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Christine Brunet interroge JOSY MALET-PRAUD, l'auteur de "Un, Deux, Trois, Soleil"

Publié le par christine brunet

 

Portrait-crayon.jpgJe vais commencer, une fois n'est pas coutume, par une digression... inspirée par ce croquis crayon de Josy Malet-Praud... Quel talent, non? L'artiste y a fait passer tant de choses...

 

Un croquis de toi, Josy ?

Non, il n'est pas de moi (pas assez douée pour ça...). Il est lié à une rencontre. L'année dernière (comme tous les ans quand c'est possible), j'ai séjourné quelques semaines sur l'île de Saint Martin, aux Antilles. Un soir, à la sortie d'un concert de Gospel donné dans l'église de Grand Case qui est le point de ralliement des artistes de l'île, j'ai été abordée par une jeune femme équipée de ses crayons, fusains, pastels, etc... Elle m'a demandée si elle pouvait faire mon portrait. J'ai dit oui... elle avait moins de vingt ans, elle me semblait un peu paumée et "sur la brèche"... J'ai proposé un dîner dans un "lolo" (ce sont les équivalents des paillottes corses, implantés sur les plages) et tout en mangeant et en discutant... elle a fait ce portrait. Que j'ai gardé, bien sûr. Une rencontre étonnante, émouvante, des échanges humains authentiques. J'espère que cette jeune femme réussira.

 

Ce que j'aimerais interviewer cette jeune artiste... parce que je crois qu'elle a su retranscrire à la fois son propre ressenti et l'âme de son modèle... et on ne parvient pas à un tel résultat sans s'ouvrir aux autres... 

 

Je crois que c'est là toute la difficulté de l'artiste, quel qu'il soit. Poètes ou romanciers sur la même longueur d'onde que peintres ou musiciens ? Sans aucun doute... Il suffit de lire les textes de Josy pour en être convaincu...(link

 

Alors, dis-moi, depuis quand écris-tu ? lui ai-je demandé dès qu'elle a accepté de répondre à mes éternelles questions.
Depuis un certain nombre d’années. Je n’ai plus vingt ans, ni même trente, ni même quarante… J’ai eu le temps de m’y mettre ! Premiers écrits « matérialisés » et reliés : à l’âge de quatorze ans, j’ai écrit mes mémoires. Il faut dire que j’ai parfois des idées saugrenues : j’étais alors convaincue de ne pas passer le cap des dix-sept ans. Une bonne centaine de pages quand même ! J’avais des choses à dire ? En tout cas, j’avais déjà un passé. Dense. Passé la date fatidique, j’ai continué…
 
Surprise... amusée aussi, j'ai continué sur ma lancée et vous livre à présent, sans plus intervenir, ses réponses à mes questions...


Pourquoi écris-tu ? Un déclencheur ?
Curieuse incurable, j’écris comme on pousse la porte d’un magasin, pour aller voir ce qu’il y a derrière la vitrine, comme on perce la surface d’un lac gelé pour découvrir ce qu’il y a sous la surface. Ni contemplative ni voyeuse, je suis plutôt poussée par la volonté de comprendre. Mieux connaître les autres, ceux qui me ressemblent et surtout ceux qui ne me ressemblent pas, comprendre comment ils fonctionnent, pourquoi ceci est comme cela, ce que sont les différences quand elles existent. J’écris d’abord pour moi, c’est ma façon de prendre le monde à bras le corps, de lui faire face, de l’aimer ou pas, de ne pas me contenter de regarder passer les trains et mes semblables, de toucher du doigt d’autres univers, fussent-ils imaginaires. J’écris aussi pour le plaisir et le besoin de la création…Les mots, c’est comme les pièces d’un jeu de Lego. J’ai le goût de la construction, des univers à bâtir.

 
Que
 t'apporte l'écriture ?Visuel Auteur - PDNA
C’est un espace où j’ai des ailes, l’occasion d’une aventure toujours mystérieuse, un périple qui s’avère parfois dangereux. Ecrire, c’est se découvrir soi-même, c’est se dévoiler aux autres, s’exposer, prendre le risque d’être vu. C’est un bonheur qui paradoxalement peut faire mal aussi. L’écriture me rend heureuse et me fait parfois souffrir. Mais jamais au point de m’en écarter…
 

Comment écris-tu? d'un jet, en relisant fréquemment ?...
J’écris sur une impulsion, à partir d’une sensation, de bribes de souvenirs qui se rattachent à un événement, une situation parfois très banale et c’est autour de cela que se construit le récit (quand il y en a un). Parfois, quand j’ai besoin de –vider mon sac- d’un trop plein présent ou lié au passé, il n’y a pas d’histoire ou bien seulement une histoire-prétexte…J’utilise alors les mots comme des symboles, des codes pour mes émotions, mes sentiments. Les phrases sont ici des lignes à haute tension où chaque mot transporte une charge. Positive, quand c’est possible. Oui, positive car je suis une femme positive.


