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CLAUDE COLSON parle de "Taches d'encre" de Martine Dillies-Snaet

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG Taches d'encre a occupé une partie de mon retour en train de Bondues car je n'ai pu terminer qu'ultérieurement. On y rencontre une âme et rien n'indiffère. Pour quelques poèmes , j'ai dû les relire plusieurs fois : sens riche.

Je reviens aujourd’hui sur un aspect particulier de cet univers poétique : sa manière de mettre en scène l’homme et spécialement l’homme dans l’amour, cette tentative de Martine pour cerner l’éternel mystère de l’altérité.


D’abord elle note que l’homme devient homme par une femme (« Apaisement »), puis – avec justesse – que l’amour fou de l’homme engendre chez lui le désir d’enfant avec la femme aimée (« Bâtir une vie »). Elle croit par ailleurs déceler chez lui la profondeur du manque, qui n’a d’égale que le sien (« Etouffer »).
Tiens, les deux amants auraient-ils quelque chose en commun ? Petite victoire sur la condamnation à être deux, deux différents, comme nous le dit le mythe d’Aristophane.


Surtout, dans beaucoup de poèmes l’auteur insiste sur la quasi impossibilité pour l’homme de formuler l’amour (« Je n’avais pas oublié » « La cadence » « OGM d’ADN »…), l’homme, ce taiseux des sentiments dont on ne peut saisir (pour le comprendre ?) que quelques expressions : voir [ses] yeux [le] troubler

(« Oser »), [le] sentir vibrer » (« Pour toi »).

http://users.skynet.be/TheDillies/tache.jpg
Martine discerne, au-delà des mots ce que peut ressentir un homme qui jamais ne pourra posséder une femme totalement, cette difficulté à admettre l’altérité de l’autre (« Lettre au père…. »). La compréhension passe donc par le corps seul, quand [les] corps se mettent en prière » (« Pour toi »), quand les yeux [de l’homme] se noient dans la tempête de vaques de [l’] ivresse [d’elle] (« Tes yeux couleur émeraude »).
L’homme, fragile, avec sa nécessité du rêve, à vivre comme à donner à vivre « Tenue de lumière »).
L’homme enfin qui, lui, a toujours besoin d’être rassuré par des mots (« Je veux que vous m’écriviez »), toujours inquiet de savoir où elle est, qui elle voit (« Cette histoire-là »).

Beaucoup d’amour dans cet effort de compréhension de la part de l’auteur, beaucoup d’émotions passant dans cette langue. N’est-ce pas l’essence, le but de la poésie ?

Claude Colson


http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


 


Publié dans Fiche de lecture

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CLAUDE COLSON a commenté "Une belle époque!"

Publié le par aloys.over-blog.com

 http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG« J'ai beaucoup aimé ce livre : ma recension    
 
  KATE MILIE "Une belle époque" 
  
 Je viens de terminer cette lecture et je dois dire que je suis bluffé.    
  Si le début s’enclenche par des conversations d’internautes parfois assez futiles ou convenue    
  – c’est aussi l’un des sujets du roman – assez vite l’histoire prend corps    
  et je me suis trouvé acharné à poursuivre.    
  Il faut absolument lire ce texte linéairement en suivant l’ordre des pages.     
 Vous y découvrirez, si vous êtes féru (e) d’histoire une mine d’informations sur la Belle Époque ,     
 très documentées, vous serez peu à peu fasciné (e) par les péripéties romanesques    
  les plus inattendues, par l'écriture d'un roman en live, par l’intrication du présent et du passé,    
  du virtuel et du réel et vous irez de surprises en surprises,    
  bercé(e)s par une langue recherchée et maîtrisée.    
  Si c’est bien un premier roman,http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/Belle-Epoque-cover-.jpg    
  je pense que cette entrée en littérature    
 (au moins publiée) sera remarquée.    
 
 Pour moi ce n’est pas loin d’être un coup de maître    
  dans l’originalité du sujet, la conception   
  de l’intrigue ainsi que sa mise en œuvre.   
 
  Un mot : bravo ! »   
 
 Claude Colson  
 http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr 
 

Publié dans Fiche de lecture

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"Le pot de terre", un texte signé Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

LE POT DE TERRE

 

"J'ai gagné !"

Je n'en crois pas mes oreilles quand j'entends ces mots ! Lui le petit, lui le faible, il a gagné ? C'est qu'un pot de terre est rarement gagnant ! "

Allez, raconte-moi, lui dis-je…"

"Eh bien voilà… Tu sais que j'ai été fabriqué par Jérémie, un vieil artisan africain. Il faut dire que la terre de son pays est bonne pour nous, les pots de terre. Jérémie s'y connaît comme pas un pour fabriquer des pots solides et en plus, il les décore de mille et un motifs. Nous sommes donc beaux et comme toutes les belles choses, on fait attention à nous, ce qui nous garantit une longue vie."

Il continue : "En Afrique, nous sommes soumis à bien des aléas. Si la chaleur ne nous fait pas peur, sauf quand Jérémie nous fait cuire, nos ennemis sont les cailloux de la rivière qui nous menacent chaque fois que quelqu'un vient puiser de l'eau en nous utilisant. Les animaux aussi font peu attention à nous, les pots. Quel chien peut se vanter de n'avoir jamais cassé ou, suprême insulte, de n'avoir jamais levé la patte sur l'un d'entre nous ?"

Il est intarissable le pot de terre : "Moi, j'ai eu de la chance. Je suis arrivé chez Caroline par la grâce d'un voyage de vacances. Dès qu'elle m'a vu, elle m'a voulu, elle m'a payé à Jérémie et me voilà en Belgique, un pays de cocagne pour les pots ! Dès mon arrivée chez elle, j'ai été chouchouté, nettoyé, dépoussiéré et mis dans une vitrine. Une vraie vie de star !"

"De temps en temps, on ouvrait la vitrine et une main délicate me prenait pour que l'on puisse m'admirer de tout près ! Quand un visiteur arrivait avec des fleurs, Caroline me prenait comme vase et crois-moi, un bouquet, ça change la vie d'un pot !"

Je l'ai encouragé à continuer.

"Or donc, il y a quelques jours, Caroline fêtait ses quarante ans et elle a reçu un immense bouquet bien trop grand pour moi seul. J'ai donc dû partager les fleurs avec à mes côtés un pot en étain. Un jeune pot, mince et élancé. Il n'a pas tenu le coup longtemps le gamin ! Une tulipe qui s'est penchée vers moi pour m'admirer l'a fait tomber. Adieu le pot en étain, intact certes mais déclaré inapte au service et désormais relégué dans le fond d'une armoire !"

Le pot de terre a continué son histoire en me demandant : "Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?"

J'ai bredouillé n'importe quoi mais en moi-même je me suis inquiété de mon sort futur, moi le pot de fer !

 

Louis Delville

Publié dans Nouvelle

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