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journal de bord... Karl Chaboum et Hugues Draye...

Publié le par aloys.over-blog.com

chaboum

 

 

Trop toto Trop tata


-Attention à gauche. Serre pas trop à droite. Pense à la superbe auto.http://api.ning.com/files/l63vmMOM2Rc5W*HV90NcdIZ8fIVA1zrDKSFoSW4R1G8V-FbVtxLR4*hGdnVxkL9rx9BhTcg6LkZcOaD9T3bLzu49zX6iXzX*mSqHu-jf*tY_/autofuturiste.jpg

-Arrête ! Ça fait quarante ans que j’ai mon permis.

-Permis de parler non…

-OK. Prends le volant. J’en peux plus. Je N’EN peux plus.

-Ouf  ! Merci. Non non non… Ferme tes yeux chérie : BANG !!!


 

Karl CHABOUM

http://karlchaboum.blogspot.com/

 

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H.draye

journal de bord, vendredi 17 décembre 2010 

 

Quatre heures et d'mie du matin.

 

Je suis déjà l'vé.

 

Hier, durant la journée : pluie, pluie, pluie et re-pluie.

 

Le soir, la neige prenait l'relais. La place du Rinsdelle, que j'observais, une ou deux s'condes (pas plus), me l'confirmait.

 

Et j'ai bossé dans la flotte, toute la journée, hier. Je me suis accroché. Même si, une fois d'plus, j'ai fini sur le coup de ... 17 heures.

 

Sur la tournée, pas d'incidents graves.

 

Si ce n'est que je me suis surpris à dire à un client : "t'es collant !"

 

Si ce n'est que ... l'approche du spectacle du vendredi 17, au "Cercle Diogène" ne me laisse pas tranquille. Et que j'y pense, même en tournée.

 

Aude m'a même téléphoné. Elle était enrouée. Ca ne s'arrangeait pas vraiment pour une répét', le soir, comme on l'avait prévu.

 

Et puis ...

On ne sait pas exactement quoi.

Y a une assiette campagnarde prévue. OK, mais, aux dernières nouvelles, il n'y aurait que quatre réservations.

Et Anastasia, la tenancière du lieu, avait dit que ... s'il n'y avait pas un minimum de dix personnes, elle annulait l'assiette campagnarde.

OK, OK.

 

On comprend tout ça. Mais ... après tout, ce ne sont pas nos oignons. Nous, nous venons pour chanter. Point barre.

 

Même si (là, je prends une extrême) j'apprenais, en dernière minute, que le spectacle est annulé, ce ne s'rait pas encore mon problème.

Même en ayant envoyé des mails à droite et à gauche, même en ayant informé un minimum (ou un maximum) de gens.

On fait ce qu'on peut dans la vie.

 

Tiens, encore un truc, en tournée, qui s'est passé, y a deux jours, à peu près.

 

Je me trouvais encore en plein dans la rue des Champs Elysées.

 

Je devais à tout prix aller ... pisser.

 

Pas moyen de trouver un endroit libre.

Pas un bistrot dans l'secteur.

Et je devais encore accomplir trois longues rues, avant de déboucher sur l'école d'architecture, 55 rue de l'Ermitage, où, souvent, après avoir présenté mes r'commandés à l'accueil, je m'accorde un entr'acte ... à la toilette.

 

Mmm.

 

La seule personne chez qui je pouvais sonner était la concierge d'un immeuble.

 

Je tombe sur elle et lui explique mon cas.

 

"Désolé", me répond-elle, "mais ce s'ra pour une autre fois, il y a quelqu'un chez moi sous la douche"

 

Plus de peur que de mal : je me suis trouvé un endroit discret aux alentours.

 

 

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chanteurs, conteurs, musiciens
 
si vous voulez vous faire entendre, vous faire connaître
 
une scène ouverte, bienvenue aux artistes
on s'inscrit quand on arrive
 
public bien aimé, on t'attend ... au rendez-vous
 
VENDREDI 21 JANVIER 2011, dès 19 h
 
 
FLEUR EN PAPIER DORE
rue des Alexiens, 55
1000 BRUXELLES
 
dans le cadre des Zapéro-contes
  
la rue des Alexiens donne sur la rue du Midi
le métro le plus proche : Annessens
 
Tous les troisièmes vendredi du mois, se déroule à l'Estaminet " La Fleur en Papier doré", au centre de Bruxelles, les Zapéro-contes. Il s'agit d'une scène ouverte aux conteurs de la francophonie, qu'ils soient conteurs émerites ou en devenir.  Début à 19h30. L'entrée est gratuite.
 
 
Le public retrouve le charme des veillées d’autrefois, lors de ces soirées qui se déroulent au sein d'un estaminet bruxellois historique. Installée au 55 rue des Alexiens, à quelques pas du Quartier du Sablon, "La Fleur en papier Doré"  fût autrefois un lieu assidument fréquenté par les surréalistes dont Magritte et Marcel Mariën. Son décor (classé) est unique au monde.  On peut assister à nos  Zapéro-contes le plus agréablement du monde tout en dégustant une gueuze artisanale (entre autres...) et en profitant même, en salle, avant ou après spectacle, d'une restauration légère.
 
 
Dans une ambiance conviviale, la soirée est orchestrée par Dominique Brynaert, animateur et conteur.  Chaque artiste dispose de dix minutes maximum pour emmener le public dans son univers. Selon le nombre de conteurs présents, ceux-ci présentent, au cours de la soirée, un ou deux textes. Les musiciens sont également les bienvenus pour de courtes prestations en version acoustique ou pour l'accompagnement des conteurs.
 
 
Modalité pratique pour les artistes : Pas de réservation à l'avance. L'inscription se fait le soir même à partir de 19h.Renseignements supplémentaires :  racontance@hotmail.com
 
 
 
              *****************************************************
N'oubliez pas, dimanche 23 janvier, la première émission 2011 de l'actu TV... Un programme superbe...

http://www.bandbsa.be/contes2/rombauxclip.jpg










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Tangi Warhol se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

Tangi-Warhol-NB.jpgJe m'appelle Tangi Warhol et je suis à l’origine du « Rétrofutur mag », un fanzine distribué sur Brest et sa région, qui compte à ce jour trois numéros téléchargeables sur le site : www.leretrofuturmag.com.