Que
 ressens-tu quand tu écris? Du stress, une urgence, un plaisir ?
C’est toujours l’urgence qui ouvre le bal. Celle de fixer sur le papier l’idée, l’événement avant qu’ils ne s’évaporent. L’inspiration, c’est comme un feu follet, éphémère et capricieux. Ou comme une expression sur un visage : il faut l’attraper sur l’instant, avant qu’elle ne disparaisse. Du coup, j’ai toujours dans mon sac, mes poches et sur mon bureau des théories de petits bouts de papier couverts de mots-clés….


verso-ISBN-9782874594731.jpgEnsuite, ce sont les heures du stress, oui… Quand après l’ébauche qui n’est qu’une armature incomplète, il faut creuser, déterrer, combler, cimenter, ériger, équilibrer les choses. Du stress et de l’angoisse à mi-parcours : toujours cette idée négative que je ne parviendrai pas au bout, que ce sera mauvais, que ce ne sera pas le juste reflet de ce que j’ai imaginé, rêvé, pensé, senti… Le reflet de ce qui a été d’abord écrit dans ma tête. J’écris plutôt bien….dans ma tête. J’y suis toujours beaucoup plus à l’aise…Les phrases et les séquences s’enchainent facilement. C’est lorsque qu’il faut les saisir au grand jour que les mots se rebiffent ou se défilent !


Le plaisir, enfin, intervient quand je n’ai plus qu’à nettoyer l’ensemble du superflu, de l’inutile, à rechercher un mot plus fidèle, plus juste, à remanier l’ordonnancement, à embellir l’écriture. Et le bonheur suprême : c’est lorsque c’est terminé et qu’il m’arrive d’être à peu près satisfaite. Je dis à peu près, car je ne le suis jamais vraiment tout à fait. Et dans tous les cas, jamais longtemps… Je suis un auteur qui doute, avant, pendant, après. Une idéaliste consciente des limites et des illusions attachées à ses idéaux. Je n’ai jamais de certitude, en rien. CQFD : je ne suis jamais en situation de contentement absolu. Ecrire, c’est accepter et supporter de vivre les hauts et les bas des montagnes russes, non ?


Que
l rapport as-tu avec l'écriture, tes personnages, ton récit ? As-tu du mal à mettre le point final à une histoire ?
J’entretiens un rapport plutôt passionnel avec l’écriture, un peu obsessionnel aussi, ça va de paire. De toute façon, c’est ma nature… Au fil du temps, écrire est devenu une forme d’addiction. Ce sont surtout les personnages qui m’intéressent : leurs comportements, leurs différences, leurs univers, leur courage, leur lâcheté, leur exemplarité et leur banalité. Ce sont –mes piliers- dans l’écriture. Je m’y attache très fort, à tel point que je les sens vivre…si ce n’est pas le cas, c’est loupé, je jette. Le récit est important bien sûr, mais il ne prend forme qu’après. Ce sont les personnages qui m’inspirent une histoire. Et l’histoire qui imposera un décor propre à la mise en scène des personnages. J’aime aussi particulièrement creuser les ambiances, dessiner des images, mettre des couleurs et des sons. Un peu comme dans la vie. Et si possible, avec simplicité, ce qui est finalement le plus difficile. Je n’aime pas trop les textes compliqués, les écritures alambiquées, pédantes, ronflantes. Gonflantes. Derrière ces vitrines surchargées de guirlandes et de dorures, il y a trop souvent un désert. Je préfère de loin une phrase un peu bancale au sens académique mais qui –a des tripes-, à un modèle académique sans substance. Je suppose qu’un écrivain digne de ce nom réunit les deux : les tripes et l’académie…123soleil.jpg


Comme tu l’auras compris, je n’écris jamais d’un seul jet ou bien seulement quelques fragments qui viendront s’incorporer ensuite dans un ensemble. Exigeante, je suis. Un récit abouti est le résultat de trois, quatre versions précédentes, parfois plus. Je n’ai pas trop de difficulté à placer le mot fin, mais seulement quand j’ai coupé les rameaux morts…En gros, c’est au feeling : je sens quand c’est prêt… un peu comme en cuisine.

