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Joël Jouffriault présente son ouvrage "Le guêpier d'Aubenas"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Extrait

  • Robert, qu’est-ce que tu fais là, planté devant l’évier depuis dix minutes ? Tu rêves ?
  • Euh… oui, c’est un peu ça.
  • Rien d’étonnant. Bon, Robert, elles sont loin maintenant. Alors les guêpes, c’est fini, notre problème, c’est ça, dit Claire, l’index posé devant le couteau.
  • Non, c’est pas fini. Je crois qu’on est tombés dans un guêpier. On est tombés dans un guêpier et on veut nous enfumer.

Résumé

Claire et Robert sont heureux de poser le pied dans la maison qu’ils ont louée pour une semaine, à Aubenas, après une longue route. Oui, heureux de découvrir la région, de profiter du soleil, de fêter leur cinquantième anniversaire de mariage. Hélas, voilà qu’en vidant le coffre de la voiture, ils découvrent un couteau suspect, taché de sang, de surcroît. Suit un vague bruit de meurtre dans leur lieu de villégiature. Mais qui a mis ce couteau dans le coffre ? Traumatisés à l’idée d’être inculpés de meurtre, ils passent la nuit à élaborer plusieurs hypothèses. Ils sont épuisés. Jusqu’au moment où, convaincus d’avoir enfin trouvé la bonne hypothèse, ils foncent au commissariat de police, subitement ragaillardis.

 

L’auteur est né en 1939 dans le Poitou profond. Après une carrière d’expert-comptable, il a ouvert la porte à l’écriture. Le guêpier d’Aubenas, son quatrième roman, trouve sa source dans un fait réel.

Publié dans présentations

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Marie Du Crest nous propose un extrait de "Fragmentée"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Marie Du Crest  : lyonnaise de naissance et marseillaise de coeur. Agrégée de lettres modernes et diplômée de philosophie, enseigne depuis presque dix ans les cultures de la communication.

Chroniqueuse de théâtre contemporain à la Cause Littéraire, à la Clef des langues ENS Lyon, écrit depuis toujours mais a envisagé d'être publiée, il y a peu.  Tendance poésie.

 

Extrait

 

 

Durant d’interminables semaines,  il n’a pas cessé de pleuvoir. Le ciel  ruisselle, dégouline. Des rideaux de pluie, des jours obscurcis sans que la lumière ne parvienne à déchirer  la nuée grise.

 

J’ai regardé immobile, assise derrière la  grande baie du salon, le chagrin d’avril.

 

Les vitres de mes fenêtres seront des photos de Sudek,

 des larmes qui coulent le long de mes joues de verre.

 

 Les fleuves, les rivières, les ruisseaux même sortent de leur lit, enjambent les ponts de pierre et vont courir à l'aventure, dans les rues des villages et des villes, jusque dans les caves profondes et obscures, en quelques heures.

 

 Ils gagnent les champs, les prés et les vignobles aux récoltes compromises.

 

Poussent, poussent les herbes folles, les graminées éthérées !

 

Le gaillet gratteron s’enroule autour des plantes et finit par ligoter ses fragiles prisonnières.

 

 

  Le brave zouave de l’Alma, guerrier immobile, baigneur de pierre sent le courant de la Seine grossir le long de ses mollets tendus et craindra peut-être la noyade.

 

Boues des ressacs.

Les rues deviennent d’étranges canaux sur lesquels naviguent de frêles barques en bois, des canoës d’Indiens perdus.

 

Je vogue sur un radeau fou qui m’emporte.

 

Le paysage bascule tout entier dans ses reflets, à l’envers du monde.

 

 

  Jamais les pivoines, les boules de neige, les bleuets et les glycines ne sont aussi fastueux que  les fuchsias des jardins anglais.

 

Chaises de fer vides dans les parcs désertés comme après un départ précipité. Pelouses détrempées sous un soleil impossible. Les nuages ont pris le ciel comme une armée s’empare d’une colline ennemie.

