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À la rencontre de Pierre Guelff, auteur chez Chloé des lys mais pas seulement...

Publié le par christine brunet /aloys

 

       

 

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À la rencontre de Pierre Guelff


Pierre Guelff, 66 ans, père et grand-père comblé, au parcours professionnel atypique. Jugez-en !
Après des études techniques, il travailla en usine, puis en Algérie comme coopérant technique, avant d’entreprendre des cours de promotion sociale d’enseignant.

Il devint professeur technique et chef d’atelier à l’Institut des Arts et Métiers de Bruxelles. Ensuite, nouvelles études : à l’Institut pour Journalistes. Il entama, alors, la carrière de journaliste professionnel.
Parallèlement, il publia plusieurs ouvrages et, à ce jour, il est exclusivement auteur aux Éditions Jourdan et chroniqueur à VivaCité (radio) et Fréquence Terre (web Radio/France), son retour, après une pénible maladie, à la télévision n’étant pas exclu.

- D’où vous est venue cette passion pour l’écriture ?

http://static.skynetblogs.be/media/26339/dyn004_small150_150_214_jpeg_2527901_2d37ed9e2d6f8049730d492e216d42ac.jpg- Dans mon enfance, je me suis réfugié dans les livres afin d’échapper à des conditions familiales, disons, difficiles, voire hostiles. Sans demander mon avis, je fus obligé de suivre des cours techniques alors que je voulais devenir instituteur ou journaliste. Sans renier mon passé d’ouvrier et de technicien, j’ai mis tout en œuvre pour accéder à mes deux rêves et j’ai réussi, selon moi, également grâce au soutien de proches.

- Heureux de ce parcours, on se doute…

- Surtout heureux d’avoir démontré que ceux qui ne croyaient pas en mes capacités de travail « intellectuel » et qui me traitaient d’« incapable » s’étaient trompés. Pour moi, ce parcours atypique est une belle revanche sur le destin qui m’était dévolu. D’ailleurs, quand je suis invité à présenter mon activité professionnelle dans des écoles situées dans des quartiers dits défavorisés, je ne manque jamais l’occasion de clamer qu’il y a toujours moyen d’accéder à son but, à son rêve, à condition de travailler, travailler et encore travailler, bien entendu, quelle que soit sa condition sociale ! Mais, je l’avoue, ce n’est pas toujours facile et je pense que la jeunesse actuelle devra davantage se battre que moi.

- Néanmoins, vous avez connu un parcours professionnel parfois parsemé d’embûches assez mesquines, semble-t-il !

- En effet, il ne m’a pas toujours été facile, en tant qu’autodidacte ou sorti de l’enseignement dit de promotion sociale, d’être admis dans le milieu du journalisme, a fortiori, lors des événements « Dutroux et Cie », je fus catalogué de « journaliste blanc » parce que je dénonçais avec une certaine virulence des dysfonctionnements et que, par corollaire, je me sentais plus proche des victimes. D’où, de nombreuses invitations sur des plateaux de télévision lors du procès et de fameuses empoignades avec des magistrats, confrères…
Quelques semaines plus tard, j’étais mis au placard pour raisons « économiques » au magazine qui m’employait…

- D’où, votre nouvelle carrière d’écrivain à part entière !

- J’ai effectivement rebondi grâce aux Éditions Jourdan, et, sans forfanterie, cela marche très bien pour moi. C’est tellement vrai, que mon éditeur et moi venons de signer un contrat pour cinq ouvrages, tous destinés également à la France, ce qui est un must. J’ai donc du pain sur la planche jusqu’en 2014 !

 

- Quels sont ces futurs ouvrages ?

- Quatre traiteront de procès aux assises (j’ai été chroniqueur judiciaire et ai couvert quelque 300 procès et, depuis quelques mois, je suis à nouveau différentes affaires dans le cadre de ces prochains livres) et, mon dada : un imposant guide (légendes, lieux remarquables, Histoire et anecdotes…) intitulé « Trésors d’Ardennes ». Ces livres seront aussi publiés en Poche, sur Internet… Étant de condition sociale modeste, j’avais pu bénéficier à moindre coût de lectures fabuleuses grâce aux livres dits de Poche, et je ne l’ai jamais oublié, c’est donc un juste retour – et un honneur, en quelque sorte – dans mon parcours !

 


- Et la radio ?

guelf2-copie-2.jpg- Un ouvrage comme « Belgique Mystérieuse, Insolite et Sacrée » - et, aussi, « France Mystérieuse, 

Insolite et Sacrée – me permet d’être chroniqueur à VivaCité, ce qui est une reconnaissance de mon travail. En cette année 2013, ce sera la sixième saison d’affilée que je « chronique » sur cette antenne et le thème sera « Contes et légendes au Pays de… » (Pays de Charleroi, Botte du Hainaut, Brabant wallon, Ardennes françaises et belges…). De plus, j’assume depuis plus de deux ans une chronique littéraire « Littérature sans Frontières » sur Fréquence Terre (web Radio/France). J’y présente mes lectures (avis aux collègues qui désirent avoir une retombée sur la France !) qui est aussi diffusée sur tout l’Hexagone via des radios FM avec, en plus, un support rédactionnel (quelque 100 000 lectures jusqu’à présent !). Les maisons comme Albin Michel, Presses de la Cité… alimentent régulièrement mes lectures, c’est encore une certaine « reconnaissance » !

 

- Et la télévision ?

 

 

- De très graves ennuis de santé (importante opération cardiaque) étant derrière moi (je l’espère !), ilguelf3.jpg n’est pas exclu que je me retrouve devant les caméras de télévision, mais j’hésite encore car c’est fort stressant… Pour retrouver la forme, je refais du sport quotidiennement (30 à 40 km de jogging par semaine, du fitness, du stretching…), je surveille mon alimentation, j’essaie de positiver !

 

- Votre plus grande fierté ?


guelf4.jpg- Outre le fait d’être un père et grand-père comblé, de partager de manière harmonieuse une vie intime et familiale, de pouvoir à nouveau travailler, même sur un rythme plus modéré, ce dont je suis également fier, c’est que l’ancien ouvrier que je suis a obtenu quelques prix littéraires, la reconnaissance de la RTBF et de TV5 Monde, que les ventes de mes ouvrages atteignent parfois des chiffres que je ne pouvais pas imaginer, et, aussi, d’avoir la confiance d’un éditeur de l’importance de Jourdan. Une réelle complicité existe entre lui (et son équipe) et moi. Je me sens soutenu et apprécié, ce qui est primordial pour un auteur. Pour ma part, je tente au maximum de valoriser cette maison d’édition.

- Un (nouveau) rêve littéraire ?

- J’ai sous le boisseau un récit historique se déroulant au Xe siècle et j’espère le publier d’ici deux ou trois ans.

 

Principaux ouvrages

 

. Long est le Chemin de Compostelle, Dédale Éditions, Paris, 1990.

. Henri Suetens : le cancer, ma bataille, Éditions Frédéric, Braine-L’Alleud, 1990.

. Sur les traces des Enfants de Salomon, Éditions Frédéric, Braine-L’Alleud, 1991. (Prix des Auteurs de l’Année de la Communauté française, Prix « Arts et Lettres de France », Prix de la Ville de Versailles).

. Le Matin des Géobiologues, Éditions Savoir pour Être, Bruxelles, 1992.

. Belgique sacrée, Belgique magique, Éditions Savoir pour Être, Bruxelles, 1992.

. Père Samuel, prêtre, guérisseur et exorciste, Éditions Savoir pour Être, Bruxelles, 1993.

. Sites sacrés, Cités magiques, Éditions Savoir pour Être, Bruxelles, 1993.

. La mystérieuse saga des Templiers, Éditions Savoir pour Être, Bruxelles, 1993. Deuxième édition : 1994.

. Dialogue entre un prêtre traditionaliste et un franc-maçon, Les Presses du Lion, Courcelles, 1994.

. Moi, Nathalie, violée par mon père, Les Presses du Lion, Courcelles, 1994.

. Sorcières, porte-bonheur, Les Presses du Lion, Courcelles, 1994. Rééditions : 2000 et 2002.

. Guide sacré du Chemin de Compostelle, Les Presses du Lion, Courcelles, 1995.

