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Un poème de Françoise Castera : Haïti

Publié le par aloys.over-blog.com

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Haïti

 

Entre pays maudit et perle des Antilles

C’est ma vie que l’on prend et mon cœur qui oscille

Je ne veux pas pleurer mon fils ni ses amis

Qui prennent tous les risques au mépris de leur vie

J’ai peur pour eux pour tous et surtout ces enfants

En train d’agoniser…et cela prend du temps.

Si les secours sont là, utiles et présents,

Ils ont les mains liées – c’est un pays absent.

Ceux qui se succédèrent n’ont pensé qu’à eux-mêmes.

Ils étaient les nantis, et leur pouvoir extrême

N’incluait pas les gens qui hurlaient leur famine…

Qu’importent ces paysans qui vivaient de rapines 

 

Avez-vous vu ce couple qui cherchait son bébé

Ce petit Haïtien qu’ils avaient adopté

T’en souviens-tu, Préval, tu aurais pu signer

Mais tu ne l’as pas fait. Le bébé est resté.

Pourtant tu étais là, côtoyant les soldats

Envoyés par l’O.N.U.   Tu riais aux éclats !

Te souviens-tu, Préval, de passage chez nous

Où tu fus étudiant, un peu, mais pas beaucoup

Rêvant de pommes frites, rêvant de mayonnaise

Je t’ai servi ce plat et j’étais mal à l’aise

Tes idées politiques me paraissaient étiques

Le personnage entier me laissait très sceptique

 

Je raconte ceci car j’ai trop de chagrin

De mon défunt mari tu étais le cousin,

Le cousin par alliance – l’alliance fut rompue –

Le président restait, bien assis, bien en vue.

Mon amour est chez toi, c’est mon fils, c’est ma vie,

Il est parti chez toi pour aider son pays

Il n’a pas oublié l’idéal de son père

Il combat pour les siens et son père serait fier

Il parle de ses frères, ses frères haïtiens

C’est un homme meurtri. mais mon dieu qu’il est bien

Et s’il écrit qu’il m’aime, il n’est pas partagé

Il a trouvé sa voie, son chemin est tracé…..

 

Il est tellement jeune, accordez-lui la vie

Accordez-lui le temps de fonder sa famille

 

 

 

 

Françoise CASTERA

http://www.facebook.com/profile.php?id=1814167205&ref=search

Publié dans Poésie

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A LA UNE...

Publié le par aloys.over-blog.com

bobclinA voir sur ACTU: "Aimer à mûrir" de Stephane Ekelson " (Chloe des Lys). J’habite en ce moment à Jette, unehttp://photos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs122.ash2/39442_466857137358_676387358_6664608_2360581_s.jpg commune bruxelloise où il fait encore bon vivre, où ses habitants savent encore rire malgré les moments difficiles... ‘Aimer à mûrir’ est un livre fragmenté et fictif. Il émet par petites doses des ondes philosophiques et introspectives qui sont allégées par des passages poétiques et une bonne dose d’humour." Voir ici:http://www.bandbsa;be/contes.h tm

 

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Les aventures extraordinaires de Bob le belge. Bob le belge est un personnagehttp://photos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs323.ash2/60323_463843062358_676387358_6604056_4695703_s.jpg étrange, loufoque, complètement à côté de ses pompes et pourtant incroyablement bien dans sa peau. Car pour lui, l'aventure est partout, au coin de la rue, au coin de son fauteuil, au coin de ses pantoufles... Et voilà. Voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

 

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http://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs345.ash2/62538_466944677358_676387358_6666021_6669069_s.jpgBonne nouvelle, on va tenter une grande première ACTU-tv ce prochain samedi 23 octobre, à l'occasion de la séance de dédicaces organisée à l'Espace Art Gallery d'Ixelles pour les auteurs bruxellois de Chloe des Lys... 
une retransmission en direct de l'évènement par Wifi, avec deux webcams et une connection minimale, à peine le 1/3 d'un débit normal... 
En essai, ça a l'air de marcher (avec de nouveaux tours de passe passe du Commandant Danofsky) une image de format YouTube et le tchat. Bref, de quoi donner une bonne idée de l'ambiance et du spectacle que présenteront Fabienne Coppens, Danofsky et Miche Stennier. A noter que nous ferons par la même occasion un reportage caméra qui passera dans de meilleures conditions dans l'émission de novembre.Cette émission spéciale viendra donc en plus de la diffusion mensuelle "Nos amis et les amis de nos amis" programmée en studio pour le dimanche 17 octobre. Bref, on continue à inventer.http://www.bandbsa.be/contes.hm

 

 

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http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ZOBDi4YLTJXs9M:http://www.bandbsa.be/contes A voir dans ACTU: Le Commandant Danofsky sort enfin son premier CD, " avec 14 reprises dehttp://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs179.ash2/44268_467122237358_676387358_6670165_5955943_s.jpg chansons américaines et anglaises, qui sont pour moi des petites bougies allumées au fond de mon âme ...." Pv: 12 euros - voir: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir sur ACTU: Nicolas Fleurot s'en irait bien en Irlande ! Pour l'instant il habite Paris, mais compte retournerhttp://photos-f.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs348.ash2/62813_467391072358_676387358_6675258_4663467_s.jpg sous peu en Irlande où il pourrait écrire ses poèmes en anglais."J’ai surtout publié de la poésie dans des revues francophones spécialisées ou sur Internet et j'ai deux recueils à mon actif chez Chloe des Lys." Interview ICI:http://www.bandbsa.be/contes.htm

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"Une belle époque" : premier chapitre du roman de Kate Milie...