 

 

   Loin, très loin, le silence  égoïste d’une maison au milieu de la campagne : nous nous sommes endormis, après la béatitude de l’amour. 

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Micheline Boland nous présente son nouveau recueil de nouvelles "Des hauts et des bas"

Publié le par christine brunet /aloys

 

BIOGRAPHIE

 

Micheline Boland est née à Aiseau, en Belgique, en 1946. Elle vit actuellement dans la région de Charleroi. La passion pour la rédaction de petites histoires lui est venue dès l'école primaire. À l'adolescence, elle se lance dans l'écriture de poésies et de nouvelles. Ceci l'amène à collaborer à des recueils collectifs et à divers fanzines. Souvent intriguée par les comportements humains, elle se tourne naturellement vers des études de psychologue. Tout en travaillant en centre PMS, elle suivra une longue formation de maître-praticienne en programmation neuro-linguistique, une initiation à l'hypnose ericksonienne et diverses autres formations à l'analyse transactionnelle, à l'écoute active, au jeu de l'acteur, au clown…

 

Au terme de sa formation en P.N.L., elle se remet à composer régulièrement contes, poèmes et nouvelles trouvant ainsi le moyen de mettre en évidence l'emploi de cette discipline. En 1997, un de ses contes est sélectionné par le jury de "Fais-moi un conte", ce qui la conduit à se perfectionner dans cet art. En 2005, elle se lance dans l'impro théâtrale et quelques années plus tard dans le chant choral. Deux activités qu'elle pratique encore avec plaisir.

 

Son premier livre paraît en 2004 aux éditions Chloé des Lys. En 2006, Micheline publie "Comment rendre votre quotidien plus plaisant ?" qui s'inspire largement de la PNL et la met en pratique sous forme de mises en situation inspirées du vécu. "Des hauts et des bas" est le quinzième qu'elle publie chez cet éditeur. Elle a remporté plusieurs prix à des concours d'écriture et participé à de nombreux recueils collectifs.

 

Site Internet : http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

Blog : http://micheline-ecrit.blogspot.com

 

 

Résumé

 

Dans ce recueil, l'auteur propose vingt-sept nouvelles qui évoquent des travers souvent peu reluisants de l'âme humaine. Il suffit qu'un ressort casse et tout bascule. Outre des nouvelles qui parlent de jalousie, de colère, de difficultés financières, on y découvre aussi des histoires douces-amères qui évoquent le deuil, la déception, l'ennui. "Tristement excellent ! Trois vies en une !", a noté le comité de lecture à propos d'une de ces nouvelles.

 

Enfant timide, épouse trompée, collègue sans-gêne, couple fusionnel, chien complice, chat négligé, benjamin complexé, veuve rencontrant l'amour, femme curieuse, commerçant sympathique, cuisinier exigeant ou encore vieillard désorienté. Ils font partie de ceux que l'on rencontre chaque jour et que l'on ne remarque plus. Ils vivent des émotions fortes, passent de la confiance à la suspicion ou de l'abattement à l'espoir. Parfois leurs rêves se concrétisent. Parfois leurs projets échouent, mais ils persévèrent malgré les embûches. Quelquefois, il leur arrive aussi de capituler.

 

Des nouvelles sans rapport entre elles si ce n'est qu'elles offrent toutes un cocktail de comportements humains.

 

Comme toujours, l'écriture est soignée, sensible, délicate. Les descriptions sont imagées. Les phrases sont courtes. Le rythme est soutenu, Le lecteur est parfois entraîné aux confins du fantastique et du merveilleux.

"Très subtil et quelle originalité ! Et ce mélange de personnes et de styles réunis par hasard autour d'une même passion qui les conduit à l'extrême et pour cause ! Quelle chute !", a écrit Noëlle Fargier au sujet de "La folie de Marguerite".