              

Les textes que j'écris habituellement s'articulent autour de personnages plongés dans une société présentant un ou plusieurs éléments inhabituels relevant parfois de la science-fiction, parfois du fantastique.

Prenons par exemple l'épreuve du mariage sur la planète Cassis 6, un monde dans lequel il ne suffit pas, avant la cérémonie, de pousser la porte d’une bijouterie et de choisir une alliance, mais de s’armer de courage, de plonger dans le Vortex, une tornade perpétuelle, d’atteindre la haute atmosphère afin d’y récolter, au péril de sa vie, un spécimenRETROPUBE-CDL-OK-copie.jpg d’astronide, une fleur merveilleuse qui ne servira qu’à officialiser devant la loi une union entre un homme et une femme. « Astronides » comme tous mes autres textes sont des visions sombres ou humoristiques de l’avenir, et parfois du passé dans « Les mauvaises manières de Ludwig », des allégories de la société actuelle à travers des fantaisies de l’imagination…

Le mieux est, je pense, de vous laisser y goûter.

 

Voici donc un extrait de mes nouvelles écrites entre 2005 et aujourd’hui réunies dans ce premier recueil intitulé « Les piétons lunaires », qui paraîtra aux éditions Chloé des Lys courant 2011.

 

 

 

Les piétons lunaires :

 

Le 20 juillet 1969 à 20 heures 17 minutes et 39 secondes UTC, le LEM alunissait dans la mer de la Tranquillité après un voyage de 400.000 kilomètres à travers l'espace. Quelques minutes plus tard, en devenant le premier homme à marcher sur la Lune, Neil Armstrong devenait mondialement célèbre.

 

Et ensuite...

 

 

Tandis que Neil Armstrong gambadait avec une déconcertante légèreté entre les cratères lunaires, soulevant des nuages de poussière brillante à chacun de ses appuis au sol, et que derrière la visière embuée de son casque son visage radieux se fendait d'un large sourire, Buzz Aldrin, lui, s'extirpait à son tour du LEM, à reculons, par le sas encombré de câbles enchevêtrés. Son pied droit tâtonnait nerveusement à la recherche du premier barreau de l'échelle. Il s'apprêtait à poser le pied sur un monde étranger, un sol déjà couvert par les empreintes de Neil Armstrong.

Buzz descendit le cœur battant.

« Cette foutue échelle, grommela-t-il, n'est pas si courte que ça ! »

Sa gorge se noua.

Le sol lunaire, ses grumeaux blancs et ses dépressions noires, désormais si proche de lui, s’éloignait pourtant à mesure que, prudemment, l'astronaute descendait un à un les échelons métalliques. Plus il descendait et plus le nombre de barreaux qu'il comptait sous ses pieds augmentait.

« Bon sang ! s'exclama-t-il. Mais je monte ou quoi ?… »

Buzz savait pertinemment que cette impression, illogique, n'était que le fruit de son stress et de son imagination. Il ferma les yeux et respira profondément. « Je descends du toit, se persuada-t-il en songeant à la grange de sa propriété texane dont la toiture avait récemment souffert du passage d'un cyclone. Je viens de remplacer les tuiles branlantes. »

Il chassa les fantasmes déraisonnables qui embrumaient son esprit, franchit posément maquette-warhol.jpgun nouvel échelon, ouvrit les yeux et poursuivit vers le sol gris et poussiéreux de la Lu... Non ! Sa vue lui jouait des tours ! Car bien que sans équivoque il descendît, les échelons sous ses pieds étaient toujours plus nombreux… Le sol toujours plus distant.

Saisi par une insoutenable sensation de vertige, Buzz crispa ses doigts autour des barreaux de l'échelle et s'immobilisa définitivement, à un mètre cinquante du sol lunaire. Terrifié. Le sang battait furieusement dans ses tempes perlées de sueur.

« Neil ! Neil ! haleta-t-il dans le micro intégré à son casque. Je n’y arriverai jamais !!! »

 

Après s'être laissé aller à quelques plaisantes cabrioles, Neil Armstrong, redevenu sérieux et attentif à son environnement, attendait à présent avec le Stars and Stripes enroulé dans les bras, que Buzz vienne filmer le moment historique qu'il s'apprêtait à vivre, et à faire vivre à l'humanité toute entière, lorsqu'il planterait la bannière étoilée en fier étendard dans le sol lunaire. La voix paniquée de son camarade lui parvint alors par la radio. « Neil ! Neil ! Je ne peux pas descendre !... »

Neil Armstrong grogna, observa autour de lui et, se sentant bien seul, songea : « Houston, on a un problème ! »

 

« Je n’y arriverai jamais ! répéta Buzz. Jamais ! Jamais !!!… »

 

 

Jamais ! Buzz se réveilla en sursaut. Moite de sueur, son pyjama bleu à rayures blanches lui collait au dos comme un vieux pansement. Neil et l’échelle avaient disparu, la voûte céleste fut remplacée par le plâtre du plafond ; il était de retour en 1980.

Les quelques cheveux qu'il gardait sur le crâne, ceux qui avaient résisté à l’épreuve du temps, étaient ébouriffés et ses joues fripées portaient encore les stries entrecroisées imprimées par l’oreiller.

Il se roula dans les draps puis les repoussa énergiquement. Toujours ce rêve ! Bon sang... Ce foutu rêve ! Buzz se frictionna le front, les sourcils et les paupières en poussant des piaillements désespérés. Y suis-je allé ? Oui ou non ?!?

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WALTER MACCHI SE PRESENTE...

Publié le par aloys.over-blog.com

1--de-couverture-A-un-detail-pres.jpgLorsque Christine Brunet m'a demandé de me présenter, je me suis dit qu'elle me confiait là une tâche plutôt ardue. Parler de moi ? Bigre ! Est-ce vraiment nécessaire ?


J'aurais préféré n'avoir à parler que de mon premier roman. Mais la démarche est intéressante puisqu'elle m'oblige à une introspection alors je vais tenter l'expérience.


J'ai quarante six ans, je suis donc venu à l'écriture sur le tard par rapport à certains mais aussi loin que remontent mes souvenirs et certainement depuis l'adolescence, j'ai toujours su que j'allais écrire. Les contraintes professionnelles m'ont d'abord fait reculer l'échéance mais l'idée s'est imposée petit à petit comme une évidence, c'était devenu urgent, il fallait que je m'y mette. Peut-être avais-je simplement besoin de grandir, de mûrir.


