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CLAUDE COLSON : Réflexions tout à trac

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG  Réflexions tout à trac*

Chapitre 3

Au début était la naissance, réflexions au fil de la plume

La mémoire de son corps se souvient. Ce soir-là il se voit, tout bébé, à la naissance ; son petit visage un peu fripé sortant du sexe de sa mère. Il cligne de ses yeux à peine ouverts, à la lumière du monde. Première agression. La sage-femme, habile, l’aide à passer les épaules. Sa mère pousse une dernière fois et, dans un long glissement, le voilà sorti, né, au monde !


Pour lui tout est à faire. Durant le temps qui lui sera imparti avant son retour au néant.


C’est la règle : on ne naît pas, on est mis au monde.


À nous de nous en accommoder. L’allemand, très précis, dit d’ailleurs, pour notre « je suis né », « j’ai été mis au monde ». Merveilleux usage de la voix passive. Au nouveau né de gérer ensuite et ce qu’il subit et ce qu’il fait. De maintenir la balance. Mais même l’action, l’actif, sont conditionnés par notre environnement. Nos choix sont, par essence, limités.


Et, puisqu’on ne naît pas, retenons de la « naissance » - phonétiquement – surtout le « sens ». À nous de le rencontrer : qu’il nous soit donné d’emblée, que nous ayons à le rechercher, voire à la construire. C’est l’objet de toute vie. Certains arrivent au but, d’autres restent dans la quête.


L’homme n’a rien demandé, rien choisi au départ. Il fait face.Du mieux qu’il peut. Jamais il ne saura le réel pourquoi de cet événement, de cet avatar qu’est sa vie. Rationnellement il ne saura même pas s’il y a un pourquoi. C’est la foi qui sauve (Luther). Le chemin se fait, paraît-il, en marchant : varié, heureux et/ou moins.


Et dans ce dernier cas rappelons-nous Dickens : Accroche ta douleur à ton dos, elle te portera loin.

 


(À suivre…)

 

Claude Colson

http://fr.creativecommons.org/images/cdr_bouton.gif*

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre29492.html#page_3

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/

 

Retrouvez Claude Colson le 14 juin pour le chapitre 4 de ses Réflexions tout à trac...

Publié dans Textes

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KATE MILIE commente "C'est quoi ton stage?" de Sophie Vuillemin

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/KM-3.JPGC’est quoi ton stage ?   Sophie Vuillemin

 

 

Pierre, 14 ans, doit se trouver un stage. Pierre, ado bien de son époque, laisse le temps filer. « Ouf, » sa maman prend la situation en mains. Mais… quoi… elle l’envoie dans une maison de RETRAITE ?!

 

Pierre est épouvanté : « J’Y CONNAIS RIEN EN VIEUX, MOI ! ».

 

« L’accompagnement des personnes âgées et leur place dans la société est un défi que votre génération devra relever et… ».

 

On sourit énormément en lisant ce roman et on les tourne à la hâte ces jolies pages toutes plus vraies que vraies... Quiconque a eu de près ou de loin une  expérience "avec" les maisons de retraite en revit des événements ! Et il s'en passe des choses !  De Madame Lévery : « Connaîtriez-vous, jeune homme, un moyen de joindre Londres clandestinement ? » à la terrible partie de pétanque : « Méfiez-vous de Monsieur Saint Léonard. J’ai joué au scrabble contre lui : il triche facilement » en passant par l’épisode du joint : « J’observe la vieille dame allumer le joint d’un geste assuré. Elle se tourne vers moi : Tu veux essayer ? », Pierre en vivra des péripéties ! D’accord, il se rendra tous les jours au « 14, rue des Plantes » avec les pieds de plomb, mais peu à peu il réfléchira sur ces ascenseurs qui se ferment si lentement qu’on croit qu’ils vont tomber en panne… et bien plus encore…

 

Elle est subtile Sophie Vuillemin. Jamais moralisatrice. Elle nous raconte une histoire toute simple avec un humour fou. Mais ce qu’elle en fait passer des messages. Sans s'appesantir, elle nous offre en filigrane une réflexion très pertinente sur la place des uns et des autres dans notre société.

