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160 articles avec concours

Texte 3 Concours texte photo - Vote sur ce post jusqu'au 05/12 18h. Résultats à 20h

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Vendredi 5 août 2016… Nous avons rendez-vous sur la place du village, avec le propriétaire de la cabane que nous avions louée à Saint-Charles-Garnier, pour deux nuits. Nous le suivons, avec notre voiture de location, au travers de chemins perdus au milieu de nulle part, direction le Camp « L’Evasion ». Situé en pleine forêt, dans le bas Saint-Laurent, il avait particulièrement attiré notre attention, pour son côté ancien, rudimentaire et authentique. Ici règne le « pas de » : pas de voisins, pas de wifi, pas d’eau chaude, pas d’électricité ; c’est un voyage dans le temps, loin du stress quotidien de nos villes… Régis nous fait visiter la cabane en bois, à l’image parfaite de la chanson de Line Renaud.


 

Il nous explique comment chauffer l’eau, allumer les lampes à gaz, nous montre les bougies, les érables, sa cabane où il fabrique lui-même son sirop, nous emmène faire un tour dans la forêt, où vivent buses, chouettes rayées, coyotes, orignaux, lynx et ours noirs. Il cite les divers animaux sur les photos qu’il a prises, en été comme en hiver, nous laissant sous le charme de l’endroit et des saisons. Après cet accueil plus que chaleureux, il nous laisse savourer ce lieu magique, tout droit sorti d’une autre époque, qui déjà nous appartient.


 

Nous nous installons. Je sais d’emblée que je vais m’y plaire. Je m’y sens tout de suite chez moi. Voilà un endroit rêvé pour une retraite, un temps de méditation, un atelier d’écriture, un rendez-vous avec la nature, avec l’être aimé, un retour en arrière dans le temps, qui semble ici et nulle part ailleurs s’être arrêté, et c’est bien ce qui me plait.


 

Sur la table, une bougie, une boussole, un livre ouvert, un titre en calligraphie « Un Billet de Femme ». Je reconnais tout de suite l’auteur : Marceline Desbordes-Valmore, un de mes préférés en poésie. Le recueil « Pauvres fleurs » date de 1839. Décidément, cet endroit est fait pour me plaire…


 

Je m’attarde sur les dernières strophes de ce poème, que voici :


 

« De ces tableaux dont la raison soupire,

Otons nos yeux,

Comme l’enfant qui s’oublie et respire,

La vue aux cieux !


 

Si c’est ainsi qu’une seconde vie

Peut se rouvrir,

Pour s’écouler sous une autre asservie,

Sans trop souffrir,

Par ce billet, parole de mon âme,

Qui va vers toi,

Ce soir, où veille et te rêve une femme,

Viens et prends-moi ! »

Une étrange sensation me traverse au moment où je lis ces vers, comme si elle avait laissé, en écrivant, un message que je déchiffrais aussitôt : j’étais là pour profiter de l’ici et maintenant, de la beauté qui m’entourait, de l’amour qui s’offrait à moi, et rien d’autre. Voilà ce qui me permettrait de revivre.


 

La boussole m’intrigue, elle aussi, car elle a quelque chose de particulier, les signes du zodiaque… Est-ce là aussi un signe, un guide pour m’aider à avancer sur le sentier de mon existence…? Que cela pourrait-il signifier ? Voyons… L’astrologie m’aide à définir la carte, la carte de mon ciel de naissance (« la vue aux cieux »), donc mon thème astral… Le signe astrologique est la boussole du navire de mon existence.

Lion : Né entre le 23 juillet et le 23 août, la chaleur de l'été est perceptible chez le Lion. Les personnes nées sous le signe du Lion sont volontaires, passionnées et dynamiques. Pour agir et avancer dans leurs vies, les Lions auront besoin de se donner des objectifs très rigoureux. Éternels pressés, leur rythme de vie est intense et il leur sera difficile de ne pas se faire remarquer ! De nature curieuse, ils possèdent une grande soif d’apprendre.