Il est vrai que j'ai toujours lu énormément, pour le plaisir d'abord, pour mon travail ensuite. Selon moi il n'y a pas d'écriture sans lecture, à moins que ce ne soit l'inverse, j'étais déjà sur la bonne piste.


J'ai lu et lis encore de tout, parce que je suis curieux, que j'aime la vie, les nouvelles expériences, j'aime découvrir, observer, apprendre, d'où ma passion pour les voyages et la photographie. Et comme un enfant, je continue de m'émerveiller, encore et toujours.Photo-macchi.jpg

J'aime rêver, donner libre cours à mon imagination et créer un univers. L'écriture peut être pour moi une évasion, une naissance. Lorsque je crée un personnage, il prend réellement vie, il m'arrive de m'identifier à lui, j'essaye de reproduire en mots ses états d'âme, ce qu'il ressent et éprouve au plus profond de son être, je décris ses qualités mais également ses défauts, dans ce qu'ils ont de plus "humains" ou "inhumains". Je m'amuse également à placer mes personnages dans des décors bien précis, souvent des lieux que j'ai visités et qui m'ont marqués, j'essaye dans mes romans de recréer une atmosphère pour inciter le lecteur à l'imaginaire et au voyage, ou tout au moins à la balade.


Comme en photo, en écriture, il faut savoir saisir l'instant, la vision, l'idée qui surgit et qui efface toutes les autres.


 

WALTER MACCHI

www.waltermacchi.com

 

 

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Barbara Flamand 2e partie "Les métamorphoses insolites", extrait de la nouvelle "La robe de lumière"

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/flamandtete.jpg
2ème partie "Les métamorphoses insolites"
Extrait de la nouvelle "La robe de lumière"



Le soleil me chauffait, mes membres devenaient mous, une torpeur me gagnait.

« Tout ceci a-t-il un sens ? » dis-je faiblement en arrachant une poignée d'herbe et en la portant devant mes yeux. Marcher sous les arbres, vouloir percer le secret de leurs racines, torturer ma conscience pour qu'elle me dicte les actes essentiels ». Je répétai :
« Tout ceci a-t-il un sens ? »
 
L'air paraissait presque matériel, il vibrait en vagues scintillantes qui blessaient mes paupières. Tout à coup, il se divisa pour faire place à une longue forme d'un chatoiement aveuglant. Je fermai les yeux. Quand je les rouvris, la silhouette était toute proche. Je vis d'abord des sandales, puis une robe de lumière et enfin le visage, fin et racé, encadré de longs cheveux souples.
– Bien sûr que tout ceci a un sens, dit-il. Et il sourit d'un sourire fragile, délicat comme ses paupières allongées en aile d'oiseau.
 
Je ne répondis pas, le souffle me manquait. Alors, il se présenta : « Je suis le Maître de Vie ».
– Le Maître de Vie ! fis-je, d'un air à la fois cérémonieux et détaché, alors que l'émotion me desséchait la gorge.
– Monsieur, repris-je, après quelques secondes, je suis une femme de bon sens. Il rectifia : « Maître, si vous voulez bien ».
– Qu'est-ce que cela veut dire, Maître de Vie ?
 
Il se caressait le menton comme les gens qui en savent long mais ne sont pas décidés à parler. Je lui lançai :
« Votre robe m'éblouit ».
– Evidemment, c'est la lumière elle-même !
– Et alors, qu'est-ce que cela veut dire Maître de Vie ?
– Oh, peu de chose : un souffle, une éternité.
– Ah ! Et que voulez-vous ?
 
ll se cabra.
« Mais c'est toi, Annabelle (il savait mon nom !) qui en appelles à tout ce qui bouge, croît, verdit pour savoir ce que tu dois faire de ta vie. Tu n'es pas la seule, d'ailleurs. Je vous fais un cadeau et vous ne savez comment le déballer. Bêtes comme des oies ! Il fallait vous apporter un bonheur mâché que vous n'aviez plus qu'à digérer, c'est ça? Je vous ai donné la vie, je ne pouvais donner plus quand même !
- Ni pire !
 
Il se mit en colère et fit voler dans tous les sens sa vêture étincelante :
« Je n'y suis pour rien. C'est vous les coupables ! Je vous ai donné un monde, façonnez-le, sapristi ! Faites-en une œuvre au lieu d'en faire un gâchis. Toi, par exemple, toi, que te manque-t-il ? Tu as un joli popotin, tout à fait joli, ajouta-t-il en soulevant ma jupe, tu as une cervelle dérouillée, un cœur tendre et fondant comme les meilleures poires de mon paradis, et tu oses demander – à ce moment précis, il arracha une poignée d'herbe qu'il jeta en l'air – tu oses demander si tout ceci a un sens ? Ecoute ! J'ai mis le sang dans tes veines, l'étincelle dans ta tête et le monde devant toi. C'est à toi de jouer. Moi, je te l'ai dit, je ne suis qu'un souffle, qu'une éternité, peu de chose ».

Sa voix avait changé, elle était douce, harmonieuse, caressante, elle venait de toutes les directions pour m'envelopper et me bercer.
« Oh, Maître, dis-je en fermant les yeux. Oh, Maître ». Et je restai ainsi quelques secondes, immobile, sous le charme. Quand je revins à la réalité, la robe de lumière flottait loin de moi et s'engageait dans l'allée des arbres sévères.
 
Je m'élançai à sa poursuite en criant Maître ! Maître ! Ma voix emplissait le bois et me faisait peur. Il me semblait qu'elle allait courroucer les dryades, seules autorités reconnues et légitimées en ces lieux avec le garde forestier.
 
Tout à coup, j'entendis une grosse voix : « Qu'est-ce qui se passe ? »
Le garde forestier, justement. Il tombait bien. Je lui demandai d'une voix saccadée en essayant de reprendre mon souffle :
– Vous ne l'avez pas vu ? Vous avez certainement dû le voir. Il est passé par ici. Il a une robe chatoyante, une robe de lumière.

Barbara Flamand

www.facebook.com/people/Barbara-Flamand/1296670185
artsrtlettres.ning.com/events/les-vertiges-de-linnocence

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Nouveau jeu.... J'aurai ta peau

Publié le par aloys.over-blog.com

 

Edmee-chapeau

 

J'aurai ta peau


Sortons, ma vieille amie, sortons comme autrefois
Lorsque la jeunesse brillait encore sur nos joues.
Je rougis de le dire, mais par rapport à toi
Le temps et les ans m'ont été bien plus doux.

