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160 articles avec concours

Concours pour les petits papiers de Chloé : racontez un rêve. Deux textes en lice. A vous de choisir !

Publié le par christine brunet /aloys

TEXTE 1

 

Si le doute m’était conté…

 

Chaque nuit, il me renvient, plus vrai que jamais. Aucune de mes pensées du jour ne sont à la hauteur de mes songes bercés par l’obscurité. Aucun souvenir éveillé ne vaut nos retrouvailles nocturnes. Je couche mon corps courbaturé, je ferme les yeux, il m’est rendu. Sa voix me parvient, son odeur m’enivre et me voilà à nouveau amoureuse. Mon tendre mari. Je me retrouve dans ses bras, lovée, sécurisée. Et pourtant je sais qu’il n’est plus. Je décompte ces heures sombres, à la joie éphémère, fragile. Il est là, grand, rieur, charmant. Il me semble pouvoir le toucher, fondue dans sa peau. Mais au matin, il n’est plus. Mon rêve en joue. Il me balade dans notre temps, me fait fouler les espaces de ma vie dont il ne me reste que des clichés ternes.

Mes yeux lâchent, mes pensées se taisent, enfin, et je m’évade. Mon corps semble soudain plus léger, perd tous ses maux de vieille femme et me fait courir sur la plage, sauter dans un bois et mieux que gravir les escaliers d’une maison que je ne reconnais pas, je les survole. Vivre et rire ; le temps s’est figé à mes trente ans. J’embrasse mon mari. Seul mon rêve me délivre d’un présent auquel je n’appartiens plus. Pourtant, son visage aux traits flous me perturbe, mais je sais que c’est lui. Je n’ai aucun doute. Je ne veux pas douter de ce passé. Mon rêve me semble maintenant le seul moment qui m’épargne de doutes. Mon doux mari. Il me parle, mais je ne le comprends pas. Je ne peux lui répondre, mais qu’importe… Parler est illusoire. Je veux juste l’aimer. Puis, il me quitte. Encore. Mon rêve ne m’épargne pas. Jamais. S’il ne faisait que me prendre mon mari… Il en fait un être torturé par mes remords, mué en amas d’une vie confuse. Mon mari. Il va vers cet homme, l’enserre et me délaisse. Les oiseaux chantent, la lumière s’invite ; j’ouvre les yeux, seule dans notre lit. Je me tourne vers ma table de chevet, regarde tendrement mes photos et découvre, un jour de plus, que je suis veuve et mère d’un homme qui en aime un autre…

 

Publié dans concours

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Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?

Publié le par christine brunet /aloys

Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?
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Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?
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LES AUTEURS QUI ONT PARTICIPE !

 

Texte 1 : MARCELLE PÂQUES   1 vote

Texte 2 : SEVERINE BAAZIZ       5 votes

Texte 3 : EDMEE DE XHAVEE     1 vote

Texte 4 : MICHELINE BOLAND   0 vote

Texte 5 : MICHELINE BOLAND  0 vote

Texte 6 : ISABELLE CHEVALIER   0 vote

 

Bravo à Séverine Baaziz qui gagne notre concours !!!! Merci aux 6 participants talentueux, aux votants et aux très nombreux lecteurs qui ont découvert les textes en lice mais n'ont pas pris part aux votes.

Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?
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Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?
Résultats du concours... Qui a participé et qui a gagné ?

Publié dans concours

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Dernier texte... Vote sur ce post... Vous avez jusqu'à 20h pour voter ! Résultats ce soir 21h...

Publié le par christine brunet /aloys

Dernier texte... Vote sur ce post... Vous avez jusqu'à 20h pour voter ! Résultats ce soir 21h...

 

Les quatre-vingt ans de mamie Rose.