 

C’est décidément le plus beau voyage que je n’aie jamais fait. Quatrième jour de notre circuit en Gaspésie : les paysages défilent sous mes yeux, tandis que d’autres espaces s’ouvrent à moi, dans mon ciel intérieur… C’est un voyage à double sens, un voyage spatio-temporel, où tout s’éclaircit aux lueurs de la bougie. Ici, on savoure l’instant, alors je savoure : je me délecte de chaque seconde, comme un enfant qui découvre la vie. « Comme l’enfant qui s’oublie et respire », je pars explorer la forêt, à l’aube, à l’affût des moindres bruits, découvertes, sensations, tous mes sens en éveil ; seule avec la nature, les oiseaux, j’écoute leur chant, qui résonne et fait écho dans l’immensité du ciel. Je m’en imprègne. Je ne sais même plus pourquoi je suis venue, mais qu’importe si je ne trouve pas l’orignal que je cherche, je suis là, toute petite, infime, parmi ces arbres gigantesques, parmi cette immensité. Quelle beauté… Une ombre s’agite, un écureuil me laisse à peine le temps de l’apercevoir qu’il s’est déjà éclipsé. Je rentre, après une heure, préparer les toasts à l’ancienne, car ici, le grille-pain n’existe pas encore, je prépare les framboises que j’ai cueillies, chauffe l’eau sur le gaz pour le thé.

Quelques mois plus tard, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant le nouvel album de Pascal Obispo « Billet de femme », au Zénith à Lille, album reprenant des poèmes de Marceline Desbordes-Valmore…

 

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Texte 2 Concours texte sur photo

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Un vieux sage

 

Mon esprit vacille,

La vision n’est plus claire.

Dans le sablier de l’âge

Ne reste plus que de la poussière.

Entre les rouages de mon corps

Crissent des grains de moments.

 

La flamme faiblit et le froid me mord.

Mon ombre tressaute et toussote,

Discrètement par respect

Du silence.

J’ai cherché, j’ai fouillé,

J’ai usé de ma science.

Seul dans ma bulle

Cherchant le siège du bonheur.

Malheureux noctambule

Pourchassant un fantôme.

Dans les écrits

J’ai deviné des signes,

J’ai suivi des traces de vie.

Mais ce sacré bonheur

Siège-t-il dans quel coin du monde ?

Dans le Sud ensoleillé ?

À l’Est oriental ?

À l’Ouest rêvé ou au Nord ?

 

D’un coup,

Une pensée passe en un éclair.

Et elle pourrait s’avérer vraie.

Je n’ai jamais osé regarder…

En moi !

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Texte 1 concours : texte sur photo...

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

L’échelle à quatre marches

 