Tu as préféré céder aux ravages
Quand de mon côté j'ai soigné ma beauté
Ne cessant jamais de lui rendre hommage
Quelles que soient les souffrances qu'il fallait endurer.

Une fossette au menton, le nez raboté
Des implants pileux sur le mont de Vénus
Que trop de cire chaude avait bien désolé,
Les pommettes revues par un médecin Russe...

Des genoux à la carte, 
Les paupières en virgule,
Fesses de guerrier spartiate,
Fermes et tentants monticules.

Le décolleté explosant de rondeurs
Le front lardé d'un botox médusant
Le sourire si ourlé que j'en ai des douleurs
Mais cette joie d'entendre: elle a plus de trente ans?

Toi tu me dis être bien dans ta peau
Permet-moi de te dire que c'est une évidence:
Mais tant de peau inutile, Dieu que c'est pas beau!
Si je ne t'aimais tant, je t'accuserais d'indécence.

Ciel que la marche est pourtant difficile
Alors qu'avec toi gentiment je converse
Car à chaque haussement de sourcils
Mes doigts de pied cruellement se redressent.

Ralentis donc, ne vois-tu pas
Cet éventail freinant mon pas?

Trop retirée, dis-tu? J'aurais rétréci?
Ha ha ha mais elle est bien bonne... tu veux donc rire?
Ha ha ha aïe, quel est ce bruit?!!!
Ma peau! Ma peau! Elle se déchire!

C'est ta faute! Et moi qui te croyais mon alliée
Cesse de m'appeler Hulk et ramasse ce que tu peux
Je prendrai des greffes de la plante de mes pieds
A 80 ans, c'est pas vrai qu'on est vieux....

 

 

 

Edmée de Xhavée

edmee.de.xhavee.over-blog.com

 

Enfin, je crois ...

Publié dans auteur mystère

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Journal de bord... Hugues Draye...

Publié le par aloys.over-blog.com

H.draye
journal de bord, jeudi 30 décembre 2010

 
 "Oh, facteur, ce n'est pas facile de travailler quand il y a de la neige ou du verglas !", me dit-on, régulièr'ment, sur ma tournée, depuis quelques jours ...
 
"Oh, facteur, travailler quand il pleut !", me dit-on régulièr'ment, à d'autres moments.
 
"C'est chouette pour vous, facteur, maint'nant, y a du soleil !", me dit-on aussi, régulièr'ment, en été ou ... à d'autres moments.
 
Rien n'est évident et ... tout est simple, parfois.
 
Faisons l'tri.
 
Bien sûr, quand il neige, dans les conditions que je connais (dans mon boulot), il faut être vigilant (et le mot est faible).
 
Mais ... quand on le vit, au quotidien, comme c'est le cas, ces jours-ci, les difficultés n'ont pas non plus les proportions qu'on imagine.
 
Suffit parfois d'observer la situation, de l'accepter et de s'organiser en conséquence.
 
Quand il neige, quand le verglas s'impose sur les trottoirs, eh bien je m'efforce de repérer les endroits (sur ces mêmes trottoirs) qui sont dégagés, de flanquer une des rues de mon caddy dessus, de poser au moins une de mes chaussures dessus (aussi), et d'avancer, à pas lents (mais sûr'ment) de ce côté-là, de faire un pas, un autre pas, et le travail s'écoule, coule, quand même.
 
Quand il pleut, eh bien, je profite parfois d'un moment où je me trouve à l'intérieur d'un immeuble, où 22 (ou 32) boîtes aux lettres se trouvent, je prends le temps qu'il faut pour y distribuer (au chaud) mon courrier, de papoter (quand ça se presente) avec des gens de l'endroit quand ils passent ... et la pluie a le temps de se calmer (ou de cesser).
 
Quand il y a du soleil, ne vous y méprenez pas : ce n'est pas forcément plus évident. Dieu sait si les fortes chaleurs et moi, ça fait ... deux ! Et ... même quand le ciel est bleu et clément, les chagrins, les états d'cafard, les hivers mentaux, les essoufflements font partie du programme. Bien entendu, quand on l'accepte (aussi), quand on s'organise (aussi) en conséquence, quand on sait (aussi) que le bonheur surgit à l'horizon, ces journées ont (comme n'importe quelle journée) leur valeur, leur importance, et on est fier de les avoir accomplies.
 
"Oh, facteur, ce n'est pas facile de travailler quand il y a de la neige ou du verglas !"
 
Ces commentaires ne manquent pourtant pas de bienveillance, d'intérêt.
 
Et puis ...
 
Tout un chacun aperçoit, remarque, identifie celui qu'il rencontre ... à partir de ses propres lunettes.
 
De l'extérieur, on peut s'imaginer, projeter les pires difficultés chez quelqu'un d'autre, quand on ... se met à sa place.
 
De l'extérieur, on peut s'imaginer, projeter les pires difficultés chez quelqu'un d'autre, quand on ... ne vit pas la situation.
 
Je tombe aussi dans le panneau, sur ma tournée, quand j'observe certaines personnes, dans leur contexte, dans un aspect de leur vie quotidienne.
 
Ma pensée s'attarde, ce matin, sur Léonore.
 
Elle est grande, elle est gracieuse. On peut imaginer une colombe sur ses épaules. Elle pourrait atterrir sur une photo de David Hamilton. Avec ses longs cheveux blonds, ses tresses, son sourire d'une beauté extrême.
 
Quand je la vois passer, rue de Vergnies, avec ses six enfants (qu'elle élève seule et qui la suivent proprement et gentiment), je me demande toujours comment elle s'en tire. Moi qui n'ai jamais, de ma vie, tenu un ménage.
 
Je lui ai posé la question.
 
Elle m'a répondu : "Ca vient tout seul"
 
Elle a ajouté : "Les enfants, c'est que du bonheur !"
Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com
www.myspace.com/huguesdraye
********************************* ANNONCE *****************************************

SAMEDI 22 JANVIER 2011, dès 20 heures

  

 

péniche CARPE DIEM, 6530 THUIN

(région de Charleroi)

 

Concert de chanson Française

 pour aider une famille en difficulté ...

  

avec

  

 

Philippe Mai

  

 

Michel Stennier

  

  

Jean-Marie Dollé

  

 

 Hugues Draye

  

 et plein d'autres artistes au grand coeur ...

