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Sylvie Storme nous présente son ouvrage "Quand voir reste un mystère"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Notre regard et notre capacité à voir peut se ré-interroger à chaque instant.

Comment une vie bien organisée et réussie se voit bouleversée quand les repères changent ?

Mai 1989 , je me plonge dans un premier stage de "Prise de conscience par le mouvement", Méthode Feldenkrais, et mon regard change, ma vue très limitée s'éclaircit malgré un handicap déclaré dégénératif.
Surtout, ma vision du monde s'élargit, et toutes mes certitudes et idées reçues se renversent.

Ce témoignage s’est élaboré à partir de lettres que j’écrivais au fur et à mesure d’une formation qui me faisait découvrir l’incroyable capacité de transformation qui existe au coeur de tout être humain.
Ces expériences sensori-motrices m'ont emmenée dans un parcours mouvementé et bouleversant.

J'évoque ce parcours dans ce livre, et comment ce voyage au coeur du mouvement m'a conduite au travail de la sculpture, a transformé ma voix, mon chant, et mon attitude à l'écoute des autres.

Ces découvertes personnelles me semblent aujourd’hui parler de ce que nous pouvons tous traverser de façon singulière avec nos priorités, nos passions, nos difficultés et nos obstacles individuels…

 

 

Extrait :

 

« Bonjour François,

 

Voici quelques- unes de mes explorations, faites en sortant de chez toi.

Elles ont été fascinantes et impressionnantes par leur évidence et leur nouveauté.

Ce qui est le plus surprenant pour moi est la manière dont le monde m'apparaît, la position que par conséquent j'occupe.

Assise confortablement dans le taxi, bassin, jambes et pieds en contact avec le siège et le sol, je me suis " laissée surprendre " par ce que je pouvais percevoir du paysage parisien.

Les images venaient à moi, pas besoin de chercher à les attraper.

Mes pensées étaient du style « Tiens, c'est plein de verdure Paris », « Il ne fait pas si sombre dans ce tunnel «  Tout juste si je ne me disais pas «  Je ne vois pas si mal, tout compte fait ».

C'est pour moi une façon tout à fait inconnue et à peine croyable d'aborder et de vivre les événements: de les laisser venir. Alors que, pour moi, voir a toujours été synonyme d'efforts, de volonté, souvent d'étroitesse, d’ombre, presque d’inaccessible, et que l'acharnement rendait accessible (j'ai des souvenirs d'école prégnants, où la dose d'énergie déployée par mon entourage et par moi-même me semble aujourd'hui tout à fait folle.) »

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Jean-François Foulon présente son nouveau roman "Ici et ailleurs"

Publié le par christine brunet /aloys

 

COURTE BIOGRAPHIE :

 

Jean-François Foulon est né en 1960 au cœur de l’Ardenne, d’un père belge et d’une mère française. Licencié en philologie romane (université de Liège), il travaille à Bruxelles dans le secteur public mais vit en Wallonie (Hainaut). Passionné de lecture et d’écriture, il a collaboré à différentes revues littéraires comme Le Journal de la Culture, La Presse Littéraire et Le Magazine des Livres. Il  a déjà publié deux livres chez Chloé des Lys : un roman, « Obscurité » (2015) et un recueil de poésie, « Le temps de l’errance » (2016).

 

RESUME DU LIVRE

 

Ce livre de nouvelles (ou plus exactement de longs récits) est divisé en trois parties. « Afrique » ressemble à un roman et nous propose six regards croisés sur un même fait dramatique : l’assassinat d’une jeune doctoresse travaillant pour Médecins Sans Frontières. « Amérique », qui nous entraîne de l’Argentine à la Bolivie, en passant par le bassin de l’Amazone, traite davantage des problèmes sociaux et de la lutte du peuple contre son exploitation. Enfin, « Europe » aborde des thèmes qui nous sont bien connus comme la maladie, le chômage, la solitude et la perte des illusions.

 

L’auteur nous fait voyager et réfléchir aux dérives des civilisations et du pouvoir. Il pointe du doigt les abus et l’asservissement de l’être humain à d’autres hommes, avec la bénédiction du dieu « Profit ». Tout en égratignant le rôle de la colonisation, il dénonce l’injustice sociale et met en avant le besoin de liberté, commun à tous les êtres. Bref, ce livre est plein d’empathie pour ceux qui souffrent ou ont souffert.

 

EXTRAIT DE LA NOUVELLE « LE TEMPLE DU SOLEIL »

Le camion aborde le premier virage en lacet. Le moteur cogne, le changement de vitesses grince. Derrière, une épaisse fumée noire jaillit du pot d’échappement. Il n’y a rien à faire : la pente est trop forte. Il va falloir qu’il se déporte à l’extrême gauche ou il ne passera pas!  Instinctivement, le chauffeur a réagi : il braque le volant autant qu’il peut. Le bahut se déplace, le voilà de l’autre côté de la route. Le pneu avant mord même la poussière du fossé ! Cela fait un de ces nuages ! Les branchages griffent la carrosserie. Pourvu qu’il ne vienne rien en face. Non, ouf, c’est fini ! Le premier virage est passé. Il n’y en a plus que deux mille cinq cents quatre-vingt-quatre.