Honorin avait fait un rêve. Un homme à barbiche, un œil fermé (le gauche), lui disait d’aller au grenier chercher le coffre de son oncle défunt. Quand il se réveilla… 
Le jeune astrophysicien était le seul survivant d’une longue lignée d’alchimistes. Voici une dizaine d’années, après l’héritage de son oncle (descendant d’Altus) il avait vendu le château et le mobilier et mis le coffre en lieu sûr. « Tout ce qu’il y a dedans vaut de l’or » lui avait dit son oncle avant de s’en aller. Mais il l’avait laissé dormir sans même y jeter un regard, car pour lui l’or était ailleurs.
À quatre heures du matin il était debout. Il monta au grenier et trouva la malle, intacte après tant d’années. Impatient d’examiner le trésor, il prit pieusement les objets un par un et les rangea sur sa table de travail couverte d’une nappe fleurie, de couleur sombre. Vêtu de son peignoir raccommodé, Honorin regardait à travers ses grosses lunettes les sept objets: une chandelle (qu’il alluma aussitôt comme pour un rituel), un livre aux feuilles jaunies, brûlées et déchirées par endroit, écrit par Altus. À côté, il y avait quatre volumes (remis à neuf et entassés l’un sur l’autre) du livre Mutus libermagister dont l’auteur était le même Altus. Trois d’entre eux contenaient des dessins sans le moindre texte, tandis que le quatrième étalait le tableau des éphémérides. À la dernière page il y avait deux croquis face à face, représentant la vie et la mort. Un lutin, le pied droit posé sur la vie et le gauche, sur la mort, tenait entre ses mains un grand signe d’interrogation. Juste à côté des livres, il y avait un appareil sophistiqué, pas plus grand qu’un saladier, qu’Honorin avait trouvé entre des pailles, au fond du coffre. 
À travers la fenêtre ouverte l’éclat lunaire chassait l’obscurité de la pièce. La lumière froide de la lune et celle chaude de la chandelle s’entremêlaient silencieuses dans une danse presque mystique. Le livre, daté de 1677, était un traité d’alchimie, une sorte d’Alchemical abstracts des œuvres des plus illustres alchimistes. Quelques pages y avaient été arrachées afin d’être examinées à la chaleur de la flamme (certains mots coloriés en rouge, écrits à l’encre sympathique, en étaient les témoins) ; ensuite, elles avaient été remises à leur place, sans grand soin. Honorin sentait toutefois que l’ouvrage était plus qu’un simple livre descriptif. Ayant un don hors pair dans le déchiffrage des codes, pour lui ce fut un jeu d’enfant de voir qu’à la page 7 commençait le chapitre « L’entonnoir du temps » et que chaque page avait 14 (2x7) lignes. En examinant à la loupe la page 21, il eut une révélation : si on marquait d’un point rouge chaque septième lettre de tous les mots de plus de sept lettres et si on unissait ces points par une ligne courbe, on obtenait le portrait de son aïeul Altus, l’homme du rêve qui lui faisait un clin d’œil espiègle, voulant dire: « Voici les jouets sympas que je te donne. Seras-tu à la hauteur des mystères qui s’y cachent ? » Suivant la même logique, à la page 28 il lut le message suivant: « Le chiffre 7 ainsi que ses multiples sont sacrés. Les Pythagoriciens le nommaient “la machine de la vie” et tu apprendras pourquoi, en démêlant les cryptogrammes des volumes aux dessins. Il y a quatre marches à suivre pour accomplir le Grand Œuvre Alchimique: l’œuvre au noir sous l’œil destructeur de Saturne, l’œuvre au blanc sous l’œil purificateur de la Lune, pour obtenir l'élixir de longue vie, l’œuvre au jaune sous l’œil sublimatoire de Vénus quand la matière palpable devient invisible et enfin, l’œuvre au rouge sous l’œil du soleil ; c’est la réincarnation de l’esprit dans un nouveau corps et à un niveau supérieur de conscience.” 
Étranges coïncidences… Son nom avait 7 lettres, il était né le 7.07.1907 et dans sept jours il devait fêter ses 37 ans. À la page 77, Honorin découvrit un texte suivi d’un dessin: « Mon fils des générations futures, je te donne cet appareil que j’ai moi-même construit à la lumière de l’esprit et celle de la chandelle, après avoir accompli le Grand Œuvre. Il s’appelle Tempusvitam. Chaque naissance et chaque mort y sont codifiées. Découvre le mode d’emploi et tu sauras quand tu mourras et comment obtenir l’immortalité ». Perplexe, Honorin se gratta la barbe. « Hm… J’apprends quand je mourrai, pour découvrir par après l’immortalité... C’est absurde ! » Un seul regard lui suffit pour comprendre que le dessin reproduisait fidèlement l’appareil du coffre. Son cœur se mit à battre plus fort. Soudain, sa pensée glissa vers des questions auxquelles il n’avait jamais trouvé de réponse. « Certes, il y a trop de mathématiques dans le ciel pour que la vie soit apparue par pur hasard… » se dit-il en se dirigeant vers sa table de travail «…ou alors le hasard est un très bon mathématicien ». 
Il examina minutieusement la machine. Elle était faite de trois cylindres métalliques coaxiaux, ayant au centre une boussole à deux aiguilles, une blanche et l’autre noire. Honorin se mit à chercher ardemment le mécanisme du fonctionnement de l’engin. « Il existe nécessairement un lien entre les livres

 

et cet appareil » pensait-il « sinon ils n’auraient pas été mis ensemble ». 
Il relut attentivement le chapitre « L’entonnoir du temps » où certains paragraphes faisaient référence aux dessins du Mutus liber magister. Le premier cylindre indiquait les 12 signes du zodiaque, tandis que le deuxième montrait, en chiffres arabes et romains, le nombre d’années, de jours et d’heures de vie. Le troisième cylindre protégeait la boussole, dont l’aiguille blanche pointait vers le signe de naissance, tandis que celle noire montrait d’abord l’année, ensuite le jour et l’heure de la mort. 
Après de nombreux essais, un jour de chance, il eut enfin le code. En tournant le premier cylindre 37 fois vers la droite et le deuxième, 37 fois vers la gauche, l’appareil se mit en marche d’un mouvement silencieux. Après un certain temps il s’arrêta. L’aiguille blanche oscillait dans le septième signe, le Cancer (son signe de naissance), tandis que l’aiguille noire effleurait un par un les chiffres 37, 7 et VII. « Je vais donc mourir demain, le jour de mon anniversaire, à 7 heures ». Le rêve, l’homme à barbiche… Oui, il avait été guidé vers la boîte du grenier. Quelqu’un de là-haut (ou d’en bas) voulait le sauver à tout prix. 
Il se souvint du livre d’Altus. Il y avait quatre étapes pour réaliser le Grand Œuvre. Il se trouvait où, lui ?... Avait-il déjà parcouru l’œuvre au noir et devait-il entamer l’œuvre au blanc, celle de la purification pour obtenir l’élixir de longue vie ? Seul face à lui-même et devant une telle question… Soudain, il se rappela la phrase «…comment obtenir l’immortalité ». Il comprit que s’il voulait vivre, il fallait changer le code. Et après quelques essais infructueux, il trouva la clé. C’était comme une nouvelle naissance et il en était le maître. « Disons 107 ans. Pas mal… Ensuite on verra ». Aussitôt il se mit à tourner le premier cylindre 107 fois vers la droite et une seule fois vers la gauche. Le résultat fût étonnant. L’aiguille blanche dandinait toujours dans le signe du Cancer, tandis que l’aiguille noire tournait sans arrêt. Honorin laissa la machine virevolter un jour, deux, des mois et des années par dizaines. Constamment obsédé par les faits du ciel et beaucoup moins par ceux de la terre, il était toujours sans famille à ses 106 ans. 
La machine continuait toujours de tourbillonner au grenier, tandis qu’Honorin vieillissait comme tout un chacun. Après tout, Altus lui avait promis l’immortalité, pas la jeunesse éternelle. Il diminuait de jour en jour, sous l’œil impitoyable de Saturne. Le vieux fantôme ne faisait que trois fois par semaine le tour du jardin, en trébuchant sur sa longue barbe et ses souvenirs. Il avait renoncé à tout pour mener une vie d’ermite qui ne le satisfaisait plus. Le crépuscule de sa vie le trouvait épuisé d’isolement, sans aucun ami. Et il venait d’enterrer son dernier chien. Indubitablement, son diplôme de docteur en astrophysique, tous les livres qu’il avait écrits ainsi que sa sagesse notoire n’étaient que des amis inanimés, des amis en carton. Il se posait toujours des questions. « Et si… »