 

Et si elle a choisi l'humour (omniprésent de la première à la dernière page) le ton est fort, très fort : «J’appartiens à une tribu dont les adultes ignorent les lois et qui s’interroge sur leur foi mais qui, d’ici quelques années, mènera le monde».http://idata.over-blog.com/2/75/00/26/scan-couv.jpg

 

« C’est quoi ton stage » est un premier roman très réussi et bien écrit. A mettre absolument entre toutes les mains. 

 

Ce livre devrait faire le bonheur des enseignants en quête d’outils ludiques pour travailler sur la thématique de l’intergénérationnel.

 

Et puis… : « (…) Elle avait mon âge (…) Nous avons échangé un sourire et j’ai constaté qu’elle avait le même sac à dos que moi. Si ce n’est que sien était rose. Couleur fille. Qu’allait-elle faire dans ma maison de retraite ? Punie, elle aussi ? ». Bon, je ne vais pas tout vous raconter. Il faut le lire ce livre.

 

 

Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/

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*M*C: je vis dans un monde de paradoxe

Publié le par aloys.over-blog.com

4-up-on-2010-04-02-at-18.59.jpg"Ma méthode d’écriture n’est pas vraiment une méthode, ce n’est en rien quelque chose de difficile.


J’écris pour ressortir mes sentiments et mes émotions.


J’écris ce qui arrive dans ma tête et qui descend alors jusque dans mes doigts.


Parfois ce n’est qu’à la fin de mon texte que je me rend compte de ce que j’ai écrit. C’est un peu comme si je ne le contrôlais pas, comme si mon “atout” le faisait pour moi.


Quand j’écris, je ne réfléchis pas, mes mains écrivent ce que mes pensées lui disent, ce n’est même pas moi qui commande!


Les idées qui s’en déploient sont souvent liées à des événements de ma vie. Presque chaque texte parle d’une personne en particulier que j’ai un jour rencontrée dans ma vie, et la plupart du temps, ce n’était pas une si bonne rencontre que ça. Comme dit Vincent Engel, auteur belge, prof à l’IHECS et à l’UCL, “les heureux n’intéressent personne”: c’est pourquoi le malheur est toujours une source d’histoire.Je-t-aime-je-te-hais-couverture.jpg

 

J’écris rarement pour m’adresser au lecteur. Je considère ça plutôt comme un défouloir. Je n’aime d’ailleurs pas quand les gens me lisent ou me disent leur avis.


Pourtant, si j’écris, c’est pour être lue.


Je vis dans un monde de paradoxe.


J’écris surtout pour moi même en pensant à la personne concernée, comme si je lui écrivais en quelque sorte, mais la plupart des personnes concernées ne lisent jamais ce que j’écris sur eux, et c’est pas plus mal.


Certains textes sont en anglais car j’ai vécu un an aux Etats Unis, à Seattle. Depuis, j’ai mon cerveau qui est divisé entre le français et l’anglais et comme je ne contrôle pas ce que j’écris….la langue non plus. Au début, j’écrivais même moitié français/moitié anglais.


Je suis quelqu’un qui a un atout mais qui n’a jamais appris à s’en servir ni à le contrôler: alors, voilà le résultat!"

 

*M*C

http://pleinelunenuit.canalblog.com/

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Publié dans Réflexions

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KATE MILIE parle de RUE BARAKA de Carine-Laure DESGUIN

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/KM-3.JPGElle s’appelle Carine-Laure Desguin. Elle est peut-être une petite nouvelle dans le monde des Lettres, mais son arrivée n’est pas du tout passée inaperçue.

 

Via son blog, elle s’est présentée sans détour : « Bien sûr que j’écris sur le quai de la gare… Je suis assise sur ma valise, voilà tout ! Et j’écris… ». Elle n’a pas cessé de nous interpeller : « Chers amis, qu'avez-vous fait de vos rencontres d'hier, qu'avez-vous fait de vos rencontres de tout à l'heure ? Le hasard, pour vous, qui est-il ? D'où vient-il ? ». Passage 2009-2010 : « Ecrivez aussi vos désirs secrets, ceux accrochés à vos soupirs et pensez-y le plus souvent possible. Et, qui sait....une baguette magique pourrait vous exaucer ! Pourquoi pas ? Tout est possible ! »

http://carinelauredesguin.over-blog.com

 

Son bouquin « Rue Baraka » vient de paraître. 82 pages. Qu’a-t-elle écrit Carine-laure, un court roman, une longue nouvelle ? Je ne sais pas. J’ai envie de répondre un récit initiatique, à moins que ce ne soit un conte philosophique ? Ou un livre de vie ? Ou tout à la fois ?

