues dans la parpagne. Et moi, suis pas du genre à faire régime ! J’trouvais de quoi boulotter dans les poubelles des citadins. Qu’est-ce que j’ai pu m’mettre dans l’buffet les lendemains de fête ! J’me bâfrais à m’en rendre malade. Et, pour c’qui est de la meuf, en ville, y avait d’quoi r’luquer. J’pouvais même m’en taper une à l’occasion. Sont un peu moins farouches là-bas les greluches. Mais l’ramdam à tire-larigot, la pollution et l’manque d’arbres m’filaient vite le bourdon. Aujourd’hui pourtant, j’en f’rais bien mon affaire de la cité. Mais vlà, j’suis au gnouf et j’broie du noir. Y a même des jours où j’pense à avaler mon bulletin de naissance. J’ai bien songé à m’faire la belle, mais j’vois vraiment pas comment. J’suis pas très futé. « Cervelle de moineau » m’serinait ma daronne. Si elle était encore de c’monde, elle supporterait pas d’me savoir embastillé. Faut dire qu’elle a tout fait pour bien nous élever moi et les frangins, frangines. Six qu’on était. Comme l’paternel s’était tiré, c’était pas rose tous les jours. Alors, dès qu’j’ai été en âge de m’démerder tout seul, j’ai mis les bouts. J’ai su m’ner ma barque un bon  moment et puis j’me suis fait choper. La faute à pas d’chance !

 

Faut pas trop que j’pense à tout ça, ça m’fout les boules et en taule, la gamberge, ça vaut rien. Tiens, la porte s’ouvre… c’est l’heure d’la gamelle déjà ? Tant mieux, j’ai les crocs. Eh ben non, pas d’bouffe. Au lieu d’ça, un zig qui, à peine entré, m’fusille du regard. J’en reste scotché. Qu’est-ce qu’il vient foutre là çui-là ? Merde, me dites pas que j’vais devoir partager ma piaule ! Bordel, ça m’en a tout l’air ! Non vraiment y  manquait plus qu’ça ! J’déteste la compagnie et j’aime pas partager, suis comme qui dirait un bourru. Et la promiscuité, c’est pas mon trip non plus ! Ai bien eu deux ou trois potes, comme ce fermier, gros proprio dans un bled au fin-fond de la Lozère qui m’laissait dormir dans sa grange et qui m’apportait un peu de boustifaille. Le brave gars qui s’la jouait pas, mais l’envie d’rouler ma bosse a pris l’dessus sur les attaches. Pas d’sentiments, pas d’emmerdes ! Pourtant, faut qu’j’vous dise qu’j’ai quand même réussi à fonder une famille. Papa, maman, les mômes. Un chouette beau foyer, quoi. Mais les concessions, l’amour toujours, c’est des conneries tout ça ! L’indépendance, y a qu’ça de vrai. J’y peux rien, c’est l’Bon Dieu l’fautif si j’suis fait comme ça !

 

Pas question d’dérouler le tapis rouge au nouveau v’nu… c’est pas l’Palais des Festivals ma piaule ! Va vite comprendre de quel bois je m’chauffe ! J’me r’dresse d’un coup, l’air mauvais, comme j’sais faire pour terroriser l’pauv’monde. Mais l’autre, au lieu de s’la jouer modeste, se rengorge et, vous allez pas l’croire… s’met à pousser la chansonnette ! Une rossignolade à vous vriller les tympans, de quoi vous faire regretter de pas être sourdingue ! Non mais y s’fout d’ma gueule ! D’la pure provoc ! Comment qui pourrait en être autrement ? Chanter les deux pieds dans la merde ! Un comble ! Avant, moi, j’adorais chanter. Sans m’vanter, j’peux même dire qu’j’étais doué. Pas comme cet hurluberlu qui se prend pour Pavarotti alors qu’y maîtrise même pas l’contre-ut. En tout cas, si y pense m’impressionner, c’est râpé.

 

J’suis à cran, j’vais péter un câble si ça continue. Deux jours que l’chanteur de mes deux braille. S’arrête juste pour becqueter ou pioncer. Soit il a un grain, soit il a décidé d’me pourrir la vie ! Ah, j’en ai connu des barjots et des emmerdeurs mais là j’vous garantis qu’c’est du lourd, il remporte la palme ! J’me r’tiens de lui rentrer dans l’lard pour lui clouer le bec. Il va bien finir par la fermer quand même !

 

Le lendemain, toujours l’même cirque.

 

J’ai l’carafon qu’explose comme un melon en plein soleil. J’vais passer l’arme à gauche si j’trouve pas une solution pour lui couper le sifflet.