Un soir il monta au grenier vérifier si la machine roulait encore. Oui, elle tournait à vive allure comme au premier jour. Quant à lui…Triste, recroquevillé sur sa canne, il errait parmi les antiquailles, en parlant tout seul : « À quoi bon vivre dans un monde vidé de lui-même ? Certes, le monde s’est renouvelé, pas moi. Où est ma place parmi tous ces inconnus ? À quoi ça sert d’être un dieu si on n’a personne à qui dire bonjour ? Dieu lui-même s’est auto-détruit, ne supportant plus sa solitude. Bang ! Big-bang. Et il court depuis, sans arrêt, sous la couverture d’un univers qui grandit à l’infini. La Force grandiose, qui s’est dissipée voici 13,7 milliards d’années dans des infinies fractales, vit toujours comme elle peut dans ses créatures. Si même Dieu n’a pu supporter l’immortalité, alors comment pourrais-je la supporter, moi ?... »
Il était minuit moins dix. Le lendemain il devait fêter ses 107 ans. Devant la fenêtre largement ouverte, Honorin contemplait le ciel d’été sous l’œil attentif de Vénus. Sans hésiter il monta au grenier et tourna la machine 107 fois à droite et 107 fois à gauche. Tranquille, il rédigea son testament olographe, laissant la maison à un home pour enfants orphelins. Il mit les livres et l’appareil dans le vieux coffre et alla l’enterrer dans un lieu connu par lui seul. Avant de fermer le couvercle, il y glissa un flacon avec le message suivant: « vous qui trouverez ces choses bizarres, demandez-vous: à quoi sert l’immortalité ? ».

Ce n’est qu’au petit matin qu’il rentra chez lui. Le soleil rougissait déjà un ciel quelque part, comme une promesse de vie. Fatigué, il se coucha aussitôt. Il dormit longtemps. Très longtemps.

Quand il se réveilla…

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Résultat du concours sur l'imaginaire pour la super revue "les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

Texte 1 : Séverine Baaziz

Texte 2 : Nicole Graziosi

Texte 3 : Micheline Boland   => 1 vote

Texte 4 : Micheline Boland   => 5 votes

Texte 5 : Bernadette Gérard-Vroman    => 1 vote

 

La gagnante du concours est... MICHELINE BOLAND !

 

 

 

Merci à toutes les participantes ! A remarquer que tous les textes ont été écrits par des... femmes ! (Euh... Comme d'habitude, en fait !) et merci à tous les votants ! 

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Texte 5 Concours sur l'imaginaire - vote sur ce dernier post jusqu'au 23/11 18h

Publié le par christine brunet /aloys

L’imaginaire… Que d’images revêt ce mot qui, en une fraction de seconde, me renvoie au musée de l’Imagerie à Epinal, un défilé d’images en couleur, d’Epinal à Limoges, de Limoges à l’image de ces peuples que Lennon « Imagine », haies réunies. De Lennon à André Mage de Fiefmelin, ce poète baroque du 16e siècle, dont les vers suivants, soudain, me reviennent à l’esprit :

« Comme un navire en mer au fort de la tourmente,

Prêt à choquer les rocs par les vents agité,

Sitôt qu’un feu de joie a montré sa clarté,

L’air se tait, l’eau se calme, et l’orage s’absente ».