 

Elle nous offre une histoire qui débute par une rencontre. Une ville, une rue, un matin de marché, un jeune homme à côté de ses pompes, perdu dans ses mornes pensées heurte un vieil homme transportant une grande caisse. Tarek, désabusé, revenu de tout, propose son aide. Tiens, lui qui quelques pages plus loin, va clamer haut et fort « Aimer la vie, vous êtes fort vous, la vie ne m’a rien donné à moi ! » aurait-il décidé soudainement d’écouter « sa boussole intérieure » ? Et le voilà pénétrant l’univers du vieux peintre. Par les mystères d’une pièce très lumineuse, les évocations d’un passé fascinant, Paris, Montmartre, les artistes à la vie tumultueuse, Tarek va partir à la rencontre de ses émotions et de son Moi profond. Bien-sûr, Clara, la compagne du peintre, Clara rencontrée à Pigalle, Clara restée « typée Pigalle », Clara et son fameux repas sera aussi pour quelque chose dans le grand bouleversement qui va s’opérer en quelques heures dans la vie du jeune homme.http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/image-1.jpg

 

La création, l’art, la joie de vivre, la générosité, la pensée positive sont omniprésents dans ce récit qui se dévore d’une traite. Des moments d’arrêt ne sont pas à négliger car Rue Baraka invite à la réflexion et à une plongée au plus profond de soi. Carine-Laure Desguin nous a fait cadeau d’une bien belle histoire. On sort de son livre joyeux et confiant. L’auteure qui est infirmière, donc confrontée tous les jours aux limites humaines et à la finitude, nous montre qu’il y a beaucoup plus de « possibles » dans nos vies qu’on ne le pense…

Mais laissons le mot de la fin à Tarek : « Son cœur est rempli de mercis envers ce couple amoureux de la vie, déridé de tout préjugé (…) IL a abandonné cet air résigné de quelqu’un qui accomplit les gestes par obligation, il échafaude des projets ».

 

Une note de lecture de Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/

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Retour à... Poème de Claude Colson

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG

Retour à ...

 

 

 

Au dernier jour de mai
Un soleil de juin, un peu pâle,
Éclabousse, arrogant, de ses rais
Le reste de nature minéral
Bordant la voie-métal.

Çà et là des plages herbues
Dénoncent la civilisation incongrue
Qui peu à peu presque tout a emporté,
Jusqu'aux trésors de l'âme et la fraternité.

Paris approche et voici que déjà
Le train s'est engouffré dans les tunnels d'en bas.
Sous terre il tâche de dissimuler cette misère
Aux hommes consentants, de l'humain abdiquant.

Mais bientôt avec l'été ils retrouveront,
Espérons-le pour eux, l'union primitive,
Le Beau, le Sens, l'harmonie non rétive,
L'insertion de leur être dans un monde moins factice,
Quelque cirque montagneux, des hauteurs plus propices,
La douceur des bleus, des verts ou des gris
D'une nature accueillante et encore infinie.

 

Claude Colson

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


Publié dans Poésie

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KATE MILIE commente "Changements" de Laurent Dumortier

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/KM-3.JPGJ’ai lu  « Changements » de Laurent Dumortier et j’ai aimé.

 

La cover : Un joli cadre doré, des pommes, une grappe de raisin, des fleurs, un vase ancien, une nappe brodée… Bref, cette nature morte pourrait suggérer un univers bien tranquille… Mais… Vous aurez certainement remarqué ces traces de sang dégoulinant sur la jolie nappe…. 

4ème de cover : « Un grain de sable qui vient se nicher dans les rouages d’un quotidien banal et tout bascule, tout change…»

 

Alors, on l’ouvre ce livre ? 97 pages. 30 textes très, très courts (la plupart font deux pages).

 

Et c’est parti….