Au cours du succulent repas, les rires fusent. On attend avec impatience le gâteau de mamie Rose mais cette dernière s’est éclipsée ? On l’appelle. On la cherche dans toutes les pièces, en vain.
— Maman est peut-être dehors, suggère Anne, la cadette.
— Que ferait-elle dans le jardin alors qu’il fait déjà nuit ? rétorque Paul, un des jumeaux.
— Avec son étrange peur, pour ne pas dire sa phobie, de fêter ses anniversaires, maman a sans doute eu besoin de s’isoler avant de souffler ses bougies. Tout à l’heure, en nous voyant tous arriver à l’improviste, elle a failli s’évanouir. Depuis, elle fait la tête comme si on venait d’enterrer l’un de nous. C’est à nous dégoûter de lui faire une surprise ! Je vais voir dans la cour, dit Marie l’aînée.
À peine est-elle sortie, qu’elle crie «au secours !». Tout le monde accourt. La faible lumière du perron laisse entrevoir une faille de plus d’un mètre de large qui s’est ouverte au seuil de la maison. Marie a les pieds et une partie du corps dans le vide. Ses mains glissent. Jean attrape sa sœur avec poigne. Il la tire hors du trou béant puis il va chercher la lampe torche dans le cellier. Tandis que des «mamie Rose !» résonnent, le vif éclairage révèle un sol zébré de fissures. Une chaussure abandonnée de l’octogénaire fait penser au pire. De discrets mais incessants craquements se font entendre. Un arbre s’écroule, avant d’être avalé par la terre morcelée qui a sans doute déjà digéré l’aïeule. Effrayés, tous les membres de la famille se réfugient à l’intérieur. Les murs se mettent alors à bouger. Un cadre tombe. Plus aucun téléphone ne fonctionnent. Anne allume la télévision. Ce serait-il produit quelque chose pendant qu’ils faisaient la fête ? Pourtant, aucun flash spécial n’est diffusé. 
Soudain ! De grands cris de frayeur s’élèvent. Le courant vient de se couper et la lampe torche montre des signes de faiblesse. Jean garde son calme. Il descend à la cave où les bougies sont rangées.
— Et si ?
— Tais-toi Anne ! ordonne Marie en grimaçant à cause d’une contusion à la jambe. 
Jean est long, trop long. Denise, sa femme, panique. Marie tente de rassurer sa belle-sœur. Des enfants pleurent. Les adultes prostrés chuchotent « Et si mamie Rose leur avait menti ! »
Jean revient enfin. Il chancèle. Il jette des bougies sur la table. Il sent l’alcool. Il a bu. Il s’installe dans le fauteuil où il continue de vider une bouteille de vieille prune. Des lueurs dévoilent des murs et un plafond lézardés. Une eau noire suinte un peu partout. L’air devient glacial. Jean est dans un état semi-comateux. Au lieu de répondre aux questions, il laisse échapper un interminable rire nerveux. La panique monte. Certains se serrent en se disant des mots d’amour, comme s’ils pouvaient être les derniers. Mais « chut ! », il ne faut pas effrayer les plus jeunes.
Paul décide d’aller voir dans la cave. Il remonte blême et tremblant. Le verdict tombe :
— Au lieu d’écouter papa, nous l’avons fait interner. Le visage maléfique du mur de la cave existe bel et bien. Il est réapparu et il m’a parlé, dit Paul d’une voix chevrotante.
— Et je peux vous dire que ce qu’il raconte est effrayant. N'est-ce pas Paul ? dit Jean.
— Oui. Et vous avez tous le droit de savoir. À trente ans, après la découverte de sa stérilité, maman a donné son âme pour guérir et nous avoir. Elle ne devait jamais fêter son anniversaire avec ses quatre enfants réunis, sous peine d’entraîner la mort de tous ses descendants. C’est pour cette raison qu’elle s’arrangeait toujours pour partir en vacances ou pour être soi-disant malade à cette date.
— Ou pour se fâcher avec l’un d’entre nous, ajoute Jean. Je n’aurais pas du venir aujourd’hui mais une voix m’a soufflée : «Ta maman est malade et affaiblie. Sa mort est proche. Va fêter ses quatre-vingt ans et pardonne-lui !». Ce qui arrive ce soir est de ma faute.
— Non Jean ! C’est le diable qui t’a piégé. Il y a dix ans, quand il a fait des révélations à papa, il a procédé de même. Comme Maman n’avait pas le droit d’avouer ce pacte, pour ne pas signer notre arrêt de mort, elle a accusé papa de folie. Cela a été une peine supplémentaire infligée par le démon.
— Alors, je pense que le diable ne doit pas être étranger à cette idée de repas d’anniversaire qui m’est soudainement venue, dit Anne au bord de l’évanouissement.
— Vous racontez n’importe quoi, rétorque Marie. Le diable n’existe pas. Nous allons vivre.
Aussitôt, un rire maléfique et une fumée noire monte de la cave.

Le lendemain, le facteur a découvert l’effondrement partiel de la ferme. Le corps de mamie Lucienne n’a jamais été retrouvé. Seules les dépouilles de ses descendants ont été découvertes.
Papy Guy avait toujours été saint d’esprit mais cette tragédie lui a finalement fait perdre la raison. Les belles-filles et les beaux-fils, rescapés de ce funeste repas de famille, ont subit le même sort.
 