Publié le par aloys.over-blog.com

http://static.skynetblogs.be/media/62221/dyn006_small150_150_160_jpeg_2664185_eb430069ffa77943989ab5f55accab50.jpg

Chapitre 1

 

 

Bienvenue dans le salon des Fous des Mots

 

 

 

« Chers poètes de la nuit, ce soir, conversation consacrée à Gustav Klimt. Je suis votre hôtesse et la grande prêtresse de ce salon, mon nom : Icône »

 

 

Jack a rejoint la conversation

 

 

Icône : Bonsoir Jack, je suis bien contente que tu sois de retour. Comment vas-tu ?

 

Jack : Bonsoir ma beauté, je suis rentré de voyage ce matin, tu vois, à peine là, déjà connecté. Quoi de neuf dans le salon ?

 

Icône : J’ai lancé, il y a quelques jours, une soirée « Gustav Klimt ». Je suis certaine que tu aimes ce merveilleux peintre.

 

Jack : Au risque de te décevoir, je ne suis pas très connaisseur. C'est toi, qui enchantes tant mes soirées que je veux découvrir.

 

Icône : Grand amoureux devant l'éternel, Jack ?

 

Jack : Oui, mais tombé dans la marmite de l'incertitude quand j'étais tout petit.

 

Icône : Jamais sûr de tes sentiments ?

 

Jack : La vie est si courte… Icône, dis-moi qui tu es et comment tu es.

 

Icône : Ce soir, cher Jack, la soirée est consacrée à Klimt et aux femmes qu'il a immortalisées.

 

Jack : Tout ce que tu veux… Dis… tu n’as pas une photo à m’envoyer ?

 

Chevalier noir a rejoint la conversation

 

Icône : Haha, je suis une gorgone déguisée, ma mémoire est rutilante et ce soir, elle se grisera aux réminiscences de ce que j'appelle «la folie dorée ». Bonsoir Chevalier noir !

 

Chevalier noir : Mes salutations, ma chère Icône. Toi, une gorgone, comment est-ce possible ?

 

Jack : Comment définis-tu la femme selon Klimt, Icône ?

 

Icône : Une belle intemporelle portant en elle des rêves incandescents.

 

Chevalier noir : Ah ! Je constate avec plaisir que la conversation s’annonce aussi endiablée que celle d’hier.

 

Icône : Mes chers amis du web, ce salon des «Fous des Mots» nous donne rendez-vous avec le plus profond de nous-mêmes. Vous ne pouvez pas savoir avec quelle intensité je vis ces instants !

 

Jack : Ma chérie, pourquoi tu ne me réponds pas ?

 

Icône : Ne me dis pas, Jack, que tu ne sais pas qui est Klimt ?

 

Jack : J’ai un vague souvenir d'une rousse aux grosses cuisses.

 

Icône : Danaé.

 

Chevalier noir : Klimt est un extraordinaire peintre de la Belle Epoque. Avec passion, il a représenté les dames et les forces d’Eros. Je ne vous dis pas le scandale ! La bourgeoisie conservatrice n’a rien compris à son oeuvre. Mais lui, imperturbable, n’a eu cesse de tourner le dos à ses détracteurs.

 

Icône : La Belle Epoque est une période que j'adore.  Les gens vivaient intensément, allaient de l’avant, croyaient en l’avenir, tout paraissait possible.

 

Jack : Chère Icône, plus je te croise dans ce salon, plus je te trouve fascinante.

 

Valmont a rejoint la conversation

 

Icône : Oh un nouvel invité ! Monsieur Valmont, soyez le bienvenu. C’est la première fois que nous nous croisons, il me semble ?

 

Valmont : Oui, en effet, mes hommages du soir, Madame.

 

Icône : Que nous vaut le plaisir de votre présence ?

 

Valmont : J’errais de salles de conversation en salles de conversation toutes plus insipides les unes que les autres. J’ai vu l’intitulé de votre salon et me suis dit : « Allons voir ». Permettez-moi de me joindre à vous ?

 

Icône : Quiconque est prêt à dialoguer de manière courtoise est le bienvenu dans mon salon. Nous nous réunissons régulièrement, et discutons poésie, littérature, peinture. Nous sommes actuellement dans une période « Gustav Klimt ».

 

Valmont : Quelle excellente initiative ! Klimt n'est peut-être pas mon sujet de prédilection, mais peu importe, je suis trop heureux de vous rencontrer. Une fois intégré, si la chose vous agrée, chère Icône, je me porterai candidat pour un sujet plus XVIIIe siècle.