. Voulez-vous devenir franc-maçon ?, Collections Livres, Bruxelles, 1996.

. Vierges noires, Vierges mystérieuses, Collections Livres, Bruxelles, 1997.

. Le Cherchant de Lumière, Éditions des Trois-Monts, Auxerre, 1999.

. La saga Dutroux, chronique d’un scandale politico-judiciaire, Éditions Rouchon, France, 2004.

. Marc Dutroux : le procès de la honte, Éditions Rouchon, France, 2004.

. Charleroi-Bagdad, vie et parcours d’une kamikaze belge, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2006.

. Le Diable et la Sorcière, essai, Editions Chloé des Lys, Barry, 2007.

. Belgique mystérieuse, insolite et sacrée, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2007.

. L’impératrice et l’enlumineur, roman historique, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2008. (Prix « Arts et Lettres de France », Prix de la Ville de Rouen).

. Le petit Livre de la sagesse et de l’Esprit maçonniques, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2008.

. Histoires de crimes d’Amour, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2009.

. France Mystérieuse, Insolite et Sacrée, deux tomes, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2009.

. Sur les pas des Francs-maçons, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2010.

. Curieuse histoire d’une stigmatisée, Éditions Jourdan, Bruxelles-Paris, 2011.

 

 

Site web officiel : www.pierreguelff.info

 

Également sur facebook.

Publié dans présentations

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Chantal Parduyns et son dernier roman "Rencontres du métro-type"

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/rencontres.jpg

 

J’achète un petit bout de papier Je me promène, l’œil aux aguets Dans les wagons, dans les stations. Des silhouettes grises s’allument. Et ces feux follets m’entraînent Dans une autre dimension. Derrière le voile du quotidien, Se déploient des mondes sans fin Où ces personnages animent mes fictions.

 

Le décor est planté, les personnages attendent le lecteur pour se remettre à vivre. Il me reste à vous appâter avec un petit extrait…

 

 

Les couloirs du métro sont quasi vides. Dans la grande ville, c’est encore le petit matin. Il faut être exilé dans la campagne profonde pour s’agiter aux aurores ! On pourrait aussi être tard le soir ; la cité souterraine est pareille aux heures extrêmes de la nuit. Ici, pas question de lire l’heure au soleil ; la lumière crue des néons tombe à la verticale, toujours la même. Il n’est d’ailleurs pas besoin de suivre la course du jour dans le ciel : partout, des horloges immenses et des panneaux horaires illuminés imposent le compte du temps qui file. Et puis, la cité du métro vit à son propre rythme, syncopé et rapide : celui des rames bruyantes qui vont, s’arrêtent, viennent, poussant devant elles de puissants souffles de poussières chaudes.

 

Les sans-abri viennent d’abandonner leur dortoir nomade au piétinement pressé des premiers voyageurs. Un petit troupeau de silhouettes armées de sacs brasse l’air ; le remugle suffocant d’urine, de sueur nocturne et de vomissures avinées qui s’agrippait au sol enfle, se répand, s’épanouit au niveau de mes narines. Plus tard, quand la masse des voyageurs envahira les souterrains, les effluves d’after-shave et de parfums absorberont le relent nauséabond. Pour l’instant, l’odeur âcre est insoutenable et je retiens ma respiration, comme tous les matins. Je traverse le couloir lugubre décoré de tags sans espoir ; mes yeux, encore perdus dans le sable des rêves, ne les voient plus ; mes pieds avancent évitant machinalement les aspérités du sol, les déchets variés et les flaques pisseuses. Je respire économique jusqu’à la placette souterraine où des commerçants affairés fournissent des nourritures rapides à des clients pressés. Ici, l’odeur chaude des croissants sature l’air. Toujours pas question de respirer à pleins poumons : les exhalaisons grasses, viandeuses ou sucrées, me soulèveraient le cœur.

 

Descente sur le quai presque désert. Une musique agressive essaie désespérément de créer une atmosphère entraînante et conviviale. En face, au-delà des rails, une foule compacte attend, résignée.

Bientôt, un mugissement accourt des profondeurs, une tempête de poussière se précipite : dans le trou noir, un métro surgit, freine, pile.

http://www.bandbsa.be/contes/parduyns3.jpg

Publié dans présentations

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Un interview dingue, dingue... Ah, Carine-Laure... Desguin, bien sûr, lorsqu'elle s'y met...

Publié le par christine brunet /aloys

-34 recadré 3Bonjour à tous !

L’autre jour, peinarde, cool, je me baladais dans un endroit dont je tairai le nom. J’aime les secrets ! Je me dis « paie-toi un bon p’tit verre ma vieille », je rentre dans un bistrot et plops, qui je vois ? Devinez ? Christine Brunet ! Elle baratinait le barman, question de son dernier roman policier « E16 ». Le gars lui expliquait, entre deux cocktails et avec de très grands gestes,  qu’il avait lu les deux premiers romans et qu’il s’impatientait, il voulait connaître la suite des aventures de cette aventurière, Aloys. Je pensais être tranquille et boire mon p’tit verre dans mon coin mais non, voilà que Christine se retourne et se lance sur moi. Moi qui aspirais à quelques minutes remplies de paix et de calme, c’était foutu.

— AH, salut Christine, je pensais justement à toi ! ( C’est pas vrai, j’avais un texte dans la tête et j’avais envie de griffonner deux ou trois phrases) Tu boiras bien un verre avec moi ! ( Faut bien être gentille, parfois)

— Oh volontiers Carine-Laure ! Des projets en ce moment ?

Bordel, c’est toujours la même chose avec cette hyperactive, elle s’imagine que tout ‘monde lui ressemble, un projet à droite, un livre à gauche et six séances de dédicaces par semaine.

—Non, je me repose ! Tu bois ? Moi j’aurais bien envie d’un muscat de Beaume de Venise, et toi ?

— Moi, un coca light !

Ben v’là aut’chose maint’nant, elle se fout de moi ou quoi ?

— Oh Carine-Laure, tu mens ! Je vois que tu mens ! Tu bouillonnes et ne me dis pas que ta tête est vide ! D’ailleurs, tu sortais ton cahier et ton crayon, je suis certaine que tu allais écrire…

— Non, je commençais ma liste de courses, beurre, œufs, salami…

— Menteuse !

J’éclate de rire et je me dis que je ne sais rien dissimuler. Et puis, à quoi bon ? Autant partager un peu les choses quand elles ne sont pas trop merdiques.

 — Ben deux projets me tournent dans la tête…

— Tu vois bien Carine-Laure ! Alors raconte !

Obligée de capituler sinon Christine Brunet me harcèlera jusqu’au moment où j’aurai craché un petit morceau.

— Tu connais l’évènement « art balade » à Charleroi ?

— Hum, hum, ça me dit quelque chose…

— Oui souviens-toi, en 2010 ou 2011, le temps passe si vite, j’avais participéimage-1 à cet évènement ou plutôt, j’avais accompagné un participant.

— Ah oui, ton texte racontant la vie de Piet Vandenhende était installé dans une vitrine de cette grande librairie de Charleroi et…

— C’est ça ! Piet présentait des sculptures à la librairie « Molière » et il avait eu la gentillesse de mettre mon texte aux côtés de ses œuvres.

— Tu veux bien ne pas m’interrompre, j’allais te le dire, je me souviens très bien Carine-Laure Desguin !

— Ecoute Christine Brunet, l’autre jour c’est toi qui me clouais le bec et cette fois, ce sera moi ou sinon, je me tais et ton papier pour les blogs, tu ne l’auras pas. Na !

— Soit Carine-Laure, soit ! Merci garçon !

On trinque un coup à tous nos projets car Christine Brunet et moi, on se dispute sans cesse mais on s’aime bien. Obligées, nous sommes dans la même maison d’édition et Laurent Dumortier, le boss, préfère une équipe pacifique. On le comprend. Déjà qu’éditer des romans policiers desquels coulent le sang et autres joyeusetés…

Je poursuis.