"Quel texte savoureux qui m'a vraiment réjouie. Une jolie vengeance bien amenée et on peut le comprendre : trop c'est trop à la fin. Tout en douceur, sans violence ni agressivité mais une glissante manière de "remettre quelqu'un à sa place". "Vengeance est un plat qui se mange froid"…Ici, c'est vraiment le cas et la chute nous ramène à la relativité de toutes choses ici-bas. En plus, c'est très imagé, c'est comme si la scène se déroulait sous nos yeux amusés. Bravissimo.", a écrit quant à elle Rolande Quivron à propos du "Parfum de Claudette".

 

ISBN 978-2-39018-033-3

 

 

Extrait de "LIBERTÉ…"

 

… "Désormais, je vis seul avec lui et mon existence a bien changé. Finis les longs câlins, les brossages réguliers, les shampooings fréquents. Il se contente de changer ma litière quand il n'oublie pas. Il secoue mon coussin de temps en temps et remplit mes bols. Le strict nécessaire, quoi ! J'ai l'impression qu'il m'associe à elle. Pourtant, moi, je ne suis ni infidèle ni revanchard et je me sens bien seul ! 

 

Aujourd'hui, il fait beau. J'entends la voisine qui appelle mon copain Mistigri. J'ai la nostalgie du temps où on m'appelait, moi aussi. Pour lui, je n'ai pas plus de valeur qu'un bibelot. Souvent, je vais faire un tour dans le quartier. J'y trouve toujours bien quelque chose à manger ou encore un siège de jardin garni d'un gros coussin qui m'invite à la sieste. Et si, comme elle, je le quittais ?

 

L'idée de m'en aller est comme une ombre qui m'accompagne sans cesse. Parfois je regarde la télé avec lui. On y parle de SDF désespérés, mais aussi de baroudeurs bien dans leur peau, qui voient du pays et font de belles découvertes. L'hésitation est une maladie dont je ne parviens pas à me débarrasser. Pourtant, je me convaincs peu à peu qu'il n'y a pas de bonheur ni de renaissance sans prise de risque. 

 

J'ai décidé ! Voilà quelques heures que je suis libre ! J'ai mangé des croquettes pour chiens et j'ai trouvé cela délicieux, je me suis reposé au soleil et j'ai apprécié le calme de l'endroit, j'ai visité des caves et des greniers. De temps à autre, un gamin ou un vieux m'a caressé. La vie est belle, le moral est au zénith. Je ne manque de rien et je suis indépendant. Elle a peut-être eu raison de se séparer de lui et de changer d'air.

 

Je suis devenu clochard par obligation. Je me suis éloigné du quartier. J'ai vu du pays, j'ai visité des villas cossues, des petites maisons ouvrières et même deux centres commerciaux. Je me sentais en vacances. Un jour ici, un jour là-bas ! Sans attaches et sans aucune contrainte. 

 

Quand la pluie d'automne est arrivée, j'ai commencé à regretter mon coussin à pois ! Une femme m'a menacé avec une brosse parce que j'essayais d'entrer dans une cabane au fond du jardin. Un matou m'a chassé de son territoire à coups de griffes et je suis blessé. C'est le premier accroc véritable de ma nouvelle existence. D'autres bagarres suivront, je le pressens. C'est comme si le froid rendait tout le monde susceptible et intolérant. Les bêtes comme les gens. Je commence à regretter d'avoir déserté mon foyer. Je relativise les désagréments subis depuis le départ de Nathalie. Être un peu négligé, ce n'est pas si grave après tout. J'ai pesé le pour et le contre, j'ai pris le parti de revenir au pays, tel le fils prodigue. François meurtri, englué dans son chagrin, ne pense sûrement pas à moi. Peut-être quelqu'un du voisinage me recueillera-t-il ? Je brûle d'espoir…

 

C'est en arrivant dans ma rue que je me rends compte que des affiches illustrées par une belle photo de moi ont fleuri un peu partout. Poteaux, vitrines, arrêts de bus… François me recherche donc !"…  

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Jonathan Siel présente son ouvrage "C'est quoi cette nisortagiano?!"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie


 

Louviérois d’origine, Carolo d’adoption, Jonathan SIEL a connu un parcours professionnel pour le moins sinueux mais extrêmement enrichissant.