 

As-tu des difficultés à lâcher tes personnages ?

  Non. Je m'explique : soit ce sont des acteurs qui n'ont aucune liaison avec moi (passée ou présente), auquel cas, je ne les oublie pas, mais nos routes se séparent. Soit, ils sont liés d'une façon ou d'une autre à ma vie, à mes expériences, ils sont donc -importants-. Cependant, dans ce cas, je n'ai pas non plus de peine à les "lâcher" à la fin de l'histoire, car ils ressurgiront à coup sûr sous une autre identité et dans un autre récit... Nous nous retrouverons. Ils ne font que s'absenter un moment.

 

Le livre terminé, la page était-elle irrémédiablement tournée ? 

Là encore, je dois faire la distinction entre ce qui est écrit dans le cadre d'une fiction totale, très -à distance de ce que je suis- et ce qui résulte d'une expérience familière. Dans le premier cas : la page est tournée. Dans le second : l'histoire, en tout ou partie, certaines situations sont ou ont été suffisamment marquantes pour qu'inévitablement, j'y revienne un jour, sous une autre forme, dans un autre cadre...Mais j'y reviens, c'est certain. Parce que l'événement à l'origine de la "semi-fiction" est de ceux qui m'ont structurée ou déstructurée parfois. Je suis ce que je suis grâce ou à cause d'eux : je ne peux pas faire l'impasse, consciemment ou pas.
 

Où puises-tu tes idées? Dans la vie courante ?. 
C’est une question qu’on m’a déjà posée plusieurs fois ces derniers temps. Les personnes qui ont eu la gentillesse de lire mes petites histoires ont parlé d’une « grande diversité », et je l’ai pris comme un compliment. A tord, peut-être (sourire) ?
Je ne « puise » nulle part. Je ne me dis jamais : -tiens, qu’est-ce que je pourrais bien écrire aujourd’hui- ? Je me mets au clavier (ou je saisis mon Waterman fétiche) lorsque quelque chose remue en moi…s’agite. Un souvenir qui refait surface, une conversation qui fait tilt, une situation qui me touche, un visage qui m’accroche, un fantôme qui flotte à l’horizon…. C’est n’importe quand, et n’importe où. Dans la rue, au ciné, en lisant, en dormant, en veillant, sous la douche … Je ne cherche pas. Tant mieux : j’aime les surprises. L-Equipage-017.jpgL’aspect désagréable de la chose, pour les autres, c’est qu’il m’arrive fréquemment de me mettre à planer au beau milieu d’une conversation : je ne suis plus là ; ça déroute un peu, mais mes proches s’y font…ou pas (clin d’œil !).

 

Dernière question, si tu veux bien... Comment réagit ton entourage face à ta passion de l'écriture ? 

J'ai le sentiment d'être vraiment soutenue, encouragée, mais comme pour tout ce qui m'est "exclusivement personnel", qui ne concerne pas directement -ma tribu-, les réactions varient selon que cette passion, mise en pratique, dérange ou ne dérange pas le petit monde qui est le nôtre, celui de -la famille-. Bref, -les miens- m'encouragent, c'est vrai, semblent aimer ce que je fais... mais il arrive néanmoins qu'il y ait quelques petits grincements de dents (à peine audibles, mais j'ai l'ouïe fine...) quand -la mère- et/ou -l'épouse- que je suis impose sa passion au détriment du confort de chacun. Raison pour laquelle...je travaille surtout le soir, et très souvent, tard dans la nuit, voire jusqu'au petit matin. Quand ma tribu dort et n'a plus "besoin" de moi. Ce n'est ni très original ni vraiment nouveau : toutes les femmes, qu'elles écrivent ou pas, ont quelque chose de la femme-orchestre et doivent déployer des trésors d'ingéniosité et de patience pour parvenir à conjuguer le -Nous- et le -Moi-... Question d'habitude ...et d'endurance ! (sourire) 

 

Que tu as donc raison ! Que de fois ai-je entendu "A quoi tu penses?" ou "Qu'est-ce que tu fais avec ce stylo à la main ?" alors que l'un ou l'autre de "mes hommes" (petit et grand) cherchait à me tirer vers autre chose... C'est alors de grand matin que je noircis le papier... Un instant à moi que je n'échangerais pour rien au monde...

 

Justement, c'est cet univers un peu en retrait, ce jardin plus tout à fait secret puisqu'il sera partagé qui construit son auteur.

Il s'agit là d'un juste échange de bons procédés... L'un bâtit, façonne le temps de quelques pages ou d'un dessin, l'autre abreuve son créateur d'un plaisir rare... Il lui insuffle la passion... 