Publié dans concours

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Texte N°5 Concours les petits papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

LES DEUX MAMIES

 

 

Gabrielle s'est levée très tôt. Après sa toilette, elle a passé plusieurs heures à cuisiner. Elle s'est appliquée pour évider et épépiner les tomates des gamins, et pour paner les escalopes de veau qu'elle leur destine. À dix heures et demie, Monique, la mère de son beau-fils, arrive chez elle avec sa petite valise et un gâteau fait maison. Monique a horreur de conduire le soir, elle a donc prévu de loger chez Gabrielle. Il est près de midi quand les deux femmes terminent de dresser la table. Assise dans un fauteuil, Gabrielle attend la famille. Elle se réjouit de les revoir tous, surtout Corentin et Damien, ses deux petits-fils. Elle brûle d'impatience, se lève et va vérifier que rien ne manque. Elle a pensé à tout : à la salière, au poivrier, aux petits beurriers, aux bougies, aux deux verres décorés de Schtroumpfs. Elle a mis de délicieux vins blancs au frais. Un instant, elle perd pied : elle a oublié de rafraîchir les sodas pour les garçons ! Elle pallie cet oubli. Elle regarde l’heure : midi vingt. Ils ne vont plus tarder...

Avant de se rasseoir, elle jette un regard au miroir. Son chignon et son léger maquillage sont impeccables. Corentin adore sa coiffure, il dit qu'elle la fait ressembler un peu à une princesse. Elle s'observe encore et constate amèrement qu'elle a pris des rides depuis le décès de Michel, son époux. Comme Michel lui manque, lui qui est décédé il y a presque un an !

Son fils et sa belle-fille arrivent. Les deux petits ne viendront pas ce dimanche, car ils ont une réunion importante chez les scouts. Mais Juliette et Caroline, les aînées, vont suivre accompagnées de leur amoureux. Le nombre de couverts ne changera pas. C'est pour cela qu'on n'a pas pris la peine de la prévenir de l'absence des deux garçons. Gabrielle est déçue, des larmes qui lui montent aux yeux. Elle n'a pas vu grandir ses petits-fils ! Plus ils avancent en âge, moins elle les voit. À dix et onze ans, ils ont déjà des activités qui leur sont propres. Ils prennent leur indépendance. Ils n'ont plus besoin qu'on les conduise à l'école et qu'on surveille leurs devoirs. D'ailleurs qu'ont-ils encore à faire de ses câlins ? Qu'ont-ils à faire de sa mousse aux deux chocolats ?

On sonne de nouveau. C'est sa fille et son mari. Enfin les derniers se manifestent ! On passe à table. Gabrielle prend place au plus près de la cuisine. On échange des banalités. Son gendre se charge de servir le champagne. Gabrielle et Monique vont chercher les verrines préparées avec amour.

On bavarde. On parle vacances, voyages, restaurants, cinéma, mode, placements, sports, politique. Quasiment pas un mot au sujet de Michel si ce n'est pour évoquer ses talents de bricoleur et rien à propos des deux petits qui sont absents. Gabrielle, qui a le cœur lourd, n'avait pensé que cuisine savoureuse, ambiance chaleureuse, cajoleries aux deux gamins.

L'heure est au dessert. En sortant le gâteau et la mousse aux deux chocolats du frigo, Gabrielle retrouve les plats qu'elle avait préparés pour les deux gamins. Elle a passé tant d'heures pour plaire à tout le monde… Était-ce bien indispensable ?

Bientôt, il ne reste que Monique qui l'aide à remettre de l'ordre dans l'appartement.

Le lendemain midi, nos deux mamies se régaleront des tomates aux crevettes et escalopes panées.

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Texte n°4 concours les petits papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

Treize ou quatorze ?


 

Traditionnel dîner d'anniversaire aux Délices du Terroir. Trente-cinq ans, cela se fête. J'ai invité ma sœur, mon frère aîné, son épouse et leurs jumelles de dix ans, Lise et Manon, mon oncle et ma tante, mon cousin et sa fiancée, mes parents et ma grand-mère. Je n'ai pas invité Luc. Pourquoi l'aurais-je invité ? Après plus de dix ans de vie commune, nous avons décidé de mettre durant quelques mois notre relation entre parenthèses. Il continue de vivre dans notre maison et j'ai posé mes valises chez une copine. Je ne supportais plus de le voir sacrifier notre vie de couple à son travail. Ma vie sentimentale était devenue un long, si long fleuve trop tranquille.

J'arrive au restaurant et je suis la première. J'ai réservé la salle du fond, celle qui permet une certaine intimité. Oh surprise la table est dressée pour quatorze ! J'interroge la patronne, elle bredouille : "Hum…Il y a des gens superstitieux, paraît-il… Votre sœur a pensé à eux… Ce serait dommage de gâcher la fête." Est-ce le subterfuge imaginé par Caroline, ma frivole sœur, pour inviter un nouveau copain ? Déjà, mon cousin arrive et je n'ai pas le temps d'approfondir la question. Progressivement les autres invités nous rejoignent. Ma sœur me glisse à l'oreille : "Je me suis permis d'inviter une personne de plus pour éviter que vous soyons treize à table. Tu connais, Maman elle est tellement superstitieuse !"