Journaliste, enseignant, employé de banque et même formateur.

Toutes ces expériences et son envie d’écrire l’ont amené à rédiger son premier ouvrage sur les relations humaines au sein des organisations.



 

Résumé
 


 

Si des personnes se reconnaissent dans certaines des situations présentées tout au long du livre, il se pourrait qu’il ne s’agisse pas d’une simple coïncidence. En effet, c’est peut-être bien toi le boulet dont on parle ou l’emmerdeur de service. Tu fais peut-être partie de ces collègues prétentieux et arrogants ou de ces patrons incompétents. Eh oui, mon pote, la vérité est parfois dure à entendre. Tu t’es retrouvé dans les descriptions du couillon qui se ramasse tout le boulot pendant que tes autres collègues ont décidé de jouer les parasites ? Eh bien ce livre pourra peut-être te permettre d’évacuer cette frustration qui est en toi. Tu as envie de changer ? Tu es décidé à garder ton job ? Alors prends bonne note des lignes qui vont suivre. Car peut-être que tu ne t’es pas encore pris un C4 dans les dents, mais sache que ce genre de décisions ne dépend pas seulement de tes compétences (si tu en as). La chance passe, fais gaffe… Sache qu’un travailleur averti vaut au moins deux employés virés.

 

EXTRAIT

 

Ce mec qui glande un max dans son bureau, cette secrétaire dépressive qui chiale à longueur de journée, ce chef, mou du slip, qui est dans l’incapacité de prendre une décision importante... Ca ne vous rappelle pas quelque chose ? Mais oui bien sûr ! Bienvenue, les enfants, dans ce monde merveilleux/mystérieux/ennuyeux (entourer la bonne réponse) qu’est le travail. En rentrant dans la vie active (ou pas !), vous avez pu rencontrer des collègues intéressants, courageux, performants. Grâce à eux, votre organisation fonctionne plus ou moins bien. Et puis... il y a les autres. Les incompétents, les escrocs, les mythomanes. Leur utilité est à prouver au sein de votre boîte mais une chose est sûre : sans eux, vous auriez moins de choses marrantes à raconter en rentrant chez vous.

En feuilletant ce livre, vous retrouverez différentes espèces de « travailleurs » qui font partie (malheureusement) de votre quotidien professionnel.

 

Extrait


 

Si des personnes se reconnaissent dans certaines des situations présentées tout au long du livre, il se pourrait qu’il ne s’agisse pas d’une simple coïncidence. En effet, c’est peut-être bien toi le boulet dont on parle ou l’emmerdeur de service. Tu fais peut-être partie de ces collègues prétentieux et arrogants ou de ces patrons incompétents. Eh oui, mon pote, la vérité est parfois dure à entendre. Tu t’es retrouvé dans les descriptions du couillon qui se ramasse tout le boulot pendant que tes autres collègues ont décidé de jouer les parasites ? Eh bien ce livre pourra peut-être te permettre d’évacuer cette frustration qui est en toi. Tu as envie de changer ? Tu es décidé à garder ton job ? Alors prends bonne note des lignes qui vont suivre. Car peut-être que tu ne t’es pas encore pris un C4 dans les dents, mais sache que ce genre de décisions ne dépend pas seulement de tes compétences (si tu en as). La chance passe, fais gaffe… Sache qu’un travailleur averti vaut au moins deux employés virés.



 

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Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...

Publié le par christine brunet /aloys

Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...
Rencontre au salon du polar de Bandol : Martine Platarets...

Martine Platarets était à mes côtés au salon du polar de Bandol... Une auteur dynamique qui n'a pas moins de 22 salons du livre programmés dans son  agenda ! 