 

Icône : En fait, cher Valmont, nous sommes des amoureux du XIXe siècle, de la fin du XIXe siècle plus précisément. Ceci dit, toute proposition des participants est la bienvenue, alors pourquoi pas une petite entorse et un saut vers votre époque. Mais ce soir « soirée Klimt » et les rêves des belles aux visages renversés.

 

Valmont : Les échanges auxquels vous vous livrez me semblent bien attrayants, je suis partant pour l’aventure.

 

Jack : Hé… Je me permets de dire que je ne suis pas vraiment amoureux du XIXe siècle, je suis amoureux d'Icône, ce qui explique ma présence si assidue dans ce salon.

 

Chevalier noir : Nous sommes tous amoureux d'Icône. Et moi, je suis aussi un grand passionné du XIXe siècle.

 

Clea a rejoint la conversation

 

Icône : Oh quelle chance, Clea est là. Salut toi, comment vas-tu ?

 

Jack : Yeah, ma Clea est là.

 

Chevalier noir : Bonjour Clea, en forme ?

 

Clea : Bonsoir les petits loups ! Je vais très bien et suis ravie de vous rejoindre.

 

Icône : Clea, je te présente Valmont, un nouveau participant. Valmont, Clea est ma grande amie virtuelle.

 

Valmont : Enchanté, quelle est l’origine de ce charmant pseudonyme ?

 

Clea : Oh il n’y a pas de quoi se faire une prise de tête avec le choix de mon pseu. Quand j’ai découvert ce salon, je relisais la « Chartreuse de Parme ». J’ai juste ôté le « li » de Clélia Conti. Vous, votre pseu est on ne peut plus suggestif…

 

Jack : Clea recherche un amoureux sur le net. Elle nous l'a confié hier soir.

 

Clea : On est tous en recherche d'amour, non ?

 

Icône : Bien, si nous reprenions le fil de notre conversation. Jack, tu es trop indiscipliné.

 

Clea : Oh les petits loups, ce qu’on s’est follement amusés la nuit passée ! Vous savez, après vous avoir quittés, je n’ai pas pu dormir, j’ai continué à faire des phrases dans mon lit !

 

Chevalier noir : Tu étais, en effet, particulièrement inspirée…

 

Clea : J'étais, heu… en effet, très en forme… Je dois vous avouer, Valmont, que j'avais bu trois petits verres de vin blanc et j'ai mis le salon à mes pieds en me faisant passer pour la Nuda Veritas que Klimt a peinte en 1899. Vous verrez, multiplier nos identités est très amusant.

 

Valmont : Multiplier nos identités ? Mais où va donc nous conduire le net ?

 

Chevalier noir : Il nous conduira là où nous déciderons qu’il nous conduise et nulle part ailleurs.

 

Clea : A voir, à voir…

 

Icône : Clea, j’ai oublié de te dire que notre nouvel ami n’aime pas le XIXe siècle. Klimt est mort en 1918, cela vous fait dix-huit années en-dehors du siècle, Valmont.

 

Valmont : C'est pire ! Je le répète, je ne m’intéresse qu’au XVIIIe, mais je sens que je vais bien m’amuser avec vous.

 

Icône : Mes amis, revenons à Klimt, de quoi allons-nous parler ce soir ?

 

 

 

Kate Milie 

http://kate-milie.skynetblogs.be/

 

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GAUTHIER HIERNAUX et le triangle sous le sable" : une fiche de lecture de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine BrunetNotre monde mais une autre dimension ou, peut-être le futur après un cataclysme... Je ne veux pas le savoir. Tout semble, dans cet autre espace-temps à la fois différent et curieusement familier.

 

Pas question, bien entendu, de raconter l'histoire de "Triangle sous le sable", mais sachez simplement que dans cet autre environnement, tout est codé, contrôlé, réglé par les Dieux et la peur salutaire qu'ils inspirent. Dans cette société uniforme, certains sortent du lot, bravent les interdits et parviennent, sans le vouloir vraiment, àCouv_Livre-Triangle2-copie-1.gif faire vaciller un empire dont les fondations semblent bien fragiles. Le mystère qui peut tout détruire est là, tapi mais bien gardé par les apparences.

 

Gauthier Hiernaux m'a emportée sans effort dans son univers: je me suis imaginée sans peine les vastes étendues de sable, les temples sortant du désert et les constructions émergeant de la verdure, la quête de Séliandre, les combats, les luttes de pouvoirs, la terreur des uns et la faiblesse des autres.

 

Beaux instants où l'imagination de l'auteur a effacé ma réalité... A présent, je n'ai plus qu'une seule hâte: replonger dans ce mystère à peine égratigné: j'ai envie de savoir... 