C'est alors que Luc entre... Il vient vers moi. Il semble embarrassé. Il dit juste d'une voix fêlée : "C'est ta sœur qui m'a invité… J'ai accepté…Bon anniversaire, Val !" Il pose un baiser sur ma joue. Je souris, il m'a manqué comme nos petits déjeuners bavards et nos fous rires d'amoureux complices … Pourquoi ne pas nous accorder une deuxième chance ?

Ma sœur a pris les choses en main. Décidemment elle en fera toujours à sa tête : elle a décidé de la place que chaque personne occupera à table. C'est ainsi que Luc se retrouve assis entre elle et moi. Comme à son habitude, Luc est bavard et jovial. Le potage terminé, je me penche pour prendre un mouchoir dans mon sac. Je vois le pied de ma sœur qui cherche celui de Luc. Je remarque que Luc le repousse… Lorsque je me redresse, mon regard croise un instant celui de ma sœur ! Elle rougit… D'un coup me reviennent en mémoire quantité d'incidents anciens : la vieille théière cassée soi-disant par moi, le baiser volé de Caroline à mon premier amoureux,... Je n'hésite pas une seconde. Je crie : "Ça suffit, Caroline ! Pars tout de suite ! Je ne veux plus te voir ! " Elle bafouille un minable : "Pourquoi ?" Papa intervient : "Allez du calme, les filles…" Des paroles qui tombent à plat comme de coutume. Je me lève, je désigne la sortie du doigt. "Caroline, tu pars immédiatement ! "

Elle se lève en renversant sa chaise et quitte la salle. Quelques instants plus tard, on entend le crissement des pneus d'une voiture sur le gravier du parking.

C'est à ce moment-là que la patronne entre dans la salle et me demande discrètement : "Pouvons-nous servir la suite, Madame ?" J'acquiesce. Le repas se poursuit dans le bourdonnement de conversations banales. Seul indice d'un souci passé, la chaise de Caroline qui reste vide.…

 

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Texte n°3 Concours pour les Petites papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

Un repas de famille

Ils sont tous là, dans le salon où on les a priés de boire le champagne entre eux. Henri-Pierre ne descendra que pour passer à table. Après tout, 93 ans, ça se fête mais à son rythme. Autant que ça reste une fête.

C’en est une pour les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants en tout cas. Les pièces rapportées, comme le suggère la légende qui a souvent raison dans ces situations, se demandent avec plus ou moins de discrétion s’il y aura encore un 94ème anniversaire. « En bien, » dit Eve-Lucille en descendant sa troisième flute, les joues d’un rouge heureux, « si c’est le cas on se consolera avec le champagne ». « Se consoler ? » Marie-Odette, sa belle-sœur, a un zeste de reproche horrifié dans la voix mais le regard complice, et choque doucement sa flute contre celle d’Eve-Lucille avec un clin d’oeil (qui s’appelle Germaine mais ne veut pas qu’on le sache).

Julie, la gouvernante, a annoncé qu’on pouvait passer à table, ce qui permet de remarquer que si Henri-Pierre sera bien en bout de table comme toujours, la place à sa droite ne sera plus occupée par son aîné, Armand-Léopold mais, comme le révèle le porte-nom, par Pimprenelle. Pimprenelle ? Mais qu’est-ce que c’est que ce prénom non seulement commun mais ridicule ? Qui est-elle donc ? « L’infirmière, » suggère Marie-Elodie en pouffant de rire. « Elle termine de lui attacher son lange… ». Armand-Léopold éructe un puissant « Marie-Elodie ! Tiens ta langue… et s’il t’entendait ? »

« J’ai bien entendu, mon fils. Je ne suis ni sourd ni dupe » ! Henri-Pierre apparaît, souriant, dans la salle à manger, au bras d’une jolie jeune femme à l’aspect réservé, en jeans et pull de cachemire vert foncé, un simple collier de perles au cou, mais un cabochon de taille spectaculaire au doigt. « Je vous présente Pimprenelle, ma… on va dire pour l’instant : fiancée ! »

Concert horrifié dont les arguments se chevauchent sur des timbres de voix allant de l’hystérie à la fureur, passant par le bégayement et les quintes de toux. Tu plaisantes ! Tu es devenu fou ? Te remarier pour faire une veuve ? Et nous dans tout ça ? Tu ne vas pas lui laisser ton argent ? Non mais tu veux qu’on t’interne ? Elle n’en a qu’à ton argent….

« Bien sûr, elle n’en a qu’à mon argent, ne la sous-estimez pas. Mon argent est notre bénédiction à tous les deux : sans lui je n’aurais jamais osé lui demander de devenir ma femme dans mon état, et sans lui elle n’aurait même pas considéré la chose. Mais figurez-vous que tout ça m’est bien égal, je l’aime et à sa manière… elle m’aime aussi. Je n’ai plus eu le goût de l’amour depuis longtemps, et connais trop bien celui de l’intérêt. Je ne suis pour vous qu’un placement qui tarde à venir à échéance ».