Un univers à découvrir...

Mais qui est Martine Platarets ? 

 

 

Martine Perez Platarets, née en 1958, vit dans le Vaucluse. Après avoir écrit de nombreuses nouvelles mises de côtés et quelques poésies, il y a cinq ans, l’envie de tout mettre sur papier et l’écriture l’a emmenée vers une autobiographie avec un premier ouvrage « souviens-moi » illustré par un jeune photographe. Ce premier livre marque un tournant dans le style de la production.

 

Les enquêtes du commissaire Victor Perez « Au-delà de la vie » et « Meurtres en eaux troubles » sont un nouveau tournant vers le roman policier suite à des faits réels de Victor Perez, père de Martine Perez Platarets. Ils ont été romancés et transformés. Un hommage particulier pour cet homme qui a énormément compté dans sa vie. Actuellement la troisième enquête est en court. L’histoire se passera du côté de Bourg-en-Bresse dans l’Ain.

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Brigitte Hanappe se présente et nous parle de son ouvrage à paraître "Le flou du miroir"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Titre du livre : Le flou du miroir


 

Biographie.

Brigitte Hanappe est née en 1959 : institutrice dans l’enseignement spécialisé, elle a toujours été fascinée par le pouvoir des mots écrits. Visualiser ses pensées est un élément tellement utilisé dans son métier.

En 2009, une expérience de vie personnelle et destructrice l’incite à écrire son histoire. Un récit qu’elle laissera des années dans un tiroir avant de décider de livrer son témoignage au public.


 

Résumé du livre : Le flou du miroir

Pour vivre heureux, vivons caché : un adage qu’Hanna s’efforce d’appliquer depuis l’enfance. La société se méfie des différences comme de la peste et Hanna sait depuis longtemps qu’elle est née différente : elle abrite en elle une autre personne, un être secret qui la domine et la protège à la fois. Hanna devient parfois cet autre.

Adulte, la vie semble lui sourire jusqu’à la perte d’un bébé et puis le décès de sa mère. Courage ? Réflexe ? Elle assume puisqu’elle a tout pour être heureuse : une superbe maison, un mari attentionné, deux grands enfants bien éduqués et un métier intéressant. Mais ce n’est que l’apparence que renvoie le miroir de sa vie.

Le jour où Hanna se taillade les veines, c’est un pas vers la mort qui se transforme en renaissance. Avec l’aide d’un psychanalyste, elle explore les souterrains de sa mémoire, elle déterre peu à peu les peurs qui l’habitent et trouve la clé de son secret.

Ses mots et ses souvenirs vont effacer peu à peu le flou du miroir et refléter l’image réelle de ce qui l’a construite et détruite à la fois : un homme qu’elle craint, qu’elle aime…

 

Extrait du livre : Le flou du miroir

Quand j’ai ouvert le tiroir de la cuisine, est-ce moi qui ai empoigné ce grand couteau luisant ou est-ce lui, qui a guidé mon geste ?

C’est le soir : la pièce est sombre malgré l’éclairage des lampes, tout est flou et silencieux dans la maison, les objets n’ont plus de consistance, ils se fondent et se confondent avec une mollesse élastique. Seul le couteau noir à la lame argentée impose son relief dans le brouillard et son éclat me guide impérativement vers la salle de bain.

Après la pourriture de cette journée, enfin, je me sens bien. L’eau bouillonnante pénètre tous les pores de ma peau, la chaleur envahit mon corps maigre comme une drogue bienfaisante. Je peux sourire enfin : mes yeux se promènent sur l’émail immaculé de la baignoire. Je suis seule et pourtant, je le sens s’agiter à l’intérieur de moi. Il est là à m’abreuver de ses conseils malsains…Tout doit finir ce soir !