(souhaitez-vous en faire partie ? ça nous ferait plaisir)


Le prix de l'entrée est fixé à 8 € par personne, pour les adultes

(enfants gratuits)

 

 

  

Email : phil@bateau-carpediem.be

 

GSM/portable : 0 (0 32) 475 44 24 47




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Une nouvelle de Marie-Claire George : les bigoudis...

Publié le par aloys.over-blog.com

marie-claire-george.jpg

 

Les bigoudis

           

 

                        - L’addition, s’il vous plaît.

 

                        Voilà, c’est fini. Fini pour le repas, fini pour la soirée, fini pour notre vie à deux. Enterrer notre couple au restaurant a rendu les choses plus faciles. Pas question de régaler le public d’une scène pimentée de pénibles hoquets, j’ai ma dignité, il le sait. Pendant la journée, il a profité de mon absence pour vider son placard, débrancher son ordinateur, remonter son vélo de la cave et embarquer le tout dans la fourgonnette de Stéphane – celui-là, il me doit une explication. Bref, mon homme s’est fait la malle. Il me l’avait annoncé la semaine passée, je n’avais même pas été surprise. Il avait une maîtresse, je le soupçonnais depuis plusieurs semaines. Une maîtresse ! On croirait du Zola ou du Maupassant ! Aujourd’hui, on dit une nouvelle copine, ça passe plus facilement même si au fond c’est la même chose.

 

                        Il a terminé son café, a payé, puis il m’a dit : « Je sors le premier, ce sera plus facile pour toi. » Plus facile ? C’est bien de lui ! Il a enfilé son blouson, le Cerruti crème que je lui avais offert pour ses trente ans, il m’a embrassée dans les cheveux et m’a soufflé : « Merci ». Je vais t’en donner, moi, des mercis ! Cinq ans que je lui repasse ses chemises, que je lui pâtisse des tartes à la crème ou des éclairs au chocolat dont je me prive, moi, pour garder la ligne ! Cinq ans que je le laisse regarder « Enquêtes spéciales » à la télé pendant que je martyrise mes abdos dans la salle de bains, histoire de garder le ventre plat. Sans parler des week-ends ennuyeux chez sa mère, dans ce trou des Ardennes où il tombe dix mètres d’eau par an, et des vacances en caravane, je déteste la caravane, je déteste le camping, je déteste les vacances. Je le déteste, lui.

 

                        Toute seule dans la nuit tiède, j’ai pressé le pas pour ne pas sentir qu’il manquait son bras sous le mien. Des couples sortaient en riant des cafés, les voix portaient loin, des voix heureuses. Un autre monde, qui n’était plus le mien. En rentrant, j’ai ravalé ma rage avec un somnifère et une bonne rasade de whisky, et j’ai dormi sans rêves jusqu’au matin.

 

 C’est le téléphone qui m’a réveillée.

- Clotilde, tu as vu le temps ?  Je suis libre aujourd’hui. On prend notre journée de filles ?


                        Elle tombait bien, Félicité ! Félicité, c’est mon amie. Pas ma seule amie, non, mais une amie unique. C’est une maîtresse femme, Félicité. Si j’hésitais encore entre les larmes et la colère, elle saurait comment s’y prendre.

 

                        - Quoi ? Mais de quoi te plains-tu ? Fini, le dévouement aveugle, la cuisine de belle-maman et le programme sans surprise pour la soirée. Sois positive ! Aujourd’hui, ma fille, on s’éclate ! Pour commencer, on va chez Athanase.

 

                        Athanase, c’est le coiffeur de Félicité qui s’y fait régulièrement défriser les cheveux et en profite pour jaboter avec ses compatriotes. Tout ce que la ville compte de chevelures cotonnées s’y presse. Côté musique, c’est soukouss, kwassa kwassa et rumba congolaise. On discute avec véhémence du prix des Wax et des patates douces, en lingala, en kikongo ; on finit les phrases en français. « Cyprien a cassé le bic, il est bon pour l’article 15...  Moi, j’ai pris la ligne 11 pour venir ici, les bus sont encore en grève, vraiment, c’est trop !  Mama Ernestine, c’est une sapeuse depuis que son mari est retourné au Kivu, les affaires vont bien. En tout cas, vraiment... » On se passe le dernier numéro de « L’ Avenir » ou du « Potentiel », on prend des nouvelles de la famille restée à Kinshasa ou au village.  Entrer dans le salon d’Athanase, c’est entrer dans le soleil.

 

                        Je l’avoue, je détonnais un peu dans ce monde bariolé et bruyant : à force de me priver de pâtisseries, je n’avais pas le physique généreux en vogue ici. Mes cheveux pâles et plats,  mon visage nu, fermé, mon T-shirt et mon pantalon passe-partout faisaient de moi une petite tache triste dans le paysage. J’avais l’air d’une religieuse qui veut passer inaperçue.

 

                        Athanase m’a posé des bigoudis. Des bigoudis ! Ma grand-mère en était une inconditionnelle, mais à son âge...

                        - Laisse-toi faire, me sourit Félicité. Athanase, il recoiffe le moral !

                        - J’aurais préféré un brushing.

                        - Un brushing, ça ne tiendra pas sur vos cheveux, décréta le figaro d’ébène en avançant la lèvre. Trop mous. La mise en plis, pour vous, c’est mieux..

 

                        Et voilà comment je me retrouvai auréolée d’énormes rouleaux  verts et roses qui me faisaient ressembler à une grosse fleur tropicale.

                        - Mais comme ça vous va bien ! me complimenta une mama épanouie dans un pagne indigo où le pape souriait de toutes ses dents. Vous devriez porter des couleurs. Le beige, ce n’est pas beau. Ça rend triste.

                        - C’est vrai, enchaîna une autre qu’on appelait Espérance, et mettre aussi du rouge sur les joues, et manger pour ne pas rester maigre. Regardez, moi, je mange, je suis grosse, je ris, je fais la fête. Ce n’est pas bien de ressembler à un chat qui a faim. Ah ! non, c’est pas joli joli. Tu dis ça aussi, hein, Pélagie ?