 

C’est qu’elle les connaît, Isabel les virages qui mènent à l’Altiplano. Cela fait cinq ans, maintenant, qu’elle fait la route, toujours la même. Elle charge des marchandises en bas, dans la forêt, et elle les achemine là-haut, dans la capitale. Cela peut paraître simple, mais ce ne l’est pas. En bas, c’est l’équateur, la forêt vierge, la chaleur, les moustiques, la malaria. En haut, ce sont les montagnes et les deuxièmes du monde encore bien. La Paz culmine à 3.658 mètres d’altitude et le lac Titicaca n’est pas loin. D’un côté, c’est l‘été, de l’autre l’hiver. Et puis il y a les habitants. Tous des Indiens, certes, mais tellement différents. Les gens de la plaine ont une certaine mentalité, ceux des sommets une autre. Leur seul point commun, c’est d’être tous des Indiens. C’est déjà ça. Et elle, Isabel, elle est comme un trait d’union entre ces deux mondes. Indienne aussi, forcément, comme tout le monde en Bolivie. N’empêche que le fait d’être une femme a quelque chose de singulier. Tous les autres chauffeurs sont des hommes, elle doit être la seule femme de la profession et elle en est fière. Comme elle est fière d’amener dans la capitale andine toutes ces nourritures exotiques de la plaine. Originaire de la zone intermédiaire des collines, elle se sent partout chez elle. Ce qui signifie aussi qu’elle est étrangère des deux côtés. Elle n’est pas de l’Amazonie, mais elle n’est pas non plus des sommets andins. Qui est-elle finalement ? Elle serait bien en peine de le dire. Alors elle voyage et essaie de trouver son identité sur les routes, entre les chaleurs étouffantes de la forêt et les crêtes brumeuses des montagnes.

 

Mais voilà le deuxième virage. Il tourne dans l’autre sens, celui-là, de la gauche vers la droite. Ce sera donc plus facile, elle ne sera plus du côté du précipice et bénéficiera de la pente la moins raide. C’est déjà ça. Il faut dire que la route est à peine asphaltée. Pourtant elle l’a été autrefois, à certains endroits en tout cas... Mais il y a longtemps de cela et la nature a repris ses droits. Le macadam, petit à petit, s’est effrité et il ne faut pas croire que le gouvernement l’a remplacé. Non. D’ailleurs il ne faut jamais compter sur le gouvernement ! Les politiciens, là-haut, à La Paz, ont autre chose à faire. La révolution pour commencer ! Et puis, une fois qu’ils sont au pouvoir ils pensent un petit peu à eux. C’est normal après tout, ils ont tout de même risqué leur vie dans ces coups d’état. Alors, dès qu’ils sont installés derrière leur beau bureau de président ou de ministre, ils essaient de compenser, c’est-à-dire de s’enrichir par tous les moyens. Qui pourrait le leur reprocher ? S’ils sont d’origine modeste, on ne les pendra pas au sérieux tant qu’ils ne seront pas riches. Et s’ils proviennent d’une famille de notables, on ne trouverait pas normal qu’ils baissent de statut et qu’ils s’appauvrissent. Un député, un sénateur, un ministre, cela doit être riche pour être respectable, un point c’est tout. Ici, en Bolivie, vous ne rencontrerez jamais un être humain qui pensera le contraire.

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Anne-Sophie Malice nous présente " Lettres ouvertes à Pierre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie


Anne-Sophie Malice...j'aurais choisi Malice en pseudo et viré l'Anne et la Sophie en optant pour Juliette.

Née le 31 décembre en terre montoise... mais l'arrière de la coccinelle bleue ciel des parents aurait été plus rock n'roll.

J'ai marché tard, fait mes dents tard. Pourtant j'ai avancé, en me cassant la figure, pour mieux me relever.

 

Les Beaux-Arts, leurs portes ouvertes à la communication et le non jugement, les autres portes, blindées. Une licence en dessin, je ne touche quasiment plus un feutre.

 

L'écriture, la photo numérique en parfaite amateur, j'aime.

Des bouts de rien, des virées en moto et faire mouche en tir sportif font mon bonheur au quotidien .

 

Je gribouille, avec des traits, des mots et des instants dérobés.


Résumé
 

J'ai écrit, durant quelques mois, après le suicide de Pierre et « ma » thrombose, en 2015.
C'est ce que j'ai écrit de plus personnel jusqu'à présent.

Même si je parle souvent de ce qui me touche, je détourne, tergiverse, fais de l'humour.
Ici, même avec la dérision, je dis les choses.

 


Extrait

 

 

- Lundi 11 mai 2015.