— Donc, chaque année, des commerçants de la ville accueille un artiste ou deux. Ou plutôt leurs œuvres…

— Ah, ce n’est pas toi qui seras en vitrine…

— Pfffff ! Je ne te réponds pas ! Je continue…Le comité organisateur a lancé un appel aux artistes peintres et aquarellistes et j’ai pensé que mettre en évidence deux ou trois de mes textes ne serait pas une mauvaise idée. Ce qui fut accepté en deux temps et trois mouvements. Trois de mes textes seront donc visibles dans la vitrine de chez Omniburo, rue de Dampremy à Charleroi ! C’est magique ! Mes textes dans une papeterie, génial !

— Si tu le dis ! Et tu as les dates ?

— Oui, minute, impatiente que tu es ! Laisse-moi boire une fois ! Les œuvres seront installées du 10 mai au 5 juin 2013 et tout le monde pourra voter ! Donc si tu comprends bien…

— Oui, explique car je ne comprends rien à ton histoire…

— Pas compliqué pourtant ! Pour une fille comme toi qui jongle avec des histoires d’espionnage…Bref ! Les commerçants de Charleroi accueillent dans leurs vitrines des œuvres de peintures ou autres. Un circuit sera prévu et toutes les explications seront distribuées dans tous les commerces de la ville ! Votez pour mes textes ! Votez pour mes textes !

— Oh ! Du calme Carine-Laure, du calme ! On reviendra sur cet évènement dans quelques semaines car…

— Votez pour mes textes, votez pour mes textes !

— Tais-toi Carine-Laure et ne crie pas comme ça ! Tout le monde nous regarde ! Non, ne vous inquiétez pas, c’est juste Carine-Laure qui s’exprime….pardon ? Oui, c’est Carine-Laure Desguin…Oui….Dépêche-toi, raconte-moi la suite de tes projets car tout ce monde, ces yeux braqués sur nous, ça m’énerve, ça m’énerve…

— Ah, ah, ah, j’adore quand tu t’énerves !

— Continue et débite des trucs intéressants et pas tes âneries imbéciles !

— Pfffff, on peut pas s’amuser avec toi ! Moi j’aime bien, tous ces gens qui se demandent ce que nous nous disons…Je vais leur distribuer mes tracts concernant mes deux premiers livres, tiens...A propos, tu sais qu’il est possible que je donne des cours de poésies !

— Toi ? Des cours de poésies ! Ben ça alors ! Tu enseigneras aux élèves, ces pauvres petits, tes histoires d’oiseaux de ville et autres machins ?

— Christine Brunet, je sais que toi et la poésie c’est deux, mais moi j’aime ça ! Et puis, je n’enseignerai pas à « de pauvres petits » mais bien à des adultes majeurs et vaccinés !

— Ah !

image2— Oui ! La ville organise des activités pour le troisième âge et une section poésies sera

Ouverte…

— Passionnée Carine-Laure, j’ai l’impression que d’en parler tu prends feu ! Tu connais déjà la direction de tes cours ? Et puis, es-ce que tu sauras donner cours, hé, hé ?

— Non mais dis donc Christine Brunet ! J’ai quand même mon diplôme d’aptitudes pédagogiques !

— Ah !

— Oui, ah ! Et prends une de mes cacahuètes, ça t’aidera à réfléchir avant de parler ! La direction de mes cours disais-tu, oui, je réfléchis…De toute façon, une séance de présentation sera organisée le mois prochain. Et je saurai bientôt à quelle date et dans quel local. A Charleroi, bien sûr ! Durant cette première séance, les futurs participants m’éclaireront et me diront ce qu’ils attendent du cours….Pour ma part, j’espère lancer  à la fois de la théorie comme …

— Comme par exemple ?

— Ce sera d’après les desiderata, mais disons que nous pouvons traverser les grands courants de la poésie et s’attarder sur l’un ou l’autre poète. Mais ce qui me tient à cœur ce serait bien sûr que ces cours soient interactifs, que les élèves aient l’envie d’écrire des textes et à ce moment-là, tout est permis et plein de possibilités s’ouvrent à nous comme…

— Comme ?

— Comme une expo de textes, comme un recueil collectif, comme des jeux…

— des jeux ?

— Oui, des jeux ! Cadavres exquis …

— Boira du vin nouveau ! Oui, je connais ! Ne me prends pas pour une sotte sous prétexte que je n’aime pas trop la poésie, Carine-Laure Desguin !

enfantsjardinr— Pfff ! Je ne te réponds pas, je continue. J’aimerais que les participants se divertissent et apprennent en même temps. Et aussi qu’ils créent eux-mêmes et s’aperçoivent qu’ils sont capables ….

— Je suis perdue, tu résumes ?

— C’est moi qui bois de l’alcool et toi qui se perds ! Bref ! Je donnerai les lieux et dates de ce cours de poésies ! Qui sera axé selon les desiderata des élèves ! Comme je prône les libertés, je ne vais certainement rien imposer ! D’ailleurs, je mettrai une boîte à idées et chacun pourra déposer ses idées afin de diriger au mieux ce cours qui se donnera une fois par semaine, le vendredi après-midi. A Charleroi !

— Tu prendras bien un second verre, Carine-Laure. Je parie que tu as soif…

— Puisque tu le dis !

Christine commande deux verres et puis un silence de quelques minutes s’installe. Christine note et note et note. Puis elle relève la tête et demande :

— Tu ne m’as pas signalé les titres de tes trois textes qui seront dans la vitrine de chez Omniburo…

— C’est grave Christine Brunet ?

— Carine-Laure Desguin, tu fais souvent les choses à moitié, en traînaillant ! Et moi je ne suis pas comme ça, je marche jusqu’au bout !

— Pffff ! Attends deux secondes, ça me revient…

— J’attends mais pas deux heures, je dois lancer les articles sur les blogs, contacter Bob Boutique pour le prochain actutvgoogle, Laurent Dumortier au sujet des salons et des séances de dédicaces et…

— Dis Christine Brunet, tu crois que je glande ? Tu vois bien que je cherche…Voilà, ça me revient ! Les textes choisis : « Dans mon pays », « L’arrivée », « Jusqu’au matin ».

— Et dans ton recueil « Spirales urbaines », ces textes seront …

— Oui ! Ces trois textes seront inclus dans le recueil « Spirales urbaines » queLes-enfants-et-preparation-art-balade-005.JPG

 

 

 

j’attends d’une semaine à l’autre…

Et puise encore une cacahuète Christine Brunet car je parie que tous ces poèmes t’étouffent…

— Non, ça ira, t’inquiète Carine-Laure Desguin…Et n’oublie pas des photos de ces évènements car…

Je n’ai pas entendu la fin de sa phrase. En même temps qu’elle me parlait elle avalait des cacahuètes, elle enfilait sa veste, elle faisait signe au barman, elle glissait son carnet de notes dans la poche de son jeans et décrochait son gsm….

 

http://carinelauredseguin.over-blog.com

 

 

Publié dans interview

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Actu TV... Une aventure de curieux et de passionnés

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

actutvcarre

 

Actu TV... Aujourd'hui, bon nombre de lecteurs de livres publiés aux Editions Chloé des lys, la plupart des auteurs de cet éditeur... (euh, c'est le mien aussi...), et des curieux qui reviennent parce qu'enthousiastes, ont entendu parlé de l'émission mensuelle Actu TV. Bizarre ? D'abord, combien d'éditeurs ont une émission de télé ? Combien ont une chaîne dédiée ? Moi, je ne vois que Chloé des lys !

Aujourd'hui, l'émission a trois ans : trois ans d'innovations (mais oui... qu'est-ce que vous croyez ?), trois ans de travail acharné, d'interviews, de reportages, de découvertes. Voilà qui donne envie d'en savoir plus sur le (ou les ?) instigateurs du projet, sur le pourquoi du comment, du qui et du "jusqu'où". J'ai réussi après de longues tractations à interroger le chef d'orchestre de l'émission, Bob... Euh, Bob Boutique, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore... 


Franchement, Bob, qu'est-ce qui t'a pris de vouloir passer derrière la caméra... et devant? Un rêve de gosse ? Un défi fou ? Un défi solitaire ? Un pari ?