 

Venez partager l'univers de Josy Malet-Praud sur son site http://www.lascavia.com/  !!!!

 

 

 

 

 

Photo Christine Brunet  Christine Brunet

 

http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com

 

Publié dans interview

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Gauthier Hiernaux a lu Une belle époque de Kate Milie

Publié le par aloys.over-blog.com

gauthier hiernaux2 J'ai lu Une belle époque de Kate Milie


Je referme « La Belle époque » avec un sentiment indéfinissable qui n'a aucun rapport avec la qualité littéraire du roman paru début 2010 chez Chloé des Lys.

 

Au-delà de l'histoire qu'elle nous livre, Kate Milie nous entraîne dans une réflexion sur les moyens de communication dont on use aujourd'hui à l'envi et la déshumanisation progressive de nos rapports sous le couvert de nos masques : nos 'pseudos'.

 

« Valmont », le gémeau du 'Salon des Mots' se présente comme un libertin mais n'est-il pas un pervers narcissique qui s'invente une autre identité pour se jouer d'«Icône»?

 

« Jack » ne cabotine-t-il pas pour cacher au monde sa souffrance, physique et morale?

 

« Chevalier Noir » est le seul personnage dont l'auteur nous fera entr'apercevoir le visage démasqué ? Cette découverte, réalisée par «Icône» sera décevante comme la réalité l'est souvent?

 

Au-delà de leur désir de communiquer et de leur passion commune, aucun de ces internautes ne souhaite dévoiler sa réelle identité. Le lecteur n'apprendra rien de leur passé, de leur motivation ni de leur vie. Et sans doute est-ce mieux ainsi.

 

J'ai vraiment pris du bon temps en lisant « La Belle époque » de Kate Milie. Son écriture extrêmement fluide, son sens du rythme et l'alternance entre les tons des chapitres m'ont profondément séduit.

 

J'attends avec impatience son prochain ouvrage.

 

 

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

  

 
 
 

 

Publié dans Fiche de lecture

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Derrière les forêts de n'importe quel monde... Un poème de Bertrand Saint-Songe

Publié le par aloys.over-blog.com

photo bertrand Saint Songe
DERRIERE LES FORETS DE N'IMPORTE QUEL MONDE
 
 
Lieux d' Art et de Silence
Retables et Sablières
Mosaïques : - Discours les yeux fermés.
 
Dialogue de l'homme avec L ' éternité !
 
Passage à vide, ou parcs d'arpèges et de miroirs,
mémoire en voyages lunatiques (métamorphose du Vivant)
il est des voyages indiscrets au centre des étoiles
qui sont conscience aigue de l'inaccessible demeure ....
 
Les fleuves, la forêt,
Pages laiteuses où neige l'interdit.
 
Est-ce la fin ou l'aube
qui dissymètrise nos itinéraires ?
 
Passe le temps
Coule l'ombre
Rien n'est sombre
dans les chants....

 
Bertrand Saint-Songe  
bertrandelporte-yahoo.fr.over-blog.com
  
 

Publié dans Poésie

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Alain Magerotte a lu Albert ou la quête d'un marathonien d'Alain BUSTIN

Publié le par christine brunet /aloys

AlainALBERT OU LA QUÊTE D’UN MARATHONIEN

                                           par Alain Bustin

 

Alain Bustin… voilà un jeune homme de soixante ans qui ne fait vraiment pas son âge. Je lui trouve physiquement un petit côté Gérard Holtz (journaliste sportif sur France Télévision du type «exhibitionniste dentaire») mais… avec un cerveau en plus !... Je n’ai pas dit «… avec, en plus, un cerveau !»… La nuance est de taille…  


Alain Bustin c’est Albert… ou le contraire, si vous préférez. Ce livre n’est pas simplement un prétexte pour narrer des courses menées tambours battants sous différents cieux. Un peu comme si Gaston Roelants ou Vincent Rousseau écrivaient leurs mémoires.


Il n’y a donc pas que la transpiration naturelle due à l’effort physique intense qui éclabousse les pages, il y a également ces nombreux cris d’amour pour la course, pour la bienveillance, pour la gentillesse et, pour ce père alcoolique et violent, parti trop tôt. Chaque objectif atteint (terminer la course), chaque victoire, rapproche un peu plus notre Forrest Gump wallon de ce père décédé tragiquement en mer. Quête d’absolu par le dépassement de soi… surmonter ses doutes, ses craintes… une sérénité tantôt perdue, tantôt retrouvée (temporairement)… Albert/Alain, pauv’ petiot en mal d’amour et de reconnaissance depuis sa naissance court toujours et encore...