Nietzsche a écrit : "La pensée du suicide est une consolation puissante, elle aide à passer plus d’une mauvaise nuit."
Ça ne s'invente pas, ça se vit.
Je suis la preuve vivante que cette citation n'est que vérité.
J'ai passé des nuits plus paisibles en me disant que je pouvais mourir quand je l'aurais décidé.
Jusqu'au jour où j'ai essayé de mourir et que j'ai lamentablement échoué.
Quand on se réveille,
on se liquéfie.

Surtout en constatant qu'on a rempli sa petite culotte.
J'avais 20ans, j'étais jeune et presqu'innocente.
Moralité: j'ai encore de belles nuits devant moi.

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Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017

Publié le par christine brunet /aloys

Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017
Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017
Alain Magerotte présente "Chaos" de Bob Boutique à l' A.E.B l'Association des Ecrivains Belges, le mercredi 19 avril 2017



Bob Boutique est le fondateur et le directeur des programmes d’Actu-Tv, une web télé qui vient de fêter ses 7 ans d’existence. Actu-Tv, c’est une heure et demie consacrée à la littérature et aux arts associés. Actu-Tv, c’est près de 15.000 podcasts visionnés par émission et près de 200.000 clics sur la chaîne You Tube qui comporte déjà 900 reportages ! Excusez du peu comme dirait Christophe Giltay, journaliste adipeux (un comble pour un journaliste) spécialiste de la politique française sur RTL Télévision. 

Mais Bob Boutique, c’est avant tout un écrivain, un auteur. Aussi, quand le sieur Boutique m’a suggéré de présenter son dernier opus à l’Association des écrivains belges, j’ai accepté tout de suite avant de réfléchir.

Réfléchir à quoi ?... Et bien que, d’abord, en guise d’introduction, comme cela se fait à chaque présentation d’un bouquin, il faut présenter l’auteur. Facile, me direz-vous, suffit de se documenter… ah oui, et bien, si c’est si facile, expliquez-moi alors comment présenter quelqu’un qu’on ne présente plus ? Dites-moi…cela relèverait-il du fantastique, du bizarre ?... 

Le bizarre… tiens, tiens, ça me dit quelque chose… Mais oui, mais c’est bien sûr comme disait l’inspecteur Bourrel cinq minutes avant la fin, notre homme, je parle de Bob Boutique, bien sûr, a commencé sa carrière d’écrivain avec des Contes bizarres. Il y a eu deux tomes et toutes celles et ceux qui les ont lus attendent avec une impatience fébrile que jalouserait un chanteur à minettes en vogue, un troisième volume qui, malheureusement, n’est pas prêt de venir puisque Bob Boutique s’est converti au roman fleuve du genre thriller. D’ailleurs, «Chaos» n’est pas son coup d’essai dans le genre, mais son deuxième si on ne tient pas compte des «dix petites négresses».

Mais, n’anticipons pas. Quelques mots sur ces «Contes bizarres» qui le méritent largement même si ce n’est pas le sujet du jour.

Tous ces Contes commencent par «Il était une fois» et le twist final est annoncé par «Et il arriva ce qui devait arriver»… une marque de fabrique !

Des Contes qui démarrent dans la réalité, presque banale, du quotidien. Un quotidien qui va progressivement ou subitement dévier vers un imprévisible tragique, le tout traité avec une légèreté prêtant à sourire, voire carrément rire, malgré ce côté dramatique. Savante alchimie entre le tragique et le burlesque ! Il faut également mettre en exergue le souci de vérité de l’auteur dans le langage des protagonistes et cela, notamment, selon leur situation sociale. Un langage populaire donnant à ces contes une saveur supplémentaire. D’ailleurs, Bob n’hésite pas à glisser ça et là des expressions bruxelloises, des mots flamands et même à s’adresser directement aux lecteurs.

On retrouve cette verve dans son premier roman, «Les dix petites négresses». Vous l’aurez compris, c’est une parodie du célèbre roman d’Agatha Christie, «Les dix petits nègres».

Outre un style propre, Bob Boutique pousse ici l’originalité dans le choix des personnages… il met en scène dix femmes ressemblant plus qu’étrangement à dix amies écrivaines comme Barbara Y. Flamand, Edmée de Xhavée, Silvana Minchella ou encore Carine-Laure Desguin… je signale que les auteures citées font partie de l’A.E.B.

Dix femmes qui se retrouvent dans une grande bâtisse sur une île à la merci d’un certain Laurent Duciment, allusion à peine déguisée au boss des Editions Chloé des Lys, Laurent Dumortier. 

Au départ, le texte «Les dix petites négresses» devait se présenter sous la forme d’une Nouvelle… mais, la fièvre de l’écriture aidant, voilà ce texte transformé en grande Nouvelle d’abord avant de passer ensuite et in fine au stade de mini roman.

En 2015, Bob Boutique sort son premier roman fleuve, un thriller, «2401». Un thriller qui flirte avec le fantastique, «L’île du docteur Moreau» de H.G. Wells n’est pas loin. 