Chœur de protestations aussi sonore qu’un train qui siffle dans la nuit, Eve-Lucille et Marie-Odette vont jusqu’à se lever la bouche en cul de poule en gémissant « mais enfin père chéri… »

« Asseyez-vous, taisez-vous et faites honneur au délicieux potage de Marceline. Quant au reste, ne gâchez pas l’harmonie de ce dernier repas familial… avant celui du mariage, naturellement. Bien qu’il ait déjà eu lieu dans l’intimité, avec la signature de tous les documents garantissant l’avenir de Pimprenelle. Mais nous comptons sur vous pour honorer le banquet le mois prochain, avec des mines plus de circonstances que ces teints de cadavres maquillés à Hollywood que vous affichez aujourd’hui. Allez ! » et il se lève, s’appuyant sur l’épaule de Pimprenelle, une Pimprenelle qui lui effleure la main d’un caresse chaude et enveloppante, et puis y dépose les lèvres, « réjouissez-vous de ce que parfois, l’argent fasse le bonheur ! »

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Texte n°2 concours les petits papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

L’inavouable aveu


 

C’est décidé : je vais tout leur dire.

Je me suis levé ce matin la résolution chevillée au corps. Le cœur lourd comme un boulet de forçat, des nœuds plein l’estomac. Il fallait que cela cesse, sans quoi toute cette histoire allait finir par me ronger et les sangs et les os.

Emilie était partie travailler de bonne heure et de bonne humeur, me laissant seul, pensif, allongé sur le lit en position de crucifié, les yeux suspendus au plafond, sans même sans apercevoir.

 

Je me suis résolu à me lever et je me suis dirigé vers l’escalier menant au sous-sol, tout embourbé que j’étais dans mes pensées. Et comme si cela ne suffisait pas d’y être embourbé, elles se sont mises à me donner le vertige, à me faire tituber, rater deux marches, érafler le poignet, et cogner le haut du crâne. Quelques minutes plus tard, je retrouvais après tout ça, ce que je faisais ici, à plat ventre, dans le garage.

Ma caisse. Elle résonnait, mais c’était une toute autre qui m’amenait ici. La petite caisse bien camouflée derrière les bidons d’huile de vidange dans l’armoire en métal. Impensable pour Emilie, ne serait-ce que de poser le bout de ses doigts sur la poignée grasse à souhait. Je l’ai ouverte et je me suis changé : boots et blouson de cuir. La tenue d’un dimanche en famille.

 

Sur les trottoirs de l’avenue Montaigne, du boulevard Haussmann, de la rue de Braque, de l’impasse des Tourelles, j’ai traîné mes craintes. J’ai même cru les entendre crisser sur le bitume. J’avais beau chercher du regard un peu de distraction, de légèreté, tout me renvoyait à ma propre lamentation : les débris de nuages dévorés par le soleil ; les détritus vomis par les poubelles rouillées ; les volutes indigestes des échappements. Tout était chaos.

Je suis arrivé devant l’interphone, moi, mes boots, mon blouson de cuir et mes craintes. Celles que je n’avais pas su semer en route. Celles qui maintenant se mettaient à rire, à me railler, et même à me souffler que le pire allait arriver. Être méprisé. Pire : rejeté. Renié par la seule famille que je n’ai jamais eue : la mienne. J’ai regardé l’interphone en me disant que c’était peut-être la dernière fois que je pouvais espérer que la porte s’ouvre.

-    Oui, j’écoute…

-    C’est moi, Charles.

Quand je suis entré, je me suis senti mal. Mais terriblement mal. Comme ça, d’un coup. Comme si une lame de guillotine était apparue au-dessus de ma tête, en ouvrant la porte. Mes craintes ont commencé à suer. Mes pas se sont mis à jouer les notes de la marche funèbre de Chopin sur le tapis du couloir. J’osais à peine avancer. Les têtes décapitées accrochées au mur avaient toutes pris les voix familiales : le cerf, mon père ; la biche, ma mère ; la belette, ma sœur ; le sanglier, mon beau-frère. Tous se sont mis à s’esclaffer, l’œil de verre luisant comme jamais.

Je devenais fou.

-    Charles ! Qu’est-ce que tu fais, a hurlé mon père, du séjour. Tu viens ou quoi !?

J’ai fini par les rejoindre, mouillé comme une poule, tremblant comme un agneau. Le séjour, l’antre de la famille. Une famille de chasseurs-taxidermistes de père en fils depuis six générations, de collectionneurs de fusils et de hachoirs, fins gourmets et, accessoirement, passionnés depuis peu par les sculptures en ivoire.