La vérité, c’est que j’ai toujours envie de tout faire ! Je vois une bonne femme comme Cécile Bertrand qui fait de chouettes caricatures politiques dans « la Libre Belgique », je me mets à griffonner . Je vois un clip de Ferré, je m’imagine  déjà sur scène dans un rond de lumière et j’apprends le piano. Je vois un gamin comme Frédéric Legrand qui bidouille  ses films, et j’imagine déjà un scénario… J’ai la naïveté d’un enfant, je ne doute jamais. Je sais que ce sera moins bon, mais je m’en fous. Je fonce.

Question idiote... Comment fait-on pour créer une chaîne TV ??????? Il faut de l'argent, des moyens, des connaissances, des passe-droits ?

Rien de tout ça… zéro euro, zéro centime ou presque. Tout se trouve sur internet avecactu5.jpg des tutoriaux  pour expliquer de A à Z comment procéder. Sauf que ça ne marche jamais comme ils disent. Et là commence la galère. Il faut tout trouver, ré-inventer, apprendre, jeter l’ ordi par la fenêtre, descendre le récupérer et recommencer une fois calmé… bref,  sans passion et une solide dose de ténacité, laisse tomber… sans Dan, le Commandant Danofsky je n’y serai sans doute pas arrivé, ou alors pour 2020. Peut-être.

Vous n’ étiez donc que deux au départ ?

Tout juste, un artiste génial mais ingérable et un schtroumpf  speedé qui parle tout le temps et enfonce des portes ouvertes.

actu1Faut bien cerner l’ambiance : le Dan super-cool qui peint des légumes  sur un morceau de planche puis laisse tomber ses pinceaux pour gratter un Léonard Cohen sur sa guitare, puis s’arrête devant son Mac pour échanger deux phrases philosophiques avec le monde entier… et le Bob monté sur ressort, qui refait du café, se promène dans la pièce en discourant les bras en l’air, en lançant des idées comme on jette des confettis.

Allez, raconte-moi une anecdote sur ce démarrage...

Un matin d’octobre 2009. Il est onze heure. J’ explique à Dan que faire un skype, c’est déjà faire de la télé et qu’il suffit de multiplier les intervenants pour faire une émission. Il réfléchit une seconde (ce que je ne fais jamais), avale un éclair au chocolat (chaque fois que j’allais  dans sa tanière flamande, je lui en apportais. Maintenant il habite Tournai)  puis se lance dans un long discours sur le streaming, les fichiers mp4 etc… auxquels je ne comprends  strictement rien,  pour conclure : ‘faut voir… ‘.

Tout ça est de sa faute, s’il m’avait dit ‘non ça ne tient pas debout’, ACTU-tv n’existerait peut-être pas.

actu3Tu en as parlé tout de suite à Laurent (Laurent Dumortier, patron des Editions Chloé des lys)?

Sûrement pas, le gars est trop occupé. Laurent, faut lui apporter un projet quand il est au point.

On a donc ‘d’abord’ réalisé une première émission en direct, avec des webcams pourries, deux spots  branlants, un pot de fleur pour le décors et douze téléspectateurs morts de rire…

Laurent n’est arrivé que plus tard, quand il s’est rendu compte que le bateau flottait tout seul. Alors, il a accepté d’ouvrir, non entr’ouvrir, son porte-monnaie pour nous allouer une petite subvention. Plus radin, tu meurs. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Sans la communauté de Chloe des Lys, toujours prête à aider un collègue qui tente une aventure, ACTU-tv n’aurait pas continué longtemps.

Depuis 3 ans, Actu TV a drôlement évolué. De plus en plus de reportages, de rencontres de gens plus ou moins connus certes mais certaines figures de poids dans le show bizz. Comment fais-tu pour les attirer, les amener à coopérer ?

Je leur casse les pieds. J’envoie un mail pour leur expliquer ce qu’on fait (preuve àhttp://i2.ytimg.com/vi/ejb_dl7rPKI/mqdefault.jpg l’appui) puis je les contacte comme si je devais leur vendre un aspirateur. Parfois ça marche, parfois pas. Mais une fois qu’un d’eux finit par accepter, il me donne les coordonnées d’un autre et ça rebondit. Bon, ça ne fonctionne que si j’ai mis le max pour essayer de lui faire une séquence qui tienne la route… sont sympas mais pas cons quand même.

Comment fais-tu évoluer l'émission ? As-tu une vision de là où tu veux emmener l'équipe ? Aucune ?

http://i2.ytimg.com/vi/-JM-mUpflhQ/mqdefault.jpgOn ne fait pas une télé pour en faire une de plus. Si on a créé ACTU-tv, c’est parce que les autres ne s’intéressaient pas à nous, jugeant sans doute qu’on était trop petit pour passer à l’antenne, Alors on s’ est dit qu’on allait le faire nous-mêmes !

Je répète souvent qu’on vaut les autres et crois-moi, je le pense vraiment. Pas meilleurs, mais certainement pas moins bons. Moins connus, c’est tout.

On va donc continuer à parler de nos amis et des amis de nos amis que nous jugeons intéressants ou ( ce qui pour moi est tout aussi important ) FONT et tentent des choses. Il y a tant de mecs et de filles qui glandent, copient ou paradent que ça me fout les boules.

Nous sommes actuellement 17 dans l’équipe, 17 bénévoles qui s’amusent (c’est essentiel), ne se prennent pas la tête (capital), déconnent, se plantent  parfois mais toujours en en tirant les leçons et en essayent de s’améliorer. Le tout avec un seul but : dire qu’on existe et qu’on a le droit comme les grands à une petite place dans le monde médiatique. 

17 ? Qui sont-ils ?

On ne va pas les citer tous ! certains sont plus actifs que d’autres, parce que plus disponibles, mais tous sont des auteurs de Chloe des Lys et figurent sur la page des podcasts :  http://www.bandbsa.be/podcasts.htm

http://www.bandbsa.be/contes3/actuyoutube.jpg

Aucun de nous n’avait jamais fait de télé auparavant et aucun n’est formaté. A chacun son style et son accent. Nous avons même une présentatrice marseillaise qui ne peut pas cacher ses origines. Quelle importance ? L’ essentiel est d’être vrai et je pense même que notre amateurisme éclairé joue en notre faveur et donne un cachet de sympathie à l’émission.

En fait, on les choisit au coup de cœur. On ne peut bien travailler ( et crois-moi c’est un vrai boulot ) qu’avec des gens qu’on apprécie et surtout, surtout, qui ne tirent pas la couverture à eux…

Notre télé est encore confidentielle, mais logée dans une niche ( la littérature et l’art en général ) qui intéresse peu les médias. Du coup nous apparaissons ( en Belgique en tous les cas ) comme un truc à part qui mérite au moins l’attention.

Et puis il  ya l’ aspect ‘projet pilote’, sans business, sans pub… je ne connais d’ailleurs pas d’autre exemple.

As-tu le trac lors d'un lancement d'émission ?

Un peu quand même… on est sur le net, en streaming, tout peut arriver ! Et puis il y a quand même un peu de technique informatique derrière tout ça… je fais un test une heure avant, puis tombe à genoux et prie le Seigneur que tout se déroule normalement.

 

Mais bon, le temps de l’improvisation est quand même révolu et on prépare un max.

http://i4.ytimg.com/vi/7Zezd0R1pX8/mqdefault.jpgQuel est le truc le plus dingue que tu ais fait pour Actu TV ?

Il y a une bonne année, on s’ est rendu compte deux jours avant l’émission qu’il n’y avait pas moyen de la transférer sur l’hébergeur… aucun programme ne répondait ou alors, le fichier ( plusieurs gigas ) se déconnectait en cours de transfert. Pas d’hébergeur, pas d’émission !

J’étais en transe et téléphonais à tour de bras à Paris où se trouve le maxi-serveur pour m’entendre répondre que pour eux tout était normal et que le problème ne pouvait se situer que chez nous ?  Bref, la cata.

Et ?

J’ai appelé Dan au secours. Il était en ribotte dieu sait où, mais a tout laissé tomber pourhttp://i1.ytimg.com/vi/0Nag9Sl8n8I/mqdefault.jpg venir me dépanner, aussi zen que s’il venait de méditer sur un pic de l’ Everest. Ca a duré quand même toute une journée… il a téléchargé , détourné et craqué un autre logiciel de transfert puis bidouillé un programme qui a tourné toute la nuit. Le lendemain dimanche à 20h00 pile, le générique se lançait sur le net comme si de rien n’était. Oufti !