 

                        Pendant que la tête me fourmillait sous un séchoir rescapé des années septante, je voyais Félicité aller de l’un à l’autre, rire, esquisser avec Athanase un pas de ndombolo en trémoussant ses hanches rondes. Elle n’a pas d’homme dans sa vie, Félicité. Plus maintenant. Je ne sais pas ce qu’il est devenu, elle n’en parle jamais. La guerre, le sida, la faim, qui sait ? Ou peut-être avait-il, comme le mien, un « deuxième bureau » ? Il y a déjà des années qu’elle est arrivée, seule, avec juste quelques papiers dans une chemise en plastique et une petite valise de carton bourrée de courage et de bonne humeur. Elle n’a rien raconté, sauf peut-être à l’assistante sociale qui l’avait prise en amitié ; elle a fait des ménages, la nuit, pour payer ses études d’infirmière et, à l’hôpital, les patients la réclament. Elle s’habille de robes extravagantes aux couleurs de soleil et de feu, elle accroche à ses oreilles de gros coquillages nacrés qui lui frôlent les épaules, elle danse à la première note qui lui chatouille le tympan, elle ouvre grand sa porte à de pauvres filles comme moi, qui n’ont pas appris comment faire quand on a de la peine. Elle a le cœur inépuisable. Comme Espérance, comme Pélagie. Comme Athanase.

 

                        Athanase qui s’amuse de mes cheveux lisses et si clairs, et prend bruyamment ses clientes à témoin. « Ah ! Kitoko, la mundele ! Elle est jolie, non ? Ah ! vraiment... »  Tout compte fait, cette coiffure ne me va pas mal. Je souris, presque malgré moi. Oui, ça me change, et pourquoi pas ? Mes yeux se mettent à rire tout seuls. C’est gagné ! Félicité est ravie. Les autres aussi. Le bigoudi  a encore de beaux jours devant lui.

 

                        Un coup de tonnerre, soudain. Un éclair. De larges gouttes qui s’écrasent sur le trottoir surchauffé. Pas question de noyer le chef-d’œuvre capillaire. Athanase jette peigne et ciseaux sur la console brinquebalante, glisse dans l’appareil un autre CD, pousse à fond les décibels, et me voilà à danser avec les autres sur les rythmes de Jeannot Bombenga et de Nyoka Longo. Pourvu que la pluie ne s’arrête pas trop tôt !  

 

Marie-Claire George        

                                                                                                                             

Publié dans Nouvelle

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2011 : un poème de J'anhou

Publié le par aloys.over-blog.com

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/janhoutete.jpg

 

 

 

2011 :

 

De revenir vers vous, le ciel je remercie,

Ma démarche au présent m’apporte une éclaircie

Car cet an qui s’achève était tumultueux,

Mon vers en sera-t-il devenu vertueux ?

C’est presqu’un rituel que j’accomplis, sans frasque,

Nul besoin de gilet, pas plus besoin d’un casque.

Ce sont des vers du cœur que j’apporte à vos yeux,

Je reste idéaliste avec quelques mots pieux.

 Grâce à vous, quelques uns, j’ai conservé ma verve,

Même si pour certains j’ai porté la minerve.

Je me sens démuni face à mauvaise foi

Et je me sens perdu car j’ignore sa loi.

La noble notion que porte « confiance »,

Je peux en témoigner de par mon alliance.

Oui je me suis senti blessé, trompé, meurtri,

Car ce mot de valeur par mon cœur est pétri

Mais qu’importe aujourd’hui, je reviens à la plume,

Car je veux oublier le brouillard et sa brume.

Ainsi, je viens ce jour vous présenter mes vœux,

(Le calme est revenu je me sens moins nerveux.)

Je viens vous souhaiter une excellente année ;

Que de bonheur et de succès enrubannée !

Je puis vous annoncer un très prochain recueil ;

(C’est beaucoup de soleil et très peu pour l’écueil.)

 

Je reviendrai vers vous proposer ma lecture,

Libres vous resterez de risquer l’aventure.

Voilà qu’il est grand temps là de vous libérer ;

Je ne veux pas trop votre temps accaparer.


 

 

J'ANHOU

Publié dans Poésie

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Hugues Draye : Rue Alsace-Lorraine

Publié le par christine brunet /aloys

H.draye

 

"RUE D'ALSACE-LORRAINE" (paroles et musique : Hugues Draye)

 

par Hugues Draye, vendredi 12 novembre 2010, à 04:46

Rue d'Alsace-Lorraine
Miroir de souvenirs
D'un quartier de Bruxelles
Ennuyeux à mourir
Ponctuell'ment, je passe
Par tes quartiers perdus
Où le temps file et passe
Plus vite que prévu
 
Les murs gris fissurés
Les restos africains
Entre la rue d'la Paix
Et celle de Dublin
Font toujours écho aux
Feux rouges, aux djellabahs
Et aux façades en trop
Qu'on démolit parfois
 
Le bureau de chômage
Et l'centre de guidance
Font toujours bon ménage
Ou ... gardent leur cadence
Des femmes, dans l'brouillard,
Traînent toujours leurs moufflets
D'autres voix en pétard
Hurlent : "Sale société !"
 
Rue d'Alsace-Lorraine
Miroir de souvenirs
D'un quartier de Bruxelles
Dont j'ignore l'avenir
Monsieur Dendlapin traîne
Toujours son vieux vélo
Fidèle à lui-même
Je lui tire mon chapeau 


Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com
 

 

Publié dans Poésie

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Christine Brunet interroge JOSY MALET-PRAUD, l'auteur de "Un, Deux, Trois, Soleil"

Publié le par christine brunet

 

Portrait-crayon.jpgJe vais commencer, une fois n'est pas coutume, par une digression... inspirée par ce croquis crayon de Josy Malet-Praud... Quel talent, non? L'artiste y a fait passer tant de choses...

 

Un croquis de toi, Josy ?

Non, il n'est pas de moi (pas assez douée pour ça...). Il est lié à une rencontre. L'année dernière (comme tous les ans quand c'est possible), j'ai séjourné quelques semaines sur l'île de Saint Martin, aux Antilles. Un soir, à la sortie d'un concert de Gospel donné dans l'église de Grand Case qui est le point de ralliement des artistes de l'île, j'ai été abordée par une jeune femme équipée de ses crayons, fusains, pastels, etc... Elle m'a demandée si elle pouvait faire mon portrait. J'ai dit oui... elle avait moins de vingt ans, elle me semblait un peu paumée et "sur la brèche"... J'ai proposé un dîner dans un "lolo" (ce sont les équivalents des paillottes corses, implantés sur les plages) et tout en mangeant et en discutant... elle a fait ce portrait. Que j'ai gardé, bien sûr. Une rencontre étonnante, émouvante, des échanges humains authentiques. J'espère que cette jeune femme réussira.