L’histoire commence dans la petite entité de Chamy qui comprend une centaine d’âmes. Parmi, celles-ci, 7 sont persécutées par un «corbeau». Des victimes au passé pas très net ! Il s’ensuit une enquête, des meurtres. Ici, les policiers qui mènent la danse sont belges, hollandais et suisses. 

Hollandais surtout, ils appartiennent à la KMAR (Koninklijke Marechausse Amsterdam)… lui, c’est Johan Verdriet, dit le bouledogue, elle, Lieve Moed, jeune inspectrice audacieuse et amoureuse du bouledogue…

Nous retrouvons ces deux héros dans «Chaos» sorti au début de l’année 2017. Un thriller de près de 500 pages dont nous allons vous parler aujourd’hui… 

Alain Magerotte

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Kristof nous présente son prochain recueil "Le temps déposé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Le temps déposé

 

Il ne faut pas tromper le lecteur. Je n’écris pas de la poésie. C’est une chronique d’aujourd’hui, qui emprunte à tous les genres littéraires avec, il est vrai, une teinte poétique dominante dans les harmonies.  Le temps déposé, qui est mon nouvel opus, ne déroge pas à la règle. Il s’inscrit dans la logique de mon travail de consignation d’événements généraux et personnels, de mes réactions passionnées face à notre monde décadent que je juge très sévèrement. Autrement dit, et sans prétention aucune, c’est un « doux style nouveau » revisité inconsciemment.

La seul chose que j’ai en commun avec Dante, c’est notre passion pour le vin, sans aller jusqu’à cuver comme lui, au 4 rue Saint Séverin dans le 5ème arrondissement de Paris. (est-ce vrai ? en tout cas, c’est une légende urbaine qui a survécu jusqu’à nos jours et qui me plaît)

 

Il y a cependant, dans «  le Temps déposé », de grands changements visibles.

Mon style a évolué. On pourrait dire qu’il a grandi. Je l’ai rendu plus incisif lui appliquant des rythmes parfois effrénés, saturés d’émotions,

pas toujours voulus d’ailleurs, puisque les textes se rapportant aux douloureux événements de novembre 2015, se sont imposés à moi.

Une grande variété de sujets est abordée sous un angle que j’ai souhaité volontairement déroutant. Il est vrai que je n’aime pas les choses qui se comprennent d’emblée. Je fais mon maximum pour préserver le mystère, conduire,

guider le lecteur à travers une sorte de voyage initiatique, non pas pour le séduire

ou lui plaire, mais pour l’introduire dans mon univers, libre à lui bien sûr, d’accepter ou de refuser.

 

Un extrait !

 

13 novembre

Ce jour ne chante plus

 

Plusieurs mourants

Déjà sans connaissance

Sur le trottoir

Dans la salle

Saignants écarlate

 

Des cris

Des plaintes

Jusqu’à l’écœurement

 

Des draps tombent

Pour aveugler la mort

Pour ne pas l’effrayer

 

Le manque de vie

Creuse la nuit

 

La passion des appels

Des derniers appels

Les soupirs s’enfuient

Comme le temps

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Quand ACTU-tv parle des grands auteurs belges... Michel de Ghelderode Une chronique de Marc Quaghebeur. Un texte de Jean François Foulon

Publié le par christine brunet /aloys

Une rubrique que j’ai particulièrement appréciée dans Actu-TV, c’est celle qui est consacrée depuis quelque temps aux auteurs classiques de Belgique. Lors de la dernière émission, Marc Quaghebeur, le directeur des Archives et Musée de la Littérature (AML) a évoqué Michel de Ghelderode. Cela m’a aussitôt rappelé des souvenirs. Je l’avais découvert il y a longtemps, à une époque où, étudiant et grand adolescent, je me réfugiais sous mes couvertures, dans ma chambre non chauffée, pour lire durant la nuit des auteurs étranges que je ne connaissais pas. Et pour ce qui était de l’étrangeté, avec Ghelderode, j’avais été servi.

De son vrai nom Adémar Martens, cet auteur dramatique est né à Ixelles le 3 avril 1898, de parents flamands (il est mort le 1 avril 1962). Son père, par ailleurs très autoritaire, est employé aux Archives générales du Royaume, et pour des raisons de promotion sociale, il mettra son fils dans des écoles francophones. Sa mère, plutôt superstitieuse, lui racontait souvent des histoires effrayantes, qui ont dû marquer son imaginaire.Le petit Adémar est solitaire et de santé fragile : atteint d’asthme toute sa vie, il aura même le typhus à l’âge de 16 ans. Le fait d’avoir ainsi frôlé la mort aura manifestement une incidence sur son oeuvre. En tout cas cette maladie l’a obligé à arrêter ses études. Il n’en est pas moins passionné par l’histoire et plus particulièrement pour les époques du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Inquisition. Ce n’est sans doute pas un hasard, car l’éducation religieuse qu’il a reçue l’a véritablement terrifié et s’il perd la foi à l'adolescence, il continue à croire aux puissances du mal. Ainsi il dira : « L'existence du diable est certaine, il suffit de regarder autour de soi. Dieu se manifeste rarement. »

Il aime aussi les marionnettes (son père l’emmenait souvent au théâtre royal de Toone) et le monde des foires (celle du Midi à Bruxelles en particulier). Tous ces éléments se retrouveront plus tard dans son œuvre. Son univers est celui d’une Flandre imaginaire, un peu mythique et atemporelle (avec une prédilection toutefois pour le XVIe siècle, celui d'Ulenspiegel, le héros de Charles De Coster). On le sent aussi imprégné par l’atmosphère des tableaux de Bruegel et de Bosch et du coup on retrouvera chez lui de nombreux personnages allégoriques.