J’ai horreur de ce genre de choses, car une émission comme ACTU-tv ne peut pas tomber en panne. Il y va de sa crédibilité. Elle peut-être moins bonne, mais elle doit être diffusée. C’est comme un vélo, si tu arrêtes de pédaler, tu tombes.

Allez... Un autre projet en tête ??? Tu m'en parles ?

Un scoop ?  On aimerait bien lancer une autre émission, trimestrielle dans un premier temps, sur le cinéma d’auteur ! Les réalisateurs ont exactement le même problème que les écrivains…

Plus personne ne veut distribuer leurs films.

Alors, on remue ciel et terre pour essayer de mettre ça au point. Une présentation des œuvres ( courts ou longs-métrages ), suivie de leur diffusion bien sûr et pour terminer un petit débat avec le ou les auteurs.

Quelqu’un m’a dit avec un peu de condescendance que c’était impossible à cause des droits, des formats de fichiers etc… juste ce qu’il ne fallait pas faire.

 

Parle-moi de l'audimat... Actu TV est parti de zéro ou presque. Et maintenant ?

C’est très curieux, mais depuis sa création l’émission n’a pas cessé de grimper en audience,http://i4.ytimg.com/vi/stqr7aBUwN4/mqdefault.jpg lentement mais sûrement, que ce soit au nombre des téléspectateurs directs ou celui des podcasts.

En fait, on double chaque année, en partant de zéro il est vrai. Actuellement on frôle la centaine en direct ( tous ne  participent pas au tchat ) et on vient de dépasser deux fois les 500 visites en podcasts.

Si on compare ces chiffres avec ceux des tirages des revues littéraires belges on doit être bien placé. Surtout si on leur ajoute les consultations de notre chaîne YouTube qui approche les 35.000.

Bref ce n’est plus insignifiant. Evidemment nous ignorons tout des audiences périphériques et des forwards, celles et ceux qui copient nos séquences et les reprennent sur leurs sites.

Le tout est de tenir, comme notre éditeur Chloe des Lys, mais on va dans la bonne direction.

 

Sans aucun doute !!!! Rendez-vous au prochain anniversaire !

Pour voir, revoir, s'informer, une adresse : www.bandbsa.be. L'émission, je le rappelle, passe une fois par mois, le dernier samedi du mois à 20h pile et dure aux alentours d'une heure et demie. Puis elle peut être podcastée (revue) via ce site ou via la chaîne CDL Youtube.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

Publié dans interview

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Rolande Michel se présente et présente son livre : "Jeanne"

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/micheltete.jpg
Tu te présentes ?
Je suis née à Callenelle, un petit village du Hainaut Occidental, le 29 juillet 1942.
J'aurais voulu faire du théâtre, mais devant le refus catégorique de ma mère, je suis devenue prof de langues modernes. Je me suis contentée de faire du théâtre en amateur en menant de front une carrière professionnelle prenante et l'éducation de mes quatre enfants que j'ai dû élever seule. Après un premier roman psychologique édité pour compte d'auteur ( à condition que ce soit sous mon nom d'épouse!), j'ai dû renoncer à écrire et me suis exprimée à travers des poèmes qui ont été une véritable thérapie, face aux aléas de la vie.
A présent retraitée et heureuse grand-mère de huit petits-enfants, je me suis remise à écrire.
Ton livre ?
Jeanne, une petite fille de huit ans, espiègle et rebelle, fait plein de bêtises (pas bienhttp://www.bandbsa.be/contes3/jeanne.jpg graves) avec le gros Pierre, le fils du boucher.
Pour fuir la lourdeur d'un quotidien où elle entretient des rapports difficiles avec sa mère, elle s'évade dans son monde imaginaire. 
Un jour, elle fait une chute en classe et Birdie, l'oiseau qu'elle nourrissait depuis des années, l'entraîne au sommet de l'arbre au pied duquel elle jouait avec son grand-père.
Pierre la rejoint en pédalant dans les airs.
Avant de survoler le Tournaisis et d'atterrir à Bruges, ville mythique pour Jeanne, ils doivent choisir: plonger dans le passé ou découvrir leur avenir.
Très intéressée par son avenir, Jeanne accepte d'accompagner d'abord Pierre dans le passé. Ils embarquent dans un étrange sous-marin : le Dreamicus qui leur permet de découvrir les fonds marins. Ils y croisent des poissons au comportement très proche de celui des humains et partagent la vie des hippocampes avant d'être renvoyés, trois siècles en arrière, sur une plage des Caraïbes. Ils y partagent l'existence des pêcheurs jusqu'au jour où, après avoir été enlevés par des marchands d'esclaves, ils sont sauvés par le héros de Pierre : Barbe Noire, le pirate.
Ils sont alors obligés de refaire, en sens inverse, le chemin parcouru.
Jeanne se retrouve au pied de l'arbre. Un miroir y a été déposé. En s'en approchant, elle découvre un avenir plutôt inattendu.       
Un petit extrait ?
Et me voilà repartie ! Suis-je bête ! Décidément, je ne changerai jamais ! Je fuis constamment la réalité pour me nourrir de mes rêves, je fais d'eux un monde plus réel que celui où je vis, je m'y plonge tout entière sans réfléchir, je me délecte d'aventures ou de situations imaginaires dans lesquelles je me sens parfaitement à l'aise, toute-puissante, presque divine.
Rolande Michel

Publié dans présentations

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Dernière fois, une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

DERNIÈRE FOIS

 

Raymond avait passé plus de cinquante ans dans le quartier. La villa qu'il y avait fait bâtir avait vu grandir ses enfants et mourir son épouse. Elle avait été témoin de son ascension professionnelle, de son bonheur familial. Depuis qu'il était veuf, je l'invitais chaque quinzaine à partager notre repas du soir. Je cuisinais alors ses plats préférés et il profitait de l'occasion pour ouvrir une des bonnes bouteilles de vin qu'il gardait dans sa cave. Raymond nous parlait de ses lectures, de sa carrière, de ses enfants, de sa femme.

 

Un jour, il nous dit : "J'ai pris une grande décision. Je vais aller vivre dans la résidence où ma sœur et mon beau-frère sont entrés. C'est un bel endroit. Le personnel est aimable. J'ai pesé le pour et le contre. Ma vie sera plus facile. Bien sûr, je vais vendre la villa Paradis et cela me déchire le cœur. Que voulez-vous que je fasse d'autre ? Louer ne me causerait que des problèmes. Ni ma fille ni mon fils ne veulent venir vivre ici." Il ajouta : "Ma maison va passer dans des mains étrangères… Je n'y entrerai plus, plus jamais. C'est comme si ma chère Colette, allait mourir une deuxième fois. À chaque recoin étaient attachés tant de souvenirs ! J'espère que de là-haut, elle me pardonnera sûrement car je n'ai plus l'énergie suffisante pour entretenir le jardin et le bâtiment."

 

Voir Raymond tellement abattu à cette idée, me bouleversa. J'en parlai autour de moi. C'est ainsi que la plus jeune de mes filles qui était dentiste décida d'acheter Paradis. Je me disais que mon vieil ami devait être satisfait de savoir sa demeure en de bonnes mains. Deux ans plus tard, quand ma fille et son compagnon furent parfaitement installés, elle organisa une pendaison de crémaillère et je la suppliai d'inviter Raymond.

 

Le jour J, Raymond eut un statut privilégié. Il avait été convié une heure avant les autres. Ainsi, il fut le premier à sonner à la porte. Ma fille lui fit faire le tour du propriétaire et je les accompagnai. Raymond passait de pièce en pièce, silencieux, morose. Il avait beau dire et redire : "C'est bien", son regard humide témoignait de sa déception et de sa nostalgie. Comme les invités commençaient à affluer, je terminai la visite seule avec lui. Il murmura juste : "C'est dommage, je ne m'y repère plus. Les murs abattus, les murs ajoutés, les fenêtres percées. Je suis dérouté." J'expliquai que ma fille et son ami comptaient encore faire construire une annexe puis je le laissai se promener dans le jardin. J'imaginai qu'un peu de solitude lui permettrait de trouver une sorte d'apaisement.