 

J’prends mon r’gard de killer.  Faut qu’y comprenne qu’y doit me foutre la paix. Peine perdue ! S’égosille encore plus. S’fout de moi l’animal ! J’vais lui voler dans les plumes à c’gros con !

 

C’est parti pour la baston.

 

J’suis plus moi-même. J’vais l’buter, j’sens plus ma force ! J’cogne encore et encore. Le chanteur de pacotille fait pas le poids. Y s’effondre. Y l’a bien cherché ! Vainqueur par KO…

 

L’silence… enfin. Quel panard ! Ça fait un bien fou l’silence !

 

Ça s’voit qu’j’ai pu l’habitude de la castagne, j’suis vraiment vanné, lessivé de chez lessivé. J’vais m’pieuter une heure ou deux, histoire de m’remettre.

 

Pas moyen d’être tranquille dans l’secteur, v’là encore la porte qui s’ouvre. Des mains m’débarrassent d’la viande froide. C’est sûr ça f’sait pas propre.

 

Ouah, la solitude, quel pied ! Et si j’en profitais pour zieuter mon bout d’ciel bleu entre les barreaux ?

 

Ben…

 

…la porte est restée ouverte !? Ça c’est d’la balle !!! J’vais pouvoir m’faire la malle… Tiens, j’me mets à faire des rimes maint’nant ! La liberté, ça rend poète !

 

Allons-y ! Pas question de moisir plus longtemps dans c’trou à rats ! Il faut mettre les voiles et vite. Un coup d’œil à droite, à gauche et me v’là sorti. J’ai la tocante qui s’emballe et la tête qui tourne. Cool Raoul, pas l’moment d’tomber dans les vapes ! Longer le couloir sans s’faire repérer. Putain, il est long… Fenêtre entrouverte. J’y crois pas… Trop de bol ! J’mets la gomme. Encore quelques mètres…

 

J’me shoote à l’air libre. Allez, j’prends une bonne inspiration avant de m’tirer.

 

Foutu gosse qui beugle : « Maman, viens vite !  

La cage est vide, Raoul s’est envolé ! »

Publié dans auteur mystère

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Marcelle Pâques: "L'âme des choses et des lieux"

Publié le par aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes2/paquestete.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'âme des choses et des lieux

 


 
Vieille barque de pêcheurs
dans un jardin retraitée
dont le bois gémit et pleure
sa jeunesse envolée
 
Chapeau de paille déformé
couvrant les vilaines pensées
d'un jardinier guilleret
et de sa voisine esseulée
 
Tache d'encre irrévérencieuse
dans un cahier d'écolier
témoin de la fuite silencieuse
de l'élève prisonnier
 
Jardin fou, lieu enchanté
havre de paix, de poésie
d'où mon esprit sort rassasié
des milles saveurs de la vie
 

 

 

Marcelle Pâques

Publié dans Poésie

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Daniel Plasschaert a lu "Nouvelles entre chien et loup" de Micheline Boland

Publié le par aloys.over-blog.com

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ZOBDi4YLTJXs9M:http://www.bandbsa.be/contes"Nouvelles entre chien et loup", critique de Daniel Plasschaert

 

Entre rencontres inattendues ou espérées, attendues et rêvées. Entre bancs et fontaines, chambres d'hôpitaux et tables de restaurants, les personnages de ces nouvelles posent des questions au lecteur; une de ces questions parle de la fragilité du bonheur et du destin.

 

En un instant, tout peut basculer dans une vie. Dans un sens comme dans un autre, il suffit d'un regard, d'un objet, d'une attention qui se porte sur un détail insolite, d'un rayon de lumière, d'une toute petite décision prise au début de la journée.

 

À la lecture de ces nouvelles, on est tenté de jeter un pont entre elles et sa propre vie. On découvre des liens, des similitudes ou on les invente, on se revit en miroir, on pénètre dans le récit, on en fait partie.

 

Quelquefois nous vient l'impression de suivre tel ou tel personnage, dans la rue, dans un parc, on s'assied à sa table, on l'écoute parler ou penser. On anticipe ses réactions, on l'observe et l'on suit le cheminement de ses sentiments.

 

J'ai croisé Simenon dans ces atmosphères, certaines descriptions. Ce n'est pas Simenon, c'est sa compagnie discrète, en arrière plan. Comme s'il rêvait que ces petits tableaux psychologiques puissent devenir des intrigues. On n'en est pas loin.

 

L'un ou l'autre de ces personnages n'aurait-il pas des intentions cachées ? On ne le saura peut-être jamais. Où alors c'est à nous de pousser l'écrivain à devenir détective, oui, détective des âmes.