Ses premières pièces de théâtre (écrites en français mais traduites en flamand) sont jouées par la compagnie populaire « VlaamscheVolkstooneel ». C’est toutefois à Paris qu’il connaîtra le succès (le public belge des années 30 étant peu réceptif encore aux avant-gardes théâtrales). Il faut insister sur ce succès parisien, dont on n’a pas assez conscience en Belgique. En gros, si Ghelderode est devenu un grand du théâtre, c’est grâce à la France. Son succès a été considérable (il sera joué partout dans le monde, de l’Europe aux USA, sans oublier l’Argentine et le Japon) et il est bon de rappeler, comme le fait Marc Quaghebeur dans la vidéo, que c’est par Beckett et Ionesco qu’il sera supplanté plus tard. Il a donc largement contribué à préparer le théâtre de l’absurde, rôle qui n’est pas négligeable…

A partir de 1939, pourtant, affaibli, il décide de renoncer au théâtre (il écrira cependant encore trois pièces, dont L’Ecole des bouffons) et se consacre à la prose. Ce sera « Sortilèges », un recueil de douze contes qu’on qualifie habituellement de « crépusculaires » ( on y parle de la mort et du péché, le tout baignant dans un décor de brume). 

Ensuite, il s’essaie à la radio, où il tient une chronique intitulée « Choses et gens de chez nous ». Malheureusement on est en pleine Occupation et Radio-Bruxelles où il a travaillé a clairement collaboré avec l’occupant. Était-il lui-même proche des idées nazies et rexistes ? Si l’on en croit ce que dit Marc Quaghebeur dans la vidéo, il était surtout un révolté qui contestait tout et il est clair qu’il aura trouvé dans les idées du moment un écho à sa haine de la gauche et de l’anarchie. De là à dire qu’il a ouvertement collaboré, il y a un pas qu’on ne peut franchir. Il sera toutefois révoqué de son poste de fonctionnaire de la commune de Schaerbeek, mais après enquête, cette révocation s’est transformée en une suspension disciplinaire de trois mois (peine finalement légère, comme le souligne Bob Boutique, et qui prouverait qu’il n’était pas foncièrement coupable). Peu après, l'Administration le pensionne pour cause de maladie et il sera finalement réhabilité en 1946. Puis c’est à cette époque que vient son grand succès sur les scènes françaises et internationales dont je viens de parler. Il est publié chez Gallimard et devient un sujet de thèses. Mais Ghelderode, au caractère sombre, conserve au fond de lui une sorte de rancune, notamment pour n’avoir pas pu entrer à l'Académie royale de langue et de littérature françaises.

La fin de sa vie est triste et il meurt le premier avril 1962. Il ignorera toujours qu’on pensait à proposer son nom pour concourir au Nobel de littérature. Mais revenons à son théâtre. Fasciné par les personnages de Charles Quint et de Philippe II, on peut dire que Ghelderode se situe dans les traditions hispanique et anglaise du XVIème siècle. Il est clairement en rupture avec le théâtre français classique et cartésien. Son monde est celui d’un univers étrange, un peu morbide, où la mort, les masques, et les bouffons tiennent une place de choix. C’est un univers flamand et à vrai dire je m’étonne du succès que l’auteur a pu rencontrer en France (on insiste bien dans la vidéo sur cette différence entre l’esprit français, si peu rabelaisien finalement, et le côté « déjanté » de ces écrivains flamands). Si le public parisien a été sensible à l’œuvre de Ghelderode, c’est à mon humble avis par le discours morbide qu’il véhiculait. On était après la guerre et on venait de connaître tant d’horreurs et d’atrocités que ce théâtre qui parlait sans cesse de la mort et qui la mettait en scène dans un décor étrange, farfelu et finalement angoissant (dans la « Balade du grand macabre » la mort apparaît comme un personnage réel, qui chevauche un ivrogne) devait finalement correspondre à la désillusion de la population, qui était revenue de tout et qui ne croyait plus à grand-chose. L’univers macabre et inquiétant de Ghelderode évoquait manifestement quelque chose et son côté grotesque et cruel également.