 

Mon mari me souffla : "Je crois que tu as eu une fausse bonne idée. Quand nous allons à la résidence, Raymond ne semble jamais désappointé comme il l'est cette après-midi."

 

J'aidai ma fille à servir les tapas et les boissons. À vrai dire, prise par mes occupations, j'en vins à oublier Raymond. Le jour allait tomber lorsque mon mari entra dans le living. Il était livide. Alors que lui et Raymond étaient allés fumer un cigarillo, le vieil homme s'était écroulé sur la terrasse. À quatre-vingt-neuf ans, il était venu mourir dans ce Paradis auquel il était attaché.

 

Micheline Boland

http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/ http://micheline-ecrit.blogspot.com/

boland2

 

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Journal de bord... Hugues Draye...

Publié le par christine brunet /aloys

 

H.draye

journal de bord, jeudi 3 janvier 2013
  
Y a des chansons en friche. Dont le sujet a donné son premier élan, y a déjà quelques mois. Et dont la suite n'a pas été développée. Encore. Et encore.

D'autres morceaux, en revanche, ont été conçus plus vite. En un rien de temps. Ca ne se commande pas, ces choses-là.

Ca fait des mois qu'une institutrice en chef se bal(l)ade, se trimballe dans ma tête.

J'ai du la pêcher un soir, lors d'une réunion banale. Elle devait revêtir le masque d'une personne comme moi, pas plus institutrice que moi dans les faits concrets. Mais qui me rapp'lait sans doute quelqu'un d'autre. Allez-vous en savoir.

Allez, mentalement, j'ai du trouver la trame des trois couplets ... que je n'ai pas encore mis en forme, mis en rimes.

C'est déjà ça.

Dans le premier couplet, l'institutrice en chef s'arrangerait pour dire à un de ses élèves qu'il a une sale, une laide écriture, et qu'il aurait intérêt à utiliser/employer l'écriture calligraphique. Oui. L'élève s'arrangerait pour faire des efforts. L'institutrice s'arrangerait, alors, pour dire que l'écriture calligraphiée de l'élève est mauvaise, l'élève tenterait de s'expliquer, la maîtresse le punirait alors pour impertinence, non-respect de l'ordre.

Le pouvoir a-t-il toujours raison ?

Plus tard, dans un deuxième couplet, l'institutrice en chef sermonn'rait un élève parce qu'il fume, parce que c'est mauvais pour la santé, parce qu'il devrait donner l'exemple à ses camarades. On connaît la rangaine. L'élève, intelligent, tiendrait compte du "conseil". Du jour au lendemain, il renoncerait aux Marlboros ou aux GItanes ou aux Gauloises. Voilà. Jusqu'au jour où il apercevrait sa maîtresse, dans la cour de récréation, en train de ... fumer. Tôt ou tard, ça devait arriver. Evidemment, l'élève, logique, le f'rait remarquer à son institutrice qui, évidemment, lui collerait des punitions.

Faut jamais être impertinent !

Et pourquoi pas un couplet où l'institutrice, femme qui se respecte, ferait remarquer à un de ses élèves, trop tourné vers les nanas, qu'il serait temps d'être un peu moins collant envers les représentantes du sexe dit opposé. Sujet vieux comme le monde. L'institutrice, toute bienveillante, se rappelant qu'elle est elle-même une femme, conseill'rait à son élève de croiser les femmes en les ignorant, parce que c'est comme ça, paraît-il, que les nanas sont accrochées/scotchées/attirées par les mecs. Bref : le jeu du chat et de la souris. Jusqu'au jour où l'élève pass'rait, dans la cour de récréation, devant son institutrice et ... en l'ignorant. Logique. Et l'institutrice qui finirait par punir son élève pour ... manque de politesse.

Faites ce que je vous dis, et ne faites pas ce que je fais.

Bref : le sens du pouvoir, dans tout ce qu'il a de puant, d'ambigu, de pervers.

Bref : tout ce qui me dérange.

Bref : le piège dans lequel, chaque jour, je m'efforce de ne pas tomber.

Bref : la mise en garde envers ceux/celles qui s'arrangent pour commander les autres, en utilisant les règles. Et qui sont les premiers à les respecter quand ça les arrange.

Bref ...

 

Hugues Draye

www.myspace.fr/huguesdraye

facteur (1)

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Laurent Nizette, L'ambassade du Paradis

Publié le par christine brunet /aloys

Fiche Nizette

Publié dans fiche auteur

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Les vieux amants du Bois de la Cambre, deuxième partie, une nouvelle de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

gauthierhiernaux

 

(...)

 

Quatre semaines plus tard, certains événements indépendants de ma volonté m’obligèrent à emprunter par le même chemin.

Après quelques secondes passées à maugréer, je me dis que, toute compte fait, cette rupture dans l’inhabituel de mes habitudes n’était pas pour me déplaire et, comme nous étions aux portes du printemps et que les jours étaient plus longs, le paysage serait différent et bien plus agréable que la fois précédente.

Je suivis la route, entièrement focalisée sur le moment où le lac m’apparaîtrait au détour d’un virage. J’en étais toute excité, je devais bien l’avouer.

Au moment où l’étendue calme s’imposa à moi, mes yeux se braquèrent sur un détail qui m’amusa.

Les deux vieillards se tenaient au même endroit que la dernière fois et le vieux avait passé ses mains sous les bras de sa femme et l’aidait à s’extirper de la chaise roulante.

J’avais l’impression d’avoir mis un film sur pause un mois auparavant et de le reprendre où je l’avais abandonné. Cette constatation me fit sourire et, tout en essayant de garder un œil sur la route, je vis, sur l’autre trottoir, le vieux monsieur soulever doucement sa chétive vieillarde.

Je les dépassai lorsqu’elle allait mettre un pied parterre sous le regard encourageant de son époux.

Je songeai à ma propre moitié. Mon compagnon ferait-il la même chose pour moi ? Ma bonne humeur venait du fait que je n’avais aucun doute sur la réponse.

Je plaignis Monsieur Costume-cravate-toujours-occupé que je côtoyais de huit à neuf et me demandai si sa femme aurait la chance d’attendre qu’il se réveille.

Au plus profond de mon âme, j’espérais que non. Personne ne devrait être obligé de vivre avec un fantôme et de se taper la vaisselle par-dessus le marché.

J’étais passée de la joie à la colère sans beaucoup de transition, ce qui m’effraya un peu car je n’étais pas coutumière des sautes d’humeur.

Je longeai une longue avenue nommée Drève de Lorraine en ruminant de sombres pensées et en me demandant si mon orientation professionnelle était bien celle que j’avais choisie.

Vu le milieu de requins dans lequel j’évoluais, j’en concevais certains doutes.

Lorsque je rejoignis le Ring, je repensais au couple. Cette réminiscence me rendit le sourire.

***

Je dois bien l’avouer : je forçai un peu les événements pour satisfaire ma curiosité.

Le manège de ces deux vieilles personnes m’avait intriguée et je me posais de nombreuses questions sur leurs motivations.

Je m’imaginais sans peine ce que l’homme aidait son épouse à marcher, cependant je ne m’expliquais pas la raison qui les poussait à venir le long de la route qui entourait le lac, surtout à une heure aussi matinale.

J’avais déterminé a posteriori l’heure à laquelle j’étais passée les deux dernières fois et j’avais calculé pour aboutir au lac à ce moment-là. 

En me levant ce matin, je m’étais demandé si j’allais les retrouver et cette idée ne m’avait pas quittée alors que je roulais dans cette direction.

Inconsciemment, j’avais ralenti en arrivant en rue de coude, lorsque l’Avenue de Diane devenait l’Avenue du Panorama.

Mon cœur s’était emballé comme si je m’apprêtais à revoir le visage d’une amie que j’avais perdue de vue depuis des années. 

Le virage me parut plus long qu’à l’ordinaire, mais lorsque je débouchai sur le lac, je souris.

Ils étaient là.

Ses mains tenaient fermement les bras de celle qu’il aimait. Ils paraissaient figés dans cette position et, si je n’avais pas vus précédemment ce vieux monsieur guider la chaise sur le trottoir, j’aurais pu croire à une statue de cire abandonnée là pour rappeler au monde l’importance de l’amour.