 

 

Christine Brunet

http://aloys.over-blog.com

http://recreaction.over-blog.org

Publié dans Fiche de lecture

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Emilie DECAMP : "24 heures pour la fin d'un monde ?"... Extrait

Publié le par aloys.over-blog.com

site-1-.jpg« Il se tient dans l’ombre du couloir. Mais malgré cela, je peux voir la veine de son cou palpiter de rage. Ses sourcils se froncent et ses poings se serrent. Mon cœur aussi, j’ai peur. Je tremble. Il est comme une bombe à retardement, mais je ne peux pas voir le temps défiler ni savoir à quel moment il va exploser. Je suis stoïque face à lui et je sens les larmes prêtent à jaillir. Elles ont l’habitude et se tiennent prêtes. C’est triste. C’est lamentable. J’ai l’impression que cela fait une éternité qu’on se fixe. J’ai envie de baisser les yeux, mais je n’ose pas. Toujours garder son ennemi à l’œil. J’entends son souffle rauque, entrecoupé. Il a du mal à respirer avec la colère qui s’engouffre en lui. Pitié, qu’il s’étouffe avant de m’atteindre.


Il avance pas à pas. Que fait-il ? C’est un non-sens. Sa démarche ne colle pas à son humeur. Il devrait se précipiter et étaler sa rage. Mais que ça passe vite. Au lieu de ça, il fait durer en longueur comme s’il avait compris que c’était la meilleure façon de me torturer.


Il se penche en avant. Son visage est juste en face du mien et je vois ses lèvres frémir, un rictus s’inscrire sur son visage et un sinistre « Toi… », tremblant et haineux, sortir de sa bouche.


Le reste sembla se passer au ralenti. J’ai vu sa main qui se levait et s’abaissait lentement mais violement sur ma face de gamine. Je l’ai vu retirer sa ceinture et la claquer sur mon dos avant de réfléchir et de la retourner. Avec la boucle, c’est plus marrant. Et elle s’enfonça dans mon dos. J’ai vu des gouttes de sang perler sur le sol. J’ai vu sa main se relever et tomber de toutes ses forces sur ma tête. Après, je ne me suis plus relevée. Je ne voyais plus rien avec les larmes. J’avais tellement mal, tellement mal,…


Qu’ai-je fait pour qu’il ne m’aime pas ? »

 

Elle était une victime, mais s’en rendait-elle seulement compte ?


Elle alla devant le miroir, se retourna afin de voir le reflet de son dos et souleva son t-shirt jaunâtre. La trace de la boucle était encore visible comme pour montrer que jamais elle ne pourrait oublier cette journée, celles qui ont suivies et celles qui ont précédées.


Encore aujourd’hui, l’éternelle question tourne dans sa tête. Qu’avait-elle fait pour qu’il la haïsse à ce point ? Surement une chose horrible. Une larme perla sur sa joue.


Elle tourna un cahier entre ses doigts. Tous les textes qu’elle avait écrits étaient dedans. Il était vert avec une reliure noire. Sur la couverture était dessinée une maison. Une grande maison entourée d’une clôture, avec une cheminée d’où sortait de la fumée. Devant se tenaient quatre personnes. Deux grandes personnes, un homme et une femme, se tenaient la main. Un grand sourire s’étirait de part et d’autre de leur visage. A droite, un peu éloigné, se tenait un garçon qui avait l’air assez basé. Enfin, dans les bras de l’homme, une petite fille. Au-dessus d’eux, une multitude de cœurs. La famille parfaite. Sa famille idéale. Celle qu’elle n’aurait jamais.

 

 

EMILIE DECAMP

www.emiliedecamp.com

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Georges Roland: la boxe

Publié le par aloys.over-blog.com

http://chloedeslys.buygoo.net/users/1913/52/32/14/avatars/295-73.jpg

 

 

LA BOXE

 

 


PREMIER ROUND


ils ont tous misé sur elle

parce qu’on dit qu’elle est cruelle

et que sa gauche est mortelle

je m’en fous

je me sens très bien capable

d’un uppercut imparable

de l’envoyer sur le sable

à genoux

lorsqu’au premier coup de cloche

on se pèse et on s’approche

on se guette l’anicroche

dans les yeux

c’est un nouvel abordage

nous salivons notre rage

je rassemble mon courage

de mon mieux

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


DEUXIEME ROUND


un instant on se ravise

on se tend on s’électrise

un coup dur pour ceux qui visent

notre union

ils l’acclament ils la supportent

scandent les coups qu’elle me porte

pour qu’enfin elle sorte

de ses gonds

lorsque je baisse ma garde

elle revient et me bombarde

de doublés à la pensarde

et dans les dents

peu après on nous sépare

comme sur un quai de gare

je tremble un peu des guitares

inquiétant

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


TROISIEME ROUND

 

 

je me lève et je sautille

j’ai les yeux dans ses pupilles

on s’observe et on s’épie

en dansant

elle esquisse une dérobade

me tamponne un peu l’arcade

puis me fait une accolade

dégoûtant

j’ai la chance de la faire

bien flipper de la crinière

de petits gnons dans les molaires

et sous les seins

mais je m’réjouis trop vite

et bien sûr elle en profite

pour m’oblitérer la frite

d’un parpaing

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

 


QUATRIEME ROUND

 


c’est là qu’il faut que je place

mon uppercut à la face

qui lui fait faire la grimace

rigolo

à ce moment elle ébauche

son mortel direct du gauche

et d’un coup elle me fauche

bang K.O.

je me retrouve en compote

j’ai l’estomac dans la glotte

les sourcils en papillotes

et tout en sang

me voilà je le redoute

au bout de ma longue route

l’arbitre crie Il est out

à qui le gant

La boxe la boxe on en fait tous les matins

La boxe la boxe c’est notre pain quotidien

 

Georges Roland

http://www.bernardiennes.be 

http://www.georges-roland.com

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A LA UNE...