Pour terminer, voici un petit extrait de Jaïre, histoire de se faire une idée plus concrète du style de Ghelderode et des thèmes qu’il aborde :

Oh dilemme ! Si mon grand, oui, grand chagrin se voit, on dira : le grotesque bonhomme, si peu maître de soi ! Si je le cache, mon chagrin... grand ? Non immense ! On dira : n'a pas de cœur, celui-là ! Entendez : sa fille unique meurt et rien de sa face ne bouge... Oh ! je suis énervé, exaspéré, crevassé, heu, et quoi encore, déchiré, bouleversé... Coulez, mes ampoules, maintenant coulez, je m'en moque. On pleure à tout âge. Je serai soulagé. Et tant pis si je grimace... (Il pleure.) ... Heu !... (Se mouche.) Heu ! (Se mouche.) Ah ! Quel moment unique, terrible, excellent, le moment que l'on souffre !... Sent-on cela dans les naufrages ? Non, je ne vois plus clair... Ces larmes sont noires, c'est l'eau de l'étang noir... Le cygne... ma fillette qui meurt et répond des absurdités aux propos tendres que je lui tiens, qui me repousse lorsque je veux la caresser toute moite. Le canard... il grandit, des mâts lui poussent, il amarre : c'est le bateau vénitien dont je dois surveiller le déchargement au quai du Miroir !... Quelle débâcle !... Mes affaires dans l'eau, l'eau noire et blanche, et mes repas froidis... Et le chien du voisin qui ne cesse de awoûawawoû, comme ils font ça les chiens, et de creuser des trous dans la terre !... Je dis trou ? Oui, trous partout, on entre dans l'existence et on en sort par un trou ! (Furieux.) Non et non et non ! Assez de ça, de tout ça... Tout quoi ? La mort et ses péripéties, les figurants, comme un jeu de théâtre qui dure des jours et des nuits comme des jours ! Et sur­tout le principal, de quelque sobriquet qu'on le nomme, qui rode autour et n'entre pas, comme s'il prenait plai­sir à prolonger notre angoisse. Est-ce donc si difficile à faire mourir, une fillette de seize ans ?

En tout cas merci à Actu-TV qui m’a permis de me replonger dans cet univers ghelderodien que j’avais un peu perdu de vue.

J.F Foulon
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Anne-Sophie Malice nous présente "BB12"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie


Anne-Sophie Malice...j'aurais choisi Malice en pseudo et viré l'Anne et la Sophie en optant pour Juliette.

Née le 31 décembre en terre montoise... mais l'arrière de la coccinelle bleue ciel des parents aurait été plus rock n'roll.

J'ai marché tard, fait mes dents tard. Pourtant j'ai avancé, en me cassant la figure, pour mieux me relever.

 

Les Beaux-Arts, leurs portes ouvertes à la communication et le non jugement, les autres portes, blindées.Une licence en dessin, je ne touche quasiment plus un feutre.

 

L'écriture, la photo numérique en parfaite amateur, j'aime.

Des bouts de rien, des virées en moto et faire mouche en tir sportif font mon bonheur au quotidien .

 

Je gribouille, avec des traits, des mots et des instants dérobés.

 

 

Résumé

BB12 est dans la même ligne que les deux premiers opus, à savoir que ce sont des textes poétiques, comme dit mon éditeur, Laurent Dumortier. Je ne sais pas si je serai capable un jour de décrire ce que j'écris. Lire c'est se faire une idée directement.


Extrait

 

Décrépitude

 

 

Quoi que l'on ait pu vous raconter,

rien ici ne peut y ressembler.

Les murs du monde se salissent,

le goût de la vérité s'évapore.

 

Quoi que l'on ait pu vous conter,

rien ici ne pourra vous combler.

Le chant des oiseaux est dissonant,

le soleil tend à se dissimuler.

 

Jetez vos souhaits,

contemplez votre innocence,

l'Heureux n'est pas ici.

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Valentine Depinay-Maire nous présente son ouvrage "Mes pas dans les siens"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE Valentine DEPINAY-MAIRE

 

Née en 1976, je suis orthophoniste dans un hôpital de jour avec des enfants autistes et pyschotiques en Haute-Savoie.

Titulaire d’une licence de lettres modernes avant d’obtenir mon diplôme d’orthophoniste il y a une dizaine d’années.

J’ai commencé à écrire durant mon adolescence, des poèmes et des nouvelles. C’était ma façon de mieux vivre mon mal être sans embêter personne (à part ceux qui les lisaient).

Je n’ai jamais cessé d’écrire par la suite, en parallèle de ma vie professionnelle et familiale. Passionnée de musique (en particulier de piano), j’écris des textes de chansons.

*****

« Ta main qui passait dans mes cheveux...Une caresse muette avec plein de mots cachés sous tes doigts, cachés dans mes cheveux…Plus fort qu'un baiser sur la joue. Plus fort qu'une étreinte.