Je ne peux résister à l’envie de vous livrer des extraits pour étayer mon propos :

… Les quelques randonneurs déjà présents à l’aube de cette magnifique journée nous cédaient, souvent à contrecoeur, le passage ! Même la majesté de l’endroit ne parvenait pas à révéler chez eux ces vertus humaines que j’estimais tant ! La courtoisie, la patience et la solidarité n’étaient alors que de simples mots, condamnés à flotter dans l’air, sans espérer pouvoir, ne fut-ce que pour cet instant, les habiter…

…Quand comprendrons-nous enfin que la clef du bonheur, ce sont les autres et la liberté, et non pas cette frénésie de vouloir toujours et encore plus vite tout contrôler, tout posséder, tout imposer…

… Comme une seule fois jadis, pose ta main sur mon épaule. Je m’en souviens si bien ! Ce jour-là, trop tard peut-être, tu m’avais promis de m’apprendre tant de choses et puis sournoisement le chaos de ta mort survint. Aujourd’hui, de la vie, je sais toujours peu. Mais en ce jour nouveau, sois sûr que je t’aime et que dans ma rédemption, tu seras toujours à mes côtés…


C’est un réel plaisir de découvrir, au fil des pages, ces appels à l’amour, àhttp://www.bandbsa.be/contes2/albertmarathon.jpg l’amitié, à la fraternité… nobles sentiments qui devraient en fait guider la vie de chaque individu sur cette planète.


Aux oubliettes la sinistrose déversée chaque jour par le JT, l’incommensurable vulgarité de la téléréalité et autres émissions débiles tenant le haut du pavé et nuisant ainsi gravement à notre santé mentale. Me revient alors à l’esprit la réflexion d’un prof. lorsque j’étais à l’univ. :

En parlant de la mort de Georges Pompidou, il disait : Un homme est mort. Je lui rétorquais : C’est parce qu’il était Président qu’on en parle. Tous les jours il y a des hommes qui meurent et on n’en fait pas tout un plat ! – Non, Monsieur, répondit-il, des hominiens, il y en a beaucoup, des hommes très peu.


Dans «Albert ou la quête d’un marathonien», nous croisons plus d’un homme. Rien qu’à ce titre, ce livre est réconfortant. 


Côté panorama, l’auteur nous livre des descriptions précises des lieux, des endroits. De vraies cartes postales en somme. A tel point qu’Alain/Albert m’a transmis le vertige des cimes comme Bashung m’avait transmis celui de l’amour. Ah, ces «Alain» tout de même… quels mecs… non ?


Bon, je m’arrête ici, il est temps de me ravitailler si je ne veux pas connaître la terrible défaillance… et vous, n’oubliez pas de vous approvisionner en lectures saines et passionnantes, comme celle-ci par exemple.


Alain Magerotte.             

http://www.facebook.com/group.php?gid=15339708991

Publié dans Fiche de lecture

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Gérard Loiseau se présente !

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/gerard.jpgJ’ai 61 ans, je suis à la retraite du Ministère de l’Intérieur depuis 2007 où j’ai travaillé pendant 40 ans, et je suis très content d’y être. Quand j’étais jeune, j’ai toujours voulu écrire un livre, un seul, mais j’en suis à trois.  Pour moi c’est un peu une thérapie. J’aime bien écrire, dans un livre on peut écrire ce que l’on veut, des choses charmantes, des événements tragiques, on peut faire mourir le héros, ou pas, favoriser quelqu’un, ou le détruire, je trouve cela assez génial.

 

Je me suis marié la première fois en 1971, et la seconde en 1983,  de ses deux mariages j’ai eu 3 enfants, deux filles 34 ans et 17 ans, et un garçon de bientôt 25.

 

J’aime par-dessus tout ne rien faire, dormir, écrire, et faire la cuisine que j’adore.

Je vis à la campagne, dans une grande maison et j’adore cela. L’été, je me baigne dans ma piscine, et je m’occupe de mon jardin, je fais des brioches, et du pain pour ma femme et mes enfants, j’écoute la radio et je me tiens au courant grâce à internet des nouvelles du monde, je suis seul toute la journée, j’aime la pluie, les tempêtes il y en a souvent par chez moi, en 1999 en décembre (Karl et martin) grosse tempête et récemment (Zynthia), j’aime cela.

 

De temps en temps je vais à la pêche aux coquillages, et aux crabes, cela suffit à mon plaisir.