Publié le par aloys.over-blog.com


http://www.bandbsa.be/contes/actutv.jpgA voir sur ACTU: Anne Sophie Malice (Chloe des Lys) rejoint l'équipe d' ACTU-tv !

Une très bonne nouvelle pour cette émission en plein essor et qui a un besoin ugent de collaborateurs. Nul doutehttp://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs041.snc4/34397_464319517358_676387358_6613874_3815372_s.jpg que la petite Anne-Sophie lui apporte, avec sa personnalité originale, un beau gros nez rouge vermillon. voir ici:http://www.bandbsa.be/conte...

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir dans ACTU: Dominique Brynaertraconte l'histoire du cochon dans l'émission du 19 septembre. ACTU-tv consacrait un reportage à Racontances, le groupe de conteurs qui se réunit tous les 3°http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs684.snc4/62410_464853877358_676387358_6627376_5831741_s.jpg vendredi du mois à la Fleur en papier Doré.On a pu voir une vidéo retraçant le passé de cette asbl, une interview de Dominique Leruth et une histoire racontée avec verve par Dominique Brynaert dans la roseraie du jardin Solvay à Watermael-Boisfort. A voir sur la chaîne YouTube de Chloe des Lys. Bon amusement ! ICI : http://www.bandbsa.be/contes.htm .....

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Hugo Lejeune va publier chez Chloe des Lys "La Croix et la Bannière" . Français, c'est en se promenant en Ardèche, peu après une très grosse tempête suivie quelques années plus tardhttp://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs679.snc4/61888_464852802358_676387358_6627357_4072331_s.jpg de grands incendies que lui est venue l'idée d'écrire un des épisodes les plus apocalyptiques de la guerre des camisards, des protestants qui lutterent contre la dictature sanguinaire du très catholique Louis XIV.Voir l'interview ICI: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpgA voir sur ACTU: "La Chaumette" de Robert Fontaine (Chloe des Lys). Depuis son enfance, Stéphane fréquente une station balnéaire et a toujours été attiré par une coquette villa magnifiquement située en bord de mer.unhttp://photos-b.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs704.snc4/62429_465371212358_676387358_6640703_5690313_s.jpg jour, il découvre que la maison renferme un mystère Né à Ecaussinnes et installé à La Louvière, l'auteur a attendu sa pension pour se mettre à écrire. Voir ici: http://www.bandbsa.be/contes.h tm

 

 

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chloe‎25 auteurs bruxellois des éditions Chloe des Lys se sont déjà inscrits pour la séance de dédicaces qui aura lieu le samedi 23 octobre 2010 à partir de 20h00 à l' Espace-Art-Gallery d'Ixelles, à 'invitation du Réseau des Arts ethttp://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=3148c62066504af7eb733c06655de02d&w=90&h=90&url=http%3A%2F%2Fwww.bandbsa.be%2Fcontes2%2Fartespacegallery.jpg des Lettres en Belgique francophone de Robert Paul. Pour rappel, un spectacle aura lieu sur place ( Commandant Danofsky, Fabienne Coppens etc... ) et nous étudions la possibilité de rediffuser la soirée en direct sur internet via une émission spéciale d' ACTU-tv. Voir ici:http://www.bandbsa.be/foires/i xelles2010.htm

 

 

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bobclinA voir sur ACTU: Les auteurs de Chloe des Lys de A à Z aujourd'hui: Barbey Guy. Il écrit des histoires pour enfants inspirée par le naturisme, ce qui a inquièté des tas de gens qui soit ne les ont pas lues soit n'y ont rienhttp://photos-g.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs662.snc4/60237_465581292358_676387358_6645167_3065876_s.jpg compris. Seule "La Vie au Soleil" revue naturiste avait accepté de le publier à ce jour... voir: 'who is who' http://www.bandsa.be/contes.htm

 

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http://www.cafeduweb.com/images/upload/lecture/Couverture_Chateau_imaginaire_25018215.jpgNathalie Marcon est passée, le 21 septembre dans Café du Web... Allez Y jeter un oeil http://lecture.cafeduweb.com/lire/12109-chateau-imaginaire.html   link

 

Un article lui est également consacré sur DH.behttp://www.dhnet.be/regions/mons-centre/article/326023/la-belle-au-chateau-contant.html link

 

 


 

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http://www.dhnet.be/imagette_pdf/dh_pdf.jpg?time=1285734731 Un article sur notre maison d'édition, sur ce lien http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=361915 Un peu de lecture !!!!!