 

 

Daniel Plasschaert

danofsky.be


Publié dans Fiche de lecture

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Alain Magerotte a lu "Cartache !" de Georges Roland

Publié le par aloys.over-blog.com

Alain

 

CARTACHE !

                                           Par Georges Roland

 

Le pauvre Carmel, Guy de son prénom, n’a pas le temps de souffler. Il vient à peine d’élucider un mystère que, potverdekke, un autre se présente à lui. Et alors là, question «mystère», notre Jules Maigret à la sauce «moules/frites» est servi.


Le mot de la faim (uniquement pour te mettre en appétit) : on retrouve quatre types étendus entre deux rames, la tête transformée en kip kap !


Qui a bien pu commettre de telles horreurs ? Quel monstre doté d’une puissance phénoménale a pu soulever un gros étau pour écrabouiller les têtes de Tichke Mosselbeuze, gardien de nuit, Léonard Deshonnelles, ingénieur, Clothaire Snotvinck, vieux nostalgique du tram et Jacques-Lionel des Haunarts, chef du dépôt ?


Ah, ça fieu, faut demander à la rame Monique, elle va te livrer le pot aux… Roza !… Roza qu’on retrouve avec plaisir ! Roza, la rame vedette du métro bruxellois et ses savoureux monologues brusseleirs !


Et puis, dans ce roman, il y a d’autres retrouvailles; la plupart des personnages rencontrés dans l’épisode précédent, C’est le brol aux Marolles.


A propos de plaisir, celui-ci gagne en intensité avec la présence de la pulpeuse ArletteG. Roland Cartache Carmel, plus excitante que jamais. Je me suis même laissé dire qu’elle était le fantasme de l’auteur… Georges, je te signale que tu n’es plus le seul à fantasmer sur la fille du plus célèbre limier de Bruxelles. Et comme toujours, alors que t’as deux asticots qui «zyeutent» sur une «tof meï», y a un troisième larron qui pointe sa frimousse et qui embarque la donzelle !... Holà, du calme gamin, je ne vois plus la limite entre la réalité et la fiction… mais, à tout bien réfléchir, y en a-t-il encore lorsqu’on s’applique à fond dans la lecture d’une histoire qui te tient en haleine ?  


Bon, celui qui embarque la craquante Arlette, c’est François «Susse» Moreau, un jeune inspecteur tout frais émoulu dans la police. 


Revenons-en à nos affaires… je parle des crimes, bien entendu. Comme dans tout bon roman policier, les suspects se bousculent au portillon. Parmi ceux-ci, un certain Léon Dingault, le roi de l’ «enkriekage»… comme Noël Godin est le roi de l’entartage !


Mais l’impatience te gagne, te ronge même… tu voudrais savoir, hein ?... Allez, je vais me montrer bon prince, je te donne une info sur cette affaire qui rend presque fou Guy Carmel : Mosselbeuze se prénomme, en fait, Jean-Baptiste, Tichke n’est qu’un surnom !   

  

Et puisque je suis dans les révélations, il serait peut-être temps de te dire ce que signifie le mot «cartache».


Une cartache c’est une grosse bille «œil de chat» en verre transparent avec flamme rouge ou jaune à l’intérieur. Mais une cartache c’est aussi un grand coup, sur le nez par exemple. Et ça, menneke, ça fait pas du bien ! Alors, pour qui le grand coup sur le nez ? Poser la question c’est y répondre si tu as lu avec attention cette note de lecture…


Euh, encore un mot sur la cartache… c’est également une partie bien précise de l’anatomie masculine qui tend à grandir et à se durcir face à une créature de rêve comme Arlette Carmel. Cette fille, comme l’intrigue, vaut le détour et cette fille, comme l’intrigue, te mettra dans tous tes états !

 

Alain Magerotte           

Publié dans Fiche de lecture

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un poème d'Anne Renault : "Et si l'ours allait venir..."

Publié le par aloys.over-blog.com

anne renault tête

 


 Et si l’ours allait venir

Cette nuit…

Fermez tout, a dit la mère

Bouclez les fenêtres

Et barrez les portes

Faites rentrer le chat

Qu’il dorme avec toi

Et surtout ne rêve pas.


Mais moi je lui parle

En mon coeur.


Je lui dis

Viens mon ours

Et je colle ma joue au mur

Froid

Et je dessine une caresse sur le mur

Froid

Pour lui.

Et je guette

Son pas son souffle

Et moi oui je le ferai entrer

Pour qu’il vous dévore tous.

 

 

Anne Renault

 

Publié dans Poésie

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