 

J’ai écrit mon premier livre dans les années 2000, j’ai mis longtemps à l’écrire, mais j’ai tout vendu.

 

Le second j’ai mis moins longtemps, j’ai inventé un héros pour ce livre l’inspecteur, Tyler Fox et son collègue Gino Ianocelli. Ces deux personnages sont les policiers de mon troisième livre qui se passe dans l’ile de Ré prés de chez moi. Ils enquêtent sur un meurtrier en séries. J’ai une fascination pour les tueurs en séries. Je lis et regarde à la TV toutes les séries américaines où il y a souvent des tueurs de ce type.

 

 Je ne pensais pas devenir un écrivain, après avoir passé 40 ans avec des flics, et des gendarmes pendant ma carrière de fonctionnaire. Quand j’étais en classe en cm² j’étais mauvais en français, et en fin de compte je n’ai eu que mon certificat d’études. Cela m’a gêné un peu pour écrire, mais je suis plein de ressource, j’ai acheté un correcteur canadien, qui me permet d’écrire correctement quand je bloque sur un mot, ou une phrase. Pour écrire, je pense qu’il ne faut pas être très cultivé, mais seulement le vouloir. J’ai une imagination débordante et le soir dans mon lit avant de m’endormir je prépare les prochains chapitres, ou une nouvelle histoire à écrire. Je mets souvent pas mal de temps à élaborer un nouveau livre, trouver les personnages, les coller avec un thème, et les faire avancer, les faire mourir ou tomber amoureux, etc….

 

Ici, ce matin il pleut, je suis content .

 

 

Gérard Loiseau

Publié dans présentations

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En filigrane, un poème d'Elisabeth Mercatoris

Publié le par aloys.over-blog.com

 

http://www.bandbsa.be/contes2/mercatoris.jpg

 

 

En filigrane

 

Comment puis-je habiller mon ami aux pensées inachevées ?

Epatant par ses fulgurances,

audaces fauves qui zèbrent sa pensée.

Sa langue est rêche, son flux incontrôlable.

Sa mémoire se détache en ressacs,

vibre aux urgences.

Il veut sauver ou étonner le monde !

Mais l’ami aux pensées inachevées a le souffle épais…

qui roule.

Il n’en veut plus aux morts !

Il s’abandonne au rire,

surpris par l’écho intérieur.

Mais à y ouvrir son âme,

je crois qu’il est cerné par des matins infirmes !

 

 

Elisabeth Mercatoris

fr-fr.facebook.com/people/Elisabeth-Mercatoris/1363895991

Publié dans Poésie

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Ma voisine Isa : une nouvelle de Claude Danze

Publié le par aloys

 

http://fdata.over-blog.net/4/04/61/10/avatar-blog-1184486780-tmpphpDmdX0j.jpg

 

Ma voisine Isa

Elle m’emmerde! Y’a pas d’autre mot, elle m’emmerde.  J’étais un directeur sans problèmes et il a fallu que ma voisine Isa échoue dans le service dont je préside les destinées.

Il faut vous dire que ma voisine Isa, ce n’est pas n’importe quel phénomène. Elle cultive le chagrin d’amour comme d’autres le géranium ou le pois-de-senteur. Elle a la larme facile et ne cesse de se répandre sur la cruauté du genre humain en général et l’inconstance des mâles en particulier. Déjà du temps où elle faillit se marier, elle ne cessait de déblatérer son futur mari auprès de ses compagnes de cancans, dans les toilettes des dames. La médisance était leur ordinaire, Isa menait la danse, l’infernale sarabande se prolongeait sans vergogne de couloir en couloir.  

Puis ce fut « la rupture, bête et brutale » comme disait  certain Jacques en semblable occurrence. Je lui en ai voulu. A lui, le futur mari en fuite, veux-je dire. Car dès le lendemain matin, elle faisait le siège de mon bureau, étalait dans une réunion, commencée bien avant son arrivée, ses déboires sentimentaux et son féminisme exacerbé tant par la séparation elle-même que  par le public de mon bureau qui malencontreusement lui prêta attention.

De haute lutte, je conquis le droit de poursuivre mon travail, lui promettant, tout en quittant mon bureau pour m’en débarrasser dans le couloir, de lui accorder une oreille plus attentive un peu plus tard. Elle ne manqua pas de profiter de l’occasion pour me rappeler devant tout le monde un vague lien de parenté – dont j’ignorais tout – et l’obligation morale qui m’incombait dès lors de lui porter assistance dans son malheur. Mes très temporaires compagnons d’infortune se regardaient d’un air entendu, prenant contre moi le parti de la pleureuse. Quand on peut taxer son directeur d’inhumanité, pourquoi s’en priver ?