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"11 h 31": Une nouvelle de CLAUDE COLSON

Publié le par aloys.over-blog.com

claude colson    11h31

 


 

     Il est 10 h.37. Dans la gare, Benoît regarde le tableau d’arrivée des trains. Non, pas encore d’annonce… Au bout de son bras ballant, un bouquet de fleurs rouges.


Il fait froid dans le hall. Benoît s’avance vers le buffet et commande un café noir.

 Bien chaud surtout, dit-il.


Le garçon, surpris, préchauffe la tasse avec l’eau et la vapeur sous pression du percolateur.


Des gens discutent, tranquillement attablés. À leurs pieds, des sacs, des valises avec étiquette : LD, OR, CDG, IST. Quelques personnes paraissent très animées : il va bientôt y avoir des élections.


Des bribes de conversations parviennent aux oreilles de Benoît :

      … mais enfin, tu peux me dire ce que ce qu’ils ont fait de concret depuis qu’ils sont au pouvoir ?

—    Et les autres ? Ils y sont restés six ans ; tu crois que c’est mieux ? … 

 

Benoît sourit et laisse son regard errer un peu plus loin. Des femmes et des hommes, sans doute sans argent pour consommer, sont avachis, assis sur leurs bagages. Les hommes ne sont pas rasés. Ils ont dû passer la nuit dans la salle d’attente, arrivés trop tard pour chercher un hôtel ou alors, désargentés.

 

Benoît est heureux. Il pense : « Moins d’une heure et ma vie va retrouver tout son sens » !

 

Il pose son bouquet près de lui, sur la table. Il a eu du mal à se procurer ces jolies roses ; il les voulait à longue tige : des Baccara !

 

Dehors, à la limite du quai et du bar, près des baies largement ouvertes, des gens vont et viennent sur le bitume. Tous semblent attendre : qui un train, qui des voyageurs annoncés.

 

Il va être onze heures et ça commence à grouiller de monde. Benoît rejoint le quai. Il lève le col de son manteau  car un vent glacé s’engouffre dans les larges espaces à l’air libre et vient le frapper désagréablement. Des femmes le croisent, jettent un bref regard aux roses, dont l’éclat tranche fortement sur l’anthracite de son pardessus. Généralement celles-là lui adressent un sourire. Parfois il répond ; quand la dame est jolie. Il a toujours été séduit par les femmes.

 

En réalité, lui ne pense qu’à Aïcha.

 

Comme elle était belle, lorsqu’il l’a connue à la fac d’Aix en Provence !

 

Brune aux yeux d’un noir de jais. Ils s’étaient plu d’emblée, puis  fréquentés toute la durée de leurs études.

 

Bien vite, le petit Nordine était venu égayer leur couple. C’était le bonheur.

 

Durant quelques années ils avaient vécu au Maghreb en totale osmose

 

Puis ça s’était gâté. Pourquoi, il n'aurait su le dire précisément, une érosion lente, la vie !

 

Quand Benoît avait préféré rentrer en France, Aïcha était restée au pays, avec Nordine.  Puis ce furent les relations envenimées, la recherche de solutions, le malheur.

 

Une ombre assombrit le regard de Benoît, tandis qu’il suit ces mornes pensées.

 

Il frissonne encore et se secoue. C’était fini, ça !

 

Aujourd’hui ça allait changer. Tout allait recommencer ! C’était la fête, digne des splendides fleurs qu’il s’était procurées.

 

Il l’avait voulu ainsi.

 

Il est parcouru d'une onde de joie dont la chaleur bienfaisante désengourdit ses membres ankylosés.

Il regarde longuement ses Baccara ; il rayonne.

 

Ses yeux se portent vers le cadran de la grande horloge. 11h 28. Un TGV vient de s’arrêter sur la voie n°2. Bien que les portes ne soient pas encore ouvertes, le quai est déjà envahi par ceux qui veulent accueillir un amoureux, une amante, un frère, des parents…

 

Le train suivant devrait arriver  une minute plus tard sur la voie 3, juste en face.

 

Il est pile à l’heure, parcourt les derniers mètres et stoppe. Quelques secondes encore et les passagers, pressés, descendent, joyeux et bruyants.

 

Après avoir consulté le plan du convoi, Benoît s’avance rapidement jusqu’à la voiture du milieu. À côté, les gens s’embrassent, se parlent à toute vitesse, comme si le temps devait leur manquer. Sur son quai c’est pareil.

 

Des hommes, des femmes, des enfants se dirigent vers la sortie, se bousculent.

 

Benoît cherche du regard la voiture 13.  Ah, la voilà, près de lui ! Le train est à présent à demi vide, les voyageurs continuent à en sortir, un à un. Il les dévisage, l’esprit ailleurs, pendant qu’il écarte les pans de son manteau.