-    Encore une fois, tu viens seul ! s’est plaint ma mère. Et ton Emilie, dis, quand est-ce que tu nous la présentes !?

Trop tôt, il était trop tôt pour tout dire. Le repas serait gâché et dans la famille, gâcher la viande, c’est un crime. Alors, en châtiment, mes craintes m’ont grignoté au rythme des bouchées et des goulées. Plus je mangeais, plus j’étais rongé par l’inavouable aveu.

Quand soudain, mon père s’est levé, a claqué martialement des pieds, tendu une cape rouge à droite, à gauche, claqué à nouveau martialement des pieds, crié un “olé” à vous réveiller un mort, et m’a performé l’abdomen à coup de banderilles.

Sa façon de nous annoncer sa nouvelle passion : la tauromachie.

Dans un vacarme que j’étais seul à entendre, la lame de guillotine qui m’avait suivi depuis l’entrée s’est abattue sur ma nuque. Ma tête a roulé. Mes yeux ont fixé mes boots. Et, à peine audible, ma bouche a avoué mon désespoir :

    -    Emilie est végan.

 

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Texte n° 1 concours pour la revue "Les petits papiers de Chloé" - Sujet "repas de famille"

Publié le par christine brunet /aloys

Après tout c'est dimanche !

L'apéro des reproches
De l'épouse délaissée
Par un mari fantoche
Et sa drôle de poupée

La soupe à la grimace
Brûlante et trop salée
En se voilant la face
Et très mal digérée

L'amour cuit et recuit
Tressaute dans l'assiette
Et le poids des non-dits
Rend la farce un peu blette

Un petit verre de vin ?
Après tout c'est dimanche !
Buvons au quotidien
Et la nappe trop blanche

Une tarte aux pommes
Un sourire hésitant
Rassure le bonhomme
Apaise le présent

Dans un vase en cristal
Une rose s'incline
Tristesse des pétales
L'amour qui se débine
 

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Texte n°4 concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

Lettre anonyme au château

— Gontran, que pensez-vous donc de tout ceci ? ânonne Marie-Chantal d’une voix tremblante et suppliante en donnant à son aristocrate de mari un bien étrange courrier.

— L’enveloppe n’est pas timbrée, c’est donc une main alourdie d’intentions baroques qui aurait déposé cette missive dans notre boîte aux lettres, en conclut Gontran de Bassecour après avoir trituré l’épais papier dans tous les sens.

Gontran de Bassecour prononce ces mots sans la moindre inquiétude et cette quasi-indifférence déconcerte Marie-Chantal, elle qui sent une sueur froide dégouliner tout le long de son échine depuis l’instant où elle a parcouru les quelques lignes de cette lettre anonyme.

— Et….c’est tout ce que vous avez à dire ?

— Que voulez-vous que j’ajoute très chère ? Notre corbeau a écrit la vérité, la stricte vérité. Il n’a menti en rien. Mais il manque des pièces à son puzzle. Il est bien mal renseigné, ce mécréant. Encore un vulgaire quidam qui se contente de peu et qui ampute l’actualité de son essence première.

— Et c’est tout ?

— Oh, Marie-Chantal, vous m’exaspérez à la fin. Non, ce n’est pas tout.

— Ah, vous gagnez de nouveau ma confiance mon cher Gontran.

— L’expéditeur ou l’expéditrice (pourquoi ne serait-ce une femme ?) de cette lettre est nul en orthographe et ce n’est donc pas quelqu’un de mon sang. Les de Bassecour, comme tous les gens de la noblesse, sont lettrés jusqu’au bout des ongles, aucun ne mettrait deux S au mot menace. Et ce n’est qu’un exemple. J’ai relevé une dizaine de fautes sur ces quelques lignes. La France s’enlise de plus en plus, Marie-Chantal. C’est lorsqu’un corbeau vous écrit sur un quelconque papier engraissé de ces mauvaises graisses utilisées par les pauvres, que vous vous apercevez que l’éducation nationale est réduite désormais à sa plus simple expression. Et lorsqu’on écrit cadafreux pour le mot cadavre, il y a de quoi se poser pas mal de questions.

— Gontran, vous n’êtes pas sérieux ?

— Y a-t-il un rictus sur mon visage, Marie-Chantal ?

— Cadafreux ? Mais c’est presque risible !

— Vous voyez, je vous le disais, il n’y a pas de quoi fouetter le personnel, cette lettre est l’œuvre d’un demeuré. Croyez-moi et faites-moi confiance comme toujours, Marie-Chantal. Au fait, votre partie de bridge du jeudi après-midi aurait-elle glissé dans les oubliettes du château ?

— Vous savez mon ami, lorsque j’ai parcouru cette horrible lettre, j’ai ressenti comme un malaise, ma vue s’est brouillée, j’ai failli m’évanouir et je me suis même retenue au guéridon en bois précieux, celui qui se trouve juste au-dessous du portrait de votre quinquisaïeul. Et j’en ai oublié cette réunion.