 

Ce que j'aimerais interviewer cette jeune artiste... parce que je crois qu'elle a su retranscrire à la fois son propre ressenti et l'âme de son modèle... et on ne parvient pas à un tel résultat sans s'ouvrir aux autres... 

 

Je crois que c'est là toute la difficulté de l'artiste, quel qu'il soit. Poètes ou romanciers sur la même longueur d'onde que peintres ou musiciens ? Sans aucun doute... Il suffit de lire les textes de Josy pour en être convaincu...(link

 

Alors, dis-moi, depuis quand écris-tu ? lui ai-je demandé dès qu'elle a accepté de répondre à mes éternelles questions.
Depuis un certain nombre d’années. Je n’ai plus vingt ans, ni même trente, ni même quarante… J’ai eu le temps de m’y mettre ! Premiers écrits « matérialisés » et reliés : à l’âge de quatorze ans, j’ai écrit mes mémoires. Il faut dire que j’ai parfois des idées saugrenues : j’étais alors convaincue de ne pas passer le cap des dix-sept ans. Une bonne centaine de pages quand même ! J’avais des choses à dire ? En tout cas, j’avais déjà un passé. Dense. Passé la date fatidique, j’ai continué…
 
Surprise... amusée aussi, j'ai continué sur ma lancée et vous livre à présent, sans plus intervenir, ses réponses à mes questions...


Pourquoi écris-tu ? Un déclencheur ?
Curieuse incurable, j’écris comme on pousse la porte d’un magasin, pour aller voir ce qu’il y a derrière la vitrine, comme on perce la surface d’un lac gelé pour découvrir ce qu’il y a sous la surface. Ni contemplative ni voyeuse, je suis plutôt poussée par la volonté de comprendre. Mieux connaître les autres, ceux qui me ressemblent et surtout ceux qui ne me ressemblent pas, comprendre comment ils fonctionnent, pourquoi ceci est comme cela, ce que sont les différences quand elles existent. J’écris d’abord pour moi, c’est ma façon de prendre le monde à bras le corps, de lui faire face, de l’aimer ou pas, de ne pas me contenter de regarder passer les trains et mes semblables, de toucher du doigt d’autres univers, fussent-ils imaginaires. J’écris aussi pour le plaisir et le besoin de la création…Les mots, c’est comme les pièces d’un jeu de Lego. J’ai le goût de la construction, des univers à bâtir.

 
Que
 t'apporte l'écriture ?Visuel Auteur - PDNA
C’est un espace où j’ai des ailes, l’occasion d’une aventure toujours mystérieuse, un périple qui s’avère parfois dangereux. Ecrire, c’est se découvrir soi-même, c’est se dévoiler aux autres, s’exposer, prendre le risque d’être vu. C’est un bonheur qui paradoxalement peut faire mal aussi. L’écriture me rend heureuse et me fait parfois souffrir. Mais jamais au point de m’en écarter…
 

Comment écris-tu? d'un jet, en relisant fréquemment ?...
J’écris sur une impulsion, à partir d’une sensation, de bribes de souvenirs qui se rattachent à un événement, une situation parfois très banale et c’est autour de cela que se construit le récit (quand il y en a un). Parfois, quand j’ai besoin de –vider mon sac- d’un trop plein présent ou lié au passé, il n’y a pas d’histoire ou bien seulement une histoire-prétexte…J’utilise alors les mots comme des symboles, des codes pour mes émotions, mes sentiments. Les phrases sont ici des lignes à haute tension où chaque mot transporte une charge. Positive, quand c’est possible. Oui, positive car je suis une femme positive.


Que
 ressens-tu quand tu écris? Du stress, une urgence, un plaisir ?
C’est toujours l’urgence qui ouvre le bal. Celle de fixer sur le papier l’idée, l’événement avant qu’ils ne s’évaporent. L’inspiration, c’est comme un feu follet, éphémère et capricieux. Ou comme une expression sur un visage : il faut l’attraper sur l’instant, avant qu’elle ne disparaisse. Du coup, j’ai toujours dans mon sac, mes poches et sur mon bureau des théories de petits bouts de papier couverts de mots-clés….


verso-ISBN-9782874594731.jpgEnsuite, ce sont les heures du stress, oui… Quand après l’ébauche qui n’est qu’une armature incomplète, il faut creuser, déterrer, combler, cimenter, ériger, équilibrer les choses. Du stress et de l’angoisse à mi-parcours : toujours cette idée négative que je ne parviendrai pas au bout, que ce sera mauvais, que ce ne sera pas le juste reflet de ce que j’ai imaginé, rêvé, pensé, senti… Le reflet de ce qui a été d’abord écrit dans ma tête. J’écris plutôt bien….dans ma tête. J’y suis toujours beaucoup plus à l’aise…Les phrases et les séquences s’enchainent facilement. C’est lorsque qu’il faut les saisir au grand jour que les mots se rebiffent ou se défilent !


Le plaisir, enfin, intervient quand je n’ai plus qu’à nettoyer l’ensemble du superflu, de l’inutile, à rechercher un mot plus fidèle, plus juste, à remanier l’ordonnancement, à embellir l’écriture. Et le bonheur suprême : c’est lorsque c’est terminé et qu’il m’arrive d’être à peu près satisfaite. Je dis à peu près, car je ne le suis jamais vraiment tout à fait. Et dans tous les cas, jamais longtemps… Je suis un auteur qui doute, avant, pendant, après. Une idéaliste consciente des limites et des illusions attachées à ses idéaux. Je n’ai jamais de certitude, en rien. CQFD : je ne suis jamais en situation de contentement absolu. Ecrire, c’est accepter et supporter de vivre les hauts et les bas des montagnes russes, non ?