Le couteau pèse une tonne dans ma main droite et je scie consciencieusement… mollement… trop faiblement. Une voix métallique résonne dans ma tête malade, douce et perfide à la fois, des paroles qui sortent de nulle part s’insinuent comme un souffle de vent dans mes oreilles.

Sûrement la voix du « double » qui vit à l’intérieur de moi !

Il m’aide enfin : le couteau tenu par lui est plus ferme, le geste plus fort. L’eau est à présent merveilleusement rosée, mon poignet saigne.

Je suis si bien quand soudain, la porte s’ouvre, des bras puissants me soulèvent accompagnés d’un cri désespéré. Je reconnais vaguement l’intonation grave de mon époux : 

− Mon Dieu, Hanna, tu es folle, qu’as-tu fait ? 

Et puis, c’est la course : nue sous un peignoir de bain, Etienne, mon mari m’emmène à l’hôpital le plus proche. Je me suis tailladé les veines avec un couteau à découper la viande pour quitter ce monde qui n’était plus le mien depuis longtemps. Je voulais rejoindre les fantômes qui partageaient mon quotidien, un monde hors de la réalité qui n’existait que pour moi.

De toute façon, la véritable Hanna était déjà morte.

 

 

 

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Mickaël Auffray nous présente son recueil de nouvelles "Vous êtes ici" (à paraître aux Editions Chloé des Lys)

Publié le par christine brunet /aloys

 

Issu d'un ventre nourricier, l'auteur débute son parcours en 1982. De formation classique, il passe du statut de simple embryon à celui de fœtus. Après une carrière de fumiste dans un landau bleu, il se lève pour aller de l'avant. Sa bipédie acquise lui permet d'intégrer un établissement de la République visant à la socialisation de son espèce. 
 

Professionnellement intégré à l'industrie, il prend rapidement conscience de l'aliénation que représente le travail à la chaîne. Dès lors, il s'engage dans le domaine commercial afin de vendre des objets à des personnes qui n'en ont pas besoin. Il quitte la piste de ce cirque mercantile pour recentrer son activité vers des considérations plus culturelles. L'auteur réside désormais non loin d'une jungle urbaine, il y a trouvé un travail manuel dans le champ pédagogique.
 

Bibliographie :

 

 

« Vous êtes ici » est un recueil de 10 nouvelles exposant des personnages à l'adversité contemporaine:

 

 

- Araignée relate l'extermination d'une araignée sur fond de crise conjugale ;

- Crise de vocation traite des sentiments confus d'un commercial déchu ;

- Au revoir, bonne soirée interroge les motivations du don ;

- Samskeyti décrit l'urbanisation galopante à travers la vision d'un narrateur à fleur de peau; 

- À la chienne expose l'aliénation d'un salarié qui travaille à la chaîne ;

- L'homme qui était bien garé caricature une saynète pour critiquer un certain journalisme ;

 

- Démission offre une plongée dans une entreprise de recouvrement ;

- L'impasse révèle les déchirures d'un couple au pied du mur ;

- Tout doit disparaître illustre la folie d'un jeune retraité qui jette tout par la fenêtre ;

- Vous êtes ici soumet un homme en quête de sens à une intrigue minimaliste.

 

 

 

Extrait :

 

 

Je me réveillai au bord du bitume, la campagne environnante pour panorama et une route déserte. Elle semblait l'avoir toujours été. Au bord de la chaussée, un petit panneau attira ma curiosité… Il était écrit « Vous êtes ici ». Je fus ravi d'apprendre que quelqu'un se souciait de ma présence en ces lieux, mais cette simple affirmation soulevait plusieurs questions : « ici » c'était quoi ? Et qui avait pris soin de rédiger ce message ? Le « vous » était-il la marque d'une certaine déférence à mon encontre ou bien celle d'un pluriel anonyme ? L'émetteur avait-il utilisé le « vous » afin que précisément je me pose cette question ? En décrétant ma présence esseulée « ici », on pouvait en déduire que le planteur de cette pancarte se trouvait ailleurs, bien qu'un jour il eût été « ici ». Précisément pour planter la pancarte. Je me mis en marche et je n'avais pas fait cent mètres quand je butai sur une autre pancarte du même style que la première : « Vous n'y êtes plus ». Je ne pus m'empêcher de songer à un canular, je devais être l'objet d'une blague savamment organisée par des pervers croisés la veille au soir. Mais quelle veille ? Rien ne me revenait sur les événements passés. Je relus la pancarte. Au fond de moi, je me sentais rassuré de savoir que mes quelques pas avaient été remarqués.