 

S’en suit une mélodie en do mineur, un air sur un rythme binaire, où un peu plus loin, le ternaire vient prendre le pas, sans pour autant ternir le tableau, bien au contraire, il l’irradie. C’est une danse d’âmes, gracieuse. Un clair obscur.

L’imaginaire, c’est cela, c’est ce qui vient agiter les vents du mental, pour m’emmener, hier dans la tourmente, aujourd’hui sur une plage avec une mer d’huile, où je m’abandonne pour m’imprégner des sons et parfums les plus subtils, que je respire au passage.

C’est ce qui, parfois, caché dans les recoins de ma mémoire, vient à surgir sans crier gare, ce côté face, l’inattendu, qui surprend, cette note qui se suspend, créant tout le suspense, celui qui vous met en haleine, ces folles pensées qui ne cherchent rien d’autre qu’un endroit pour les habiter, pour s’abriter, attirer l’attention, quitte à te mettre en otage, te faire passer pour fou, tout est permis, soyons créatifs, soyons fous, voyons, l’imaginaire n’a pas de limites ! Il dépasse l’impensable, l’incommensurable…

Ne plus s’encombrer, mais sortir l’inutile, quoi qu’il advienne et qui sait, en prenant vie sur papier, il peut devenir utile, pour l’exercice, et tant qu’à faire, le joindre à l’agréable, puisque tout est prétexte et plaisir pour écrire, pour être lu.

L’imaginaire, c’est aussi ce que je vois et que les autres ne voient pas, une fantasmagorie, une hallucination, ce qui me vient, ce que j’en fais, ce que j’ose, ces images qui errent dans un hier, un ailleurs, une capture d’écran au plus profond de moi-même, un instantané, un haïku, tout au plus.

C’est ce qui vient se poser sur ma feuille, sans chercher à comprendre pourquoi, c’est déjà là, alors laissons-le s’installer, prendre forme, c’est ici et maintenant, ne pas le retenir surtout, simplement l’accueillir, combler le vide, lui donner toute sa place, une chance, d’être en vie, d’être là, une évidence ? Un concours de circonstances…?

 

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Texte 4 Concours sur l'imaginaire

Publié le par christine brunet /aloys

L'année de mes neuf ans

Enfant de neuf ans, dans la solitude de ma chambre, je n'avais guère que les livres d'images pour échapper à l'affligeante réalité. Par passion, mes parents étaient devenus bouquinistes. Ils s'occupaient davantage de leur clientèle et de leur commerce que de moi. Ils me laissaient emprunter les albums qui me plaisaient. La mangrove et ses arbres émergeant des eaux m'attiraient tout autant que les nuages en forme de papillon qui parcouraient le ciel de la couverture d'un recueil de contes. Je vivais la vie des flocons de neige tombant sur les igloos, je devenais tour à tour le pêcheur qui tentait de capturer des sirènes ou la sorcière qui préparait une potion qui avait le pouvoir de rendre invisible.

À mon retour de l'école, sitôt mon goûter avalé, je m'évadais entre les pages. Je voyageais, je voyais des plantes magnifiques, des animaux exotiques. La vie s'écoulait ainsi au rythme des aiguilles de l'horloge et des dessins de vieux bouquins que je découvrais avec gourmandise.

Quand je suis tombée malade, j'aurais voulu que mon hépatite ne guérisse jamais. En peu de temps, ma chambre était devenue l'annexe du magasin. Papa et Maman m'apportaient régulièrement des livres enjolivés le plus souvent par des illustrations raffinées. Parmi les dessins qui m'ont marquée, il y avait un œuf d'autruche dans lequel un artiste minutieux avait aménagé une grille…Une armée de fourmis progressait vers cette providentielle ouverture afin de découvrir un intérieur extraordinaire. Étrange petit peuple auquel je m'identifiais ! Étrange intérieur garni de fleurs multicolores ! Étranges semaines où les livres étaient mes agréables compagnons.