Je les dépassai avec les larmes aux yeux

 ***

Je n’avais jamais vu leur visage.

Sur cette route où les gens fonçaient comme si leur vie en dépendait, je n’arrivais jamais à ralentir assez pour capter leurs traits. Tout ce que je savais d’eux à ce sujet tenait en trois mots : ils étaient âgés.

Je me mis à faire des estimations dans le lit que je partageais avec mon homme, lequel m’observait du coin de l’œil en se demandant certainement quelle lubie me passait encore par la tête. Je ne lui avais jamais parlé de ce couple étrange que je croisais à chaque fois dans ce virage et qui, pour une raison inconnue, m’obsédait de plus en plus. 

J’en étais arrivée à faire exprès ce détour pour les surprendre. Pourtant, chaque fois que j’arrivais à leur hauteur, ils se trouvaient dans la même position presque figée comme s’ils répétaient une scène jusqu’à la maîtriser parfaitement.

Je m’imaginais sans peine ce vieux monsieur aidant sa femme à faire quelques pas en sa compagnie. Ce qui m’intriguait était l’obscure raison pour laquelle ils avaient opté pour un endroit si incongru. S’il avait poussé la chaise de l’autre côté de la route et qu’il avait suivi le chemin qui descendait en pente douce jusqu’au lac, il aurait pu trouver un endroit plus confortable pour aider la vieille femme à faire ses exercices.

L’endroit qu’ils avaient choisi était selon moi absolument incongru.

Alors que je me lavais les dents, je me résolus à partir beaucoup plus tôt qu’à l’accoutumée, trouver à me garer dans une rue adjacente (j’en avais repéré une toute proche) et observer le manège de mes vieux amants du Bois de la Cambre.

Mon bon sens tenta de m’en dissuader et, comme il peinait à trouver des arguments convainquant, mon esprit civique tenta de prendre le relais.

J’allais jouer les voyeuses pour satisfaire une curiosité malsaine.

En effet, quelle lubie me poussait à comprendre ce que ces deux personnes faisaient chaque matin, à la même heure, sur le trottoir situé dans la jonction de ces deux avenues ? Ma vie serait-elle changée si j’en savais plus ? Evidemment que non. C’était une pulsion, identique à celles qui vous poussent à faire une très longue file pour un article très cher (et donc très performant) qui n’améliorera en rien votre existence.

Sans doute demain me demanderais-je avec perplexité comment j’en étais arrivée là, mais pour l’heure, il fallait que le comprenne.

Je me pressai un peu d’habiller ma fille et la remis entre les mains de son père qui avait pris l’habitude de la conduire à l’école puis fonçai dans la cage d’escaliers.

Nous étions à la mi-juillet et beaucoup d’usagers de la route étaient en train de bronzer sur une plage à des milliers de kilomètres de Bruxelles.

Les routes étaient dégagées et la traversée de la ville était désormais une plaisante ballade.

Pourtant, je fonçais comme une malade, pied au plancher, avec la ferme intention de passer le mur du son. Si je voulais avoir la chance de surprendre le ballet des vieux, je devais arriver avant eux.

Je ralliai l’entrée du Bois de la Cambre en moins de vingt minutes, un record tout à fait personnel et, au lieu de prendre Lloyd Georges comme j’avais l’habitude de le faire, je continuai tout droit et fit pivoter ma petite voiture sur l’Avenue Victoria.

J’avais repéré hier soir le plan de la ville sur Internet et avais trouvé le moyen de couper par ici afin d’éviter l’Avenue de Diane où il était impossible de rouler à moins de cinquante à l’heure et certainement pas de s’y arrêter. 

Je me garai dès que je pus trouver une place et parcourus le reste de la distance en courant à moitié.

J’avais revêtu un pantalon de toile ce matin et ma course s’en trouvait facilitée. Pour un peu, on aurait pu dire que j’avais tout prévu.

J’aboutis dans l’Avenue de Diane, un peu décoiffée, un peu essoufflée, mais totalement rassurée quant au timing. Ils n’étaient pas encore là.

Je pris appuis sur une barrière un peu rouillée (mon pantalon couleur rouille ne craignait donc rien) et tentai de reprendre mes esprits (pas trop tout de même sinon je serais partie en courant).

Un mouvement de l’autre côté de la rue attira mon regard.

D’un chemin perdu arrivait le couple.

Je les observai émerger lentement de la pénombre dispensée par les arbres.

Ils avançaient majestueusement, dans le plus profond silence, comme les membres d’une procession.

Ils étaient trop loin pour que je voie distinctement leurs traits, mais je l’imaginais autrefois bel homme.

Il était habillé avec élégance et il me rappela les photos que j’avais vues d’Albert Cossery.

Quant à la vieille, Elle arborait une crinière encore fournie – moins blanche cependant que celle de son mari – et tenait ses mains croisées sur son ventre creusé par l’âge et le manque d’appétit.

Autant son mari était d’une élégance surannée, autant ses vêtements étaient décontractés. Elle portait un pantalon et une veste de jogging que j’aurais davantage vus sur une plus jeune personne. Je compris que ce type d’habits était sans doute beaucoup plus simple à enfiler pour une personne invalide. Aux pieds, on lui avait enfilé des baskets de couleur rouge vif qui tranchaient avec le blanc immaculé de son training.

Lorsqu’ils furent sur le trottoir, je les vis mieux.

L’homme devait être son aîné. De loin d’ailleurs. A vue de nez, je lui donnai quatre-vingts ans alors que sa femme devait avoir une bonne décennie de moins.     

Ils bifurquèrent lentement vers la droite et longèrent la route comme à chaque fois. 

Les automobilistes étaient plus rares que pendant les autres mois et je pus, sans aucun problème, traverser la route et les suivre à quelques pas de distance. Je ne voulais pas donner l’impression de les épier même si c’était exactement mon but.

Je ralentis considérablement le pas pour ne pas les dépasser au mauvais moment. Je fis même mine de relacer mes chaussures alors que je portais bottillons.

Ainsi accroupie, je vis le monsieur élégant arrêter la chaise puis la contourner avec des gestes mesurés.

Lorsqu’il fit de l’autre côté, il croisa mon regard. Je me dérobai, consciente d’avoir subitement rougi. Quand je trouvai le courage de relever les yeux, il avait placé ses mains sous les bras de sa femme.

Je me relevai rapidement et allai à leur rencontre.

Alors que je les dépassais, je l’entendis l’encourager. Manifestement, leur ballet durait depuis de nombreuses années, mais le vieillard lui parlait d’un tel ton qu’on aurait pu croire qu’ils venaient de se rencontrer.

En m’éloignant, je saisis quelques paroles emportées par le vent.

Ce n’est pas grave, ma chérie. Nous réessayerons demain.     

J’aurais voulu me retourner et les serrer très fort dans mes bras, mais je savais que j’en serais incapable.

Je n’avais pas pu le faire avec mes parents quand j’avais appris que la maladie les emportait tour à tour, comment aurais-je pu avoir ce contact privilégié avec de parfaits étrangers, quand bien même m’avaient-ils émue aux larmes ?

Je pris le premier embranchement et m’enfonçai dans les bois. Je voulais que la pénombre me recouvre.

 

 Gauthier Hiernaux

www.grandeuretdecadence.wordpress.com

http://www.bandbsa.be/contes3/lucioles.jpg

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Les vieux amants du Bois de la Cambre, première partie, une nouvelle de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

 

gauthierhiernaux

 

 

Je fais partie de ces gens qui n’aiment pas la routine, quelle qu’elle soit. Il faut toujours que je trouve quelque chose pour rompre la monotonie, même pour une poignée de secondes. Au fil des années, cette habitude est devenue une obsession et je ne pense pas avoir abandonné un jour l’espoir de rendre mon quotidien… et bien… moins quotidien.

D’un jour à l’autre, je change mes horaires et je varie, autant que faire se peut, mon alimentation.

Je ne mets jamais les mêmes vêtements ni les mêmes chaussures, au grand désespoir de mon compagnon qui voit son côté de garde-robe diminuer comme peau de chagrin.