 

Aïcha, si douce… Nordine, son fils aimant…

Leur image se confond avec celles des jardins et des vignes, des eaux jaillissantes, des coupes débordantes et des houris aux regards noirs.

 

Il presse le détonateur de sa ceinture d’explosifs.

 

La voiture 13 s’appelait : Val de Paradis.

 

 

 

CLAUDE COLSON

claude-colson.monsite-orange.fr


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MARTINE DILLIES-SNAET A LU "LENA" DE CLAUDE COLSON

Publié le par aloys.over-blog.com

MARTINEJ’ai lu « Lena, une rencontre » Claude Colson 



 

 

            Il faisait plutôt frisquet, ce matin. J’étais seule, j’en ai profité : j’ai allumé une flambée, me suis installée douillettement et ai achevé le livre de CLAUDE COLSON. C’est l’ambiance idéale pour lire du Colson !

 

            Le livre est agréable de par l’originalité de sa structure d’abord : un début en roman, une suite en poésie pour terminer par un « journal ». Trois styles différents, des écrits différents aussi mais qui se recoupent en ces styles qui quoique divergents se rejoignent. Finalement c’est ça,  ce livre: des arabesques, une multitude de courbes dessinées avec les mots et les styles, lignes qui s’envolent vers le ciel quand la joie est au rendez-vous ou, au contraire,  qui s’achèvent en petites croches descendantes quand le spleen guette l’auteur et l’emprisonne.

L’auteur réussit là un tour de force qui est celui d’allier la musique de la poésie avec  le rythme tout différent qu’offrent  les mots de son journal intime. Un mot retenu ici, repris là. On se surprend auxNumeriser-couv-lena-dagneau0002.jpg intersections.

 

            Léna, c’est « la » rencontre.


Léna, ce livre, c’est « la » rencontre. Chaque mot est choisi et le rythme, tout à l’image de l’auteur,  n’est jamais haché. La fluidité est partout. L’intimité aussi.


Claude raconte. Il n’y a aucun faux-fuyant, il raconte, analyse et raconte. On pourrait croire que la dissection est clinique mais il n’en est rien : tout est dans les sentiments. Claude met à nu et son corps et son esprit. Il nous fait partager « sa » rencontre avec Léna, puis les moments de doute et enfin, la déception qui le conduit au chaos personnel.


            On peut se demander si l’auteur a trouvé la sérénité après un tel livre ? S’il « vit » encore Léna  dans sa tête ? S’il est capable, maintenant, de la rencontrer et de parler doucement, avec elle, de leurs jardins secrets.

 

            L’auteur, par ce livre, donne envie d’aimer, donne l’envie de ces premiers moments toujours sublimes, fait naître aussi la colère et le chagrin. CLAUDE COLSON  nous entraîne dans son sillage de sentiments aussi divers que sont la passion, l’attirance, la fusion, la tendresse, la souffrance, le doute, …

 

            Tout est dans le secret des mots que, sans pudeur, il nous offre. C’est un cadeau.

J’en redemande.

 


MARTINE DILLIES-SNAET

http://users.skynet.be/TheDillies/

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UN PEU DE TERRE : UN CONTE DE MICHELINE BOLAND

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.liensutiles.org/image002mbol.jpgUn peu de terre

Un conte lauréat du concours de Surice 2009

 

Massimo triture le tablier de sa grand-mère entre ses mains. Il tente en vain de retenir ses larmes. Il articule : "Tu viendras nous voir en Belgique, Nonna ? Tu viendras dis ?"

 

"Mais oui, mon trésor…" Massimo est partagé. D'un côté, il est heureux de revoir bientôt son père qui, depuis des mois, est parti travailler loin du village, dans un pays du nord. Mais d'un autre côté, il est tellement triste d'être séparé de sa grand-mère. Il ne la verra plus, elle ne le consolera plus de ses petits malheurs, elle ne rira plus avec lui. A qui se confiera-t-il encore ? Sa mère ne semble remarquer que les bêtises qu'il peut commettre…"Tiens-toi droit", "écris plus petit", "mouche-toi". Sa mère n'est vraiment tendre que lorsqu'il est malade. Elle passe alors la main sur son front, le frictionne avec de l'eau de Cologne, le cajole en murmurant des mots gentils. "Ça va ma puce ?", "Tu veux quelque chose de spécial ? »

 

Nonna se penche vers lui : "Et n'oublie pas ce que je t'ai donné… La petite boîte."

 

"Oui Nonna…"

 

"Maintenant va, ta mère doit t'attendre."

 

Massimo rejoint sa mère dans la petite maison voisine. Elle est occupée à remplir une valise avec des robes, des tabliers, des pyjamas, des chemises de nuit, des culottes, des pulls… "Prépare ce que tu veux emporter, Massimo."

 

Massimo va dans le jardin. Aujourd'hui, le ciel est gris comme le sont ses pensées. Massimo sort la petite boîte bleue de sa poche et de ses mains nues fait ce que sa grand-mère lui a dit, il remplit la boîte de terre. La terre lui apparaît chaude, douce, maternelle. C'est la première fois de sa vie qu'il connaît ce contact. Massimo regarde longuement la terre avant de placer le couvercle et de fourrer cette petite chose bleue, ultime présent de sa grand-mère, en poche.