Un jour, Maman m'annonça que les résultats de ma dernière prise de sang étaient satisfaisants et que j'allais pouvoir reprendre le chemin de l'école le lundi suivant. Maman consacra l'après-midi à faire le grand ménage dans ma chambre, emporta les ouvrages devenus inutiles et me fit faire des exercices de français et de calcul. Ce jour-là, une drôle de bestiole pénétra dans ma chambre par la fenêtre entrouverte. Elle était d'une blancheur nacrée. Je crus reconnaître en elle, une des héroïnes d'une histoire que j'avais lue. Elle se posa sur mon édredon, puis sur ma main où elle laissa une trace et repartit. La trace était comme un tatouage que Maman remarqua à son retour. Elle m'envoya à la salle de bains et j'eus beau frotter et frotter rien n'y fit. Maman me dit : "Cela sera un petit souvenir de ton hépatite."

Le lundi suivant, je rentrais à l'école. J'avais changé : durant les cours, je trouvais avec une rare facilité les réponses aux questions posées par la maîtresse et durant les récréations, je parvenais à captiver mes copines avec des histoires que j'inventais au fur et à mesure.

Souvent, je regardais la petite tache brune sur ma main et j'éprouvais un grand bien être.

À présent à chacun de mes voyages, je retrouve quelque chose du monde merveilleux découvert dans les livres l'année de mes neuf ans.

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Texte 3 Concours sur l'imaginaire

Publié le par christine brunet /aloys

MARJOLAINE


 

Dix centimètres, des petits yeux noirs brillants, une fourrure blanche comme la neige, Marjolaine est ma meilleure amie. Comme il est hors de question pour mes parents d'avoir un chien ou un chat, Marjolaine est devenue ma confidente. C'est ma grand-mère qui m'a offert cette peluche pour mes sept ans. J'ai choisi ce prénom, celui de ma copine restée dans le petit village où je suis née. Pour se rapprocher du travail de papa, nous avons déménagé en ville où la vie est tout autre qu'au village. J'allais à l'école à pied. À présent, je prends le bus.

Qui pourrait comprendre que je viens d'un univers où les récréations duraient quelquefois plus longtemps que prévu et où l'on travaillait davantage en groupes. Dans ma nouvelle école, j'ai très vite pris conscience d'être une élève différente, moins bien habillée que les autres, plus rêveuse et pas du tout au courant des jeux à la mode.

Alors j'ai décidé d'emmener Marjolaine partout : en classe, au réfectoire et même dans la salle de gym. Elle ne prend pas beaucoup de place dans mon cartable qu'il me suffit d'ouvrir pour trouver sa présence rassurante.

Dans mon école, un établissement très réputé, m'a dit Maman, l'institutrice, Madame Virginie, ne cesse de me houspiller : "Catherine gigote moins… Qu'est-ce que je viens de dire ? Regarde-moi quand je te parle…Relis tes devoirs, tu feras moins de fautes."

Marjolaine et moi, on partage le même lit, le même banc. Le soir, sous ma couette, je lui raconte tout ce que j'ai sur le cœur : que Madame Virginie est injuste lorsqu'elle déduit des points pour "écriture déplorable", que c'est le plus souvent moi qu'on pointe du doigt à la moindre peccadille, qu'on m'appelle souvent la nouvelle plutôt que de dire Catherine. Marjolaine ne répond pas, mais je sais qu'elle comprend tout ce que je lui raconte. Elle rit, oui je peux affirmer qu'elle rit, quand je suis la meilleure en calcul mental et que Madame Virginie me complimente. C'est si rare les félicitations !

Parfois, un petit coup d'œil à mon cartable et Marjolaine m'inspire la bonne réponse. Mais chut, personne ne doit le savoir !

Depuis hier, il y a une nouvelle, elle s'appelle Nadia et descend au même arrêt de bus que moi. La maîtresse m'a demandé de la mettre au courant des habitudes. Nadia m'a offert des bonbons parce que je lui ai prêté des crayons de couleur. Elle aussi a une peluche dans son cartable, elle s'appelle Émilie. Elle me l'a montrée et je lui ai montré Marjolaine. C'est notre secret

Un jour, quand Nadia sera devenue ma vraie copine, je n'aurai peut-être plus autant besoin de Marjolaine…À nous quatre, Marjolaine, Émilie, Nadia et moi, on formera une vraie équipe…

 

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Texte 2 : Concours sur l'imaginaire

Publié le par christine brunet /aloys

La lettre

 