Je suis contente d’être une femme pour avoir la possibilité de changer de coiffure aisément, mais je pense que, si j’étais un homme, je pourrais faire de même avec les poils du visage. 

J’ai une demi-douzaine d’itinéraires pour me rendre au travail et je tente de me garer à chaque fois à une place différente.

Au début de ma carrière, j’avais un collègue qui réagissait de manière diamétralement opposée et cela avait tendance à me taper sur les nerfs. Il avait acheté une série de costumes noirs et des chemises bleues parfaitement identiques qu’il mettait tous les jours. Il mangeait les mêmes tartines salami-moutarde tous les midis assis à la même place (dos à la fenêtre de la cantine) en compagnie des mêmes personnes.

Pour moi, il s’agissait d’un monomaniaque. Cependant, j’imagine que je devais l’intriguer tout autant avec mon absence d’habitudes.

J’intriguais également l’homme qui partageait ma vie depuis une dizaine d’années et il avait appris à ne plus me poser de questions.

Cependant, ma vie professionnelle était celle d’une employée classique de bureau et, même si je me refusais de lui donner un rythme abrutissant, je me devais de respecter certaines règles.

Je travaillais pour une grande entreprise pharmaceutique où j’officiais en tant que collaboratrice (c’est-à-dire « secrétaire ») pour un quadragénaire que je ne voyais presque jamais. Il était derrière son bureau de huit à neuf et de dix-sept à dix-neuf (heures à laquelle j’étais partie) et j’avais tout intérêt à être présente le matin pour recevoir mes ordres de travail. Le reste du temps, Monsieur était en réunion ou en déplacement, ce qui incluait également ses repas d’affaire et les quelques rendez-vous privés qu’il me demandait de prendre chez le dentiste ou le coiffeur car son temps libre était limité comme s’il lui avait été dispensé par un avaricieux.

Je connaissais bien ce genre d’individus ; ils se taillaient une carrière pendant dix, quinze ans, au mépris de tout, surtout de leur famille (s’ils en avaient une). Quand ils recevaient les papiers du divorce, ils se demandaient encore pourquoi une telle injustice leur tombait dessus, eux qui sacrifiaient leur vie pour améliorer celle de ceux qu’ils voyaient somme toute beaucoup moins que leurs collègues.

J’avais pitié de ces êtres qui bradaient leur sa vie personnelle au profit du profit.

Personnellement, dès que je le pouvais, je rentrais chez moi profiter de mon compagnon et de ma fille de deux ans et demi. Rien n’aurait pu me détourner d’eux et parfois, j’avais la tentation de penser que j’étais la personne la plus riche de ce monde.

Ma vie était ponctuée de petits bonheurs que je tentais moi-même de créer comme un pointilliste consciencieux.

Un matin, alors que je m’étais levée un peu en retard et que j’avais avalé un petit-déjeuner frugal, je fonçais vers l’entreprise avec le sentiment que j’allais finir par enfoncer le plancher de ma petite voiture si je continuais à agir de la sorte.

Ma route, choisie ce matin parmi mon petit panel, étant barrée par des manifestants, je me résolus à changer d’itinéraire.

Je tournai mon volant et empruntai un autre chemin qui allongeait légèrement la distance, mais qui possédait l’avantage d’être libre de tout élément perturbateur.

Il me fallut deux ou trois kilomètres pour me rendre compte que mon choix par défaut n’avait pas été le bon et que, en prévision de la manifestation qui m’avait déjà arrêtée tout à l’heure, la police bloquait les artères principales, rabattant le trafic vers des routes secondaires qui ne tarderaient pas à être saturées.

Je n’avais dès lors qu’à suivre le flot de voitures et me laisser porter par elles.

La situation était loin de me déplaire ; je découvrirais, avec un peu de chance, d’autres horizons qui pourraient peut-être me ravir.

Tant pis pour Monsieur Mon Patron. Je lui expliquerais la raison de mon retard et regrettais déjà de devoir rester en soirée pour réussir à concilier nos horaires.

Après une multitude de circonvolutions aberrantes, nous fûmes détournés vers le bois.

Je n’empruntais jamais cette route car elle m’éloignait considérablement de ma destination et je me demandais en poursuivant mon chemin comment je pourrais faire la jonction.

Je n’avais pas cette partie de la ville en tête et regrettais de ne pas m’être laissée tenter par le GPS que mon compagnon, avait proposé de m’offrir pour Noël.

Je profitai d’un arrêt devant un feu rouge pour farfouiller dans mon vide-poche à la recherche d’un plan. Alors que mes doigts allaient à la rencontre de dizaines de trucs inutiles pour l’heure, je me rappelai l’avoir prêté à une nouvelle collègue fraîchement débarquée d’Espagne et totalement paumée dans notre belle capitale.

Un début de panique montait doucement en moi et je fus tentée de me faire porter pâle au bureau. Malheureusement, l’autre homme de mon autre vie comptait sur moi pour gérer sa vie et je ne pouvais ouvertement me dérober au risque de voir sa carrière éclater comme une bulle de savon.

En passant devant cette belle abbaye reconvertie en école supérieure des arts visuels, je me dis que je tenais peut-être ma chance de passer par cette route boisée fort agréable pendant les beaux jours.

On m’en avait parlé, mais je ne l’avais jamais empruntée car, pour la rejoindre, je devais traverser la moitié de Bruxelles.

Dans ce cas d’espèce, comme je l’avais déjà traversée, cette option était désormais envisageable.

D’un coup de volant, je m’engageai sur la file de droite et longeai une avenue qui portait le nom d’un Premier ministre britannique puis aboutis à un rond point qui me donnait accès au bois.

L’endroit était fort agréable, même en cette saison, mais je doutais qu’il puisse s’ajouter à mes parcours préférentiels. Alors que je suivais une vieille Volvo un peu poussive, j’eus le temps de repérer quelques trouées qui permettaient aux piétons de rentrer dans le cœur des bois et de s’y perdre. Sans doute viendrais-je me promener ici avec mes deux amours pendant les beaux jours.

Je me rappelai à l’ordre. Ma distraction au coulant m’avait déjà valu un ou deux accrochages (en tort) et quelques frayeurs (à raison) et je constatais que cela ne m’avait pas servi de leçon.

Il n’y avait que lorsque ma fille était assise dans sa chaise bébé à l’arrière que je gardais les yeux braqués sur la route.

Je devais faire comme si mon enfant était mon passager, en n’importe quelle circonstance.

Mais comme je prenais cette décision, j’aboutissais à un gigantesque étang dont la vue m’émerveilla.

En cette saison encore hivernale, l’endroit était naturellement désert de promeneurs. Je me doutais qu’il était littéralement envahi lorsque le soleil pointait le bout de son nez.

Je pouvais m’imaginer les barques voguant paresseusement au fil de l’eau et les enfants descendre les pentes juchés sur leur vélo.

Pour l’heure, dans le minable éclairage dispensé par les réverbères, j’apercevais au loin un couple de personnes âgées venir à ma rencontre sur le trottoir d’en face, lui poussant une chaise roulante dans laquelle elle était dignement assise. 

J’eus le temps de les voir s’arrêter sur le chemin et je les dépassai comme le vieillard contournait la chaise et tendait les bras.

Je pilai de justesse, manquant de peu le pare-choc du conducteur qui me précédait. Echaudée, je levai le pied et m’enjoignis de me focaliser sur la route, ce que je réussis à faire jusqu’aux feux de signalisations qui délimitaient la sortie du domaine.

La bonne humeur commença à me gagner quand je compris que je ne m’étais pas fourvoyée lorsque je vis les panneaux qui annonçaient l’autoroute. Je traversais une large étendue forestière où il n’était pas question de dépasser les cinquante à l’heure et je me demandais où ce chemin allait me faire déboucher.

J’eus la surprise d’aboutir sur le périphérique que, nous, les Belges, appelons « Ring » en constatant que, somme toute, je n’avais que vingt minutes de retard sur l’horaire.

Ma journée commençait plutôt bien.

Je m’en étais mise plein les yeux.   (...) La suite ? Demain...

 

Gauhtier Hiernaux

www.grandeuretdecadence.wordpress.com

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