 

Tes mains. Celles qui ont porté ma mère. Celles qui caressaient ma joue. Celles qui tenaient souvent un petit carré de chocolat aux noisettes. Celles qui ne m'ont jamais giflé. Celles que je n'ai pas serrées à ton dernier souffle. »

 

Extrait de Mes pas dans les siens, chapitre 1 « tes mains »

 

RESUME DU LIVRE MES PAS DANS LES SIENS

 

« Léa, jeune trentenaire, mère d’un petit garçon, se remet difficilement du départ brutal de son mari. Elle se confie à son grand-père défunt à travers de lingues lettres et reprend peu à peu goût à la vie grâce aux étincelles de ses souvenirs d’enfance. »

 

Publié dans présentations

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Jean-Jacques Manicourt nous présente son nouvel ouvrage "En Langue d'Or"

Publié le par christine brunet /aloys

Courts extraits de « En Langue d’Or »

 

 

Et tu cabanes

Dans ta chantepleure

Une essence vive de Havane

Et les fruits de mon cœur

 

Amoureux effrontés

On écrit l'amour à petits mots

Avec une encre (  ) éhontée

 

Coiffée de ta toque russe

Oh, ma jolie frimousse

Tu vas dans les rues sans us

Élégante, fière et sans frousse

 

Sur le toboggan de ta hanche

Ma main skie

Elle savoure le zakouski

Des plaisirs en avalanche

 

 

 

Biographie

 

Né en 1957 à Roubaix, J-Jacques Manicourt  travaille comme intervenant dans une institution qui reçoit des jeunes sujets en grande souffrance.

Il consacre le reste de son temps à lire bien entendu, écrire quand le désir le titille, et depuis peu, à traduire les textes anciens en hiéroglyphes.

Jean-Jacques Manicourt réside désormais là où l’amour l’a retenu.

 

Résumé

Textes courts sur lesquels voguent au gré des  trouvailles : l’errance et la légèreté des sentiments le plus souvent arrimées  à la » Belle Rencontre ».

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Brune Sapin nous présente son ouvrage "Il a beau pleuvoir, le soleil n'est jamais mouillé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Biographie

 

Je suis née le 29 avril 1989, j’ai donc tout bientôt 28 ans.

Mes premières histoires datent de mon enfance et de mes jeux avec mes cinq frères et sœurs, et mes premiers écrits… Depuis que je sais écrire !

Je signe chez Chloé des Lys mon premier roman aboutissant à une publication et il en résulte des pétillements de joie !

Aucune critique n’atteindra le sentiment que je ressens à réaliser l’un de mes rêves de petite fille !

Je suis encore étudiante en lettres à l’université mais si tout va bien cela devrait être ma dernière année. Je me destine à travailler en tant que bibliothécaire et animatrice d’ateliers d’écriture dans une médiathèque mais le monde du travail est très certainement plus compliqué que l’univers de la faculté. Advienne que pourra !

En attendant je vais continuer à écrire, je l’espère en m’améliorant toujours, grâce à l’expérience du vécu, de plus en plus riche en rencontres et en amour.

Tout commence ou recommence ! Et tout continuera à recommencer !

 

 

 

En guise d’Avertissement :

Il a beau pleuvoir, le soleil n’est jamais mouillé

 

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Polissez-le sans cesse, et le repolissez,

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

(Boileau, L’Art poétique, 1674)

            Il avait bien raison le grand Classique. On jette comme ça des idées sur une page, et à force de les relire on les supprime quasiment toutes pour en réécrire les grandes lignes voire parfois les lignes parallèles.

            Je voudrais vous présenter mon petit livre, mais je ne sais ni par où commencer ni qu’en dire. Ce qui est sûr c’est que je l’ai écrit, soyez rassurés. Mais de là à en parler il y a un sacré vol à l’étalage qui vire au tour de l’univers en vitesse lumière.

            Il me semble cependant pour l’anecdote, que sur l’enveloppe dans laquelle se trouvait mon manuscrit (premier jet) lorsque Chloé des Lys l’a reçue, j’avais inscrit ceci :

Les sots lisent un livre, et ne l’entendent point ; les esprits médiocres croient l’entendre parfaitement ; les grands esprits ne l’entendent quelquefois pas tout entier : ils trouvent obscur ce qui est obscur, comme ils trouvent clair ce qui est clair ; les beaux esprits veulent trouver obscur ce qui ne l’est point, et ne pas entendre ce qui est fort intelligible.

(La Bruyère, Les Caractères, Des ouvrages de l’esprit, 1696)

            C’était prétentieux.

            Et d’ailleurs la version finale de ce manuscrit en question soit le bouquin dont je vous parle n’a pas grand-chose à voir avec ce qui se trouvait dans l’enveloppe.