— Erreur, erreur, très chère. Maintenons nos habitudes. Les après-midi de bridge pour vous et les matinées de chasse pour moi !

— Mais Gontran, ce mécréant a écrit des vérités. Il parle de tous ces gens qui passent la grille du château et qui …

— Vous le saviez, Marie-Chantal. Tout ceci est une convention, une espèce de partenariat que nous avons élaborée avec notre grand ami Monsieur le Maire. Vous et moi avons dialogué longtemps à propos de cette entreprise, soupire l’aristocrate d’un ton léger.

— Gontran, sommes-nous obligés de continuer cette cette…

— Cette entreprise, Marie-Chantal. On parle ici d’une entreprise. Un tel trafic depuis bientôt dix ans mérite bien le terme d’entreprise. Et je vois que vous tremblez. Vous transpirez au point que vous salissez les accotoirs de cette caqueteuse. Prenez garde au mobilier s’il vous plaît bien, Marie-Chantal !

— Mais Gontran, vous avez lu la lettre en entier ! Vous avez remarqué que nous sommes surveillés ! Cet individu a livré tellement de détails ! rétorque Marie-Chantal en éclipsant les remontrances de son époux.

— Des détails ? Même pas un nom n’est cité ! Et puis, nous soulageons la société, n’oubliez jamais cela, Marie-Chantal. En quelque sorte, cette entreprise est une œuvre de bienfaisance.

— Gontran…

— Marie-Chantal ?

— Gontran…Tous ces gens qui disparaissent, ils ont une famille, des amis, que sais-je. Ils ne sont quand même pas seuls au monde ! Ce n’est pas possible de ne connaître personne, de ne jouer au bridge avec personne, de n’avoir personne à son service. Les lanternes en cristal de Baccarat, il faut bien que quelqu’un les dépoussière et ce même dans les petites maisons. N’est-ce pas, Gontran ?

—Très chère, vos réflexions me laissent sans voix mais je comprends votre questionnement. Pour ma part, je fais entièrement confiance à Monsieur le Maire. C’est un contrat tacite win-win.

— Gontran, un contrat tacite win-win ?

— Marie-Chantal, de nos jours, la vie est très très chère. Ce château, c’est un gouffre incommensurable pour notre budget de petits rentiers désargentés. Cette toiture de plusieurs centaines de mètres carrés et je ne parle ni l’aile droite ni de celle du nord, ces restaurations de boiserie, ce parc que l’on compare à celui du château de Versailles… Vous ne voudriez quand même pas que je vous envoie illico plonger les mains dans un travail harassant ? Et la chasse, je n’ai jamais voulu la rayer de mes activités, vous n’y pensez pas !

— Continuez continuez…

— Grâce à nous, Marie-Chantal, notre ville est une ville propre, n’oubliez jamais cela, une ville propre. Presque pas de chômeurs ni de sans-abris, et très peu de pauvres ! Toutes ces carnes arrivent directement dans la gueule de nos chiens. En contrepartie, comme vous le savez, mes amis et moi pouvons chasser sur ces hectares qui appartiennent à l’état. Voilà ce qu’est un contrat win-win. Inutile de vous dire que Monsieur le Maire est ravi ! Et nous aussi, n’est-ce pas Marie-Chantal ?

— Oh Gontran, tout cela, je n’étais pas sans l’ignorer. C’était uniquement ce mot, win-win, qui me tracassait. Ah oui, j’oubliais. Et ce corbeau ?

— Marie-Chantal, oubliez ce corbeau ! Il n’a pas notifié son adresse, comment voulez-vous que nous lui répondions ? Et si un jour nous l’identifions, nous l’inviterions au château, n’est-ce pas ?

— Oh oui, Gontran, invitons cette personne ! Nous lui ferons visiter notre si beau château !

— Et surtout les chenils, Marie-Chantal, les chenils. Avec cette centaine d’English Cockers Spaniels affamés qui ne demandent qu’à être caressés.

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Texte n°3 concours Les petits papiers de Chloé

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Une enveloppe blanche, non timbrée, avec au milieu un prénom, le mien.

Toute seule dans la boîte aux lettres, comme un point d’interrogation dans un paragraphe vide.

Adriana (c’est moi), sept lettres peintes en rouge… c’est la première fois que je les sens hostiles…

Hostiles ! Vraiment ! T’es bizarre tu sais, me dit la voix qui me parle et que personne n’entend.

Un voisin arrive dans mon dos pour consulter sa boîte, m’obligeant à me saisir de l’enveloppe avec naturel, la glisser dans la poche de mon pantalon de jogging, me retourner avec un sourire choisi vite fait dans la série «j’espère que vous allez bien », et me diriger vers l’ascenseur.