 

"Massimo, Massimo…"

 

"Oui Maman…"

 

"Seigneur, où t'es-tu encore sali ainsi !"

 

Massimo ne répond pas. Il va dans sa chambre, y prend le petit personnage de bois et la balle à peine plus grosse qu'un citron que lui a offerts sa grand-mère, quelques livres et va porter le tout à sa mère.

 

En fermant la grosse valise, sa mère chante, elle ne pense sans doute qu'à son père et à la jolie maison qu'il a louée là-bas. Son père a écrit : "Marie, la vieille propriétaire, est très gentille, elle m'a aidé à aménager. Elle est si heureuse de louer une partie de son habitation à un jeune couple avec enfant. Il y a un magasin et une école près de chez nous, un jardin derrière. J'ai eu de la chance."

 

Massimo part. Durant le voyage en train, pour se réconforter, il lui arrive de mettre la main en poche et d'effleurer la boîte. Quand ses doigts rencontrent le métal, il se sent moins seul, plus fort, moins inquiet à l'idée d'affronter l'inconnu. Enfin, il retrouve son père. Il voit la jolie maison, pas si jolie que ça, Marie, la propriétaire, plus ridée qu'il ne l'imaginait. Il voit l'école, l'épicerie. Mais Marie même si elle lui sourit et dit quelques mots en italien, n'a pas l'odeur de savonnette de sa grand-mère. Le ciel est bas, les enfants du quartier ne parlent pas sa langue. Marie, c'est une institutrice retraitée, elle l'embrasse trop fort, le réprimande parfois comme sa mère le fait et elle s'efforce de lui apprendre le français en lui lisant des livres de filles. Marie, elle ne connaît rien au football ni aux jeux de garçon !

 

Sa mère passe beaucoup de temps à confectionner des vêtements sur une machine à coudre prêtée par Marie. Sa mère semble contente. Elle gagne de l'argent et essaye de lire la bible en français pour tester ses progrès. Elle attend un bébé.

 

À l'école, il y a des enfants qui le traitent parfois de "macaroni" et il ne sait quoi répondre. Il n'est pas aussi fort que Gino qui a frappé un gamin qui l'avait appelé ainsi ni aussi mignon que Rosa qui trouve toujours une autre fille pour la consoler.

 

Parfois, Massimo a le cœur gros mais il n'en dit rien. Seule, sa petite boîte bleue lui apporte un peu de baume quand il a la nostalgie du pays. Il lui arrive d'embrasser le couvercle comme s'il embrassait sa Nonna.

 

Pour Noël, Massimo envoie à sa grand-mère une enveloppe qui contient dans une feuille pliée en trois, un peu de terre de Belgique et des pâquerettes séchées. Sa grand-mère lui répond. Elle a simplement calligraphié : "Tu m'as écrit de là où la terre fait souffrir mais rend riches les hommes qui la travaillent. Moi, je t'écris d'ici où la terre pleure de n'avoir pu nourrir ses enfants. Un jour tu comprendras, mon trésor." Il n'a pas vraiment saisi tout le sens du message mais il a épinglé la lettre sur le mur de sa chambre.

 

Le temps passe. Nonna écrit de moins en moins souvent, son écriture est moins lisible. Le bébé est bien là, bientôt, il marche et commence à parler. Marie aide toujours Massimo à faire ses devoirs et à étudier ses leçons. Elle l'appelle "mon petit loup", lui offre des chocolats et des livres mais est exigeante. Une phrase revient si souvent : "Tu peux faire mieux mon petit loup." Au fil des mois, les choses s'arrangent, les bulletins deviennent meilleurs. Son père parle maintenant d'acheter une maison.

 

Pour leur premier retour en Italie, les valises sont bourrées de cadeaux, des pantoufles garnies de pompons bleus et un chapeau à aigrettes pour Nonna, des chocolats pour les cousins. La veille du départ, Massimo prend soin d’emporter avec lui un peu de terre du jardin. Son père le regarde faire et en sortant de sa poche la même petite boîte bleue que celle de Nonna, il dit seulement : "Toi aussi…" Il a des larmes dans les yeux.

 

Maintenant, il y a un peu de terre d'ici, là-bas et un peu de terre de là-bas, ici.

 

Les années passent. La petite boîte bleue semble à présent presque oubliée. Pourtant, quand sa Nonna meurt, Massimo cherche sa boîte et la tient longtemps dans les mains.

 

Pareille à un grigri, il la gardera sur lui le temps d'un examen, le temps que cicatrice son premier chagrin d'amour et même le jour de son mariage !

 

La petite boîte remplie de terre de là-bas, c'est le signe de son attachement à l’Italie, c'est le souvenir d'une enfance merveilleuse avec une grand-mère extraordinaire.

 

 

Micheline Boland

 

Site : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits/

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com/

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