 

 

Mickaël AUFFRAY

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Sophie Fedy nous propose un extrait de son roman "Territoire gris"

Publié le par christine brunet /aloys

 

I. New Earth 22, année 2455

 

 

 

­ —    Ce que vous allez voir va vous sembler incroyable, mais c’est pourtant l’exact reflet de ce qui s’est passé. Les documents que je vais vous montrer, issus de la multithèque post-terrienne, sont édifiants. Je me dois également de vous prévenir : certaines scènes sont extrêmement violentes, comme l’époque dans laquelle je vous invite à voyager. Les personnes sensibles régleront leur screening-and-feeling machine sur la sensibilité « moins trois » ou « moins quatre » pour les plus jeunes. L’oratrice était entourée d’une assemblée bigarrée, de tous âges et de toutes conditions. A l’ère post-terrienne, les conférences d’histoire de la civilisation terrestre avaient un succès énorme. Chacun voulait en savoir plus sur le passé de ses lointains ancêtres, lorsqu’ils habitaient encore la planète qu’ils avaient curieusement appelée « Terre », alors qu’elle était constituée à plus des trois-quarts d’eau. Bien peu avaient maintenant l’occasion de s’y rendre : quelques mineurs qui exploitaient les derniers gisements de ce liquide noirâtre, poisseux et écoeurant, cause de tant de guerres, ainsi que les minerais indispensables, lithium, nickel… Il y avait également quelques archéologues à l’affût du moindre indice permettant de mieux comprendre cette civilisation absurde, détruite, étouffée par sa propre folie. On y envoyait aussi les « Too Fat* » pour des séjours sanitaires, jusqu’à ce qu’ils soient revenus dans les normes post-terriennes.

—    Ce cycle de conférences est passionnant, dit un jeune homme à sa voisine, qui hocha la tête sans le regarder. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre la philosophie de nos ancêtres. J’ai même du mal à croire que ces êtres, aussi primitifs dans leurs comportements qu’avancés dans leurs technologies, puissent avoir été nos parents.

—    Et pire, jeune homme, vous n’avez encore rien vu ! ajouta un homme âgé. Ce que vous allez apprendre aujourd’hui va vous faire froid dans le dos et vous en ressortirez avec plus de questions que de réponses !

 

**         personnes obèses

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Sophie Fedy se présente... et nous propose un aperçu de son ouvrage "Territoire Gris"

Publié le par christine brunet /aloys

 

De formation scientifique par goût de la biologie et de tout ce qui touche au vivant, j’ai travaillé dans différents secteurs (industrie pharmaceutique, hôpital, médico-social). Je suis actuellement gestionnaire de risques dans un hôpital de la banlieue parisienne.

J'ai toujours beaucoup lu, un peu de tout, selon les prescriptions de mes professeurs, puis au hasard des rayonnages des bibliothèques. J'ai toujours un livre à portée de main sur ma table de chevet !

Des rencontres humaines et des événements personnels m’ont donné l’envie d’écrire ; il en est sorti un premier recueil de textes: « Il n’y a pas que les infirmières, les autres comptent aussi… ». Après avoir abordé plusieurs genres littéraires : récit de vie, poésie, roman jeunesse, j’ai retrouvé mes amours de jeunesse, l’anticipation et la science-fiction. Mon premier roman de science-fiction, « Complexe 13B », a été édité en 2009 ; Territoire gris est mon deuxième roman. Imaginer comment nous vivrons, à quels défis nous serons confrontés demain et après-demain, voilà ce qui m'intéresse et ce que je voudrais faire partager.