            Bref, je cherche une définition : c’est une sorte de livre excentrique, mais tel que l’entendait Nodier et non pas l’interprétation ironique et/ou parodique qu’en a fait Daniel Sangsue en 1988 (J’entends ici par un livre excentrique un livre qui est fait hors de toutes les règles communes de la composition et du style, et dont il est impossible ou très difficile de deviner le but, quand il est arrivé par hasard que l’auteur eût un but en l’écrivant. (Bibliographie des Fous de Quelques Livres Excentriques, Charles Nodier, 1835)

Ensuite et bien c’est une histoire, celle d’une petite fille, qui fugue bien évidemment, et d’autres personnages plus ou moins importants… Mais l’ensemble est un sacré trompe-l’œil en fin de compte, si l’on admet comme Aragon que l’imagination n’inventant pas des choses réelles, ces dernières sont menties : L’extraordinaire du roman, c’est que pour comprendre le réel objectif, il invente d’inventer. Ce qui est menti dans le roman libère l’écrivain, lui permet de montrer le réel dans sa nudité. Ce qui est menti dans le roman sert de substratum à la vérité. (Aragon, C’est là que tout a commencé…, 1965). Cependant, le monde de l’imaginaire apparaît paradoxalement chez Lacan comme intrinsèque au moi, avec celui du symbolique et celui du réel… Aussi je vous laisse vous y retrouver.

Et puis je dois tout de suite vous avertir que mon livre n’est pas tout à fait un roman. En fouinant un peu dans l’histoire littéraire je dirais qu’il se rapproche de l’antiroman (vous savez, Charles Sorel, 1633, Le Berger Extravagant ; Jean-Paul Sartre dans son introduction au Portrait d’un inconnu de Nathalie Sarraute, 1948 ; critique de la vague du nouveau roman français dans les années 1940, 50,60 ; et pour ceux que cela intéresse : un article d’Aron Kibédi Varga dans Littérature en 1982 (n°48, Texte contre-texte) : Le roman est un anti-roman : http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1982_num_48_4_2174 ).

            Mais pour finir de brouiller les pistes (dans mon esprit qui cherche à vous présenter concrètement quelque chose d’acté et diable ! de publié),  ultime citation tirée d’un livre incroyable que je vous recommande en passant : Tout se passerait donc comme si, les genres s’étant dissipés, la littérature s’affirmait seule, brillait seule dans la clarté mystérieuse qu’elle propage et que chaque création littéraire lui renvoie en la multipliant – comme s’il y avait donc une essence de la littérature. Mais, précisément, l’essence de la littérature, c’est d’échapper à toute détermination essentielle, à toute affirmation qui la stabilise ou même la réalise : elle n’est jamais déjà là, elle est toujours à retrouver ou à réinventer.  Il n’est même jamais sûr que le mot de littérature ou le mot art réponde à rien de réel, rien de possible ou rien d’importance. (Maurice Blanchot, Le livre à venir, 1959)

Vous l’avez compris maintenant, il vous faut donc lire ce récit de fiction qui n’est ni un roman, ni un livre excentrique, ni tout à fait un antiroman, en souriant et en ne cherchant surtout pas à le cataloguer car il est brut et brutal, sorti de nulle part et encore en recherche. De plus, ce sourire qui ne vous quittera plus, participera de votre indulgence par-rapport aux coquilles s’il en reste malgré mes relectures et corrections (honte à l’auteur : moi) mais également à accepter dans votre grande mansuétude une faute grammaticale que je revendique bien qu’elle paraisse indubitablement condamnable : c’est fatiguant. L’adjectif qualificatif comme son nom l’indique serait attendu là pour qualifier la situation, et de plus seul lui (en tant que défini et définissable, sinon d’autres mots peuvent remplir cette fonction syntaxique) peut être placé en attribut du sujet. Or la grammaire moderne est beaucoup moins rigoureuse que celle que j’ai apprise dans ma lointaine jeunesse, et parle uniquement de différences sémantiques entre le participe présent, l’adjectif verbal et le gérondif (les trois formes en –ant) : l’adjectif verbal a une qualité durable ; le participe présent et le gérondif indiquent tous deux avec plus de puissance l’aspect d’inaccompli, d’action passagère, de procès en cours de réalisation. (A. Mela, Université Paul Valéry, Trame de cours, Prépa à l’entrée à l’IUFM) L’immensité de la fatigue en train d’être ressentie par le sujet présent à la situation donnée m’a donc induite en erreur vers le participe présent, et je m’en excuse pour ceux que cela choquerait, bien que le propre, aussi, de ce récit, soit son imperfection, de par son statut de premier (douteux brouillon et naïf qui plus est ?), d’où votre sourire amusé.

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus !

 

Un livre. Une aventure. Quant à moi je m’éclipse…

 

12 Mars 2017

Brune Sapin

 

Extraits d’Il a beau pleuvoir le soleil n’est jamais mouillé, Brune Sapin

 

« Oui Billy savait tout, ils discutaient beaucoup, et elle allait retrouver Billy quoiqu’il lui coûte, parce que maintenant elle ne pouvait plus vivre sans lui et personne jamais ne pourrait les séparer. » (p.73)

« Tout le monde a des hauts et des bas, tout le monde est à la fois une petite fille et une jeune femme, tout le monde le comprendra. Oui cette histoire doit devenir un livre et elle le deviendra. » (p.124)

 

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