Nul tampon sur cette enveloppe au ventre gonflé et à l’écriture inconnue. Dorine la palpe, l’observe puis ne résiste pas au désir de l’ouvrir sur le champ, là devant tous. Elle cache son émotion en découvrant sur les quelques feuillets une écriture si différente de celle de l’enveloppe. Une écriture qui, une bonne quinzaine d’années plus tôt, lui fut très familière et qui est toujours en sa mémoire, incrustée à jamais. Le « Ma chérie » aperçu subrepticement en replaçant les messages dans leur enveloppe attise sa curiosité. Elle attendra pourtant d’être seule pour en savourer la suite. « Mais d’où proviennent ces écrits puisqu’il a quitté le monde depuis plusieurs « années ? Ils sont datés de quelques jours avant sa disparition ... « Sans doute a-t-il été transporté d’urgence dans un hôpital. Il n’aura pas eu la « possibilité de me les envoyer... « Peut-être les a-t-il confiés à un ami, à celui qu’il avait chargé de me prévenir de son « décès : « Il tenait absolument à ce que je vous prévienne immédiatement, vous « étiez la femme de sa vie » ... « Nul doute que c’était là sa façon de me faire participer au dernier adieu que ni la « distance ni les conventions ne permettaient ... « Fut-il, lui, le dépositaire de ce précieux trésor ? ... « Un autre de ses amis, peut-être ? ... « Et si c’était sa femme qui les avait trouvés, ou ses fils, dans une quelconque « cachette ? ... « Emus par un si grand amour soudain révélé, dans un élan de respect ou de « tolérance, auraient-ils pu décider de remettre ces feuillets à leur destinataire ? ... De pourquoi en comment et de peut-être en sans doute, la journée de Dorine n’est que questionnements et suppositions. Son esprit virevolte entre souvenirs, désirs et espoirs. Les années ne se sont pas écoulées. Elle revit chaque instant de sa vie d’alors mais elle craint de les avoir enjolivés et peut-être un peu magnifiés avec le temps. Elle se connaît. Elle sait la force de son esprit. Voilà, enfin, le moment venu de mettre fin à son attente, à son besoin de ressusciter, de retrouver les mots du bon vieux temps, les mots qui l’ont construite, qui l’on consolée, qui l’ont fait naitre à elle-même et à la vie. Que ce retour impromptu dans la chaleur de sa vie lui fait de bien ! Ses mains tremblent. Que cette attente fut délicieuse ! «Ma chérie, je ne te mérite pas ... « Tu m’as tant apporté ... « Tu as été si patiente, ma femme adorée, ma si chère Elsa. L

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Résultats du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

Quels auteurs ont participé ?

 

Texte 1 : Natalie Colas

 

 

Texte 2 : Séverine Baaziz 

 

 

 

Un grand merci pour leur participation et leur implication ! Deux super textes, deux belles surprises !

 

 

Le texte gagnant sera inclus à la super revue élaborée pour les 20 ans de CDL... (Il n'y aura pas de revue automne-hiver). 

Les auteurs qui ont participé à l'appel à texte "Chloé a dit..." verront leur courte nouvelle insérée également dans la super revue. 

En novembre, vous pourrez voter pour le second concours organisé, celui-là, pour la super revue !

 

Et la gagnante est...

 

Séverine BAAZIZ

 

 

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Le rêve... 2e texte...

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 2

Votes sur ce post jusqu'à demain 18h !

 

Il y a des jours où je me dis que ma vie aurait été tout autre si je ne portais pas ce fichu prénom : Monique.

Enfin, il y a encore peu, tout cela m’allait très bien. Par Tout cela, entendez : mon physique ordinaire et mes journées ordinaires. Bref, une monotonie qui ne manquait pas d’un certain confort : on se lève le matin aux côtés de l’homme que l’on a épousé, on passe les heures réglementaires sur son lieu de travail, et on se couche toujours aux côtés de l’homme que l’on a épousé. Une barque sur un fleuve tranquille, sans risques ni remous.  

           Jusqu’à ce que Geneviève parte en retraite.

           Depuis plus de dix ans, nous travaillons ensemble en tant qu’employées de comptoir dans une agence de voyage. Je savais bien que l’âge de la retraite approchait, qu’elle serait donc remplacée, mais comment aurais-je pu imaginer à quel point sa remplaçante allait bouleverser mon existence ?

Priscillia.

Belle à faire pâlir n’importe quelle jolie fille. Et les autres aussi, d’ailleurs. Un regard ensorcelant, des courbes sulfureuses, et un petit timbre de voix chantant. Les hommes en poussant la porte de l’agence n’avaient d’yeux que pour elle, accompagnés ou pas de leurs dulcinées. Que j’ai pu la détester, Priscillia ! Elle était tout ce que je n’étais pas : belle, libre et aussi butineuse qu’un papillon. Elle croquait la vie et les hommes. Et puis, tout doucement, j’ai commencé à apprécier toutes ses croustillantes anecdotes confiées chaque jour, toutes ces jalousies provoquées, tout ce piquant qui rythmait sa vie et saupoudrait un peu la mienne. Enfin, plus que ma vie, mes nuits.