Que
l rapport as-tu avec l'écriture, tes personnages, ton récit ? As-tu du mal à mettre le point final à une histoire ?
J’entretiens un rapport plutôt passionnel avec l’écriture, un peu obsessionnel aussi, ça va de paire. De toute façon, c’est ma nature… Au fil du temps, écrire est devenu une forme d’addiction. Ce sont surtout les personnages qui m’intéressent : leurs comportements, leurs différences, leurs univers, leur courage, leur lâcheté, leur exemplarité et leur banalité. Ce sont –mes piliers- dans l’écriture. Je m’y attache très fort, à tel point que je les sens vivre…si ce n’est pas le cas, c’est loupé, je jette. Le récit est important bien sûr, mais il ne prend forme qu’après. Ce sont les personnages qui m’inspirent une histoire. Et l’histoire qui imposera un décor propre à la mise en scène des personnages. J’aime aussi particulièrement creuser les ambiances, dessiner des images, mettre des couleurs et des sons. Un peu comme dans la vie. Et si possible, avec simplicité, ce qui est finalement le plus difficile. Je n’aime pas trop les textes compliqués, les écritures alambiquées, pédantes, ronflantes. Gonflantes. Derrière ces vitrines surchargées de guirlandes et de dorures, il y a trop souvent un désert. Je préfère de loin une phrase un peu bancale au sens académique mais qui –a des tripes-, à un modèle académique sans substance. Je suppose qu’un écrivain digne de ce nom réunit les deux : les tripes et l’académie…123soleil.jpg


Comme tu l’auras compris, je n’écris jamais d’un seul jet ou bien seulement quelques fragments qui viendront s’incorporer ensuite dans un ensemble. Exigeante, je suis. Un récit abouti est le résultat de trois, quatre versions précédentes, parfois plus. Je n’ai pas trop de difficulté à placer le mot fin, mais seulement quand j’ai coupé les rameaux morts…En gros, c’est au feeling : je sens quand c’est prêt… un peu comme en cuisine.

 

As-tu des difficultés à lâcher tes personnages ?

  Non. Je m'explique : soit ce sont des acteurs qui n'ont aucune liaison avec moi (passée ou présente), auquel cas, je ne les oublie pas, mais nos routes se séparent. Soit, ils sont liés d'une façon ou d'une autre à ma vie, à mes expériences, ils sont donc -importants-. Cependant, dans ce cas, je n'ai pas non plus de peine à les "lâcher" à la fin de l'histoire, car ils ressurgiront à coup sûr sous une autre identité et dans un autre récit... Nous nous retrouverons. Ils ne font que s'absenter un moment.

 

Le livre terminé, la page était-elle irrémédiablement tournée ? 

Là encore, je dois faire la distinction entre ce qui est écrit dans le cadre d'une fiction totale, très -à distance de ce que je suis- et ce qui résulte d'une expérience familière. Dans le premier cas : la page est tournée. Dans le second : l'histoire, en tout ou partie, certaines situations sont ou ont été suffisamment marquantes pour qu'inévitablement, j'y revienne un jour, sous une autre forme, dans un autre cadre...Mais j'y reviens, c'est certain. Parce que l'événement à l'origine de la "semi-fiction" est de ceux qui m'ont structurée ou déstructurée parfois. Je suis ce que je suis grâce ou à cause d'eux : je ne peux pas faire l'impasse, consciemment ou pas.
 

Où puises-tu tes idées? Dans la vie courante ?. 
C’est une question qu’on m’a déjà posée plusieurs fois ces derniers temps. Les personnes qui ont eu la gentillesse de lire mes petites histoires ont parlé d’une « grande diversité », et je l’ai pris comme un compliment. A tord, peut-être (sourire) ?
Je ne « puise » nulle part. Je ne me dis jamais : -tiens, qu’est-ce que je pourrais bien écrire aujourd’hui- ? Je me mets au clavier (ou je saisis mon Waterman fétiche) lorsque quelque chose remue en moi…s’agite. Un souvenir qui refait surface, une conversation qui fait tilt, une situation qui me touche, un visage qui m’accroche, un fantôme qui flotte à l’horizon…. C’est n’importe quand, et n’importe où. Dans la rue, au ciné, en lisant, en dormant, en veillant, sous la douche … Je ne cherche pas. Tant mieux : j’aime les surprises. L-Equipage-017.jpgL’aspect désagréable de la chose, pour les autres, c’est qu’il m’arrive fréquemment de me mettre à planer au beau milieu d’une conversation : je ne suis plus là ; ça déroute un peu, mais mes proches s’y font…ou pas (clin d’œil !).

 

Dernière question, si tu veux bien... Comment réagit ton entourage face à ta passion de l'écriture ? 

J'ai le sentiment d'être vraiment soutenue, encouragée, mais comme pour tout ce qui m'est "exclusivement personnel", qui ne concerne pas directement -ma tribu-, les réactions varient selon que cette passion, mise en pratique, dérange ou ne dérange pas le petit monde qui est le nôtre, celui de -la famille-. Bref, -les miens- m'encouragent, c'est vrai, semblent aimer ce que je fais... mais il arrive néanmoins qu'il y ait quelques petits grincements de dents (à peine audibles, mais j'ai l'ouïe fine...) quand -la mère- et/ou -l'épouse- que je suis impose sa passion au détriment du confort de chacun. Raison pour laquelle...je travaille surtout le soir, et très souvent, tard dans la nuit, voire jusqu'au petit matin. Quand ma tribu dort et n'a plus "besoin" de moi. Ce n'est ni très original ni vraiment nouveau : toutes les femmes, qu'elles écrivent ou pas, ont quelque chose de la femme-orchestre et doivent déployer des trésors d'ingéniosité et de patience pour parvenir à conjuguer le -Nous- et le -Moi-... Question d'habitude ...et d'endurance ! (sourire) 

 

Que tu as donc raison ! Que de fois ai-je entendu "A quoi tu penses?" ou "Qu'est-ce que tu fais avec ce stylo à la main ?" alors que l'un ou l'autre de "mes hommes" (petit et grand) cherchait à me tirer vers autre chose... C'est alors de grand matin que je noircis le papier... Un instant à moi que je n'échangerais pour rien au monde...

 

Justement, c'est cet univers un peu en retrait, ce jardin plus tout à fait secret puisqu'il sera partagé qui construit son auteur.

Il s'agit là d'un juste échange de bons procédés... L'un bâtit, façonne le temps de quelques pages ou d'un dessin, l'autre abreuve son créateur d'un plaisir rare... Il lui insuffle la passion... 

 

Venez partager l'univers de Josy Malet-Praud sur son site http://www.lascavia.com/  !!!!

 

 

 

 

 

Photo Christine Brunet  Christine Brunet

 

http://recreaction.over-blog.org

http://aloys.over-blog.com

 

Publié dans interview

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