C’est comme aux montagnes russes, il faut s’accrocher… Le rythme est rapide… A peine est-on entré dans une histoire, pardon, à peine est-on happé dans un drôle de monde, qu’on en sort projeté dans un deuxième (pire que le précédent), et comme on n’en revient pas de ce qu’on a lu… On en redemande… Oui, même moi qui ne suis pourtant pas très branchée « fantastique », j’ai tout lu, fascinée. Et il y a pour tous les goûts ! Une croisière qui s’avérait une aubaine « Moi qui, habituellement n’avait jamais rien gagné d’intéressant… » se transforme en cauchemar. Le Temple de Necta situé dans le désert égyptien devait être un classique lieu de fouilles archéologiques… « Cependant, le secret du temple était autrement plus important que ce que le vieux savant supposait… ». Le Mandrill met en scène une banale histoire de recherche d’emploi, un paisible jeune homme se retrouve confronté à un homme influent et voilà qu’une malédiction africaine surgit. Dans une maison de repos, pendant que les pensionnaires écoutent du sirtaki, une vieille dame utilise le peu de liberté qui lui reste pour…

      http://blogsimages.skynet.be/images_v2/002/539/683/20100413/dyn003_original_859_603_pjpeg_2539683_33a9fd198c436d032eac91a61d73ab45.jpg

Je ne parle pas du Peintre, trop terrifiant pour l’âme sensible que je suis. Ne comptez pas sur moi pour décrire l’homme sans visage. Allez, je veux bien évoquer le Train, un petit cadeau, la phrase finale : « Aucun des voyageurs n’était en mesure de dire vers quelle destination nous roulions et encore moins d’affirmer qui était aux commandes du train… ».

 

Ce petit bouquin surprenant (et ses très courtes histoires bien ficelées) amène à une réflexion sur l’écriture. En deux mots, tout est dit. Pas besoin de descriptions. La concision apporte un rythme très dense. Je sors de cette lecture interpellée...

 

Une note de lecture de Kate Milie

http://kate-milie.skynetblogs.be/





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CLAUDE COLSON parle de "Taches d'encre" de Martine Dillies-Snaet

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG Taches d'encre a occupé une partie de mon retour en train de Bondues car je n'ai pu terminer qu'ultérieurement. On y rencontre une âme et rien n'indiffère. Pour quelques poèmes , j'ai dû les relire plusieurs fois : sens riche.

Je reviens aujourd’hui sur un aspect particulier de cet univers poétique : sa manière de mettre en scène l’homme et spécialement l’homme dans l’amour, cette tentative de Martine pour cerner l’éternel mystère de l’altérité.


D’abord elle note que l’homme devient homme par une femme (« Apaisement »), puis – avec justesse – que l’amour fou de l’homme engendre chez lui le désir d’enfant avec la femme aimée (« Bâtir une vie »). Elle croit par ailleurs déceler chez lui la profondeur du manque, qui n’a d’égale que le sien (« Etouffer »).
Tiens, les deux amants auraient-ils quelque chose en commun ? Petite victoire sur la condamnation à être deux, deux différents, comme nous le dit le mythe d’Aristophane.


Surtout, dans beaucoup de poèmes l’auteur insiste sur la quasi impossibilité pour l’homme de formuler l’amour (« Je n’avais pas oublié » « La cadence » « OGM d’ADN »…), l’homme, ce taiseux des sentiments dont on ne peut saisir (pour le comprendre ?) que quelques expressions : voir [ses] yeux [le] troubler

(« Oser »), [le] sentir vibrer » (« Pour toi »).

http://users.skynet.be/TheDillies/tache.jpg
Martine discerne, au-delà des mots ce que peut ressentir un homme qui jamais ne pourra posséder une femme totalement, cette difficulté à admettre l’altérité de l’autre (« Lettre au père…. »). La compréhension passe donc par le corps seul, quand [les] corps se mettent en prière » (« Pour toi »), quand les yeux [de l’homme] se noient dans la tempête de vaques de [l’] ivresse [d’elle] (« Tes yeux couleur émeraude »).
L’homme, fragile, avec sa nécessité du rêve, à vivre comme à donner à vivre « Tenue de lumière »).
L’homme enfin qui, lui, a toujours besoin d’être rassuré par des mots (« Je veux que vous m’écriviez »), toujours inquiet de savoir où elle est, qui elle voit (« Cette histoire-là »).

Beaucoup d’amour dans cet effort de compréhension de la part de l’auteur, beaucoup d’émotions passant dans cette langue. N’est-ce pas l’essence, le but de la poésie ?

Claude Colson


http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr


 


Publié dans Fiche de lecture

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CLAUDE COLSON a commenté "Une belle époque!"