           En y repensant, c’est exactement à ce moment-là que j’ai commencé à me souvenir de mes rêves.

           Chaque nuit, je dois vous l’avouer, je me suis mise à chavirer dans les bras d’un inconnu, comme si les tribulations de Priscillia déteignaient sur mon subconscient. Et je dois aussi confesser que j’y ai rapidement pris goût. Au fil des nuits, les images et sensations sont devenues plus réalistes. Peu à peu, étrangement, un décor reconnaissable s’est dessiné : celui d’un séjour que nous devions à tout prix placer en priorité : les forêts de cèdres du Luberon. Et le bel inconnu avait désormais un prénom : Giuseppe. Il était grand, ténébreux, une barbe de quelques jours, mais jamais son visage au complet ne m’apparaissait. Ses lèvres dans mon cou, oui, ses mains sur ma peau, la puissance de sa nuque… mais pas plus ! Et encore plus frustrant : la sonnerie de mon réveil retentissait systématiquement avant même que le corps de Giuseppe se dévoile !

           Et le pire restait à venir.

           Ils se sont arrêtés du jour au lendemain !

Quoi donc, me demandez-vous ? Mais enfin ! Mes rêves, voyons ! Priscillia continuait à rayonner de féminité, et moi, je souffrais d’un manque inconsolable, déversant sur mon mari l’aigreur d’avoir perdu mon amant. Un matin, même, je me souviens avoir envoyé le réveil se briser contre notre armoire, sous les yeux mi-endormis mi-effrayés de Bernard. Cela ne pouvait plus durer.

           Heureusement, j’eus une idée : aller sur les lieux de mes rêveries : les forêts de cèdres du Luberon. Mon mari, me sentant à la limite du burn-out, accepta, sans comprendre toutefois le choix de ma destination.

Dès le premier soir, après avoir attendu que Bernard et les filles s’endorment, j’ai filé m’asseoir sur la souche d’un arbre. J’ai souri aux passants, les ai déshabillés du regard.  Et figurez-vous que mon stratagème opéra ! Et ce, à merveille ! Giuseppe fit son grand retour ! Je ne l’avais donc pas définitivement perdu ! Désormais, je n’avais plus qu’une obsession : que jamais, il ne me quitte.

           Le séjour prit fin, et Giuseppe me fit le plus grand des plaisirs : m’accompagner. Il était avec moi. Toujours, tout le temps, la nuit et le jour. Tant et si bien, qu’un beau matin, il m’arriva la chose la plus extraordinaire de toute ma vie.

           J’étais seule à l’agence, un homme est entré et s’est assis en face de moi. Un grand brun ténébreux à la barbe de quelques jours souhaitant séjourner dans les forêts de cèdres du Luberon. Départ dans une semaine. Il se prénommait Giuseppe et attendait la confirmation de la femme sensée l’accompagner. Giuseppe ! Mon Giuseppe ! Mais bien sûr que j’accepte de t’accompagner !Tremblante, j’ai saisi toutes les informations de sa demande sans oser lui dire que pour moi, c’était oui, un grand OUI ! Quand il a franchi la porte, j’ai bondi de ma chaise, fermé l’agence à double tour, et l’ai suivi de loin jusqu’à son domicile. Je me suis faufilée dans l’immeuble, la lourde porte à digicode se refermant au ralenti, j’ai pris l’ascenseur pour l’étage resté sélectionné, et j’ai soupiré de bonheur à l’instant où la porte de son appartement s’est ouverte.

-       Je suis là !

           Feignant la surprise, il n’eut aucune réponse.

           -     Oui, je le veux ! Je viens avec toi, Giuseppe, dans les forêts de cèdres du Luberon!

           -   Mais, madame, il y a méprise… Voyons, je ne comprends pas...  Je ne m’appelle pas Giuseppe, vous le savez bien… 

          La théâtralisation lui allait si bien. Telle une panthère, je suis entrée. Il protesta. S’agita. Nous brûlions d’un même feu. De mes mains audacieuses, je lui arrachai sa chemise. Il me gifla. Je ne pouvais plus rien lui refuser. Je le giflai à mon tour.


           Je ne sais plus ce qui s’est passé ensuite.

           La seule chose que je peux vous dire, c’est que là, à l’instant où je vous parle, sur ce lit d’hôpital psychiatrique, j’en ai assez, mais vraiment plus qu’assez, d’être entourée d’infirmières, envieuses et incrédules, ne pouvant admettre qu’une femme prénommée Monique puisse vivre une telle idylle.

Publié dans concours

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