J’ai rejoint en 2008 le collectif d’écrivains Val d’Oisiens « Mots Migrateurs » pour échanger avec d'autres auteurs et participer à des projets communs, faire vivre l'écriture sous différentes facettes.

 

 

TERRITOIRE GRIS

 

Ce roman présente un entrelacs de différentes époques du futur. Le lecteur y rencontrera trois destinées situées à des époques éloignées les unes des autres, mais reliées entre elle par l’archéo-tourisme du futur, les conférences historico-sensorielles proches du voyage dans le temps et par le fil rouge que constitue la fameuse clef de Yodel !

 

Le couple de Yodel et Maelia : la société du XXIIe siècle, celle de l’après ère nucléaire, civilisation des complexes où les hommes se sont réfugiés. A l’image du complexe 13 B, où le principe de précaution a été poussé au paroxysme, et où l’on n’a plus le droit de se toucher. Pire, les programmes de manipulation scientifiques sur les humains sont à l'oeuvre. Certains ont réussi à fuir les complexes et forment des communautés organisées dans les décombres de Paris et de ses proches banlieues. Yodel et Maelia les ont rejoints et avec leur aide réussiront à contrer les projets aliénants de ceux des complexes.

 

Le couple de Stefan et Maude : la société du XXIVe siècle sur terre où les gens vivent dans des cités aériennes suspendues pour laisser la place à l’agriculture au sol. Passé 50 ans, vous étiez invité à l’Interruption Volontaire de Vieillesse. Mais les « too old » s’organisent… et résistent.

 

Le couple d’Alexis et Ginger : la société du XXVe siècle exilée dans l’espace - pour fuir la terre devenue insalubre - émiettée dans des stations orbitales type New Earth 22. Société avec ses refoulés – les TF « Too Fat », les trop gros renvoyés de force sur terre pour des cures d’amaigrissement – ses sous-hommes, les « kapas » entretenus pour offrir des organes de rechange aux plus vieux, aux plus sages, ses « hors la loi » envoyés au bagne, c’est-à-dire condamnés à coloniser de nouvelles planètes dans des galaxies lointaines après des années lumières de voyage en état de léthargie, sans espoir de retour…Alexis et Ginger seront exilés avec quelques autres et retrouveront une planète qui ressemble étonnamment à la terre.

 

 

Un débat de fonds imprègne tout le roman ; celui de la tolérance – et de l’intolérance - de l’homme pour l’homme. Quelles que soient les sociétés imaginées dans ce récit, il y a des sous-hommes exploités par des « hommes supérieurs » ou « normaux ». Et une question qui restera ouverte : sera-t-on capable un jour de ne plus reproduire les erreurs du passé ?

 

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Blanche Benarroya nous présente le premier volet "Liam" de sa série "Les Amants de l'Ombre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie  Blanche Benarroya a passé toute sa jeunesse à Marseille et vit  actuellement avec son mari et sa famille à Tilburg, Pays-Bas.

Elle a été professeur de français dans un institut de langues aux Pays-Bas.                         

Liam est le premier tome de la série Les Amants de l’Ombre.

 

Résumé Lily ne s’attendait pas, après avoir accepté de venir passer avec sa cousine Anne et son ami Paul quelques jours de vacances dans un petit village du nord de la France, à ce que l’apparition de Xander dans son existence la plonge dans un chaos le plus total. L’amour, la magie et la mort allaient rapidement remplacer la monotonie d’une vie bien réglée.

 

Extrait – Mademoiselle, si j’étais vous, je ne m’éloignerais pas trop et je ferais attention, toute seule dans les bois. On ne sait jamais, vous pourriez faire d’étranges rencontres.

Publié dans présentations

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