La réunion se termina bientôt. A peine l’avant-dernier eut-il quitté mon bureau, que ma voisine Isa s’y réinstallait d’autorité.

« Tu comprends… » disait-elle à la fin de chacune de ses phrases… Et je prenais l’air neutre du psy confessant une patiente vaguement névrotique, me disant que j’investissais en laissant ainsi libre cours à son inéluctable incontinence verbale. Qu’elle vide son sac et on en serait quitte, elle et moi, avec une demi-journée de travail perdue !

« Tous des salauds ! » disait-elle à chaque fois que sa logorrhée menaçait de se tarir. Vu les cohortes de larmes qui abandonnaient son corps comme les rats un navire en perdition, je me demandais quand son numéro prendrait fin. Aux limites de la déshydratation, sans doute.

Mon capital d’indifférence, authentique puis feinte, s’épuisait en même temps que ma patience. Je rangeais mes papiers avec acharnement pour ne pas passer mes nerfs sur elle.

« Tu comprends, disait-elle, tous les hommes sont des porcs, ils ne pensent qu’à s’envoyer en l’air avec tout ce qui a des nichons… » Et le processus de déshydratation reprenait de plus belle… Ne la sachant pas capable de vulgarité, je fus surpris et cette soudaine attention de ma part la surprit à son tour.

Je lui tendis ma boîte de kleenex, supposant qu’elle avait épuisé la sienne depuis bien longtemps. Elle semblait se remettre, m’adressait un pauvre sourire empreint de gratitude,

tout en séchant ses yeux rougis. Comme quoi, c’est dans les petites choses qu’on trouve la consolation.

Je me disais que, en fin de compte, si elle cessait d’emmerder son monde, ma voisine Isa pourrait être d’agréable compagnie.  A mesure qu’elle se calmait, elle parlait de choses et d’autres, à visage découvert, un peu gênée, laissant paraître par moments comme des lueurs du fond de son âme, somme toute pas si noire.

J’eus envie de l’écouter, de la regarder sans préjugé. Elle me conta sa vie, entre sa mère un peu putain la nuit, un peu sainte-nitouche le jour, son père assez violent, puis tout à fait absent. Sa solitude d’enfant et d’adolescente, livrée à elle-même, sans repères, sans amour peut-être. Somme toute une âme meurtrie, comme on disait dans les romans sentimentaux.

Elle proposa elle-même de parler d’autre chose, de regagner son propre bureau pour me laisser travailler. Mais j’avais envie qu’elle ne parte pas…Après tout, rien n’était aussi urgent dans les obscures affaires de l’état, qu’une âme en détresse… Nous avons bavardé jusqu’à l’heure de quitter le bureau. Nous avons même éclaté de rire en imaginant la tête que feraient les autres s’ils nous voyaient partir ensemble. Elle était belle quand elle riait !

Nous les avons bravés sans honte. Le même ascenseur nous emporta tous deux vers la sortie et cette demi-minute d’intimité absolue fut source d’une gêne, plutôt d’un trouble partagé. Au lieu de rentrer soigneusement par un chemin différent du mien, elle s’accrocha à mon bras. Je la raccompagnai en voiture, lui souhaitai la bonne soirée, la déposai devant l’entrée de la tour où tous deux nous avions nos appartements, à des étages différents. Je remisai la 607 au parking, passai prendre mon courrier au rez-de-chaussée, repris l’ascenseur, m’affalai aussitôt rentré dans le Chesterfield du salon.

Je la vis passer devant ma fenêtre, les bras en croix, ailes dérisoires d’oiseau mortellement blessé à l’âme, déjà, par sa misérable tragédie : sa vie. Le légiste la fit ramasser presque sans état d’âme, la police n’interrogea presque personne. Elle était morte, ma voisine Isa, dans une indifférence anodine et générale. Je n’eus pas de curiosité.

Ce soir-là, j’ai pensé à la rejoindre, sur le pavé du rez-de-chaussée. Puis, seul comme d’habitude, une nouvelle ride au bord des lèvres, amer comme jamais, je l’ai effacée.

* * *

L’infirmier en pyjamablanc referme doucement la porte de ma chambre sur mon cauchemar. Ou n’est-ce qu’un souvenir?

Et mon neuroleptique préféré m’emmène tout droit vers ma nuit, mon néant.