Je me comporte déjà comme quelqu’un qui a des choses à cacher…

Ridicule !

Je me force à entrer calmement chez moi, j’ôte ma veste que je dépose sur un cintre dans le vestiaire, je m’assieds sur la chaise posée devant mon mac et alors seulement j’autorise mon pouce droit à se glisser sous la patte collée et à déchirer plus ou moins proprement le haut de l’enveloppe.

Une fine feuille de papier blanc, pliée en quatre, attend patiemment qu’on s’y intéresse.

Je la tire entre le pouce et l’index, la déplie, passe dessus la paume de la main pour l’aplatir, et écoute mes yeux qui m’en croient pas leurs oreilles !

Quelques mots absurdes, inattendus et incohérents occupent le centre de la page :

 

Je sais qui tu es…

 

Ce ne sont pas des lettres découpées dans un journal, ni tapées à l’ordi, non non, cette petite phrase est écrite à la main, tranquillos, sans masques ni déguisements. A l’encre rouge.

 

Qu’est-ce-que je fais ? Je rigole ? Je la jette à la poubelle ?

 

J’ai envie de lui répondre : Tu as bien de la chance car moi je ne sais pas qui je suis.

Mais il (ou elle) n’a pas indiqué son adresse au dos de l’enveloppe (quand même…).

 

Je me fais un petit café serré en compagnie de Georges (what else ?) et bientôt je ne pense plus à cet incident. Le monde est plein de dérangés, c’est à dire de personnes dont les neurones ne sont pas bien rangés.

 

 

Le lendemain matin, en pyjama, avec ma tête de la nuit, je descends en catimini, par l’escalier, priant pour ne rencontrer personne. J’ouvre la boîte et je ne sais pas si j’espère qu’elle soit vide ou pas.

Elle ne l’est pas.

Une enveloppe jumelle de celle d’hier me nargue.

Je la saisis sans ménagement, la glisse dans la poche de mon pantalon et remonte les marches quatre à quatre, plutôt deux par deux car j’ai des petites jambes.

J’ouvre la porte de chez moi, déchire sans attendre l’enveloppe, arrache la fine feuille blanche, la déplie et aspire par tous mes sens le message :

 

Dépose 100 000 euros en coupures de 50 dans ta boîte

Je viendrai chercher le paquet cette nuit

 

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai peur.

C’est un fou, un malade, un échappé de l’asile, un maniaque, un terroriste… il rôde dans les couloirs de mon immeuble, peut-être même est-ce un voisin…

Je passe en revue les locataires, les anciens, les nouveaux, les hommes, les femmes, les « louches »…

Cent mille euros ! Rien que ça ! Et sans même donner une explication ?

Qu’ai-je fait de si terrible pour que je sois prête à payer cette somme ? Car « il » a l’air sûr de lui.

La sonnerie du smartphone fait exploser tous les signaux d’alerte de mon cerveau.

Mes yeux fixent l’écran : numéro privé.

C’est lui ! Je le sens !

Pendant que je réfléchis avec des circuits endommagés, la sonnerie cesse brusquement et on frappe deux coups secs sur la porte d’entrée.

Arrêt sur image. Décharge d’adrénaline. Apnée.

Deux coups secs qui me paraissent plus secs que les premiers.

Et puis une voix forte :

- Ouvrez ! C’est la police.

Bin tiens, à d’autres. C’est LUI !

J’ouvre la fenêtre, j’habite au premier étage, je pourrais sauter ?

C’est en inspectant le trottoir que je vois la voiture de police stationnée devant chez moi.

Jamais je n’ai été aussi heureuse de voir des flics !

 

Je cours ouvrir la porte et tombe en sanglotant dans les bras d’un officier.

Ils sont deux. Sa collègue se dirige vers la table, se saisit des deux feuilles de papier blanc de ses mains gantées, les dépose dans un sachet en plastique et sort en lançant à son équipier :

- C’est bien lui, même écriture, même papier.

 

Je me tourne vers mon sauveur, éperdue, pleine d’interrogations.

- Suivez-moi au commissariat mademoiselle, nous aurons besoin de votre déposition.

- En pyjama ?

- Habillez-vous mais faites vite.

 

Au commissariat, j’aperçois tous les locataires de mon petit immeuble. Ils ont l’air aussi incrédules que moi. A mon entrée, ma voisine de palier s’écrie: - Vous aussi !

Après quelques heures de reconstitution, il s’avère que l’auteur des lettres occupait l’appartement du dernier étage depuis un mois. Il était suivi pour des troubles sévères de la personnalité et allait être reconduit à l’hôpital psychiatrique dès qu’on l’aurait retrouvé car il avait disparu.

 

Un frisson me parcourt… j’aurais pu sauter par la fenêtre…

 

 

 

 

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