Publié le par aloys.over-blog.com

 http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/tete-Colson.JPG« J'ai beaucoup aimé ce livre : ma recension    
 
  KATE MILIE "Une belle époque" 
  
 Je viens de terminer cette lecture et je dois dire que je suis bluffé.    
  Si le début s’enclenche par des conversations d’internautes parfois assez futiles ou convenue    
  – c’est aussi l’un des sujets du roman – assez vite l’histoire prend corps    
  et je me suis trouvé acharné à poursuivre.    
  Il faut absolument lire ce texte linéairement en suivant l’ordre des pages.     
 Vous y découvrirez, si vous êtes féru (e) d’histoire une mine d’informations sur la Belle Époque ,     
 très documentées, vous serez peu à peu fasciné (e) par les péripéties romanesques    
  les plus inattendues, par l'écriture d'un roman en live, par l’intrication du présent et du passé,    
  du virtuel et du réel et vous irez de surprises en surprises,    
  bercé(e)s par une langue recherchée et maîtrisée.    
  Si c’est bien un premier roman,http://idata.over-blog.com/3/65/07/04/Belle-Epoque-cover-.jpg    
  je pense que cette entrée en littérature    
 (au moins publiée) sera remarquée.    
 
 Pour moi ce n’est pas loin d’être un coup de maître    
  dans l’originalité du sujet, la conception   
  de l’intrigue ainsi que sa mise en œuvre.   
 
  Un mot : bravo ! »   
 
 Claude Colson  
 http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr 
 

Publié dans Fiche de lecture

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"Le pot de terre", un texte signé Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

LE POT DE TERRE

 

"J'ai gagné !"

Je n'en crois pas mes oreilles quand j'entends ces mots ! Lui le petit, lui le faible, il a gagné ? C'est qu'un pot de terre est rarement gagnant ! "

Allez, raconte-moi, lui dis-je…"

"Eh bien voilà… Tu sais que j'ai été fabriqué par Jérémie, un vieil artisan africain. Il faut dire que la terre de son pays est bonne pour nous, les pots de terre. Jérémie s'y connaît comme pas un pour fabriquer des pots solides et en plus, il les décore de mille et un motifs. Nous sommes donc beaux et comme toutes les belles choses, on fait attention à nous, ce qui nous garantit une longue vie."

Il continue : "En Afrique, nous sommes soumis à bien des aléas. Si la chaleur ne nous fait pas peur, sauf quand Jérémie nous fait cuire, nos ennemis sont les cailloux de la rivière qui nous menacent chaque fois que quelqu'un vient puiser de l'eau en nous utilisant. Les animaux aussi font peu attention à nous, les pots. Quel chien peut se vanter de n'avoir jamais cassé ou, suprême insulte, de n'avoir jamais levé la patte sur l'un d'entre nous ?"

Il est intarissable le pot de terre : "Moi, j'ai eu de la chance. Je suis arrivé chez Caroline par la grâce d'un voyage de vacances. Dès qu'elle m'a vu, elle m'a voulu, elle m'a payé à Jérémie et me voilà en Belgique, un pays de cocagne pour les pots ! Dès mon arrivée chez elle, j'ai été chouchouté, nettoyé, dépoussiéré et mis dans une vitrine. Une vraie vie de star !"

"De temps en temps, on ouvrait la vitrine et une main délicate me prenait pour que l'on puisse m'admirer de tout près ! Quand un visiteur arrivait avec des fleurs, Caroline me prenait comme vase et crois-moi, un bouquet, ça change la vie d'un pot !"

Je l'ai encouragé à continuer.

"Or donc, il y a quelques jours, Caroline fêtait ses quarante ans et elle a reçu un immense bouquet bien trop grand pour moi seul. J'ai donc dû partager les fleurs avec à mes côtés un pot en étain. Un jeune pot, mince et élancé. Il n'a pas tenu le coup longtemps le gamin ! Une tulipe qui s'est penchée vers moi pour m'admirer l'a fait tomber. Adieu le pot en étain, intact certes mais déclaré inapte au service et désormais relégué dans le fond d'une armoire !"

Le pot de terre a continué son histoire en me demandant : "Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?"

J'ai bredouillé n'importe quoi mais en moi-même je me suis inquiété de mon sort futur, moi le pot de fer !

 

Louis Delville

Publié dans Nouvelle

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