 

Claude Danze

http://claude-danze.over-blog.fr/

 

 

Publié dans Nouvelle

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"L'amour était dans le buisson"... un poème d'Anne Renault

Publié le par aloys.over-blog.com

anne renault tête

 

L’amour était dans le buisson

Avec tous les oiseaux criards

Il imitait leur ramage

Pour se moquer de moi

Mais je ne l’ai pas entendu.

 

L’amour se cachait

Dans les branches du thym gris

Couleur poussière couleur de terre

Desséchée, craquelée.

Mais dans le soir je n’ai pas vu sa lueur

Bleuâtre et lente

Car je marchais les yeux baissés.

 

L’amour s’est envolé

Dans le ciel de l’été finissant.

Très haut très loin

La Voie Lactée il atteint

Alors il s’est fondu

Dans une constellation inconnue

Et moi qui le cherchais

Parmi les Grandes Etoiles

Je l’ai laissé partir.

 

 

 

Anne Renault

Publié dans Poésie

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Les Auteurs Chloé des lys à la Une...

Publié le par aloys.over-blog.com

"Les âmes noires sont au parfum", un article du journal l'Avenir pour Laurent Roman et son "Parfum Lavande"

 

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Carine-Laure Desguin et "Rue Baraka" dans "La dépêche de kabylie", http://www.depechedekabylie.com/cuture/94144-jaimerai-que-mes-romans-soient-publies-algerie.html

 

http://www.bandbsa.be/contes3/desguinkabylie.jpg

 

 

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Louis Delville découvre son livre, "De Noé à Louis-Léopold-Victor" en vitrine d'une librairie

 

http://www.bandbsa.be/contes3/delvillelivre.jpg

 

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Jean Vigne à la Une du site LIMAGINARIA avec son livre "Révélation"  http://limaginaria.com/Fantastique-Revelation.html

 

limaginaria.png

 

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Christine Brunet et "Nid de vipères" à la Une du site spécialisé polar "Sang pour sang"

http://sangpoursang-polar.blogspot.com/2011_04_01_archive.html

 

sang.png

 

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Un article pour Léo Sani en dédicaces à la maison de la Presse d'Epernon

http://www.bandbsa.be/contes3/saniepernon2.jpg

 

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http://www.bandbsa.be/contes3/candidelibrairie.jpg 

A noter la séance de dédicaces Chloé des lys à la librairie Candide, place Brugman, Bruxelles le 8 mai. Seront présents : Bob Boutique, Gauthier Hiernaux, Alain Magerotte et Georges Roland.

 

 

RAPPEL

Le 23 avril, les auteurs bruxellois Chloé des lys seront en dédicaces au

Centre Maritime de Molembeek, 93 rue Vandenboogaerde

Molembeek St-Jean




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Micheline Boland a lu "De temps en temps" de Régine Roquet

Publié le par aloys.over-blog.com

 

boland photo

J'AI LU "DE TEMPS EN TEMPS" DE RÉGINE ROQUET

 

Du suspense, des phrases courtes, une belle écriture, un voyage à travers différentes époques et différents lieux, des "allers-retours entre des mondes", un roman très agréable à lire, voilà ce que nous offre Régine. Un livre de trois cents quarante-cinq pages qui devrait sûrement plaire aux amateurs de science fiction, d'histoires fantastiques mais aussi d'histoires d'amour

 

Un livre qui met les cinq sens en éveil. Voici un extrait qui, tout en étant  exemplatif, vous mettra l'eau à la9782874594724_1_75.jpg bouche :"Il fait une chaleur insupportable; j'étouffe ma tête cogne violemment; j'ai l'impression qu'elle va éclater. Les tambours résonnent très fort. J'ai soif. Une fumée me gratte la gorge. Mes yeux pleurent; je ne parviens pas à les ouvrir. J'entends une litanie et je me laisse bercer ce chant ne m'est pas inconnu. Des odeurs très fortes m'écoeurent. Cela sent la graisse, l'urine, le chien sale, les herbes moisies et les fruits pourris. Je suis dégoûtée. Je ne peux réprimer un haut le cœur" (p.132) 


Je vous en dirai plus quand je l'aurai terminé mais je vous encourage déjà à vous procurer ce livre paru chez CdL.


Historienne, libraire, épouse de libraire et d'historien, Régine est bien connue à Charleroi. En effet, qui n'y connaît la belle librairie ancienne Grandchamps-Fafouille située dans le passage de la Bourse ?

 

 

Micheline Boland

http://micheline-ecrit.blogspot.com/


 


Publié dans Fiche de lecture

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